‹ Les Actes des ApôtresChapitre 223 sur 358 · A TRE ARTS, NS ES · texte numérisé non relu

A TRE ARTS, NS ES

Le Seigneur lui dit en vision : Ananias! Celui-ci répondit : Me voici, Seigneur! 11. Et le Seigneur lui dit : T’étant levé, va dans la rue appelée droite et cherche dans la maison de Juda un nommé Saul de Tarse. Car voici, il prie, 12. etil a vu un homme du nom d’Ananias, qui entrait et lui imposait les mains, afin qu’il recouvrât la vue. 13. Ananias répondit : Seigneur, j'ai appris de plusieurs sur cet homme combien de maux il a faits à tes saints dans

ÿ 12) Ce Ÿ présente diverses difficultés : cette communication dans une vision de la vision d'un autre est étrange; il est ordonné à Ananias d'imposer les mains à Saul pour qu’il recouvre la νυδ et il ne lui est pas dit comment il a perdu la vue; la réponse d'Ananias à Jésus ne fait aucune allusion à cette communication. Remarquons seulement que Luc n’a pas l’habitude d’entrer dans tous les détails des événements. Floriacensis a omis ce ÿ tout entier. Corssen, Der cyp. Text der Acta apost. p. 21, 22 et Preuschen, p. 58 supposent que ce passage vient d’une autre source relatant la vision de Saul. Mais ce ἡ est accepté par toutes les autorités, sauf que la Vulgate le met entre parenthèses. Les objections qu’on lui oppose ne sont pas décisives. La réponse d’Ananie à Jésus vise en réalité toutes les paroles du Seigneur et elle insiste sur l'impossibilité d'admettre dans la communauté chrétienne un persécuteur de celle-ci. Jésus n’avait pas d’ailleurs à parler de la vision sur le chemin de Damas où Saul avait perdu la vue. Enfin, il importait à Ananie de savoir que Saul était prévenu de son arrivée et d’être instruit de sa conduite envers Saul. Ananie apprend par cette vision de Saul où est décrite son action envers celui-ci, ce qu’il devra lui faire. Ces paroles de Jésus à Ananie étaient donc bien en situation. C’est à tort que Cornelius a Lap., Beelen, Patrizzi croient qu’elles ont été ajoutées par Luc comme une explication. 11 semble cependant que Jésus s'adressant à Ananie aurait dû dire : εἶδεν σε. Mais Jésus se plaçait au point de vue de Saul et non d'Ananie.

Après εἶδεν E H L P ajoutent ἐν ὀράματι que B C placent après ἄνδρα ; cette expression est probablement une explication : elle est omise par N À 61 Vig. Sah. Von Soden et Vogels l'ont admise et on pourrait la conserver. — εἰσελθόντα καὶ ἐπιθέντα, au particpe aoriste après un verbe de perception, représentent l’action simplement comme un fait, sans définir son moment; cet aoriste ne détermine pas le temps. ἐπιθέντα αὐτῷ χεῖρας : l'imposition des mains était le signe de la grâce qui lui était conférée. ὅπως ἀναδλέψη,

visum recipiat, Vlg., subj. aor. de ἀναδλέπω, regarder en haut; au sens intransitif,

recouvrer la vue (att.); afin qu'il ouvre les yeux et voie : sens rare en dehors du N.T, Il semblerait que l'imposition des mains d’Ananie visait seulement le recouvrement de la vue, mais la suite du récit, ÿ 17, montre qu’elle devait produire aussi la réception de l’Esprit-Saint, mais à quel moment? Le Υ 12 parle seulement du recouvrement de la vue; faut-il compléter le sens par Le ÿ 17?

ÿ 13) Ananias est étonné de cet ordre du Seigneur et hésite à se rendre auprès d'un homme qui avait le pouvoir d’enchaîner les croyants en Jésus-Christ et qui avait persécuté les saints à Jérusalem, Ananias ne connaissait pas personnellement Saul, mais il avait appris son zèle persécuteur, Comment ? Nous l'ignorons; peut-être par des lettres ou par un de ces nombreux Juifs qui faisaient l'intercourse entre Jérusalem et Damas; ou par ceux qui avaient accompagné Saul de ὁ érusalem à Damas. Dans ce dernier cas, il semble qu'il aurait su dans quel état était Saul. ὅσα xaxé, quanta mala, Vig., τοῖς ἁγίοις σου ἐποιήσεν. --- οἱ ἅγιοι cette appellation usitée dans l'A. T. pour désigner ceux qui appartiennent à Dieu, cf. Ps. xvi, 3, est donnée ici aux croyants en Jésus pour la première fois et le sera encore ΙΧ, 32, #1; xxvi, 10. Paul leur donnera fréquemment ce nom, Rom. 1, 7; xv, 25; 1 Cor., 1, 2; vi, 2 etc. οἱ ἅγιοι, les saints,?sont ceux

= RES Li " ᾿ 7 $ - } 2e]

σου ἐποίησεν ἐν Tepoucohtu 1%, nai ὧδε ἔχει ἐξουσίαν παρὰ τῶν ἀρχιερέων δῆσαι πάντας τοὺς ἐπιχαλουμένους τὸ ὄνομά σου. 15. εἶπεν δὲ πρὸς αὐτὸν ὁ Ἰζύριος" Πορεύου, ᾿

ὅτι σχεῦος ἐχλογῆς ἐστίν μοι οὗτος τοῦ βαστάσαι τὸ ὄνομά you ἐνώπιον ἐθνῶν τε xat

- 2 € S 17 x - € Δ \ ΄ χ => βασιλέων υἱῶν τε ᾿Ισραήλ. 16. ἐγὼ γὰρ. ὑποδείξω αὑτῷ ὅσα δεῖ αὐτὸν ὑπὲρ τοῦ 4 > À & 2 As Ἃ ὀνόματός μου παθεῖν. 17. ἀπῆλθεν δὲ ᾿Ανανίας nat εἰσῆλθεν εἰς τὴν οἰκίαν, χαὶ ἐπιθεὶς ὍΣ τ ἢ ν᾿ - ᾿ - € ἐπ᾿ αὐτὸν τὰς χεῖρας εἶπεν᾽ Σαοὺλ ἀδελφέ, ὁ Κύριος ἀπέσταλχέν pe, ᾿Ιησοῦς ὁ ὀφθείς

qui, séparés des autres hommes, appartiennent au Christ glorieux, qui lui sont

. - r . . de . .

consacrés, qui sont sanctifiés par la communication 48 son Esprit. Baptismo fideles

Christo mancipati, a mundo separati, spiritu sancto ditati® sunt, KNABENBAUER. Sur l’origine et la signification de ce terme dans "Δ. T. et dans le N. T. cf. Cremer-KÔcGez, Biblisch-theol. Wôrterbuch der N. T. Gräzität, x° Aufl. p. 34-55. τοῖς ἀγίοις σου Christus habet sanctos suos ut Deus, ergo est Deus, BEncez.

Υ 14) de, hic et huc, Υ 21 (surtout hellénistique) ἔχει ἐξουσίαν : Ananias connaît le but

du voyage de Saul à Damas. παρὰ τῶν ἀρχιερέων, de la part des grands prêtres; ÿ 1 et 2, c’est au grand prêtre seul qu'avaient été demandées les lettres de créance. ἐπικαλουμένους

ést une autre appellation des fidèles; elle est en rapport avec ἁγίοι, Υ 13 : les saints qui

invoquent ton nom. τοὺς ἐπιχαλουμένους τὸ ὄνομά σου : οἵ, 1x, 21; χχιι, 16. Invoquer le nom

de Dieu, c’est dans la langue de VA. T., adorer Dieu. Les Septante traduisent par

| Ertxaléouar la formule para cheshem qui signifie adorer. Cf. Gen. 1v, 26; xx1, 39; xxvi, 25; Ex. xxxiv, 5; 15. xutn, 7; Joël, τι, 32; il en est de même dans les épîtres de Paul,

Rom. x, 18; 1 Cor. τ, 2. Cette expression désignant les fidèles comme ceux qui invoquent (adorent) le nom de Jésus prouve que dès l’origine on tenait celui-ci pour Dieu.

ÿ 15) Le Seigneur répond aux inquiétudes d’Ananias en lui apprenant ce qu'était

homme vers lequel il l’envoyait. πορεύου, au présent pour indiquer l’action à faire et

non la fin de l’action. oxedoç, vase, instrument, meuble, outil; Gen. xuix, 5; Ps, vu, 184;

Amos, vi, 5. Vas, secundum vim vocis hebraicae Keli, latissimo patet sensu, et sign.

omne quod confectum seu paratum est ad hoc vel illud agendum; instrumentum quodvis; sicut gallice, in sermone familiari, vox machin. Sic vasa irae, instrumenta ad iram vel ultionem exercendam; vasa mortis (Ps. vir, 14) sunt letiferae Dei sagittae; vasa furoris Domini (15. 1, 5) sunt reges per quos Judaei punientur. Gentes primi nominantur, quia Paulus erit praecipue Doctor gentium. Cfr. x, 5; et Gal, u, 7. CAmgRLYNGK. — σχεῦος ἐκλογῆς ἐστίν μοι οὗτος : οὗτος est emphatique, il est au masculin par un accord ad sensum avec σκεῦος, neutre. σχεῦος ἐχλογῆς, vase d'élection, génitif de qualité, expression bébraïque (Jér. xxvir, 25, τὰ σχεύη ὀργῆς), pour σκεῦος ἐχλεχτόν, vas electum, instrumentum, organum aptissimum. Cette métaphore tirée du travail du potier : l’homme est l'œuvre du Créateur comme le vase est celle du potier, est fréquemment employée par Paul, Rom. 1x, 22, 23; 1 Tim. τι, 20, 21. oxedos peut signifier aussi le corps par opposition à l’âme, IT Cor. 1v, 7; 1 Thess. 1v, 4; I Pr. πὶ, 7, où l’homme qui est l'instrument ou le complaisant d’un autre, Pozyse, Χαμ, 5, 7 ou d’une créature choisie par Dieu, comme dans ce ÿ 15. Cet emploi du génitif qualifiant un nom est un hébraïsme qu’on trouve assez souvent dans Luc, 1v, 22; xvi, 8; Act. 1, 18; vi, 23; vu, 2, et chez Paul, Rom.'vr, 6; vir, 21. τοῦ βαστάσαι, génitif de but, de finalité, de βαστάζω, porter comme un fardeau, transporter. ἔστιν οὗτος : Jésus ne parle pas au futur. Saul est déjà pour lui un vase d'élection, son instrument de choix. ἐνώπιον ἐθνῶν, devant [les] gentils; ils sont nommés les premiers parce qu'ils étaient l’objet premier de la mission de Paul, sa mission spéciale, la raison de son appel à l’apostolat, Rom. 1, 15: x1, 13, εἰμι ἐγὼ ἐθνῶν ἀπόστολος: Gal. 1, 16; Eph. τπ|, 8, etc. Saul doit parler surtout aux

SELLER PE Ar ah A HE BE AN αν PE RES SAS BA AE DORE PAL :

Jérusalem. 1%. Et il ἃ ici pouvoir de la part des grands prêtres pour enchai-

ner tous ceux qui invoquent ton nom. 15. Mais le Seigneur lui dit : Va, car cet [homme] m'est instrument de choix pour porter mon nom devant les gentils, et rois et fils d'Israël; 16. car je lui montrerai combien il doit souffrir pour mon nom. 17. Or, Ananias sortit et il entra dans la maison et lui ayant imposé les mains [à Saul] il lui dit : Saul, frère, le Seigneur m'a

gehtils, mais il parlera aussi, τε χαί, aux rois, βασιλέων, à Hérode, probablement à Néron, aux puissants de ce monde, aux proconsuls de Chypre et d’Achaïe, υἱῶν te Ἰσραήλ, ainsi qu'aux fils d'Israël, comme cela est prouvé par la suite du récit. Paul s’est d’abord adressé aux Juits dans les synagogues; mais il était surtout apôtre des gentils,

I Tim. τι, 7. Les Juifs habitant au milieu des gentils étaient un moyen de passageà ceux-ci. ἐνώπιον ἐθνῶν τε καὶ βασιλέων υἱῶν τε Ἰσραήλ : ces mots unis étroitement par τε déterminent l’universalité de la mission de Paul.

Le min. 31, Par. ? lisent βασιλέων υἱῶν Ἰσραήλ et Gig, regiis filiis Israel. En opposition aux gentils on devait attendre seulement les Juifs, pour indiquer l’universalité de la mission de Paul, comme xxn; xxvi, 17. Maïs quels sont ces rois fils d'Israël? Loïsy les

trouve dans Agrippe 11 et ses deux sœurs, Drusilla et Bérénice, personnes royales et approximativement Israélites. Hilgenfeld, p. 272, supprime la difficulté en plaçant xai βασίλεων entre parenthèses, 1x, 16; Saul est l'instrument, l’homme que Jésus a choisi pour porter son nom à tous les hommes; il aura donc beaucoup à souffrir pour s'acquitter ὯΝ de sa mission. Jésus avait déjà dit à ses apôtres : Μαχάριοί ἐστε ὅταν ὀνειδίσωσιν ὑμᾶς καὶ Ὁ

dubEmou.…. ἕνεχεν ἐμοῦ, Μ|ι., v, 11. Il en sera de même pour Paul. ἐγὼ γάρ, expression |

* emphatique; γάρ peut se rapporter à ce que Jésus vient de dire et marquer que Paul " apprendra directement de Jésus et non des hommes ce qu’il doit enseigner. ὑποδείξω αὐτῷ, je lui montrerai, je lui révèlerai, non par une révélation intérieure ou extérieure, mais par l'expérience de chaque jour ce qu’il aura à souffrir; il ne s’agit pas ici d’une vision : le terme ὑποδείξω n’est jamais employé dans le N. T. pour une communication de cette nature. ὅσα, quanta, Vlg., combien grandes seront les souffrances qu’il aura à Ὅτ) supporter pour mon nom. Les Actes nous apprennent qu’elles ont été les difficultés δ: que rencontra Paul dans son évangélisation et les souffrances de toute nature qu'il eut à endurer. Dans la seconde épître aux Corinthiens, x1, 23-29, Paul en fait un tableau émouvant et dans toutes ses épitres nous voyons qu'il a enfanté au Christ les À. fidèles dans la peine et qu'il les a conservés dans l'angoisse. Ce n’est pas exagéré d'affirmer que la vie de Paul a été une longue suite de souffrances physiques et

morales. Il est ridicule de dire que nous ne voyons nulle part dans les Actes que Jésus ait révélé à Paul les souffrances qu’il a eues à supporter.

SÉRIE CES bee RE

Υ 17) Il est probable qu'Ananias reçut du Seigneur des communications plus détaillées sur Saul, en particulier sur la vision que celui-ci avait eue de Jésus et à laquelle il fait allusion ici. Ananias sortit pour accomplir auprès de Saul la mission que Jésus lui avait confiée. Floriacensis et Par? débutent ainsi : Et [surre]scit Ananias et abiit ad domum ; les min. 614 180 ont la même leçon : τότε ἐγερθεὶς ᾿Ανανίας ἀπῆλθεν εἰς τὴν οἰκίαν, ce qui ferait supposer, mais à tort qu'Ananias ἃ entendu . Jésus en songe. Les mêmes MM. ajoutent : et Ἰδιροϑυῖ! [ei manjum in nomine ihu xri, ce qui est une paraphrase.

ἐπιθεὶς ἐπ᾽ αὐτὸν τὰς χεῖρας : cette imposition des mains d’Ananie n'avait pas pour but d'appeler l’Esprit-Saint sur Saul, mais de lui faire recouvrer la vue, ainsi qu'il est dit, ἡ 12. Σαούλ : Comme le Seigneur, ἡ &, Ananie donne à celui-ci son nom araméen. Il l'appelle ἀδελφέ, terme d'affection te puisque Saul était son frère de nationalité et allait devenir par le baptême son frère en Jésus-Christ. Il est venu sur l’ordre du

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= TE NO 4 2 ἱ τῷ - 7 σοι ἐν τὴ ὁδῷ ἣ ἤρχου; ὅπως ἀναὀλέψῃς χαὶ πλησθῆς Πνεῦματος ἁγίου. 18. nai εὐθέως 2 "2 Sd > - Z V2 ἀπέπεσαν αὐτοῦ ἀπὸ τῶν ὀφθαλμῶν ὡς λεπίδες, ἀνέὀλεψέν τε χαὶ ἀναστὰς ἐῤαπτίσθη. ri 1] X Ü 2 Ζ 1 - - = 19: χαὶ λαθὼν τροφὴν ἐνισχύθη. ᾿Εὐ γένετο δὲ μετὰ τῶν ἐν Δαμασχῷ μαθητῶν ἡμέρας. 2 € ἐ ὁ

, τ γὴ2Ζ >, » “» A A ? - el CA 3 τινάς, 20. χαὶ εὐθέως ἐν ταῖς συναγωγαῖς ἐχηρυσσεν τὸν Τησοῦν, ὅτι οὗτος ἔστιν

Seigneur Jésus qui est apparu ἃ Saul sur le chemin par où il venait : ἢ ἤρχου : à datif d'attraction au lieu de ἦν; la préposition est omise devant ñ parce qu'elle se trouve devant τῇ ὁδῷ. Au récit, 1x, 3-5, il n’est pas dit nettement que Saul vit Jésus, mais cette vision ressort de l'ensemble. ὅπως ἀναδλέψης, subjonctif aor. afin que tu recouvres la vue par l'imposition des mains, καὶ πλησθῆς Πνεύματος ἁγίου, subj. aor. et que tu sois rempli d'Esprit-Saint, ces deux, subjonctifs aoristes marquent la finalité. À quel moment Saul a-t-il reçu l'Esprit-Saint? Est-ce par suite de l'imposition des mains d'Ananie, ou comme effet de son baptême? Le texte semblerait indiquer qu'Ananie ayant imposé les mains sur la tête de Saul, celui-ci a recouvré la vue et a reçu l'Esprit-Saint. Saul aurait donc, comme Cornélius, reçu l'Esprit-Saint avant d’avoir reçu le baptême. Mais il ressort des paroles du Seigneur, ÿ 12, que l'imposition des mains d'Ananie devait seulement rendre la vue à Saul, à moins que ce ÿ 12 d'une authenticité contestée ne

doive être complété par le ÿ 17.

ÿ 18) Comme résultat immédiat de l'imposition des mains d’Ananie, ἀπέπεσαν ἀπὸ τῶν

᾿ὀφθαλμῶν αὐτοῦ ὡς λεπίδες : ἀπέπεσαν ἀπό : dans le N. T. la préposition est répétée. ὡς

λεπίδες, comme des écailles tombèrent de ses yeux. Avons-nous là seulement une figure, une manière de parler? Luc a-t-il voulu dire que Saul recouvra tout d’un coup la vue, comme si des écailles lui tombaient des yeux; c’est l'impression qu'a ressentie Saul, ainsi que l'indique la conjonction ὡς ou ὡσεί, leçon de N° CEHL P 618. Il est plus probable que le sens n’est pas que la cécité disparut comme si des écailles lui

| étaient tombées des yeux, mais qu'il s’en détacha des croûtes qui ressemblaient à des

écailles ; cf. Tobie, x1, 12. λεπίς signifie peau, coquille et par extension, écaille ou croûte d’une plaie. Luc parle ici en médecin : ces deux termes ἀποπίπτω et λεπίς sont employés par les écrivains médicaux, lorsqu'ils parlent de croûtes tombant d’une plaie de la peau; cf. Hogarr, p. 39. Avant vidit, Flor. ajoute continuo, mot inutile puisque la phrase commence par et statim.

Quelle ἃ été la nature de l'ophtalmie temporaire qu'a éprouvée Saul? Nous ne pouvons le dire. Nous constaterons seulement que la guérison a été instantanée. Saul en at-il gardé une faiblesse des yeux? C'est ce qu'ont cru quelques exégètes, mais rien ne justifie cette hypothèse. Cette maladie des yeux serait-elle celle à laquelle Paul fait allusion, Gal. 1v, 13, 15? C’est peu probable, à supposer même que l’infirmité de sa chair à laquelle il fait allusion, Gal. 1v, 19, soit une maladie des yeux.

χαὶ ἀναστάς, peut être employé au sens littéral ou au sens figuré : s'étant mis prêt; hébraïsme, xv, 18. Expression familière à Luc. ἐδαπτίσθη : il fut baptisé sans instruction préalable, puisqu'il a été instruit directement par Dieu, Gal. 1, 12. Saul fut baptisé par Ananie sans doute, puisqu'il n’y a aucun autre participant à la scène et que rien n'invite à supposer un intervalle, avec des témoins recrutés dans la communauté de Damas, Loisy. Saul a-t-il été baptisé dans la maison de Judas? Tout semble l'indiquer. Les eaux sont abondantes à Damas, et les bonnes maisons ont dans leurs cours un réservoir ou sont bâties sur un cours d’eau naturel ou artificiel. ξδαπτίσθη : par le baptême Saul fut purifié de ses péchés, xx, 16, et devint membre

de l'Église. -

Ὑ 19) Puis ayant pris de la nourriture, ἐνισχύθη, il fut fortifié. La majorité des manuscrits adopte la leçon ἐνίσχυσεν, il prit de la force. ἐνισχύω est employé alors au

envoyé, Jésus qui test apparu dans le chemin par où tu venais, pour que tu recouvres la vue et que tu sois rempli d’Esprit-Saint. 18. Et aussitôt il tomba de ses yeux comme des écailles et il recouvra la vue. Et s'étant levé, il fut baptisé. 19. Puis, ayant pris de la nourriture, il fut fortifié. Et il fut quelques jours avec les disciples qui étaient à Damas, 20. Et aussitôt il préchait

sens intransitif, comme 1 Macc. vu, 25 et chez les classiques. Nous adoptons, comme Westcott, Hort et von Soden, la leçon de ἃ C ἐνισχύθη, qui indique le sens transitif. Luc emploie dans l’évangile ἐνισχύω au sens transitif, xx, 43. Voir dans Knabenbauer, p. 166, la discussion des objections de quelques critiques sur l’action d'Ananias après la conversion de Saul.

IX, 19b-25. PREMIÈRE PRÉDICATION DE SAUL ἃ Damas. ϑ

195, Ce n’est pas par l'appel de Jésus, mais tout d'abord par le baptême que Saul est devenu membre de l'Église visible, Feuren, ἐγένετο δὲ μετά, cf. vit, 38; τῶν ἐν Δαμασχῷ μαθητῶν : Saul fut avec les disciples qu’il y avait à Damas, où ils étaient probablement réunis en communauté. Il fut en communion d'esprit et de cœur avec eux; c’est le sceau de sa conversion. ἡμέρας τινάς, expression indéterminée, qui indique un court espace de temps; cf. xv, 36; xvi, 12; xxiv, 24, en opposition avec ἡμέραι ἱχαναί, ÿ 23, qui indique un plus long espace de temps. Floriacensis dit au contraire : Dies autem plurinos et in civitate Damas [co cum] discentibus transegit.

ÿ 20) Le récit des Actes, ÿ 19b-22, paraît être en contradiction avec celui de Paul dans l'épître aux Galates, 1, 17, D’après les Actes, Saul, après son baptême, demeura quelques jours avec les disciples et aussitôt il prêcha dans les synagogues que Jésus était le Fils de Dieu. D’après Paul, après sa conversion, il alla en Arabie, puis il revint à Damas et trois ans après (sa conversion] il monta à Jérusalem. La divergence principale dans les deux récits provient de ce que les Actes ont omis le voyage de Saul en Arabie. Cette omission des Actes vient de ce que la présentation des faits est placée sous un angle différent par Luc et par Paul, Luc raconte l’histoire de Eglise, l'extension de la foi en Jésus-Christ, et à ce point de vue le voyage de Saul en Arabie, qui n'avait eu aucun résultat, ne lui importait pas; il ne l’a donc pas rapporté et s'en est tenu à ce qui montrait le développement du christianisme, c'est-àdire la prédication de Saul à Damas. Paul, de son côté, ne racontait pas sa vie; il voulait surtout faire ressortir qu'il n'avait consulté personne sur son Évangile et que, par conséquent, il ne dépendait en aucune façon des apôtres de Jérusalem; il s’en tient donc au fait qu'il n'est allé les voir qu'après trois ans, ayant passé cet espace de temps en Arabie et à Damas. Les faits pourraient donc être classés de la façon suivante : Conversion et baptême de Saul, séjour de quelques jours à Damas, Acres. Voyage en Arabie, Retour à Damas, Paul, Gal. 1, 17. — Prédication de Saul aux Juifs dans les synagogues, Actes. Tous les exégètes n’adoptent pas cette classification, présentée par Farrar, Lewin, Burnside. Beelen place le voyage en Arabie entre les ÿ 21 et 22; Alford pendant le ÿ 22 et d’autres pendant les « nombreux jours » du ÿ 23,

Il semble que le ÿ 20 où il est dit qu'immédiatement, εὐθέως, après s'être joint aux disciples, Saul prêcha aux Juifs, s'oppose à cette classification. Mais il ne faut pas prendre trop à la lettre cet adverbe εὐθέως. Luc bloque les faits; il ἃ omis le voyage en Arabie: donc, ce qui suit l'introduction de Saul dans la communauté chrétienne, c'est la prédication aux Juifs. Elle n’a pu avoir lieu immédiatement après la conversion

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