‹ Les Actes des ApôtresChapitre 203 sur 358 · I. EPOQUE DES PATRIARCHES, ὙΠ · texte numérisé non relu

I. EPOQUE DES PATRIARCHES, ὙΠ

Ἄνδρες ἀδελφοὶ χαὶ πατέρες : cette appellation est tout à la fois affectueuse et respectueuse; elle embrasse tous ceux qui sont présents et auxquels Étienne s'adresse. Comme Israélites, ils sont ses frères, mais les membres du Sanhédrin, hommes déjà âgés, sont ses pères. Cf. la même appellation dans le discours de Paul, xxnr, 1. Loisy croit que « frères » et « pères » ne sont pas deux éléments neltement distincts dans l'auditoire, mais, en général, les jeunes et les vieux, ou bien les gens du commun, et les notables, qui péle-mêle composent l'assistance. ὁ θεὸς τῆς δόξης; en hébreu, 4 7122 ou 712 ὧν; c’est.la nat, shekinah, nimbus Dei, Ær. xxiv, 17. La δόξα τοῦ Θεοῦ est proprement la lumière éclatante qui émane de Dieu et dans laquelle 1] se manifeste et qui annonce sa présence. τῆς δόξης : l’article marque que cette gloire lui est propre; le Dieu de la gloire, c'est-à-dire possédant la gloire qui lui est particulière; la gloire qui l’environne ou qui sort de lui, Ze. τι, 9. τῆς δοξης est un génitif de qualité, comme Ps. xxiv, 7, 9; χχιχ, ὃ; 1 Cor. τι, 8, Il ne faudrait pas faire de ce génitif un adjectif : ἔγδοξος Θεός, Dieu glorieux — ὥφθη τῷ πατρὶ ἡμῶν Ἀδραάμ. : Les apparitions de Dieu à

ποτοιρμίᾳ. πρὶν ἢ κατοικῆσαι αὐτὸν ἐν Χαρράν, 8. na εἶπεν πρὸς αὐτόν “Εξελθε Ex τῆς αἱ ἐχ τῆς συγγενείας σου, χαὶ δεῦρο εἰς τὴν γῆν ἣν ἄν σοι δείξω. M. τότε

Abraham sont réelles, mais sous quelles formes se sont-elles produites? Elles sont semblables à celles qui sont mentionnées ailleurs dans l'A. T. Æx. χχιν, 16; Isaïe, vi, 3, où apparut la gloire de Dieu, τῷ πατρὶ ἡμῶν ᾿Αδραάμ. : expression emphatique. Par ces paroles Étienne s'unit à ses auditeurs; il était donc juif comme eux. Cette conclu-

sion n’est pas certaine : un prosélyte pouvait appeler Abraham son père, Scaürer,

᾿ς Gesch. d. για. Vollkes, III, p. 187, note 101. En parlant ainsi, Étienne se justiliait du reproche de blasphème contre Dieu, mais il affirmait en même temps que Dieu n’était pas exclusivement confiné dans le Taber- nacle ou le Temple, puisqu'il est apparu à Abraham en Mésopotamie, en pays païen. Il pouvait donc être vu et adoré en dehors du Temple. Καὶ ναὸς οὐχ ἦν, καὶ θυσία οὐκ ἦν, χαὶ θείας ὄψεως ἠξίωτο ᾿Λύραάμ, χαὶ προγόνους Πέρσας εἶχε, at ἐν ἀλλοτρίᾳ γῇ ἦν. CHRYS., πῆρ: XV. :

ο΄ ὄντι ἐν τῇ Μεσοποταμίᾳ : la région d'entre deux fleuves, le Tigre et l’Euphrate; en hébreu, aram naharaim, Syrie des deux fleuves. Μεσοποταμία, adjectivum ést sicut ἡ ᾿Ιουδαία, quare articulo carere non potest, Brass. D'après la Genèse, χι, 28, Ahraham habitait primitivement à Ur en Chaldée; ce n'est qu'improprement que la Chaldée peut être rattachée à la Mésopotamie. — πρὶν ἢ κατοικῆσαι : πρίν avec ou sans À gouverne … linfinitif. ἐν Χαρράν. Harran, fréquemment nommée dans la Bible, Gen. x1, 32, 33; xu, &, 5; xxx, 4 était une ville située au sud-est d’Orfa, sur l’ancien Bilichus, petit affluent de l’Euphrate, au point d'intersection où se croisent les routes qui conduisent aux gués de l'Euphrate d’une part et aux gués du Tigre de l’autre. C'était un point commercial important.

Pour éviter les difficultés que nous allons signaler et mettre le texte en accord avec .

la Genèse, Belser, Beitr. zur Erklärung der Apostelg., Ὁ. 48, établit le texte original de Me la façon suivante : 6 Θεὸς τῆς δόξης ὥφθη τῷ πατρὶ ἡμῶν ᾿Αὐραάμ,, ὄντι ἐν τῇ Μεσοποταμίᾳ μετὰ ᾿ς τὸ ἀποθανεῖν τὸν πατέρα αὐτοῦ, Au ὃ 4, μετὰ τὸ ἀποθανεῖν τὸν πατέρα αὐτοῦ est supprimé. C’est

la leçon des vieux latins, P* Gig. : Apparuit patri nostro Abraae cum esset in Meso- potamia priusquam habitaret in Charran, postquam mortuus est pater ejus. Au ÿ 4, ce dernier membre de phrase est supprimé après Charran. Nous avons là, semble-t-il, une transposition de texte destinée à mettre le texte des Actes en accord avec celui de la Genèse.

ÿ 3) Ainsi que nous allons le constater en examinant le discours d’Étienne, sur plusieurs points d'histoire, l’orateur paraît raconter les événements autrement que ne

la fait le texte massorétique de la Genèse. Avant de discuter dans le détail ces diver- gences, quelques remarques préliminaires doivent être présentées. Il faut observer

qu'en matière historique, ne touchant en rien à la foi et aux mœurs, et surtout pour les faits de détail, l'auteur inspiré a pu s'exprimer suivant le langage du temps. Cette opinion est adoptée par les critiques catholiques. Récemment, le P. Knabenbauer l'a exposée de la façon suivante : Referunt (documenta) quid ejus aetatis homines de iis certaminibus crediderint neque enim tali narrandi modo ullo pacto quidquam derogatur sanae notiont inspirationis (1). S. Étienne ἃ donc pu en quelques, détails parler

τὶ d’après les croyances populaires de l’époque et, de fait, plusieurs des divergences

relevées se retrouvent dans les Septante, dans Philon et dans la littérature rabbinique du temps. De plus, ces divergences se rapportent presque toutes au texte massoré-

(1) Commentarius in duos libros Macchabaeorum, Ὁ. 20.

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