CHAPITRE XII
ΧΙ, 1. Or, en ce même temps, le roi Hérode jeta les mains sur quelques-uns des membres de l’église pour les maltraiter. 2. I1 fit mourir par
τὰς χεῖρας équivaudrait à ἐπεχείρησεν, il essaya, il tenta, mais ce n’est pas l’idée de l’auteur. Hérode n’essaya pas de mettre la main sur quelques-uns; il en fit décapiter ou jeter en prison. D'ailleurs, ἐπέδαλεν avec l'infinitif signifie saisir, se saisir de; cf. ἵν, 3, v, 18; Χχι, 27. τινας τῶν ἀπὸ τὴς ἐχχλησίας ; cf. 1v, 9 : quelques-uns de ceux de l’église, de l'assemblée des fidèles; ἀπό désigne les membres d’un parti, xv, 5, sens classique. Hérode fait un choix parmi les membres de l’église et il fait mettre à mort tout d’abord Jacques, qui était un des chefs connus de la communauté chrétienne. D Par.? Harkl., après ἐχχλησίας ajoutent τῆς ἐν τῇ ’loudalz, addition destinée à préciser le sens; il n’y avait aucune raison de supprimer ces mots 5115 étaient dans le texte original.
On s’est demandé pour quelle raison Hérode a persécuté les fidèles à ce moment-là ; tout était tranquille et les chrétiens ne troublaient pas la paix publique. La réponse qui paraît le mieux correspondre à la situation et à l'etat d'esprit du roi juif est qu'Hérode a voulu par cette persécution contre les fidèles plaire à ses sujets, ÿ 3, et peut-être spécialement au Sanhédrin qui l'aurait excité contre eux. Nous le voyons durant tout le cours de sa vie chercher à gagner la faveur de ceux qui pouvaient lui être utiles. Ce que Josèphe, Ant. Jud. XIX, 7, 8, nous dit de lui le montre dans cette attitude auprès des Juifs. — Telle n’est pas l'opinion de Loisy. D'après lui, la persécution, dont il est parlé ici, a été provoquée par le décret que porta l'assemblée de Jérusalem, xv, 28, d'admettre les gentils dans la communauté chrétienne, sans les
admettre aux observances légales. Le Sanhédrin s’émut de cette décision qui ruinait le :
judaïsme traditionnel et pour en empêcher la diffusion, il en appela à Hérode, lequel s’empressa de répondre à la demande du Sanhédrin, en essayant de détruire la com-
munauté chrétienne par la mort de ses chefs, Pierre, Jacques et Jean. Le procès fut
donc religieux et non politique. La base de cette hypothèse est que le voyage de Barnabé et de Saul, raconté ici, est celui dont il est parlé au ch. xv. Nous discuterons plus loin cette hypothèse.
Ÿ 2) ἀνεῖλεν δὲ ᾿Ιάχωθδον τὸν ἀδελφὸν Ἰωάνου : [Hérode] fit périr Jacques, le frère de Jean. Jacques, fils de Zébédée, est constamment uni à son frère Jean dans les évangiles et les Actes. Ceux-ci spécifient aussi qu’il était le frère de Jean, l’apôtre encore vivant et bien connu de l’église de Jérusalem. Cf. 1, 13. μαχαίρῃ et non μαχαίρᾳ Β5 D'E H L, datif instrumental. ueyalon, sans l’article, caractérise le genre de mort, Ze. xx, 24. Jacques fut décapité. La décapitation était en horreur aux Juifs; Licnrroor, Horae hebraicae, IV, p. 105. Si Jacques avait été accusé de blasphème contre la Loi, il eût été lapidé. Il fut accusé probablement d’un crime politique, de déloyauté envers le roi et subit la peine que, d’après la loi romaine, il avait encourue, la décapitation. Comme roi et dépositaire de l’autorité romaine Hérode avait le droit de condamner à mort.
On s’est étonné que Luc, qui avait raconté longuement le procès et le martyre d'Étienne, n’ait consacré que quelques mots à la mort de l’apôtre Jacques et l’on en ἃ donné diverses raisons, dont la plus plausible est qu'il n'en savait pas davantage. Jacques fut décapité, ἁπλῶς καὶ ὡς ἔτυχεν, dit saint Chrysostome, om. xxvr, 1. Cependant, la tradition nous a conservé un récit du supplice de Jacques un peu plus détaillé, οἵ, CLÉMENT D'ALExANDRIE, //ypotyposes, vu, dans Busise, Hist. eccl, II, 9, 2 5. Sur les récits apocryphes, cf. Lipsius, Apok. Apost. 11, p. 201. Sur les’ traditions du voyage de Jacques à Compostelle, cf, Vicouroux, Dictionnaire de la Bible, ΤΠ, col. 1083.
DA δεῖν
3. ἰδὼν δὲ ὅτι ἀρεστόν ἐστιν τοῖς ᾿Ιουδαίοις, “προσέθετο συλλαθεῖν nat [Πέτρον᾽ ἦσαν’ ὃ
ἡμέραι τῶν ἀζύμων. ι. ὃν χαὶ πιάσας, ἔθετο εἰς Lee HE, ie ͵
Au lieu de : Hérode fit périr Jacques, frère de Jean, plusieurs critiques ont supposé que 16 texte aurait été : il fit périr Jacques et Jean son frère. L’apôtre Jean aurait donc été mis à mort en l'an 44 ét ne pourrait être l’auteur du 1ve évangile. On a donné
diverses raisons pour étayer cette hypothèse, présentée surtout par E. Schwartz, Ueber den Tod der Sühne Zebedäi; cf. Preuscuen, Loïsy. Elle a été traitée à nouveau par L. Jackson, The Problem of the fourth Gospel, London, 1918, p.142 55. οἵ par Stanton, The Gospéls as historical documentis : the fourth Gospel, Ὁ. 112 ss. Cambridge, 1920. Nous n’avous pas à revenir sur cette hypothèse, traitée dans l’Æistoire des Livres du Nouveau Testament, IV, Ὁ. 94, 6.5. Cf. Lxrin, L'origine du 1v° évangile, p. 84; Paris,
Nous ne rappellerons pas les divers épisodes des Actes, où il est fait mention de Jean. Il est encore parlé de lui dans l’épître aux Galates, 1, 9, où Paul nous apprend que Jacques et Céphas et Jean donnèrent la main d'association à Barnabé:et à Jui.
Examinons maintenant les renseignements, assez rares, mais ‘très précieux, que les écrivains des premiers siècles chrétiens nous ont laissés sur Jean, le fils de Zébédée. D'après Tertullien, De praescr. xxxvi, Jean l’apôtre plongé dans l'huile bouillante, n’en souffrit pas et ensuite fut relégué dans une île. D’après Eusèbe, ist. eccl. III, 18, ce fut à Patmos, et au temps de Domitien, qu'eut lieu cette déportation. A l’avè-
- nement de Nerva, Jean, dit-il, quitta l’île où 1] était relégué, et il s'établit à
Éphèse, ainsi que le rapporte une tradition de nos anciens. Eusèse, ἐδ. IT, 20. #1 gouverna les églises d'Asie jusqu’au temps de Trajan, 10. III, 23. D'après Clément d'Alexandrie, Quis dives salvetur? xur, après la mort de Domitien, l'apôtre Jean qüitta l’ile de Patmos pour Éphèse et il alla, appelé par les pays voisins des gentils, tantôt ÿ établir des évêques, tantôt y organiser des églises complètement, tantôt choisir comme clercs chacun de ceux qui étaient signalés par l'Esprit. Saint Irénée, Ado. Haer. III, 3, 11, nous apprend qu'à Éphèse Jean combattit l’hérésie de Cérinthe et que c’est pour la confondre qu’il écrivit son évangile. Il affirme aussi qu'il vécut à Ephèse jusqu’au temps de Trajan, 50. II, 22. Le canon de Muratori raconte comment Jean fut obligé de composer son livre. Saint Jérôme dit que Jean mourut soixante-huit ans après la Passion du Seigneur, par conséquent vers l'an 98-100. Suidas croît qu’il mourut âgé de cent vingt ans; Eusèbe rapporte qu'il avait son tombeau à Éphèse, VII, 25. D’après une tradition que relate saint Augustin, Jean vivrait encore, et laterre où il repose serait soulevée par le souffle de sa poitrine.
Ÿ 3) ἰδὼν δὲ Or ἀρεστόν ἐστιν τοῖς Ἰουδαίοις : érode vit que la décapitation de Jacques: avait été agréable aux Juifs. Or, Josèphe, Ant. Jud. XIX, 7, 3, nous a appris qu'Hérode faisait des efforts pour plaire à ceux-ci. ΠΙραὺς δὲ 6 “τρόπος ᾿λγρίππα, καὶ πρὸς πάντας τὸ ἐὐεργετιχὸν ὅμοιον. "τοῖς ἀλλοεθνέσιν ἦν φιλάνθρωπος, χἀχείνοις εὐδειχγύμενος τὸ φιλόδωρον, τοῖς ὁμοφύλοις: ἀναλόγως χρηστός, χαὶ συμπαθὴς μᾶλλον. La mort de Jacques avait plu non seulement aux sanhédrites, les instigateurs des premières persécutions contre les disciples de Jésus, mais aussi à tous les Juifs qui cependant leur étaient favorables précédemment, vin, 4. [is ne l’étaient plus après le procès et la mort d'Étienne et surtout après qu'ils eurent appris que la communauté chrétienne recevait dans son sein des gentils sans 165 astréindre à la circoncision. Hérode frappa la communauté à la tête en faisant arrêter Pierre, bien connu des Juifs pour être le chef et le porte-parole de la communauté.
Après Ἰουδαίοις D Par? Harkl. (mg) ajoutent : ἣ ἐπιχείρησις αὐτοῦ ἐπὶ τοὺς (ἁγίους καὶ Par?)
l'épée Jacques, frère de Jean, 3. et voyant que cela était agréable aux Juifs il fit de plus prendre aussi Pierre. Et c'était les jours des azymes. k. L'ayant donc saisi, il 16 mit en prison et le donna à garder à quatre escouades, de quatre soldats chacune. Il voulait 16 faire comparaître devant
πιστούς, COomprehensio ejus super credentes, ἃ, explication qui spécifie que l’entreprise: d’'Hérode contre les croyants plaisait aux Juifs. Les deux termes ἐπιχείρησις et πιστούς: sont familiers à Luc. Belser, p. 64, croit que ces mots donnent plus de clarté au texte. « Glose vulgaire, eù 1] est bien difficile de voir (avec Preusceew, 76) un trait primitif et une référence au martyre des deux frères. » Loisy. On ἃ ici l’accord d’un attribut neutre, ἀρεστόν avec un sujet féminin, ἐπιχείρησις, Cf. BLass-DeBruNNER, 131.
προσέθετο συλλαδεῖν : hébraïsme d’après Winer, Blass-Debrunner, Preuschen, ce qui n’est pas l’opinion de Helbing, Gram. der Sept. IV ; Moulton, Proleg. p. 233. προσέθετο. aoriste 2 moyen de πραστίθημι, poser auprès, faire de plus, ajouter, continuer de, recommencer. Cet hébraïsme, qui se trouve dans les Septante, Gen. 1v, 2; xxv, 4; Æz. ΧΧΧΎΙ, 12, est particulier à Luc dans le N. T. et indique la répétition d'un acte : προσέθετο. πέμψαι, Le, xx, 12; x1X, 11. Hérode poursuit donc sa résolution du Ÿ 1.
Fou δὲ ἡμέραι τῶν ἀζύμων : CE. Ze. xx, 1; c'est-à-dire le temps ‘pascal ‘du 14 au 21 Nisan, pendant lequel on mangeait des pains azymes et qui était considéré comme: férié. En ces jours, les Juifs étaient assemblés en grand nombre à Jérusalem, et Hérodeespérait gagner la faveur de cette multitude par l’arrestation de Pierre. C’est une parenthèse qui interrompt l'exposé, lequel est relié à συλλαδεῖν, Υ 3, par ὃν καί.
Υ 4) πιάσας, forme dorienne de πιέζω, classique, presser, serrer avec force, prendre, saisir; hellénistique. xai indique un délai entre le dessein d'Hérode d'arrêter Pierreet l'arrestation. — παραδοὺς τέσσαρσιν τετραδίοις στρατιωτῶν φυλάσσειν αὐτόν : τετραδίοις, ici seulement dans'le N. T.; le récit de Luc est en parfait accord avec les données des écrivains latins sur la façon dont étaient gardés les prisonniers. Les mêmes soldats ne pouvaient être de garde toute la nuit; il y avait quatre escouades de quatre soldats chacune, se remplaçant pendant les quatre veilles de la nuit, Viécèce, de re milit. ΠῚ, 8. Deux soldats étaient dans le cachot, liés au prisonnier par deux chaînes : l’une liait le bras droit de celui-ci au bras gauche du soldat; l’autre, sa main gauche au bras droit du soldat; Sénèque, Æpist. v, 4. Les deux autres soldats étaient placés, l'un ‘devant la porte, à l'extérieur du cachot; l’autre dans le vestibule conduisant
à Ja porte extérieure. Toutes ces précautions furent prises pour garder Pierre, à cause: ἣν ses deux évasions précédentes.
μετὰ τὸ πάσχα, c'est-à-dire après que les sept jours de la Pâque sont écoulés. Hérode, pour ménager les susceptibilités juives, ne voulaït pas souiller les jours de fête par une exécution capitale. C’eût été d’ailleurs contraire à la coutume juive : Non judicant in die festo, dit le Talmud. Jésus a été crucifié, il est vrai, pendant. la Pâque, mais son ‘exécution a été le fait de l'autorité romaine. Josèphe, ἐό., XIX, 7, nous apprend qu'Hérode était un gardien fidèle des coutumes de la patrie, τὰ πάτρια χαθαρῶς ἐτήρει, --- ἀναγαγεῖν, ici seulement; infinitif aor. 2 de avéyw, tirer ou pousser en haut, faire paraître, produire au grand jour. Hérode voulait amener Pierre à son tribunal, sur la place élevée où était le siège du juge, /n. χιχ, 13. Il le produirait, au grand jour devant le peuple, dans le but d’être agréable à celui-ci en condamnant Pierre à mort en sa présence. τῷ λαῷ, datif d'intérêt. « On fera monter Pierre pour le peuple. L'expression ἀναγαγεῖν s'emploie pour désigner le fait de conduire le prévenu jusqu'au lieu élevé où la sentence sera rendue, puis exécutée ici pour la plus grande satisfaction du peuple. Cf. ἀπήγαγον, Le. xxn, 66. » Barpr.
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ΥΩ πες, DINAN EU) OT AR A TAN RMS RE Ὁ SPA 4 AUS SAUT ETS Le ᾿ + Le ἐν
τῷ λαῷ. 5. 6 μὲν οὖν Πέτρος ἐτηρεῖτο ἐν τῇ φυλακῇ προσευχὴ δὲ, ἦν ἐχτενῶς γινομένη | ν᾿ FA x s « Ὡς el Sri Ἦ ES | ὑπὸ τῆς ἐχχλησίας πρὸς τὸν Θεὸν περὶ αὐτοῦ. 6. ὅτε δὲ ἤμελλεν προσαγαγεῖν αὐτὸν
! x HA , ᾽ ι : = “ἢ δεμένος ἁλύσεσιν δυσίν, φύλακές τε πρὸ τὴς θύρας ἐτήρουν τὴν φυλάαχήν. 1. χαὶ A
es O2
où ἄγγελος Kupiou ἐπέστη, nat φῶς ἔλαμψεν ἐν τῷ οἰχήματι᾽ πατάξας δὲ τὴν
πλευρὰν τοῦ Πέτρου ἤγειρεν αὐτόν, λέγων. ᾿Ανάστα ἐν τάχει. καὶ ἐξέπεσαν αὐτοῦ αἱ ᾿ ἁλύσεις ἐχ τῶν χειρῶν. 8. εἶπεν δὲ ὁ ἄγγελος πρὸς αὐτόν᾽ Ζῶσαι vai ὑπόδησαι τὰ τ΄ σανδάλιά σου. ἐποίησεν δὲ οὕτως. nat λέγει αὐτῷ Περιδαλοῦ τὸ ἱμάτιόν σοὺ καὶ
ἢ > » , D “ > D ἄχολούθει μοι. 9, χαὶ ἐξελθὼν ἠχολούθει, nat οὐχ ἤδει ὅτι ἀληθές ἐστιν τὸ γινόμενον
Ÿ 5) ὁ μὲν οὖν Πέτρος ἐτηρεῖτο... προσευχὴ δέ; forment antithèse; mais l’antithèse gram-
maticale est plutôt avec ὅτε δέ, Υ 6. ἐτηρεῖτο, imparfait moyen de τηρέω, observer, surveiller, avoir sous sa garde. Après φυλαχῇ, Par.? Harkl. (mg) ajoutent : a cohorte regis, les soldats royaux, instruits à la romaine. C’est un de ces nombreux traits par lesquels est vivifiée la description dans cette recension, PREUSCHEN. — προσευχὴ y γινομένη : cette tournure périphrastique indique la continuité, la persévérance de la prière. ἐκτενῶς, hellénistique, leçon de NA! Β 13 40 81 VI. pour ἐχτενής, leçon de À? EHL P 61 Chrys.; avec tension, marque la ferveur de la prière; il signifie aussi assidüment, sans relâche, sine intermissione, Vig.; dans la {re épître de Pierre on ἃ : les deux sens du mot : attentius, 1, 22; continuam, 1v, 8. D offre une leçon beaucoup plus sémitisante : πολλὴ δέ προσευχὴ ἣν ἐν ἐχτενείᾳ περὶ αὐτοῦ γινομένη ἀπὸ τῆς ἐχχλησίας πρὸς τὸν Θεὸν περὶ αὐτοῦ : multa vero oratio erat instantissime pro ea ab ecclesia ad dominum
- super ipso, d. ἐν ἐκτενείᾳ, avec tension, application continue.
Ds ον"
À 6) ὅτε δὲ ἤμελλεν προσαγαγεῖν : au lieu de προσαγαγεῖν, leçon de B 13 57, N ἃ roosayeiv; . A et des Min. προαγαγεῖν; D EH LP, προαγεῖν. προσαγαγεῖν et προαγαγεῖν ont le même sens de pousser en avant, présenter, conduire jusqu’à : le premier indique d’une façon plus précise la direction; πρός et πρό sont souvent interchangés dans les mm. ὅτε δὲ ἤμελλεν : Hérode était sur le point de présenter Pierre au peuple ou en avait l'intention. ἤμελλεν, à l'aoriste, est très rare dans le N.T.; cf. Rom. vi, 18. τῇ νυχτὶ ἐχείνῃ : cette ο΄ muit-là même; pendant cette nuit qui précédait le jour où Pierre devait être jugé. Ne ἣν ὁ Πέτρυς χοιμώμενος : cette tournure périphrastique indique la continuité du sommeil. Luc décrit la situation : Pierre dormait, lié de deux chaînes; il n’est pas dit qu'il fût lié aux deux soldats, mais comme il est μεταξὺ δύο στρατιωτῶν il est probable que: suivant l’usage latin il leur est enchaîné. Cependant d’après Sénèque, Epist. ν, 7: <adem catena et custodiam (le prisonnier) et militem copulabat. φύλαχές τε πρὸς τῆς θύρας ἐτήρουν τὴν φυλαχήν : des sentinelles (les deux autres soldats . de l’escouade) devant la porte du cachot gardaient la prison. C'était la custodia militaris. Pierre dormait, ayant quitté ses sandales et mis de côté son manteau et | desserré sa ceinture. Cette description montre que cette délivrance de l’Apôtre n’a pu être naturelle. Les gardes n'auraient pu d’ailleurs permettre cette libération; ils savaient trop bien ce qui les attendait si elle se produisait, même s'ils n’y avaient pas mis la main.
Ÿ 7) ἰδού, terme familier à Luc, 1, 10; vi, 27; x, 80. ἄγγελος, un ange et non l'ange. ἐπέστη : aoriste 2 moyen de ἐφίστημι, placer auprès de; au moyen, se placer auprès, se présenter, survenir. Ce terme, favori de Luc, est employé pour signifier la venue ‘soudaine de quelqu'un et quelquefois chez Luc la venue d'êtres divins, Ze, n, 9;
XxIV, 4. φῶς ἔλαμψεν : ume lumière qui se dégageait du corps de l'ange, ainsi que
le peuple après la Pâque. 5. Pierre était donc gardé dans la prison, mais une prière se faisait avec ardeur à Dieu pour lui. 6. Or, quand Hérode allait le faire comparaitre, cette nuit même, Pierre était endormi entre deux soldats, lié de deux chaines; et des sentinelles devant la porte gardaient la prison. 7. Ef voici, un ange du Seigneur survint et une lumière brilla dans le cachot. Frappant Pierre au côté, il l’éveilla, disant : Lève-toi promptement! Et les chaînes lui tombèrent des mains. 8. Et l’ange lui dit : Ceins-toi et chausse tes sandales. Et il fit ainsi. Et il [l'ange] lui dit : Enveloppe-toi de ton manteau et suis-moi. 9. Et étant sorti, il [Pierre] le suivait et il ne savait
l'indiquent P? Gigas, Lucifer : refulsit (efulsit) ab eo. C'est une lumière identique à la lumière céleste qui illumina les bergers lors de la naissance de Jésus à Bethléem. ἐν τῷ οἰχήματι : ici seulement. οἴκημα signifie habitation, chambre; par euphémisme. on l’emploie quelquefois, cf. Démosthène, Thucydide, au sens de cachot, prison. Il s’agit ici non de la prison tout entière, mais du cachot où Pierre était enfermé, πατάξας δὲ τὴν πλευράν : cette expression marque le sommeil profond et tranquille de Pierre; il ne s’éveille que sous un coup violent; νύξας de D a le même sens de frapper, piquer, aiguillonner. καὶ ἐξέπεσαν αὐτοῦ ai ἀλύσεις ἐκ τῶν χειρῶν : et les chaînes tombèrent de ses mains ou plutôt de ses bras. χεῖρ, chez Homère, Hérodote, désigne aussi le bras, comme l'hébreu iad. ἐξέπεσαν : les chaînes tombèrent d’elles-mêmes en se détachant des bras où elles étaient entortillées. Les témoins du texte occidental offrent chacun des détails particuliers : D Pesch. Sah. ajoutent τῷ Πέτρῳ à ἐπέστη; D ἃ ἐπέλαμψεν τῷ οἰχήματι; Gig. Par.? Lucifer, après φῶς ajoutent ab eo; D lit νύξας au lieu de πατάξας; Gig. Lucif. ajoutent et surrexit avant ceciderunt catenae. Après χειρῶν D Vig. Gig. Lucif. ajoutent αὐτοῦ. Il est difficile de tenir ces particularités comme appartenant au texte original.
Ÿ 8) ζῶσαι : ceins-toi toi-même; impératif aoriste moyen de ζώννυμι, ceindre, entourer d’une ceinture ; pendant le jour les plis de la tunique étaient resserrés par une ceinture afin de ne pas gêner les mouvements; pendant la nuit la ceinture était enlevée et les plis étaient flottants, WeTsTeIn. ὑπόδησαι, attache-toi toi-même ; impératif aoriste moyen de ὑποδέω, attacher par-dessous; au moyen, chausser, attacher à son pied. σανδαλια, sandales, chaussures des pauvres. περιδαλοῦ, impératif aoriste 2 moyen de περιδάλλω; au
᾿ moyen, s’entourer de, se vêtir, s’envelopper, avec l’accusatif. τὸ ἱματιόν σου, ton manteau; le manteau qu’on portait au-dessus de la tunique, χιτών, et qu'on quittait pendant la nuit ainsi que les sandales. — Ces aoristes; ζῶσαι, ὑπόδησαι, πεφιδαλοῦ sont nécessités par le présent ἀκολούθει; la tournure est classique. Cet ordre de l’ange précisant les détails de l'habillement de Pierre montre que celui-ci n'avait pas à se presser pour sortir de la prison. Colligit sarcinulas, nec festinat, Wersren. Il devait se préparer comme pour un voyage.
Ÿ 9) καὶ ἐξελθὼν ἠχολούθει : La porte s'était ouverte probablement de façon automatique, comme ÿ 10; Pierre sortit à la suite de l'ange. καὶ οὐχ ἤδει ὅτι ἀληθές ἐστιν : Pierre éveillé subitement, ébloui par la lumière qui illuminait ile cachot n’avait pas conscience que ce qui arrivait était une réalité, ἀληθές, quelque chose de réel. Il était frappé de stupeur par ces faits inattendus et il était comme hors de lui-même. ἐδόχει δὲ ὅραμα βλέπεῖν, mais il pensait voir une vision. δέ indique l'opposition entre ἀληθές et ὅραμα; il n’est pas nécessaire pour cela qu'il soit accompagné de μέν, RoBertson, p. 1153. ἀληθές marque le contraste de la réalité de l'événement en opposition avec la vision
AR ᾽ Li a εἴ x LA à 4 v διὰ τοῦ ἀγγέλου, ἐδόχει δὲ ὅραμα βλέπειν. 10. διελθόντες δὲ πρώτην φυλαχὴν Kat
Ζ LE τι Ὁ τ “9 \ Α RES Ge "δευτέραν x ἐπὶ τὴν πύλην τὴν σιδηρᾶν τὴν φέρουσαν εἰς τὴν πόλιν, ἥτις αὐτομάτη τὰ μ - [5 4 ὼ La 2 T
Dial αὑτοῖς al ἐξελθόντες προῆλθον ῥύμη» υἱαν, καὶ εὐθέως ἀπέστη ὁ ἄγγελος ἀπ
αὐτοῦ. 11. χαὶ ὁ Πέτρος ἐν ἑαυτῷ yevômevos εἴπεν᾽ Νῦν οἶδα ἀληθῶς ὅτι ἐξαπέστειλεν
ὁ Κύριος τὸν ἄγγελον αὐτοῦ rat ἐξείλατό με Ex χειρὸς Howdou χαὶ πάσης τῆς προσ-
que Pierre croyait voir. Luc a soin de préciser ces détails pour bien spécifier qu'il s’agit ici de faits réels et non de faits passés en songe. τὸ γινόμενον διὰ τοῦ ἀγγέλου, ce qui se faisait par l'ange; διά indique que l’ange était un instrument.
Ÿ 10) διελθόντες δὲ πρώτην φυλαχὴν nat δευτέραν : l'article est omis devant les noms denombre ordinaux. φυλαχή, prison; ici, poste ou l’on monte la garde. Dans le premier poste devaient être les deux soldats de l'escouade qui n'étaient pas dans le cachot : le: second poste était celui où se tenaient les sentinelles, gardiens de la prison. On
explique autrement la situation : il y avait deux soldats dans le cachot; ensuite, un dans le premier poste et deux dans le second, mais διελθόντες, étant passés à travers, semble indiquer que chaque poste était gardé par deux soldats.
Après avoir traversé ces deux postes, l'ange et Pierre arrivèrent à la porte, celle defer, conduisant à la ville. Luc ἃ soin de faire remarquer que cette porte était de fer et qu ’elle s'ouvrit d'elle-même, αὐτομάτη. αὐτόματος, spontané, qui se meut par soimême, se dit ordinairement des personnes, quoique ici et Mc, 1v, 28, il soit dit des-
- choses. τὴν φέρουσαν εἷς τὴν πόλιν : φέρειν εἷς, ici seulement dans le N. T. Faut-il traduire :
- la porte conduisant à la ville, comme dans Démosthène, ἣ θύρα ἣ εἰς τὸν χἧπον φέρουσα,
la porte qui conduit au jardin, ou la porte qui conduit dans la ville, s’ouvrant dans la ville? φέρουσαν, ce participe présent doit se traduire par l'imparfait, l’action étant passée. On a supposé que la prison était dans la ville, probablement dans le palais. d'Hérode, au nord-ouest de la ville, mais il est plus probable qu'elle était dans la caserne νὰ la forteresse Antonia, où Paul fut plus tard enfermé, xx, 34; ἠνοίγη, aoriste 2 passif de ἀνοίγω ou ἠνοίχθη, EHLP, pour ἀνεῴχθην; cet aoriste passif indiquerait que la porte s’est ouverte automatiquement, mais sous la poussée d’une force surnaturelle.
Preuschen cite d’après Eusèbe, Praep. ev. IX, 27, 12, un passage d’Artapanus, de Judaeis, qui rappelle d'assez près la description de Luc : Νυχτὸς δὲ ἐπιγενομένης τάς τε Ne πάσας αὐτομάτως ἀνοιχθῆναι τοῦ δεσμωτηρίου χαὶ τῶν φυλάχων τοὺς μὲν τελευτῆσαι τοὺς δὲ ὑπὸ; τοῦ ὕπνου παρεθῆναι τά τε ὅπλα χατεαγῆναι.
Après ἐξλεθόντες, D Par.? ajoutent κατέδησαν τοὺς ἑπτὰ βαθμούς : ils descendirent les sept degrés de l'escalier : ce détail doit être authentique, à moins qu’il n’ait été ajouté par: le Reviseur, Preuscex, ou qu'il n'ait été suggéré par les degrés dont il est parlé, xx1, 35, 40. Comme encore actuellement, Baneker-BExzixGER, Paläst. p.78, un escalier conduisait à la caserne de la forteresse Antonia.
Après la sortie de la prison, l’ange et Pierre s’avancèrent dans une rue: tous les obstacles étant écartés, l'ange se retira. Cf. l’assonance, ἐπέσθη, ὃ 7 et ἀπέστη, Ÿ 10.
On a présenté plusieurs explications naturelles de cette délivrance de Pierre; aucune ne répond à la réalité des faits. La reconnaissance pure et simple du miracle: est plus naturelle et plus scientifique. « Ce récit peut donner lieu à une série d’observations archéologiques; mais il ne saurait être question d’en discuter le fond pour leréduire à des proportions qui excluraient le miracle. Il ne contient aucun élément qui serait de nature à appuyer une critique faite dans ce sens-là, soit qu'on voulût songerà une connivence des sentinelles et du geôlier, soit qu’on se laissât aller à la SUPPO-
LÉ
pas que fût réel ce qui se faisait par l'ange et il pensait voir une vision. 10. Et ayant passé la première garde et la deuxième, ils arrivèrent à la porte de fer qui conduisait dans la ville, qui d'elle-même s’ouvrit à eux, et étant sortis ils s’avancèrent dans une rue et aussitôt l'ange se retira d'avec lui. 11. Et Pierre, revenu à lui-même, dit : Maintenant je sais réellement que le Seigneur ἃ envoyé son ange et qu'il m'a arraché à la main d’Hérode et à toute l’attente du peuple des Juifs. 12. Et s’étant rendu compte, il alla à la
sition que le roi lui-même se serait ravisé et aurait préféré étouffer l'affaire que de faire un nouvel éclat. Les détails racontés sont contraires à toutes ces hypothèses, οὗ si l’on se décide à ne pas tenir compte du texte, il vaut mieux le négliger tout à fait que de le dénaturer préalablement. » Reuss.
Ÿÿ 11)'év ἑαυτῷ γενόμενος, tournure classique, Xénophon, Polybe; cf. Wersreix. Pierre étant devenu, revenu en lui-même, c’est-à-dire étant sorti de la stupeur, de l’extase où il était plongé, pendant laquelle il a cru que c'était en songe qu'il avait vu et suivi un ange, comprend que ce qui était arrivé n'était pas une vision, comme il le pensait, ÿ 9, mais une réalité, oïèx ἀληθῶς, et il le dit, ou plutôt il le pense, puisqu'il n’a pas d'interlocuteur. DE précisent davantage l’idée : οἶδα ὅτι ἀληθῶς et fait opposition à οὐχ Her ὅτι ἀληθές ἐστιν, Ÿ 9. ἀληθῶς porte sur ἐξαπέστειλεν : je sais que Dieu ἃ réellement envoyé son ange et non je sais réellement que Dieu...
ὁ Κύριος, le Seigneur, probablement Jésus. Sans l'article Ἰζύριος désignerait Yahveh, Nôscen. ἐξαπέστειλεν, composé fréquent dans Luc, ἃ le même sens que ἀπέστειλεν, mais il est plus expressif.
Nous retrouvons dans Daniel, m1, 95, version de Théodotion, la persuasion queDieu protège ses serviteurs; εὐλογητὸς ὁ Θεός... ὅς ἀπέστειλεν τὸν ἄγγελον αὐτοῦ καὶ ἐξείλατο τοὺς παῖδας αὐτοῦ. :
ἐξείλατό με ἐκ χειρος, expression hébraïsante; mais se trouve chez les classiques : ἐκ τῶν χειρῶν ἐξελέσθαι τῶν Φιλίππου, Escuine, 11, 256. ἐχ χειρός, de la main, de la puissance d'Hérode. καὶ πάσης τῆς προσδοχίας libere adnectitur, cum dici non potuerit ἐξείλατο ἐκ τῆς προσδοκίας, BLASS. προσδοκίας, ici seulement et Luc, xx1, 28, signifie attente, espoir. προσδοχία signifie-t-il l’objet de l'attente, la chose attendue ou redoutée, ou l'attente elle-même, tout le mal que tout le peuple des Juïfs attendait qu'on me fit? Wenpr. « Ce dernier sens est facile en soi, mais passablement contourné eu égard au texte même et à la construction de la phrase, car il n'est pas très naturel de dire que Pierre est délivré de l'attente des Juifs, pour signifier qu’il n’a plus rien à craïndre d’eux. » Loisy. πάσης semble exprimer l’idée que les Juifs attendaient de tout leur être le supplice de Pierre. BLass-DEBRUNNER.
Ÿ 12) συνιδών, participe aoriste 2 de συνοράω, voir ensemble, embrasser d’un coup d'œil par la pensée. συνιδών après ἐν ἑαυτῷ γενόμενος indique le second temps de la reprise de conscience de Pierre; c’est La réflexion pour agir suivant les circonstances, après qu'il est revenu à soi-même. Considérans, Vlg. est faible. Pierre, ayant vu par la pensée ce qui s'était passé : λογισάμενος ὅπου ἐστίν, ἣ τοίνυν τοῦτο συνεῖδεν, Curvsosrome, Pierre se demanda ce qu’il devait faire pour échapper aux soldats qui allaient bientôt le poursuivre. Il ne pouvait rentrer dans sa maison, où il aurait été facilement retrouvé, il alla donc dans une maison étrangère, celle de Marie où il savait probablement qu'il trouverait les frères assemblés. C'était peut-être une de ces maisons où se rassemblait la communauté : τὴν χατ᾽ oïxov ἐχχλησίαν, Col. 1v, 15.
ἦλθεν ἐπὶ τὴν οἰχὸν τῆς Μαρίας : depuis le 1v° siècle on ἃ cru que cette maison était le
μητρὸς ᾿Ιωάνου τοῦ ἐπικαλουμένου Μάρχου, οὗ ἦσαν ixavot συνηθροισμένοι χαὶ προσευχόμενοι. 18. χρούσαντος δὲ αὐτοῦ τὴν ἐν τοῦ πυλῶνος προσῆλθεν παιδίσχη
ds
ὑπαχοῦσαι, ὀνόματι ἱΡόδη. 1h. χαὶ ἐπιγνοῦσα τὴν φωνὴν τοῦ Πέτρου, ἀπὸ τῆς ne
oùx ἤνοιξεν τὸν πυλῶνα, ane δὲ ᾿ ἡγγξεῖλεν ἑστάναι τὸν Πέτρον πρὸ
nv εἶπαν᾽ Maivn, ἡ δὲ διϊσχυρίζετο οὕτως ἔχειν. Fi
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cénacle où Jésus mangea la Pâque avec ses apôtres. Cf. Ζλην, Die Dormitio 5. Virginis und das Haus des Johannes Markus, 1899. D'après Épiphane et Cyrille de Jérusalem, la maison de Marie serait restée intacte lors de la destruction de Jérusalem par Titus et aurait servi plus tard d'église.
Nous ne savons à peu près rien sur Marie, mère de Jean-Marc; elle devait être veuve puisqu'il n’est pas parlé de son mari et elle était la tante de Barnabé, cousin, ἀνεψιός, Col. 1v, 10, de son fils. Elle possédait une vaste maison, puisque de nombreux fidèles y étaient assemblés. Des exégètes ont identifié cette Marie avec celle que Paul salue dans son épître aux Romains, xvr, 6. Marie ou son fils Jean-Marc ont dù raconter cet événement à Luc. τῆς μητρὸς Ἰωάνου τοῦ ἐπικαλουμένου Mépxov. À son nom juif Ἰωάνης, a été ajouté le proenomen Marcus, dont la forme correcte est Maarcus, ainsi qu’il ressort de l'accent circonflexe sur l'a, Mäpzoc, et des inscriptions grecques et Lu Bzass-DEBRUNNER, p. 41. LAGRANGE, p. xvin. Sur Marc, cf. xv, 29.
οὗ ἦσαν ἱχανοὶ συνηθριοσμένοι καὶ προσευχόμενοι : cette te Dériphrastiqne marque la continuité de l’action : le sujet est un adjectif, sans l’article, faisant fonction de sub- stantif; la Peschitto complète le renseignement en ajoutant ἀδελφοί. Des fidèles en assez grand nombre étaient assemblés dans la maison de Marie et priaient probablement
= pour demander la délivrance de Pierre; cf. xn, 5. Il était dans l’usage des fidèles de se
réunir la nuit pour prier, par crainte des Juifs, et plus tard des autorités romaines; et aussi parce que le travail du jour était terminé; cf. xx, 7, 12; cette réunion était privée et n'était pas la réunion des agapes, puisqu'il n’y avait aucun apôtre où presbytre pour la présider. Ÿ 17, Pierre ordonne d'annoncer ce qui s'était passé à Jacques et aux frères.
Ÿ 13) χρούσαντος δὲ αὐτοῦ τὴν θύραν. χρούω est classique dans ce sens : heurter à la porte, Xénornon. Luc dans son évangile emploie troïs fois χρούω sans ajouter θύραν. τὴν θύραν τοῦ πυλῶνος : πυλών signifie grande porte, porche, vestibule; θύρα serait donc la porte du porche qui de la rue introduisait dans la cour intérieure de la maison. Ce détail prouve l'importance de la maison. La Vulgate a traduit ostium januae, ce qui supposerait une petite porte dans la grande. La version latine de D traduit ; januam foris, la porte extérieure. προσῆλθεν παιδίσχη une jeune servante s’avança de la partie inté- rieure de la maison vers la porte du porche pour écouter; ὑπαχούσαι, infinitif aoriste de ὑπαχούω, terme classique, prêter l'oreille à celui qui frappe; par extension, ouvrir la porte. ὑπακούω est plus expressif que ἀχούω et indique que le portier écoute attentivement pour reconnaître la voix et au besoin interroge avant d'ouvrir la porte. ὀνόματι Ῥόδη est séparé de παιδίσχη pour ne pas trop éloigner de son verbe l'infinitif de but, ὑπαχοῦσαι. ὀνόματι Ῥόδη : la jeune servante avait pour nous Rhodé : Ῥόδη, plus souvent Ῥόδα dans les inscriptions, se retrouve aussi dans les misthes et les comédies, Brass; ce nom était donné souvent aux esclaves. Ῥόδη : ce nom grec n’exclue pas l’origine juive de la servante; on trouve dans les inscriptions des femmes juives du nom de Rosa, C. I. L. 1x, 6219. ‘Péèn est une contraction de ῥόδεα, buisson de roses, rosier, rose. Les Juifs aimaient à donner à leurs filles des noms de fleurs ou de plantes : Susannah signifie lys; Esther, myrthe; Tamaï, palmier.
Les éxégètes croient que d'ordinaire l'office de portier, θυρωρός, était confié aux
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ACTES DES APOTRES, χαι, 12-15. ea 367. à
maison de Marie, mère de Jean, surnommé Mare, où plusieurs étaient assemblés et priaient. 13. Or, D. il eut heurté à la porte du porche, une jeune. servante du nom de Rhodé s’avança pour écouter 14 et ayant reconnu la
voix de Pierre, dans sa joie, elle n’ouvrit pas la porte, mais elle courut 4 annoncer que Pierre était devant le porche. 15. Et ils lui dirent : Tu es folle. δὴ Mais celle-ci maintenait fermement qu’il en était ainsi. Et ils disaient : C’est femmes, ainsi qu’il ressort de Jean, xvinr, 16. Preuschen, au contraire, affirme que les ᾿ esclaves femmes ne remplissaient cet office qu’exceptionnellement, Comme la scène Ἢ eut lieu la nuit, Rhodé n'était pas la portière attitrée, maïs ainsi que l'indique παιδίσχη, νὰ dans l’article, une esclave quelconque, chargée, cette nuit, d'ouvrir la porte. : ‘ à
Ÿ 14) ἀπὸ τῆς χαρᾶς : cf. Le. xxiv, 41. ἀπό indique quelquefois l’idée de cause : τῆς, ; l’article indique la joie particulière que Rhodé éprouva à l'audition de la voix de à Pierre, εἰσδραμοῦσα, participe aoriste 2 de εἰστρέχω, entrer en courant. Émue de joie et Ἵν
τ LA ef
désireuse d'annoncer de suite la bonne nouvelle de l’arrivée de Pierre, la jeune servante se précipite pour annoncer la présence de Pierre devant la porte d'entrée, πρὸ τοῦ πυλῶνος ; πρό avec l’idée de place se trouve quatre fois seulement dans le N, T., dont
trois fois dans les Actes. ἐστάναι, infinitif parfait : forme syncopée pour ἑστηχέναι; cf. δ᾽ I Cor. x, 12. Dans sa joie et dans sa précipitation Rhodé n’ouvrit pas la porte du porche. ὯΝ La vivacité et la réalité des détails de ce récit indiquent un témoin oculaire, peut ‘1 être Marc, qui aurait assisté à la scène, ou Barnabé qui était de la famille. Ἃ Υ 15) Les assistants, ainsi qu'il est naturel, n’ajoutèrent pas foi à la parole de Rhodé υ ἢ
et la traitèrent de folle. μαίνῃ, pour μαίνει, présent indicatif, 2° personne de μαίνομαι, être fou, insensé; locution familière. à dé, mais celle-ci; dé est adversatif; διϊσχυρίζετο ici seulement et dans Luc, xxu, 59, imparfait moyen de διϊσχυρίζομαι, affirmer ou soutenir avec force, maintenir fermement : probum verbum atticum, Brass. Après διΐσχυοίζετο, verbe d’affirmation, Luc, suivant l’usage, emploie la proposition affirmative, οὕτως ἔχειν; le sujet de l’infinitif, τοῦτο, est supprimé, parce qu'on peut le suppléer facilement. ὃ ἄγγελός ἐστιν : devant l'affirmation soutenue de Rhodé, les assistants croient à la réalité du fait et affirment que c’est l'ange de Pierre. D (Pesch.) ajoutent τυχόν avant 6 ἄγγελος : par hasard, peut-être c’est son ange. L'expression est bien dans la situation et pourrait être authentique. Les assistants n'ont pas voulu dire, en employant ἄγγελος dans son sens ordinaire, c'est son messager, puisque la servante ἃ reconnu la voix de Pierre. Ils n’ont pas voulu dire non plus : c’est son esprit, car les Juifs ne croyaient pas que l'esprit d’un homme quittât son corps avant la mort et même après la mort de celui-ci. Ils ont voulu parler de cet être surnaturel qui, dans la croyance du temps, accompagnait chaque homme pour le garder, le protéger contre les mauvais esprits; Cf. Gen. xzvur, 16; Judith, xt, 20; Tobie, 1v, 21; c’est cet ange qu'a chaque enfant, Mt., xvin, 10. Cf. Carysosrome, Hom. xx.
D'après Loisy, « l'ange est, à l'égard de l’homme, une sorte de double, son bon génie assurément, mais son génie, sa personnalité supérieure, qui, en apparaissant, lui est semblable et qui, à l'ordinaire, est comme son moi incorporel. Gette notion de l'ange propre à chacun ressemble fort à celle de la /ravashi dans la religion de tre cf. Bousser, Religion des Judentums, 2° Aufl. p. 373. » Voici le texte : « Der Schutzengel oder das δαιμόνιον des einzelnen Menschen ist ursprünglich nichts anderes als derjenige Bestand der nach dem Tode — als Gespenst — von ihm übrig bleibt und als solches als ein Wesen von fremder, wunderbarer, oft heimtückisher Art mit religiôser Verehrung umgeben wird. Aus dieser Vorstellung erwächst die merkwürdige
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09, ACTES DES APOTRES, χα, 15-18.
Δ € SA 4 4 . 2 ἔλεγον Ὃ ἄγγελος ἐστιν αὐτοῦ. 16. ὁ, δὲ Πέτρος ἐπέμενεν upolwv ἀνοίξαντες, à Se ᾽ οἵ εἶδαν αὐτὸν χαὶ ἐξέστησαν. 47. χατασείσας δὲ αὐποῖς, τῇ, χειρὶ συγᾶν διηγήσατο αὐτοῖς
Idee von einem wunderbaren (himmlischen) Doppelgänger der Menschen, einem zweiten hôüheren Ich, das nicht der Mensch selbst ist und doch mit diesem in auflüslicher Verbindung steht ». D’après Weber, Die jüdische Theologie, p. 171, chaque homme ἃ un ange qui le protège contre les bons et les mauvais esprits, Targ. Jerus. 1. À cette époque, les Juifs croyaient que chaque homme avait un ange qui le protégeait et que cet ange pouvait prendre la forme et la voix de celui qu'il gardaït, Laicurroor, Horae hebr. Ὁ. 456 8. Cette idée était plus ou moins répandue chez les peuples anciens. Rappelons le double des Égyptiens, le δαίμων γενέθλιος des Grecs, le genius des Latins. Cependant, B. Weiss affirme que l’idée qu'un ange gardien prend la voix de son protégé n’est pas établie par d’autres textes que celui-ci, ÿ 15. ἢ pouvait seulement apparaître pour appeler les amis de son protégé à son secours. La théologie catholique, puisant sa doctrine dans les Livres saints, nous a donné la vraie notion de l’ange. Les anges sont des êtres spirituels que Dieu a créés pour sa gloire et son service. Quelques-uns d'entre eux sont envoyés auprès de chaque chrétien pour les garder et les proteger. Cf. Tobie, 1v, 23, Mi. xvur, 10.
Ÿ 16) ἐπέμενεν, imparfait de ἐπιμένω, rester, persister, persévérer; χρούων, heurtant, attribut complémentaire du verbe est ici partie intégrante du sujet dont il indique l'état. Les écrivains classiques emploient avec le participe Les verbes qui signifient : je continue de, Vrreau, Il, p. 192. En français, sans cesser se traduirait par : avec insistance; le verbe ἐπέμενεν fait ici fonction d'adverbe; cf. J/n. vin, 7. ἀνοίξαντες, ce sont les frères qui vont ouvrir. D décrit plus vivement la scène : ἐξανοίξαντες δὲ καὶ ἰδόγτες αὐτὸν ἐξέστησαν. ἐξίσταμαι signifie littéralement être hors de soi.
Ÿ 17) χατασείσας δὲ αὐτοῖς τῇ χειρὶ σιγᾶν, χατασείσας participe aoriste de χατασείω, secouer, agiter, faire signe de la main pour commander le silence : τῇ χειρί peut donc être supprimé. À la vue de Pierre tous les assistants stupéfaits durent pousser des exclamations d'étonnement et d’admiration et lui adresser de nombreuses questions. Pour apaiser ce tumulte qui pouvait donner l'éveil aux voisins, Pierre leur ordonne de la main de faire silence et leur raconte.comment le Seigmeur l'avait conduit hors de la prison. Au lieu de σιγᾶν, D ἃ ἵνα σιγήσωσιν εἰσῆλθεν χαὶ διηγήσατο, paraphrase explicative. διηγήσατο, aoriste moyen de διηγέομαι, familier à Luc. ἀππαγγείλατε, souvent dans Luc. ᾿Ιαχώδῳ, à Jacques, celui qui prend la parole à la conférence de Jérusalem, xv, 13; cf. ce passage. χαὶ τοῖς ἀδελφοῖς : il n’y avait donc pas d'autre apôtre à Jérusalem, ἀδελφοί, joint à Ἰακῶδῳ désigne probablement les πρεσθύτεροι, qui formaient le conseil de celuici. B. Weiss pense que cette expression prouve que le-récit primitif ne savait rien d’une réunion des frères dans la maïson de Marie.
ἐξελθών, Pierre, étant sorti de la maison ou plus probablement de la ville, ἐπορεύθη εἰς ἕτερον τόπον, s’en alla dans un autre lieu. Luc ne dit pas quel fut le lieu où se rendit : Pierre : ne le savait-il pas ou le cache-t-il pour des raisons que nous ignorons ? B. Weiss croit que le lieu était indiqué dans la source; Wellhausen, Schwartz que dans la source était nommé Antioche. Il semble bien que Luc n'a pas voulu dire qu'il sortit de la maison pour aller dans une autre partie de la ville, bien que ἐξελθῴν, entendu au sens littéral, pût le signifier, mais que, pour échapper aux recherches d’Hérode, il quitta Jérusalem et les pays soumis à la domination de ce prince, c'est-
son ange. 16. Mais Pierre continuait à heurter, et quand ayant ouvert, ils le virent et ils étaient hors d’eux-mèmes. 17. Mais lui, leur ayant fait signe de
la main de faire silence, leur raconta comment le Seigneur l'avait conduit hors de la prison et il dit : Annoncez ces choses à Jacques et aux frères. Et étant sorti, il s’en alla dans un autre lieu. 18. Or, le jour venu, il y eut un
à-dire la Palestine. S’est-il rendu à Césarée, à Antioche, ou à Rome? Nous l’ignorons ; ce que nous savons, c'est que Pierre a fait des voyages de mission, I Cor.1x, 5.
Il est probable que Pierre, pour ne pas trop s'éloigner de Jérusalem, sortit seulement des états d'Hérode et se rendit à Antioche où il devait trouver un ample champ d’évangélisation dans une ville où la masse de la population parlait l’araméen comme lui. Il aurait fondé l’église d’Antioche, OrIGÈNE, Hom. 6 in Lucam; Jérôme, de viris illustr. 1 et il y aurait été sept ans évêque, Liber Pontificalis, p. 51. Mais à quelle époque a eu lieu cette fondation? Il n’a pas dû s’éloiguer très loin de Jérusalem, où nous allons le trouver un peu plus tard, ch. xv, 7.
Il est possible cependant, à l’aide de quelques textes anciens, d'établir d’une manière assez plausible que Pierre s’est rendu à Rome à cette époque. Il est certain que Pierre est allé à Rome. Il y est mort. Maïs auparavant n’y a-t-il pas fait un premier voyage ? D'après Eusèbe, Hist. eccl. II, 14, 6, Pierre était allé à Rome sous le règne de Claude, 41-54; Orose, Hist., VII, 6, est un peu plus précis : Exordio regni Claudii. D’après Eusèbe et Jérôme, ce voyage aurait eu lieu vers l’an 42-48. Or, Pierre a été emprisonné après l’an 41, date de l’intronisation d'Hérode par l’empereur Claude. Mais ce ne fut pas après l’an 44, puisque Hérode mourut cette année-là. La date du départ de Pierre pour un autre lieu flotte donc entre 42-44 et s'accorderait assez bien avec celle du voyage de Pierre à Rome d’après la tradition. On pourrait, il est vrai, se demander si celle-ci ne s’est pas appuyée sur le texte des Actes pour établir cette date.
Haec opinio non est doctrina Ecclesiae, et questio libere disputatur. Nec opinio illa necessaria est ad stabiliendam auctoritatem Romani pontificis; ad hoc enim sufficiunt haec tria, et haec certissima sunt : 1° Petrum a Christo insignitum fuisse primatu;
-20 primatum debuisse permanere post. ipsum (quamdiu erit Ecclesia, tamdiu erit ei fundamentum et princeps seu rector); 3° Petrum mortuum esse Romae, eumdem in ultimo vitae suae tempore sedem Romanam occupasse, unde consequitur neminem alium ipsi in primatu successisse quam episcopum Romae. CAMERLYNGK.
Faut-il rappeler la tradition d’après laquelle les apôtres auraient quitté Jéru-
salem douze ans après la mort du Sauveur, Harnack, 111, 32-33? Les dates sont trop -
flottantes pour que le terrain soit sûr. Cf. pour les références et la discussion des textes : FELTEN, p. 240; Fivcion, Dictionnaire de la Bible de Vicouroux, t. V, col. 373-374.
Sur l’historicité du récit de la délivrance de Pierre, cf. KNABENBAUER, p. 214. Excellit tota haec narratio mira ἐνεργείᾳ, neque recte dubitari posse videtur, quin per Marcum ab ipso Petro venerit; ita sunt omnia majora minoraque accurate praescripta, BLass.
Ÿ 18) γενομένης δὲ ἡμέρας, génitif absolu; expressions analogues, Ze. 1V, 42; vi, 13; xx, 66. Le jour venu, il y eut un grand tumulte parmi les soldats recherchant Pierre et s’alarmant de sa disparition. ἣν τάραχος, xx, 23, pour l’attique ταραχῆ. οὖχ ὀλίγος, litote ; 8 fois dans les Actes seuls; cf. χιχ, 23. ἐν τοῖς στρατιώταις : est-ce parmi les soldats des quatre escouades ou seulement ceux de la dernière veille? τί ἄρα, quoi donc? ἄρα intensifie τί; 6 Πέτρος ἐγένετο, Pierre était devenu. Le pronom indéfini introduit l'interrogation après les verbes signifiant demander, se demander. Même expression, Le, 1, 66. Par.2
Se
pr. nie ν
Le , ᾽ 55. 7. ΡΣ ΐ ΄ » € ἦν τάραχος οὐχ ὀλίγος ἐν τοῖς στρατιώταις, τί ἄρα ὁ Ἡρῴδης δὲ ἐπιζητήσας αὐτὸν nai μὴ εὑρών, ἀναχρίνας τὸ
o τες Βλάστον τὸν ἐπὶ τοῦ “xouüvos τοῦ βασιλέως ἠτοῦ ἰ
vro εἰρήνην, διὰ τὸ
ajoute : aut quomodo exisset. Ceci nous:décrit l'anxiété des soldats au sujet de leur prisonnier et cette anxiété s'explique, car, d’après la loï romaine, les gardes répondaient
de leur prisonnier et s'ils le laissaient échapper ils subissaient la peine à laquelle
celui-ci aurait été condamné, Codex Just, 1x, 4, 4.
On peut s'étonner que les gardes se renouvelant toutes les trois heures, on ne se
soit pas aperçu avant le jour 46 la disparition de Pierre. Maïs on peut supposer 48 la relève des gardes se fit à la dernière veille de la nuit, bien que la suite du récit, visite à la maison de Marie, fuite dans la ville, y semble opposée. Le plus simple est de voir dans cette expression, γενομένης ἡμέρας, une formule approximative ou déscriptive et non une précision.
Ÿ 19) ἐπιζητήσας, participe aoriste de ἐπιζητέω, rechercher, plus expressif que ζητέω.. χαὶ μὴ εὑρών; μή pour οὐ, à cause du participe. ἀναχρίνας, de ἀναχρίνω, interroger, juger, se dit surtout d'une enquête juridique, 1v, 9; xxiv, 8; Le. xx, 14, Hérode interroge probablement seulement les quatre soldats qui étaient chargés de garder Pierre, au moment de sa disparition. Mais savait-on à quel moment Pierre avait disparu ? Ce sont des précisions que nous ne sommes pas en mesure de donner. ἐκέλευσεν ἀπαχθῆναι : Hérode ordonna de les conduire au supplice. ἀπαχθῆναι, infinitif aoriste passif
de ἀπάγω, emmener; quelquefois traîner en prison où au supplice, Le. xxn, 26. Le châtiment infligé aux soldats a-t-il été la prison ou la mort? ἀπαχϑῆναι serait, d’après. Kypke, la vox solemnis, pour désigner la mort. Le codex de Bèze l’affirme nettement :
ἐχέλευσεν ἀποχτανθῆναι : inf, aor. passif de ἀποχτείνω, tuer, faire périr; cf. Poryge, 7, 7. Cependant, dans la Genèse, xxxix, 22; χι, 3; xLn, 16, ἀπαχθῆναι signifie envoyer en prison.
On ne pouvait rien prouver contre les soldats : tout prouvait au contraire qu'ils étaient innocents. S'ils avaient favorisé la fuite de Pierre ou avaient fait échapper celui-ci, ils ne seraient pas restés dans la prison et comme dit saint Chrysostome, Hom.
ΟΧΧΥΙΙ, 1 : διὰ τί οὖν μὴ καὶ αὐτοὶ ἔφυγον ; mais pour ne pas reconnaître que Pierre avait été miraculeusement délivré et pour sauver la face devant les Juifs, Hérode accuse:
les gardiens de négligence et de complicité et les fait mettre à mort ou en prison.
χατελθών : Hérode descend de la Judée, au sens strict et va à Césarée, sa demeure ordinaire. Nous ne savons pourquoi il quitta subitement Jérusalem pour célébrer la Pâque et où il aimait à séjourner. Peut-être Hérode est-il retourné à Césarée pour échapper aux embarras que lui causait la disparition de Pierre, ou s'y était-il rendu pour régler le différend qui s’était élevé entre lui et les Tyriens et aussi pour y célébrer les fêtes qu'il donna en l’honneur de Claude, au retour de son expédition avortée: de Bretagne. διέτριόεν, de διατρίόω, séjourner, demeurer, xv, 35. Hérode demeura à Césarée 16 temps qui s’écoula entre la délivrance de Pierre et sa mort. Césarée était hors de la Judée proprement dite, mais faisait partie du royaume d'Hérode.
ÿ 20) Luc et Josèphe ont raconté la mort d'Hérode Agrippa Ie"; il est bon de mettre
en face les deux récits, car de la comparaison il ressortira que l’auteur des Actes
était bien instruit des faits, mais qu'il ne dépend en rien de l'historien juif. Loin de lui avoir emprunté quoi que ce soit, il est même plus complet que lui.