CHAPITRE XIII
xt, 1. Ἦσαν
τ ᾽ ; , 3 δὲ ἐν ᾿Αντιοχείᾳ χατὰ τὴν οὖσαν ἐχχλησίαν προφῆται χαὶ διδάσχαλειν \ ΄ # = , ΄ ὁ τε Βαρνάθας nat Συμεὼν ὁ χαλούμενος Νίγερ, at Λούχιος ὁ Κυρηναῖος, Μαναήν τε
Quelle que soit la leçon adoptée, il ressort du texte que Barnabé et Saul étaient encore à Jérusalem après la mort d'Hérode, en l’an 44. Cela s'accorde avec le récit de Josèphe qui raconte qu'en ces temps-là, ἐπὶ τούτοις, au temps de la mort d'Hérode, il y eut une grande famine, Ant. jud., XX, 5, 2. Il précède la date en plaçant la famine au temps où Tibère Alexandre était procurateur de Judée, de 46 à 48. D’après Orose, vu, 6, la famine eut lieu la quatrième année du règne de Claude, c'est-à-dire en 44, mais la chronologie d’Orose est quelquefois artificielle. Probablement la famine eut lieu en 46, peut-être en 45. Il est à croire que les fidèles d’Antioche, en prévision de cette famine qui s’annonçait avaient envoyé d'avance Barnabé et Saul, à Jérusalem, pour venir en aide à la communauté hiérosolymitaine. Si la venue des députés eut lieu
avant la mort d'Hérode, χι, 29, 30, on peut supposer que leur office de distributeurs de
blé s’étendit à un certain temps, puisque, semble-t-il, les apôtres étaient absents de Jérusalem à cette époque. πληρώσαντες τὴν διαχονίαν, indique que leur action est ter- minée, mais πληρόω au sens d'accomplir, perficere, se retrouve dans le N. T. mais non chez les écrivains classiques. διακονία signifie non seulement un ministère personnel et continu, 1, 17; vi, 4, etc., mais aussi le don qui est fait aux saints de Jérusalem, II Cor. vint, 4, 9, la collecte pour les assister, Rom. xv, 31. = . Après Σαῦλος, Harkl. (mg.) Par.? ajoutent ὁ ἐπιχαλούμενος Παῦλος. Par.? donne aussi Παῦλος au ch. ΧΠΙ, 2. Ge ne serait donc pas en Chypre que Saul aurait reçu pour la première fois le sermon de Paul, ΧΠῚ, 9.
συνπαραλαθόντες, ayant pris ensemble, comme compagnon, ’Iwéynv τὸν ἐπιχληθέντα Méprov, Jean surnommé Marc. Il pouvait leur être très utile dans l’œuvre missionnaire qu'ils avaient certainement en vue; il connaissait le grec et en outre était très au courant de la tradition évangélique qu'il avait apprise de la bouche de Pierre. Il était cousin ou neveu de Barnabé, Col. 1v, 10, et il est à croire que Barnabé et Saul pendant . leur séjour à Jérusalem avaient logé dans la maison de sa mère. τὸν ἐπιχληθέντα Μάρχον : le participe est toujours entre l’article et le nom. Le participe aoriste passif indique que ce fut à ce moment que Jean a été appelé Marc. Ailleurs, χα, 12; xv, 37, Luc se sert de ἐπιχαλούμενος, indiquant qu'il était déjà connu sous ce nom de Marc. Sur Mare, CÉPxXY, 39.
TROISIÈME PARTIE : EXTENSION DE L'ÉVANGILE DANS LE MONDE PAIEN, χπὶ, 1 — xxvinr, 31.
Dans cette troisième partie sont racontés I, la mission de Barnabé et de Saul dans 1116 de Chypre, χα, 1-12; 11, la mission de Paul et de Barnabé dans la Galatie méridionale, χπὶ, 13-x1v, 28; III, la conférence de Jérusalem, xv, 1-35; IV, le second voyage missionnaire de Paul, xv, 36-xvurr, 22; V, le troisième voyage missionnaire de Paul, xvnr, 23-xx1, 16; VI, Paul à Jérusalem et à Césarée, χχι, 17-xxvi, 32; VII, voyage de Paul, de Césarée à Rome xxvu, 1-xxvut, 168; VIII, Paul à Rome, xxvinr, 16b-31,
1. ΧΠΙ, 1-12. LA mIssION DE BARNABÉ ET DE SAUL DANS L'ILE DE CHYPRE.
Luc commence ici l'exposé d'une nouvelle phase du développement de l’Église chrétienne, Jusqu'à ce chapitre il avait raconté surtout la naissance de celle-ci et
CHAPITRE XIII ΧΠΙ, 1. Or il y avait à Antioche, dans l’église qui était [là] des prophètes et des docteurs : Barnabé, Siméon appelé Niger, Lucius le cyrénéen, Manahen,
son établissement à Jérusalem, et dans la Judée et la Samarie; il avait montré qu’elle était née au sein du Judaïsme, que les fidèles étaient d’abord des Juifs et par occasion des païens, l'eunuque de la reine d’Éthiopie et le centurion Corneille; il va poursuivre maintenant l’histoire du christianisme et montrer son expansion à travers l'empire romain, en racontant la conversion des gentils. Ainsi s’accomplissait la parole du Seigneur : les apôtres devaient être les témoins de Jésus-Christ jusqu'aux extrémités de la terre.
Il n’y a pas lieu de supposer que Luc s’est servi ici d’un nouveau document : le chapitre ΧΠῚ se relie intimement au chapitre précédent. Barnabé et Saul reviennent à Antioche, accompagnés de Marc, χα, 25 etnous les retrouvons, xu1, 1, 5 dans cette ville; il y ἃ d’ailleurs déjà été question 6 fois d’Antioche dans le chapitre xr. Cependant plusieurs critiques ont pensé que le récit est emprunté à une source nouvelle, à un document basé sur la narration de leur voyage qu'ont faite à Antioche les deux missionnaires, xtv, 27 ou sur le récit qu'ont fait Barnabé et Paul des miracles que Dieu avait faits par leurs mains au milieu des païens, xv, 12. Les discours de Paul, x, 16- 42; 46-47; χιν, 15-17 proviendraïient donc de Paul lui-même. D’autres critiques enfin rattachent ce récit à la source d'où dérivaient déjà νι, 1-vin, 3; x1, 19-21, 26b, 27 5. Le passage xu1, 1-3 se rattache formellement à xr, 27.
Zahn, Die Urausgabe der Apostelg. des Lucas, p. 280, Ÿ 1-3, établit le texte, de la façon suivante : ἦσαν δὲ ἐν τῇ ἐχχλησία προφῆται al διδάσχαλοι Βαρνάδας χαὶ Dabhos, οἷς ἐπέθηχαν τὰς χεῖρας οἱ προφῆται Συμεὼν ὁ καλούμενος Νίγερ καὶ Λούχιος Kupnvatos, ὃς μένει ἕως ἄρτι, χαὶ Τίτος [Ἀχτιοχεὺς] Μαναήν τε ἱΠρῴδου τοῦ τετράρχου σύντροφος, οἵτινες ἐχρηματίσθησαν ὑπὸ τοῦ Πνεύματος τοῦ ἁγίου ὅθεν εἴπον᾽ ἀφορίσατε δή μοι τὸν Βαρνάδαν χαὶ Σιαῦλον εἰς τὸ ἔργον ὃ προσχέχλημαι αὐτοῦς. Le passage des Actes, χπὶ, 1, présenté ainsi, ne se trouve dans aucun manuscrit du N. T., de type oriental ou occidental, Zahn l’a emprunté à un passage d’un écrit anonyme : Prophetiae ex omnibus libris collectae, publié par le P. Amelli, dans les Miscellaner Cassinen, 1897. Le voici tel que le reproduit Zahn, après en avoir corrigé les fautes, p. 80 : Erant autem in ecclesia prophetae et doctores Barnabas et Saulus, quibus inposuerunt manus prophetae Symeon, qui appellatus est Niger, et Lucius Cyrenensis, qui manet usque adhue, et [Antiocensis Titus Manaenque Herodis tetrarchae] conlactaneus, qui acceperant responsum a spiritu sancto; unde dixerunt : Segregate mihi Barnaban et Saulum (in opus), quo vocavi eos. Quibus impositis manibus dimi-
serunt eos et abierunt. Ce texte ne présente aucun caractère d'authenticité, pas plus
au point de vue interne qu’externe.
Υ 1, Ἦσαν δέ : EGH ajoutent τινες, omis par δ ABD 61 Vig. Pesch. Sah., etc. κατὰ"
τὴν οὖσαν ἐχχλησίαν : le participe de εἰμί est souvent employé dans les Actes pour introduire une phrase technique ou un terme ayant une signification technique, v, 17; χιν, 13. Le sens littéral de χατὰ τὴν οὖσαν ἐχχλησίαν serait : dans la communauté étant là, ἐκεῖ,
sous-entendu, l’église locale à Antioche, ou, avec le sens distributif de κατά : à Antio-
che, dans chaque communauté y étant. Ce second sens paraît peu probable. Le nouvel
état de la communauté à Antioche est ainsi marqué : ce n'était plus une simple réu-
nion de fidèles, mais une église qui était à Antioche; elle avait la constitution des
églises de ce temps-là. ἐν Ἀντιοχείᾳ est placé en tête de la phrase pour marquer son
importance et surtout son rôle dans les futurs voyages de mission.
Ζ ne
Ἥρφδου τοῦ de σύντροφος nat Σαῦλος. 2. λειτουργούντων δὲ αὐτῶν τῷ χυρίῳ
τχαὶ γηστευόντων εἶπεν τὸ Πνεῦμα τὸ ἅγιον᾽ ᾿Αφορίσατε δὴ μοι τὸν Bapvdbav χαὶ
προφῆται χαὶ διδάσχαλοι : d'après Paul, I Cor. xn, 28, Dieu a placé dans l’Église en
premier lieu, les apôtres ; en second lieu, les prophètes; en troisième lieu, les docteurs.
Mais comme à Antioche il s’agit d’une église établie, il n'y a pas des apôtres, ceux-ci étant itinérants par leur fonction.
Sur les prophètes, cf. x1, 27. Le docteur, διδάσχαλος, est celui qui enseigne la doctrine
“évangélique, mais quoiqu'il enseigne une doctrine révélée il ne parle pas directement
-sous l'inspiration du Saint-Esprit, comme le prophète. D'après I Cor. xu, 28, 29, tous ‘les prophètes n'étaient pas docteurs et réciproquement; ils sont distingués les uns des autres. Les deux charismes pouvaient être réunis dans la même personne, témoin Paul. Le prophète d’ailleurs à certaines heures parlait sous l'inspiration de l’Esprit-Saint; à d’autres, il pouvait enseigner comme docteur. Mais le sens de ces termes, προφῆται : καὶ διδάσχαλοι, peut être général et indiquer simplement des hommes inspirés de l’Es- prit-Saint pour enseigner la doctrine qui leur était révélée, ou bien ces prophètes et
ces docteurs possédaient dans l'Église une sorte de fonction, ainsi qu’il ressort de Ephé-
“siens, ιν, 11 et de 1 Cor. xn, 28. IL faudrait admettre que dans la jeune église -d’Antioche la constitution ecclésiastique était déjà arrivée à ce degré de formation. Remarquons la façon dont sont énumérés ces divers personnages : ils sont divisés en deux groupes : ὃ τε βαρνάδας καὶ Duuebv…., χαὶ Λούχιος — Μαναήν τε χαὶ Σιαῦλος. Quelle -est la raison de cette division? On a supposé que les premiers étaient des prophètes -etles seconds, des docteurs; mais Barnabé enseignait, 1x, 26, tout aussi bien que Paul
et celui-ci était aussi un prophète, I Cor. xiv, 6. Il est vrai qu’à l’époque où nous
-Sommes il pouvait ne pas être encore prophète. En fait, il est probable que tous ces personnages étaient prophètes et docteurs. Quant à la raison de leur séparation -en deux groupes, nous l’ignorons; il n’y en 2 peut-être point.
Parmi ces prophètes et docteurs, Barnabé nous est connu; cf. 1v, 36. Des autres, nous ne savons que ce qui nous en est dit ici. Συμεὼν 6 καλούμενος Νίγερ : c'était un juif -ainsi que l'indique son nom. Rien ne prouve qu'il faille l'identifier avec l’homme de Cyrène, du nom de Simon, qui porta la croix du Seigneur, Mr. xxvu, 32, ou qu'il ait reçu le surnom de Niger à cause de la couleur sombre de sa figure, qui dénoterait un Africain. Ce surnom était fréquent chez les Latins. Aobxtos 6 Κυρηναῖος n’est pas à iden- “fier avec Luc l'évangéliste. Λούχιος et Λουχᾶς sont des noms tout différents, à moins d'admettre avec Ramsay que Λουχᾶς vient du latin Lucius, en grec Δούχιος, Ce Lucius -était probablement un de ces chrétiens de Cyrène qui, les premiers, préchèrent. d'Évangile à Antioche, xr, 20. Il ne serait pas impossible qu'il fut ce Λούχιος dont Paul envoie les ΠΝ τὰν aux Romains, xvi, 21. Mavañv, en hébreu, Manahen ou Manachem, consolateur ; il était σύντροφος ‘Hpudou τοῦ τετραάρχου. Le seul des Hérode qui ait. porté uniquement ce titre de tétrarque est Hérode Antipas, fils d'Hérode le Grand, qui fit décapiter Jean-Baptiste, Mc. vi, 14-22 et qui se moqua de Jésus, Le. xx, 8. σύντροφος signifie frère de lait ou élevé avec quelqu'un ou familier, On rappelle que
-Josèphe Ant. Jud, XV, 10, 5, parle d’un Manaen, essénien, qui prédit à Hérode enfant
qu'il serait roi des Juifs. En souvenir de cette prédiction, Hérode favorisa la secte des Esséniens. Il est possible qu'il ait donné pour compagnon à son fils Antipas le fils ou je neveu de ce Manaen. Le Manaen des Actes a dû être un personnage considérable, attaché à la cour du tétrarque Hérode. Deissmann, Bibl. Studien, p. 173; 178-181, prouve que σύντροφος était un titre de la cour royale, ainsi que l'indique une inscription -de Délos, première moitié du ne siècle avant Jésus-Christ : Héliodore, probablement “un Antiochien, y portait le titre honorifique de σύντροφος τοῦ βασιλέως Σελεύχου Φιλοπάτορος.
frère de lait d'Hérode le Tétrarque et Saul. 2. Comme ils célébraient le service [public] au Seigneur et qu'ils jeûnaient, l’Esprit-Saint dit : Mettezmoi à part (Séparez-moi) Barnabé et Saul pour l’œuvre à laquelle je les ai
Zaÿlos est nommé le dernier, probablement parce qu'il était le dernier venu. Barnabé ἃ été nommé le premier comme délégué de l'église mère de Jérusalem.
Ÿ 2) λειτουργούντων δὲ αὐτῶν τῷ Kuptw; littéralement : ceux-ci {les prophètes et les docteurs) faisant service au Seigneur, Jésus probablement. Le participe présent indique que c’est dans le cours du service que se produisit la manifestation de l'Esprit- Saint. Aerroupyéw signifie remplir un emploi public; il vient de λειτουργός: * râcine, λήϊτος, dialecte ionien : public, qui appartient au peuple et ἔργον, travail. Chez les Grecs il désignait le service rendu à l'état par un particulier, tel que affrètement d’un navire de guerre. Dans l'A. T. il désignait le service sacré que prêtres et lévites rendaient à Dieu, Ex. xxvin, 85; Nomb. 1v, 39; Ez. xe, 46; Jud. 1v, 14. Dans 16 N. T. λειτουργέω, λειτουργία sont employés dans le même sens : le service de Zacharie dans le Temple est appelé λειτουργία, Le, τ, 23; dans l’épître aux Hébreux, x, 11, tout prêtre se tient debout
chaque jour pour officier. Paul parle aux Philippiens du service de leur foi, τι, 17 et
d'Épaphrodite, le serviteur, λειτουργός, de ses besoins, 11, 25. Pour Paul, les magistrits
étaient les λειτουργοί de Dieu, Rom. xin, 6 et lui-même τοῦ le λειτουργός du Christ Jésus chez les gentils, Rom. xv, 16. Enfin, la collecte pour les pauvres de Jérusalem était une λειτουργία, II Cor. 1x, 12. Cf. Rom. xv, 27. Deissmann, Bibl. Studien, p. 137, cite des papyrus préchrétiens, 165 av. J.-C. où les termes λειτουργέω et λειτουργία sont d'usage commun au sens cérémoniel. Les services au Sérapéum étaient désignés par ces mots.
Il s'agissait ici d’un service public rendu au Seigneur (Jésus). Il embrassait donc l'ensemble du culte, tel qu'il était pratiqué dans les premiers temps de l'Église, et comprenait la prière, la prédication, les chants (psaumes, cantiques) la prophétie, peut-être la glossolalie et ce qui était la partie essentielle dans le culte chrétien, la cène eucharistique. Dans la Didachè, xv, 4, il est parlé de La λειτουργία τῶν προφητῶν ani τῶν διδασχάλων; Cf. CLÉMENT Romain, xuiv, ὃ; HErmas, Sim. 1x, 27, 3. Ce groupe de termes, λειτουργέω, λειτουργία, λειτουργός, λειτουργιχός se trouvent seulement dans Luc, Paul, l’épitre aux Hébreux. — τῷ Κυρίῳ : l'addition de ce mot à λειτουργούντων prouve qu'il ne s'agissait pas ici seulement de prières et de prédication, mais d’un culte qui devait être rendu par des personnes spécialement destinées à sa célébration. La priere, dans le N.T., est désignée par le terme προσεύχεσθαι, νηστεύσαντες καὶ προσευξάμενοι du ÿ suivant établissent d'ailleurs une distinction avec λειτουργούντων χαὶ νηστευόντων, αὐτῶν désigne proprement les prophètes et les docteurs nommés auparavant et qui remplissent ici la λειτουργία. Les fidèles n’en sont pas exclus; sans la célébrer, à proprement parler, ils y prennent part. — νηστευόντων : à la célébration de la λειτουργία est adjoint le jeûne, Les Juifs pieux jeünaient deux fois par semaine; les chrétiens jeünèrent aussi deux fois par semaine, mais non le même jour que les Juifs : ils jeünaient le
mercredi en expiation de la trahison de Judas et le vendredi en souvenir du crucilie= :
ment de Notre-Seigneur.
Dans l'acte important de la vie chrétienne, le baptème, le baptisant, le baptisé, et ceux qui le pourront, jeüneront, Did. vu, 4, il convenait donc qu'avant d'envoyer Barnabé et Saul prêcher l'Évangile aux gentils, les prophètes et les docteurs, jeünassent aussi. 11 est probable que les fidèles, qui assistaient à la λειτουργία, avaient jeûné avec les prophètes et les docteurs pour demander les lumières et la direction de r Esprit- -Saint, |
εἶπεν τὸ Πνεῦμα τὸ ἅγιον : L'Esprit-Saint est l'Esprit du Christ, qui parle en son nom
« É Le, ἢ
par la bouche de ses prophètes. Et quand l’Esprit-Saint dit : Séparez-moi Barnabé et Paul, etc., c’est le Christ qui, par l'organe de l’Esprit-Saint, donne ses instructions pour l’œuvre qu'ils vont accomplir en son nom. ἀφορίσατε, de ἀφορίζω, mettre à part, séparer. Paul emploie le même terme, Gal. 1, 15, pour affirmer qu'il a été séparé, mis à part, pout prêcher l'Évangile de Dieu, Rom. 1, 1. δή, certes, agedum, ‘est ajouté à ἀφορίσατε pour donner plus de force à cet ordre et indiquer qu’il doit être exécuté immédiatement. δή est une particule emphatique exprimant l'urgence de l'ordre. Felten pense qu’elle indique que cet ordre : ἀφορίσατε, répond à la prière des fidèles. εἰς τὸ ἔργον ὃ προχέχλημαι: 6 est mis pour εἰς ὃ. προσχέχλημαι, parfait moyen : je les ai appelés pour moi. Est-ce que Dieu avait déjà appelé personnellement Paul et Barnabé et cet appel était-il maintenant répété en public? Vocatio aliqua ad Barnabam et Saulum
interna pervenerat; quae nunc per os aliorum reiteratur, ut hi quoque scirent voca-
tionem illorum, eique subscriberent, Bence. Le fait est certain pour Paul à qui Ana-
nias avait annoncé sa mission de témoin de Jésus devant tous les hommes, xx, 15 et à qui Jésus avait dit qu'il l'avait choisi du milieu du peuple pour l’envoyer chez les gentils afin de leur ouvrir les yeux, xxvi, 17 8. τὸν βαρνάδαν χαὶ Σιαῦλον : l’article détermine fortement les deux personnages, ce Barnabé et ce Paul.
Υ 3) τότε sépare ce qui suit de ce qui précède et indique d’autres actes de jeûne et de prières et une autre assemblée, mais qui eurent lieu peu après. νηστεύσαντες χαὲ προσευξάμενοι désignent-ils les prophètes et les docteurs seuls ou toute l’assemblée des fidèles? Après προσευξάμενοι D ajoute πάντες, ce qui ferait supposer qu'une assemblée générale des frères avait été tenue pour l’envoi des deux apôtres en mission; c'est probable, car soit ici, soit ÿ 1, la tenue d’une assemblée est supposée, mais cela ne prouve pas que tous les frères aient pris part à l'imposition des mains sur Barnabé et Saul, ἐπιθέντες τὰς χεῖρας αὐτοῖς. Luc a rassemblé ici trois actes, le jeûne, la prière et l'imposition des mains qui n’ont pas nécessairement été accomplis par tous, prophètes, docteurs et assistants. En fait, dans ce passage il n’est question que des prophètes et des docteurs; c’est à eux que sont attribués toutes les actions : ἤσαν ἐν Ἀντιοχείᾳ... προφῆται χαὶ διδάσχαλοι... λειτουργούντων δὲ αὐτῶν... χαὶ νηστευόντων... τότε νηστεύσᾶντες χαὶ προσευξάμενοι καὶ ἐπιθέντες τὰς χεῖρας αὐτοῖς. Des fidèles il n’est pas question. Nous avons supposé la présence des fidèles à ces divers actes, mais Luc les laisse de côté; il n’a en vue que les prophètes et les docteurs. Ils imposèrent les mains sur Barnabé et sur Saul. Quelle signification ou quel effet avait cet acte? Il a été beaucoup discuté à ce sujet.
Ecartons d’abord l'opinion de ceux qui y voient la consécration épiscopale, donnée à !
Barnabé et à Saul par l’imposition des mains de tous les assistants, prophètes, docteurs et fidèles. Faut-il supposer avec de nombreux auteurs, surtout des catholiques, qu'il s’agit là de l’ordination épiscopale conférée par les prophètes et les docteurs à Barnabé et à
Saul? Haec manuum impositio, cui praemiserunt jejunium et orationem, non est nuda
Caeremonia censenda neque vacuus quasi ritus; quare merito ibi agnoscunt sacram ordinationem ad munus episcopale. Nusquam enim, si mittamus parvulos quibus Salvator impositis manibus benedixit, in novo testamento deprecatoriae cujusdam impo-
sitionis manuum exstat exemplum : sed ubique imponuntur manus aut ad sanandum à
vel ad revocandum ad vitam (M4, 1x, 18; Mc, v, 23, etc.) aut ad sacrandum, Act. vi, 6: vin, 17; xIX, 6; I ΤΉ. 1v, 44; v, 22; 11 Tom. 1, 6. KNABENBAUER, p. 221. C’est, dit-on,
appelés. 3. Alors ayant jeûné et prié, et leur ayant imposé les mains ils les À
congédièrent.
4. Ceux-ci donc, étant envoyés par le Saint-Esprit, descendirent à Séleucie
l'opinion de saint Chrysostome et d'Ammonius, et après eux de saint Léon le Grand, Salmeron, Cornelius, Lapide, Beelen, Reischl, Bisping, Hake, Düllinger, Patrizzi, Felten, Kaulen, etc. et Prat, Saint Paul, p. 38.
Telle n’est pas l'opinion générale, même des catholiques. Suarez et Estius déclarent que cette imposition des mains indique simplement une intercession en faveur de Barnabé et de Saul. Le texte de saint Chrysostome ne dit pas nettement qu'il s'agit là de la consécration épiscopale : Χειροτονεῖται λοιπὸν εἰς ἀποστολήν, ὥστε μετ᾽ ἐξουσίας κηρύττειν, Ποηϊ. xxvu, 1. Barnabé et Saul ont reçu l'imposition des mains pour l’apostolat. Théophylacte confirme cette interprétation : Ἀφορίσατέ μοι εἰς τὸ ἔργον, tour” ἐστιν
ei ἀποστολήν, Cet apostolat, auquel font allusion Chrysostome et Théophylacte, est celui des apôtres — dont il est parlé dans les Actes, xiv, 14, dans Romains, xvr, 7 et dans la Didachè, χι, 3 ss. — dont la mission était d'enseigner la foi de communauté en communauté.
L’imposition des mains des prophètes et des docteurs était destinée à leur conférer la fonction de la prédication de la foi aux gentils. On appelait la bénédiction de Dieu sur leur mission et on leur imposait les mains pour qu'ils remplissent dignement cette charge. Cette interprétation nous semble ressortir nettement du passage où les Actes mentionnent le retour des deux apôtres, χιν, 26 : Kaxeïdev ἀπέπλευσαν εἰς Avruoyelav, ὅθεν ἦσαν rapadedomévor τῇ χάοιτι τοῦ Θεοῦ εἰς τὸ ἔργον ὁ ἐπλήρωσεν. C'est une allusion au ÿ 3. Barnabé et Saul avaient été confiés à la grâce de Dieu (par l’imposition des mains) pour l'œuvre qu’ils avaient remplie (la prédication de la foi chrétienne aux gentils). D'ailleurs, il semble bien difficile de croire qu'il s’agit ici de l’ordination épiscopale des deux missionnaires. Paul, en particulier, n’avait pas à être ordonné évêque puisqu'il était apôtre et par l'appel de Jésus-Christ. Quant à Barnabé, il avait les mêmes pouvoirs que ceux qui, dit-on, l'ont ordonné évêque, puisqu'il était prophète comme eux; Paul d’ailleurs aussi.
ἀπέλυσαν, aoriste indicatif de ἀπολύω, délier, renvoyer, donner congé, congédier, dimittere; αὐτούς, sous-entendu, conformément à l'usage classique. Les prophètes et les docteurs congédièrent les deux missionnaires et les confièrent à la grâce du Seigneur pour l’œuvre qu'ils avaient à accomplir, χιν, 25.
Ÿ 4) αὐτοὶ μὲν οὖν est emphatique. μὲν οὖν a pour corrélatif εἶχον dé, Ÿ 5, mais plutôt διελθύντες de, Ÿ 6. ἐχπεμφθέντες πὸ τοῦ ἁγίου Πνεύματος indique un envoi personnel du Saint- Esprit, cf. H Sam. χιχ, 21 et par suite la présence du Saint-Esprit conduisant les apôtres dans leur mission. Au lieu de ἐχπεμφθέντες Par.? ἃ egressi 6 sanctis. χατῆλθον : les missionnaires descendirent pour aller à la côte. Ils sont peut-être allés d’Antioche à Séleucie par eau : l’'Oronte était navigable à cette époque entre ces deux villes, STRABON, xvi, 2, 7. D emploie une tournure familière à Luc : καταδάντες dé.. ἀπέπλευσαν,
εἰς Delevxelay : Séleucie, à 8 kil. de l'embouchure de l’Oronte, était le port d’Antioche, située à 25 k. de la mer. Elle était bâtie aux pieds des contreforts méridionaux du Mont Pieria sous son nom de Σελευχεία ἣ ἐν Πιερίᾳ, pour la distinguer des autres Séleucie. Elle avait été fondée en l’an 300 par Seleucus Nicator et solidement fortifiée; elle était regardée comme la clef de la Syrie, Poryre, v, 58. Séleucie avait une grande importance comme emporium du commerce de l'Orient, et son port recevait les grands navires d'Égypte, de Phénicie, de Chypre, d'Asie mineure, de Grèce et Italie; aujourd’hui, il est ensablé.
ὁ. διελθόντες δὲ ὅλην τὴν νῆσον ἄχρι Ilépou εὗρον ἄνδρα τινὰ μάγον ψευδοπροφήτην'
De Séleucie les missionnaires firent voi. pour l’île de Chypre. Ils allèrent y prêcher l'Évangile, parce que c'était le pays païen le plus proche, qu’ils devaient y trouver des compatriotes et qu’enfin c'était le pays natal de Barnabé. Il y avait même probablement déjà des chrétiens dans cette île, puisque parmi les prédicateurs de la foi à Antioche on mentionne des Chypriotes, χι, 20.
L'ile de Chypre est située presque en face de Séleucie, à environ 96 k. de l’embouchure de l’Oronte et 65 k. de la côte de Cilicie. Elle a environ 210 k. de longueur sur 80 k. dans sa plus grande largeur. Elle consiste surtout en deux montagnes, allant d’est en ouest, séparées par une vaste plaine arrosée par le Pediacus. Elle était célèbre . dans l'antiquité pour sa fertilité; on y récoltait en abondance le vin, l'huile et le blé, STRABON, ΧΙΥ, 6, 4. Il s’y trouvait de riches mines de cuivre, et de belles forêts, Chypre ne forma jamais un royaume indépendant; toujours elle fut soumise à des nations étrangères, assyrienne, égyptienne, perse, grecque et romaine. Actuellement, elle est sous la domination des Anglais. Il y avait des Juifs en Chypre déjà au temps des Macchabées, I Macc, xv, 23 et beaucoup y furent attirés lorsque Auguste afferma les mines de cuivre à Hérode le Grand, Josirne, Ant. μιά, XVI, 4, 5. Ils s’y conduisirent fort mal; en l’an 417 ils se révoltèrent et massacrèrent 240. 000 de leurs concitoyens. Hadrien les bannit de l’île. La ville capitale de 1716 est Salamis; sur la côte orientale; les autres ports étaient, au sud Citium et Amathus, à l’ouest, Paphos; au nord, Sali.
Υ 5) γενόμενοι ἐν Zahauïyt : les missionnaires débarquèrent à Salamine, la ville la plus importante de l’ancienne Chypre; elle était située à la pointe orientale de l’île, à égale distance de la Cilicie, au nord; et de la Syrie, à l’est. Le port était vaste et fréquenté, par tous les vaisseaux de l’orient et de l'occident. À 4 k. de Salamine, actuellement recouverte par les sables, se trouve la ville de Famagouste.
χατήγγελλον τὸν λόγον τοῦ Θεοῦ; χατήγγελλον, imparfait, marquant le commencement de laction; les apôtres se mettaient à enseigner la parole de Dieu; ἐν ταῖς συναγωγαῖς τῶν Ιουδαίων : les Juifs devaient être nombreux dans la ville, puisqu'il y avait plusieurs synagogues. Les missionnaires prêchèrent d’abord la parole de Dieu aux Juifs. C’est la conduite qu’avaient adoptée les prédicateurs chrétiens et Paul en particulier, 1x, 20; XIV, 1; ΧΥΠ, 2; ΧΥΠΙ, 4, 19; x1x, & Preuschen et Loisy reconnaissent qu'il y a là un trait historique maïs qu’on ἃ trop systématisé le fait. Juifs de naissance, les premiers prédicateurs chrétiens devaient s'adresser tout d’abord à leurs coreligionnaires : c'était l’ordre de Jésus, Mt, x, 6; Le. vu, ὃ 5. Le salut doit être annoncé d’abord aux Juifs, xt, 46; Rom. τ, 46; x1, 14; 1 Cor. 1x, 20. Ils allaient donc dans les villes où se trouvaient des juiveries. Dans les synagogues il y avait d’ailleurs des gentils prosélytes et des φοδουμένοι, σεδομένοι τὸν Θεόν, tout disposés à entendre la parole évangélique, préparés qu’ils étaient par la lecture des saintes Écritures et d'esprit moins fermé que les Juifs à recevoir la prédication de Jésus, mort pour le salut de tous les hommes. Ils recevaient d'autant mieux cet enseignement qu'ils pouvaient être adhérents à la foi en Jésus et membres de la communauté chrétienne, sans être astreints aux observances mosaïques. La circoncision était le plus grand obstacle à la diffusion du judaïsme. Enfin, les synagogues étaient des lieux publics, où tout le monde pouvait entrer et de ce fait fournissait un terrain favorable à la prédication apostolique.
εἶχον δὲ nat Ιωάνην ὑπηρέτην : Luc parle de Marc seulement maintenant pour bien