Ma main n’a-t-elle pas fait toutes ces choses
51. Hommes au cou raide, incirconcis de cœurs et d'oreilles, vous résistez toujours à l’Esprit-Saint. Comme vos pères [ont été], ainsi vous êtes. 52. Lequel des prophètes vos pères n’ont-ils pas persécuté? Et ils ont tué
envers Dieu, dont la pire est le rejet de Jésus Messie. Il semble donc que le discours d’Étienne oi aboutir à rappeler cette suprême infidélité. Quelques exégètes ont. pensé que la brusque interpellation d'Étienne à ses auditeurs avait été causée par des interruptions de ceux-ci, par le murmure de l'assemblée qui ne pouvait supporter un tel discours. Maïs ces apostrophes sont une suite naturelle du discours, une sorte de résumé de ce qui vient d’être dit, ἀεί semble être le terme conclusif. D'ailleurs Étienne avait traité tout son sujet; il avait exposé toute l’histoire religieuse d'Israël : la promesse faite à Abraham, Moïse libérateur d'Israël, la Loi donnée au peuple, le Temple, bâti par Salomon; il n’avait plus qu’à conclure.
σχληροτράχηλοι, qui ont le cou raide, c'est-à-dire qui ne peuvent fléchir facilement la tête, entêtés, dura cervice Vlg. Ce même reproche avait déja été adressée aux Hébreux et Étienne a dû s’en inspirer : Ex. xxx, 8, 5; Deut. 1x, 6; Baruch, τι, 30; Eccli. χνι, 11. Sur ce terme le codex Laurae, 184. x° es au mont Athos, a tout un développement d’épithètes, ὑμεῖς, οἱ χύνες οἱ ἐννεοί, duets οἰ λόχοι, etc., qu'on trouvera relevés dans Hilgenfeld, Acta apostolorun, p. 238.
χαὶ ἀπερίτμητοι; même expression ou même idée, Lée., xxvi, 41; Deut., x, 16; Jér., ιν, 14; vi, 10; Rom. τι, 25, 29, et aussi chez Philon et les Rabbins. D’après Deissmann, Bib. Studien, 151, le terme aurait été fabriqué par les Juifs d'Alexandrie et appliqué par mépris aux païens incirconcis. καρδίαις, ACD Harkl. Vig. ou χαρδίας, B ou τῇ καρδίᾳ, EHP 614, Flor. Gig. Origène. xapdtau, locatif. Corde secundum antiquos percipitur et intelligitur, BLass. Le cœur et les oreilles des Juifs n'étaient pas circoncis, disposés à entendre et à aimer la vérité; xat τοῖς ὠσίν est ajouté à καρδίαις parce que leur opiniâtreté consiste en ceci que leurs cœurs n'étaient pas délivrés de leur insensibilité et leurs oreilles de leur surdité par une circoncision spirituelle, B. Weiss. Ils auraient eu ainsi, d’après Preuschen, des cœurs et des oreilles de païens. Loisy n’est pas de cet avis : les Juifs ont un cœur incirconcis, c’est-à-dire un esprit lourd et des sentiments impurs et des oreilles incirconcises, c’est-à-dire un entendement fermé et souillé. ἀντιπίπτετε, terme hellénistique : tomber sur ou contre, se heurter, τῷ Πνεύματι τῷ ἁγίῳ, au datif à cause de la préposition ἀντί. Rejeter le témoignage, les enseignements de l'Esprit-Saint, comme l'ont fait les Juifs, c’est rejeter l’Esprit-Saint lui-même.
χαὶ δμεῖς : cette forme est du langage populaire; οὕτως exprimerait plus exactement la comparaison : ὡς, placé avant, appelle οὕτως. — ὑμεῖς... ὑμῶν... καὶ ὑμεῖς, cette répétition du pronom est emphatique et fait ressortir la culpabilité des Juifs.
ÿ 52) Étienne accuse les Juifs d’être les meurtriers de Jésus, dont il proclame la messianité., Ce meurtre est la conséquence finale de la longue dureté de cœur des Juifs.
τίνα τῶν προφητῶν : asyndète qui fait ressortir la véhémence du discours ; τῶν προφητῶν, génitif partitif, Cette interrogation ne signifie pas que les Juifs ont tué tous les prophètes sans exception. Il suffit pour la justifier qu’ils aient persécuté le plus grand nombre des prophètes et surtout les plus connus, ce qui est exact, Mt, v, 12. Dans les Chroniques, n, xxxvi, 16, il est raconté que les Juifs se moquèrent des envoyés de Dieu
EN € Mod Q SV Or \ r δ᾽ 2 1 ἐδίωξαν οἱ πατέρες ὑμῶν ; χαὶ ἀπέχτειναν τοὺς προχαταγγείλαντας περὶ τῆς ἐλεύσεως
? NS -ο Ἂν ; - 27 > 5%. ᾿Αχούοντες δὲ ταῦτα διεπρίοντο ταῖς χαρδίαις αὐτῶν roi ἔό όρυχον τοὺς ὀδόντας
et raillèrent ses paroles. Nous connaissons le meurtre de Jérémie, d'Amos et probabiement d'Isaïe. Dans son commentaire sur Matthieu, x, 18, Origène donne comme exemples Moïse, Isaïe, Zacharie. Déjà Jésus, Mé. xxur, 37; Le, xx, 34, avait reproché aux Juifs le meurtre des prophètes et cela dans les mêmes termes, ἐδίωξαν et ἀπέκτειναν.
Αὐτίκα, dit Clément d'Alexandrie, Strom. τν, 45, 127, πάντες οἱ προφῆται οἱ προθεσπίσαντες
τὴν παρουσίαν τοῦ Κυρίου χαὶ σὺν αὐτῇ τὰ ἅγια, Me ae A ar ἐφονεύθησαν.
La haine des Juifs qui avaient persécuté et tué les prophètes, annonciateurs du Messie, s’exerçait ainsi indirectement contre le Messie, le Juste que maintenant ils avaient réellement tué. καὶ ἀπέκτειναν : ils persécutèrent les prophètes, mais ils tuèrent aussi ceux qui annonçaient d'avance sa venue, τοὺς προκαταγγείλαντας. La leçon du codex
de Bèze : χαὶ ἀπέχτειναν αὐτοῦς τοὺς προχαταγγέλλοντας, exprime plus précisément l’idée en
employant le participe présent.
περὶ τῆς ἐλεύσεως, de adventu, arrivée, venue; ici seulemnnt et dans D, Ze, xx, 7: xx, 42. Cf. Actus Thomae, 28 : ἐν τῇ ἐλεύσει αὐτοῦ (Χριστοῦ) χαὶ ἐπιφανείᾳ τῇ ϑστέρᾳ. — τοῦ διχαίου, c'est-à-dire de Jésus, le Juste par excellence : cf. nr, 14; xx, 445 1 Pr. πι, 18; T Jn, τι, 1, Cette expression τοῦ διχαίου pour désigner le Messie était à peine compréhensible pour les Juifs, quoiqu’ils aient tenu le Messie pour le Juge de l'univers, Hénoch, Li, 3; Lx, 5: Lx, 7. Cf. Bousser Rel. des Judentums, p. 302. Cependant, d’après Weber, Jüdische Theologie, p. 362, les Juifs reconnaïissaient que la justice personnelle du Messie était son droit réel à la dignité messianique; cf. Burnsine, The Acis of the Ap.
νῦν ὑμεῖς, emphatique, προδόται χαὶ φονεῖς ἐγένεσθε. Lie verbe est à l’aoriste pour marquer que l’action à eu lieu dans un passé récent. νῦν, maintenant, ils sont à l'apogée de leurs crimes qu'Étienne vient de rapporter, προδόται al φονεῖς : ils ont livré Jésus à Pilate et
de ce fait ils sont des meurtriers. Pierre, τι, 13, avait déjà fait le même reproche aux
Juifs; Paul, χπὶ, 28, le répétera.
ÿ 58) οἵτινες : hic recte, secundum Atticos; qualitas enim describitur, BLass ; οἵτινες — ἄνθρωποι. ὅστις désigne non seulement la personne dont il est parlé, mais fait encore allusion à sa conduite et aux causes de celle-ci, cf. vi, 45, etc. εἰς διαταγὰς ἀγγέλων : les exégètes ont donné de nombreuses explications de cette expression; il est inutile de les rapporter toutes. Choïisissons celles qui nous paraissent le plus plausibles. εἰς διαταγὰς ἀγγέλων, in dispositionem angelorum, Vig. διαταγή signifie arrangement, distribution, édit, décret ordonnance. εἰς, instrumental est pour ἐν διαταγαῖς, par des ordonnances d’anges ou εἰς signifie : comme, et le sens direct serait : Vous avez reçu la Loi comme des ordonnances d’anges, ou d’après des ordonnances d’anges. εἰς διαταγὰς ἀγγέλων pourrait équivaloir à διατασσόντων ἀγγέλων; saint Chrysostome, Hom., XvH, 8, rejette cette opinion : Τινές φασι τὸν br” ἀγγέλων λέγειν διαταχθέντα. Οὐχ ἔστι δέ ποῦ γὰρ ἄγγελοι νόμον ἐάνησαν διατάττοντες; ἀλλὰ διαταχθέντα νόμον λέγει τὸν ἐγχειρισθέντα αὐτῷ δι᾽ ἀγγέλου τοῦ ὀφθέντος αὐτῷ ἐν τῇ βάτῳ. L'expression a été diversement traduite dans les versions latines : in dispositionem, Vilg.; in dispositiones, ἃ; in ordinationem, in ordinatione, Gig. Lucif.; in praeceptis angelorum, ἢ ὁ
Il bemblérait qu'Étienne a voulu dire que la Loi a été disposée, décrétée par les anges, mais du contexte il ressort que pour lui les anges servaient simplement de ministres de Dieu pour la promulgation de la Loi. Sur le Sinaï, Moïse parlait avec un
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ceux qui annonçaient d'avance la venue du Juste, envers lequel vous êtes devenus maintenant traîtres et meurtriers, 53. [vous] qui avez reçu la Loi d’après des ordonnances (préceptes) d’anges et ne l'avez pas observée.
54. Or, entendant ces choses, ils étaient déchirés (frémissaient de fureur)
ange, Ÿ 38. Les anges sont donc les intermédiaires entre Dieu et Moïse. Nous retrouvons cette idée dans l’épître aux Galates, πι, 19 : τί οὖν 6 νόμος;... διαταγεὶς δι’ ἀγγέλων. Ce sont presque les mêmes expressions, mais le διά indique nettement que les anges ont seulement servi d’intermédiaires. De l’épître aux Hébreux, n, 2, il ressort aussi clairement que la Loi a été seulement proférée par les anges : ὃ δι᾿ ἀγγέλων λαληθεῖς λόγος, Dieu est l’auteur de la Loi; les anges l'ont promulguée aux hommes. C'était une tradition chez les Juifs. Josèphe, Ant. jud., xv, 5, 3, en est témoin : Ἡμῶν δὲ τὰ κάλλιστα τῶν δογμάτων καὶ τὰ ὁσιώτατα τῶν ἐν τοῖς νόμοις δι᾿ ἀγγέλων παρὰ τοῦ Θεοῦ, μαθόντων. Cf. PHILoN, de Somm. p. 642; les Jubilés, I. Le P. Lagrange, Æp. aux Galates, p. 83, explique comment ἃ pu naître cette tradition. « Au lieu de rabaïsser l’autorité de la Loi, dit Loisy, la mention des anges est ici pour accentuer la désobéissance de ceux qui s’insurgèrent contre des commandements transmis en telles conditions. Car il s’agit de désobéissance, non d'intelligence du sens profond et spirituel de la Loï, et non de la seule mort du Juste, mais de la rébellion perpétuelle dont le meurtre du Christ a été le dernier acte et le plus odieux. » Nestle (1), se référant à l’hébreu, traduit εἰς διαταγὰς ἀγγέλων, « par la maïn ou les mains des anges, » c’est-à-dire par la médiation des anges.
χαὶ οὐκ ἐφυλάξατε. Ttienne conclut par ces mots foudroyants, par une accusation qui devait toucher à fond les Juifs : Et cette Loi, édictée par Dieu, promulgée par les anges, cette Loi que vous m’accusez de vouloir détruire, vous ne l’avez pas observée. φυλάττω, garder, conserver, observer. L'expression est classique; DÉMOSTHÈNE, τοὺς νόμους φυλάττειν. Déjà Jésus, Jn. νι, 19 avait déclaré que nul des Juifs n’observe la Loi. Paul, Rom. τι, 23, reproche aussi aux Juifs de n’avoir pas observé la 1,0] : Ὅς, (le Juif) ἐν νόμῳ χαυχᾶσαι, διὰ τῆς παραδάσεως τοῦ νόμου τὸν Θεὸν ἀτιμάζεις. Le crime des Juifs contre le Messie ressort clairement de ce qu’ils n’ont pas estimé la Loï à sa juste valeur, qu’ils n’en ont pas compris la signification; c'est le même reproche que Jésus avait fait aux Juifs : Mec. vu, 6-13; Mt. xx, 3, 16-28.
vi, 54-60; vi, 2, MARTYRE D'ÉTIENNE.
Ÿ 54) Nulle accusation ne pouvait être plus sensible aux Juifs : tous Pharisiens, Sadducéens, scribes, se faisaient gloire d'observer la Loi; cf. Scuürer, Gesch. des jud. * Volkes, τι, p. 345. Paul, Rom. x, 2, leur rend le témoignage qu’ils ont le zèle de la Loi:
ζῆλον Θεοῦ ἔχουσιν ἀλλ᾽ οὐ κατ᾽ ἐπίγνωσιν. On comprend qu’à ces paroles d’Étienne, les audi-
teurs soient entrés en fureur. Cette fin abrupte du discours et l’exaspération des Juifs semblent indiquer qu’Étienne continuait son discours, mais qu'il a été arrêté. Le participe présent, ἀκούοντες, appuie cette interprétation; l’action d'entendre se poursuif. Les temps des verbes διεπρίοντο et ἔδρυχον, à l’imparfait, n'indiquent pas une explosion, mais un état persistant, qui se continue. Pendant qu'ils entendaiïent ces paroles les assistants étaient frémissants de fureur et grinçaient des dents.
διεπρίοντο : οἵ, v, 33 : ταῖς καρδίαις est ici ajouté, ἔόρυχον, stridebant, Vlg. βρύχω signifie frémir, rugir; même sans τοὺς ὀδόντας, il pourrait signifier grincer des dents ; dentibus
(1) Expository Times, xx, Ὁ. 93.
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- - “ Ν - - - 1 = δόξαν Θεοῦ rat ᾿Τησοῦν ἑστῶτα Ex δεξιῶν τοῦ Θεοῦ, 56. χαὶ εἶπεν" ᾿Ιδοὺ θεωρῶ τοὺς οὐρανοὺς διηνοιγμένους χαὶ τὸν υἱὸν τοῦ ἀνθρώπου ἐχ δεξιῶν ἑστῶτα τοῦ Θεοῦ.
x = f 5 --ὖ € € x 1 DT. χράξαντες δὲ φωνῇ μεγάλῃ συνέσχον τὰ ὦτα αὐτῶν, χαὶ ὥρμησαν ὁμοθυμαδὸν ἐπ
collisis stridorem emittunt, BEëLEN. βρύχειν τοὺς ὀδόντας ἐπὶ τινα se retrouve dans Job. xvi,
10; Ps. χχχιν, 16; xxxvi, 12, ἐπ’ αὔτόν. contre lui. Cf. la lettre de l'Eglise de Lyon, Eusèse, Hist. eccl. V. 1, 60 : ἔδρυχον τοὺς ὀδόντας ἐπ᾽ αὐτοῖς, Cette expression est employée par les médecins pour désigner les symptômes de certaines maladies; cf. HoBarr, p. 208.
Ÿ 55) Plein de l’Esprit-Saint, Etienne regarde le ciel pour en appeler du secours et il voit la gloire de Dieu et Jésus.
ὑπάρχων δὲ πλήρης Πνεύματος ἁγίου. Ces mots signifient qu'Etienne, rempli ordinairement de l’Esprit-Saint, est ici encore plus complètement sous l’action de l'Esprit ou bien que l'Esprit lui a révélé la scène qui se passe dans le ciel, La vision d’Etienne fut en effet intérieure et non extérieure, subjective et non objective. Etienne, étant en extase, vit le ciel ouvert avec l'œil de l'esprit, Fecren. Le Floriacensis précise cette idée : Ipse autem esset in spiritu sancto. Comme dans l’Apocalypse, 1, 10; 1v, 2, Etienne a vu la gloire de Dieu, étant en esprit. Nous trouvons dans les Act& Carpi, 29, des visions analogues, racontées presque dans les mêmes termes : εἶδον τὴν δόξαν Κυρίου χαὶ ἐχάρην. 42 : Ἀγαθονίχη δὲ τις ἑστῶσα χαὶ ἰδοῦσα τὴν δόξαν τοῦ Κυρίου. Pour d’autres visions, cf. Mart. Polyc. ὅ, 2; Passio Perp. τν, 7, &; vi, 10; Mart. Pionü, 11, 2; xu, 3, etc.
ἀτενίσας εἰς τὸν οὐρανόν : Rempli de l’Esprit-Saint, Etienne avait les yeux fixés vers le ciel et ses yeux ouverts virent la gloire de Dieu. Ceci au contraire indiquerait une vision externe, objective. — δόξαν Θεοῦ : il était impossible de voir Dieu; Etienne vit la gloire de Dieu, c’est-à-dire la clarté lumineuse qui accompagnait toute apparition de Dieu aux hommes : Æx. xvi; 7; xxiv, 17; Ezéch. vin, 4; xuin, 2, etc. C’est la Shekinah, nom donné par les Juifs de l’ère chrétienne à la käbôd Yahveh, δόξα τοῦ Θεοῦ.
χαὶ Ἰησοῦν ἐστῶτα : Jésus est debout comme attendant son serviteur pour lui faire accueil : ἵνα δείξῃ τὴν ἀντίληψιν τὴν εἰς αὐτόν, Orcumenius. Les Pères donnent diverses interprétations de cette attitude de Jésus. Ut Stephano stanti, patienti et reo, ipse (Jesus) quoque stans, quasi patiens et reus compatiatur, Au. Quid est quod hunc Marcus sedentem, xvi, 19, Stephanus vero stantem se videre testatur? Sed scitis, fratres, quia sedere judicantis est, stare vero pugnantis vel adjuvantis.… Stephanus.. in labore certaminis positus stantem vidit quem adjutorem habuit, Grécoire LE GRAND. Partout ailleurs dans le N. TT. : Mt, xxvi, θά; Le. xxn, 69; Mc. xvi, 19; Eph."a,20:1Co1 18; Hébr. 1, 3; vin, 1; x, 12 etc., Jésus est représenté assis, comme dans le psaume 0x, 1, où Dieu dit à mon Seigneur, assieds-toi à ma droite. — ἐχ δεξιῶν τοῦ Θεοῦ ; La droite est la place d'honneur; cf. Mt. xx, 21. Parisinus, Wernig. ont : a dextris virtutis Dei, cf. Mt. xxvi, 64; Le. xx 69. Paul, parlant au peuple de Jérusalem, xxn, 20, confirme 16 récit de Luc.
Ÿ 56) Etienne vit la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu et il proclama ce qu'il voyait. θεωρέω est plus expressif que ôpéw. τοὺς οὐρανούς, au pluriel comme dans Matthieu, 11, 16, La sainte Ecriture mentionne souvent plusieurs cieux : Cieux des cieux, I Rois, vu, 27; Il est monté au-dessus de tous les cieux, Æph. 1v, 10; il a traversé les cieux, Hébr. 1v, 14, La croyance populaire juive connaissait trois cieux : l'air, la voûte étoilée ou le firmament et la demeure de Dieu; c’est de ce troisième ciel
dans leurs cœurs et ils grinçaient des dents contre lui. 55. Mais [Étienne] étant rempli de l’Esprit-Saint et ayant 165 yeux fixés vers 16 ciel, vit la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu. 56. Et il dit : Voici, je vois les cieux ouverts et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu. 57. Alors, criant à pleine voix, ils [les Sanhédrites] se bouchèrent les oreilles et ils se jetèrent tous ensemble sur lui. 58. Et l’ayant jeté hors de la ville, ils le lapidaient.
que parle Paul, II Cor. xu, 2. Les rabbins comptaient ordinairement sept cieux. διηνοιγμένους, part. parfait passif de διανοιγέω, terme hellénistique.
καὶ τὸν υἱὸν τοῦ ἀνθρώπου : expression employée ici seulement en dehors des évangiles, dans lesquels Jésus seul s’est qualifié de ce titre. L'emploi de cette expression est une preuve de l'ancienneté de ce récit. Le Fils de l’homme c’est Jésus, debout à la droite
de Dieu. Les Sanhédrites purent se rappeler la réponse de Jésus : And τοῦ νῦν δὲ ἔσται δ.
υἱὸς τοῦ ἀνθρώπου καθήμενος x δεξιῶν τὴς δυνάμεως τοῦ Θεοῦ, Le. χχιι, 69, Cette déclaration d’Etienne, attestant la souveraineté du Messie égale à celle de Dieu
- exaspérait encore davantage les assistants. Jésus, le Messie qu’ils avaient mis à mort
était maintenant dans les cieux, debout à la droite de Dieu.
Le procès d’Etienne s’est déroulé d’abord suivant les formes légales, Il est possible, bien que Luc n’en parle pas, que le grand-prêtre ait obtenu de l'autorité romaine l'auto risation d’intenter un procès criminel contre Etienne et même de le condamner à mort. Etienne a été conduit devant le Sanhédrin; des témoins ont déposé contre lui et il a répondu. Si le grand-prêtre n’a pas prononcé la condamnation, c’est qu'il en a été
empêché par l'explosion du fanatisme des assistants. Peut-être cette condamnation. est-elle contenue dans cette constation : χράξαντες φωνῇ μεγάλῃ. De plus, Les témoins ont: déposé leurs manteaux pour lancer la première pierre; la lapidation eut lieu hors de.
la ville.
Ÿÿ 57) Alors se reproduisit la scène du jugement de Jésus, M4. xxvi, 65 ss. Le grandprêtre déchira ses vêtements, et prononça la sentence : Il a blasphémé et mérité la mort. — χράξαντες aoriste de χράζω, crier, vociférer. Exclamantes, Vlg. Tunc populus exclamavit, Flor. Les assistants poussaient des cris inarticulés et probablement demandaient la mort d’Etienne, cf. xix, 32; Mr. xxvur, 28; J/n. xIX, 12. συνέσχον τὰ ὦτα, aor. de suvéyw, réunir, rapprocher, presser, enchaïner. Ils enchaînèrent leurs oreilles; ils les bouchèrent pour ne pas entendre les paroles blasphématoires d’Etienne. ὥρμησαν ἐπ᾽ αὐτόν : aor. de ορμάω, mettre en mouvement, précipiter; au sens intransitif, s’élancer. Les assistants probablement les Sanhédrites et tous ceux qui étaient présents au tribunal n’attendent pas que la sentence soit prononcée, ils se ruent sur Etienne. Le procès quiavait suivi d’abord une marche régulière: se termine comme une émeute populaire. Mais cela s'explique par la fureur des Sanhédrites, outrés des reproches trop justifiés d’Etienne.
Ÿ 58) καὶ ἐχθαλόντες ἔξω τῆς πόλεως : ils l’entraînèrent hors de la ville, vers la porte de Damas, sur une place à 5 mètres de celle-ci, Lacrancr, Est-ce que ceux qui entraînérent Étienne hors de la ville sont les Sanhédrites du ÿ 57, qui criaient à voix haute? On ne peut en être certain, bien que la construction de la phrase l'indique. Maïs on a dans Luc des exemples de changement de sujets dans le cours d’une phrase, vi, 6; IX, 39; xxvir, 1. La question serait tranchée par le Floriacensis qui, au ÿ 57, au lieu de κράξαντες, a tic populus exclamavit voce magna. La version latine de D attribue le cri à Étienne : Et cum exclamasset voce magna. Ces variations du texte indiquent l'incertitude de la tradition.
ἱμάτια αὐτῶν παρὰ τοὺς πόδας νεανίου χαλουμένου Σαύλου. 59. rat ἐλιθοθόλουν τὸν
Étienne est jeté hors de la ville pour obéir aux prescriptions de la Loi, Léo. χχιν, 14; cf, Le. 1v, 29. Jérusalem, la cité sainte, ne devaiït pas être souillée par le sang. ἐλιθοδόλουν : ils le lapidaient, châtiment du blasphème, Zév. xxiv, 16. Les dernières paroles
d'Étienne étaient au jugement des Sanhédrides des blasphèmes. ἐλιθοδόλουν, à l'imparfait, quia res morte demum, Ÿ 60, perficitur, BLass.
χαὶ où μάρτυρες : falsi testes, Gig. Par. C’est eux qui devaient jeter la première pierre
dans le cas d'accusation capitale, Deut. xvi, 7. ἀπέθεντο ἱμάτια αὐτῶν. ἱμάτια, vêtements,
ἢ manteaux. Ils quittèrent leurs manteaux afin de lancer plus facilement la pierre. Voir
plus loin. αὐτῶν est redondant avec le moyen. παρὰ τοὺς πόδας νεανίου : D Gig. νεανίου
τινός. νεανίας désigne, comme le latin adulescens, un jeune homme entre 25 et 45 ans.
Varron disait d’un homme qu’il était jeune jusqu'à 45 ans et qu'il était âgé à 60.
| Josèphe appelle Agrippa I νεανίας quand il avait au moins 40 ans, Ant. jud. XVIIE, 6, 7.
τς Zahn pense que Paul, vu le rôle qu’il joue ici et lors de la persécution qui suivit devait
avoir 30 ans. Σαύλου, de l’hébreu Shaoul, appelé, Saul. Les témoins déposèrent leurs vêtements aux pieds de Saul, parce qu’il était connu comme un ennemi acharné des chrétiens.
Diverses opinions ont été émises sur la légalité du procès d’Étienne, sur la façon
dont il ἃ été conduit et même sur sa réalité historique. D'après Baur, Paulus, il n’y ἃ
pas eu de procès, mais un soulèvement de fanatiques qui aboutit au meutre d’ Étienne. D’après Moffatt, Encyc. bib. IN, col. 4789, l'arrestation d’Étienne fut le résultat d’une émeute populaire qui se contint assez longtemps pour permettre à Étienne de présenter
sa défense à des auditeurs exaspérés, dont quelques-uns pouvaient être des membres
du Sanhédrin. D’autres critiques, discutant les sources de ce récit, attribuent le
procès d’Etienne devant le Sanhédrin à une addition d’un rédacteur, ou à une source de peu de valeur historique. Loïisy pense que la mise en scène du jugement par le
Sanhédrin appartient à la source primitive, c’est-à-dire à Lue, et l’émeute populaire au
rédacteur qui ἃ retravaillé le récit de Luc. « Dans la source, dit- il, les juges scandalisés
de la réponse d'Étienne et la prenant pour un aveu, prononçaient une condamnation à
mort pour cause de blasphème contre le Temple et contre la Loi; cette condamnation
s'exécutait Lasloment dans la forme qui convenait à ce cas, la lapidation du coupable.
Le rédacteur n’aura pas voulu qu'Étienne fut ainsi condamné par une autorité légitime
et dans les formes légales. C’est pourquoi il a mobilisé la foule, et clos si hâtivement sa description. »
LE D'après plusieurs exégètes le procès d'Étienne a été conduit suivant les formes
légales. Étienne fut amené devant le Sanhédrin, par des particuliers, il est vrai, et non
par des ministres de ce tribunal; des témoins ont déposé contre lui, l’accusant de paroles blasphématoires ; il ἃ été interrogé par le grand- cprètre, sur le bien fondé de cette accusation et il a répondu. Tout a été régulier jusqu'au moment où Étienne a traité les assistants de gens au cou raide, d’incirconcis de cœurs et d'oreilles; alors on
| 86 précipita sur lui et il fut entraîné hors de la ville et lapidé. Il n ΠΥ eut pas de conο΄ damnation légale.
᾿ς: Pour d’autres la procédure fut en effet légale et le tumulte ne fut pas le résultat
2 d'une émeute populaire, mais des Si hôdeites qui étaient entrés en fureur. Voici
l'exposé de cette hypothèse. La condamnation a dû être prononcée par le grand-prêtre
et cela ressort de ce fait que, si nous ne voyons pas indiqué que toutes les prescrip-
tions légales ont été observées, nous en relevons assez pour conclure que tout a été légalement conduit. On ἃ déjà relevé ce qui concerne le procès; il en ἃ été de même pour la lapidation. On ἃ observé les règles que nous trouvons tracées dans le traité
Sanhédrin ». Le lieu de la lapidation est hors du lieu du jugement. Un héraut précè de
PE EE ὌΡΉ το
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Ps te
Et les témoins déposèrent leurs manteaux aux pieds d’un jeune homme
le condamné et proclame à haute voix la sentence. Au lieu de la lapidation, le condamné est dépouillé de ses vêtements. Les témoins lancent la pierre l'un après l’autre; si le lapidé n’est pas mort, tout le peuple lance des pierres. |
Dans les Actes nous voyons les témoins jouer leur rôle dans la lapidation. Paul est mentionné comme gardant les vêtements des témoins, mais il est probable qu'il a été plus actif que ne l’ont raconté les Actes. Et d’abord, il est dit que les témoins dépo-
sèrent leurs vêtements, τὰ ἱμάτια αὐτῶν, à ses pieds. Cela n’a aucune raison d’être, Au lieu de αὐτῶν le texte primitif devait porter αὐτοῦ, se rapportant à Étienne. Les témoins
déposèrent les vêtements de celui-ci, d'Étienne, qui vient d’en être dépouillé. S'il s'était
agi des vêtements des témoins, αὐτῶν était inutile; le verbe au moyen excluait ce pro-
nom. Le changement de αὐτῶν en αὐτοῦ est très explicable : οὐ pouvait facilement être lu wv. Et pourquoi a-t-on déposé les vêtements d'Etienne aux pieds de Saul? Ne serait-ce pas parce qu'il a été le héraut, proclamant la sentence condamnant à la
lapidation ? il tenait un rôle officiel. Devant Agrippa, xxvi, 10, Paul déclare qu'il a | ;
apporté son vote quand on mettait à mort les chrétiens. Ne ferait-il pas allusion au rôle de héraut qu'il avait tenu, lors de la lapidation d’Étienne ? — Tout cela est possible, sauf la supposition que ce sont les vêtements d'Étienne et non ceux des meurtriers d'Étienne qui ont été déposés aux pieds de Saul. Dans son discours aux Juifs de Jérusalem, Paul dit nettement qu'il gardait les vêtements de ceux qui mettaient Étienne à mort, τὰ ἱμάτια τὼν ἀναιρούντων αὐτόν, xxI1, 20. Enfin, il est dit ἀ Ἢ Étienne : θεὶς δὲ τὰ γόνατα, C'est l'attitude normale de la prière, mais c’est aussi l’attitude que doit prendre la condamné quand on lui lit sa sentence.
On a fait observer que le Sanhédrin n'avait pas le droit de condamner à mort sans l'autorisation du procurateur romain. Cependant, d'après Juster, Les Juifs dans l'Empire romain, τι, 127-149, le Sanhédrin possédait une juridiction complète en matière religieuse sur les Juifs de Palestine; son pouvoir était limité seulement en matière politique. Mais en admettant même avec Husband, The prosecution of Jesus, que le Sanhédrin n'avait pas le droït de condamner à mort, puisque Luc n’a pas spécifié tous Les détails dans son récit, il est possible, comme nous l'avons dit, que le grand-prêtre ait obtenu l'autorisation d’intenter un procès à Etienne et de le condamner à mort s’il était coupable. Le cas d'Etienne ne touchait en rien à l’ordre public; il était d’ordre religieux et ressortissait à la juridiction du Sanhédrin. Mais le procurateur donnaïit-il cette autorisation ? Nous n’en savons rien. Ou bien, le grand prêtre, président du Sanhédrin a peut-être outrepassé ses droîts, comme cela eut lieu lors du meurtre de Jacques le Majeur. Enfin, on ἃ supposé que la lapidation d'Etienne a eu lieu pendant une vacance temporaire de lautorité romaine, entre le départ de Ponce-Pilate en 35-36, et l’arrivée de son successeur Marcellus, 36, 37 ou pendant une vacance du trône impérial, par exemple entre la mort de Tibère et l’avènement de Caligula, en l'an 37. Mais cette date est trop tardive, de même que celle de l'accession du procurateur qui succéda à Ponce-Pilate, rappelé en l'an 35-36. Ramsay suggère l’année 32 ou 33. Harnack observe qu'on ne peut fixer les dates de cette époque avec certitude, parce que Luc n'ayant pas de date exacte à donner a laissé intentionnellement dans l'obscurité la chronologie de cette partie des Actes. Le Père Lagrange croit cependant que le meurtre d'Etienne eut lieu pendant la vacance qui suivit le départ de Ponce-Pilate : « Les Juifs ont dû choisir une circonstance favorable, par exemple, la disgrâce de Pilate, en l'an 35 ou 36, l'absence d'un gouverneur en titre leur laissant plus de liberté. Même alors ils ont dû juger prudent de conduire les choses de manière à s'excuser auprès des Romains sur l'emportement aveugle de la foule, pendant qu'ils gardaient à cause des leurs certaines apparences légales. C’est ainsi qu'ils surent s’exempter de porter
ACTES DES APOTRES, vn, 58-59. 117289
240 ACTES DES APOTRES, VI, 09-60; νι, 2.
Στέφανον, ἐπικαλούμενον χαὶ λέγοντα᾽ Κύριε ᾿Τησοῦ, δέξαι τὸ πνεῦμά pou. 60. θεὶς δὲ
un jugement formel, tout en procédant à la lapidation selon la loi de Moïse qui obligeait les témoins à jeter les premières pierres.
Υ 59) καὶ ἐλιθοδόλουν, et ils continuaient à lapider Etienne. La répétition de ce verbe a fait supposer que le ÿ 58b est une parenthèse et que 16 second ἐλιθοδόλουν est une répé-
tition du premier pour reprendre le récit, Le sujet de ἐλιθοδόλουν serait encore ici oi
μάρτυρες. Mais on peut voir aussi dans la répétition du verbe un procédé rhétorique pour dramatiser la scène, D'un côté, la foule en fureur qui lapide Etienne; de l’autre, Etienne à genoux et priant. ἐλιθοδόλουν, à l’imparfait et ἐπικαλούμενον, au participe présent, font ressortir le contraste entre la violence sauvage des adversaires d’Etienne et la prière calme et tranquille continuant à s'élever vers Dieu. — ἐπικαλουμένον, au moyen, signifie invoquer, demander pour soi, appeler à son secours; il est au participe présent pour indiquer la continuation de la prière du martyr. Il prie le Seigneur Jésus, comme l'indiquent les paroles suivantes Κύριε Ἰησοῦ : Ἰησοῦ est ici au vocatif, comme dans Mc. 1, 24 et Ap. χχιι. 20, et non au génitif : Seigneur de Jésus, car alors il faudrait l’article : Κύριε τοῦ Ἰησοῦ. Etienne, donnant à Jésus le titre Kÿptos, réservé à Yaveh dans ΤΑ, T., professe nettement la divinité de Jésus et cet appel est une preuve d’autant plus convaincante de la divinité de Jésus que l’A. T. condamne sévèrement tout hommage de ce genre, rendu à un être qui ne serait pas Dieu.
δέξαι τὸ πνεῦμά μου : δέξαι, impératif aor. moyen de δέχομαι. Etienne remet son âme entre les mains du Seigneur Jésus comme avait fait Jésus, qui avait remis son âme entre les mains de son Père : Πάτερ, εἰς χεῖράς σου παρατίθεμαι τὸ πνεῦμά μου, Le. xx111, 46. Après la mort le πνεῦμα, la partie la plus élevée de l’homme, celle par laquelle il est mis en relation avec Dieu, allait vers Dieu.
Cette prière d'Etienne a été entendue. Si Stephanus, dit saint Augustin, Sermo 315,
τς orasset, Ecclesia Paulum non haberet.
Υ 60) θεὶς δὲ τὰ γόνατα : cette expression est inconnue au grec classique : on en trouve l'analogue dans Ovide, Fast, 2, 438, genua ponere. Elle est 5 fois dans Luc et 1 fois dans Matthieu. θείς : dans les verbes qui expriment un état ou une condition, l’aoriste indique le commencement de l’action, Burrow, 41. L’attitude habituelle de la prière chez les Juifs était la station debout; trois fois cependant dans l'A. T., 1 Roës, vin, 24; Esdras, 1x, 5: Dan. vi, 10, le suppliant est à genoux. L'expression, κάμπτειν τὰ γόνατα, fléchir le genou, I Chron. xxix, 20; Esdras, vin, 78; Jsaïe, xLv, 24, etc. Eph. in, 14; Phlp. u, 10, indique la même attitude. Enfin, Etienne suit l'exemple de Jésus qui priait à genoux, Le. xxn1, 41. Il est oiseux de supposer que le martyr est tombé à genoux sous l’action des pierres qui le frappaient.
ἔχραξεν φωνῇ μεγάλῃ : Etienne cria à voix haute afin que son témoignage fût entendu de tous les assistants. Kôpue, Seigneur; probablement sous-entendu, Ἰησοῦ, Etienne adresse
sa seconde prière à Jésus; c’est une suite de la première. un στήσῃς αὐτοῖς τὴν ἁμαρτίαν
ταύτην : στήσῃς, Subjonctif aor. de ἵστημι, mettre debout, placer, établir; littéralement : ne place pas contre eux ce péché; u’établis pas ce péché devant eux. Zahn, traduit : ne porte pas en compte. D’après Preuschen, c’est peut-être un sémitisme. μὴ στήσῃς : les Grecs expriment un commandement, une exhortation, un désir par μή avec le subjonctif aoriste quand l'acte n’est pas encore commencé; cf. x, 15, Hermann. D’après les rabbins : Si quis bonum aut malum opus fecit, hoc sequitur eum, et stat juxta eum in mundo futuro; cf. Apoc. χιν, 18, Weiïizsäeker, B. Weiss traduisent ἔστησα par payer, comme dans Mt. xxvi, 15; 1 Rois, xx, 39, mais dans ce cas la somme d'argent est spécifiée.
ACTES DES APOTRES, Vif, 59-60; νι, 2. 244 "
nommé Saul. 59. Et ils lapidaient Étienne qui priait et disait : Seigneur Jésus, reçois mon esprit! 60. Εἰ s'étant mis à genoux, il cria à pleine voix :
μὴ) στήσῃς, terme juridique : Étienne en appelle ici au Christ juge et lui demande de ne pas imputer ce péché à ses bourreaux, de ne pas leur infliger un châtiment équivalent à leur crime. Il suit encore ici l'exemple de son Maître, disant à son Père : Πάτερ, ἄφες αὐτοῖς, Le, xx, 34, Ce fut aussi la prière de Jacques mourant, Eusèse, Hist. eccl. I, 23, 16, et celle des martyrs de Lyon, qui citent la prière d'Étienne : καθάπερ Στέφανος ὃ τέλειος. Κύριε, ph στήσῃς αὐτοῖς τὴν ἁμαρτίαν ταύτην. 1b. v, 2, 5,
ἐχοιμήθη. aor. passif de χοιμάω, signifiant au passif se coucher, dormir; quelquefois chez les classiques et dans les Septante il signifie mourir. Il est employé dans ce sens
dans le N. T., Mt. xxvur, 52; Jn. xt, 11, I Cor. vu, 39; xv, 6, etc. Ce repos d’Etienne
fait contraste avec la fureur de la foule : après avoir dit ces paroles il s’endormit. L’aoriste ingressif peut se traduire : il se mit à mourir. L'expression a passé dans les inscriptions funéraires chrétiennes : obdormivit in Domino, in Christo. Après obdormivit, plusieurs manuscrits de la Vulgate, Parisinus, Wernig. ajoutent in Domino, ce qui est probablement le fait de copistes se rappelant les inscriptions chrétiennes. Σαῦλος δέ : δέ rattache Saul au martyre d'Etienne. ἣν συνευδοχῶν, consentiens eraf, Vlg., erat comprobator neci, Flor. συνευδοχέω signifie consentir, donner son approbation, avec le datif; le participe construit avec l’imparfait de εἰμξ indique une action commencée dans le passé et se continuant. Cet imparfait périphrastique est familier à Luc. Paul, dans son discours à Jérusalem, emploie, xxn1, 20, la même expression. Celle-ci n’est employée que par Luc et par Paul. τῇ ἀναιρέσει, ici seulement. — Sans prendre une part active au meurtre d'Etienne, Saul y consentait et était aussi coupable que les auteurs directs; Rom. 1, 32, il flétrit ceux qui approuvent ceux qui commettent le mal. On a discuté la véracité historique de ce martyre d’'Etienne et la participation de Paul à ce meurtre; rappelons seulement que Paul, dans son discours à Jérusalem, xxu, 20, confirme ce récit; il déclare que lorsqu'on répandait le sang d’Etienne, il était là, en personne, approuvant les meurtriers et gardant leurs manteaux. Baur, Overbeck, Holtzmann ont nié l'authenticité des paroles d’Etienne sous prétexte qu'elles sont une reproduction des paroles de Jésus; d’après eux, elles auraient été ajoutées par le rédacteur, se rappelant le passage de Luc, xxnr, 34. On pourrait faire observer
que ce passage de l’évangile n’est pas dans des manuscrits importants : ν΄ BDW
34 35 ἃ Ὁ syr. sin., mais nous tenons ce passage pour authentique et faisons observer que ce n’est pas par l’évangile de Luc qu'Etienne ἃ connu cette parole de Jésus, mais par la tradition orale.
vin, 2. Ce Ÿ est déplacé d’après quelques critiques et doit être placé après vir, 60, sous prétexte qu’il est la suite naturelle de ce ὃ. Mais ce déplacement n'a pour le justifier l’appui d'aucune autorité textuelle. Si nous l’étudions ici, c’est pour terminer le récit. du martyre d’Etienne. — συνεκόμισαν δέ : δέ est conjonctif et adversatif; malgré la persécution, des hommes pieux ensevelirent Etienne, συνεκόμισαν : aor. de συνχομίζω, apporter
ou amener ensemble, récolter en parlant d'une moisson, porter en terre, inhumer; il est
classique en ce sens-là. Le terme désigne ici tous les apprêts de l'inhumation : lavement et onction du corps, enveloppement dans 16 linceul, transport au lieu de l’inhumation, ensevelissement. Divers MM. de la Vulgate et la Vig. clém. ont traduit συνεκόμισαν' par Curaverunt qui a le sens de ἐνταφιάζειν, préparer l’ensevelissement; de g Gig. ht
ont comportaverunt. Ἶ ἄνδρες εὐλαδεῖς, timorati, Vlg. εὐλαδεῖς, dans Luc seulement, de εὐλαδής, qui se tient sur ses gardes, circonspect, timoré ; dans le N. T. qui ἃ la crainte de Dieu, pieux, religieux. Luc emploie ce terme pour désigner les hommes pieux du judaïsme, Ze. 1, 25. ACTES DES APOTRES. 16 :
LS