‹ Les Actes des ApôtresChapitre 234 sur 358 · WE · texte numérisé non relu

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ÿ 6) L'ange précise le lieu où l’on tyuvere Simon Pierre : il est logé, ξενίζεται, ici seulement dans les Actes et χχι, 16, παρά, chez un certain Simon corroyeur, ᾧ ἐστίν, ef. 1v, 37; vu, 5, dont la maison est le long de la mer, παρὰ θάλασσαν, et probablement près de la ville. La maison du corroyeur était située près de la mer parce qu'il avait besoin d’eau pour exercer son métier et aussi parce qu'il était interdit à un corroyeur des’établir à l'intérieur des murs de la ville: Cadavera et sepulcra separavit et coriarium quinquaginta cubitos a civitate, Baba bathra, 2, 9.

Au lieu de ξενίζεται... ἃ e 68 614 Chrys. ont χαὶ αὐτός ἐστε ξενιζόμενος πρὸς Σίμωνά τινα βυρσεά, οὗ ἐστὶν οἰκία, leçon qui d'après Blass pourrait être tenue pour la leçon occidentale. Hilgenfeld l'a acceptée comme telle. Quelques minuscules, la Vulgate clémentine, Par.? demid. ajoutent après θάλασσαν : οὗτος λαλήσει σοι τί σε δεῖ ποιεῖν, hic dicet tibi quis te

sur lui et devenu tremblant, dit : ΟὟ a-t-il, Seigneur? Et il [l'ange] lui dit : Tes prières et tes aumônes sont montées en mémorial devant Dieu. 5. Et maintenant envoie des hommes à Joppé et fais venir un certain Simon, qui est surnommé Pierre; 6. il est logé chez un certain Simon, corroyeur, qui à sa maison près de la mer. 7. Dès que fut parti l'ange qui lui parlait [Corné- 1115] ayant appelé deux serviteurs et un soldat pieux, un de ceux qui étaient attachés [à sa personne], 8 et leur ayant tout raconté, il les envoya à Joppé. 9. Le lendemain, comme ils étaient en route et qu’ils approchaient de la

apporteat facere : addition que justifie La suite du récit et qui ἃ dû être ajoutée pour le compléter, en imitation des paroles du Seigneur à Saul, 1x, 6. Cette addition est omise par NABCELP 13 61 Vlg (am. fuld. tol.) Pesch. Harkl. Chrys. Wordsworth- White l’omettent dans leur édition. Quelques autres minuscules ont : ὅς λαλήσει ῥήματα,

πρός σε, ἐν οἷς σωθήσῃ σὺ χαὶ πᾶς ὃ οἶκός oov, addition reproduite de x1, 14.

Ÿ 7) Cornélius exécute les ordres de l'ange; il ne pouvait avoir aucun doute sur la réalité des faits : un ange était venu, il lui avait parlé; il l’avait vu et entendu, puis il était parti. λαλῶν αὐτῷ : le participe présent marque une action antécédente à celle de ἀπῆλθεν et se continuant; αὐτῷ se rapporte à Cornélius et non à Simon le corroyeur, plus proche cependant dans la phrase. — Dès le départ de l'ange, Cornélius appelle deux serviteurs, οἰχετῶν, domesticos, Vlg, duo famulorum, terme moins rude que δοῦλος et exprimant une plus grande intimité. Ils étaient de la maison, associés de plus près à la vie de famille que les δοῦλοι, Et afin de les protéger ainsi que Pierre dans le cours de la route, il les fait accompagner par un soldat pieux, choisi parmi ceux qui étaient attachés à son service, τῶν προσχαρτεροῦντων αὐτῷ, ex his qui illi parebant, Vig. ‘ qui praesto erant, ἃ Gig.; adhaerebat sibi, e. προσχαρτερέω, avec le datif de la personne signifie, s'attacher à; avec le datif de la chose, persévérer dans 1, 14; τι, 42. Il ne faut pas traduire comme Holtzmann ; gens appartenant à la même tendance religieuse; ce sens est déjà indiqué par εὐσεδῆ, Loisy traduit : de ceux qui étaient sous ses ordres.

Ce soldat était εὐσεδῆ, c’est-à-dire un homme pieux, religieux comme son maître, Υ 2. οἰχέται : cf. I Pr. τι, 18. Tous les rapprochements que nous avons relevés entre ce récit et Marc, I Pierre, trahissent l'influence de Pierre.

Υ 8) Entre Cornélius et ses serviteurs il y avait une grande intimité : le maitre leur raconte tout ce qui venait de se. passer afin qu'ils puissent le répéter à Pierre. ἅπαντα : plus explicite que πάντα indique que rien n’est oublié dans la communication de Cornélus à ses envoyés. Au lieu de ἅπαντα, ἃ Gigas ont visum, qui est plus précis. Cornélus leur raconte sa vision. Il les envoie à Joppé : τὴν ᾿Ιόππην, avec l’article, pour rappeler qu’il en a déjà été parlé, ἡ 2.

Ÿ 9) Les messagers de Cornélius font route pour Joppé : ὁδοιπορεῖν, ici seulement, faire route, principalement à pied. Partis après la neuvième heure, c’est-à-dire dans la soirée, les envoyés n’ont pu arriver que le lendemain vers midi, à Joppé qui était à 45 k. de Césarée. ὁδοιποροοῦντων et ἐγγιζόντων, au participe présent, indiquent que pendant que ces actions avaient lieu. Pierre montait sur le toit, δῶμα de la maison. δῶρα signifie maison, chambre, quelquefois terrasse d’une maison, Le. v, 19. Ce pouvait être une salle sur le toit qui, en Palestine comme en Égypte, était “piat ou légèrement incliné et soutenu par des poutres transversales. Autour du toit il y avait une balustrade de 3 à 4 pieds de hauteur pour éviter les accidents, Deur. xxn, 8 et aussi pour se . préserver des regards indiscrets. La scène, se passant dans les profondeurs du ciel,

816 | ACTES DES APOTRES, x, 9-12.

προσεύξασθαι περὶ ὥραν ἕχτην. 10. ἐγένετο δὲ πρόσπεινος nai ἤθελεν γεύσασθαι.

παρασχευαζόντων δὲ αὐτῶν ἐγένετο ἐπ᾿ αὐτὸν ἔχστασις, 11. χαὶ HS τὸν οὐρανὸν \

ἀνεῳγμένον, rai χαταθαῖνον σχεῦός τι ὡς ὀθόνην μεγάλην, ΤΩ; ἀρχαῖς χαθιέμιενον

indique une station de Pierre en un lieu découvert, par conséquent'une sorte de terrasse sur le toit. προσεύξασθαι : Pierre, suivant l’exemple de son maître, s’est retiré à l’écart pour prier, sur la terrasse de la maison. Les Juifs aimaient à se livrer à la prière, à la méditation, au repos et même au sommeil sur les toits de leurs maisons où ils étaient ‘loin du bruit. Cf. Jér. x1x, 13: II Rois, AIT 12; Sophonie, 1,5, etc. περὶ ὥραν ἕχτην : vers la sixième heure. C'était l’usage chez les Faits pieux de prier trois fois par jour; Dan. He à 10. Le soir, le matin, au milieu du jour, je me plains et je gémis, dit le Psalmiste, 219 :

| “La suite du récit résout une question capitale pour le développement du christia- nisme. Celui-ci devait être prêché à toutes les nations et par conséquent toutes les nations, Juifs et gentils, ne devaient plus former qu’un seul peuple dans le royaume 46 Dieu, un peuple uni et vivant de la même vie. Les Juifs, premiers dépositaires de la foi chrétienne, avaient donc à se mêler aux peuples païens pour leur prêcher la foi, à vivre en contact avec eux. Mais les Juifs étaient un peuple séparé des autres peuples ; ils ne devaient pas entrer en relation avec eux, parce que ceux-ci étaient impurs, n’observant pas la distinction entre les aliments purs et les aliments impurs. Il y avait donc lieu de trancher tout d’abord cette question des aliments qui était le nœud des Pons entre Juifs et gentils. Notre-Seigneur avait déclaré que tous les aliments étaient purs, Mc.vu, 19, mais cette déclaration n’avait pas eu d’ effet pratique. Avant que commençät la πα de l'Évangile aux gentils, Dieu, par la vision accordée à Pierre, règla nettement la question : il n’y a plus lieu de faire une distinction "8: aliments purs et impurs. Les Juifs peuvent donc entrer en relation avec les gentils.

ÿ 10) À ce moment, vers la sixième heure, c'est-à-dire à midi, Pierre fut pressé par la faim, il fut affamé, πρόσπεινος, terme intensif, apax leg., employé ici seulement dans le N. T. Le terme classique est πειναλέος. ΗΠ voulut donc manger, γεύσασθαι; infinitif aor. moyen de γεύω, faire goûter, au moyen goûter, par extension manger; néologisme,

déjeûner. Il est intransitif ici. Il n’en faudrait pas conclure que suivant l’usage juif de jeûner le deuxième et le cinquième joùr de la semaine, Pierre avait jeüné jusqu’à | midi. En Orient, on avait coutume de prendre une collation le matin; à Rome et en Grèce, on prenait, à midi, un repas, prandium, ἄριστον. Pendant que les gens de la famille lui préparaient de la nourriture, ἐγένετο ἐπ᾽ αὐτὸν ἔχστασις, une extase devint, fut

sur lui. Cette extase est différente de la vision, ὅραμα, de Cornélius, Ÿ 3. ἐγένετο, v, 5,

11, ἐπ’ αὐτόν, leçon de N A B C? 40 61 Boh. Orig. Didyme, tandis que ἃ E LP et des minuscules, Vlg. Gig. ont la leçon ἐπέπεσεν, qui précise le détail; cf. Gen. xv, 12

ἔχστασις ἐπέπεσε τῷ ᾿Αὐραάμ. — ἔχστασις, mentis exCessus Vig. déplacement, changement d'état; c’est l'état de l'âme qui passe hors d'elle-même, qui est élevée au-dessus de la sphère où elle se meut d'ordinaire. Ce n’est plus par les sens qu’elle perçoit les objets extérieurs, mais par un contact immédiat avec la révélation qui lui en est faite. ἔχστασις, proprie dimotio e loco vel statu in quo quis vel quid est (ab ἐξίστημι, de statu dejicio); inde mentis alienatio, cum hominis vigilantis sensus exteriores plane cessant, et animus ἃ corpore ad tempus secessisse videtur, corporis ‘omniumque rerum corporalium prorsus oblitus, et totus convertitur ad imagines intus objectas. Exstasis, ita descripta, potent esse vel naturalis vel supernaturalis. Ideo, ut ea quae Petro contigit, accuratius definiatur, dici debet : status, in quo animus per motionem supernam

Cr

CE LE sa eo Υ ἢ Ὡ à Ἢ ἷ ACTES DES APOTRES, X, 9-12. 317

ville, Pierre monta sur Le toit [de la maison] pour prier, vers la sixième heure. 10 Or, il arriva qu'il eut faim, et voulut manger. Pendant qu’on préparait [la nourriture] il lui vint une extase. 11. IL voit le ciel ouvert et une sorte de récipient (un objet) qui en descendait, comme une grande nappe, tenu, aux

quatre coins, et qui s’abaissait vers la terre, 12. et dans laquelle se trouvaient

a corpore quasi alienatur, et capitur ad contemplationem rerum intelligibilium, aut

(sicut hic) imaginum quae divinitus ei informantur. Cf. IT Cor. χα, 2-4. Camerzyner. Τί ἐστιν ἔχστασις ; Πνευματιχὴ φησὶ, θεωρία γέγωνεν αὐτῷ τοῦ σώματος, ὡς dv εἴποι τις, ἐξέστη ἣ ψυχή, CaryYsosroME, ἤογι. xxu1, 1. Quelquefois, cependant, dans le Ν. T., ἔκστασις ἃ le sens d’étonnement, 111, 10.

Υ 11) Etant en extase Pierre voit avec étonnement, θεωρεῖ, au présent historique, ce

qui augmente la vivacité de la description. σχεῦος, meuble, instrument, ustensile, vase, récipient et, par extension, chose, objet. cf. 1x, 15. Pierre voit le ciel ouvert — ἀνεωγμένον, Le. ut, 21 ; le participe après θεορεῖ, verbe de perception — et tenu par les quatre bouts, descendant de là, un objet, comme une grande nappe qui s’abaissait vers la terre. Tous ces participes présents, ἀνεωγμένον, καταδαϊνον, καθιέμενον, indiquent la durée persistante de l’action. — La description n’est pas très De. les diverses autorités ont essayé de l'expliquer. Clément d'Alexandrie, Paed. τι, 1, 16 lisait : καί τι σκεῦος τέτταρσιν ἀρχαῖς ἐχδε-

δεμένον ἐπὶ πῆς γῆς. La Didascalie syrienne, 24 : καὶ σχεῦός τι δεδεμένον τέτταρσιν ἀρχαῖς

χαθιέμενον χαὶ χαταδαῖνον ἐπὶ τῆς γῆς. Parisinus? : et quatuor iniciis ligatum vas quoddam

vel ut linteum splendidum summitta (pour submitti) de celo in terram. d, Gigas : ex

quattuor principiis ligatum vas quoddam et (ut, Gig.) linteum splendidum quoq differebatur de cœlo (Gig. omet de caelo}. Constitutions apostoliques, νι, 12, 2 : καὶ τέσσαρσιν ἀρχαῖς δεδεμένον oxedds τι ὡς ὀθόνην λομπρὰν nat χαθιεμένην ἐπὶ τῆς γῆς. Peschitto, Arménienne : nat τέσσαρσιν ἀρχαῖς δεδεμένον σχεῦός τι καὶ ὅμοιον ἣν ὀθόνῃ μεγάλῃ (ὡς ὀθόνη μεγάλη, Arm.) χαὶ xatéôn ἐκ τοῦ οὐρανοῦ (χαταδαῖνον χαθιέμενον, Arm.) ἐπὶ τῆς γῆς.

τέσσαρσιν ἀρχαῖς, quatre bouts : ἀρχή, commencement, origine; par extension, le.

bout. Cf. Eurtpine, πλεχταὶ πεισμάτων ἀρχαί, les bouts tressés des cordages. τέσσαρσιν

RER Ra A

ἀρχαῖς, sans l’article semble indiquer qu'il y avait plus de quatre bouts. ἀρχή, dans ce

sens, est employé seulement par Luc, iciet xr, 5. L'expression, ἀρχαί ὀθόνης est médicale : les bouts d'un bandage, HoBarT, p. 218. 806, ici seulement et x1, 5. Cet objet, sem-

blable à une nappe, était donc comme un coffre ouvert, attaché aux quatre coins, au

ciel, et s'abaissant vers la terre.

Υ 12) ἐν ᾧ ὑπῆρχεν : locution familière à Luc; ὑπῆρχεν est au singulier, bien qu'il y ait plusieurs sujets; l'accord se fait au sens de la totalité, de l’ensemble des animaux. Dans ce récipient il y avait tous les quadrupèdes et les reptiles de la terre et les

oiseaux du ciel. Les Israélites partageaient les animaux en quatre groupes : les :

[grands] quadrupèdes, les reptiles, c’est-à-dire les petits animaux qui se meuvent au ras du sol, insectes, reptiles et petits quadrupèdes, les oiseaux et les poissons, Gen.

VI, 20; Ézéch. xxxvi, 20; Rom. τ, 20. πάντα, probablement au sens emphatique; chez Luc, πᾶς signifie souvent la pluralité plutôt que la totalité. On peut supposer aussi que

les animaux étaient représentés par espèce et non individuellement. Si l’on veut

croire que πάντα indique la totalité des animaux, on peut se rappeler qu'il s’agit ici

d’une vision. Tous ces animaux étaient vivants, puisque, ÿ 13, la voix ordonne à Pierre d’en tuer; il semble, d’après Ÿ 14, qu'il n’y avait que des animaux impurs. Il n'y avait pas de poissons, bien que parmi eux, il y en eût quelques-uns d'impurs, Léo. x1, 40, Pour la distinction des animaux en purs et en impurs, cf. Lévit. x.

de

318 ACTES DES APOTRES, x, 12-17.

τοῦ οὐρανοῦ. 18. nat ἐγένετο φωνὴ πρὸς αὐτόν" ᾿Αναστὰς, έτρε, θῦσον nai φάγε.

θαρτον. 15. χαὶ φωνὴ πάλιν Ex δευτέρου πρὸς αὐτόν “À ὁ Θεὸς ἐχαθάρισεν σὺ μὴ

χοίνου. 16. τοῦτο δὲ ἐγένετο ἐπὶ τρίς᾽ ot εὐθὺς ἀνελήμφθη τὸ σχεῦος εἰς τὸν οὐρανόν. à

€ x € μχὶ € À 3, € € e 24 17. Ὡς δὲ ἐν ἑαυτῷ διηπόρει ὁ Πέτρος τί ἂν εἴη τὸ ὅραμα ὃ εἶδεν, ἰδοὺ οἱ ἀνδρες ΩΣ Le CE - + L | 2? - ΕΞ ὦ οἱ ἀπεσταλμένοι ὑπό τοῦ Kopvmhiou διερωτήσαντες τὴν οἰχίαν τοῦ Σίμωνος ἐπέστησαν

Ÿ 13) Pierre était probablement à genoux; une voix lui ordonne de se lever : ἀναστάς, étant levé, terme descriptif, peut signifier : Allons, mets-toi à l’œuvre. 0550, impératif aor. de θύω, brûler des parfums, immoler, sacrifier, mais comme il ne s’agit pas ici de sacrifice, égorger, tuer, cf. Le. xv, 28; Mt. χχιι, 4; Jn. x, 12. χαὶ φάγε, mange un des animaux qui s’est présenté sans faire de distinction entre les animaux purs et impurs.

ÿ 14) Pierre, croyant qu'il lui est ordonné de manger indifféremment de tout ce qui est dans le récipient, proteste, comme Ézéchiel, lorsque Yahveh lui dit de faire cuire son pain avec des excréments humains; il refuse d’obéir. Déjà, autrefois, Pierre, dans la vivacité de ses sentiments, n'avait pas hésité à reprendre son Maître lui-même, Mr. χνι, 22. Ici encore il se laisse entraîner par la fougue de son tempérament. Il ne comprend pas qu’on puisse lui ordonner de violer la Loi. μηδαμῶς, point du tout, en aucune façon, absit, Vlg., pour l’hébreu, alilat; sous-entendu τοῦτο γένοιτο, I Sam. xx, 2; ΧΧΙΙ, 15.

Κύρις, est-ce à Dieu ou à Jésus à qui répond Pierre; il parle à celui dont il entend la voix et qu’il juge un être surnaturel. Cette voix était celle de Dieu ou de son représentant, puisque, Υ 15, la voix déclare que ce que Dieu a déclaré pur, Pierre ne doit pas le déclarer impur. Or, C’est la voix qui a fait cette déclaration. οὐδέποτε... πᾶν, numquam omne, Vlg. pour nihil unquam; forme hébraïsante, Juges, xux, 4. Par cette négation véhémente Pierre exprime son horreur pour les animaux impurs. Cette expression se retrouve fréquemment dans les Septante et le N. T. Ze. τ, 37; Mt. χχιι,, 22. πᾶν précédé d’une négation, équivaut à οὐδέν. ---- χοινὸν χαὶ ἀκάθαρτον par opposition à ἅγιον καὶ χαθαρόν — χοινὸν, commun, vulgaïre, profane et dans la Bible, impur, immonde. κοινὸν et ἀκαθαρτόν ont ici le même sens d’impur, mais le second explique le premier, qui n’est pas d'ordinaire employé dans ce sens. On pourrait il est vrai traduire celui-ci par « profane ». Pierre proteste qu’il n'a jamais mangé rien de profane ni d'impur, 1] n’a jamais mangé aucun des animaux que la Loi a déclarés impurs, ni des animaux purs “qui n’auraient pas été tués selon les prescriptions de la Loi. II semble que Pierre n'aurait pu parler ainsi s’il y avait eu dans le récipient des animaux purs et des impurs. Il pouvait tuer un animal pur. Sa protestation indiquerait donc que le récipient ne contenait que des animaux impurs. Mais cette conclusion est contraire à l’idée que veut exprimer ce récit,

Ÿ 15) φωνή, sans article, parce que le point important n'est pas ce que dit La voix, mais le fait qu’elle parle pour la seconde fois. πάλιν Ex δευτέρου, sous-entendu ἐγένετο, pléonasme, cf, Jn. 1v, 54. La voix rappelle à Pierre que Jésus avait purifié, avait déclaré purs tous Les aliments : Λέγει... καθαρίζων πάντα τὰ βρώματα, Mc. vir, 18, 19. Désormais aucun aliment ne sera impur par soi-même, Rom. χιν, 14; 1 Tüm. 1v, 4, ἐχαθάρισεν et xolvou sont tous deux employés au sens déclaratif, sens qui se rencontre dans l’hébreu, Lév. χπὶ, 8. 8, 11, 18; Jos. 1, 18, etc. On peut traduire ainsi : ce que Dieu purifia, toi, ne le souille pas pour toi en 16 regardant comme un animal souillé.

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