‹ Les Actes des ApôtresChapitre 239 sur 358 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

ΧΙ, 1. Maïs les apôtres et 165 frères qui étaient dans la Judée apprirent que les gentils aussi (même) avaient reçu la parole de Dieu. 2. Et lorsque Pierre fut monté à Jérusalem, ceux de la circoncision disputaient contre lui, 3. disant : Tu es entré chez des hommes ayant [leur] prépuce et tu as mangé avec eux! 4. Mais Pierre commença à leur raconter d’une manière suivie [ce qui s'était passé] disant : 5. J'étais en prière dans la ville de Joppé et, étant

si l'on maintient les verbes εἰσῆλθες et συνέφαγες à la 2° personne, au lieu de la 89, εἰσῆλθεν et ouvépayey avec BL. La tournure est beaucoup plus vive; elle donne plus de force à l’accusation contre Pierre et exprime plus âprement l'indignation des opposants. πρὸς ἄνδρας ἀχροδυστίαν ἔχοντας, viros praeputium habentes. Vig. ἀκροδυστία, prépuce, terme biblique, Gen. xvir, 18; xxxiv, 44; souvent dans Paul; il est inconnu aux Grecs qui employaient ἀχροποσθία dans ce sens. La traduction : des hommes incirconcis est exacte mais ne fait pas ressortir l'intensité du mépris des Juifs pour ces hommes. xai συνέφαγες αὐτοῖς : tu as mangé avec eux; c'était le reproche capital. Les Juifs ne devaient pas manger avec les gentils et même les Juifs convertis au christianisme observaient cette défense puisqu'ils ne voulaient pas manger avec les chrétiens convertis du paganisme, Gal. un, 12 5. L’accusation contre Pierre ne portait donc pas directement sur le fait d’avoir prêché l'Évangile à des gentils et de les avoir baptisés, mais d’avoir eu des rapports avec des gentils en entrant chez eux et surtout en mangeant avec eux; par conséquent d’avoir violé la Loi mosaïque. C'était là le reproche direct contre Pierre, mais celui-ci en impliquait un autre, celui d’avoir baptisé Cornélius et les siens et de Les avoir ainsi agrégés à la communauté chrétienne. C’est ce qui ressort de la justification de sa conduite que présente Pierre... On ne devait avoir aucun rapport avec les Juifs : donc on ne devait pas leur annoncer l'Évangile et les baptiser : telle était la pensée des Juifs circoncis.

Ÿ 4) ἀρξάμενος δὲ ὃ Πέτρος : formule pléonastique familière à Luc, 1, 22; vin, 35; x, 57 etc.; il est pour ἤρξατο. ἐξετίθετο, imparfait moyen de ëxxttmu; il signifie déposer, exposer, expliquer, raconter; ici seulement dans le N. T. et JosèPne, Ant. jud. 11, 12, 2. ἀρξάμενος... ἐξετίθετο : il commença à raconter ou il se mit à raconter. καθεξῆς, mot hellénistique, pour l’attique ἐξῆς ou ἐφεξῆς; seulement dans Luc, 1, 3; vin, 1 et Act. ΠΙ, 24; x1, 4; xvin, 23, il signifie par ou en ordre, en rang, ce qui explique ἀρξάμενος. Pierre expose la suite des faits dans leur ordre; son récit reprend à peu près textuellement celui de la vision vue à Joppé et abrège celui de la visite à Césarée. Les différences portent sur quelques points de détail que nous relèverons; elles ne paraïssent quelquefois avoir d'autre raison que d’atténuer la monotonie de la répétition.

Pierre veut faire ressortir qu’il a été conduit par Dieu dans tous ses actes. C'est celui-ci qui lui a envoyé une vision, lui enseignant qu’il n’y avait plus de distinction à faire entre pur et impur, entre Juif et gentil. C’est par l’ordre d'un ange, messager de Dieu que Cornélius l’a mandé. L'Esprit lui a ordonné de suivre les envoyés du centurion. Enfin, l'Esprit-Saint, répandu sur Cornélius et sa domesticité, prouvait que ces hommes étaient dignes d’être incorporés par le baptème à la communauté chrétienne.

Υ 5) Malgré les quelques différences que présente le récit sdivant avec celui de x, 5-48, il est inutile de supposer qu'ils proviennent de témoins différents. Le fait

LE

ΤΗ͂Σ > 2 Sd + ᾽ Δ ᾽ » ! à ka " 4 ES χαὶ ἦλθεν ἄχρις ἐμοῦ" 0. εἰς ἣν ἀτενίσας ἜΤ χαὶ εἶδον «τὰ τετράποδα τὴς γῆς χαὶ τὰ θηρία χαὶ τὰ ἑρπετὰ χαὶ τὰ πετεινὰ τοῦ οὐρανοῦ. 7. ἤχουσα δὲ χαὶ φωνῆς

λεγούσης por‘ ᾿Αναστάς, Πέτρε, θῦσον nat φάγε. 8. εἶπον dé Μηδαμῶς, ΚΚύρις" ὅτι

χοινὸν ἢ ἀχάθαρτον οὐδέποτε εἰσῆλθεν εἰς τὸ στόμα μου. 9. ἀπεχρίθη δὲ ἐχ δευτέρου φωνὴ ἐχ τοῦ οὐρανοῦ" Δ ὁ Θεὸς ἐχαθάρισεν σὺ ph χοίνου. 10. τοῦτο δὲ à

ARS \ 2 LA r [74 , « , 4. ΔἸ Ν 7 25 ss 37 τρίς χαὶ ἀνεσπάσθη πάλιν ἅπαντα εἰς τὸν οὐρανόν. 11. χαὶ ἰδοὺ ἐξαυτῆς τρεῖς ἄνδρες

Î (Cm LES ΄ ἐπέστησαν ἐπὶ τὴν οἰκίαν ἐν ἢ ἤμην, ἀπεσταλμένοι ἀπὸ Ἰζαισαρίας πρός με. 12. εἶπεν

δὲ τὸ [lveüpé μοι συνελθεῖν αὐτοῖς pndèv διακρίναντα. ἦλθον δὲ σὺν ἐμοὶ χαὶ οἱ ἕξ

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+ = » ΜῈ su » > εἶδεν τὸν ἄγγελον ἐν τῷ οἶχῳ αὐτοῦ σταθέντα χαὶ εἰπόντα ᾿Απόστειλον εἰς ᾿Ιόππην

d’avoir répété ce récit montre l'importance que Luc attachait à cet événement qui. ouvrait à l’activité chrétienne un ehamp nouveau et plus étendu. C’est le premier jalon posé dans une voie qui s’élargira par la prédication chrétienne à tous les païens. Cet exemple déterminera plus tard les apôtres, cf. xv, 7 ss., à poser le principe de la participation des gentils au salut, sans être astreints aux observances légales.

ἐγώ, emphatique, ἤμην ἐν πόλει Ἰόππῃ : l’article est supprimé. εἶδον ἐν ἐχστάσει ὅραμα : ὅραμα désigne ce que Pierre ἃ νὰ en extase; x, 3, ὅραμα ἃ une autre signification. τέσσαρσιν ἀρχαῖς χαθιεμένην; Luc abrège le récit et le présente un peu différemment; il n’est plus parlé du ciel ouvert, τὸν οὐρανὸν ἀνεῳγμένον, x, 11, mais il est dit que le récipient descendait du ciel. καὶ ἦλθεν ἄχρι ἐμοῦ : le récipient vint vers moi : note inconnue au précédent récit.

Ÿ 6) εἰς ἣν ἀτενίσας χατενόουν, regardant attentivement dans celle-ci, je remarquais [un objet]; κατανοέω implique l'attention de l'esprit : il peut s’'employer seul, cf. να, 31; observation nouvelle. xat εἶδον à l’aoriste au lieu de l’imparfait après χατενόουν, à. l'imparfait : cet aoriste marque l'effet de cette contemplation. τὰ θηρία, les bêtes | sauvages : addition au premier récit; elles sont incluses dans les quadrupèdes, τὰς

SAC elles ont été ajoutées ici parce qu’elles sont impures; Pierre insiste sur

le caractère significatif de la vision. θηρίον, cf. xxvir, 4, de serpente dicitur:;, verum utut interpretaturus eris, non habebis justam animalium partitionem qualis\ est, x, 12, Bass. D’après Preuschen, il faudrait lire, comme la Peschitto et la Didas-

calie syrienne : τὰ θηρία, τὰ τετράποδα χαὶ τὰ Épretd.

Ÿ 7) ἤχουσα δὲ χαὶ φωνῆς : le nom au génitif indique la personne qui est la source, # l'origine de ce que l'on entend; φωνή est mis pour la personne. ἀναστάς... θῦσον,, asyndètes,.

ἡ 8) Après Κύριε, Origène ajoute : σὺ οἶσθα ὅτι. πᾶν de.x, 14 est omis devant χοινόν; au lieu de ἔφαγον, x, 14, nous avons ici : εἰσῆλθεν εἰς τὸ στόμα μου, locutio hebraismum redolens, Bzass; la forme est plus expressive que dans le premier récit.

Ÿ 10) ἀνεσπάσθη, aoriste passif de ἀνασπάω, tirer en haut: au singulier parce que le sujet ἅπαντα, au pluriel, est employé au sens abstrait. ἀνεσπάσθη πάλιν εἷς τὸν οὐρανόν, formule plus ΕΠ τοβαθὰ que ἀνελήμφθη τὸ σχεῦος, x, 16, où c’est l'objet, σχεῦος, qui est. enlevé au ciel, tandis qu'ici c'est l'ensemble, contenant et contenu, qui est tiré au ciel.

Ÿÿ 11) Après ce prologue qui explique et justifie sa conduite future, Pierre raconte. en abrégé ce qui concerne Cornélius. ἤμην au singulier, leçon de EH LP Vig. Pesch.

ST EN CUS { FRE En

en extase, je vis une vision, un objet semblable à une grande toile, descen- ᾿ dant du ciel et tenue par les quatre coins et qui vint vers moi. 6. Le regard. fixé sur celle-ci, j'examinai et je vis les quadrupèdes de la terre et les bêtes sauvages et les reptiles et les oiseaux du ciel. 7. J'entendis aussi une voix qui me disait : Lève-to1, Pierre, tue et mange. 8. Mais je dis : Point du tout, Seigneur, car jamais [quelque chose de] vil ou impur n’est entré dans ma bouche. 9. Et une seconde fois la voix répondit du ciel : Ce que Dieu a ᾽ déclaré pur, ne le déclare pas impur. 10. Cela eut lieu jusqu’à trois fois, et | tout fut retiré de nouveau dans 16 ciel. 11. Et voici, au même instant, trois τὶ hommes, envoyés de Césarée vers moi, se présentèrent à la maison où j'étais. 12. Et l'Esprit me dit d’aller avec eux sans hésiter [sans faire aucune distinction]. Et ces six frères vinrent aussi avec moi et nous entrâmes dans la maison de l’homme. 13. Or, il nous raconta comment il avait vu dans sa ὌΝ maison l’ange se présentant à lui et disant : Envoie ἃ Joppé, et fais venir NS ,

Harkl. Boh. Sah. Eth. Chrys. que nécessite la suite du récit, ÿ 12; donc plus naturel DE que le pluriel ἦμεν, leçon de KA BD 40, qui supposerait que les six compagnons qui Ἢ ont accompagné Pierre ἃ Césarée étaient avec lui dans la maison de Simon lorsqu’arrivèrent les messagers de Cornélius. Le premier récit ne mentionne pas ce détail; ils ont pu être dans la même maison que lui, mais il n’est pas dit qu'ils avaient été avec lui. Pierre ne nomme pas ici celui qui l’a mandé; il est probable qu'il ἃ dû le faire; cependant au ÿ suivant il l’appelle simplement l’homme. D'ailleurs, ignotum audientibus hominem Romanum nominare nihil opus erat, BLass,

ÿ 12) «μηδὲν διαχρίναντα ou μηδὲν διαχρινόμενον : la première leçon est soutenue par ΝΑ 13 40 617, N° 6 15 18 ont dtaxpivayra seulement — la seconde, par HLP Vie. Les deux mots sont omis par D Harkl. La première signifie que Pierre ne doit faire aucune différence entre Juif et gentil, la seconde qu'il ne doit pas hésiter à partir, διαχρινόμενος συνελθεῖν. C'est le sens qui se présente le premier à l'esprit et qui répond le mieux au contexte; de plus, c’est la leçon du chapitre x, 20. Il est possible que ces diverses raisons aient incité un copiste à écrire διαχρινόμενον, Mais la première leçon μηδὲν διαχρίναντα est mieux soutenue. Quelle que soit la leçon adoptée le sens général de : l’ordre donné à Pierre est le même : Qu'il n'hésite pas à partir implique l’idée qu'il ne doit pas faire de distinction entre Juif et gentil. .

οἱ ἐξ ἀδελφοὶ οὗτοι --- οἱ οὗτοι se retrouve dans le journal de voyage. Les frères qui ont accompagné Pierre à Césarée étaient au nombre de six et ils sont maintenant avec lui à Jérusalem pour se justifier aussi, car ils ont commis la même illégalité que Pierre ; il les prend à témoin de tout ce qui est arrivé chez Cornélius. Ὀρᾷς, ὅτι Πνεύματος ἣ νομοθεσία; Ἦλθον δὲ σὺν ἐμοὶ χαὶ οἱ ἕξ adeAgor οὗτοι. Τὶ γένοιτ᾽ ἂν ταπεινότερον Πέτρου ὃς ἀπὸ ταύτης χαὶ τῶν ἀδελφῶν τὴν μαρτυρίαν προδάλλεται, CHRYSOSTOME, om. in Act. χχιν, 2. εἰς τὸν οἶκον τοῦ ἀνδρός, dans la maison de l'homme qui avait envoyé chercher Pierre.

Ÿ 13) τὸν ἄγγελον avec l’article pour marquer qu’il est parlé de l’ange de x, 3, 12. σταθέντα, forme hellénique pour στάντα, se tenant debout; mot fréquemmenñt employé par Luc dans l'évangile et les Actes et par lui seul au participe futm" et à l’aoriste passif. Le récit est maintenant très abrégé. Luc n'a pas répété icitout ce que Pierre a dit aux frères de Jérusalem, en particulier tout ce qui carattérisait Cornélius, sa piété envers Dieu, sa bienfaisance envers les pauvres d’Tsraël ; en un mot, ce qui

χαὶ μετάπεμψαι Σίμωνα τὸν émuxxhoûmevor [lérpoy, 14. ὃς λαλήσει ῥήματα πρός σε,

᾿ ἐν οἷς capter σὺ nai πᾶς ὁ οἶχός σου. 15. ἐν δὲ τῷ ἄρξασθαί pe λαλεῖν ἐπέπεσεν τὸ Πνεῦμα τὸ ἅγιον ἐπ᾿ αὐτοὺς ὥσπερ nat ἐφ᾽ ἡμᾶς ἐν ἀρχῇ. 16. ἐμνήσθην δὲ τοῦ ῥήματος CZ 4 x > , Αἵ e = x V4 2 τοῦ Koplou, ὡς ἜΠΗ Τωάνης μὲν ἐόάπτισεν ὕδατι, me δὲ βαπτισθήσεσθε ἐν Πνεύματι ἁγίῳ. 17. εἰ οὖν τὴν ἴσην δωρεὰν ἔδωχεν αὐτοῖς ὁ Θεὸς ὡς χαὶ ἡμῖν, πιστεύ--

justifiait l’effusion de l’Esprit-Saint sur lui et les siens et son admission dans la communauté chrétienne. — Les expressions diffèrent de celles du chapitre x : σταθέντα rappelle ἔστη, x, 30 : ἀπόστειλον au lieu de πέμψον, x, 5; τὸν ἐπιχαλούμενον au lieu de ὃς ἐπικαλεῖται : toutes variations pour éviter la monotonie.

Υ 14) Pierre ajoute des paroles de l’ange qui ne sont pas rapportées, x, 6 : ὃς λαλήσει δήματα πρὸς σὲ, ἐν οἷς σωθήσῃ σὺ χαὶ πᾶς ὃ οἶκός σου. Ces paroles par lesquelles Cornélius et toute sa maison seront sauvées sont celles dont parle Paul aux Juifs d'Antioche de Pisidie : ὃ λόγος τῆς σωτηρίας ταύτης ἐξαπεστάλη, χπι, 26. Elles ont dû être prononcées par l'ange, car elles répondent à l’état d'esprit de Cornélius demandant à Dieu de lui faire connaître le moyen par lequel il devait être sauvé. Chapitre x, 23, 33, il est fait allusion à des paroles de Dieu que Pierre devait transmettre à Cornélius. σωθήσῃ, au singulier; l'accord est fait avec la personne qui l'emporte, La 2e sur la 8e.

Υ 15) 5. Chrysostome, Æom. xxiv, 2, fait ressortir la disposition des événements pour arriver au but : le baptême de Cornélius. Τοῦ Πνεύματος τοίνυν πέμψαντος τοῦ Θεοῦ χελεύ-σάντος, διὰ τοῦ ἀγγέλου ἐχεῖθεν καλέσαντος, ἐντεῦθεν ὠθοῦντος, λύοντος τὴν διαφορὰν τῶν πραγμάτων, τί ποιῆσαι ἔδει,.. ἘΠ la suite du récit indique ce qu'il y avait à faire.

ἐν τῷ ἄρξασθαί με λαλεῖν, forme familière à Luc, 1x, 34; 11, 4; expression énergique : à peine avais-je dit quelques mots. Elle indique plus clairement que Pierre n'avait pas achevé son discours; il n’était même qu’au début lorsque l’Esprit-Saint tomba sur + Gornélius et les siens, de même qu'il était tombé sur eux, les apôtres et les frères, le jour de la Pentecôte, ἐν ἀρχῇ, au commencement de la prédication chrétienne. Cepen-

dant, ἐν τῷ ἄρξασθαί pe λαλεῖν ne marque pas nécessairement le début du discours de

Pierre; cette expression peut simplement remplacer λαλοῦντος δέ. D’après Burton, p. 162, ἐν gouvernant l'infinitif avec τῷ est d'ordinaire temporel, mais il peut exprimer aussi la manière, les moyens, le contenu. Cette phrase « veut peut-être faire entendre que Pierre eut à peine le temps de parler et qü'’il n'avait en aucune façon appelé l'Esprit sur eux », Loisy.

ὥσπερ καὶ ἐφ᾽ ἡμᾶς, de la même façon que sur nous; pas complètement, si nous nous en tenons à nos textes. Au commencement, l’Esprit-Saint est tombé sur les apôtres, et sur ceux qui étaient avec eux, sous la forme de langues de feu, 11,3 et ceux-ci | parlaient des langues nouvelles, ἑτέραις γλώσσαις, ib. 4. L’Esprit-Saint est tombé sur Cornélius et les siens, mais la preuve de cette effusion est seulement qu'ils parlèrent en langues, λαλοῦντων γλώσσαις, x, 46.

ÿ 16) Pierre se souvint alors des paroles que le Seigneur avait adressées à ses apôtres avant son ascension, 1, 5. Il les rappelle, omettant seulement : οὗ μετὰ πολλὰς ταύτας ἡμέροις, qui étaient inutiles pour sa démonstration. Pierre comprend maintenant M la pleine signification de cette parole. La descente de l’Esprit-Saint sur des gentils lui fait comprendre que cette parole du Seigneur : ὑμεῖς δὲ βαπτισθήσεσῦε ἐν Πνεύματι ἁγίῳ n’est pas restreinte aux apôtres et aux Juifs, ne vise pas seulement ceux-ci, mais s'étend aux gentils. Ceux-ci étaient donc désignés par Dieu lui-même comme futurs

ἘΠ ΤῸ os MONTANT

ACTES DES APOTRES, xI, 13-17. 343

Simon, surnommé Pierre, 14. qui te dira des paroles par lesquelles tu seras sauvé, ainsi que toute ta maison. 15. Or, lorsque je commençai à parler, l’Esprit-Saint tomba sur eux comme sur nous aussi au commencement. 16. Alors je me souvins de la parole du Seigneur, lorsqu'il disait : Jean a baptisé d’eau, mais vous, vous serez baptisés en Esprit-Saint. 17. Si donc Dieu leur ἃ donné le même don qu'à nous, qui avons (pour avoir) cru au Seigneur

membres de la société chrétienne. Ὥστε οὐδὲν καινότερον γέγονεν, ἀλλ᾽ ὅπερ προεῖπεν, CHRy- SOSTOME, om. Χχιν, 2.

ἐμνήσθην δὲ τοῦ ῥήματος τοῦ Κυρίου; ὡς ἔλεγεν, comme Ze. xxnr, 61; xxiv, 6, est un pléonasme; cependant, d’après Winer, Lxv, 2, cette forme peut être tenue pour un complément de l'expression; on la trouve aussi dans les écrivains classiques, Xéxopnow, Cyr. 8. 2.; Tauc. Hist. τ, 1. ὡς ἔλεγεν introduit le style direct. ᾿

Υ 17) τὴν ἴσην δωρεάν : littéralement le don égal; la traduction : eamdem gratiam, Vie. est faible. Dieu a déclaré qu’à ses yeux Juifs et gentils étaient égaux si — ou puisque

— εἶ ἔδωχεν, il a donné à ceux-ci même la grâce égale qu’à eux ayant cru, πιστεύσασιν, au

Seigneur Jésus-Christ, ou parce que ceux-ci, les gentils ont cru au Seigneur Jésus- Christ. πιστεύσασιν; participe aor. sans l’article peut désigner αὐτοῖς : les gentils ayant cru au Seigneur Jésus : nam condicio doni divini adipiscendi in gentilibus potius indicanda fuit, Brass, mais cet accord est contraire à l’usage grammatical; αὐτοῖς est l'antécédent le plus éloigné. πιστεύσασιν devrait donc s’accorder avec fuiv, l’antécédent le plus rapproché. Le participe aor. indique cette solution : Pierre ne parle pas de la foi précédente des apôtres, mais de celle qu'ils ont eue, lorsque l’Esprit-Saint tomba sur eux au commencement, le jour de la Pentecôte. Mais, d'autre part, il semble que Pierre veut démontrer qu'ayant cru au Seigneur Jésus, Cornélius et les siens ont recu le même don qu'eux-mêmes, l’Esprit-Saint; πιστεύσασιν se rapporterait donc grammaticalement à ἡμῖν et logiquement à αὐτοῖς. Il est possible encore que πιστεύσασιν qualifie tout à la fois, αὐτοῖς et ἡμῖν : la condition de la foi, pour être sauvé, requise d’abord des apôtres et des autres chrétiens de la circoncision, a été tn réclamé des païens, cf. xv, 11.

Après θεόν D Harkl. ajoutent : τοῦ μὴ δοῦναι αὐτοῖς Πνεῦμα ἅγιον πιστεύσασιν ἐπ᾿ αὐτῷ (ἐπὶ τὸν Ἰζύριον, Pesch.) Par.? omet credentibus in illum.

"Apa Θεὸς αὐτὸς ἐδάπτισεν, οὐκ ἐγώ. CHRYS. 10. — ἐγὼ τίς ἤμην δυνατὸς κωλῦσαι τὸν Θεόν : ἐγώ est emphatique. δυνατός marque l'opposition entre le pouvoir infini de Dieu et la faiblesse de l’homme. La question est double : Qui étais-je pour lutter contre la volonté de Dieu? Pouvais-je lutter contre lui, étais-je capable de m'opposer à Dieu, qui m'avait marqué sa volonté par un signe aussi visible que la descente de l’Esprit- Saint sur Cornélius et les siens? Pierre ne pouvait empêcher Dieu de répandre ses dons sauveurs sur les païens et de montrer par là qu’ils devaient être admis dans la communauté chrétienne. C'était la pleine justification de la conduite de Pierre. C’est à Dieu qu’il a obéi; il se serait opposé à Dieu s’il n'avait pas baptisé Cornélius et sa famille.

Les paroles de Pierre assez semblables pour la forme à celles qu’il ἃ dites, x, 47, sont différentes pour l’idée : x, 47, il fait allusion au baptême qui ne peut être. refusé à Cornélius; ici, il parle de Doi qu'on ne peut empêcher de répandre sés dons sauveurs sur les ‘gentils et par loi de les admettre dans la société chrétienne.

On trouve des phrases presque analogues chez les classiques : ἐγὼ δὲ τίς ἢν ee Taéocrire; Cf, PLATON, Rép. 11, 358. »

Il n’est pas parlé du baptême de Cornélius et de sa domesticité. IL est Fret par l’ensemble du récit. ΄

ou

x à - € A EE cé 18. ἀχούσαντες δὲ ταῦτα ἡσύχασαν, χαὶ ἐδόξασαν τὸν Θεόν λέγοντες ᾿Αρα nat τοῖς

ÿ 18) Après avoir entendu ces paroles, les fidèles s’apaisèrent; ils cessèrent la discussion. ἡσύχασαν, aor. de ἡσυχάζω, se tenir tranquille, garder le silence. ἐδόξασαν, à l’aor., leçon de NB D? Vlg. Gig. ou ἐδόξαζον, à l’imparfait, leçon de AEHLP; cette leçon, quoique moins bien sontenue est peut-être originale : Imperf. autem adhibetur, quod ad alias res auctor transiturus statum rerum quem relinquit, depingit, Brass. ἐδόξασαν, à l’aor. provient peut-être de ce qu'on a voulu le conformer à ἡσύχασαν, ἄρα, donc, n’est jamais placé au commencement de la phrase dans le grec classique : Luc, x, 48 et ici, ainsi que Paul, Gal. 11, 17, le placent en tête de la proposition. Avant de continuer son récit, Luc résume ce qui en résulte : la repentance pour la vie éternelle. Dieu ἃ donc donné aussi aux gentils la repentance pour qu'ils aient

la vie, pour qu’ils entrent dans le royaume messianique. τὴν μετάνοιαν avec l’article

parce qu’il s’agit d’une repentance spéciale, qui donne l’entrée dans la vie messia-

nique, mi, 15; v, 20; xvir, 30, ou parce que Pierre fait allusion à la repentance qui a

été déjà accordée à ceux qui se sont convertis. x1, 18. els ζωήν peut se rapporter à ἔδωχεν, Cf. Jn. τν, 14; Rom. v, 21 ou à μετάνοιαν, la repentance conduisant à la vie.

D’après les Constitutions apostoliques, vi, 12; vir, 46, Cornélius aurait été évêque de Césarée; sa vie et son martyr sont racontés dans Métaphraste, Micxe, Patr. gr. exiv, Col. 1293-1312.

Le récit de la conversion de Cornélius a été rejeté par divers exégètes, en particulier par Loïsy, comme inventé de toutes pièces par le rédacteur des Actes. Sa valeur historique a été défendue par Belser, p. 144. Celui-ci fait remarquer entre autres choses qu'il n’est pas opposé aux données des épîtres pauliniennes. Paul ἃ déclaré qu’il était l’apôtre de la circoncision, Gal. τι, 7, qu'il a travaillé plus que

personne à la conversion des gentils, Rom. x1, 13; xv, 17, mais il n’a jamais soutenu

qu'il avait été le premier à prêcher PÉvagile aux gentils. En outre, on ne peut

soutenir que cette prédication de Pierre aux gentils n’a eu aucun ue Il est

probable que les Chypriotes et les Cyréniens qui ont prêché l'Évangile aux gentils d'Antioche se sont crus autorisés à admettre les gentils dans la communauté chrétienne par l'exemple de Pierre.

D’après Wendt, il n’est pas douteux que les discours de Pierre ont été composés de toutes pièces par Luc; Nous ne sommes pas de cet avis. Luc n'aurait pas introduit dans son travail ces tournures embarrassées que nous avons relevées. Il écrivait bien le grec et en connaissait la syntaxe. A lire ces discours sans parti pris on se rend compte que l’on a ici une traduction d’un texte araméen ou des notes détachées. Le travail de Luc aurait consisté à les mettre en ordre. On peut même s'étonner qu'il ne les ait pas corrigées davantage.

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