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ποτ AGTES DES APOTRES, XI, 4-6. $ 383:
d’où ils firent voile vers Chypre. 5. Et arrivés à Salamine ils annonçaient la. parole de Dieu dans les synagogues des Juifs. Ils avaient aussi Jean pour aide [auxiliaire]. 6. Ayant traversé toute l'ile jusqu’à Paphos, ils trouvèrent un:
montrer que celui-ci n’avait pas été choisi par l'Esprit-Saint, ni délégué par la com. munauté d'Antioche comme Barnabé et Saul; sa position secondaire auprès des deux missionnaires est donc bien marquée. Marc était, dit Ramsay, un surnuméraire, dont. les deux missionnaires étaient responsables. ὑπηρέτης signifie tout homme qui travaille sous les ordres d’un maître : ouvrier, serviteur, aide, assistant, ministre ou exécuteurdes ordres d’un chef. Dans le N. T.il se dit des appariteurs, des magistrats, des ministres du roi, surtout des agents du Sanhédrin, v, 22, du ministre de la synagogue, Le. 1v, 20, même du prédicateur de l'Évangile, Act. xxvi, 16; Le. 1, 2; 1 Cor.1v, 1. Marc ne devait pas être un serviteur au point de vue matériel : sa qualité de cousin de Barnabé et son état de fortune excluaient un service domestique. Le fait que Luc, après. avoir mentionné que Barnabé et Saul prêchaient dans les synagogues des Juifs, ajoute que Marc était aussi, καί, leur auxiliaire, indique que ce dernier devait prêcher aussi, instruire les convertis des faits évangéliques qu’il connaissait bien et probablement les baptiser, car, après chaque prédication, il devait y avoir des convertis, bien que Luc ne les mentionne pas. Les apôtres, Paul en particulier, n'avaient pas l’habitude de baptiser.
Au lieu de ὑπηρέτην D Harkl. (mg) ont ὁπηρετοῦντα αὐτοῖς, et E indique qu’il s’agit plutôt d’un ministère matériel : ἔχοντες μεθ᾽ ἑαυτῶν εἰς διακονίαν ; de même, la Vulgate, in ministerio. draxovia a aussi, il est vrai, dans le Ν, T., le sens de service spirituel, 1, 17; MI 4; xx1, 49, etc.
Ÿ 6) διελθόντες δὲ ὅλην τὴν νῆσον : les missionnaires traversèrent toute l’île de Chypre pour aller de Salamis, sur la côte orientale jusqu'à Paphos qui était sur la côte occidentale; la distance entre les deux villes était de 179 k. διέρχεσθαι, avec l’accusatif de la région traversée se trouve seulement dans les Actes, dans la seconde partie du livre, xin, 6; χιν, 24; xv. 3, 41; xvi, 6, etc. et dans 1 Cor. xvi, 5. Ce terme implique les progrès du voyage de mission, Au lieu de διελθόντες Da περιελθόντων δὲ αὐτῶν, ce qui impliquerait que les apôtres ont prêché dans l’île tout entière, fait indiqué par τὴν ὅλην νῆσον, leçon de NABCDE Vlg. Gig. Par., tandis que διελθόντες τὴν νῆσον, leçon de HLP indiquerait qu'ils ont prêché seulement dans leur voyage de Salamine à Paphos.
ἄχρι Πάφου : ἄχρι, jusqu’à, avec le sens de monter : il s’agit ici de la Néa-Paphos. L'ancienne Paphos, où était élevé le temple célèbre d’Aphrodite, était située à 16 k.
au sud-est. Paphos, port à l'extrémité occidentale de l'ile, était le centre de l’adminis-
tration romaine, la résidence du proconsul.
. ἄνδρα τινα, quemdam virum, un certain homme : τινὰ est un renforcement de l'idée, marquée par μάγον, comme ἄνδρα φονέα, 1117, 14. Les Hébreux disaient: vir sacerdos. — L'empire romain était à cette époque inondé par des astrologues chaldéens, Horace, 1, Ode 11, 2; Cicéron, Div. 11, 42-47; Juvénaz, 6,562, par des charlatans syriens, et des devins juifs, Juvénaz, 8, 13 ss.; 6, 542 ss. μάγον : magicien ou mage. La traduction, magicien, donne au terme un sens péjoratif, tout au moins en occident, tandis que μάγος signifie en Orient un homme instruit dans les sciences religieuses, philosophiques et théurgiques, comme les mages, chez les Mèdes et les Perses. « Ce serait
‘une erreur, dit Ramsay, The Bearings of recent discovery on the T uthvorthiness of
the N. T., 1915, p. 111, de regarder ces magiciens comme de simples simulateurs et imposteurs. Quelques-uns d’entre eux possédaient une certaine Connaissance des pou-
» Ka - A = 3 Ἰουδαῖον, ᾧ ὄνομα Βαριησοῦς, 7. ὃς ἦν σὺν τῷ ἀνθυπάτῳ Σεργίῳ ΙΙαύλῳ, ἀνδρὶ
συνετῷ. οὗτος προσχαλεσάμενος Bapvdéar χαὶ Σαῦλον, ἐπεζήτησεν ἀχοῦσαι τὸν λόγον
voirs et des secrets de la nature; ils étaiènt les savants de leur temps et ils étaient instruits dans les sciences naturelles et physiques telles qu’on les connaissait à leur époque. Quelques-uns de ces magiciens semblent avoir été aussi en possession de cette science orientale touchant certains pouvoirs et procédés de la nature, que l’on désigne de nos jours par les noms de mesmérisme, d'influence psychique et de la lecture des pensées, hypnotisme. » C’est un de ces hommes qu'était Barjesus et l’on comprend l'influence qu'il exerçait sur l'esprit de Sergius Paulus qui probablement s'intéressait aux recherches physiques.
Les rapports de Barjésus avec Sergius Paulus, qui était un homme intelligent, ouverés, indiquent qu’il n’était pas un charlatan.
ψευδοπροφήτην : ici seulement dans le N. T.; c’est le ψευδόμαντις des écrivains classiques. Il est probable que Barjésus prétendait avoir des révélations et qu'il prévoyait l'avenir. C'est la caractéristique de ces magiciens, plus ou moins devins. ᾿Ιουδαῖον : 1] était juif et probablement chypriote. On trouve à cette époque plusieurs Juifs, magiciens et faux prophètes; à Éphèse, il y avait des exorcistes juifs, x1x, 13; un magicien, juif et chypriote, faisait partie de la cour du procurateur Félix, Josèpne, Ant. jud. XX, 7, 2. Tacite, ist, I, 22, a fortement caractérisé ces hommes : Genus hominum potentibus infidum, sperantibus fallax, quod in civitate.nostra et vetabitur semper et retinebitur.
ὦ ὄνομα βαριησοῦς, fils de Jésus ou de Josué. Le nom de Jésus était très commun à cette époque chez les Juifs. On trouve dans Josèphe plus de dix personnages portant ce nom au 1°" siècle. Βαριησοῦς se présente sous diverses formes dans les manuscrits : Βαριησοῦς, BCE Sah.; Βαριησοῦ, N 40 Vilg. Sah. Arm. Βαριησοῦν, AHLP, Harkl. (mg.); “Βαριησουάν, D* avec l'addition ὀνόματι καλούμενον; Βαρσῦμα, Peschitto, Chrys. dans la Chaîne arménienne, p. 236; Bariesuban, Lucifer. D’après Bède, il devait s'appeler Barjeu : non enim convenit hominem flagitiosum et magum filium Jesu, id est, Salvatoris, appellari, quem 6 contrario Paulus filium diaboli nuncupat.
Baur, Paulus, 1, 105, Zeller, Die Apostelgeschichte, 212, ont nié l’historicité de ce récit, qui ne serait qu'un doublet de celui où Pierre est aussi en discussion avec un magicien, vin, 18 ss. Le seul point de ressemblance c’est que les deux personnages sont qualifiés de magiciens. Le reste des deux récits est en désaccord : Simon le magicien était un converti, baptisé par Philippe et faisait partie de la communauté chrétienne. Il n’était pas un opposant. Au contraire, Elymas Barjesous s’opposait à la foi préchée par Saul, et il était en dehors de l'Église. La punition n’est pas la même.
Ÿ 7) ὃς nv σὺν τῷ ἀνθυπάτῳ Σεργίῳ Παύλῳ : Barjesus faisait partie de l'entourage, de la cour de Sergius Paulus; il en était un amicus et comes. Les gouverneurs romains avaient coutume d’avoir auprès d'eux, outre leurs amis, des hommes de lettres, des philosophes, des jeunes gens qui se formaient aux affaires. Sergius Paulus était un de ces hommes désireux de connaître la vérité et que ne pouvait satisfaire la froide religion romaine; il cherchait autour de lui une vérité religieuse plus vivante, plus réelle, plus intérieure, une religion plus pure. Barjésus l'avait probablement séduit par un exposé des spéculations des religions orientales, ou peut-être par des explications scientifiques des faits de la nature. Aïnsi que nous l’avons dit, on appelait μάγος celui qui possédait les secrets de la nature et à leur aide pouvait produire des phénomènes qui étonnaient le populaire. De là, le terme μάγος, signifiant d'abord homme savant, a été donné à quiconque opérait des faits extraordinaires, en dehors de ce qui nous paraît naturel, d’où a été tiré le mot magicien.
certain homme, magicien {mage) et faux prophète Juif, du nom de Barjesus, 7. qui était auprès du proconsul Sergius Paulus, homme intelligent. Celui-ei ayant fait appeler Barnabé et Saul cherchait à entendre la parole de Dieu.
ἀνθυπάτῳ, proconsul. Chez les Grecs, le consul était appelé ὕπατος; de là, le proconsul fut appelé ἀνθύπατος, de ἀντί, à la place de et ὕπατος, consul. Il n'était pas nécessaire d’avoir été consul pour être nommé proconsul; ce titre était donné au gouverneur d’une province sénatoriale. Le gouverneur d’une province impériale était appelé propraetor, ἀντιστρατηγός. C'est à bon droit que Luc a appelé Sergius Paulus, ἀνθύπατος, car, à son époque, Chypre était province sénatoriale. En l'an 27 avant J.-C. les provinces romaines furent divisées par Auguste en deux classes : les unes furent placées sous la direction du sénat; les autres furent réservées à l’empereur. D’après Strabon, χιν, 6, 6, Auguste s'était d’abord réservé l'ile de Chypre, mais Dion Cassius, Liv, 4, nous apprend que plus tard, en l’an 22 avant J.-C., il remit Chypre et la Gaule narbonnaïise au Sénat et prit en échange la Dalmatie. Sous Hadrien, Chypre redevint province impériale, puis de nouveau province sénatoriale sous Sévère. Akermann, Numismatic Illustrations of the New Test., p. 39-42, donne les noms de quatre ἀνθύπατοι de Chypre : une monnaie de Chypre du règne de Claude portait le nom de Cominius Proclus, ἀνθύπατος. Il est possible que Sergius Paulus soit identique avec le personnage du même nom qui a fourni à Pline l’Ancien des renseignements sur Chypre, dans ses deux livres, de Historia naturali, τι, 90, 97, 412; xvin, 12, 57. Peut-être est-il aussi Le même que L. Sergius Paullus qui est mentionné, Corpus Inscr,. latin, νι, 31545, comme un des cinq Curatores riparum et alvis Tiberis. Mais nous avons une mention certaine de Sergius Paulus. Une inscription, découverte à Soli, ville située sur la côte septentrionale de Chypre par le général Cesnola, Cyprius, 1877, Ὁ. 425; cf. HocarTx, Devia Cypria, p. 113, 115; Moumsen, Zeüs. für die Niliche Wiss. II, Ὁ. 82, porte cette date : ἐπὶ Παύλου (ἀνθ) υπάτου. Ce Paulus a été identifié avec Sergius Paulus par Lightfoot, Zôckler, Ramsay, Knabenbauer, Zahn, etc: Mentionnons aussi l'inscription du milieu du re siècle après J.-C., trouvée à Antioche de Pisidie par Anderson et Ramsay et que ce dernier a publiée, The Bearing of recent Discovery on the Truth. of the N. T.,p. 151; en voici la teneur : L. Sergio, L{uci] ffilio], Paullo filio. Il s’agirait ici, d’après Ramsay, d’un Lucius Sergius Paullus, fils de Lucius, qui serait le proconsul de Chypre, Sergius Paullus.
οὗτος προσχαλεσάμενος Βαρνάδαν χαὶ Σαῦλον : Les missionnaires, arrivés à Paphos, ont prèché dans les synagogues de la cité. Le proconsul apprit bientôt que des hommes, enseignant une philosophie et une religion nouvelles, obtenaient un grand succès auprès de leurs auditeurs. À cette époque, des philosophes voyageaient souvent et exposaient leurs doctrines dans les grandes, villes de l’empire. Les grands se les attachaient souvent; Sergius Paulus crut que Barnabé et Saul étaient des philosophes voyageurs et, comme il s'intéressait aux sciences philosophiques et morales, il voulut les entendre. προσχαλεσάμενος, à l’aorisite moyen, indique que Sergius Paulus ἃ appelé les apôtres pour lui-même.
ἐπεζήτησεν ἀκοῦσαι τὸν λόγον τοῦ Θεοῦ — ἐπεζήτησεν : imperfecto indicatur factum esse quod concupierat, Brass. ἐπιζητέω signifie chercher avec soin, chercher en vue de. Sergius Paulus cherchait à entendre la parole de Dieu. Il interrogeait les missionnaires et leur demandait de l'instruire de la doctrine évangélique. Ceci prouve qu'il n'était pas complètement livré à l'influence de Barjésus; il voulait au moins confronter les doctrines. L'enseignement de Paul dut être le même que celui qu'il donna à Athènes, mais il exposa sa doctrine dans tout son développement en montrant le plan de Dieu dans le monde, prouvé par La mort de Jésus ressuscité et Messie.
τοῦ Θεοῦ. 8. ἀνθίστατο δὲ αὐτοῖς Εἰλύμας ὁ μάγος, οὕτως γὰρ μεθερμιηνεύεται τὸ voa αὐτοῦ, ζητῶν διαστρέψαι τὸν ἀνθύπατον ἀπὸ τῆς πίστεως. 9. ados δέ, ὁ καὶ Παῦλος, πλησθεὶς Πνεύματος ἁγίου ἀτενίσας εἰς αὐτὸν 10. εἶπεν᾽ πλήρης παντὸς δόλου χαὶ πάσης ῥᾳδιουργίας, υἱὲ διαῤόλου, ἐχθρὲ πάσης διχαιοσύνης, οὐ παύσῃ Ÿ 8) Ἐλύμας 6 μάγος, οὕτως γὰρ μεθερμηνεύεται τὸ ὄνομα αὐτοῦ. Hlymas est-il la traduction . de Βαριησοῦςῦ᾽ C’est impossible, vu la construction de la phrase. Telle n’est pas l’opinion de E Demid. Gig. Lucifer qui après βαριησοῦς, Ÿ 6, ajoutent 6 μεθερμηνεύεται ᾿Ἐλύμας, "Etotuos d'après Demid. Gig. Lucif., qui ont paratus. C’est ὁ μάγος qui serait la traduction de Ἐλύμας. Le Juif Barjésus était connu des Grecs sous le nom d’Elymas, c'est-à-dire le magicien, à uéhos. Il devait avoir en effet un nom qui lui était particulier, car Barjésus, fils de Jésus, est un nom patronymique. C'était probablement Elymas, forme grecque de l’araméen alima, fort, ou plus probablement du mot arabe, alim, sage (d'où le terme moderne ulema). Ce nom Elymas aurait été traduit à tort ou à raison par ὃ μάγος. C'est l'explication la plus simple de cette expression assez peu claire. On a fait d’autres hypothèses : cf. Wewpr, p. 202, n. 2. Elymas serait une mauvaise lecture de Barsouma, leçon de la Peschitto, ou plutôt de ᾿Ετοιμᾶς, leçon de D, Etoemus, Lucifer, qu’il faudrait identifier avec le magicien chypriote Atomos, dont les philtres auraient détaché Drusilla de son premier mari, Aziz, roi d'Emèse, pour lui faire épouser le procurateur Félix. On ne voit pas comment ces deux noms auraient pu être une mauvaise lecture de Elymas; comme dit Preuschen, cette transformation est encore obscure.
ἀνθίστατο, imparfait moyen de ἀνθίστημι, se placer en face, s'opposer. Il est probable qu'Elymas opposa doctrine à doctrine; il discuta les enseignements de Saul sur Jésus, dénia à celui-ci La qualité de Messie et exposa les espérances messianiques du peuple juif, Son opposition eut-elle pour cause la crainte de perdre son influence auprès de Sergius Paulus? C’est possible, mais l’affirmation de Luc qu'Elymas s’efforçait de détourner le proconsul de la foi, ἀπὸ τῆς πίστεως, prouverait plutôt que l'opposition d'Elymas provenait surtout d'enseignements doctrinaux : Elymas combattait la foi chrétienne. « Le rédacteur, dit Loisy, veut dire que Sergius Paulus était tout disposé à se rendre à l'argumentation des missionnaires chrétiens, mais que le magicien, par ses objections et ses manœuvres, réussissait à le rendre perplexe. » ᾿ ζητῶν διαστρέψαι, infinitif aoriste de διαστρέφω, tourner de travers, tourner d’un autre côté, détourner, ce qu'indique la préposition ἀπό. Cf. Exope, v, 4. διαστρέψαι ἀπό est une expression hébraïsante; elle est prégnante, signifiant : pervertendo aliquem abducere ab. Grimm. Après πίστεως, D Harkl. (mg) ajoutent ἐπειδὴ ἥδιστα ἤχουεν αὐτῶν, parce qu'il écoutait favorablement ceux-ci. Er Bède ont ὅτι ἡδέως αὐτῶν ἤχουεν. Si c'est une glose, explicative, elle rentre bien dans le contexte. Cf. Mo. vi, 21 : ἡδέως αὐτόν... ἤχουεν, Hérode écoutait favorablement Jean-Baptiste.
Ÿ 9) Σαῦλος δέ, ὁ καὶ Παῦλος : il ἃ été beaucoup discuté sur cette expression; pourquoi Saul était-il appelé Paul? D'après saint Augustin, Paulus apostolus, cum Saulus prius vocaretur, non ob aliud, quantum mihi videtur, hoc nomen elegit, nisi ut se ostenderet parvum, tanquam minimum apostolorum, De Spir. et Lit. c. vu. À la suite d'Origène, Com. in Rom., préf., saint Jérôme, de Viris ill, 5 et in ep. Philem., en donne la raison : Saulus ad praedicationem gentium missus, a primo ecclesiae spolio Proconsule Sergio Paulo victoriae suae tropaea retulit, erexitque vexillum ut Paulus diceretur e Saulo. Cette opinion a été adoptée par un grand nombre d’exégètes, Observons seulement que le nom de Paul est mentionné dans le texte avant la conversion de Sergius Paulus; de plus, xn, 25, après Σαῦλος, Harkl. οὐ ajoutent déjà, qui vocabatur Paulus. C’est probablement une glose.
8. Mais Elymas le magicien — car ainsi se traduit son nom — leur faisait opposition et cherchait à détourner le proconsul de la foi. 9. Mais Saul, qui Lest] aussi Paul, rempli d’Esprit-Saint, les yeux arrêtés sur lui, dit : 10. O [homme] plein de toute fraude et de toute malice, fils du diable, ennemi de
De nos jours la grande majorité des exégètes adoptent l'opinion suivante. Ainsi que beaucoup de ses compatriotes, Paul avait un nom juif, et un nom grec ou latin. Ici, Luc indique simplement son nom latin, 6 xat Παῦλρς, lequel est aussi Paul; c'est l'équivalent de ὁ καὶ καλούμενος Παῦλος. C’est la signification de cette expression dans la Bible : ἤλλχιμος ὁ ai ᾿Ιάκιμος, 1 Macc. vi, 5, etc.; on en a de nombreux exemples dans Josèphe : Σελήνη ἣ χαὶ Ἰζλεοπάτρα καλουμένη, Ant. jud., XIII, 16, 4, et dans les inscriptions, οἵ, Wersreix. Cette formule, ὃ καί ne voulait pas dire : Saul qui désormais s’est appelé Paul; un lecteur ancien pouvait seulement la comprendre de la façon suivante : Saul qui, en outre, s'appelait Paul; elle n’admet aucune autre explication sinon que l’Apôtre fut appelé Σχῦλος Παῦλος, avant qu'il vint dans l’île de Chypre, DeissmanN, Bibl. Studien, Ὁ. 183. Cf. Ramsay, Paul, the traveller, p. 81. Luc a voulu indiquer une équivalence de noms et une substitution. Il avait appelé l’Apôtre, de son nom hébreu, Saul, tant que celui-ci avait été en rapports avec des Juifs; il l’appellera de son nom latin, maintenant qu’il est en rapports avec le monde païen.
πλησθεὶς Πνεύματος ἁγίου : Paul, comme Pierre, au moment où celui-ci prit la parole devant le Sanhédrin, 1v, 8, fut à ce moment rempli de l'Esprit-Saint. Ce n’est donc pas de lui-même, mais par l'inspiration de l’Esprit-Saint qu'il apostropha Elymas et le frappa de cécité. ἀτενίσας, l'ayant regardé fixement, d'un regard perçant. Luc a une prédilection pour ce terme, 9 fois employé.
Υ 10) ὦ πλήρης, au nominatif, remplace ici, comme dans le grec tardif, le vocatif, RapermacHEerR, p. 42. Ce vocatif indique l'émotion, BLass. δόλου, ruse, fraude, artifice; δαδιουργίας, hellénistique, ici seulement, signifie facilité d'agir, plus souvent crime, friponnerie. Les deux épithètes se rencontrent pour le sens et se complètent. Elymas était plein de ruse et d'artifice, ce qui indique qu'il devait employer des moyens magiques, des prestiges mystérieux, pour détourner le proconsul de la foi. υἱὲ διαδόλου : fils du diable, qui est le père du mensonge, Jn. vu, 44. Il n'est pas à supposer comme quelques exégètes que Paul se réfère ici au patronyme d'Elymas, fils de Jésus. Il n’a pas voulu faire un jeu de mots sur ce nom respecté. Elymas est fils du diable, parce qu'il est l'ennemi de toute justice. La triple répétition de l'adjectif, παντός... πάσης... πάσης est emphatique, Luc emploie volontiers cet adjectif indéterminatif.
où παύσῃ, futur moyen, futur de volonté pour l'impératif, de παύομαι, se désister de, cesser de. La conjonction οὐ est employée quand la réponse doit être affirmative, mais elle peut être employée pour une réponse négative quand elle exprime l’indignation impatiente, le reproche, ou le commandement avec impatience. où παύσῃ signifierait donc avec une nuance de reproche : Vas-tu donc continuer? Ce tour de la langue littéraire, le futur pour exprimer la volonté, a disparu du N. T.; il est employé ici seulement. La proposition déclarative interrogative est souvent employée pour exhorter avec impatience à faire ou à cesser telle ou telle chose, Currius, 518. Où is used in an imperatival connection with the future indicative, RoBerTson, 1162. Cette construction, le futur pour l'impératif, est plus dure que l'impératif, Wenpr. διαστρέφων : participa en apposition avec le sujet sous-entendu, de διαστρέφω, tourner de travers, tordre; au figuré, dénaturer, pervertir. τὰς ὁδοὺς τοῦ Kuplou τὰς εὐθείας : on trouve fréquemment cette expression dans les Septante pour marquer la différence entre les voies de Dieu et celles des hommes, Æz. χχχπι, 17; Æccli. xxxix, 24; Le.
διαστρέφων τὰς ὁδοὺς τοῦ Κυρίου τὰς εὐθείας ; 11. χαὶ νῦν ἰδοὺ χεὶρ Kupiou ἐπὶ σέ, καὶ ἔση τυφλός, μὴ βλέπων τὸν ἥλιον ἄχρι χαιροῦ. παραχρῆμα δὲ ἔπεσεν ἐπ᾽ αὐτὸν ἀχλὺς χαὶ σχότος; χαὶ περιάγων ἐζήτει χειραγωγούς. 12. τότε ἰδὼν. ὁ ἀνθύπατος τὸ γεγονὸς ἐπίστευσεν, ἐχπλησσόμενος ἐπὶ τῇ διδαχῇ τοῦ Κυρίου.
:, 76; ut, 5. Les voies du Seigneur, ce sont les lumières que Dieu donne à l’homme pour arriver à la vérité. En cherchant à détourner le proconsul du message évangélique qui enseignait la voie droite, Elymas pervertissait le moyen par lequel Dieu conduisait l’homme à la vérité. Les voies droites du Seigneur sont déjà mentionnées dans Osée, x1v, 10; et dans les Proverbes, x, 9, il est parlé de celui qui prend des voies tortueuses.
ÿ 11) χαὶ νῦν, formule d'introduction, fréquent chez Luc; elle est appuyée par ἰδού; χεὶρ Κυρίου, la main du Seigneur, expression de l'A. T. pour désigner la puissance de Dieu, le jugement de Dieu; ἐπί σέ, sous-entendu ἐστί ou ἔσται. ἔσῃ pour ἔσει; futur rare dans le N. T., employé seulement par Luc. τυφλός, aveugle ; μὴ βλέπων τὸν ἥλιον, expression emphatique pour appuyer sur le châtiment, comme s'il y avait : tu seras complètement aveugle. μή est mis pour où. Les Hébreux aimaient à répéter l’idée au moyen de deux expressions. Cf. Ze. 1, 20 : καὶ ἰδοὺ ἔσῃ σιωπῶν καὶ μὴ δυνάμενος λαλῆσαι et Act, xvin, 9, ἀλλὰ λέγει χαὶ μὴ σιωπήσης. — ἄχρι καιροῦ, cf. Le. 1v, 18; jusqu’à un temps marqué par le Seigneur, jusqu’à une occasion, qui pourrait être la cessation de Ha lutte d'Elymas contre la lumière; il avait péché contre celle-ci, Ÿ 8, il était convenable qu’il fût privé de la lumière corporelle. Quelques exégètes traduisent : pour une saison.
ἔπεπεσεν, avec le contexte, forme une expression médicale, indiquant la soudaineté de la cécité. ἀχλύς, ici seulement dans le N. T., brouillard, image sombre, obscurcissement de la vue, provenant de suppurations. ἀχλύς, obscurité, marque le commencement de la cécité; σχότος, ténèbres, l'établissement définitif, l'état. Ces deux termes sont employés par les écrivains médicaux; Hogarr, p. 44; Harnack, I, p. 134. Dioscoridès réunit : σκοτώματα et ἀχλύς. Homère emploie quelquefois ἀχλύς Pour désigner un homme privé de la vue par un pouvoir divin.
χαὶ περιάγων, circumire, hellénistique; non accompagné d'un complément de lieu, indique l'incertitude de la marche d’Elymas : il allait çà et là. ἐζήτει, imparfait, il cherchait, mais il ne trouvait pas; χειραγωγούς, hellénistique, ici seulement dans le N. TT. : conducteurs par la main; cf. 1x, 8 : χειραγωγοῦντες δὲ αὐτόν. Cf. ARTÉMIDORE, Onirocr. 1, 48 : τυφλοὺς ἐποίησεν {vx χειραγωγοῖς χρήσωνται. Il semblerait d'après le contexte qu'Elymas cherchait en vain un conducteur, car aucun des assistants n'avait pitié de cet homme frappé par Dieu.
Heinrichs suppose qu'Elymas était d'un tempérament nerveux et porté à la cécité. Ému ρᾶν les paroles de l'Apôtre et hypnotisé par la fixité du regard de celui-ci, il serait devenu aveugle temporairement. C’est un cas d’hypnotisme, dit-on. Observons seulement que l'hypnotisé n’est pas aveugle, mais croit l'être. D'ailleurs, Luc n’a pas voulu raconter un fait naturel, mais un miracle accompli sous l'inspiration de l’Esprit- Saint, ÿ 9. Cette explication est donc en contradiction avec Le texte.
#12) Ayant vu ce qui s'était passé, le proconsul crut, ἐπίστευσεν. Blass croit que ἐπὶ τῇ, "διδαχῇ τοῦ Κυρίου doit être rattaché ἃ ἐπίστευσεν, comme dans Luc, xxiv, 25, mais il est plus grammatical de rattacher ces mots à Are comme dans Luc, 1v, 32; 2x, 43; Matthieu, vu, 28; χχῃι, 33, etc. Le miracle opéré par Paul fut la cause décisive de la foi du proconsul, qui, en outre, fut vivement frappé de la foi du Seigneur. ἐχπλησσόμενος, participe présent passif de ἐχπλήσσω, frapper; au passif, être frappé, être ébranlé, étonné de, avec ἐπί, classique. Il est au participe présent pour marquer que cet étonnement accompagne la foi du proconsul, Celui-ci s'étonne de l'autorité
ACTES DES APOTRES, χα, 10-12. 389
toute justice, ne cesseras-tu pas de pervertir les voies droites du Seigneur. 11. Et maintenant, voici, la main du Seigneur est sur toi, et tu serasaveugle, ne voyant pas le soleil jusqu'à temps. ἃ cet instant, obscurcissement et ténèbres tombèrent sur lui et allant çà et là, il cherchait des conducteurs. 12. Alors, le proconsul, ayant vu ce qui était arrivé, crut, vivement frappé de la doctrine du Seigneur.
divine de cette doctrine qui se prouve par la punition extraordinaire de son contradicteur; il admire la vertu de l'Évangile qui se manifeste par de tels effets. διδαχῇ τοῦ Κυρίου : ce génitif peut être objectif, génitif de propriété ou subjectif, doctrine concernant le Seigneur.
ἐπίστευσεν : quel est le sens exact de ce terme? Sergius Paulus a-t-il été converti à la foi chrétienne et a-t-il été baptisé? Ramsay discute cette question dans The Bearing of recent Discovery on the Truthworthiness of the N. T., p. 163. Est-il possible que Sergius Paulus, personnage appartenant à une des premières familles de l'empire, soit devenu chrétien sans que sa conversion ait laissé aucune trace dans l’histoire? Ramsay fait remarquer qu’un noble romain pourrait être chrétien sans que cela füt connu. À Rome, à l’époque de Sergius Paulus, on était très tolérant sur les croyances religieuses ou pit nes. on s’inquiétait peu de ce que chacun pouvait penser en son particulier. Ce n’est que vers la fin du 1° siècle que la qualité de chrétien devint suspecte. Sergius Paulus a donc pu adhérer aux croyances chrétiennes sans que per sonne de son monde s’en fût préoccupé, Mais les Actes affirment-ils qu’il est devenu chrétien? ériotevssv peut signifier que le proconsul s’en est tenu à une adhésion de l'esprit, sans qu'il ait scellé cette croyance par le baptême. Luc ne dit pas que Sergius Paulus ait été baptisé et lui, qui est si attentif à signaler l'attitude des autorités romaines en face du christianisme, l’aurait certainement consigné dans son récit si le fait s'était produit. Sergius Paulus aurait donc cru à la doctrine du Seigneur qui l’avait frappé d’admiration, mais il s’en serait tenu à cette adhésion de l'esprit. Ramsay partage donc l'opinion de plusieurs critiques modernes, mais nous pensons avec la majorité des exégètes que le proconsul est bien réellement devenu chrétien, ce qu'indique le terme ἐπίστευσεν, même employé seul, sans qu'il soit fait mention du baptème. Luc, en effet, ajoute quelquefois que les croyants ont été baptisés, τι, 41; xvinr, 8, etc., mais d'ordinaire il n’ajoute pas que ceux qui ont cru ont été baptisés, 11, 44; 1v, &, 32; v, La; χι, 21; xur, 48; x1x, 18. Le terme ἐπίστευσεν sufit donc pour affirmer que Sergius Paulus ἃ fait acte d'adhésion à la nouvelle foi, qu’il est devenu chrétien.
DE complètent ainsi le sens de l'expression : ἐθαύμασεν καὶ ἐπίστευσεν τῷ θεῷ.
Il est à croire que nous n'avons ici qu'un récit très abrégé de l’évangélisation de l’île de Chypre. Loisy, à la suite de Schwartz, suppose que cette mission n'eut jamais lieu et que la vraie mission en Chypre est le voyage que fit Barnabé avec Jean Marc, xv, 40. La démonstration de cette hypothèse aurait besoin d’être appuyée sur des preuves plus fortes que celles qu’ils en ont données.
II. MISSION DE PAUL ET DE BARNABÉ DANS LA GALATIE MÉRIDIONALE, xur, 13-x1v, 28.
x, 43-52 : LES APÔTRES EN PAMPHYLIE ET À ANTIOCHE DE PISIDIE.
De l'ile de Chypre les apôtres vont prêcher l'Évangile en Asie mineure. Ce vaste pays, peuplé de races autochtones ou immigrées, était du pouvoir de Rome qui le
13. ᾿Αναχθέντες δὲ ἀπὸ τῆς Ildgou οἱ περὶ [[αῦλον ἦλθον εἰς Πέργην τῆς Ilauov-
λίας" ᾿Ιωάνης δὲ ἀποχω “ἢ ας ἀπ᾿ αὐτῶν ὑπέστρε dev εἰς Ἱεροσόλυμα. 1h. αὐτοὶ δὲ διελθόντες ἀπὸ τὴς Πέργης παρεγένοντο εἰς ᾿Αντιόχειαν τὴν Πισιδίαν, χαὶ ἐλθόντες
gouvernait directement par ses proconsuls ou indirectement par des princes tributaires. Aux temps apostoliques elle contenait, au dire de Strabon, dix-sept nations, qui parlaient leur langue particulière ou tout au moins un dialecte. La langue grecque était la langue de la partie occidentale du pays, mais elle était comprise et parlée dans toute l'Asie mineure. Rappelons que Loisy, à la suite de Schwartz, déclare non historique le voyage de Paul en Asie mineure; cf. Loisy, p. 520.
Υ 13) ᾿Αναχθέντες et les aoristes qui suivent, ἤλθον, ἀποχωρήσας, ὑπέστρεψεν etc., sont des aoristes de narration suivant l'habitude de Luc; ἀναχθέντες : participe aoriste passif de ἀνάγομαι, mettre à la voile, se mettre en mer, être conduit en pleine mer, in altum ferri; il est classique dans ce sens comme terme de navigation. Dicitur verbum in re. nautica de iis qui navem solvunt a littore vel portu et in altum mare proveniunt, Beece. Les anciens concevaient le rivage de la mer comme le point le plus bas, de sorte qu’on s'élevait en s'embarquant, ἀνάγομαι. ἄγω et ses composés sont caractéristiques de Luc, ἀνάγομαι, au sens de s’embarquer, est 14 fois dans les Actes. of περὶ τὸν Παῦλον : Paul et ses compagnons; l’article est employé avec une proposition prépositionnelle. Expression classique : οἱ περὶ Ξενοφῶντα, XÉNOPHON, Anabase, vu, 4, 16. Cette expression est employée pour désigner le personnage principal; elle indique donc que Paul était le chef de la mission. Désormais il a la première place dans le récit et sera nommé avant Barnabé, sauf en deux occasions, xv, 12, 25; χιν, 12, où l’on peut expliquer pourquoi Barnabé est nommé avant lui. Il est probable que Paul est devenu le chef de la mission à cause du rôle prépondérant qu’il a joué dans l’île de Chypre et auprès du proconsul. C’est lui qui prend toujours la parole, bien que ses ennemis aïent déclaré plus tard que sa parole, λόγος, était méprisable,
ἦλθον εἰς Πέργην τῆς Παμφυλίας : ils vinrent à Pergé, de Pamphylie. Pergé est une ancienne ville sur un plateau entre les rivières Catarrhactes et Cestrus; elle avait un port à 8 k. de là sur la Gestrus, à 12 k. de la mer. La ville était célèbre pour le culte qu’elle rendait à la déesse reine de Perga qu'on a identifiée avec l’Artémis des Grecs, mais qui était plutôt, comme l’Artémis d’ Éphèse, une déesse de la nature. Son temple bâti sur l’Acropole dominait la cité; on n’en a pas encore déterminé l’emplacement. Pergé fut longtemps la métropole de la Pamphylie, puis elle fut supplantée aux temps byzantins par Attalia. Les ruines de Pergé sont connues aujourd’hui sous le nom de Martana. — Les apôtres ont peut-être abordé à Attalia et de là se sont rendus à Pergé ou bien ont-ils remonté le Cestrus jusqu’au port de Pergé sur cette rivière ?
Ἰωάνης δὲ ἀποχωρήσας ἀπ᾽ αὐτῶν : en cette ville, Jean [Marc] se sépara des apôtres ; ἀποχωρήσας, de ἀποχωρέω, s'éloigner, se séparer de avec le génitif ou avec ἀπό, et retourner, ὑπέστρεψεν, aoriste de ὑποστρέφω, retourner dans un lieu, à Jérusalem. Le document que suivait ici Luc donnait probablement la raison de cette séparation; l'écrivain ne l’a pas reproduite jugeant inutile de s'étendre sur cet épisode.
Les exégètes se sont évertués, bien inutilement à notre avis, à expliquer cette séparation. Jean Marc, a-t-on dit, a été effrayé de la longueur et des dangers de la route qu'on avait à suivre; il a été mécontent de ce que son oncle Barnabé avait été supplanté par Paul dans la conduite de la mission; il a été anxieux de retourner à Jérusalem, menacée par la faim, et d'y retrouver sa mère. Enfin, il ἃ pu trouver que Paul donnait à la mission une extension qu'il n'approuvait pas et peut-être pensait-il que Paul admettait trop facilement les gentils dans la communauté chrétienne. Ces diverses raisons sont plus ou moins plausibles. Il est bien osé d’accuser Jean Marc
ACTES DES APOTRES, XIII, 13-14. EX Re 391
13. S'étant embarqués de Paphos, Paul et ceux qui étaient avec lui vinrent à Pergé de Pamphylie. Mais Jean, s'étant séparé d'eux, retourna à Jérusalem. 14. Pour eux, étant partis de Pergé, ils arrivèrent à
de lâcheté, et cela d'autant plus que la contrée à évangéliser n’était pas du tout pour un Juif une terre inconnue et inhospitalière, puisque les Juifs y étaient à demeure depuis longtemps et en nombre. Il est difficile maintenant de savoir exactement pourquoi Jean se sépara des apôtres; ce devait être pour une question d'évangélisation, puisque Paul refusa plus tard de se l’adjoindre, xv, 38, mais Marc redevint plus tard un compagnon de l’Apôtre, Col. 1v, 10.
Ÿ 14) À remarquer l'emploi de l’aoriste comme temps historique, 8 fois dans ÿ 13 5. αὐτοὶ dé : or, ceux-ci, Paul et ceux de sa compagnie, διελθόντες ἀπὸ τῆς Πέργης : διελθόντες de διέρχομαι, passer par, traverser; ils traversèrent le pays en partant de Pergé. Les apôtres n’ont donc pas prêché l'Évangile à Pergé : on s’est demandé pourquoi, renonçant à évangéliser Pergé et la Pamphylie, ils se sont rendus directement à Antioche. On a supposé qu’au moment de l’année où ils arrivèrent à Pergé, la ville avait été désertée à cause de la chaleur, mais cette coutume n'existait pas chez les Grecs à cette époque. Ramsay pense que Paul avait été atteint à Pergé de la maladie dont il parle dans l’épître aux Galates, 1v, 5, probablement de la malaria ou de la fièvre des marais et que pour éviter Pergé, située aux bords d’un fleuve marécageux, il était monté au nord dans une région plus élevée et était arrivé à Antioche. Mais on s'explique diffcilement comment un homme accablé par la fièvre a pu faire le voyage à travers les routes escarpées de la Pisidie. Il est probable que les apôtres se hâtèrent d'aller à Antioche de Pisidie, parce qu'ils savaient qu'il y avait dans cette ville une colonie juive importante, ou parce qu’ils trouvèrent une occasion favorable de traverser sans danger les défilés du Taurus.
παραγένοντο : verbe fréquemment employé par Luc, 8 fois dans son évangile et 21 fois dans les Actes. Les missionnaires arrivèrent εἰς ᾿Αντιόχειαν τῆς Πισιδίας, leçon de DEHLP ou τὴν Πισιδίαν, NABC. Cette leçon n’est pas adoptée par la plupart des critiques - modernes, parce que l'adjectif πισιδιός n'existe pas; l'adjectif est πισιδισχός, Ramsay cependant affirme que la vraie leçon est Ἀντιόχεια ἡ Πισιδία. Mais: comment Luc appelle-t-il cette ville ᾿Λντιόχεια τῆς Πισιδίας, puisque Antioche n'était pas en Pisidie. Elle était située en Phrygie Parorée, vers les confins nord-est de la Pisidie, ainsi que nous l’apprend Strabon, Ἀντιόχεια ἣ πρὸς τῇ Πισίδίᾳ. Maïs les frontières de la Pisidie s'étendirent peu à peu vers le nord et Antioche fut attribuée à la Pisidie, Pcine, ist. nat. V, 24, dont le territoire s'était étendu au nord.
Antioche de Pisidie était située sur le versant méridional des montagnes qui séparent la Phrygie de la Pisidie. Elle fut fondée probablement par Séleucus Nicator, en 300-280 avant J.-C. et devint le centre de l'influence hellénique en Asie mineure et la grande route de commerce entre Éphèse et l'Orient, Les Romains la déclarèrent ville libre et Auguste, en l’an 6 avant J.-C., l’éleva au rang de colonie, sous le nom de Pisidarum Colonia Caesarea. Les rois Séleucides y avaient établi des Juifs, leur donnant les mêmes droits civils qu'aux Grecs. Antiochus le Grand avait transplanté 2.000 familles juives en Lydie et en Phrygie, Josèpue, Ant, Jud. XII, 3, 4. Le commerce très florissant dans cette ville et dans la contrée attira. dans le pays un grand nombre de Juifs : par leur prédication du vrai Dieu et de la pure morale, ils préparèrent les voies à la prédication apostolique. Le temple du dieu national d’Antioche, Μὴν ᾿Ασχαηνός (’Apxaïos, STRABON, ΧΙ, 8, 14) a été déterré par Ramsay.
Dans leur voyage les apôtres ont dû suivre la route de commerce qui, partant de Pergé, passe à Adada et aboutit à Antioche’ Les deux villes sont à 160 k. de distance
392 ACTES DES APOTRES, ΧΠι, 14-16. ᾿
᾽ τ y pes ET ΣΦ, Ζ = LL " 4 5 Y A1 τ 2 , ἜΣ εἰς τὴν συναγωγὴν τῇ ἡμέρᾳ τῶν σαδόάτων ἐχάθισαν. 15. μετὰ δὲ τὴν ἀνάγνωσιν τοῦ
; ee χῷ ᾿ e Le ii vopou χαὶ τῶν προφητῶν ἀπέστειλαν οἵ ἀρχισυνάγωγοι πρὸς αὐτοὺς héyoyrec” Avdpec ἄδελφοί, εἴ τις ἐστὶν ἐν ὑμῖν λόγος παραχλήσεως πρὸς τὸν λαόν, λέγετε. 16. ἀναστὰς
δὲ Παῦλος nai χατασείσας τῇ χειρὶ εἶπεν" ᾿Δνὸρες ᾿Ισραηλεῖται χαὶ οἱ φοδούμενοι τ
l’une de l’autre. Le voyage à travers les montagnes du Taurus était très dangereux à cause des difficultés de la route et des brigands qui l’infestaient; c’est peut-être à elle que Paul fait allusion, II Cor, x1, 25. Cf, Ramsay, The Church in the Roman Empire, p. 21 55., Æpistle ἰο the Galatians : Pisidian Antioche, Ὁ. 197. καὶ ἐλθόντες εἰς τὴν συναγωγήν. Paul et Barnabé se rendirent à la synagogue; cependant, il n’est pas certain qu'ils y allèrent dès leur arrivée à Antioche, bien que le texte semble l’insinuer, παρεγένοντο... ἐλθόντες εἰς τὴν συναγωγήν. Il est difficile de croire que ce fut à la suite d’un seul discours que la ville presque tout entière se réunit pour entendre la parole de Dieu. Le discours avait, il est vrai, été entendu non seulement par les Juifs, mais par des gentils, prosélytes et craignant Dieu, qui fréquentaient la synagogue. Malgré cette constatation, il semble probable que Paul et Barnabé pré- Chèrent Jésus Messie aux Juifs d'Antioche dès leur arrivée dans cette ville et que cette prédication a été assez prolongée pour provoquer de l'émotion chez ceux-ci. Les apôtres furent donc invités à exposer leur doctrine à la synagogue un jour de sabbat et nous en avons le résumé dans le discours que donnent les Actes, ÿ 16-41. τῇ ἡμέοᾳ τῶν σαδόάτων : ce pluriel est employé en imitation des autres noms de fêtes, ἄζυμα, ἐγκαίνια, ou à cause de la forme araméenne de ce mot NTAŸ. ἐχάθισαν : les apôtres s’assirent. Au premier rang de l'assemblée se trouvaient les bancs des rabbins. Luc insinue donc que Paul et Barnabé s’y assirent parce qu’ils voulaient montrer qu'ils - étaient docteurs de la Loi, ou plutôt parce qu'ils avaient été convoqués pour exposer à l’assemblée leur doctrine nouvelle pour des Juifs. Il est cependant plus probable qu’ils allèrent s'asseoir sur les bancs réservés aux étrangers. Nous verrons par la suite que Paul, chaque fois qu'il arrive dans une ville où il ya une synagogue, ΧΠῚ, 14; x1v, 1: xvIr, 2, 10; xvut, 19, etc. s'adresse d’abord, comme ici, aux Juifs et c'est à la suite de léur opposition qu Ἢ prêche l'Évangile aux gentils ; cf. χπὶ, 45; χιν, 2; xvur, 5, 43, etc. On a vu dans cette façon de procéder de l'Apôtre | une vue systématique de l’auteur des Actes qui n’était en rien fondé sur la réalité des faits. Elle répondait bien cependant à la mentalité de Paul et à sa doctrine sur la position des Juifs et des païens par rapport à la doctrine de l'Évangile, telle qu’il l’a décrite dans les ch. 1x-x1 de l’épître aux Romains. Si, d’ailleurs, on se place à un point de vue, répondant au cours ordinaire des choses, Paul a dû utiliser pour sa prédication tous les points d'appui qu’il pouvait trouver et, avant tout, les synagogues qui constituaient des centres ardents de propagande monothéiste. Il est très probable que les Juifs, très entêtés de leur nature, se soient révoltés contre les enseignements de Paul et aient voulu mettre à mort ce prédicateur de doctrines contraires à la Loi.
Ÿ 15) μετὰ δὲ τὴν ἀνάγνωσιν τοῦ νόμου χαὶ τῶν προφητῶν : après la lecture de la Loi et des prophètes. Sur le service synagogal, cf. Ze, 1v, 16, 17; Ammonius D'ALEXANDRIE dans le Catena de Cramer, vol. V, p. 218 et l'Excursus sur les Synagogues, p.
On ἃ cru pouvoir déterminer quelles avaient été les leçons lues ce jour-là. Paul,
* suivant l'usage, s’est inspiré de celles-ci pour exposer sa doctrine. Le prédicateur devait expliquer les passages de la Loi et des prophètes qui avaient été lus et en tirer des exhortations morales. On trouve dans le discours de l’Apôtre, dès le début, deux verbes, employés ici seulement dans le N. T., ἐτροποφόρησεν, ὃ 18) χατεχληρόνομησεν, ÿ 19. Or, ces deux verbes se trouvent, Deur. 1, 31, 38, dans les Septante. Après
Antioche de Pisidie; et étant entrés dans la synagogue, le jour du sabbat, ils s’assirent. 15. or, après la lecture de la Loi et des Prophètes, Les chefs de la synagogue leur envoyèrent dire : Hommes frères, si vous avez quelque parole d’exhortation pour le peuple, parlez. 16. Alors Paul s'étant levé, et ayant fait signe de la main, dit : Hommes Israélites et vous qui craignez
la lecture du texte hébreu la traduction devait être celle des Septante, à Antioche, ville à demi hellénisée. Paul aura très naturellement répété ces deux mots après les avoir entendus. La Parascha du jour a donc dû être, Deutéronome, ch. 1. A cette section de la Loi correspond aujourd’hui dans le service synagogue l’Haphtara, Zsaïe, 1 où les Septante se servent du verbe ὑψόω, au sens d'élever, c'est-à-dire éduquer, 1, 2, dont Paul se sert au même sens, ÿ 17. On avouera que les allusions à ces chapitres du Deutéronome et d’Isaïe sont trop vagues pour étayer sulflisamment l'hypothèse présentée. Quant à soutenir que le discours de Paul fut prononcé le 44° jour de sabbat de l’année, sous prétexte que, ce jour-là, on lit actuellement Deutéronome, 1-π|, 22 et 1, Isaïe, 1-22, c’est oublier que la liste actuelle des leçons à lire, chaque sabbat, est de ones récente.
οἱ ἀρχισυγάγωγοι : d'ordinaire, il n’y avait qu'un chef de la synagogue, Ze. x, 14, chargé de la police du culte et de la conduite de l'office; c’est lui qui choisissait les lecteurs et les prédicateurs, Enersaeim, Jesus the Messiah, 1, p. 434. Mais il y avait plusieurs chefs de la synagogue qui formaient probablement une sorte de collège; Cf, Me. v, 22 : ra ἔρχεται εἷς τῶν ἀρχισυναγώγων.
ἴΑνδρες ἀδελφοί, paroles de courtoisie. εἴ τις ἐστὶν ἐν ὑμῖν λύγος παραχλήσεως : εἶ, avec l'indicatif ἐστίν, indique que les chefs de la synagogue étaient persuadés que les apôtres avaient des paroles de consolation, d’exhortation ou d'enseignement à adresser au peuple; cf. 1v, 36; 1x, 31. Il en fut de même chez les premiers chrétiens, d’après Justin, 1 Apol, LxXvII, 4 : Εἴτα παυσαμένου τοῦ ἀναγινώσχοντος ὃ προεστὼς διὰ λόγον τὴν δοεθεσίαν χαὶ πρόχλησιν (πρόσχλησιν Où παράκλησιν) τῆς τῶν χαλῶν τούτων μιμήσεως ποιεῖται.
Le codex de Bèze développe l’idée : εἴ τις ἐστὶν λύγου σοφίας ἐν ὑμεῖν παραχλήσεως. Blass suppose qu'avant παραχλήσεως il faut intercaler à
Ÿÿ 16) La scène est décrite dans tous ses détails : ἀναστὰς δὲ Παῦλυς, Paul s'étant levé, ce qui fait supposer qu'il parla de la place où il était assis; χαὶ χατασείσας τῇ χειρί, participe aoriste de χατασείω, secouer, agiter; au neutre, faire signe de la main pour demander le silence. Ce geste, que nous retrouvons, xIx, 33; xx1, 40, était coutumier aux orateurs grecs; parlant à des Juifs, ni Pierre ni Étienne ne l'ont fait.
Nous ne pensons pas que le discours suivant ait été conservé de mémoire et transmis de vive voix à Luc, à moins qu'il ne lui eût été répété par Paul. Il a pu d’ailleurs entendre souvent des discours analogues, quand Paul discutait avec ses compatriotes dans les synagogues. Mais plus probablement ce discours ἃ été transcrit par l’un des auditeurs et Luc l’a résumé et présenté dans la forme qui lui était particulière. Nous croirions d’ailleurs volontiers que ce discours était 16 type de ceux que Paul adressait aux Juifs pour leur expliquer sa doctrine et leur prouver qu'elle était appuyée sur les Saintes Écritures, qu’elle était conforme à celles-ci. Cf. Zntroduction, p. cecxix. Ge discours est fort bien composé et s’adapte naturellement à la mentalité du publie auquel il est adressé. Il se divise très nettement en trois parties, introduites chacune par une apostrophe : I, Résumé de l'histoire d’ Israël, rappelant les bienfaits de Dieu envers ce peuple et la promesse du Messie. Les diverses phases de cette préparation d'Israël à la venue du Messie sont représentées par Abraham, le père d'Israël, Moïse, le législateur, Samuel, le prophète, David, le roi, Jean, le prédicateur, le précurseur
Θεόν, ἀχούσατε. 17. ὁ Θεὸς τοῦ λαοῦ τούτου ᾿Ισραὴλ ἐξελέξατο τοὺς πατέρας ἡμῶν; χαὶ τὸν λαὸν ὕψωσεν ἐν τῇ παροιχίᾳ ἐν γῇ Αἰγύπτῳ, χαὶ μετὰ βραχίονος ὑψηλοῦ ἐξήγαγεν αὐτοὺς ἐξ αὐτῆς, 18. χαὶ ὡς τεσσεραχονταέτη χρόνον ἐτροποφόρησεν αὐτοὺς ἐν τὴ ἐρήμῳ, 19. χαὶ χαθελὼν ἔθνη ἑπτὰ ἐν γῇ Χαναὰν χατεχληρονόμιησεν τὴν γῆν αὐτῶν, 20. ὡς ἔτεσιν τετραχοσίοις χαὶ πεντήχοντα. nat μετὰ ταῦτα ἔδωχεν χριτὰς
du Messie, χπὶ, 16-25. II, Jésus est le Messie, car il a réalisé les prophéties sur les souffrances et la résurrection du Messie, ÿ 26-37. III, Dieu accorde aux pécheurs le pardon de leurs fautes par la foi en Jésus, ÿ 38-41.
Dans sa première partie, ce discours rappelle celui d’Étienne devant le Sanhédrin et dans la seconde et la troisième partie celui de Pierre, le jour de la Pentecôte. Non poterat multum differre vel a Petri orationibus (0. 11, 1) vel a defensione Stephani (c. vi) nam et conveniens erat cum antiquis Dei in populum beneficiis conjungere novissimum, et necessarium de Jesu docere, neque minus prophetarum legisque locos adhibere quibus de illo praedictum erat. Haec igitur non magis in Paulum cadunt quam in quemvis novae salutis praeconem; sed in fine (ÿ 38 ss.) quaedam adduntur quae Paulinae theologiae sunt. BLass.
I, PRÉPARATION A Jésus, Υ 16-25. — ÿ 16) Par ses premières paroles, Paul détermine quels sont ses auditeurs, Ἄνδρες. Ἰσραηλεῖται καὶ φοδούμενοι τὸν Θεόν, les Juifs et les craignant Dieu. Faut-il ranger parmi les Juifs les prosélytes, c’est-à-dire les gentils, totalement convertis au Judaïsme dont ils pratiquaient toutes les observances, la circoncision et toutes les lois mosaïques? Mais il est difficile de croire que Paul aït désigné par l'appellation Ἰσραηλεῖται d’autres personnes que les Israélites de race. L'expression of φοδούμενοι engloberait alors les gentils cir- concis et ceux qui acceptaient seulement les doctrines du judaïsme, sans s’astreindre à la circoncision, et fréquentaient les synagogues. D'’ordinaire, c'est ce dernier sens que marquent les expressions où φοδούμενοι τὸν Θεόν, x, 22; ΧπΙ, 26 et oi σεδόμενοι τὸν Θεόν, xvir, 17. Il semble cependant que les prosélytes, c’est-à-dire les gentils circonc's, sont visés ici, puisque, ὃ 43, il est parlé de ᾿Ιουδαίων καὶ σεδομένων προσηλύτων ; les gentils circoncis et les adorateurs de Dieu sont les mêmes personnes.
Ÿ 17) Quamwvis profecto graece Paulus locutus sit, omnia tamen hebraïicam linguam redolent, Brass. Paul commence l'histoire d'Israël à son vrai début, le moment où Dieu ἃ choisi le peuple d'Israël, ὃ Θεὸς τοῦ λαοῦ τούτου Ἰσραήλ : τούτου est emphatique, il accentue l’idée attachée au peuple d'Israël : ce peuple d'Israël avec sa vocation et ses privilèges; cf. Rom. 1x, 6; II Cor. χι, 22. τούτου se trouve dans RAC D Gig. mais est omis par Min. 40 Sah. Vlg; B ἃ τοῦ. Il est difficile de croire avec B. Weiss que Paul a dit ce mot en se tournant vers les adorateurs païens et en leur montrant les Juifs.
ἐξελέξατο, aoriste moyen de ἐχλέγομαι : Dieu a choisi pour soi, il a fait siens nos pères, les patriarches, Rom. 1x, 5. Ce terme est souvent employé dans les Septante pour marquer le choix que Dieu a fait d'Israël. Paul raconte ensuite l’accomplissement du choix. ὕψωσεν, aoriste de ὑψόω, élever; au figuré, exalter, glorifier. Ce terme s'applique probablement à l'accroissement en nombre du peuple hébreu pendant son séjour en Égypte et à son exaltation au temps de Joseph. Saint Chrysostome et d’autres exégètes y voient en outre un rappel des miracles que Dieu opéra en Égypte en faveur du peuple d'Israël. Ce terme indique plus qu’un accroissement en nombre, il marque aussi un accroissement de force, de puissance. Paul l’emploie II Cor. χι, 7, en opposition avec ταπεινόω, abaisser, humilier. |
ἐν τῇ παροιχίᾳ, vi, 6, désigne l'habitation dans un séjour qui n’est pas 1 οἰκία; donc, à
Dieu, écoutez. 17. Le Dieu de ce peuple d'Israël a choisi nos pères et il a élevé le peuple pendant [son] séjour au pays d'Égypte et avec bras élevé il les en a fait sortir. 18. Et pendant l’espace de quarante ans environ il supporta leur caractère dans 16 désert. 19. Et ayant détruit sept nations au pays de Canaan, il leur donna en héritage le pays de celles-ci, 20 environ quatre
l'étranger. μετά βραχίονος δψηλοῦ : μετά indique une idée d'accompagnement, ou plutôt d’instrument, mais il n’est pas employé dans ce dernier sens dans la bonne prose, ΚΎρκε, 1, 143; expression hébraïque que l’on trouve dans les Septante, ΜΔ. vi, 1, 6; χν, 16; Deut.1v, 3%; ν, 15; vit, 19; 1x, 29; Ps. ‘oxxxvi, 12. Luc,.1, 54, ἃ ἐν βραχίονι, comme dans les Septante. Le bras de Dieu, c'est métaphoriquement, sa puissance. C'est donc avec ou par son bras puissant que Dieu a fait sortir d'Égypte le peuple d'Israël. Cf. Deut. xxvi, 8, où nous trouvons les mêmes expressions et la même idée, et aussi, 1V, 34; v, 15.
Υ 18) χαὶ ὡς τεσσεράκοντα ἔτη : Et pendant l’espace de quarante ans environ; ὡς, environ, doit être ici pour l'arrondissement de la phrase, car ce chiffre de quarante ans n’est pas approximatif dans l'A. T. D a supprimé ὡς. Dieu a supporté leur caractère, ἐτροποφόρησεν, ou les a nourris, ἐτροφοφόρησεν, dans le désert. Quelle est la meilleure. leçon ? Elles répondent toutes les deux à ce qui s’est passé dans le désert et sont représentées toutes les deux dans les manuscrits des Septante, Deut. 1, 31. La leçon ἐτροποφόρησεν, Dieu 165 a supportés, a pour elle les meilleures autorités : X BC2DHLP 36 61
Vilg. Hark. (mg) et se rapproche davantage du texte hébreu : : Yahveh, ton Dieu, t’a porté, ainsi qu'un père porte son fils. Cependant la leçon des Actes comporte une nuance fâcheuse que n’a pas le texte hébreu. De plus, la leçon ἐτροφοφόρησεν, AC*E 13 d Gig. Sah. Boh. Pesch. Harkl., Dieu les a nourris, éviterait cette nuance péjorative, qui paraît peu adaptée au contexte d'un discours où Paul parle aux Juifs des bienfaits de Dieu envers leurs pères. Il n’avait pas à rappeler à ses auditeurs que Dieu supporta le caractère de leurs pères. Il est difficile de dire laquelle de ces deux leçons il faut adopter. Si tenetur lectio prior (Vulgatae), quae vere tenenda videtur, sensus Pauli duplex esse posset : Israëlitae terram Chanaan occupaverunt vel a) circiter 450 a, post ingressum in Aegyptum; vel b) circiter 450 a, postquam patriarchas elegisset Deus. Si vero teneatur lectio altera, tunc Paulus assignaret integrae epochae Judicum, usque ad Samuelem inclusive (ἕως, non ἄχρι; cf. vi, 45), 450 circiter annos, et sic recederet a ratione computandi III Reg. vi, 1, sed concordaret cum alia quadam traditione quae apud Judaeos exstitisse videtur juxta JosepauM, Ant., VII, 2, 1. CAMERLYNCK.
Ÿ 19) καὶ καθελών, participe futur de xafatpéw, abaisser et par extension abattre, exterminer, détruire. Paul emploie peut-être ici ce verbe au même sens que Luc, 1, 52, καθεῖλεν δυνάστας, il ἃ abaissé les puissants. ἔθνη ἑπτὰ ἐν γῇ Χαναάν : ces sept peuples sont les Héthéens, les Gergézéens, les Amorrhéens, les Chananéens, les Hévéens et les Jébuséens, Deut. vu, 1; Ex. xx, 28; ΧΧΧΠΙ, 2. χατεχληρονόμησεν, il leur donna en héritage, leçon de RABCDEHLP 13 61 Chrys. au lieu de χατεχληροδότησεν, distribuer par héritage, leçon de quelques minuscules et de la Vulgate, distribuit. Josué, χα, 7; xiv, 2, parle de cette distribution des terres aux Israélites. Ce partage eut lieu par le sort, x\ñpos, ce qui explique la confusion entre les deux verbes : χαταχληρονομέω signifie instituer par héritage tel lot, telle portion de κλῆρος νέμω, distribuer un lot et καταχληροδέω, diviser en lots. Les deux verbes sont quelquefois confondus dans les Septante.
ÿ 20) La division en versets est mal faite : le ÿ 20 devrait commencer à μετὰ ταῦτα, puisque ὡς ἔτεσιν se rapporte à ce qui précède Υ 19. ὥς ἔτεσιν τετραχοσίοις, au datif pour
ἔως Σαμουὴλ προφήτου, 21. χἀχεῖθεν ἠτήσαντο βασιλέα, nai ἔδωχεν αὐτοῖς ὁ Θεὸς
τὸν Σιαοὺλ υἱὸν Κεὶς le, ei ἐχ φυλὴς Βενιαμείν, ἔτη τεσσεράχοντα. 22. χαὶ μεταστή-
σὰς αὐτὸν ἤγειρεν τὸν Δαυεὶδ αὐτοῖς εἰς βασιλέα, ᾧ χαὶ εἶπεν μαρτυρήσας" Eüpoy
; 1S PE] Va 3/ 3 4 / nl 4 ͵ dl 4 #
Δαυεὶδ τὸν τοῦ ᾿Ιεσσαί, ἄνδρα χατὰ τὴν χαρδίαν mob, ὃς ποιήσει πάντα τὰ θελήματά = 3
Lou, 23. τούτου ὁ Θεὸς ἀπὸ τοῦ σπερματος χατ ἐπα γελίαν ἤγαγεν τῶ ᾿Ισραὴλ σωτῆρα ΟἽ i Î Î Î
exprimer la durée du temps, contrairement à l'usage classique qui emploie l’accusatif; οἷ, xmr, 18, 21, Brass. ὡς ἔτεσιν τετραχοσίοις ai πεντήχοντα, environ 450 ans. À quels évé- - nements se rapporterait cette datation? D'après le texte de NABC Vig. Sah. Boh. . Arm. Dieu donna en héritage aux Hébreux la terre des sept peuples détruits pendant 450 ans et après ces choses, μετὰ ταῦτα il leur donna des Juges. Il se serait donc écoulé 450 ans depuis la conquête de Chanaan jusqu'aux Juges, ce qui ne répond à aucune chronologie connue. Il est probable que les 450 ans délimitent tout l'espace de temps qui s’est écoulé entre le moment où Dieu a donné à Israël la terre de Chanaan en héritage et l'époque des Juges. Il faudrait placer le commencement de cette datation ou à la promesse faite par Dieu à Abraham de la terre de Chanaan, qui est équivalente au don de cette terre ou mieux à la naissance d’Isaac en qui s’est réalisée la promesse faite à Abraham. Les 450 ans se décomposeraient ainsi : 60 ans de la naissance d’Isaac à celle de Jacob; 130 ans jusqu’à l’arrivée de Jacob en Égypte; 215 jusqu'à la sortie d'Égypte; 80 ans dans le désert; une dizaine d’années environ jusqu'au partage de Chanaan : en tout 475 ans, chiffre qui se rapproche de celui des Actes. Pour d’autres exégètes la datation commencerait à l'entrée des Israélites en Égypte jusqu’à la mort de Josué : 400 pour la captivité des Hébreux en Égypte, Gen. xv, 13; Act, vu, 6; 40 ans de séjour dans le désert; 10 ans de guerre après l'entrée en - Chanaan. Remarquons que tous ces chiffres sont approximatifs, mais il enest de même du chiffre de 450 ans dans 16 discours de Paul. Mais cette computation a pour base les mots, ÿ 20 : μετὰ ταῦτα ἔδωχεν κριτάς; cet espace de temps s'arrête aux Juges. Il est vrai qu'elle ne répond pas très bien au ÿ 19 : il faut supposer que cette date ne se rapporte pas à : il leur donna en héritage le pays des sept nations de Chanaan, mais à tout l’ensemble des faits racontés auparavant, Pour éviter ces diverses difficultés Dd Sah. Harkl. (mg) omettent μετὰ ταῦτα; EHLP 614%, ainsi que D, d’après une addition, placent μετὰ ταῦτα avant ὡς ἔτεσιν. Il faudrait donc traduire : et après cela, pendant environ 450 ans, il leur donna des Juges. Il y a effectivement à peu près 450 ans d'Othniel, le premier juge à Samuel d’après la chronologie de Josèphe, Ant. για. VIII, 3, 1; x, 8, 5, qui compte 443 ans de Josué à Samuel. Mais cette computation ne 8 ‘accorde pas avec “la date donnée au I* livre des Rois, vi, 1. Ge fut la 480° année après la sortie d'Égypte que Salomon bâtit la maison de l'Éternel. Or, 40 ans du désert, 25 sous Josué, 40 de Saül, 40 ans de David, 4 ans de Salomon forment un total de 149 ans; si nous les retranchons de 480, il reste 331 ans pour la période des Juges et non 450 ans, comme l'indique Paul dans son discours. Mais, si nous additionnons les nombres indiqués dans le livre des Juges, ur, 8, 11, 14, 30; 1v, 3; V, 91; vi, 1; vin, 28; 1x, 22; x, 2, 3, 8; x, 7, 9, 11, 14; xur, 1; xv, 20 nous avons un total de 410 ans; si nous ajoutons 40 ans pour Héli, nous arrivons au total de 450 ans et non 331 ans. C’est le chiffre donné par Paul, mais divers Juges ont pu gouverner ensemble, de sorte que la computation devient très incertaine. Paul a dû employer une chronologie différente de celle du livre des Rois, mais en usage de son temps ainsi que le prouvent des textes de Josèphe. D'après celui-ci, Salomon aurait commencé le Temple 592 ans après la sortie d'Égypte, Ant, μα. VIII, 3, 1. Si nous comptons 40 ans au désert, 25 sous Josué, 450 ans des Juges, 40 de Saül, 40 de David, 4 de Salomon, nous obtenons 599 ans, chiffre à peu près égal à celui de Josèphe,
cent cinquante ans. Et après cela, il leur donna des juges jusqu'au prophète Samuel. 21. Après cela, ils demandèrent un roi. Et Dieu leur donna Saül, fils de Kis, homme de la tribu de Benjamin, pendant quarante ans. 22. Puis, Von déposé, il leur suscita pour roi David, à qui aussi il rendit témoignage, en disant : J'ai trouvé David, le [fils] de Jessé un homme selon mon cœur, qui fera toutes mes volontés. 23. C’est de sa semence que Dieu, selon
Il reste quelques questions que soulève cette datation des Actes, cf. Lorsv, p. 525; nous ne nous y arrêtons pas, les jugeant de peu d'importance et d’ailleurs insolubles.
ἔδωχεν χριτάς : ces Juges étaient donnés aux Israélites pour les délivrer de la main de leurs ennemis : pour Paul, ils étaient la figure, les précurseurs de Jésus, sauveur des hommes.
Ÿ 21} καχεῖθεν : ἐχεῖθεν signifie de là, de là-bas et s'applique aux lieux; ici et dans le grec postérieur il s'applique au temps : après cela. τὸν Σαούλ... τὸν Auveid : l’article marque que c'était des personnages connus. ἔτη τεσσεράκοντα : la durée du règne de Saül n’est pas indiquée dans l’A. T. Mais Josèphe, Ant. jud. VI, 14, 9 dit que Saül régna 18 ans du temps de Samuel et 22 ans après sa mort, donc 40 ans. C’est donc d’une chronologie apparentée à Josèphe que fait usage l’Apôtre. Cependant celle-ci ne paraît pas exacte de tout point. D’après II Sam. v, 4, David avait 30 ans lorsqu'il succéda à Saül. Si celui-ci a régné 22 ans après la mort de Samuël, David avait 8 ans à la mort de celui-ci. Ce serait donc avant 8 ans que David fut oïnt roi par le prophète, qu’il tua Goliath, et épousa la fille de Saül, puisque, après ces événements, Samuel était encore vivant, 1 Sam. χιχ, 18. Mais observons que dans le texte de Josèphe : τελευτήσαντος δὲ δύο [at εἴκοσι], ces deux derniers mots sont placés entre crochets.
Υ 22) χαὶ μεταστήσας : participe aoriste de μεθίστημι, déplacer, expulser, ἃ munere removere. À quel événement du règne de saül Paul fait-il allusion ? A sa déposition du trône par Samuel, 1 Sam. χα, 14 ou à sa mort, 1 Sam. xxx1, 4; c’est à la première date qu’il ἃ été retranché de la liste des rois d'Israël, mais ce n’est qu'à sa mort que
David lui succéda sur le trône, qu'il fut élevé comme τοὶ, ἤγειρεν τὸν Δαυείδ εἰς βασιλέα,
αὐτόν, Saül ; cette allusion de Paul au rejet de Saül prouve que Dieu peut rejeter ceux qu'il a choisis, s'ils ne répondent pas à ses desseins. Ainsi en pourrait-il être du peuple juif. ἤγειρεν τὸν Auveld εἰς βασιλέα : cie, avec l’accusatif pour signifier comme, n'est pas un hébraïsme, ainsi qu'on l’a dit, car la langue vulgaire fournit des exemples de cette extension de εἰς pour exprimer la destination : ἔσχον παρ᾽ ὑμῶν εἰς dé] vetov] σπέρματα; KP, 46; πὸ siècle ap. J.-C.
ᾧ nai εἶπεν μαρτυρήσας : ces deux verbes impliquent l'identité de l’action. — εὗρον Δανεὶδ τὸν τοῦ Ἰεσσαί ἄνδρα κατὰ τὴν χαρδίαν μου, ὃς ποιήσει πάντα τὰ θελήματά μου. Ces paroles attribuées à Dieu sont, suivant l'usage de Paul dans ses épîtres, tirées de passages différents de l'A. T. et citées peu érslement. Au Psaume cxxxvir, 21, Dieu dit : ESpov Δανεὶδ τὸν δοῦλόν μου, puis 1 Rois, χπι, 14 : ζητήσει Κύριος ἑαυτῷ Eau) κατὰ τὴν καρδίαν αὐτοῦ: enfin, 75αΐθ, xuiv, 28; Ps. cut, 7 : πάντα τὰ θελήματά μου ποιήσει. Au θα. de τὸν, sous-entendu, υἱόν, τοῦ Ἰεσσαί les Septante ont τὸν δοῦλόν μου, Au lieu de ἄνθρωπον, Paul dit ἄνδρα, marque de dignité. κατὰ τὴν χαρδίαν μου, suivant mon cœur, tel que je le désire, virum gratissimum. ὃς παιήσεν πάντα τὰ θελήματά μου : David a accompli les volontés, les ordres de Dieu, malgré ses défaillances morales, transitoires. Il s’agit de son œuvre royale et non de sa conduite privée. La conduite de David est mise en opposition avec celle de Saül.
ÿ 23) Paul ἃ parlé de David pour arriver à son sujet principal, la messianité de Jésus,
᾽ 20109 NE γϑοῖκχ κι 9 δας ΤΥ πονοεῖτε εἶναι, οὐχ etui ἐγώ, ἀλλ᾽ ἰδοὺ ἔρχεται μετ᾽ ἐμὲ οὗ οὐχ εἰμὶ ἄξιος
Celui-ci était le Messie parce qu’il en avait les caractères. Il était fils de David : il ἃ
été annoncé par Jean qui prêchait un baptême de pénitence; il a accompli toutes les prophéties sur les souffrances et la mort du Messie et a été ressuscité par Dieu.
τούτου, de celui-ci, David; placé en tête de la phrase, il est emphatique. ἀπὸ τοῦ σπέρμᾶτος au lieu de ëx, Rom. 1, 3. κατ᾽ ἐπαγγελίαν, expression qu'on retrouve, Gal, 111, 29; IT Tim. 1, 1. Paul fait allusion ici non à une promesse particulière faite à David, mais aux promesses messianiques, en général, faites aux patriarches et spécialement à celles que nous trouvons II Sam. vu, 12, 13; Ps. cxxix, 4, 5; οχχχῃ, 11; 15. 1x, 6; x1, 1, 10; Jér. xxur, 5, 6, etc. Les auditeurs de Paul, auxquels chaque semaine on lisait les prophètes devaient bien les connaître. ;
ἤγαγεν, leçon de RABEHLP Vlg. et non ἤγειρεν, leçon de DC 614 Pesch. Harkl. ἤγαγεν, adduxit, prodere fecit. Jésus ἃ été mis en avant, il ἃ commencé son œuvre, lorsque Jean prêcha le baptème de pénitence : σωτῆρα, sauveur; cf. v, 31. Ἰησοῦν signifie aussi sauveur; il y a réduplication de l’idée. Ἰησοῦν, à la fin de la phrase, est emphatique.
ÿ 24) Paul passe sous silence tous les événements qui ont suivi 16 règne de David et qui étaient inutiles à sa démonstration pour en arriver à Jean qui préparait la venue du Messie en prêchant un baptême de pénitence avant l’arrivée de celui-ci, Jésus, ÿ 28.
Cette prédication de Jean avait produit en Judée une telle excitation qu’elle devait
être connue des Juifs de la Diaspora. πρὸ προσώπου τῆς εἰσόδου : expression hébraïsante et pléonastique; littéralement : devant la face de son entrée, de sa venue. πρὸ προσώπου est l'équivalent de πρό : donc, avant son entrée, BLass-DEBRUNNER, p. 130, n. 1.
| τῆς εἰσόδου αὐτοῦ, de son entrée. IL ne s’agit pas de l’entrée de Jésus dans le monde, de l’Incarnation, mais de son entrée dans son ministère public. βάπτισμα μετανοίας Paul rappelle ainsi à ses auditeurs que la pénitence est nécessaire pour entrer dans le royaume messianique et il base cet enseignement sur l’autorité de Jean, lequel était en honneur chez les Juifs; cf. Joskrne, Ant. jud. VIII 5, 2, et dont la renommée s'était étendue partout, au point que Paul trouva à Éphèse, xvin, 25; xix, 3, des disciples de
Jean.
ÿ 25) ὡς δὲ ἐπλήρου ᾿Ιωάνης τὸν δρόμον : Cum in eo esset ut perficeret cursum secum, et lorsque Jean remplissait sa course, c’est-à-dire sa mission, son office, vers la fin de sa vie ou à la fin du récit qui le concerne dans l’évangile, Le. 11, 15, 16. ὡς, forme lucanienne ; ἐπλήρου, sémitisme. τὸν δρόμον, expression familière à Paul qui aimait à rappeler les jeux du cirque, Gal. 11, 3; IT Tim. 1v, 7; Act. xx, 24. Luc ne s'en sert jamais; elle est classique, cf. ARISTOPHANE, Guépes, 376. Les paroles de Jean ne furent pas en réalité prononcées par Jean peu de temps avant sa mort, mais au cours de sa
prédication, mais Paul considère ces paroles comme mettant le sceau à l’œuvre de
Jean qui était de proclamer la messianité de Jésus. ἐπλήρου, à l'imparfait, indique une action, commencée dans le passé et dont la durée se prolonge. On pourrait donc traduire : pendant que Jean remplissait sa course.
τί ἐμὲ ὑπονεῖτε εἶναι (grec vulgaire); cependant après les verbes de prière, de penser, tel que ὑπονέω, l’infinitif était normal dans le grec ancien. οὐχ εἰμὶ ἐγώ : τί est-il interrogatif et faut-il traduire : que pensez-vous que je sois? Je ne suis pas (ce que vous
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Pos
sa promesse, à amené à Israël un sauveur, Jésus. 24. Jean avait prêché avant
son entrée (sa venue) un baptème de pénitence à tout le peuple d'Israël. 25 Et lorsque Jean achevait [sa] course, il disait : Ce que vous pensez que je suis, je ne le suis pas : mais voici que vient après moi [quelqu'un] dont je ne suis pas digne de délier les sandales de [ses] pieds.
26. Hommes frères, fils de la race d'Abraham, et ceux d’entre vous qui
pensez). Ou est-il affirmatif : Ce que vous pensez que je suis, je ne le suis pas. La forme interrogative est plus grammaticale, maïs la forme affirmative répond mieux au contexte. De plus, nous avons deux leçons pour le pronom : τί, NAB 61 Sah. Eth. et τινα, CDEHLP Vilg. Boh. Pesch. Harkl. Les deux leçons sont bien soutenues, mais la seconde paraît mieux s'adapter au texte et être plus grammaticale. Non videtur ferri posse neutrum τί, cf. τι. 1, 22; Mt. xvi, 13;-Mc. vin, 27, etc. Est autem τίνα pro ὅν, ΒΌΤΤΜΑΝΝ, p. 216, ex usu rariore illo quidem, sed exemplis (hellenisticis maxime) satis firmato, Brass. : celui que vous pensez que je suis, je ne le suis pas. Jean fait allusion à la croyance des Juifs à son sujet, à savoir qu'il était le Messie. ἰδοὺ ἔρχεται, sousentendu, le Messie, Jésus, dont l’idée est déjà dans ce qui précède. μετ᾽ ἐμέ : μετά avec l’accusatif signifie après. οὗ οὐκ etui ἄξιος, c’est-à-dire celui dont je suis le serviteur; — l’antécédent du relatif οὗ n’est pas exprimé, suivant l'usage ordinaire; cf. RoBERTSON, p- 72. L'infinitif, λῦσαι, est employé ici au lieu de ἵνα avec le subjonctif; cf. /n. 1, 27, ἵνα λύσω; la particule ἵνα n’est que 12 fois dans les Actes, et rarement dans le grec classique. C'était, en Orient, l'office des plus bas esclaves de délier la chaussure de leurs maîtres. Paul rapporte ici des paroles des évangiles, Mt. 11, 11; Me. τ, 7; Le. πι, 16; Jn. 1, 27, mais non littéralement.
IT, Jésus Messre, xu1, 26-37. — Υ 26) « La reprise de l'adresse montre qu’un nouveau discours commence. (Blass n’est pas de cet avis). Il contient l’apologie de (Jésus. Paul démontre que Jésus est le Sauveur, que la parole du salut est vraiment fondée en lui, bien qu'il ait été mis à mort », Rose.
Avdpes ἀδελφοί, υἱοὶ γένους ᾿Δόραὰμ. καὶ οἱ ἐν ὑμῖν φοδούμενοι τὸν Θεόν. Paul répète son appellation, mais d’une façon plus affectueuse, ἀδελφοί; il l'adresse spécialement tout d’abord à ceux-là seulement qui sont de la race d'Abraham, puis il ajoute : et à ceux d’entre vous qui craignent Dieu; expression qui englobe probablement les gentils convertis, attachés à Israël par la circoncision, et les gentils qui adorent et craignent le vrai Dieu, mais ne sont pas circoncis, cf. ÿ. 16.
ἡμῖν ὃ λόγος τῆς σωτηρίας ταύτης ἐξαπεστάλη, Nous avons deux lecons pour le pronom. ἡμῖν, N ABD 13 61 Sah. Harkl. (mg), Paul dit : c’est à nous qu'est envoyée la parole de ce salut et la suite montre que Paul veut distinguer des Juifs incrédules qui ont tué le Christ ceux qui comme lui croient, et ceux de la Dispersion, ainsi que les gentils appelés à croire. Déjà, Jésus avait affirmé que le royaume de Dieu sera enlevé aux Juifs de Jérusalem et sera donné à un peuple qui en produira les fruits, M4. χχι, 43. La leçon ὑμῖν ὁ λόγος... ἐξαπεστάλη, CEHLP Vlg. Pesch. Harkl. Boh. Arm. Eph. Chrys. accentue, davantage l'opposition entre les Juifs de Jérusalem et ceux de la Dispersion laquelle est encore bien marquée par la suite du discours : la parole de ce salut vous a été envoyée, car les habitants de Jérusalem avaient méconnu Jésus. Mais yép peut ne pas se rapporter à ὑμῖν, mais à ὁ λόγος τῆς σωτηρίας et s’interpréter ainsi : c’est bien une parole de salut qui vous a été envoyée; car si Jésus a été rejeté des habitants de Jérusalem, c’est en accomplissement des prophéties. Ce sens ne nous paraît pas ressortir clairement du texte. Enfin, il est possible que γάρ soit tout simplement une
& lé Ἂν À à ἐδ € Use
ἃ λόγος τῆς σωτηρίας ταύτης ἐξαπεστάλη. 27. of γὰρ χατοιχοῦντες ἐν “Ἱερουσαλὴμ, D 2 -ᾧῳὋ = 2 4 \ - -
- τὸ JDN - 37 -" « αὐτοῦ γεγραμμένα, χαθελόντες ἀπὸ τοῦ ξύλου ἔθηχαν εἰς μνημεῖον. 80, ὁ
conjonction de liaison pour éviter l’anacoluthe, et non une conjonction indiquant une
conséquence.
à λόγος τῆς σωτηρίας ταύτης : οἷ, v, 20, τὰ ῥήματα τῆς ζωῆς ταύτης, La parole, c'est-à-dire le message, la révélation du salut : locution paulinienne, Æph. 1, 18; Philip, τι, 16; I Thess. τι, 13, etc.; ἡ 23, il est parlé de Jésus sauveur; c'est à ce salut, σωτηρίας ταύτης qu’il est fait allusion ici. ἀπεστάλη; la parole de ce salut leur ἃ été envoyée et cela en dehors des autorités de Jérusalem. Si le Sanhédrin avait reconnu Jésus tous les Juifs de la Dispersion auraient immédiatement adhéré à cette croyance à la messianité de Jésus. Il n’eût donc pas été nécessaire de leur prêcher la parole de ce salut. Wendt suppose que ἀπεστάλη signifie seulement que la parole du Seigneur a été envoyée du lieu où pour la première fois elle ἃ été proclamée.
ΟΥ̓ 27) Paul démontre que, malgré le rejet de Jésus par les Juifs de Jérusalem, celui-ci est le Messie prédit par les prophètes. Le verset peut être traduit de deux manières. Ou bien en donnant au second xai le sens simplement copulatif : Les Juifs, ayant méconnu Jésus ainsi que les paroles des prophètes, les accomplirent en le condamnant, ou bien en donnant à καὶ le sens épexégétique : En condamnant Jésus, les Juifs ont même accompli les paroles des prophètes. On pourrait aussi rapporter τοῦτον à
= © Àdyos τῆς σωτηρίας et traduire : ayant méconnu celle-ci (la parole de ce salut) et 165
paroles des prophètes. — ἀγνοήσαντες, 1 Tim. 1, 18, Paul accuse donc les Juifs de n'avoir pas compris les paroles des prophètes qui prédisaient les souffrances et la mort du Messie. Ce qui était pour eux un scandale, la crucifixion, aurait dû être une pfeuve de la messianité de Jésus. Comme Pierre, Paul établit la messianité de Jésus sur sa mort et sa résurrection, prédites par les prophètes. Mais ici, comme I Cor. τι, 8, il reconnaît que les Juifs ont agi par ignorance, car s’ils l'avaient connu, ils n'auraient pas crucifié le Seigneur de la gloire.
La phrase est assez embarrassée et, ainsi que la suite du texte, ne parait pas très assurée. Voici, en effet, comment le codex de Bèze présente la suite du texte : Kat οἵ ἄρχοντες αὐτῆς μὴ συνιέντες τὰς γραφὰς τῶν προφητῶν τὰς κατὰ πᾶν σάδόατον ἀναγινωσχομένας χαὶ χρίναντες ἐπλήρωσαν. καὶ μηδεμίαν αἰτίαν θανάτου εὑρόντες ἐν αὐτῷ χρίναντες αὐτὸν παρέδωχαν Πιλάτῳ εἰς ἀναίρεσιν. Ὥς δὲ ἐτέλουν πάντα τὰ περὶ αὐτοῦ γεγραμμένα ἠτοῦντο τὸν Πιλᾶτον, τοῦτον μὲν σταυρῶσαι, (μετὰ δὲ τὸ σταυρωθῆναι αὐτὸν ἠτοῦντο τὸν Πιλᾶτον ἀπὸ τοῦ ξύλου χαθελεὶν αὐτόν, Harkl. (mg), χαὶ ἐπιτυχόντες πάλιν καὶ χαθελόντες ἀπὸ τοῦ ξύλου χαὶ ἔθηχαν αὐτὸν εἰς μνημεῖον, ὃν ὁ Θεὸς ἤγειρεν. Voici la traduction latine du codex de Bèze : Et principes ejus non intellegentes scripturas prophetarum quae per omnem sabbatum leguntur, et cum judicassent implerunt, et nulla causa mortis inventa est in eo, Judicantes autem eum tradiderunt Pilato, ut interficeretur, et consummaverunt omnia quae de illa scripta sunt, petierunt Pilatum hunc crucifigi et impetraverunt iterum et deposuerunt de ligno et posuerunt in monumento, quem Deus vero excitavit. — Le codex de Bèze a eu l'intention de compléter le récit, mais il l’'embrouille, Lectio B in D syr vehementer corrupta aegre restituitur, BLass. L'addition de l'Harkléenne : après qu'il eut été crucifié, ils demandèrent à Pilate de le descendre du bois, semble indiquer un changement de sujet du verbe; le glossateur ἃ dû avoir en vue Nicodème et Joseph d'Arimathie; il s'accorde ensuite avec D et ayant obtenu sa permission et l'ayant
craignent Dieu, c’est à nous que la parole de ce salut a été envoyée. 27. Car les habitants de Jérusalem et leurs chefs, ayant méconnu celui-ci [Jésus]
ainsi que les paroles des prophètes qui se lisent chaque sabbat ont accompli
[celles-ci], en [16] condamnant. 28. Et n'ayant trouvé en lui aucune cause de mort ils ont demandé à Pilate de le faire mourir. 29. Et après qu'ils eurent accompli tout ce qui était écrit de lui, l'ayant descendu du bois 115 le déposèrent dans un tombeau. 30. Mais Dieu l’a ressuscité d’entre les morts. ,
descendu du bois ils le déposèrent dans un tombeau. Le texte du discours serait ainsi plus en rapport avec le récit évangélique, Jn. χιχ, 38 5. χατὰ πᾶν σάδδατον : χατά marque le temps.
Ÿ 28) καὶ μηδεμίαν αἰτίαν θανάθου εὑρόντες : ce participe adverbial de concession équivaut à une clause concessive, telle que : quoique. μηδεμίαν pour οὐδεμίαν à cause du participe. Les Juifs n'ont trouvé en Jésus aucun crime, méritant la mort, car les accusations portées contre lui étaient fausses, M4. xxvi, 65, et c’est seulement sur ses propres paroles que Jésus a été jugé digne de mort, Mt. xxvi, 66. Le Sanhédrin livra donc Jésus à Pilate pour être mis à mort, bien que celui-ci eût reconnu son innocence, Le. xxin, 14, 22. Il l’accusait de s'être fait fils de Dieu, /n. χιχ, 7 et roi, /n. xvint, 33, 37, 39, etc. Les Juifs demandèrent donc la mort de Jésus, ἀναιρεθῆναι, être enlevé, tué.
Υ 29) Connaissant les récits de la passion de Jésus, qui faisaient ressortir comment ce dernier avait réalisé toutes les prophéties, Paul affirme que tout ce qui a été écrit dans les prophètes sur les souffrances et la mort du Messie a été accompli en Jésus. Déjà le Seigneur avait affirmé cette corrélation, Le. xvin, 31; xxnr, 37 et avant d’expirer il dit : τετέλεσται, Jn. χιχ, 30. Ce point était très important pour la démonstration de la . messianité de Jésus, car les souffrances et la mort infamante de celui-ci était l’objection fondamentale des Juifs contre Jésus Messie. ἐτέλεσαν, aoriste de τελέω, finir, terminer, accomplir.
καθελόντες ἁπὸ τοῦ ξύλου ἔθηκαν εἰς μνημεῖον — μνημεῖον, monument sépulcral, chez les Attiques, est pour τάφος, tombeau. Ces verbes ἐτέλεσαν, καθελόντες, ἔθηχαν ont pour sujet οἱ χατοιχοῦντες ἐν Ἱερουσαλὴμ. χαὶ οἱ ἄρχοντες αὐτῶν, Ÿ 27; καθελόντες a pour complément direct, τὸ σῶμα, sous-entendu. Les Juifs et leurs chefs descendirent Jésus du bois et le déposèrent dans un tombeau. Paul retrace les faits à grands traits; la sépulture est envisagée comme une conséquence de la mort. L’orateur ne distingue pas entre les Juifs, ennemis de Jésus, qui ont demandé sa mort à Pilate et les Juifs, ses amis, qui l'ont déposé de la croix et enseveli. C'étaient donc tous des Juifs et de plus Nicodème et Joseph d’Arimathie étaient membres du Sanhédrin. Paul avait ici à prouver seulement la réalité de la mort de Jésus par sa déposition et par sa mise au tombeau. Il importait peu de préciser quels en avaient été les instruments. Quare in narratione generali quadam ratione proposita idem subjectum adhiberi et relinqui potest, Bezcen. Il est possible d’ailleurs que l’orateur ait fait à ses auditeurs un récit plus complet de la passion de Jésus, et que Luc ne nous ait donné ici qu’un résumé.
‘ Le récit de Paul, entendu littéralement, s'accorde sur quelques détails avec l’évangile de Pierre, ÿ 21-24.
ÿ 30) Paul met en opposition la déposition de Jésus dans le tombeau et sa résurrection. Pierre avait été plus énergique : les Juifs avaient mis à mort Jésus et Dieu
l'avait ressuscité, m1, 15; 1v, 10.
Paul va maintenant prouver la résurrection de Jésus. Il affirme d’abord le fait :
Dieu l’a réellement ressuscité des morts. La Vulgate ajoute : tertia die. ACTES DES APOTRES. 26
Ne
ἤγειρεν αὐτὸν Ex νεχρῶν. 31. ὃς ὥφθη ἐπὶ ἡμέρας πλείους τοῖς συναναδᾶσιν αὐτῷ
32. χαὶ ἡμεῖς ὑμᾶς εὐαγγελιζόμεθα τὴν πρὸς τοὺς πατέρας ἐπαγγελίαν γενομένην, 33. ὅτι ταύτην ὁ Θεὸς ἐχπεπλήρωχεν τοῖς τέχνοις ἡμῶν ἀναστήσας ᾿Τησοῦν, ὡς nat
Υ 31) Et la preuve, c’est qu’il a été vu pendant de nombreux jours par ceux qui le connaissaient bien, ses apôtres et ses disciples, par ceux qui étaient montés avec lui de la Galilée à Jérusalem. ἐπὶ fuépas πλείους : ἐπέ avec l’accusatif pour marquer l'extension et la durée; forme habituelle à Luc, 1v, 35; xvi, 18; xvin, ά, 20, etc. πλείους pour πλείονες, plus grands, plus nombreux. συναναδᾶσιν ἀπὸ τῆς Γαλιλαίας, Mi., xx, 17; Mc, x,
82; xv, 41. D’autres personnes que les apôtres sont venues de Galilée à Jérusalem avec
Jésus, mais l'écrivain n’a en vue que ceux-ci, ainsi qu’il ressort du contexte. τῆς Γαλι--
᾿Δλαίας : ἣ Γαλιλαία necessario cum articulo, quia adjectivum est ab origine (scil. χώρα)
BLass. οἵτινες pour of. μάρτυρες, 165 témoins, qui rendent témoignage de la résurrection, ce sont les apôtres, 1, 8; 11, 32; 11, 15 ; v, 32; x, 39, 41. πρὸς τὸν λαόν, devant le peuple de Judée et de Jérusalem; chez Ἐν λαός, sauf peut-être une fois, 1v, 27, a toujours ce sens. La prédication apostolique a donc été bornée à la Palestine et aux Juifs. . οἵτινες νῦν εἰσιν μάρτυρες αὐτοῦ πρὸς τὸν λαόν : Ceux qui ont vu Jésus ressuscité sont encore vivants et rendent encore témoignage au peuple de la résurrection de Jésus. Cette résurrection n’est donc pas un bruit populaire, un « on dit » maïs un fait réel, appuyé sur l'affirmation de témoins vivants, cf. I Cor. xv, 6. Après οἵτινες, NAC 13 18 61 Sah. Bob. Pesch. Arm. Eth. lisent νῦν qui est omis par BEHLP, la plupart des minuscules, Chrys. « Maintenant » doit être la vraie leçon, le contexte montrant que l’auteur établit un parallèle entre le témoignage actuellement rendu devant le peuple de Dieu en Palestine par les apôtres et celui que rendent en même temps les mission-
naîres de l'Évangile devant les Juifs de la dispersion et les adorateurs païens. On aura fait réflexion que le témoignage des apôtres n’était pas valable que pour le présent et l’on aura signifié qu’il durait depuis la résurrection du Christ en écrivant
« jusqu'à présent », Lorsy. ἀχρί νῦν, D Vig. Harkl. νῦν a peut-être été omis parce que
les missionnaires n'étaient pas témoins de la résurrection de Jésus, seulement « maïntenant » mais l’étaient depuis qu’elle avait eu lieu. On l’a peut-être supprimé en imi-
tation des passages parallèles, n, 32; m1, 15; v, 32; x, 39, où νῦν ne se trouvait pas,
LA
car il y était inutile. Le témoignage de Paul et de Barnabé était une suite du témoignage des apôtres sur la résurrection de Jésus. Tout cela prouve que si νῦν n’avait pas été la leçon originale, les copistes ne l’auraient pas ajouté.
Ÿ 32) rai ἡμεῖς : nous aussi, de même que ceux qui avaient été témoins oculaires, nous vous annonçons la réalisation de la promesse faite à nos pères. ἐπαγγελία est dans le Ν, T.la promesse du salut; εὐαγγέλιον, la bonne nouvelle de l’accomplissement de cette promesse. εὐαγγελιζόμεθα construit ici seulement avec deux accusatifs d’après Vusage de la langue hellénistique. Les classiques le construisaient avec le datif de la chose et l’accusatif de la personne, forme qu'on trouve aussi dans le Ν. Τ᾿ vur, 35; Ze.
4, 49; IT Cor. x1, 7; Eph. n, 17; 11, 8, etc. πρὸς τοὺς πατέρας : DE, des min. Vlg. Gig. ajoutent ἡμῶν. Blass ne croit pas que εὐαγγελιζόμεθα gouverne deux accusatifs; τὴν ἐπαγγελίαν serait gouverné par ἐχπεπλήρωχεν du Ÿ suivant. Il y aurait prolepse.
Les ÿ 32 et 33 nous semblent mal divisés : au lieu de commencer le ÿ 88 à ὅτι ταύτην, qui est la suite naturelle du ÿ 32, ἐπαγγελίαν γενομένην, il serait plus conforme au sens de réunir ces deux membres de phrase et de commencer le ÿ 33 à ὡς καὶ ἐν τῷ ψαλμῷ, C'est la division de Blass, B. Weiss.
Ÿ 33) ὅτι marque la dépendance de la phrase principale. ἐχπεπλήρωχεν : parfait de
31. Il ἃ été vu pendant de nombreux jours par ceux qui étaient montés avec lui de la Galilée à Jérusalem, lesquels sont maintenant ses témoins devant le peuple. 32. Et nous aussi nous vous annonçons que la promesse faite à [nos] pères, 33 Dieu l’a accomplie pour nous, leurs enfants en exaltant [ressuscitant] Jésus, comme il est écrit dans le Psaume deuxième : Tu es mon
ἐχπληρόω, remplir, compléter, accomplir; ce parfait indique la continuité de l’action. Dieu a accompli la promesse dans son entier: La suite du ÿ se présente sous diverses formes : τοῖς τέχνοις ἡμῶν, NABC* D VIlg. Eth. ou τοῖς τέχνοις αὐτῶν ἡμῖν, (5 EHLP 61 Pesch. Harkl. Arm. Chrys. On trouve aussi τέχνοις μῶν et τέχνοις αὐτῶν buiv. La première leçon est mieux appuyée que la seconde au point de vue de la critique externe, mais donne un sens moins plausible que la seconde. D’après la première : Dieu l’a accomplie
[la promesse] pour nos enfants, Dieu n'aurait accompli la promesse concernant la
résurrection de Jésus que pour la génération qui suit l'actuelle, ce qui est contraire à l'idée de Paul, annonçant aux Juifs la résurrection de Jésus. Loisy fait remarquer que la seconde leçon, τοῖς τέχνοις αὐτῶν ἡμῖν, est d’une lourdeur invraisemblable, à moins qu'on ne rattache « nous » à ce qui suit et qu'on ne lise : « à leurs enfants nous ressuscitant Jésus. » La phrase est bien peu élégante et peu conforme à la grammaire : un pronom n’est pas rattaché à une proposition qui le suit. Il est difficile de dire quelle ἃ été la forme originale, mais la pensée de Paul ἃ dû être celle-ci :
Dieu ἃ accompli pour les enfants actuels la promesse faite dans le passé aux pères,
et ces enfants sont donc lui-même et ses auteurs. Burnside, p. 163, croit qu’il faut
rattacher τοῖς τέχνοις à ἐχπεπλήρωχεν et ἡμῶν c'est-à-dire ἡμῖν à ἀναστήσας et il traduit :
That this promise God hath fulfilled. for the children, having for us raised up Jesus.
A la suite de B. Weiss, von Soden, Loisy, Blass (qui supprime fui après αὐτῶν), nous adoptons la seconde leçon qui nous paraît répondre le mieux au contexte, à la.
condition toutefois que la proposition qui suit vise la résurrection de Jésus, ce qui
est très discuté, car le texte peut s'expliquer de deux façons. Il est vrai que quelle
que soit l'explication adoptée, elle ne favorise pas la première leçon. — ἀναστήσας,
participe aoriste de ἀνίστημι, élever, réveiller, ressusciter. Ici le participe aoriste exprime une idée antécédente à celle du verbe principal, forme fréquente dans les
Actes et dans le style de Luc; cf. Act. x, 39; χι, 30; xv, 8, 9, etc. D’après quelques
exégètes, Paul ne parle pas ici de la résurrection de Jésus, dont il a déjà parlé et dont il parlera encore plus loin; il parle de l’exaltation de Jésus que Dieu a déclaré son fils, ce qu’il a manifesté publiquement et clairement, lors de son baptême : la suite de la phrase : υἱός μου εἶ σύ, justifie cette interprétation et cela d'autant plus que ἀνίστημι signifie ressusciter surtout lorsqu'il est accompagné de ἐκ νεχρῶν. 12 fois ἀνίστημι signifie ressusciter des morts, sans addition de ἐκ vexpüy et 19 fois avec l'addition de ἐκ vexpüv, Au ÿ suivant il est dit que Dieu ἀνέστησεν αὐτὸν ἐχ νεχρῶν; le sens du premier ἀναστήσας ne doit pas être le même que celui du second ἀνέστησεν, accompagné de ëx νεχρῶν. Dieu aurait suscité Jésus pour sa mission terrestre. De nombreux écrivains ecclésiastiques, Cyprien, Eusèbe, Grégoire de Nysse, Théodoret, Proclus, Euloge d’'Alexandrie, Cyrille d'Alexandrie, Oecumenius, Théophylacte, pensent que Paul parle ici du Verbe incarné en Jésus; cf. Parrizzi. IL semble cependant plus naturel de croire que Paul fait allusion à la résurrection de Jésus, laquelle ἃ réalisé Ia promesse faite aux pères; c’est l’idée de la résurrection qui est exprimée dans tout ce passage : elle a été l'objet du témoignage dés apôtres et des deux prédicateurs et au ÿ suivant elle ést nettement affirmée. Les paroles de Dieu : υἱός μου εἶ σύ peuvent se rapporter à la résurrection; ce serait conforme à l’enseignement que donne Paul aux Romains, ï, 4, en appuyant la filiation divine de Jésus sur sa résurrection : Χριστοῦ ’Inc0ë... τοῦ
ἐν τῷ ψαλμῷ γέγραπται τῷ δευτέρῳ Υἱός pou εἶ σύ, ἐγὼ σήμερον γεγέννηχά σε.
οὕτως εἴρηχεν᾽ ὅτι δώσω ὑμῖν τὰ ὅσια Δαυεὶδ τὰ πιστὰ. 35. διότι nat ἐν ἑτέρῳ λέγει"
δὁρισθέντος υἱοῦ Θεοῦ ἐν δυνάμει χατὰ Πνεῦμα ἁγιωσύνης ἐξ ἀναστάσεως νεχρῶν. « La parole du Psaume : Tu es mon fils, aujourd’hui je t’ai engendré, se vérifierait donc du Christ ressuscité et installé dans sa gloire qui, à partir de ce moment, débute dans son rôle du Fils de Dieu puissant. » Rose. Il semble que cette interprétation est indiquée par les paroles de Yahveh que le codex de Bèze et l’Harkléenne (mg) ajoutent après σε: αἴτησαι παρ᾽ ἐμοῦ, καὶ δώσω σοι ἔθνη τὴν χληρονομίαν σου, καὶ τὴν κατάσχεσίν σου τὰ πέρατα τῆς γῆς : postula ἃ me et dabo tibi gentes hereditatem tuam et possessienom tuam terminos terrae, ἃ. Ces paroles sont dans les Septante la suite de ἐγὼ σήμερον γεγένηχά σε, PSI 7, 8.
ὡς καὶ ἐν τῷ ψαλμῷ γέγραπται τῷ δευτέρῳ, c'est la leçon de RABCECHLP ΥἹ]ρ. Harkl. tandis que le codex de Bèze, Origène, Tertullien, Cyprien, Hilaire, Gigas, des man. latins adoptent τῷ πρώτῳ au lieu de τῷ δευτέρω. La première leçon est conforme à la numération ordinaire des psaumes. Mais Origène, in Ps. II, nous apprend que les Juifs, cf. Berekoth, f. 9b, combinaient souvent les psaumes 1 et n. Cf. Jusmin, I Ap: 40. Tertullien, ado. Marc. 1v, 22; Cyprien, Testim. 1, 13. Le premier psaume était regardé comme une sorte d'introduction au Psautier. Il est donc possible qu’un scribe occidental, habitué à unir ces deux psaumes, ait corrigé la leçon τῷ δευτέρῳ en τῷ πρώτῳ. Wernigerode omet ἐν τῷ δευτέρῳ. C’est le seul passage du N. T. où la citation est
numérotée.
υἱός μου εἶ σύ : citation littérale des Septante, en accord avec le texte hébreu. Ce texte est rappelé lors du baptême de Jésus dans le Jourdain, Zc. m1, 22, et lors de sa transfiguration sur le mont Thabor, Ze. 1x, 86. Plusieurs auteurs catholiques voient dans la citation de ce texte par Paul une proclamation de la messianité de Jésus. Les Juifs, en effet, appliquaient ce passage au Messie, mais ils n'entendaient pas cette filiation au sens naturel. Ils étaient trop strictement monothéistes pour croire que Dieu avait un fils qui lui était égal. Il n’en était pas de même de Paul, qui était instruit du mystère de la Sainte Trinité, ainsi que le prouvent ses épîtres. Il entendait donc ce passage sur la filiation divine de Jésus, au sens naturel, mais il est possible qu'il ait appliqué ce passage ici au sens messianique, tel que l’entendaient les Juifs.
Υ 34) Après avoir prouvé par un premier texte des Psaumes que Dieu avait déclaré Jésus son Fils, Paul établit maintenant la résurrection de Jésus par d’autres passages des Psaumes. La tournure de la phrase, ὅτι δὲ ἀνέστησεν αὐτὸν ἐχ νεχρῶν : ὅτι, qu'il lait ressuscité des morts, indique que le précédent ἀναστήσας signifie probablement l'ayant ressuscité. Ce n’est pas l’avis de Knabenbauer : Ipsa particula δέ et appositione illa x νεχρῶν ad ἀνέστησεν ostenditur nunc tandem fieri sermonem de resurrectione, neque jam factum esse in Ÿ 33. — μηκέτι μέλλοντα ὑποστρέφειν εἰς διαφθοράν, amplius jam non reversurum in corruptionem, Vlg. Paul veut-il dire que Jésus ne devait plus retourner à la corruption, comme s’il en avait déjà été atteint? C’est bien le sens littéral de sa phrase, mais il faut l’interpréter et la comprendre autrement, puisque, ÿ 37, Paul déclare que celui que Dieu a ressuscité n’a pas vu la corruption, οὐχ εἶδεν διαφθοράν.
Ilest probable que διαφθορά ἃ ici le sens de mort, laquelle est exprimée par sa conséquence, la corruption, ou le sens de tombeau : Dieu l’a ressuscité des morts, de sorte qu'il ne dût plus retourner à la mort ou au tombeau; cf. Rom. vi, 9 : Χριστὸς ἐγερθεὶς ëx vexp@y οὐχέτι ἀποθνήσχει. — D'après Winer, unxért serait un pléonasme et équivaudrait
νας Ne EN TE Ἢ δ σαν οι ER μά ον τὸ
fils, je t’ai engendré aujourd’hui. 34. Or, qu'il l'ait ressuscité des morts, de sorte qu'il ne dut plus retourner à la corruption, il l’a dit ainsi : Je vous donnerai les choses saintes de David, [choses] certaines. 35. C’est pourquoi il dit encore dans un autre [passage] : Tu ne permettras pas que ton saint voie la corruption. 36. Car David, ayant en son temps servi la volonté de
à μή, ne devant pas aller à pourriture. Cependant, μέλλοντα semble indiquer un fait futur par rapport à ἀνέστησεν. οὕτως εἴρηχεν : [6 sujet du verbe est Yahveh, sujet qui est dans l'esprit de l'auditeur. ὅτι δώσω butv τὰ ὅσια Δαυεὶδ τὰ πιστά : ce passage d’Isaïe, Lv, ὃ, est emprunté aux Septante avec une légèr® variante : au lieu de δώσω ὑμῖν les Septante ont xat διαθήσομαι ὑμῖν διαθήχην αἰώνιον (conforme à l’hébreu) τὰ ὅσια Δαυεὶδ τὰ πιστά, qui diffère légèrement de l’hébreu; τὰ ὅσια ne traduit pas littéralement l’hébreu : «les grâces de David, les vérifiées » c’est-à-dire Les faveurs divines dont David a reçu l'assurance et dont l'événement ἃ prouvé la solidité. ὅσιος signifie pur de tout crime, saint, pieux et au pluriel neutre, les choses ou les paroles saintes. Il est difficile de voir comment ce passage d'Isaïe rentre dans un raisonnement qui tend à prouver la résurrection de Jésus. Voici, semble-t-il, quel est le raisonnement de l’orateur : Que Dieu ait ressuscité Jésus, cela est établi par cette promesse faite à David : Dieu ne permettra pas à son saint de voir la corruption. Or, Dieu a promis de donner, de vérifier les choses saintes de David, qui sont certaines, parmi lesquelles est la résurrection; donc il ressuscitera Jésus, le saint descendant de David. Cf. KNABENPAUER, p. 234. τὰ πιστά de πιστός, digne de foi, certain, d’où τὰ πιστά, les choses sûres, certaines, auxquelles on peut ajouter foi. τὰ πιστά est en apposition à τὰ ὅσια.
Υ 35) διότι, c’est pourquoi « parce que la sainteté davidique, dont parle Isaïe, est l'immortalité glorieuse du Christ ressuscité » Loisy. Afin de réaliser sa promesse Dieu a dit ailleurs : Tu ne permettras pas que ton saint voie la corruption, λέγει, le sujet est Dieu, bien que, dans le Psaume, celui qui parle c’est David. Mais celui-ci doit être considéré comme le porte-parole de Dieu, lequel ἃ mis dans la bouche de David ses propres paroles. D'ailleurs toutes les paroles de l'Écriture viennent de Dieu. « διότι : 5. Paul justifies his interpretation of the quotation from Isaiah as referring to Christ by another reference to the 161} Psalm. τὸν ὅσιον is clearly connectes in argument with τὰ ὅσια and as David died and see the corruption, the sure and faithful promises and blessings most refer to God’s Holÿ One who did not see the corruption, and therefore to the Messiah, David’s son, and not to David himself » Burxsine. δώσεις, futur de δίδωμι, donner; par extension, livrer, accorder, permettre. Ce passage a été déjà cité par Pierre, τι, 27 et l'argument est plus développé.
Υ 36) Mais ces paroles du psaume ne peuvent être appliquées à David et les Juifs les ont toujours entendues du Messie, Jér. xxx, 3; Éz. χχχιν, 23 5.; xxxvir, 24 5. Paul raisonne ainsi : Dieu ne permettra pas que son saint voie la corruption; or, David ἃ vu la corruption; donc, ces paroles ne s'adressent pas à lui, mais à Jésus, son descendant, qui n’a pas vu la corruption, puisque Dieu l’a ressuscité. C’est donc en lui que se réalisent les promesses faites à David, promesses saintes, auxquelles on doit avoir foi. À
Δαυεὶδ μὲν γάρ : David est mis en opposition avec Jésus; ἰδίᾳ yeveä, en sa propre génération, en son temps. ἰδίᾳ, terme familier à Luc. Comme les autres hommes, David a servi pendant sa vie la volonté de Dieu, tandis que Jésus Messie servira Dieu pendant toutes les générations; ὑπερητήσας, seulement dans les Actes. ἰδίᾳ γενεᾷ peut être un datif de temps, David a servi pendant sa propre génération ou un datif d'intérêt :
406 ; ie ACTES DES APOTRES, xXIII, 36-41.
98. γνωστὸν οὖν ἔστω ὑμῖν, ἄνδρες ἀδελφοί, ὅτι διὰ τούτου ὑμῖν ἄφεσις ἁμαρτιῶν χαταγγέλλεται, nai ἀπὸ πάντων ὧν οὐχ ἠδυνήθητε ἐν νόμῳ Μωύσέως διχαιωθῆναι» 99. ἐν Tour πᾶς ὁ πιστεύων δικαιοῦται. HO. βλέπετε οὖν ph ἐπέλθῃ τὸ εἰρημένον
hA. Ἴδετε, οἱ χαταφρονηταῖ, nai θαυμάσατε χαὶ ἀφανίσθητε" ὅτι ἔργον ἐργάζομαι ἐγὼ ἐν ταὶς ἡμέραις ὑμῶν, : Ἵ >
9, e\ + € a ἔργον ὃ οὐ un πιστεύσητε, ἐάν τις ἐχδιηγῶται DV.
David ἃ servi la volonté de Dieu en faveur de sa propre génération. La première traduction est plus simple et mieux en rapport avec l’idée à exprimer. Il est d’ailleurs
. plus naturel de représenter David comme servant la volonté de Dieu que comme ser-
vant sa propre génération. Dans la seconde traduction, ὑπερητήσας gouvernerait deux datifs — ce qui n’est pas grammatical — à moins de supposer que le second datif, τῇ τοῦ Θεοῦ βουλῇ ne se rapporte à ἐχοιμήθη, il est mort par la volonté de Dieu.
ἐχοιμήθη, aoriste passif de χοιμάω, mettre au lit, endormir. S'endormir signifie mourir dans les saintes Écritures, M4. 1x, 24; Jn. x1, 11; 1 Thess. 1v, 13. καὶ προσετέϑη πρὸς τοὺς
πατέρας αὐτοῦ, Cette expression : il a été placé auprès de ses pères, il ἃ été réuni à ses
pères, se rencontre souvent dans l’A. T., Gen. xxv, 17; xxxv, 29; Jug. 11, 10, etc. et ne
signifie pas seulement qu'il a été placé à côté dans le tombeau, mais qu'il a été joint à eux dans le monde d’au-delà, dans le sheol.
Υ 37) ὃν δὲ ὁ Θεὸς ἤγειρεν : δέ marque l’opposition entre David qui ἃ vu la corruption et celui que Dieu a ressuscité et qui n’a point vu la corruption. Or, c’est Jésus qui n’a
point vu la corruption, qui a été ressuscité, c’est donc de lui que parle le Psaume et
c’est lui qui est le Messie, puisqu'il a accompli les prophéties.
III. PARDON DE LEURS FAUTES ACCORDÉ AUX PÉCHEURS PAR LA FOI EN JÉSUS, Ÿ 38-41.
ο΄ ἡ 38-39) οὖν : Paul tire la conclusion pratique de ce qu'il vient de démontrer : la mes-
sianité de Jésus établie par sa résurrection. Ἄνδρες ἀδελφοί : il répète ces termes d’affection, cf. ÿ 26. γνωστὸν οὖν ὑμῖν : qu’il soit bien connu de vous, que vous soyez persuadés que διὰ τούτου par le moyen de celui-ci, c’est-à-dire par Jésus Messie, per Jesum, Gig., qui est mort et ressuscité la rémission des péchés vous est annoncée. Au lieu de διὰ τούτου B* a διὰ τούτο. Jésus l'avait annoncée, Mr. 1x, 2,6; 16. vit, 47; xxIv, 47. Pierre
dans ses discours, n1, 38; v, 31; x, 43 donne aussi comme conclusion de la messianité
de Jésus la rémission des péchés. διὰ τούτου... ἐν τούτῳ, anaphore. Après ἄφεσις ἁμαρτιῶν,, Harkl. ὁ ajoutent et poenitentia, tandis que D ajoute après χαταγγέλλεται, καὶ μετάνοια ἀπὸ πάντων. — καὶ ἀπὸ πάντων : xal est omis par ΝΑῸ des MM.
latins, ce qui constitue une asyndète. ἀπὸ πάντων, de toutes les choses (les souillures) ὧν, desquelles) au lieu de ἀφ᾽ ὧν, vous n'avez pu être justifiés dans la Loi de Moïse;
ἐν τούτῳ πᾶς ὁ πιστεύων δικαιοῦται : quiconque croit en lui est justifié. D 614 ajoutent παρὰ τῷ Θεῷ à διχαιοῦται et l’Harkl. (mg) à deo. Nous avons ici un rappel très net des ensei-
gnements de l’Apôtre sur la justification par la foi. Cf. Rom. x, 4. Faut-il penser que
Paul s'adressant à des Juifs parle de la Loi avec une certaine modération et qu’il veut
dire que la foi en Jésus les justifiera des péchés dont ils n'avaient pu être justifiés par
la Loi, comme s’il y avait eu des péchés que la Loi pouvait remettre ? HoLrzmanx,
. HarNack, PREUSCHEN. Cette interprétation est contraire au texte : πάντων ὧν implique
l’ensemble des péchés. Paul ne veut pas dire que la Loi justifiait de quelques-uns des
Dieu, il s’est endormi et il ἃ été réuni à ses pèreset il a vu la corruption. 37. Mais celui que Dieu ἃ ressuscité n’a pas vu la corruption.
38. Qu'il soit donc connu de vous, hommes frères, que c’est par lui [Jésus] que la rémission des péchés vous est annoncée et que de tout ce dont vous n’avez pu être justifiés par la Loi de Moïse, 39, par lui tout croyant est justifié. 40. Prenez donc garde qu'il ne vous arrive ce qui a été dit dans les prophètes.
41. Voyez, [hommes] contempteurs, soyez étonnés et soyez anéantis, Parce que je fais une œuvre en vos jours, Une œuvre que vous ne croirez pas si quelqu'un vous la raconte.
péchés, mais plutôt qu’elle ne justifiait de rien. Dans les épîtres aux Romains et aux Galates, Paul affirme que par la foi seule les péchés sont remis, puisque ἐν νόμῳ οὐδεὶς δικαιοῦται παρὰ τῷ Θεῷ δῆλον, Gal. ur, 11 : il est clair que nul en [vertu de] la Loi n’acquiert la justice auprès de Dieu. Cf. Rom. in, 20. — ἀπὸ πάντων ὧν : la préposition n’est pas répétée devant le relatif, parce qu’elle est déjà devant l’antécédent.
Paul exprime ici pour la première fois la doctrine de la justification par la foi qu'il développera et expliquera dans ses épiîtres. La rémission des péchés, c'est-à-dire la justification est obtenue par la foi en Jésus et non par la Loi; cette foi en Jésus est la condition essentielle de la justification; elle est donc annoncée, offerte à tous les hommes puisqu'elle ne dépend pas des œuvres de la Loi, mais de ia foi en Jésus que tous peuvent obtenir.
Observons que cette affirmation de Paul : la justification du péché est obtenue par la ΄"
-foi en Jésus, prouve que Jésus n’est pas seulement un homme, mais qu’il est Dieu, puisque Dieu seul peut remettre les péchés.
Υ 40) βλέπετε (asyndète) οὖν μὴ εἰσέλθῃ ἐφ᾽ ὑμᾶς : après les verbes signifiant craindre, la proposition dépendante est introduite par μή avec le subjonctif et quelquefois comme ici avec le subjonctif aoriste, Vireau, IT, p. 84; ΒΌΚΤΟΝ, p. 89. βλέπω, regarder, jeter les yeux; dans la Bible, prendre garde. τὸ εἰρημένον, ce qui a été dit; participe parfait . passif de εἴρω, dire. Terme employé pour désigner une sentence, une citation des Écritures. ἐν τοῖς προφήταις, dans les prophètes; dans la deuxième section des Écritures : les Prophètes, nebiim; cf. Act. xxiv, 14. ἐπέλθη, subjonctif aoriste passif, venir sur, arriver à : déjà employé par Luc dans ce sens, vint, 24; Le. x1, 22; xx1, 26.
Ÿ 41) Le passage des prophètes, cité par Paul, est emprunté à Habacuc, 1, 5, d’après les Septante qui différent légèrement de l’hébreu. Le prophète rapporte les menaces de Dieu au peuple d'Israël « où la loi est sans force, où le méchant triomphe du juste et l’on rend des jugements iniques, » Æabacuc, 1, 4. Que le peuple soit saisi d'épou- … vante car il (Yahveh) va exécuter une œuvre qu'ils ne croiraient pas si on la racontait, ib. ÿ 5. 11 va susciter les Chaldéens; c'est donc une œuvre de jugement, une punition de Yahveh sur le peuple d'Israël que l’Apôtre place sous les yeux de ses auditeurs. Il applique ces paroles de Dieu à tous ceux qui refusent de recevoir l'Évangile et de participer au salut apporté par Jésus. Il raisonne ainsi : Prenez garde que vous. ne soyez sévèrement punis par Dieu si vous méprisez la vérité à laquelle vous devez croire; c’est ce qu'avait annoncé le prophète dans une situation semblable, menaçant les Juifs de l'invasion des Chaldéens. Les Juifs incrédules ont été emmenés en captivité par les Chaldéens et leur Temple ἃ été détruit; il en sera de même pour les Juifs rebelles à la prédication de l'Évangile : leur ville sera détruite et le peuple sera
emmené en captivité. Paul se rappelait peut-être ici les paroles du Seigneur sur la ruine de Jérusalem. Il est possible aussi qu'il ait en vue la punition infligée aux Juifs par l'élection des gentils à leur place, ou le châtiment qui sera.infligé aux incrédules, lors du jugement dernier. Quelques années plus tard, l'Apôtre, rappelant les crimes des Juifs ennemis de tous les hommes, répétera ses menaces : Mais la colère [de Dieu] a fini par les atteindre, I Thess. 11, 16. ἴδετε, le texte hébreu dit : Jetez les yeux parmi les nations ou regardez, vous parmi les nations. of χαταφρονηταί, n’est pas dans l’hébreu : de xarapoovnris, comtempteur, qui méprise, qui ne tient pas compte de; le terme est dans Philon, Josèphe, Plutarque, ici seulement dans le N. T. ἀφανίσθητε, aoriste passif de ἀφανίζω, faire disparaître, effacer; au passif, être effacé, réduit à rien, anéanti. Ce verbe n’est pas dans l’hébreu qui porte : soyez saisis d’étonnement, d’épouvante. Disperdimini de la Vulgate rend faiblement ἀφανίσθητε. Exterminamini de ἃ est plus exact. ὅτι ἔργον ἐργάζομαι; réduplication qui ren- force le sens; ἔργον n’est pas dans les Septante. Le présent estemployé ici, comme dans les Septante, parce que dans la bouche de Dieu, qui parle ici, le résultat est tellement assuré qu'il est considéré comme présent. où μὴ πιστεύσητε : le subjonctif aoriste après où μή, négation renforcée; comme chez les classiques. ἐχδιηγῆται, subjonctif indicatif de ᾿ἐχδιηγέομαι, raconter de point en point, en détail; cf. xv, 8. Paul termine son discours par ces menaces foudroyantes parce qu’il ἃ dû se rendre . compte que, malgré ses efforts, ses auditeurs résistaient à ses enseignements, et ne se rendaient pas à ses arguments ; peut-être même donnaient-ils des signes d’impatience. L'Apôtre a essayé de réveiller leur conscience en leur rappelant les menaces de Yahveh.
A la fin du discours Dd ajoute : καὶ ἐσίγησαν, et tacuerunt. Il nous donne l'impression produite sur les auditeurs, tandis que l’Harkléenne (mg) marque simplement la fin du discours : et tacuit.
ÿ 42) D’après Spitta, Jüngst; Clemen, les ÿ 42, 43 seraient parallèles, en ce sens qu'ils proviendraient de sources différentes et relateraient les mêmes événements. Les . MM. présentent des leçons différentes du ÿ 42. ἐξιόντων δὲ αὐτῶν, N ABCDE 13 61 Vlg. ; ἐξιόντων δὲ αὐτῶν x τῆς συναγωγῆς τῶν ᾿Ιουδαίων, GL des min. ; après παρεχάλουν LP ajoutent τὰ ἔθνη. Ce serait donc des gentils qui auraient demandé aux apôtres de parler encore le samedi suivant; il semble inadmissible que des gentils aïent invité quelqu'un à ‘parler dans une synagogue. Au lieu de εἰς τὸ μεταξὺ σάδδατον, N DE Peschitto, Harkl. Gig. ont εἰς τὸ ἐξῆς σάδοατον: B omet rapexélouy et le remplace par ἠξίουν, ils jugeaient bon, ils croyaient D ble ἐξιόντων; participe présent de ἐξιέναι, sortir; attique, au lieu de ἐξέρχεσθαι, langue vulgaire, ici seulement dans le N. T. Les apôtres sortant ou étant sur le point de sortir, ἡ 43, les assistants — et plus probablement les chefs de la synagogue, qui les avaient invités à parler, ÿ 15 — leur demandent de répéter les mêmes paroles le samedi suivant. Mais αὐτῶν, au lieu de désigner les apôtres, pourrait désigner les assistants, d'après la leçon de GL : et ceux-ci sortant, ils demandèrent. À remarquer cependant que la dissolution de l'assemblée est mentionnée seulement au Ÿ suivant. εἷς τὸ μεταξὺ σάδδατον : τὸ ϑετοῦ signifie après, avec le sens de ensuite, plus tard; εἰς accentue la durée marquée par l’accusatif. Ce serait donc le sabbat après, suivant. εἰς τὸ μεταξύ signifie aussi : entre les deux. On a donc supposé qu’on avait demandé à
42. Lorsqu'ils sortaient, ils [les chefs de la synagogue] demandèrent que le sabbat suivant leur fussent dites les mêmes paroles [choses]. #3. Et après que l’assemblée eut été dissoute, beaucoup de Juifs et de prosélytes adorant [Dieu] suivirent Paul et Barnabé qui, s’entretenant avec eux, les persua-
Paul de parler entre les deux sabbats, pendant la semaine suivante : σάδδατον pourrait être entendu au sens de semaine. Les Juifs se réunissaient aussi à la synagogue le lundi et le mercredi. Mais le sens de μεταξύ est déterminé par le ÿ 44, τῷ ἐρχομένῳ σαδ- 6drw ; il signifie donc le sabbat suivant, sens adopté par la Vulgate, sequenti sabbato, et les autres versions. La leçon du codex de Bèze, τὸ ἐξῆς, celui à la suite, après, confirme ce sens. On ne trouve μεταξύ employé dans ce sens ni dans le grec classique, ni
dans le Ν. T. — sauf χχπὶ, 24, leçon de 614 et Harkl. — mais il l’est dans le grec pos-
térieur et on l’a trouvé dans Josèphe, Plutarque, Barnabé, Clément Romain. On peut croire que le discours de Paul a produit une impression favorable sur les assistants, puisqu'ils lui demandèrent de venir leur répéter les mêmes enseignements.
Ÿ 43) λυθείσης δὲ τῆς συναγωγῆς : expression classique; cf. λύειν ἀγορήν. Homère, 11. 1, 802 Après que l’assemblée eut été dissoute, des Juifs suivirent Paul et Barnabé : ce qui semble prouver que les apôtres étaient sortis de la synagogue avant la fin de la réunion. πολλοὶ τῶν Ἰουδαίων καὶ τῶν σεδομένων προσηλύτων. Que sont ces σεδόμενοι προσήλυταιῦ Ces deux termes ne caractérisent pas d'ordinaire les mêmes personnes. Cf. v, 10. Dans les Actes, les prosélytes sont les gentils convertis totalement au judaïsme, qui ont été circoncis et observent la Loi de Moïse, 11, 10; vi, 5; Me. xx, 15. Les σέδόμενο. (φοθούμενοι) τὸν Θεόν sont les gentils qui acceptent les enseignements du judaïsme sans être incorporés à celui-ci par la circoncision. D’après le P. Lagrange, Le Messianisme chez les Juifs, p. 279, n. 1, les termes σεδόμενοι et φοδούμενοι ont le même sens. σέδομαι signifie dans le grec classique la piété; mais les Septante l’ont souvent employé pour traduire la crainte religieuse; de là cette synonymie.
Faut-il distinguer les προσήλυται des σεδόμενοι, comme s’il y avait καί entre les deux ou bien σεδομένων serait-il simplement un qualificatif de προσηλύτων ou bien aurions-nous ici une leçon agglomérée? Les σεδόμενοι étant les mêmes que les φοδούμενοι, il est probable que ces se6duevor, auxquels il est fait allusion ici, sont ceux que Paul appelle φοδούμενγοι, ÿ 16, 26, sans les qualifier de προσήλυται; il n'y aurait pas lieu de tenir compte de ce terme προσηλύτων, Il s'agirait ici de gentils craignant Dieu, maïs non circoncis. Advenae de la Vulgate ne rend pas exactement προσήλυται.
ἠχολούθησαν : ce terme est celui qu'emploie Luc pour désigner des disciples, Ze. 1x, 11. Ces Juifs et ces o:6duevor προσήλυται suivirent les apôtres, probablement dans leur demeure, pour recevoir d’eux une instruction plus complète sur ce que ceux-ci avaient enseigné. Et probablement pendant des entretiens qui se prolongèrent pendant la semaïne, προσλαλοῦντες, hellénistique, ceux-ci, oftives, c’est-à-dire Paul et Barnabé, mentionnés immédiatement avant, les persuadaient de persévérer dans la grâce de Dieu qu'ils venaient de recevoir. πείθω, persuader, exhorter à ; employé 6 fois dans les Actes, dans le même sens. A l’imparfait, non pour désigner le succès des paroles des apôtres, mais l’exhortation continuée par laquelle les apôtres s’efforçaient de promouvoir ce succès, WENDT. προσμένειν τῇ χάριτι τοῦ Θεοῦ : ces Juifs craignant Dieu étaient convertis et avaient été baptisés, quoique le texte n’en dise rien; pour persévérer dans la grâce, il fallait qu’ils l’eussent reçue par le baptême. χάρις est ici employé pour la première fois au sens paulinien de ce terme : χάρις, c’est le don spécial que Dieu nous accorde pour notre justification et notre salut. Il ne s’agit pas d’une faveur ordinaire de Dieu.
Après Bapvééz, 614, Harkl. (mg) ajoutent ἀξιοῦντες βαπτισθῆναι, demandant à être
Poe, a TD Ὡς ΜΕΤ ΟΡ 410 ACTES DES APOTRES, XIII, 43-46.
ἔπειθον αὐτοὺς προσμένειν τῇ χάριτι τοῦ Θεοῦ. kh, τῷ δὲ ἐρχομένῳ σαῤδάτῳ σχεδὸν | πᾶσα. ἡ πόλις συνήχθη ἀκοῦσαι τὸν λόγον τοῦ Θεοῦ. μὅ. ἰδόντες δὲ οἱ ᾿Ιουδαῖοι. τοὺς
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μοῦντες. 46. παρρησιασάμιενοί τε ὁ Παῦλος χαὶ ὁ Bapvdéas εἶπαν. Ὑμῖν ἦν ἀναγ-
baptisés, ce qui indiquerait une suite naturelle de l’action, et expliquerait bien que les apôtres les aient exhortés à persévérer dans la grâce de Dieu, mais cette leçon occiden- À tale n’est probablement qu'une glose explicative; car on ne s’expliquerait pas que toutes les autres autorités textuelles eussent omis ces mots s'ils avaient été dans le texte original, À la fin de ce ÿ D Harkl. (mg) Prov. ajoutent, ἐγένετο δὲ χαθ᾽ ὅλης τῆς πόλεως διελθεῖν τὸν λόγον τοῦ Θεοῦ : factum est autem per omnem civitatem transire verbum Domini. Εἰ ajoute : ἐγένετο δὲ κατὰ πᾶσαν πόλιν φημισθῆναι, il arrive que le bruit s’en répandit par toute la ville. φημίζω n’est pas de la langue de Luc. Ces additions tendent à expliquer que le sabbat suivant presque toute la Ville vint à la synagogue pour entendre les apôtres.
Ÿ 44) τῷ δὲ ἐρχομένῳ, σαδδάτῳ, le sabbat étant venu, ou ἐρχομένῳ σαδδάτῳ, le sabbat étant
tenu; le premier a surtout un sens futur, mais les deux termes indiquent le sabbat suivant. σχεδόν, placé toujours devant πᾶς dans le N. T., xix, 26; Æébr. 1x, 22. Presque toute la ville, donc non seulement les Juifs et les adorants-prosélytes, mais aussi εἰ d’autres habitants de la ville, des gentils qui, durant la semaine écoulée, avaient entendu parler de la prédication des apôtres. συνήχθη : la foule se rassembla à la synaδὲ gogue, puisque les apôtres avaient été invités à y parler, Ÿ 42. On ne voit pas pourquoi ils auraient parlé ailleurs.
Au lieu de τὸν λόγον τοῦ Θεοῦ D a seulement ἀκοῦσαι Παύλου : cette leçon répond bien à la situation : l'ensemble de la population voulait entendre Paul dont les paroles révolutionnaient les esprits et non la parole de Dieu qui ne leur avait pas encore été annoncée et dont ils ne pouvaient avoir l'idée.
Ÿ 45) D'après le codex de Bèze, Paul fit un long discours sur 16 Seigneur : πολύν τε
᾿ λόγον ποιησαμένου περὶ τοῦ Κυρίου, multum verbum faciens de Domino, d. Luc ne l’a pas
rapporté; il y fait allusion seulement en disant que les Juifs firent opposition aux
paroles de Paul, les contredisaient en blasphémant, probablement, le Seigneur,
xvint, &; 1 Cor. xu, 8. Il est probable que Paul se référait à son premier discours et le
complétait. Il prouvait que Jésus de Nazareth était le Messie, annoncé et promis par
les prophètes, que le salut apporté par lui n’était pas pour les Juifs seulement, mais
à pour toutes les nations sans distinction de race. Et cette prédication nous explique
| pourquoi les Juifs étaient pleins de jalousie, ἐπλήσθησαν ζήλου. Les Juifs étaient forte-
ment attachés à leur privilège de nation choisie et ce fut toujours pour défendre ce
privilège qu'ils se révoltèrent contre l'affirmation de Paul que le salut messianique
était pour tous les hommes et non pas pour eux seuls. « Iudaeï ferre non possunt
quod gentiles sibi aequiparentur, quod bonorum messianorum reddantur participes sine
cireumcisione et observatione legis mosaicae. Judaei enim contemptüi habebant gen-
tiles, ut exponitur, Rom. 11, 19, 20; unde summe indignantur, quod hanc suam prae
ἷ gentibus praestantiam auferre velit apostolus et contendat per Messiam omnes pari modo salvari » KNABENBAUER. :
ἰδόντες δὲ οἱ Ἰουδαῖοι : δέ est adversatif ; les Juifs seuls firent opposition à Paul, les
adorants-prosélytes ne sont pas mentionnés. Bien qu'ils aient invité Paul à venir
répéter ses enseignements, ils changèrent de disposition en voyant la foule ras-
daient de persévérer dans la grâce de Dieu. #4. Le sabbat suivant, presque
toute la ville s’assembla pour entendre la parole de Dieu. 45. Voyant 18 foule, les Juifs furent remplis de jalousie et ils s’opposaient aux dires de Paul, en blasphémant. 46. Alors Paul et Barnabé, parlant avec assurance
dirent : Il était nécessaire d'annoncer d’abord à vous la parole de Dieu; puisque vous la repoussez et que vous-mêmes, vous ne vous jugez pas dignes
semblée pour l'entendre. τοῦς ὄχλους opposé à οἱ Ἰουδαῖοι: la foule était composée d'hommes de toute race, Grecs, Latins, aborigènes, tous gentils attirés vers Paul
pour entendre la parole de salut et c’est là ce qui indignait les Juifs. ζήλου, rivalité
jalouse.
βλασφημοῦντες de βλασφημέω peut signifier : dire des paroles i injurieuses contre Dieu; ici, contre le Christ ou médire, injurier, calomnier; ici contre les apôtres, ce qui est
indiqué par la leçon de DIP 40 Harkl. Par.! Chrys. Théoph., ἀντιλέγοντες καὶ βλασφημοῦν- ὁ
τες, Contradicentes et blasphemantes d. Expression emphatique : les Juifs contredisaient et injuriaient les apôtres. Cette tournure où est répétée ἀντιλέγοντες qui vient d’être employé, a paru un peu dure à E 14 qui remplacent ἀντιλέγοντες par ἐναντιούμενοι, mot inconnu, et Gig. par resistentes. ἀντιλέγοντες est omis par NABCL 13 61 Vlg. Psch.
Boh. βλασφημοῦντες pourrait être entendu dans un sens prégnant : les Juifs s’opposaient
aux paroles de Paul en blasphémant.
Le codex de Bèze essaye de présenter les faïts d’une façon plus claïre en introduisantdans le récit quelques détails : Σχεδὸν ὅλη ἣ πόλις συνήχθη ἀκοῦσαι Παύλου πολύν τε λόγον ποιησαμένου περὶ τοῦ Κυρίου" καὶ ἰδύντες οἱ Ἰουδαῖοι τὸ πλῆθος ἐπλήσθησαν ζήλου χαὶ ἀντέλεγον τοῖς λόγοις ὑπὸ Παύλου λεγομένοις, ἀντιλεγόντες χαὶ βλασφημοῦντες : paene tota civitas collecta est audire Paulum multum verbum faciens de Domino : et cum vidissent Judaeiï turbam repleti sunt aemulatione et contradicebant sermonibus quae ἃ Paulo dicebantur, contradicentes et blasphemantes, traduction latine de D.
Ÿ 46) παρρησιασάμενοι, cf. 1x, 27, ayant parlé avec assurance, hardiment. Le cons tanter de la Vulgaie traduit seulement une partie du mot; adhibita fiducia de d est plus complet. ὑμῖν ἦν ἀναγχαῖον : Paul déclare aux Juifs quel était l'ordre établi par Dieu pour la prédication de la parole τ Dieu, de l'Évangile : il était nécessaire qu’elle fût annoncée à eux d’abord, 1, 8; in, 22 et cet ordre était fondé sur la conduite de Dieu
qui avait choisi le peuple d'Israël et l'avait appelé le premier au salut, mais n'avait
pas exclu les gentils de la lumière, comme le prouve le texte d’Isaïe que Paul va rappeler. Cf. Romains, τ, 16; π, 10; xt, 11. ἐπειδὴ δὲ ἀπωθεῖσθε αὐτόν; N'ADPLEP 614 Pesch. Gig. ajoutent δέ après ἐπειδή pour accentuer le contraste; N'BD Harkl. Orig. l’ont omis, probablement comme non nécessaire. — ἀπωθεῖσθε, optatif aoriste 2 moyen de ἀποτίθεμαι, déposer, mettre de côté; au figuré, renoncer, abdiquer; la Vulgate, repellitis, précise l’idée. za οὐχ ἀξίους χρείνετε ἑαυτοὺς τῆς αἰωνίου ζωῆς, ζωῇ œiu ἡ ον ice familière aux Juifs, Mt. χιχ, 16 ; xxv, 46, et passages parallèles; /n. 111, 15, 16, 36, etc.; Act. xu1, 48, Les Juifs ne pensaient en aucune façon qu'ils se croyaient indignes de la vie éternelle parce qu'ils rejetaient l'Évangile, mais Paul leur affirme que leur conduite équivalait à cela. Par leur refus d'entendre la parole de vie, cf. v, 20, ils se jugeaient eux-mêmes indignes de participer à cette vie éternelle que prêchait cette parole.
ἰδοὺ στρεφόμεθα : ἰδού renforce l'idée et l’action des missionnaires. στρεφόμεθα, présent indicatif moyen de στρέφω, tourner. Paul déclare qu'il se détourne des Juifs d’Antioche pour aller aux gentils de cette ville : le terme est prégnant : avertimus nos ἃ vobis et ad gentes convertimus, Bcass. Il n’exprime pas ici un principe général de conduite, qu’il ne prêchera plus désormais aux Juifs et qu’il se consacrera unique-
RS. ἀχούοντα δὲ τὰ ἔθνη ΠῚ χαὶ ἐδόξαζον τὸν. λόγον τοῦ Kupiou, χαὶ ἐπίστευσαν
ment à l’évangélisation des gentils. Paul a voulu dire que, puisque les Juifs d’Antioche repoussaient la parole de vie, ils la prêcheraient désormais aux gentils de cette ville. Et telle ἃ été sa conduite dans toutes ses missions : il prêchait d’abord l'Évangile aux Juifs et devant leur refus de l'entendre 11 se tournait vers les gentils, xiv, 1; xvi, 18; xvi1, 1, 10, 17; xvin, 4, 19; χιχ, 8. Il n’y avait rien de systématique dans cette façon de procéder; elle était basée sur la nature même des choses. Paul, dès son arrivée dans une ville, se rendait à la synagogue, parce que là il trouvait ceux qu'il voulait atteindre : les Juifs et les gentils adorateurs de Dieu. Par eux, il s'ouvrait une porte auprès des autres gentils.
Υ 47) ἐντέταλται, parfait moyen de ἐντέλλω, commander, ordonner. Les apôtres n’ont pas agi ainsi par dépit ou par rancune, mais parce que le Seigneur leur a ordonné d'agir ainsi. Ils conforment leur conduite à l’ordre de Dieu, prescrivant par la bouche du prophète Isaïe, xix, 6, de prèêcher la lumière aux nations. τέθεικά σε εἰς φῶς ἐθνῶν, hébraïs me; la citation est empruntée aux Septante, dont elle diffère dans la première partie. Au lieu de τέθειχά σε εἰς φῶς ἐθνῶν, les Septante ont : ἰδοὺ δέδωχά σε εἰς διαθήχην ᾿ς γένους εἰς φῶς ἐθν ὦν. Ces paroles sont adressées au Serviteur de Yahveh; elles sont tout
à fait adaptées à la situation. Les voici d’après 16 texte hébreu : Π m'a dit : C’est peu que tu sois mon serviteur, pour rétablir les tribus de Jacob, . et ramener les sauvés d'Israël; Je te ferai lumière des nations pour porter mon salut jusqu'aux confins du monde!
Paul conclut de ces paroles que sa prédication de l'Évangile aux gentils n’est pas opposée aux plans de Dieu, mais qu’au contraire elle lui est conforme; Dieu l’a ordonnée, ainsi que le rapporte Isaïe. Le serviteur de Yahveh, le Messie était la lumière des nations jusqu'aux extrémités de la terre pour être leur salut. Le Messie est la lumière des nations : cf. Ze. n, 32; Jn, 1v, 42; vin, 12. Paul identifie ici Jésus Mess ie avec le Serviteur de Yahveh. D'après Camerlynck les apôtres s'appliquent à eux-mêmes ce texte : Oraculum Isaiae, xuix, 6, quod de Servo Jehovae, i. 6. de Messia dictum fuerat, jure et merito ad se transferunt Apostoli, et potissimum Paulus, quia per ipsos eventu confirmari debet. Les prédicateurs de l'Évangile apportent la laniière et le salut du Christ, de sorte que la parole dite du Christ peut leur être appliquée.
Le codex de Bèze présente ainsi 16 texte : ἰδοὺ φῶς τέθειχά σε τοῖς ἔθνεσιν : ecce lumen posui te super gentibus ut sint in salutem, traduction latine de D; les mots soulignés,
ajoutés par le texte latin, sont incompréhensibles.
Ÿ 48) Ces paroles de l’Apôtre remplirent de joie les gentils; ils comprirent que le salut n’était pas réservé aux Juifs seuls, mais qu'ils pouvaient, eux aussi, être sauvés par la foi en Jésus Messie. ἐδόξαζον τὸν λόγον τοῦ Kuplou : expression familière à Luc et
à Paul. On trouve souvent δοξαζεῖν τὸν Θεόν, Le.n, 20; v, 26; νη, 16; Rom. τ, 21; xv,
| LR SE ir, N
ACTES DES APOTRES, xIII, 46-49. PATES
de la vie éternelle, voici, nous nous tournons vers les gentils. WT. Car ainsi nous l’a ordonné lé Seigneur :
Je t'ai établi en lumière de nations.
Afin que tu sois en salut jusqu'aux extrémités de la terre.
48. Et entendant cela 165 gentils se réjouissaient et ils glorifiaient la’ parole de Dieu, et tous ceux-là crurent qui étaient ordonnés à la vie éternelle. 49. Et la parole du Seigneur se répandait dans toute La contrée. 50. Mais
9, etc., mais ici seulement ἐδόξαζον τὸν λόγον τοῦ Θεοῦ. Au lieu de ἐδόξαζον D Gig. Aug. ont ἐδέξαντο, exceperunt, τὸν λόγον τοῦ Θεοῦ est la leçon de BD*E 180 Boh. Arm. Aug., tandis que RACLP 61 Vlg. Sah. Chrys. ont τὸν λόγον τοῦ Kuotou. Si la première leçon est l’originale il faudrait conclure que cette parole est l’ordre donné par Dieu de prêcher la vérité divine à toutes les nations, ÿ 47, parole qui touchait particulièrement les gentils, tandis que si la seconde est originale, cette parole du Seigneur est l'Évangile
lui-même. Il est difficile de dire quelle leçon il faut adopter; elles sont bonnes toutes,
les deux au point de vue du sens et elles sont toutes les deux soutenues par de bonnes autorités.
χαὶ ἐπίστευσαν et les gentils crurent, non pas tous, mais seulement ceux, ὅσοι ἦσαν, qui étaient ordonnés à la vie éternelle, τεταγμένοι εἰς ζωὴν ἀιώνιον. Ces derniers mots ont été expliqués diversement et ont donné lieu à de vives controverses. τεταγμένοι peut être pris au sens passif, de τάσσομαι, être rangé, ordonné par quelqu'un, ou au sens moyen, être disposé pour soi. Le sens passif indique une action externe, celle de Dieu ; le sens moyen une action interne, celle de l’homme. ὅσοι marque que la conversion est un acte individuel. Nous n'avons pas à entrer dans la discussion théologique de ce terme : il suffira de dire qu’il semble difficile d'entendre τεταγμένοι au sens du moyen; ceux qui s'étaient disposés pour la vie éternelle, crurent; ce serait contraire au contexte et surtout à l’enseignement de Paul, Rom. vin, 29; Eph. τ, 5. Camerlynck explique ainsi ce texte : « Praeordinati ad vitam aeternam : ad fidem christianam (ut Ÿ 46; cf. J/n. xvu, 3) quae nempe ducit ad vidam aeternam. Itaque non agitur de praedestinatione ad gloriam et multo minus de praedestinatione ad gloriam ante praevisa merita, sed ad fidem et gratiam justificantem. Imo de nulla praedestinatione sermo esse videtur. Graece enim non legitur προωρισμένοι vel προτεταγμένοι sed τεταγμένοι, quod actualiter existentem ordinem et dispositionem notat. Oppositio est Gentiles inter et Judaeos; hi sua culpa indispositi erant ad vitam aeternam et manserunt increduli; illi vero gratia divina erant bene dispositi et crediderunt. Colligitur eos fuisse ad fidem ordinatos seu bene dispositos externa praedicatione, quam gratiam (sicut et gratiam internam) oblatam Judaei repudiarunt, multi autem Gentiles libera sua cooperatione avide susceperunt. »
ÿ 49) Luc expose en quelques mots la situation qui résulte des événements précédents. διεφέρετο, imparfait passif de διαφέρω, porter de côté et d’autre, répandre, divulguer. La parole du Seigneur, c’est-à-dire l'Évangile, fut portée à travers toute la région d’Antioche par les apôtres et aussi probablement par des prédicateurs, choisis parmi les nouveaux convertis, δι’ ὅλης τῆς χώρας. Le terme χώρα ne s'applique pas seulement aux terrains tout autour d’Antioche, mais à un ensemble de territoires qui formaient la région d'Antioche. Cette ville, colonie romaine, était naturellement le siège administratif et militaire pour une certaine étendue de pays. Une province aussi grande que la Galatie était divisée en région : nous connaissons 18 Φρυγία χώρα, la Γαλατιχὴ χώρα; il devait y avoir aussi l’'Avrtoytavn χώρα.
et Ὁ» f € x 2 Le f \ , ΄ si τ ὅλης τὴς χώρας. ὅ0. οἱ δὲ ᾿Ιουδαῖοι παρώτρυναν τὰς σεόομένας Ὑυναῖχας τὰς εὐσχήμονας χαὶ τοὺς πῤῥώτους τῆς πόλεως, χαὶ ἐπήγειραν διωγμὸν ἐπὶ τὸν [[αὖλον χαὶ Βαρνάθαν, rai ἐξ ο
ms
Luc ne nous apprend pas combien de temps dura le séjour de Paul et de Barnabé à Antioche; cependant l’imparfait διεφέρετο indique un certain espace de temps, nécessaire d’ailleurs pour que l'Évangile fût répandu à travers toute la région. Ramsay l'estime de deux à six mois. Il est probable que des communautés chrétiennes furent fondées dans tout le pays soit par les apôtres eux-mêmes, soit par les convertis.
Ÿ 50) οἱ δὲ Ἰουδαῖοι παρώτρυναν : δέ est adversatif. Mais les Juifs excitèrent : παρώτρυναν, aoriste de παρωτρύνω; exciter, pousser : vetus verbum poeticum, BLass ; se retrouve chez Josèphe et Lucien, ici seulement dans le N. T. τὰς σεθομένας γυναῖχας, les femmes adoratrices, σεδομένας est le terme employé dans les Actes pour désigner ceux qui
᾿ς acceptaient les doctrines juives, sans cependant observer la Loi mosaïque. Ces femmes
étaient donc reliées au judaïsme, ce qui expliquerait l'influence que les Juifs avaient
sur elles. Peut-être même étaient-elles prosélytes, comme pouvaient l’être ces Juifs,
σεθόμενοι προσήλυται, qui ont suivi les missionnaires, ÿ 43. Josèphe nous apprend que presque toutes les femmes à Damas étaient ὑπηγμένας τῇ ἰουδαιχῇ θρησχείᾳ, Guer. juiv. ΤΙ, 20, 2. Cf. Wersren. Mulieres ubique ad Judaismum omnesque externas religiones valde propensas fuisse multi loci docent, FRIEDLANDER, Sittengesch. τὸ, 499, Bass.
τὰς εὐσχήμονας : οἵ, xvir, 2. Avec N° ABCD 61 180 Sah. Boh. Pesch. Harkl. Arm., nous omettons χαὶ avant τὰς ευσχήμονας. Si on l’acceptait avec 8° ELP 614 Harkl., VIg., on distinguerait celles-ci des précédentes, les εὐσχήμονας des σεδόμενας. Gigas, aliquas de colentibus Deum mulieres honestas, expose bien la situation. εὐσχήμονας, accusatif de εὐσχήμων, qui ἃ l'extérieur noble, distingué, d’un rang honorable. L'épithète ne s’applique pas au caractère de ces femmes, mais à leur rang, à leur état dans la société; c'étaient des femmes nobles, de haute position sociale. Les femmes exerçaient en Orient à cette époque une influence considérable; il y en eut qui furent magistrats, présidentes des jeux. Une femme fut même élue, à Smyrne, comme ἀρχισυναγωγός. Cf. M. Paris, Quatenus feminas in Asia minore res publicas attigerint. Sur l'influence et l'action des femmes dans la propagation du christianisme, cf. Harnack, Mission und Ausbreitung des Christentums, 113, p. 54 ss. D’après Rendall, εὐσχήμονας signifierait, personnes de bon caractère et de vie respectable.
χαὶ τοὺς πρώτους τῆς πόλεως : οἵ, xwIt, 4; XXII, 7; Me. vi, 21; JosèPne, Ant. μά. XIX, 6, 3, etc., les premiers de la ville, les magistrats, duumviri et decemviri. Dans les cités grecques d'Orient les décemvirs formaient un conseil de magistrats. Les femmes mentionnées plus haut étaient probablement les épouses ou les parentes des magistrats. χαὶ ἐπήγειραν, ici seulement dans le N. T., διωγμόν : ἐπήγειραν, aoriste de ἐπεγείρω, réveiller, exciter, pousser contre. Cette poursuite fut, suivant la coutume juive, un tumulte populaire, encouragé ou soutenu par les magistrats de la ville, mais non une procédure officielle, un arrêt de police contre Paul ou Barnabé. S'il y avait eu bannissement légal contre eux, ils n'auraient pas pu rentrer sur le territoire d’Antioche, comme ils
V'ont fait un peu plus tard, χιν, 21. DE ajoutent θλῖψιν μεγάλην avant διωγμόν. Ces mots
ajoutés ne sont pas, dit Ramsay, caractéristiques du choix délicat et précis des termes, qui est le propre de Luc. θλῖψις désigne celui qui est affligé; la persécution, διωγμός,
est le fait d’un agent. Par conséquent, soulever une persécution est une expression
exacte, Ce que n'est pas, soulever une affliction.
ACTES DES APOTRES, ΧΙ, ὅ0-52, 415
les Juifs excitèrent les femmes adoratrices de distinction et les principaux
de la ville et ils provoquèrent une poursuite contre Paul et Barnabé, et ils les chassèrent de leur territoire. 51. Ceux-ci ayant secoué contre eux la poussière de [leurs] pieds, allèrent à Iconium. 52. Cependant les disciples étaient remplis de joie et d’Esprit-Saint.
καὶ ἐξέδαλον : le sujet est οἱ Ἰουδαῖοι, comme de ἐπήγειραν : grammaticalement ces deux verbes sont unis à παρώτρυναν, qui ἃ pour sujet οἱ Ἰουδαῖοι. Cependant ἀπὸ τῶν ὁρίων
αὐτῶν, des limites de ceux-ci, semblerait indiquer que le sujet du dernier verbe tout au |
moins est « les premiers de la ville, les magistrats » sous-entendu; c’est à eux que αὑτῶν doit se rapporter. Il s’agit des limites de leur ville, d’Antioche, et non des limites
des Juifs. La phrase est donc assez mal construite. Robertson croit qu'ici ἀπό est mis pour ἐκ. Ramsay pense que les apôtres ont été expulsés par ordre des magistrats
de la ville, mais que le décret n’avait qu'une durée temporaire, ce qui permit à Paul et à Barnabé de rentrer plus tard à Antioche.
Ÿ 51) οἱ δὲ ἐχτιναξάμενοι, participe aoriste moyen de ἐχτινάσσω, faire tomber en secouant, secouer. Les apôtres obéissent à l’ordre du Seigneur : Et lorsqu'on ne vous recevra pas et qu'on n’écoutera pas vos paroles, en sortant de cette maison ou de cette ville, secouez la poussière de vos pieds, Mi. x, 14; Me. νι, 11; Le. 1x, 5. Les Juifs regardaient ce geste comme symbolique de rupture avec quelqu'un. Les apôtres secouèrent donc la poussière de leurs pieds, ἐπ᾽ αὐτούς, contre eux, c’est-à-dire contre les Juifs, insti-
gateurs de la persécution et contre tous leurs adhérents pour marquer qu'ils rejetaient .
tout rapport avec eux, mais non contre la ville d’Antioche, où 115 laissaient des disciples fidèles et où ils devaient revenir bientôt, xiv, 21.
ἦλθυν εἰς Ἰκόνιον : ils vinrent à Iconium. Cette ville était située à l’ouest de la vaste plaine de la Lycaonie dans une région fertile entre la Cappadoce et la Lycaonie au nord et la Cilicie Traehée au sud. D’après Xénophon, Anab. 1, 2, 19, elle était τῆς Φρυγίας πόλιν ἐσχάτην. Mais plus tard elle fut réunie administrativement à la Lycaonie et
devint la capitale de la tétrarchie des quatorze cités qui étaient englobées dans la
Galatie : προσειλημμένη (pays ajouté); datur et tetrarchia ex Lycaonia qua parte Galatiae contermina est, civitatum XIV, urbe celeberrima Iconio, Puie, Ἠ δὲ. nat., T, 5, 95. Cicéron, ad Fam. xv, 14, 2; Strabon, xu, 6, 1, regardent aussi Iconium comme une ville de la Lycaonie, mais les habitants se sont toujours regardés comme des Phrygiens et la preuve qu'ils en donnaient était que leur langue était le phrygien et non le lycaonien. Lorsque Luc raconte, xiv, 6, que Paul et Barnabé, persécutés à Iconium, s’enfuirent vers les villes de la Lycaonie, Lystres et Derbé, il adopte l'opinion populaire qui tient Iconium pour phrygienne et ne tient pas compte de l'administration
officielle qui rangeait Iconium dans la Lycaonie. En fait, les frontières de la Lycaonie
proprement dite étaient entre Iconium et Lystres. La ville, traversée par la route commerciale, conduisant directement aux Portes ciliciennes et reliée par une route transversale à la grande route de l’Euphrate, via regalis, était de ce fait riche et prospère. Iconium faisait partie de la province romaine de Galatie et Hadrien l’éleva au rang de colonie. Elle fit partie sous Dioclétien de la province de Pisidie, en 295, et en 372, devint la capitale de la Lycaonie. Elle a joué un rôle assez important dans l’histoire subséquente du pays. C'est à Iconium que se passent la plupart des événements
« racontés dans les Actes de Paul et de Thècle. C’est encore aujourd’hui, sous le nom de Koniéh une ville assez importante, 55.000 habitants.
Ÿÿ 52) Luc décrit l’état d'esprit des disciples qui restaient à Antioche; c'est dans ses