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XXX \ INTRODUCTION
nombreux contradicteurs : Schürer (1), Hilgenfeld (2), Jülicher (3), Clemen (4), Bousset (5), W. Bauer (6), P. W. Schmidt (7), J. Réville (8), Loisy (9), Bacon (10), M. Jones (11), M. Goguel (12). « L'auteur des Actes, écrit Bousset (13), n’est pas grandi s'il faut admettre qu'il a été mêlé à la vie de Paul. Il aurait été alors un petit esprit, un témoin superficiel qui n'aurait rien vu des grandes choses qui se déroulaient sous ses yeux ». Schürer (14) fait observer qu'un portrait de l’apôtre Paul qui contient autant de méprises et de déformations que celui qui est tracé dans le livre des Actes ne peut pas émaner d'un témoin oculaire.
Harnack réplique que la somme d'erreurs, le degré d’incompréhension que l’on relève chez l’auteur des Actes ne sont pas incompatibles avec le fait que cet auteur serait un témoin oculaire. « Faut-il, observe-t-il, rappeler les exemples nombreux que fournissent tant l’histoire ecclésiastique que la littérature profane, où les témoins oculaires, tant par ce qu'ils disent que par ce qu'ils taisent, se montrent mal informés, légers, inintelligents, tendancieux et même faussaires. » (15) De cette discussion il résulterait que la valeur historique du livre des Actes est assez faible. Ainsi que l’a remarqué de Faye, une impression de scepticisme se dégage irrésistiblement de l'ouvrage de Harnack (16). Donc, bien que Holtzmann (17) ait déclaré que l'accord entre les critiques du livre des Actes paraisse possible et imminent, le jugement de Wellhausen (18) reste exact : Il y a encore beaucoup à faire pour les Actes.
Edward Schwartz dans son étude : Zur Chronologie des Paulus (19), propose une hypothèse qui a eu beaucoup de succès. L'envoi de Barnabé et de Paul par
léglise d’Antioche à Jérusalem, aurait été raconté dans deux documents; dans le document d’Antioche, le voyage des envoyés avait pour but de porter des secours aux pauvres de Jérusalem ; d’après celui de Jérusalem, il avait pour but “ de maintenir l’église d’Antioche dans la voie de l’orthodoxie, en la tenant unie à la communauté de Jérusalem. L'auteur des Actes a conclu qu'il y avait eu deux missions d’Antioche à Jérusalem et il raconte l’une au ch. xr et l’autre au ch. χν. Mais si ces deux voyages n’en font qu'un, les deux voyages de mission racontés aux Ch. xur, x1v et xv, 40 ne sont qu'un seul et même voyage. Schwartz suggère
(1) Theol. Lileraturz., 1906, n° 14; 1908, n° 6
(2) Zeitsch. für wiss. Theologie, 1906, p. 461; 1908, p. 176.
(3) Neue Linien in der Krilik der evang. Ueberlieferung, 1906, p. 60 55.
(4) Theol. Rundschau, 1907, p. 97 ss.
(5) Theol. Rundschau, 1908, p. 185 ss.
(6) Theol. Rundschau, 1911, p. 277 ss.
(7) Die Apostelgeschichte bei de Wette-Overbeck und bei Harnack, 1910.
(8) Revue de l’histoire deS Religions, 1907, vol. IV, p. 233 ss.
(9) Revue d'histoire et de litt. religieuses, 1910, p. 390 ss; 1911, p. 476 538.
(10) American Journal of Theol., 1909, p. 59 ss.
(11) Exposilor, mars 1914.
(12) Le livre des Actes, 1922.
(13) Theol. Rundschau, 1908, p. 199.
(14) Theol. Lileraturzseitung, 1906, col. 405 s.
(15) T'heol. Literalurz., 1906, col. 467.
(16) Étude sur les origines des Églises de l'âge apostolique, p. 19, n. 1.
(17) Handcommentar, I, p. 309, 1889.
(18) Nachrichten von der Kônigl. Gesell. der Wiss. zu Gôüttingen, 1907, p. 21. (19) Nachrichlen von der Kônigl. Gesell. der Wiss. su Gôüttingen, 1907, p. 263 55.
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HISTOIRE DE LA CRITIQUE DES ACTES DES APOTRES. XXXE
qu'à la fin du voyage, xiv, 21-28, Barnabé seul retourna à Antioche, tandis que Paul continua sa route vers la Galatie, l'Asie, la Macédoine et l’Achaïe.
D'après Gregory (1), Luc aurait écrit son évangile vers l’an 80 environ; les Actes quelque temps après. Les divergences que l’on signale entre ce livre et l'épiître aux Galates ne sont qu'apparentes.
Wendland (2) soutient que l’auteur des Actes des apôtres n'est pas Luc; le livre ἃ été écrit après les temps apostoliques; il est d’ailleurs fort mal composé, plein de parti pris, de fausses perspectives. L'auteur n’est pas celui qui a écrit le journal de voyage. Les sources sont multiples, de valeur inégale,
et elles ont été maladroitement amalgamées. L'auteur n’a pas eu consciem-
ment l'intention de déformer les faits. Le caractère du pragmatisme de son récit provient de la liaison qui existait entre les documents qu'il a utilisés.
Preuschen (3) s’est placé au point de vue strictement rationaliste et tâche de faire ressortir les analogies qui existent entre le récit des Actes et les religions de mystères.
Pour Moffatt (4), les Actes ont été écrits vers la fin du τοῦ siècle par Luc, le compagnon de Paul, qui aurait composé son évangile, vers l'an 80-90. Les données linguistiques ne prouvent pas que Luc ait été influencé par la langue de Paul et même qu'il ait eu connaissance des épîtres pauliniennes. En ce qui concerne la géographie, l’état politique ou social des pays dont il parle, Luc est remarquablement exact; les discours des Actes, dont le fond lui a été fourni par la tradition, représentent bien la première prédication chrétienne.
Dans son avant-dernière édition, 1913, Wendt (5) déclare que le but principal de l’auteur des Actes a été d'écrire une histoire; il voulait rassembler les faits qui se sont déroulés aux temps apostoliques et qui ont présidé à l'établissement et au développement de l'Église chrétienne; son but était de satisfaire l'intérêt des chrétiens, désireux de savoir quelque chose de certain sur les temps primitifs de l'Eglise. Mais pour les premiers chrétiens l'intérêt ne se portait pas sur les mêmes points que pour nous. Ils s’intéressaient principalement aux événements extraordinaires, surtout extérieurs, aux actions des apôtres principaux qui avaient exercé leur influence sur le développement de l'Église et non au tranquille développement des communautés chrétiennes, à l’organisation intérieure de la vie des communautés, aux idées qui y étaient enseignées, à la propagande tranquille des personnages moins en vue. À ce but principal il faut joindre un but d’édification. L'auteur ἃ voulu montrer comment les apôtres, sur l’ordre de leur Maître, ont prêché avec courage l'Évangile et l'ont propagé peu à peu, comment Dieu les a guidés et les a protégés, comment les persécutions ont eu pour résultat l'avancement de leur œuvre. Cette édification ressortait des faits eux-mêmes, mais néanmoins l’auteur a quelquefois idéalisé ceux-ci pour leur donner plus de force, plus d’action. Il n'y ἃ pas lieu cependant de reconnaître chez lui une tendance apologétique : le but de défendre le christianisme devant les païens et surtout devant les autorités romaines. L'auteur raconte, il est vrai, que Paul a été
(1) Einleitung in das Neue Testament, Leipzig, 1909.
(2) Die urchristlichen Literalurformen, Tübingen, 1912.
(3) Die Apostelgeschichte, Tübingen, 1912.
(4) An Introduction to the Lileratur of the New Testament, Edinburgh, 1911, 1918. (5) Die Aposlelgeschichte, Gôttingen, 1913.
XXXII ! INTRODUCTION
plusieurs fois défendu par son titre de citoyen romain, que même il ἃ dû son salut aux autorités romaines, maïs tout cela était le récit même des faits. Nos verrons plus loin ce que pense Wendt sur les sources des Actes.
Norden (1) s'est occupé spécialement du discours de Paul à Athènes et il soutient que ce discours a été composé par un écrivain du n° siècle, qui s’est. inspiré des termes généraux de la prédication apostolique et a particularisé son discours en y mélant des idées stoïciennes. Le discours de l’Aréopage n'aurait rien d’original : il reproduirait un type de discours commun en ce temps-là sur le thème stoïcien, περὶ τοῦ θείου, conception étrangère à Paul. Ce discours ne peut donc pas être de lui : il est du rédacteur qui a compilé les …
: documents formant les Actes, et qui les a retravaillés pour les adapter à son but.
à Dans un appendice : ἴα Composition des Actes des apôtres, Norden soutient
Ἶ en effet que les Actes sont un livre composite, qui a pour fond le récit d’un
compagnon de Paul, récit qui a subi les interpolations et les retouches d’un écrivain postérieur. Un exemple de ces interpolations est dans la préface, 1, 1-2, très mal agencée et n'exprimant pas, comme elle aurait dû le faire, le but du livre. L'auteur original devait donner un aperçu sommaire de ce qui s'était passé à Jérusalem entre la mort de Jésus et la conversion de Paul. Il racontait ensuite | les faits, mais n’employait le terme « nous » que pour les événements auxquels il avait pris part ou dont il avait été témoin. Ce passage dans un récit de la troisième personne à la première et inversement se retrouve, constate Norden, dans plusieurs écrits de l’époque, par exemple, dans les lettres de Cicéron.
— Dans ses contributions sur les Actes des apôtres, Welihausen (2) donne une série de notes critiques où il essaye de distinguer les parties qui proviennent de sources de celles qui sont surajoutées. Voici quelques-unes de ses conjectures : La description de la glossolalie au ch. τί rapproche celle-ci du phénomène que décrit Paul dans sa première épître aux Corinthiens, ch. x1v; le discours de Pierre qui suit ne tient aucun compte de ce don des langues; Wellhausen ne sait à qui attribuer ce discours. Le discours d'Étienne ne répond en aucune façon aux faits : racontés et aux accusations portées contre celui-ci. Tous les passages en « nous » n'appartiennent pas au journal de voyage : il en est une partie qui est du fait du rédacteur, lequel d’ailleurs est l’auteur des discours à Athènes et aux presbytres d' Éphèse. D'après Wellhausen, Paul serait arrivé à Rome au commencement de l’année 56; il aurait été arrêté à Jérusalem au printemps de l'an 55; il était à Éphèse en 52, à Corinthe, en 50; ses missions d'Asie mineure et de Macédoine auraient eu lieu de 45 à 49; le concile de Jérusalem se serait tenu en l’an 44 et Paul se serait converti en l'an 30; il mourut en l'an 58.
Nous parlerons de l'hypothèse de Torrey (3) sur la composition des Agtes lorsque nous étudierons la question des sources des Actes.
Voici les vues principales, que développe J. Weiss (4) sur les Actes des apôtres et le christianisme primitif, dans son dernier ouvrage, das Urchristentum. Si Luc, ami et compagnon de voyage de Paul, membre de la communauté
(1) Agnostos Theos, Leipzig, 1918:
(2) Noten zur Apostelgeschichte; Nachr. der Gültingen Gesell. der Wiss. phil.-hist. ΚΙ. 1907; Kritische Analyse der Apostelgeschichte, Berlin, 1914.
(3) The Composition and Date of Acts, Cambridge U. £.,1916.
(4) Das Urchristentum, I Theil, Gôttingen, 1914.
HISTOIRE DE LA CRITIQUE DES ACTES DES APOTRES. XXXIII
chrétienne d’Antioche, était l'auteur des Actes des apôtres, nous devrions tenir ses récits sur les communautés primitives comme possédant une haute autorité historique. Mais la tradition chrétienne sur ce point n'est pas admissible. Nous tenons pour très vraisemblable que l'auteur des Actes a connu les écrits de Josèphe; par conséquent les Actes n'ont pas dû être composés avant la fin de l’année 90. La langue et le point de vue général de ce livre le placent dans la τῶν de la période post-apostolique.
* Quoique l’auteur laisse voir dans certains exposés que les Hellénistes et Paul sont les initiateurs et les piliers des missions païennes et que la communauté primitive a seulement reconnu leur travail après coup, l'ouvrage tout entier est
tracé d’après le programme de 1, 8, par lequel Jésus envoie ses apôtres comme P ; P
ses témoins par toute la terre. Cette théorie ecclésiastique qui provient de Matthieu, xxvuir, 19 et de Justin, 1 Apol. 45, est opposée à la réalité historique. Contrairement à ses sources, l’auteur s'efforce de présenter la communauté primitive comme la surveillante et la directrice des missions chez les gentils : Pierre est le premier qui est convaincu de la vocation des gentils à la foi; la première communauté de païens, à Antioche, a besoin d'être reconnue par la communauté. primitive; les résultats de la première mission, xr-xrv, doivent être approuvés par 16 jugement de Jérusalem. Même le décret apostolique, xv, 28, 29,
fait des pagano-chrétiens les membres de l'Église et Paul continue sa mission
comme autorisé par les apôtres. Tout cela est opposé au témoignage des épîtres pauliniennes. Les directives de Paul aux Corinthiens sur les viandes sacrifiées aux idoles prouvent que le décret apostolique n'existait ni pour lui, ni pour les Corinthiens. Les Actes se contredisent lorsque, xxr, 25, ils racontent que Paul a appris par Jacques la promulgation de ce décret. L’affirmation répétée de Paul sur son indépendance apostolique, qui paraît montrer une certaine opposition contre Jérusalem, est ramenée à une harmonie idéale : Pierre et Paul sont les piliers parallèles de l'Église, et Paul est l'homme de confiance de la communauté primitive. Cette vue idéale de la naissance de l’Église ne tient pas devant la réalité historique. Il est impossible qu'elle ait été tracée par un compagnon de Paul.
Dans sa conception de l'essence du christianisme, l’auteur des Actes est loin du christianisme primitif le plus ancien; il ne donne de l’enseignement propre de Paul qu’une image diminuée. D’après lui, Paul est le porteur d'un christianisme sans couleur; il est caractérisé, en opposition avec ses épîtres authentiques et conformément aux épîtres pastorales, comme le Juif idéal, fidèle à la loi des ancêtres. Comme contenu du christianisme — à la manière des apologistes du τι siècle — il donne la justice, la sobriété et 16 jugement à venir comme essentiel, et la résurrection des morts, dont Jésus est le modèle. Rien d'étonnant que les Juifs n’aient aucune hostilité contre cette religion et la regardent comme le vrai judaïsme. Paul affirme qu'il sert le Dieu de ses pères; la résurrection des morts n’est pas une doctrine qui sépare le christianisme du judaïsme, mais du paganisme. Les Pharisiens, sectateurs de cette doctrine, sont favorables au christianisme — en réalité ils en ont été les adversaires irréductibles — tandis que les Sadducéens sont présentés comme ses ennemis. Ὁ Athènes, les philosophes sont divisés en moqueurs et en bien pensants; ils sont identifiés avec les Épicuriens et les Stoiciens. Josèphe ἍΝ déjà établi ce rapprochement. Celui
ΧΧΧΙΥ : INTRODUCTION. , 5-10
qui réfléchit reconnaîtra que nous ne sommes plus dans le monde des idées de
Paul, mais dans le monde post-apostolique. L'auteur veut prouver que les,
chrétiens, tout comme les Juifs, méritent d’être protégés et reconnus par l’autorité romaine, car ils sont les véritables héritiers de la religion d'Israël. Les accusations des Juifs contre les chrétiens sont le résultat d’un complet aveugle-
ment; ils sont soumis au jugement de Dieu.
Ce système d'idéalisation harmonique se retrouve dans la description dés premières communautés chrétiennes, présentée dans la première partie des Actes. Il est basé sur l’idée que les apôtres, remplis de l’Esprit-Saint, rendent, avec force, témoignage à la résurrection de Jésus, la confirmant par des miracles. Eux seuls peuvent donner l’'Esprit-Saint, quoique, τι, 38, il soit reçu sans eux surtout dans le cas de Cornélius, x, 44. Leur fonction est celle de la parole, tandis que le: service de la charité est confié aux Sept. A la Pentecôte, ils sont habilités pour attester dans toutes les langues de la terre la vie et les enseignements de Jésus, tandis que dans le récit primitif il s'agissait de la glossolalie, au sens où l’entend
Paul, et en fait ce n’est pas devant tous les peuples de la terre qu’ils ont parlé,
mais probablement devant les Juifs de toutes les parties de l'empire. L’exposé montre d'ailleurs que les apôtres se restreignent à la prédication aux Juifs — car la conversion d'Israël est la condition de ὰ venue du salut, 111, 19 — et que la diffusion de l'Évangile au-delà de la Judée a été le fait des Hellénistes. La con-
version de Cornélius est une exception et Pierre l’a justifiée avec peine. L'auteur
montrera que le Sanhédrin veut défendre la prédication au sujet de Jésus, mais il
une peut faire que la communauté et la prédication ne poursuivent leur développe-
ment; même après le meurtre d’Étienne, qui a dû disperser la communauté,
celle-ci vit tranquille. Elle s'élève au chiffre de 5.000 âmes, mais dans le récit elle est réduite à un petit nombre de personnes qni se tiennent dans une seule maison. D’après la description de l'auteur les biens sont mis en commun, mais en fait il n’est parlé que de quelques dons particuliers. Le point de vue harmonisant de l’auteur est ainsi en opposition avec ses documents. Son point de vue que le développement organique de la prédication aux gentils vient de la communauté primitive n’est pas méconnaissable, et se montre dans les faits suivanis :
par la persécution qui suivit le meurtre d'Étienne, la parole s’étendit au-delà de la
Judée, d'abord aux Samaritains demi-Juifs, puis à l'eunuque prosélyte, au témoin
choisi pour la mission chez les gentils, Saul; Pierre est conduit à la persuasion
de la vocation des gentils; la première communauté de convertis du paganisme
a été fondée et approuvée par Jérusalem, la mission de Paul a été reconnue et réglée par la conférence de Jérusalem. L'impression quetout a été conduit d'après un plan et sous la direction de Dieu ressort de l’ordre des récits; c'est le travail habile d'un auteur qui fait concorder en un seul récit les divers morceaux de sa tradition contre son propre exposé. Une valeur historique de l’ensemble est possible, si l’on ne lit pas cet ensemble, tel que l’a écrit l’auteur, mais si on lit les documents, non dans le sens qu’a entendu l’auteur, mais dans leur sens propre
et primitif. Voyons les sources.
Une source commence au chapitre νι et se poursuit jusqu’à ναι, 4, puis elle recommence, x1, 19, dans les mêmes termes; elle continue, x, 14, et elle est identifiée avec le journal de voyage, fond de la deuxième partie des Actes; c'est la source À. Il faut tenir compte des remaniements, des additions et des abré-
HISTOIRE DE LA CRITIQUE DES ACTES DES APOTRES. XXXV
viations de l’auteur. Sa valeur historique est importante, quoique la critique ne doive pas sommeiller; il faut toujours tenir compte du travail de l’auteur. — Les matériaux qui viennent de la communauté primitive et parlent de Pierre sont importants pour nous. Il paraît indubitable que dérivent d’une source écrite les ch. 1-v; 1x, 31; x1, 18 (peut-être aussi 1x, 1-30) x1r et xv, quoiqu'il ne soit
pas possible de retrouver les termes de cette source B. Mais en supposant que.
l’auteur ait employé des sources orales, il faut reconnaître qu’elles se détachent des vues et des descriptions de l'exposé; contre le point de vuc post-paulinien de l’auteur, elles ont dans l’ensemble un caractère judéo-chrétien et prépaulinien, et en cela consiste leur importance pour nous. Qu'’elles proviennent du cercle de Pierre ou de l’entourage de Jaèques, ou comme on l’a présumé, de Jean Marc, personne ne peut le prouver; la présentation du récit est déjà trop légendaire. Il suffit de penser qu’elles ont été écrites dans un temps antérieur à Paul ou avant 60-70. Nous pouvons seulement affirmer que leur point de vue général est encore indépendant du mouvement et de la façon de penser hellénopaulinienne.
La vue que la conversion d'Israël est la condition du salut se détache du point de vue de Paul et de Mare, χιπι, 10, que l'Évangile doit être prêché aux gentils : que la promesse est pour les Juifs, près ou ii est une vue judéo-chrétienne. La conversion de Cornélius, telle qu'elle est racontée, ne peut provenir de source pagano-chrétienne, car l'angoisse de Pierre, l’idée que les gentils doivent être purifiés par la foi sont dues à un judéo-chrétien qui est persuadé que Dieu a recherché aussi les païens et qu’on ne peut l'empêcher de leur donner aussi le Saint-Esprit.
La christologie des premiers chapitres des Actes est antérieure à Paul et n'a pas été influencée par lui. Que Jésus soit devenu le Messie à l'instant de son élévation en croix est une pensée qui ne peut être attribuée à un chrétien paulinien ou post-paulinien, bien que Paul y fasse allusion, Rom. τ, 4. Il n'y ἃ rien dans les discours de Pierre de la préexistence du Fils de Dieu; le nom de Serviteur de Dieu lui est donné à Jérusalem, Jésus est le prophète annoncé par Moïse. Le Messie comme tel est encore à venir. La mort de Jésus a été voulue de Dieu et prédite, mais il n’est pas dit qu'elle ait été pour l’expiation
des péchés. Le repas du- Seigneur n’est pas encore la célébration de la mort de Jésus, mais une fête de reconnaissance et d'amour envers Dieu. Toutes ces idées sont des vues anciennes qui sont compréhensibles seulement sur le terrain judéo-chrétien. Il ne s'ensuit pas que tout ce que raconte cette source doit être accepté comme historique; tout au contraire, nous devons nous tenir en garde contre des récits de couleur légendaire. La question est seulement de savoir si leurs points de vue religieux peuvent nous donner une image exacte de la piété chrétienne primitive sur le sol palestinien, et à cette question J. Weiss répond oui. Car ils sont très éloignés du point de vue de l'auteur des Actes et de Paul et sont plus anciens qu'eux deux. Il ne reste d'autre source que la communauté primitive. ἢ paraîtra que nous pouvons aussi sans hésitation accepter de nombreux récits positifs.
Nous ne pouvons répondre dans le détail à toutes ces observations. Nous ne méconnaissons pas qu'il en est qui répondent à la vérité des faits, mais nous remarquons que sur divers points importants les textes ne sont pas aussi affir-
XXXVI ; INTRODUCTION
matifs que le suppose J. Weiss, et que souvent ils doivent être interprétés ou
expliqués d'une autre façon.
William Ramsay n’a pas écrit d'ouvrage spécial sur les Actes, mais il a souvent traité dans ses nombreux travaux de questions afférentes à ce livre. Il avait cru tout d’abord que les Actes avaient été écrits au milieu du n° siècle, mais une étude attentive des documents archéologiques l’a amené à conclure qu'ils avaient été écrits au r°" siècle et qu'ils étaient d'une admirable exactitude histo- “rique et géographique. Ce livre a été composé par Luc, le compagnon de Paul; -et Ramsay en démontre la bonne information dans les nombreuses données de ses
ouvrages (1). Cf p. cexxxix.
Aberle avait soutenu, 1885, que les Actes étaient la plaidoirie que Luc avait “présentée en faveur de Paul, accusé devant le tribunal de Néron. D. Plooij croit
que le IIT° évangile faisait partie aussi de cette plaïdoirie et que Luc a voulu relater ous les faits sur lesquels s’appuyait Paul pour prêcher le christianisme, faits qui sont d’abord la vie et les ensignements de Jésus, puis le développement du christianisme et surtout l’action de Paul dans ce développement (2). L’évan- 9116 et les Actes ne sont donc pas des livres distincts mais deux parties d’un même livre. Ce plaidoyer a été écrit avant que la cause de Paul ait été portée : devant le tribunal de César et a été adressé à ceux qui faisaient partie du conseil Bo que l’empereur consulterait, probablement Sénèque et Burrhus. Il faut donc en fixer la date vers l'an 62. Il n’aurait pu être écrit plus tard, car l’auteur n’aurait pu, après la violente persécution de Néron, continuer à affirmer que l’autorité romaine était bien disposée à l'égard des chrétiens.
Bien des objections pourraient être faites contre cette thèse. Remarquons seulement que devant le tribunal de César il n’était pas question de discuter . des doctrines du christianisme; l’autorité romaine voyait dans celui-ci simplement
une variété du judaïsme et elle ne s’occupait pas de ces discussions sur des noms et sur la Loi; les charges contre Paul étaient que celui-ci était un homme turbulent qui excitait des troubles dans les principales villes de l'Empire et devenait une menace pour la paix romaine.
L'exposé de Kirsopp Lake (3) tient compte de l’ensemble des faits et est basé : sur le développement que l’auteur des Actes a donné à chacune des parties de son <e récit. Celui-ci n’a pas essayé de présenter un exposé sans couleur d’un aussi grand nombre de faits que possible, mais il s’est servi de l’histoire pour établir sa propre interprétation des faits. Ceci est prouvé par la préface de son évangile, -où il déclare que son but en écrivant a été de convaincre Théophile de la vérité des récits qui lui ont été faits : ἵνα ἐπιγνῷς περὶ ὧν χατηχήθης λόγων τὴν ἀσφάλειαν. Lc., τ, 4. En d'autres termes, il veut raconter l'histoire des premiers jours du christianisme dans le but de prouver l’enseignement chrétien.
Si l’on considère le récit à ce point de vue on peut découvrir plusieurs motifs subsidiaires : 1° L'auteur désire montrer que 1" Église chrétienne a dû son développement‘à l’action du Saint-Esprit : Πνεῦμα, τὸ Πνεῦμα, τὸ ἅγιον Πνεῦμα, τὸ Πνεῦμα
es (1) The Bearing of recent Discovery on the Truthworthiness ofthe New Testament, 1915. (2) The work of St Luke : À historical Apology of Pauline Preaching before the Roman Court; The Expositor, décembre 1914, p. 518.
(3) Actes of the Apostles dans HasriN@s, Dictionary of the apostolic Church, Vol. I, Ὁ. 21. Ædinburgh, 1915.
HISTOIRE DE LA CRITIQUE DES ACTES DES APOTRES. XXXVIE
ἅγιον, sont ses expressions habituelles, mais on a aussi Πνεῦμα Κυρίου, v, 9: vrrr, 39. (le texte est douteux), τὸ Πνεῦμα Ἰησοῦ, xvr, 7, qui est l'accomplissement de la. | promesse de Jésus d'envoyer l'Esprit-Saint à ses disciples. Act. 1, 5 ss.; cf.
| Le., mx, 16; xxiv, 48 5. L'Esprit s’est manifesté extérieurement dans la glossola-—
lie, dans les miracles de guérison et dans l'accroissement étonnant du christianisme. C’est peut-être le but principal de l'écrit de Luc et à celui-ci est subor-
donnée, dans son évangile et dans les Actes, l'attente eschatologique, qui est très caratéristique de Marc et de Matthieu, mais dont nous ne retrouvons ici
que des traces.
2° Le désir de montrer la stupidité et la méchanceté de l'opposition juive en contraste avec l'attitude des autorités romaines est clairement marqué. I} n'est pas impossible que l'auteur ait désiré distinguer le christianisme du judaïsme et défendu le christianisme de l’imputation de faire partie d'une secte interdite par l'État. Π a voulu aussi protester contre cette idée que le christianisme était un danger pour l'empire romain.
3° Pour accomplir ses autres desseins l’auteur est désireux de montrer com-ment le christianisme s’est répandu de Jérusalem dans les districts environnants; puis de là à Antioche et d’Antioche à Rome à travers les provinces. Il explique aussi comment les chrétiens furent amenés à prècher l'Évangile aux gentils sansinsister sur la Loi juive et comment ceci a été tenu comme lotte du Saint Esprit par les apôtres juifs, qui ont reconnu la révélation accordée à cet effet à Paul et à Pierre, rx, 15 ss.; xxnr, 21; χι, 18; xv, 1 585.
D’après Kirsopp Lake la vue traditionnelle que Luc, le compagnon de Paul, est l’auteur des Actes reste l'opinion la plus raisonnable. Pour la date de composition le decennium 90-100 paraît sans doute la date la plus probable, mais on n’en
a pas de preuve démonstrative, et les Actes peuvent avoir été écrits trente ans-
plus tôt ou trente ans plus tard, mais dans ce dernier cas, il faudrait abandonner l'opinion que Luc en est l’auteur. Bien qu’on puisse relever dans le récit quelquesinexactitudes historiques, il n’y a aucune raison pour douter de la vérité historique de l’ensemble du récit.
Venant après beaucoup d’autres critiques et exégètes, Loisy (1) a pu profiter de leurs travaux et de leurs suggestions. En particulier, il s’est inspiré de: Norden, Agnostos Theos, et il semble aussi de 1, Weiss, Das Urchristentum
Après avoir analysé le livre des Actes dans le plus grand détail, Loisy remarque que le style en est souvent embrouillé, que les phrases sont mal agencées, que les diverses parties d'un même passage ne se tiennent pas, ne s'adaptent pas les unes avec les autres; qu'on peut y relever des invraisemblances, des contradictions avec les données historiques certaines qu'on connaît par ailleurs, les épitres de Paul par exemple. Il en conclut de suite qu’un rédacteur a retravaillé un texte primitif et qu'il n’a pas su insérer habilement ses additions dans le texte du premier écrivain. Il examine ensuite les récits des faits, et il croit découvrir qu'il y a des contradictions entre eux, des miracles qu'on ne peut admettre, des faits répétés, des faits tendanciels, des discours composés de toutes pièces. Luc était un trop bon historien pour avoir écrit un tel livre. « Bien qu'il n'ait pas été un critique de sa propre foi, son amour du vrai, la
(1) Les Actes des apôtres, Paris, 1920.
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ΧΧΧΝΠΙ INTRODUCTION
droiture de son jugement, un certain sens du réel l’avaient mis à même de construire une œuvre dont la solidité, la sincérité, l’impartialité se trouvent attestées
par le soin même qu'on a pris de nous en dérober les meilleures parties. »
Il y a donc lieu de rechercher comment l'écrit primitif de Luc a été modifié pour
nous arriver dans l’état où il est actuellement.
Voici comment Loisy expose le processus de cette transformation. Luc est l'auteur à Théophile, mais son œuvre a été mutilée, refondue, surchargée par un rédacteur, travaillant aux environs de l'an 100 et auquel nous devons non seulement le livre des Actes dans sa forme actuelle, mais aussi bien le troisième évangile, qui a été remanié comme les Actes, dans le même esprit, sans toutefois que le rédacteur y ait mis autant de soin. Loisy s’est donc attaché à . démêler ce qui peut subsister de l'œuvre primitive et il lui semble que c’est fort peu de chose dans les douze premiers chapitres. Voici quel aurait été à peu près, d’après lui (1), le contenu de l'écrit de Luc. « Nous savons que, selon Paul et Luc sainement interprétés et complétés l'un par l’autre, Jésus venait de passer sur la terre, sa mort, suivie de sa résurrection, ayant été le commencement du christianisme; que Pierre avait, pour ainsi dire, inauguré la foi puis la profes-.
sion publique de la foi à la résurrection de Jésus, devenu Christ auprès de Dieu;
que cette foi, recueillie par quelques Juifs hellénistes, ne tarda pas, leur chef Etienne ayant été martyrisé, à se propager par eux dans les pays voisins de Palestine, notamment à Antioche, où la propagande atteigait directement les
païens, et où ceux-ci furent aggrégés à la communauté du Christ. sans qu'on
leur imposât les observances de la Loi juive; que Paul, converti à Damas après s'être élevé contre les premiers croyants, était entré dans l'œuvre, ainsi lancée, s'était associé à Barnabé, le principal apôtre d’Antioche, était venu avec lui à Jérusalem pour faire agréer aux anciens apôtres ce qu'on avait fait pour les gentils; puis que Paul s'étant brouillé à Antioche avec Pierre, Barnabé et tous les autres prédicateurs de la nouvelle foi, s'était jeté à corps perdu dans l’œuvre évangélique, passant en Galatie, en Macédoine, à Éphèse, se rendant encore une fois à Jérusalem pour se concilier la communauté-mère avant de se transporter à Rome, et n’allant à Rome que captif, après avoir été arrêté dans le temple et
- poursuivi par le Sanhédrin dans un long procès devant le procurateur. » Le
rédacteur aurait totalement modifié ce récit pour l'adapter à sa thèse apologétique : le christianisme est le vrai judaïsme, représenté par les gentils, parce qu’il a été repoussé par les Juifs, et il aurait droit à la liberté que la loi romaine reconnaît au culte juif. Nous ne pouvons entrer dans un exposé détaillé de ces remaniements; ils sont trop nombreux : signalons seulement un des plus importants, lequel bouleverse complètement l’ordre du récit des Actes.
D'après ceux-ci Barnabé et Saul furent envoyés d’Antioche à Jérusalem pour porter des secours aux fidèles de cette ville, χι, 29-30; ils retournèrent à Antioche après avoir rempli leur mission, xu1, 25. Délégués par l’église d'Antioche, ils allèrent prêcher l'Évangile en Chypre, puis en Asie-mineure, à Antioche, à Iconium, à Lystres et à Derbé, xui-xiv, 20. Ils revinrent sur leurs pas et rentrèrent à Antioche. Ils racontent à l'église comment ils ont recu les gentils dans la communauté chrétienne. Des disciples de Jérusalem protestent qu'on ne
(1) Revue d'histoire et de littérature religieuses, 1922, p. 30 5.
HISTOIRE DE LA CRITIQUE DES ACTES DES APOTRES. ΧΧΧΙΧ Ὁ
peut être sauvé si l’on n'est pas circoncis. Une discussion s'élève et, pour | résoudre la question, Paul et Barnabé sont envoyés à Jérusalem afin de conférer avec les apôtres sur cette question, xv, 1-3. Alors a lieu la conférence de Jérusalem où il fut décidé que les gentils seraient admis dans l'Église chrétienne | sans étre astreints aux observances légales. On leur imposa seulement certaines restrictions destinées à faciliter les relations entre chrétiens juifs et chrétiens gentils. Il y aurait donc eu deux visites de Barnabé et de Paul à Jérusalem : l’une racontée au chapitre xr et l’autre au chapitre xv. Loisy suppose que ces deux voyages n’en font qu'un en réalité. Il est d’abord certain, d’après lui, que le débat sur les observances n’a pas eu lieu après la mission en Chypre et en Asie mineure, mais en conclusion de l’apostolat conjointement exercé par Barnabé et par Paul en Syrie et en Cilicie (Gal. 1, 21; πὶ, 1-9); et quant à la mission intercalée, elle pourrait fort bien, étant donné les procédés du rédacteur, avoir été dédoublée de celles que firent, après leur séparation, Barnabé en Chypre, xXv, 39, Paul en Lycaonie, en Pisidie et en Galatie, xvr, 1-6. Paul -n’aurait donc pas prèché l'Évangile en Chypre et toutes ses actions racontées ch. xur, 4-12 seraient des fictions du rédacteur. De même, Barnabé n'aurait pas accompagné Paul dans l’évangélisation de la Lycaonie et de la Pisidie, xvr, 1-6. Le voyage de mission, raconté par les Actes, xr11-x1v, n'aurait donc pas eu lieu dans l’ordre où il est raconté, et la plupart des événements seraient fictifs. Le seul voyage historique est celui qui est raconté, xvr, 1-6. Luc aurait donc dédoublé ce voyage et raconté les faits à rebours.
Loisy ne cherche pas de sources derrière Luc; il ne croit pas que celui-ci. s'étendit longuement sur l’histoire de l’évangélisation antérieure à la fondation de la communauté chrétienne d’Antioche. Le rédacteur a exploité des traditions légendaires que Luc n'avait point connues, et il a probablement créé lui-même certains récits. Tous les grands discours sont de lui, systématiquement distribués et coordonnés à l'objet apologétique du livre, qui semble à Loisy être non seulement celui de la défense du christianisme contre les Juifs, mais aussi bien et plus encore celui de cette défense devant les païens et l'autorité romaine. La thèse est que le christianisme est la forme authentique de la religion révélée à Israël; à cette révélation Israël ἃ toujours été désobéissant; par conséquent, le christianisme devait jouir de la position légale accordée au judaïsme comme religion, et l'autorité romaine ne devait pas épouser la haine des Juifs contre les chrétiens.
Apologiste écrivantavec les préoccupations politiques des apologistes du second siècle, dans l'intention de plaider la cause chrétienne devant l'opinion publique et le pouvoir romain, le rédacteur arrange l'histoire de façon à prêter dans le passé, aux autorités constituées l'attitude qu'il aurait souhaité leur voir prendre dans le présent à l'égard des chrétiens : il attribue presque uniquement aux Juifs la responsabilité de la mort de Jésus et des persécutions dirigées contre les apôtres, et présente les magistrats romains comme favorables en somme, quoique à des degrés divers, à la cause chrétienne; il se tait sur la mort des apôtres et la persécution de Néron, et il termine brusquement son livre au moment où il a conduit Paul prisonnier à Rome, parce qu'il veut autant que possible dissimuler à ses lecteurs l'issue du procès, qui n'avait été autre que la condamnation et l'exécution de l’Apôtre par les autorités impériales. Comme il