‹ Les Actes des ApôtresChapitre 251 sur 358 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

χιν, 1. Or, il arriva à Iconium que pareïllement ils entrèrent à la syna-

gogue des Juifs et ils parlèrent de telle manière qu'une grande multitude

de Juifs et de Grecs crurent. 2. Mais Les Juifs qui n’avaient pas cru éveillè-

rent (excitèrent) etrendirent méchantes les âmes des gentils contre Les frères.

3. Ils demeurèrent donc [là] assez (longuement), parlant avec assurance, [appuyés] sur le Seigneur qui rendait témoignage &la parole de sa grâce,

les Juifs qui ne s'étaient pas laïssé persuader, et non les Juifs ne se laissant pas Ρ

persuader, ἀπειθοῦντες, E LP Gig. Être désobéissant, c’est aussi être incrédule. La foi, c’est l’obéissance de l'esprit et du cœur à la vérité divine, « Disobedience and disbelief correspond to the presentation of the Gospel as demanding obedience and faith. The result is the same; the aspect is different. Cf. χιχ, 9; Le. 1, 17; Jn. 1, 36; Rom. x, 21; x1, 31. BURNSIDE.

ἐπήγειραν, ici seulement dans le N. T. dans le sens d’exciter les esprits : ils éveillèrent les âmes. Exéxwsav, aoriste de χαχόω, maltraiter, ravager, gâter et dans une signification inconnue aux auteurs profanes, rendre méchant, mauvais, irriter, pousser à la colère; c’est une périphrase hébraïque. τὰς ψυχάς : ψυχή opposée à πνεῦμα, facultés spirituelles, comprend l'intelligence, la volonté, les sensations et peut être traduit : vie, âme, cœur, esprit, suivant le contexte. Cf. Ps. νι, 32; Josèpne, Ant. jud. XVI, 1, 8; 7, 8; 8, 6. La Peschitto polit la phrase : ἐπήγειραν τὰς ψυχὰς τῶν ἐθνῶν τοῦ χαχῶσαι τοὺς ἀδελφούς, mais en change le sens.

τῶν ἐθνῶν, des Gentils, habitants de la ville, par opposition aux Juifs et aux Grecs,

fréquentant la synagogue. τῶν ἀδελφῶν : l’inimitié des Juifs se porte non seulement “contre les missionnaires, mais encore contre tous ceux qui avaient écouté la parole des apôtres et qui avaient cru. Par leur amour les uns envers les autres, ils étaient des frères, ἀδελφοί, le nom usité dans les Actes pour désigner les chrétiens.

Ÿ 3) ἱκανὸν μὲν οὖν χρόνον : expression indéterminée, familière à Luc, laquelle peut signifier long ou assez long, un ou plusieurs mois. διέτριψαν, aoriste de διατρίδω, passer, en parlant d'un temps indéfini, d’où séjourner, demeurer. L’aoriste peut être employé pour exprimer que l’action a duré un certain temps, pourvu que l’on veuille insister sur la longueur de ce temps, Blass-DEBRUNNER, ὃ 332.

μὲν οὖν ἃ sa réplique Ÿ 5 : ὡς δέ; ce n’est pas une transition, mais la conclusion de ce qui précède, non pas seulement de l’action des Juifs contre les missionnaires, mais aussi de la conversion d’un grand nombre de Juifs et de Grecs; accuratius ita notio exhibetur, ut μέν rem praesentem confirmet, οὖν autem conclusionem ex rebus ita comparatis conficiat, ut proprie latinis particulis quidem igitur, sanè igitur, profecto igitur respondeat, KNABENBAUER. παρρησιαζόμενοι (les apôtres), s'enhardissant, parlant avec assurance; fiducialiter agentes. Vlg. terme familier à Luc, 1x, 27; x, 46; xvin, 26, etc., mais ici seulement avec ἐπί. ἐπὶ τῷ Κυρίῳ : freti Domino, appuyés sur le Seigneur, qui était le fondement de leur prédication, en qui ils avaient mis leur confiance. On pourrait traduire d’une autre façon : ils parlaient avec assurance sur le Seigneur, en faveur du Seigneur. Ce second sens s'accorde mal avec la suite du texte. παρρησιαζόμενοι ἐπί pourrait équivaloir à παρρησιαζόμενοι ἐν, comme 1x, 27, préchant hardiment dans le Seigneur. τῷ Κυρίῳ : Képtos peut désigner Dieu ou Jésus-Christ. Si nous en jugeons par comparaison avec 1v, 29 s.; xx, 32; il ne s’agit pas de Jésus, mais de Dieu dont il est certainement question dans ces deux passages. Dieu témoigne

γινέσθαι διὰ τῶν χειρῶν αὐτῶν. H. ἐσχίσθη δὲ τὸ πλῆθος τῆς πόλεως, χαὶ οἱ μὲν ἦσαν - x EU 2 x -» -»

Α 6) \ - 3 -" e τε χαὶ ᾿Ιουδαίων σὺν τοῖς ἄρχουσιν αὐτῶν ὑδρίσαι Kat λιθοδολῆσαι αὐτούς. 6. συνιδόντες

en faveur des paroles des apôtres en leur accordant de faire des miracles et des prodiges. Il pourrait cependant s'entendre de Jésus, car Kôptos dans les Actes désigne ordinairement Jésus et, de plus, les miracles opérés par les apôtres sont désignés comme des œuvres du Seigneur, comme 111, 16. τῷ μαρτυροῦντι : le Seigneur attestait la vérité de la parole de sa grâce, de sa parole de grâce, la parole qui annonce le salut bénévolement offert par Dieu, cf. xx, 24, 32. Le Seigneur rendaït témoignage à l’enseignement des apôtres par sa grâce, accordée aux hommes, par la promesse du salut en donnant aux apôtres de faire des miracles et des prodiges; ÿ 7 est raconté un de ces miracles. διδόντι : ce second participe est coordonné au premier, d'après À BD EP, des minuscules, Vilg., parce qu’il indique de quelle manière Dieu a accompli son témoignage en faveur des apôtres. Les miracles et les prodiges que Dieu a accordé de faire par les apôtres sont la légitimation de leur prédication. διὰ τῶν χειρῶν αὐτῶν : l'emploi de χείρ dans ce sens est fréquent en hébreu, mais n’est pas inconnu au grec classique, Escuyce, 3, 256.

Υ 4) τὸ πλῆθος, la population de la ville, comme v, 18, fut divisée au sujet des

apôtres : les uns étaient pour les Juifs, les autres pour les apôtres : οἱ μὲν ἦσαν σὺν τοῖς ᾿Ιουδαιοίς, ot δὲ σὺν rois ἀποστόλοις : formule classique maïs peu fréquente dans le N. T.

Au lieu de ἐσχίσθη, D Pesch. ont : ἦν δὲ ἐσχισμένον τὸ πλῆθος. ἀποστόλοις : dans les Actes, sauf ici et ÿ 14, οἱ ἀπόστολοι désigne les Douze. Il n’est donc pas employé ici au sens

᾿ς technique, mais à celui d’envoyés, de missionnaires. On trouve encore, dans le N. T.

1 Thes. τι, 6; Rom. xvi, 7, des personnages appelés ἀπόστολος. Dans la littérature chrétienne primitive 1᾿ ἀπόστολος était un prédicateur itinérant, Did. xt, 4-6, un missionnaire. Cf. Herwas, Sim. 1x; Hom. Clém, x1, 35; CLÉMENT D'ALEXANDRIE, Strom. τι, 6; | IRÉNÉE, adv. Haer.u, 21, 1; TERTULLIEN, ir Marc. 1v, 24, où d’autres que les Douze sont appelés apôtres.

Si nous lisons attentivement les cinq premiers Ÿ de ce chapitre, il semble que la suite des événements n’est pas racontée en ordre : ὃ 1, une multitude de Juifs et de Grecs crurent; Ÿ 2, les Juifs incrédules soulèvent les Gentils contre les frères; Υ 3, les apôtres demeurent longtemps à Iconium, prêchant la parole et faisant des miracles, puis ÿ 4 et 5, le récit revient sur la persécution des Juifs contre les apôtres. On ἃ supposé que le ÿ 3, qui interrompait le récit de la persécution, était une glose passée dans le texte. Le texte pourrait être expliqué de la façon suivante. La prédication des apôtres eut un double effet : elle excita les Juifs contre Paul et Barnabé, ὃ 2, mais ceux-ci encouragés par l'adhésion à la foi, ÿ 1, d’une foule de Gentils et de Juifs

continuèrent à prêcher l'Évangile et firent des miracles, ÿ Ÿ 3, ce qui produisit la division parmi la population, ὃ 4. Cependant la suite du récit serait plus naturelle si l’on plaçait le ÿ 3 à la suite du ÿ 1, dont il ne serait qu’un développement. L'effet produit est décrit aux Υ 2, 4 et ss. Mais il est possible aussi qu’il y ait eu deux émeutes ou plutôt deux excitations contre les apôtres : l’une, racontée au ÿ 2 et qui n’eut pas de suite; l’autre, au ὃ 5, à laquelle échappèrent les missionnaires par la fuite. Le texte occidental représenté par D Harkl. (mg) insinue cette hypothèse. Voici ce texte tel qu'il a été rétabli par Zahn : ÿ 2, oi δὲ ἀρχισυνάγωγοι [τῶν Ἰουδαίων] καὶ ot ἄρχοντες [τῆς συναγωγῆς] ἐπήγειραν διωγμὸν χατὰ τῶν διχαίων χαὶ ἐχάχωσαν τὰς ψυχὰς τῶν ἐθνῶν χατὰ τῶν ἀδελφῶν. 6 δὲ Ἰζύριος ἔδωχεν ταχὺ εἰρήνην. Ÿ 3. semblable au texte oriental. ὃ 4. Ἦν δὲ ἐσχισμένον τὸ πλῆθος τῆς πόλεως. χαὶ οἱ μὲν ἤσαν σὺν τοῖς Ἰουδαίοις, οἱ δὲ σὺν τοῖς ἀποστόλοις, χολλώμενοι διὰ τὸν λόγον τοῦ θεοῦ.

[leur] donnant que des miracles et des prodiges se fissent par leurs mains. k. Or, la population de la ville fut divisée; les uns étaient pour les Juifs, et Les autres pour les apôtres. 5. Comme il y eut un soulèvement des païens et des Juifs, avec leurs chefs, pour les outrager et les lapider, 6. [Paul et

Voici la traduction latine du codex de Bèze : ÿ 2. Archisynagogae judaeorum et principes synagogae incitaverunt persecutionem adversus justos et male tractaverunt animas gentium adversus fratres, Dominus autem dedit confectim pacem. ÿ 3, semblable. ÿ 4 Divisa autem erat multitudo civitatis et alii quidem erant cum Judaeis, alii vero cum apostolis adhaerentes propter verbum Dei.

Il y aurait donc eu une émeute contre les missionnaires suivie de la paix. Et alors les apôtres continuèrent leur apostolat qui causa la division parmi la population de la ville et engendra une seconde émeute, ainsi qu’il est dit ÿ 5 dans l'Harkléenne (mg) : Et iterum excitaverunt persecutionem secondo Judaei cum gentibus.

Mais ce texte occidental présente des caractères de non-authenticité. La distinction entre les ἀρχισυνάγωγοι des Juifs et les ἄρχοντες τῆς συναγωγῆς est un pléonasme; cf. Scnürer, Gesch. des Jüd. Volkes, 11", 366, 518 pp. L'Harkléenne ἃ omis τῆς συναγωγῆς, ce qui supprime le pléonasme; il serait alors question de ces ἄρχοντες dont il est parlé, Ὶ 5. Remarquons que Luc n’appelle jamais les chrétiens οἱ δίκαιοι, maïs ot ἅγιοι, οἱ ἀδελφοί.

Ÿ 5) ὡς δὲ ἐγένετο ὁρμὴ τῶν ἐθνῶν τε xat ᾿Ιουδαίων : le résultat des efforts haineux des | Juifs aboutit à l’union de ceux-ci et des gentils contre Paul et Barnabé. ὁρμή, impetus, Vig. ici seulement et Jceq, mt, 4 signifie mouvement pour s’élancer, élan, impulsion, excitation, assaut. Il est difficile de savoir exactement ce qui s’est passé. Il semble à première vue que l’émeute n’a été qu'en projet et ne fut pas mise à exécution, puisque les apôtres l’ayant apprise s’enfuirent.-6pux signifie plutôt une impulsion, une tendance à attaquer qu’un assaut actuel. Il y eut seulement un bouillonnement, un soulèvement des gentils et des Juifs dans le but de lapider les apôtres, mais leur projet fut déjoué. Peut-être que cependant il y eut un commencement d'exécution devant lequel les missionnaires prirent la fuite. L'Harkléenne (mg) affirme nettement que les apôtres furent lapidés : et lapidantes eos eduxerunt eos ex civitate, ce qui est en opposition avec Le ÿ 6; le latin de D dit aussi : injuriaverunt et lapidaverunt eos. Maïs Paul lui-même nous affirme qu'il ἃ été lapidé une fois seulement, II Cor. x1, 25. N'est-ce pas à la lapidation de Lystres, Ÿ 19, qu'il fait allusion?

σὺν τοῖς ἄρχουσιν αὐτῶν : d'après Robertson, xai aurait dû être employé plutôt que σύν; ces ἄρχοντες sont les chefs des Juifs qu’il ne faut pas confondre avec les ἀρχισυνάγωγοι; cf. Scaürer, 11’, p. 64,250. Ce ne sont pas les magistrats de la cité, les chefs des ἐθνῶν, comme l'ont dit quelques-uns. Ils n'auraient pas provoqué une émeute, surtout pour lapider quelqu'un, ce qui est un supplice juif. Pour la même raison il ne faut pas penser aux ἀρχισυνάγωγοι et aux magistrats de la cité réunie. ὑδρίσαι, aoriste infinitif de 6pitw, parler avec insolence, insulter, maltraïiter en paroles et en actions. Paul, I Thess. τι, 2, emploie le même terme pour caractériser les outrages qu'il ἃ reçus à Philippes. ὑδρίσαι καὶ λιθοδολῆσαι, à l'infinitif comme complément de ὁρμή expriment la finalité : Znfinitivus expletivus. Après λαθοδολήσαντες, Harkléenne (mg) ajoute : eduxerunteos ex civitate.

Υ 6) συνιδόντες : participe aoriste 2 de συνοράω, voir ensemble, s’apercevoir, connaître. χατέφυγον : aoriste 2 de κχαταφεύγω, s'enfuir pour un refuge, se réfugier. Dans la Peschitto nous avons : discesserunt et fugerunt; dans l'Harkléenne (mg) et fugientes pervenerunt in Lycaoniam, in civitatem quandam, quae vocatur Lystra, et Derben.

\ τι } τ 8. Kat τις ἀνὴρ ἀδύνατος ἐν Λύστροις τοῖς ποσὶν ἐχάθητο, χωλὸς ἐκ χοιλίας ο

La forme de la phrase ἃ paru singulière : deux hommes se réfugiant en plusieurs villes. L'auteur a voulu dire que Paul et Barnabé se réfugièrent vers les villes de la Lycaonie, c'est-à-dire allèrent successivement à Lystres et à Derbé et dans le pays d’alentour, où ils prêchaient l'Évangile. Il est probable: que des frères d’Antioche Les avaient accompagnés et annonçaient eux aussi l'Évangile. εἰς τὰς πόλεις τῆς Λυκαονίας : il est possible que εἰς soit pour ἐν : ils se réfugièrent dans les villes de la Lycaonie. Mais εἴς est justifié, parce qu'il y a mouvement vers les villes. | La Lycaonie était une vaste plaine, souvent appelée τὸ ἄζυλον, limitée au sud par les monts d’Isaurie et 16 Taurus; elle était bornée au nord par la Galatie proprement dite. à l’ouest par la Phrygie et la Pisidie, au sud par l’Isaurie, et à l’est par la Cappadoce. Les principales villes du pays étaient Iconium, Laodicée Ia Brûlée, Tyrixum, Lystres et Derbé, Le pays était formé de hauts plateaux, où l’on ne trouvait un peu d’eau potable qu'en creusant des puits à une très grande profondeur. Les habitants se livraient à l'élevage du bétail, surtout de l’onagre : τὰ Λυχαόνων éporédta ψυχρὰ χαὶ ψιλὰ

᾿ χαὶ ὀναγρόδοτα, ὑδάτων δὲ σπάνις πολλή, STRABON, ΧΙ, 6, 1. Dans le cours du temps ses

limites ont souvent varié et ses diverses parties ont été rattachées tantôt à l’une, tantôt à l’autre province l’environnant. Au temps de Paul elle était en partie englobée dans la province de Galatie. Luc place la frontière de la Lycaonie entre Iconium et

les villes de Lystres et de Derbé; il ne tient pas compte des délimitations politiques,

mais des traditions locales qui regardaient toujours Iconium comme une ville phrygienne. Cf. xur, 51. Beuruier, Dict. de la Bible de Vic ouroux, t. IV, col. 439.

Λύστραν, à l’accusatif féminin singulier, ici et xvi, 1; au datif neutre pluriel, χιν, 8; xvi, 2. C’est pour Blass un exemple de ces noms propres qui dans le N. T. suivent deux déclinaisons. Quelques critiques ont pensé que ce changement provenait de ce que l’auteur s’était servi de deux documents. Ramsay croit qu'il n’a pu étre assez inattentif pour ne pas voir ce changement de déclinaison dans deux phrases consécutives. La déclinaison propre de ce nom serait pour lui Λύστραν ; Δύστροις et cette variation proviendrait peut-être de l’usage du pays de Lystres.

χαὶ τὴν περίχωρον, sous-entendu γῆν. DE Floriacensis, Vulgate ajoutent ὅλην, univérsam in circuitu regionem, Vig. Ramsay fait observer que lorsque Paul et Barnabé vinrent à Iconium, ils ne sortaient pas de la Xwpa 'Αντιοχιανή, mais qu'à Lystres ils entraient dans une nouvelle région, ce que fait ressortir le texte, où il est parlé de la région environnante ἀθ Lystres. Quelques exégètes ont pensé que cette région environnant Lystres et Derbé pourrait être la Galatie proprement dite et que c’est à ce moment-là que Paul évangélisa les Galates de race, maïs l’examen de la carte montre l'impossibilité de cette hypothèse. Lÿstres et Derbé sont au sud d’Iconium et la Galatie proprement dite est située très au nord de cette dernière ville; elle est d’ailleurs trop éloignée de Lystres et Derbé pour qu'on puisse la tenir pour les environs de ces villes.

Ÿ 7) κἀκεῖ se trouve encore dans les Actes, xvir, 13; xx1r, 10; xxv, 20, etc., mais non dans l’évangile de Luc. εὐαγγελιζόμενοι ἦσαν : l'emploi du particige avec ἦσαν indique la durée de l’action. Cette évangélisation a dû en effet demander un assez long espace de temps. Ramsay croit que ce voyage en Asie mineure commença en mars 47 et finit en juillet ou août 49.

Barnabé] s'en étant aperçus se réfugièrent vers les villes de la Lycaonie, à Lystre et à Derbé et dans [le pays] d’alentour. 7. Et ils y prêchaient l'Évangile.

8. A Lystres, un homme impotent des pieds, restait assis; boîteux dès le ventre de sa mère, il n'avait jamais marché. 9. Il écoutait parler Paul.

Le texte de ce ὃ 7 est très différent suivant les recensions. Après ἧσαν D Floriacensis Wernig. Prov. ajoutent : καὶ ἐχινήθη ὅλος τὸ πλῆθος ἐπὶ τῇ διδαχῇ. ὁ δὲ Παῦλος χαὶ Βαρνάδας διέτριδον ἐν Λύστροις : et commota est omnis multitudo in doctrina : Paulus et Barnabas

moras faciebant in Lystris, d. Et motum est omne genus in doctrina eorum ; Paulus et

Barnabas commorabantur in Lystris : Floriacensis. εὐαγγελιζόμενοι ἦσαν τὸν λόγον τοῦ Θεοῦ χαὶ ἐξεπλήσσετο πᾶσα ἣ πολυπλήθεια ἐπὶ τῇ διδαχῇ αὐτῶν Ὁ δὲ Παῦλος καὶ Bapvdbas διέτριδόν ἐν Λύστροις, E. Ces développements du texte semblent être des gloses explicatives.

XIV, 8-20 : PauL ET. BARNABÉ ἃ LySTRES.

Lystres ne dut son importance relative qu’à la colonie de soldats qu'y avait établie Auguste en l’an 6 avant J.-C. pour défendre le pays contre les incursions des

brigands de la montagne; elle fit partie des défenses militaires de la Galatie du sud.

Plusieurs inscriptions de Lystres ont été trouvées : [Divum Auglustum] Colfonia]

Tulic[ia] Felix Gemina Lustra consecravit ἃ [ecreto] d [ecurionum]. CIL, III, Suppl.

6786. Lystres était bâtie sur une colline dans une vallée de la plaine de la Lycaonie, ἃ"

38 km. environ sud-ouest d’Iconium. Les ruines sont près de Khatün-Serai. La population était un mélange de Latins et de Lycaoniens indigènes. La langue officielle était le latin; le grec était la langue de la conversation entre les gens de rang élevé et ‘le lycaonien, celle du peuple.

Υ 8) Les autorités du texte occidental présentent dans les ÿ 8 ss. des leçons variées. La transition est bien ménagée par DE Flor., fin du ÿ 7 : Et toute la multitude fut émue de fleur, E Flor.] enseignement, in doctrinis. Et Paul et Barnabé demeuraient à Lystres.

ἀδύνατος τοῖς ποσίν, datif instrumental, RaperwaAcHer, ou locatif; RoBertTson; il était impuissant des pieds : l'adjectif verbal ἀδύνατος est employé ici seulement dans ce sens. Cf. Tobie, τι, 10 : ἀδύνατος τοῖς ὀφθαλυοῖς, expression médicale. Cette description de tous les symptômes de l’état de l’impotent, ἀδύνατος τοῖς ποσίν, χωλός, οὐχ περιεπάτησεν est bien d’un médecin qui accumule les symptômes et aussi d’un historien qui veut faire ressortir la grandeur du miracle. Remarquons cependant les formes pléonas tiques de cette phrase : ἀδύνατος τοῖς ποσίν et χωλός décrivent le même état, ainsi que χωλὸς Ex χοιλίας μητρὸς αὐτοῦ et ὃς οὐδέποτε περιεπάτησεν. Floriacensis supprime le second pléonasme : qui a ventre matris numquam ambulaverat et ajoute : habens timorem Dei, qu’on retrouve dans D, ÿ 9.

ἑχάθητο, imparfait de χάθημαι, être assis, rester assis, demeurer à la même place. L'imparfait marque l'habitude de l’action. ὃς οὐδέποτε περιεπάτησεν : Luc insiste sur l'état de cet homme et précise qu'il n'avait jamais marché. Son impuissance de marcher n’était donc pas accidentelle, mais congénitale. C’est à tort que des exégètes ont pensé que c'était un mendiant; aucun manuscrit ne parle de cela.

Ÿ 9) IL n’y avait pas de synagogue à Lystres, les Juifs y étaient trop peu nombreux; ils l’étaient cependant assez, comme il resort de xvi, 3, pour qu'il y eût une προσευχή, comme à Philippes, xvr, 18. La scène qui nous est racontée ici eut lieu peut-être à ce

A1 ? 7 9 = il LIN et 2 , ὦ D F Lé De ὃς ἀτενίσας αὐτῷ χαὶ ἰδὼν ὅτι ἔχει πίστιν τοῦ σωθῆναι, 10, εἶπεν μεγάλῃ φωνῇ κὴ δ

lieu de prière, mais plutôt sur une place publique où Paul prêchait à la foule rassemblée autour de lui le salut pour tous les hommes par Jésus-Christ, fils de Dieu, ainsi qu’il ressort du ÿ 11.

οὗτος, celui dont il vient d’être parlé : formule de liaison familière à Luc. ἤκουεν : l’imparfait indique que l’impotent écoutait assidüment l’Apôtre. Il l’écoutait toutes les fois que celui-ci prêchait l'Évangile et il devait comprendre son enseignement, s’il était « un craignant Dieu », connaissant les saintes Écritures. D ajoute : ὑπάρχων ἐν φόδῳ; et possidens in timore, d. La parole de Paul le remplissait d’effroi. Floriacensis ajoute libenter à audivit. Après λαλοῦντος Gigas ajoute : et credidit, glose complétive pour expliquer le ÿ suivant.

ὃς ἀτενίσας : l'ayant regardé fixement; expression familière à Luc, 1, 10. Paul était

attiré vers cet homme qui l’écoutait si assidûment et avec tant d'attention, lisant sa foi dans ses regards, il jugea que l’impotent avait la foi pour être sauvé ou guéri, τοῦ σωθῆναι : l’article devant un infinitif et après un nom délimite ce nom, l'explique; il exprime tout à la fois le dessein et 16 résultat. Ou Paul jugea qu'il avait la confiance qu’il pouvait le guérir, σώζεσθαι ἃ le sens d’être sauvé ou d’être guéri. L'infirme, entendant les enseignements de l’Apôtre sur Jésus, Sauveur des hommes, crut en ‘celui-ci et eut la foi nécessaire pour être guéri. Ce second sens répond mieux au contexte. Dans les miracles de guérison la foi était nécessaire chez le malade. Avant de guérir un malade Jésus lui demandait ordinairement s’il avait la foi qu’il pouvait le - guérir, Mt.1x, 28; Mc. 1x, 23. -

Ramsay, The Bearing of recent discovery on the Truthworthiness of the N. T., n'est pas de cet avis. On traduit souvent τοῦ σωθῆναι par « pour être guéri »; ce qui ne répond pas au contexte. L'impotent écoutait Paul et celui-ci ayant arrêté les yeux sur lui vit, à l'expression de sa physionomie, que ses paroles avaient fait impression sur lui. Or, l’Apôtre prêchait le salut, Donc l’impotent traduisait sur sa figure son désir d’être sauvé et non celui d’être guéri, car il ne savait pas que Paul pouvait opérer ce miracle. Mais quel était le salut qu'il était capable de concevoir et de recevoir? L'idée de salut, σωτηριά, était très connue chez les païens; elle signifiait pour eux salut, prospérité, santé. C’est là le salut que pouvait désirer l’impotent.

M. Ramsay fait remarquer que ce terme σωτηρία était bien approprié à la prédication chrétienne, en ce sens que le salut, demandé par les païens, pour leur assurer le bonheur, la prospérité, leur était présenté par Paul sous une forme plus spirituelle et leur promettait un bonheur qui ne devait pas consister en biens matériels, mais dans la connaissance et la jouissance de Dieu. Le salut chez les païens devait être atteint par des rites et des cérémonies tout extérieurs, par des pratiques magiques, ce qui le différenciait profondément du salut chrétien, fruit de la foi et produit par des actes moraux. Dans sa prédication, Paul adopta les termes connus, car il devait parler dans le langage de ses auditeurs s’il voulait être compris. Mais il donna à ces termes un sens plus riche, plus spirituel, tout en les laissant compréhensibles à un certain

degré à ses auditeurs, mais non tout à fait, car qui a parfaitement compris les doctrines de l’Apôtre ?

Ÿ 10) εἶπεν μεγάλῃ φωνῇ : expression familière à Luc, Act. vu, 57, 60; vint, 7; xvi. 28; ΧΧΥΙ, 24; 76, 1v, 33; vin, 28; xvut, 15; ΧΙΧ, 37; ΧΧΠΙ, 23, 46. Διὰ τί μεγάλῃ τῇ φωνῇ : Ὥστε τοὺς ὄχλους πιστεῦσαι, CHrYsOsTOME, Ποηι. xxx, 2. Ce n'est pas l'opinion de Loisy, p. 549:

1e AA UNE ᾿ OMR

Celui-ci, fixant 165 regards sur lui et vovant qu'il avait la foi pour être sauvé (guéri), 10 dit d’une voix forte : Lève-toi droit sur tes pieds. Et il sauta et marchait. 11. Or, la foule ayant vu ce que Paul avait fait éleva La voix

« En tout cas, si Paul crie un peu haut, ce n’est pas pour impressionner les témoins, mais comme agent de l'inspiration divine, pour bien affirmer son intention de guérir l’homme et la lui signifier fortement à lui-même. »

ἀνάστηθι ἐπὶ τοὺς πόδας σου ὀρθός : L'ordre de Paul est précis, signifiant que jusqu’à ce moment les pieds de l’impotent étaient impuissants à le tenir debout. ὀρθός, placé à la fin de la phrase, est emphatique; c’est sur lui que doit porter l'attention, il équivaut à χαὶ ἴσθι ὀρθός. ὀρθός, employé ici seulement par Luc : dans Hébreux, xu, 13, c'est une citation des Septante. Cf. HogarT, p. 46. Avant ἀνάστηθι, Dd CE 614 Pesch. Harkl (mg) ont : Σοὶ λέγω ἐν τῷ ὀνόματι τοῦ Kuplou Ἰησοῦ Χριστοῦ et Floriacensis : Tibi dico in nomine Jesu Christi Domini nostri. Cette addition doit être une glose : la tradition n'aurait pas éliminé le nom de Jésus s’il avait été dans le récit original. Après ὀρθός, Dd Harkl. (mg) ajoutent : καὶ περιπάτει, souvenir de M. 1x; 5, puis καὶ εὐθέως παραχρῆμα, pléonasme, mais classique, ἀνήλατο καὶ περιεπάτει.

ἥλατο, aoriste 2 moyen de ἄλλομαι, sauter, s’élancer, se lancer d’un seul bond sur ses pieds. L'emploi de l’aoriste, ἥλατο, suivi de l’imparfait, περιεπάτει indique un changement d'action : il marque qu'après s'être élancé l’impotent marchait ; action continue. Il se promenait comme pour essayer ses forces et prouver la réalité de sa guérison. Prae gaudio facit unum saltum et dein perambulat quantum et quoties libet, KNABEN- BAUER. τεχμήριον τῆς ὑγείας τῆς ἀκριόοῦς τὸ ἅλλεσθαι, CHYSOSTOME, Hom. xxx, 2.

ÿ 11) À la vue de ce qu'avait fait Paul, les foules, c’est-à-dire la populace de la

. ville, élevèrent la voix, ἐπῆραν τὴν φωνὴν αὐτῶν, hébraïsme. La vue du miracle excite la

foule et la pousse à exprimer son admiration. Λυχαονιστί : cette forme tort indique une langue populaire : Ῥωμαιστί, ᾿Ἑλληνιστί, "Eéparati. Comme il était naturel, l’'étonnement du peuple est exprimé dans le langage qui lui est le plus familier, sa langue maternelle, le lycaonien. La foule était surtout composée d’indigènes qui comprenaient plus ou moins le grec, la langue internationale de l'Orient, puisqu'ils avaient compris les paroles de Paul, mais entre eux et dans les moments de forte excitation ils s’exprimaient en lycaonien. C’est exactement ce qui se passe encore dans nos provinces : 16 paysan comprend et parle le français, mais dans le cours ordinaire de la vie, avec ses voisins, il parle dans le patois du pays. La coexistence en Orient du grec et de la langue du pays nous est attestée par les inscriptions ; cf. Lassen, Zeitsch. der deutschen morgent. Gesellschaft, 1856, p. 329 et Jérôme qui affirme que les Galates se servaient de la langue grecque et de leur langue maternelle, 7π Gal. prooem. Les anciennes langues populaires n'étaient pas mortes, comme cela est vraisemblable et est prouvé par la littérature subséquente; cf. Hozr, Jermes, χυπι, p. 458.

Nous connaissions par Etienne de Byzance, au mot Δερδή ou Δελόεία, l'existence du dialecte lycaonien, maïs nous n'en possédions jusqu’à ces dernières années aucun document. Un mot seulement, Δελδείαν, en était connu. Les travaux de Jablowky, de lingua Lycaon. et de Güttling, de lingua lycaon. Witeb. 1726, nous apprennent peu de choses sur ce langage. Woodhouse, Encycl. biblica, 1IT, col. 2836, parle de trois inscriptions lycaoniennes, Journ. of Hell. Studies, II, 157. D'après Calder, Æxpositor, juil. 1910, p. 5, une courte inscription, qui est probablement le premier document connu en cette langue a été copiée, en 1909, à Dorla, et ἃ été publiée par Miss Ramsay dans son Preliminary Report to the Wilson Trustees, p. 3. Dans le même article Calder publie deux inscriptions grecques, mentionnant des dédicaces à Jupiter et à

Ἀ αὐ φ sl ὁμοιωθέντες ἀνθρώποις χατέδησαν πρὸς ἡμᾶς" 12. ἐχάλουν τε τὸν Bapvdéay Δία,

τὸν δὲ ἸΠαῦλον Epuñv, ἐπειδὴ αὐτὸς ἦν ὁ ἡγούμενος τοῦ λόγου. 18. ὁ τε ἱερεὺς

Δι .s ” ἊΝ Ὡ f A4 τ Ι΄ » τ x el © ἰὸς τοῦ ὄντος πρὸ τῆς πόλεως, ταύρους χαὶ στέμματα ἐπὶ τοὺς πυλῶνας \

Hermès : les personnages nommés, Κάχχαν, Ναραμο[ᾶς], Ἴμρα[ν ΛΑἸιχίνιος Δ[ζιὸς] ἱερεῖς dans

Ja première inscription sont ΠΡ θα ἐμ ont des indigènes, ce qui nous paraît certain

. pour ceux de la seconde inscription : Toëns M[ælxpeïvos ὁ χαὶ AGaoxavros, Βάτασις Βρετασίδος

quiont fait un vœu de donner une statue d'Hermès avec une dédicace à Zeus, dieu du

soleil. La réunion dans une inscription lycaonienne de Zeus et d'Hermès par des

indigènes prouve que ceux-ci étaient les dieux du pays, identifiés avec des dieux

grecs, et explique que le peuple aït pris Barnabé pour Zeus et Paul pour Hermès, XIV, 12.

Diverses conjectures ont été faites sur la nature du lycaonien : c'était un mélange de

grec et de syriaque ou d’assyrien, un grec corrompu, la langue de la Cappadoce,

apparentée à celle des Perses. Cf. Conper, Palestine Explor. Fund, oct. 1888. Paul et Barnabé ne comprirent pas ce que disait la foule, sans quoi ils auraient protesté immédiatement, ce qu'ils ne firent que plus tard, lorsque l'acte du prêtre, préparant un sacrifice, leur eut fait comprendre la méprise de la foule. Cette observation suffit à prouver que le don des langues ne comportait pas la connaissance de toutes les langues parlées.

où θεοὶ ὁμοιωθέντες ἀνθρώποις : cette croyance aux théophanies, aux transformations des dieux prenant la forme humaine pour visiter les hommes, était commune; qu’on se rappelle les avatars des dieux de l’épopée homérique. C'était encore la croyance populaire aux temps du N. T. Apollonius de Thyane, qui vivait à l’époque apostolique,

passait pour un dieu sous forme humaine; cf. Eunarr, Vies des Sophistes, p. 454, 500.

La fable de Philémon et Baucis, visités par Jupiter et Mercure (Zeus et Hermès) sous forme humaine, devait être connue des Lycaoniens, puisqu'elle était originaire de Phrygie, Ovine, Métam. vin, 611.

Baur, Zeller, Overbeck, Holtzmann, Wendit prétendent que la populace aurait plutôt pris Paul et Barnabé pour des magiciens ou des démons que pour des dieux. Cette hypothèse ne tient pas compte de l’état d'esprit de ces populations pour qui la visite des dieux n’était en rien extraordinaire. Sed nunc rem videbant a praestigiis magorum . plane diversam et eorum artibus longissime superiorem; quare si magicis artibus assueti erant, debebant nunc virtutem agnoscere sublimiorem, infinito intervallo illa superantem. KNABENBAUER.

Cette méprise du peuple, prenant Paul et Barnabé pour des dieux, prouve que ceux-ci, prêchant le Dieu unique et réprouvant les dieux adorés par ce peuple, n'avaient pas été compris. Mais nous avons affaire ici avec la populace ignorante et superstitieuse : depuis longtemps, la partie éclairée de la population ne croyait plus

aux légendes mythologiques.

Ÿ 12) ἐχάλουν. τε τὸν Βαρνάδαν Δία, τὸν δὲ Παῦλον Ἑρμῆν : Les Lycaoniens identifiaient Barnabé à Zeus et Paul à Hermès; ils crurent qu’ils étaient visités par Zeus, parce qu’il était le dieu protecteur de leur ville. Il avait un temple devant les murs de la ville. Les païens croyaient que les dieux visitaient les villes dont ils étaient la divinité tutélaire, Dion Carysostrome, Orat. xxxim. On adjoignit Hermès à Jupiter parce qu'il était son compagnon ordinaire. Cf. l'inscription citée plus haut. Ces appellations ont dû en outre être suggérées par la légende de Philémon et Baucis, dont le souvenir, d'après Ewald, Gesch. des apost Zeitalters, Ὁ. 426, était perpétué à Lystres par une fête en l'honneur de Zeus et d'Hermès. Le choix des Lycaoniens a été guidé, dit-on, par

disant en lycaonien. Les dieux [s'étant] faits semblables aux hommes sont des) cendus vers nous. 12. Et ils appelaient Barnabé Zeus et Paul, Hermés, parce que c'était lui qui était le chef de la parole. 13. Et le prêtre de Zeus, qui est devant la ville, ayant [amené] des taureaux et apporté des guirlandes (bande-

l'idée qu'on se faisait de ces dieux. Barnabé, qui paraissait le plus vieux, d’une plus forte corpulence, d’une apparence plus vénérable, plus solennelle, qui était plus silencieux, fut appelé Zeus, le plus grand des dieux. Mais en fait on ne sait rien sur la taille et l’âge de Barnabé. Paul, plus chétif d'aspect; il est, disent les Actes de Paul et de Thècle, 3, μιχρὸς τῷ μεγέθει, ψιλὸς τὴν χεφαλήν, ἀγχύλος ταῖς χνήμαις — fut appelé Hermès. Cette raison est bien faible, car ce dieu est toujours représenté sous la figure d’un gracieux jeune homme. Luc, d’ailleurs, nous apprend pourquoi on appelait Paul, Hermès. C’est parce qu'il était le chef de la parole, qualité caractéristique de Hermès.

ἐπειδὴ αὐτὸς ἦν ὁ ἡγούμενος τοῦ λόγου : littéralement il était le conducteur, le chef de la parole; ici seulement, dans le N. T., ἡγούμενος avec le génitif, mais l'expression est Mo Le ἡγούμενοι ᾧδῆς, PLATON, Alcib. 1, 125. Jamblique, de Myst. Egypt. τ, appelle Hermès : ὃ τοῦ λόγου ἡγεμών. Nonnus, Dionys. xxXVI; γλώσσης ἡγεμιοονῆα σοφῆς ἰθύντορα φωνῆς. Cf. Wersren. Hermès était le plus éloquent, le plus parleur des dieux, λάλιστος καὶ λογιώτατος θεῶν ἁπάντων, Liucren, Gallus, 2, Paul a été identifié avec lui. Hermès était l'interprète, le messager, l’envoyé, ἄγγελος, des dieux. Aurions-nous un souvenir de cet épisode dans cette parole de Paul aux Galates, ιν, 14 : Ὥς ἄγγελον Θεοῦ ἐδέξασθέ με. — Cette réflexion de Luc que Paul était le chef de la parole n'implique pas que Barnabé était un personnage muet; son action publique à Antioche prouve le contraire, x1, 23.

Floriacensis a omis cette explication, ce qui fait supposer que là, comme ailleurs, xvIt, 18; xvur, 3, les MM. occidentaux omettent les clauses explicatives. Mais l’explication est ici tellement naturelle qu’elle doit être originale ; elle est d’ailleurs attestée par toutes les autres autorités du texte.

Υ 13) ὃ τε ἱερεὺς τοῦ Διὸς τοῦ ὄντος πρὸ τῆς πόλεως : Cette expression, πρὸ τῆς πόλεως, peut désigner la localité du temple : πρὸ indique la place, le prêtre de Zeus devant la ville; — le dieu est censé se trouver là où son temple était bâti, — ou être une épithète de Zeus, comme dans l'inscription de Claudianopolis. Au lieu de 6 τε ἱερεύς, D Gig. ontoi δὲ ἱερεῖς: Ramsay croit que cette leçon est originale parce qu’en Asie mineure les grands temples étaient desservis par un collège de prêtres. Blass, au contraire, affirme que, d'après l'usage, le temple n'avait qu'un prêtre. L'inscription publiée par Cladder, cf. plus haut, donne raison à Ramsay, au moins pour Lystres, où elle nomme trois prêtres de Zeus.

Si l’on adoptait la leçon de CSEHLP, πρὸ τῆς πόλεως αὐτῶν, il faudrait traduire : le prêtre de Zeus qui est devant leur ville; il n’y ἃ pas ellipse de τοῦ ἱεροῦ : Zeus, dans les croyances populaires, habitait son temple. Placé devant les portes de la cité, il était la divinité protectrice de la ville, Ζεὺς πολιοῦχος. — La leçon de D Gig., τοῦ ὄντος Δίος Πρὸπόλεως rappelle à Ramsay l'inscription de Claudianopolis, en Isaurie, sud-ouest de Lystres : Aù Προαστίῳ. Faut-il lire πρὸ πόλεως en deux mots ou en un seul mot Προπό- \cwc? Dans une inscription de Smyrne, non encore publiée, la phrase ἱέρεια πρὸ πόλεως ou ΤΙροπόλεως se rencontre.

Le participe τοῦ ὅντος devant Λίος Προπόλεως est une manière de s'exprimer caractéristique des Actes pour introduire une phrase technique ou un terme qui reçoit un sens technique, cf. v, 17; xt, 1; xxvin, 17, et est complètement équivalent à τοῦ ὀγομαζομένου. Ramsay, The Church in the Roman Empire;p. 52.

ταύρους χαὶ στέμματα ἐπὶ τοὺς πυλῶνας ἐνέγκας : le prêtre amène les taureaux et apporte

Evéyuac, σὺν τοῖς ὄχλοις ἤθελεν θύειν. 14. ἀχούσαντες δὲ of ἀπόστολοι Βαρνάθας

les guirlandes; cette action nécessitait la présence de plusieurs personnes, le prêtre et ses acolythes ou des prêtres comme il est dit dans D. στέμματα, littéralement des bandelettes pour tresser des guirlandes, de στέφω, ἔστεμμαι. Avons-nous ici la figure de grammaire appelée hendyadis et devons-nous lire : ταύρους écremuévous, des taureaux couronnés de guirlandes? C’est possible. Ces guirlandes étaient destinées à orner l’autel, l’image du Dieu, les prêtres sacrificateurs et les victimes du sacrifice. Ipsae fores et ipsae hostiae et arae, ipsi ministri et sacerdotes eorum coronantur, TERTUL- LIEN, de Corona, 10. Grotius a cru qu’elles étaient apportées pour couronner Paul et Barnabé. Le taureau était l'animal que l’on sacrifiait à Zeus : Taurus tibi, summe deorum, Ovine, Métam. 1v, 755. Sur une monnaie de Lystres on voit un prêtre conduisant deux bœufs.

ἐπὶ τοὺς πυλῶνας : Les exégètes ne s’accordent pas sur la signification de cette expression. Lechler, Hackett, Wendt y voient les portes de la ville, parce que le terme πυλῶνας sans addition et au pluriel s’expliquerait mieux aux portes de la ville qu’à celles d’une maison particulière. Le prêtre devait sacrifier devant les portes de la ville où se trouvaient les dieux, Barnabé et Paul à qui était offert le sacrifice. Cette seconde raison est peu plausible. Maïs πυλών désigne ordinairement la porte extérieure de la maison, x, 17; x, 13, etc. Beelen, Patrizzi, Knabenbauer pensent donc qu'il s’agit ici des portes de la maison où habitaient Paul et Barnabé, probablement de la porte qui conduisait de la rue dans l’atrium de la maison. Puisque le prêtre et le peuple voulaient offrir un sacrifice aux apôtres, ils devaient amener les victimes à leur demeure. Au ÿ 14, le terme ἐξεπήδησαν indique peut-être que les apôtres sortirent de leur maïson pour parler au peuple. Maïs une maison particulière n'avait qu’une porte, et en outre l’étroitesse de la rue d’une ville d'Orient ne permettait guère la célébration d’un sacrifice.

B. Weiss, Ramsay, Loisy, de Zwaan croient qu'il est parlé ici des portes du temple, parce qu'un sacrifice ne pouvait être offert que devant la porte du temple, B. Wuiss; les autels des temples de l'antiquité étaient devant les portes du temple, Loisy. Ramsay, δὲ Paul, p. 119, suggère l'hypothèse suivante : Le collège des prêtres prépare probablement le sacrifice aux portes extérieures des terrains du temple parce que ce sacrifice était en dehors du rituel ordinaire et ne pouvait être célébré à la place ordinaire des sacrifices et parce qu'ils désiraient que la foule y prit part,

ce qu'indique le texte : σὺν τοῖς ὄχλοις ἤθελεν θύειν. Alors le jour s’avançant, les apôtres, étant sortis de leur maison, continuaient leur prédication. Lorsqu'ils apprirent que les prêtres et le peuple s’apprêtaient à célébrer l’épiphanie des dieux, Paul et Barnabé, ils se précipitèrent hors de la ville vers le temple. — ἤθελεν θύεν : le prêtre agissait-il de bonne foi ou voulait-il plaire à la multitude qui demandait un sacrifice ? L'expression, σὺν τοῖς ὄχλοις, favoriserait cette seconde alternative. -

Ÿ 14) ἀκούσαντες dé : Paul et Barnabé ayant entendu ce que disaient le prêtre et la foule : cette expression indique que le prêtre conduisant les victimes et que la foule n’était pas devant la porte de leur demeure, sans quoi le texte porterait, ἰδόντες δέ. ‘Cependant la leçon ἐξεπήδησαν, N À B C D E 43 61 Chrys., de ἐχπηδάω signifie s’élancèrent dehors, par conséquent hors de leur maison. Mais peut-être est-ce hors de la ville, Il est vrai que nous avons la leçon εἰσπήδησαν, C3 Ἢ LP de εἰσπηδάω, ils s'élancèrent vers : les apôtres, sortant brusquement de leur maison, se précipitèrent vers la foule.

lettes) devant les portes, voulait, ainsi que la foule, offrir un sacrifice. 14. Mais ayant appris cela, les apôtres, Barnabé et Paul, ayant déchiré leurs vêtements, se précipitèrent vers la foule, en criant 15 et disant : Ὁ hommes, pourquoi faites-vous cela? Nous aussi, nous sommes des hommes, de mêmes passions

On pourrait donc supposer que Paul et Barnabé rencontrèrent la foule qui poussait les acclamations dont il a été question plus haut, et apprenant ce qui allait se passer, se précipitèrent vers elle.

La leçon de D, ἀχούσας δὲ Βαρνάδας καὶ Παῦλος ἃ fait supposer à Preuschen que ce récit proviendrait d'une source où Barnabé seul serait nommé et qu’un copiste aurait ajouté χαὶ Παῦλος. Ce participe au singulier est tout à fait grammatical, même avec deux sujets. L'accord se fait souvent avec le premier sujet seul. Remarquons que, même dans le codex D, les verbes suivants sont au pluriel. En fait : « dans la perspective du récit, Barnabé devient le dieu principal, que concerne le sacrifice, et c'est lui qu’on en prévient » Lorsy.

οἱ andotokot Βαρνάδας χαὶ Παῦλος : ici encore, comme ÿ ἅ, les missionnaires sont appelés apôtres et Barnabé est placé le premier, probablement par allusion au rôle principal que lui attribue la foule, ÿ 12. οἱ ἀπόστολοι est omis par D Floriacensis, Peschitto; on pense que ce titre a été omis parce qu’il ne pouvait convenir à Barnabé; il est plus probable qu’il a dû être regardé comme pléonastique. διαρρήξαντες τὰ ἱμάτια ἑαυτῶν : participe aoriste de διαρρήσσω, briser, rompre; ici déchirer des vêtements, ἑαυτῶν, d'eux-mêmes, renforce l'expression. Les Juifs avaient coutume, cf. Gen. xxxvu, 29, 34; Jos. vu, 6; Mt. xxvi, 65, etc., de déchirer leurs vêtements pour exprimer leur douleur. Les apôtres agirent ainsi pour faire comprendre à la multitude l'horreur que leur inspiraient et ses acclamations et le sacrifice qu’on voulait leur offrir. κραζοντες; participe présent de χράζω, coasser, crier, indique la continuité des cris.

Υ 15) Le discours de Paul montre son aptitude à être tout à tous, à adapter ses arguments à ses auditeurs. En parlant aux Athéniens, xvir, 20-30 et en écrivant aux Romains, 1, 18-32; 11, 14-16 il traite les mêmes vérités de la religion naturelle, mais plus pleinement et en se plaçant à un-point de vue philosophique. Ici, s'adressant au peuple, il expose simplement les faits : 1° Dieu est unique; il est le créateur toutpuissant; 2° ceci a été caché aux nations, mais 3° ce qui se passe dans la nature — les pluies, les saisons, les fruits de la terre — sont les preuves de sa puissance et de sa bienveillance pour l’homme.

Deus Gentibus illis legem scriptam, quam Judaeis dedit, notam non fecit; neque ad eos, ut ad Judaeos, prophetas identidem misit; verum eos pravae suae voluntati reliquit. Nequaquam tamen omne virtutis veritatisque auxilium eis abstulit, sed generales tantum et minores gratias elargitus est, speciales et magnas legi Christi reservans : quod quidem fecit ex arcano quodam judicio, et secundum arbitratum suum. CAMERLYNCK.

καὶ λέγοντες : 165 missionnaires s’apaisent : ils parlent. ἔλνδρες, bref appel en rapport avec le tumulte de la foule auprès des apôtres, lequel rappelle déjà leur communauté de nature avec leurs auditeurs. καὶ τί ταῦτα ποιεῖτε; τί peut être un relatif attribut de ταῦτα: cf. Le. xv, 26, ou un interrogatif, et signifier pourquoi. D’après Blass-Debrunner, $ 299, τί peut être placé en attribut à ταῦτα, comme dans Démosthène, 55, 5 : Tetoia, τί ταῦτα ποιεῖς: — ἡμεῖς ὁμοιοπαθεῖς ἐσμὲν ὑμῖν ἄνθρωποι : Nous aussi, nous sommes des hommes, ὁμοιοπαθεῖς, éprouvant les mêmes passions que vous, de ὁμοιοπαθῆς, qui est affecté de même, qui éprouve les mêmes sentiments, affections, passions. Paul affirme ainsi que Barnabé et lui ne sont pas des dieux, de leur nature immortels et impassibles

2 4 τ = 2 " En 3 « ἄνθρωποι, εὐαγγελιζόμενοι ὑμᾶς ἀπὸ τούτων τῶν ματαίων ἐπιστρέφειν ἐπὶ Θεὸν ζῶντα, ὃς ἐποίησεν τὸν. οὐρανὸν χαὶ τὴν γῆν χαὶ τὴν. θάλασσαν nai πάντα τὰ ἐν

L See € “7 = ᾿ αὐτοῖς" 16. ὁς ἐν ταῖς παρῳχημέναις γενεαῖς εἴασεν πάντα τὰ ἔθνη πορεύεσθαι ταῖς

à » ADS TC 7 2 2 4 PURES > “" ᾽ ! a ὁδοῖς abr@y 17. χαίτοι οὐχ ἀμάρτυρον ἀφῆχεν, ἀγαθουργῶν, οὐρανόθεν ὑμῖν

— ὁμοιοπαθεῖς, hommes éprouvant des passions par opposition ἃ 1᾿ ἀπάθεια des dieux, Jeq. x, 17; Sag. vn, 3. Ils sont de la même nature qu’eux, soumis aux mêmes faiblesses, aux mêmes souffrances; ils ne sont pas tout-puissants comme aurait pu le leur faire penser le miracle qu'ils ont opéré. Blass croit que ὁμοιοπαθεῖς ἄνθρωποι est l'équivalent de ὁμοίως θνητός; c’est la traduction de la Vulgate : nos mortales sumus, similes vobis homines. Traduisent plus littéralement : Gigas, Speculum, nos similiter passibiles ut vos; d, nos patientes sumus vobis.

εὐαγγελιζόμενοι δμᾶς; avec l'accusatif de la personne, comme vin, 25, 40 et celui de l’objet, comme x, 82; nous vous annonçons une bonne nouvelle; nous sommes les messagers de Dieu, maïs non dans le sens où vous l’entendez. ἀπὸ τούτων τῶν ματαίων : si τούτων est au neutre, on peut supposer que Paul, montrant ce qui l'entoure, fait allusion ici au sacrifice que l’on prépare, aux victimes, aux guirlandes. Mais si τούτων est au masculin Paul fait plutôt allusion aux dieux des païens, des dieux de rien, par opposition au Dieu vivant qu'il prêéchait, qui a créé l’univers. C’est aveo mépris que les Juifs parlaient des dieux du paganisme, II Rois, xvn, 25; Jér. τι, 5. ἐπιστρέφειν ἐπί : Cf. 1x, 35; χι, 21. ἐπὶ Θεὸν ζῶντα : sans l’article parce que le Dieu vivant que prêche Paul est un de sa nature, II Cor. vi, 16; Rom. 1x, 26. ὃς ἐποίησεν τὸν οὐρανόν, le Dieu vivant, actif, qui a prouvé son activité en faisant le ciel et la terre par opposition aux dieux des nations, qui sont des dieux morts, inactifs. Cf. Jérémie, x, 11 : Les dieux qui n’ont -pas fait le ciel et la terre, et ce qui suit : développement que Paul a abrégé. Il semble avoir emprunté au livre de la Sagesse, xui, 1-6, l'exposé qu'il fait ici et dans Romains, 1, 19, 21 de l’action de Dieu dans l’univers. Dieu a manifesté sa vie par la création, Gen, 1, 1; Ps. cxivi, 2; c’est ce que Paul redira aux Romains, 1, 19, aux Ephésiens, in, 9; comme plus tard, à Athènes, il part des vérités de la religion naturelle, qui pouvaient être comprises de prime abord par ses auditeurs, pour s'élever ensuite aux vérités surnaturelles qui leur étaient moins accessibles; mais, qu'il leur eût prêché celles-ci, cela ressort des ÿ 22,23. C’est d’ailleursæle même thème apologétique que nous retrouverons plus tard : cf. Justin, ads. Tryph. 76, 91, etc.

Afin d'éviter la tournure insolite et peu grammaticale de εὐαγγελιζόμενοι avec l’accusatif de la personne et celui de l’objet, le codex de Bèze présente ce passage de la façon suivante : Βὐαγγελεζόμενοι ὑμῖν τὸν Θεὸν, ὅπως ἀπὸ τούτων τῶν ματαίων ἐπιστρέψητε ἐπὶ τὸν Θεὸν ζῶντα τὸν ποιήσαντα... Ramsay croit que le premier Θεόν serait une allusion au grand Dieu, protecteur de la cité de Lystres, que ses adorateurs avaient coutume de désigner par ce titre : ὁ Θεός. Nous aurions ici une entrée en matière, analogue à celle du « Dieu inconnu », du discours d'Athènes, xvnr, 23.

ÿ 16) Dieu a exercé son action non seulement en créant le ciel et la terre, maïs aussi dans tout ce qui s’est passé dans le cours des siècles. Paul constate les faits maïs il ne répond pas à la question troublante : pourquoi Dieu a-t-il laissé les hommes dans leur ignorance de la loi morale. ἐν ταῖς παρωχημέναις γενεαῖς : participe parfait passif de παροίχομαι, passer outre, aller au delà, passer; τὰ παροιχήμενα, les choses passées. πάντα. τὰ ἔθνη : les peuples païens par opposition au peuple juif qui a été guidé par Dieu et a reçu le dépôt de la loi morale. L'humanité est pour Paul divisée en deux catégories ; mais le Dieu des Juifs est aussi celui des païens. πορεύεσθαι ταῖς ὁδοῖς αὐτῶν : il leur ἃ permis de marcher dans leurs voies, — datif de manière — de se conduire à leur propre

ACTES DES APOTRES, χιν, 15-17, 429

(sentiments) que vous, vous prèchant de vous détourner de ces [dieux] vains

vers le Dieu vivant, qui à fait le ciel et la terre et la mer et toutes les choses qui s’y trouvent, 16 qui dans les générations passées ἃ permis à toutes les nations de marcher dans leurs voies, 17, et cependant, il ne s’est

pas laissé sans témoignage de lui-même, faisant du bien, vous dispensant :

gré, suivant leurs usages et les lois qu’ils s'étaient données; après πορεύεσθαι le datif

indique la manière de marcher, Burrwanx, cf. IE Cor. x, 18. Ps., Lxxxr, 18; IV Esdras, 1, 18 : Et ambulavit unaquaeque gens in voluntate sua. L’Apôtre veut donner une idée adoucie du christianisme ; il est plus sévère dans l’épitre aux Romaüns, τ, 22-32.

Ÿ 17) καίτοι, placé en tête de la phrase et suivi d’un verbe à un mode fini, signifie : et

cependant, toutefois, quoique; conjonction adverbiale qui relie, tout en mettant en.

opposition, ce qui précède avec ce qui suit. Dieu a laissé les nations suivre leurs voies,

mais cependant il ne s’est pas complètement désintéressé d’elles; il a continué à les

combler des bienfaits de sa Providence. οὐκ ἀμάρτυρον (invisibilem, Flor.) ἑαυτὸν ἀφῆκεν : il n’est pas resté sans donner un témoignage de lui-même, sans se manifester par les phénomènes de la nature. ἃ Athènes, xvrr, 2 et aux Romaïins, 11, 45, Paul rappelle Ia présence de Dieu dans la conscience de l’homme; ici il parle de sa manifestation dans la nature, ef. Ps., υχχχύπι, 38 : ὃ μάρτυς ἐν οὐρανῷ πιστός. ἀφῆκεν, parfait de ἀφίημι, envoyer, laisser aller, omettre, négliger : non reliquit sed Sivit, BLass. ἀγαθουργῶν, inconnu au grec classique et aux Septante, se retrouve seulement dans 1 Tim. vi, 18, sous la forme ἀγαθοεργεῖν. La Vulgate et d rapportent οὐρανόθεν ἃ ἀγαθουργῶν, beneficiens de coelo. Floriacensis suit le grec : sed magis benefecit dans vobis pluviam de coelo. Les troïs verbes au participe présent, ἀγαθουργῶν, διδούς, ἐμπιπλῶν, expriment l’activité continuelle et présente de la Providence de Dieu;

ils sont la justification de ἀμάρτυρον : Dieu s'est rendu présent aux hommes par son action continue dans la nature : le second participe, διδοὺς betoës, spécifie le premier,

ἀγαθουργῶν, et le troisième ἐμπιπλῶν, exprime le résultat du second. δετούς. les pluies : la pluie était regardée en Orient comme un bienfait spécial des dieux; Zeus était appelé δϑέτιος, ἐπιχάρπιος. La pluie était d'autant plus appréciée, désirée dans ces montagnes de l'Asie mineure qu'elle était plus rare. Strabon, x, 6, 4, rapporte qu'à Soatra, ville de Lycaonie, on vendait l’eau. καιροὺς χαρπόφορους : les saisons qui portent des fruits, Jér. τι, 20; Ps. cvi, 34. Cette idée que la fertilité de la terre prouve la puissance de Dieu se retrouve dans "Δ. T. Job, v, 9 s.; Ps. cxLvi, 8 s.; Is. xxx, 28; Jér. v, 24: τροφῆς, Se dit surtout de la nourriture de l’homme. εὐφροσύνης, joie, gaieté du cœur; cette expression est le complément, Le résultat de la précédente, τροφῆς. Dieu les a remplis de nourriture qui leur ἃ donné la joie, Ps. 1v, 7; 15. xxix, 19. χαρδία signifie la force vitale, l’activité de l’homme, cf. Le. xx1, 34 et implique aussi une idée de joie, de plaisir. « En remplissant vos cœurs de nourriture et de joie : l’Apôtre exprime ainsi en deux mots ce sentiment de bien-être et de jouissance de la vie qui remplit le cœur de Phomme par les bienfaits de Dieu dans la nature. Paul montre à ces auditeurs, dans ces dons de Dieu, un témoignage qu'il se rend à lui-même; en sorte que, bien qu’il ait jusqu'ici laissé les peuples païens marcher dans leurs voies sans révélation positive, ils auraient pu et dû le connaître et l’adorer, xvnr, 27; Rom. 1, 29-34 » Bonwer.

On a fait remarquer que ces mots : οὐρανόθεν.,, ἐμπιπλῶν, sous la forme parallélique, pouvaient être le fragment d’un chant, ou la citation d’un poète grec, ou l'hymne chanté à la procession du sacrifice, dont l’Apôtre s’est servi pour fortifier son raisonnement; cf. Fezren, p. 276; Farrar, Paul, τ, 38%, Cependant il est inutile de chercher ailleurs que dans l'A, T. la source des paroles de Paul. Blass fait remarquer le choix

ἐν à ds , ᾽ Le) ; à ἐπῆλθαν δὲ ἀπὸ ᾿Αντιοχείας nai ᾿Ιχονίου ᾿Ιουδαῖοι, nat πείσαντες τδὺς ὄχλους χαὶ λιθάσαντες τὸν [laëAov ἔσυρον ἔξω τῆς πόλεως, νομίζοντες αὐτὸν τεθνηχέναι..

des expressions de ce court discours : Dictio est in hoc v. solito splendidior, lectis vocabulis repleta. — Ce discours de Paul est bien adapté à l’état d'esprit d’un peuple religieux, adorateur des dieux, mais ne connaissant pas le Dieu véritable. Il n’a recours pour établir sa démonstration qu’à des signes sensibles qui sont à la portée des populations lourdes et sans culture qui l’écoutent. Il commence par affirmer la vérité fondamentale de la religion, l'existence du Dieu vivant qui a prouvé son existence par la création du monde, manifestant ainsi sa puissance infinie. C’est vers ce Dieu, qu'abandonnant les divinités, qui n’en sont pas, ils doivent se tourner. Mais ce Dieu vivant, unique, pourquoi a-t-il jusqu'à ce jour laissé les hommes dans l'ignorance de son existence et de son action et ne leur a-t-il donné aucune notion de la loi morale? C’est tout le problème de l’histoire antérieure à la rédemption que Paul a posé ici; il le posera encore, et plus en détails, dans son discours à Athènes, xvur, 80, et dans l’épître aux Romains, 1, 18-32; n1, 14-16. Mais ce n’était pas le moment de discuter ce problème et d'exposer aux Lycaoniens la philosophie de l’histoire; Paul se contente d'affirmer qu’il était dans le plan de Dieu de laisser les nations suivre leur propre voie. Cependant les nations auraient pu connaître le vrai Dieu, car il ne s’est pas laissé sans témoignage, sans attester son existence. Paul développera cet argument dans l’épître aux Romains, 1, 19 s.; ici il se contente d’en appeler à l’expérience des Lycaoniens, à ce que le peuple pouvait comprendre, la succession

des saisons avec leurs pluies et leurs moissons qui prouvaient la Providence de Dieu.

Υ 18) Paul fut obligé de s'arrêter là, car la foule était impatiente; les apôtres avaient de la peine à l’empêcher de faire le sacrifice en leur honneur. χατέπαυσαν τοῦ μὴ θύειν : les verbes, qui signifient empêcher, prennent après eux soit l'infinitif seul, soit le génitif de l’infinitif. La négation u# jointe à l’infinitif renforce l’idée négative contenue dans le verbe de la phrase principale; elle pourrait être supprimée sans changer le sens de la phrase. The Infinitive with τοῦ μή after verbs of hindering is closely akin to the Infinitive of result. Cf. Luc. χχιν, 16. BuRTO N. χαταπαύω, faire cesser, arrêter.

Après αὐτοῖς C et des minuscules nombreux ajoutent : ἀλλὰ πορεύεσθαι ἕχαστον εἰς τὰ ἴδιο. Floriacensis offre cette leçon : Et haec dicentes [vix persua]serunt ne immolarent sibi illi homines et difmiserunJt eos ab se.

ÿ 19) Les manuscrits présentent diverses leçons destinées à compléter le récit et à marquer l'intervalle qui ἃ dû exister entre la scène qui vient d’être racontée et l’arrivée des Juifs d'Antioche. CDE, de nombreux minuscules, Flor. Harkl. (mg} Arm. Cassiodore ont : διατριθόντων δὲ αὐτῶν χαὶ διδασχόντων ἐπῆλθαν τινες Ἰουδαῖοι : ἃ, moras facientes eos et docentes supervenerunt autem Judaei. Après Ἀντιοχείας, C Harkl (mg) Flor. continuent : καὶ διαλεγομένων αὐτῶν παρρησίᾳ ἔπεισαν τοὺς ὄχλους ἀποστῆναι ἀπ᾽ αὐτῶν λέγοντες ὅτι οὐδὲν ἀληθὲς λέγουσιν, ἀλλὰ πάντα ψεύδονται --- Floriacensis : [qui] palam disputabant verbum Dei. Persuadebant lillis ho] minibus, ne crederent eis docentibus dicentes quia nihil] veri dicunt sed in omnibus mentiuntur [et concita] verunt turbam ut lapidarent Paulum.

Le texte oriental n'indique pas nettement un intervalle entre les faits qu'il. rapporte, mais il ressort de la suite du texte que les deux événements ne sont pas

du ciel pluies et saisons fécondes en fruits, emplissant vos cœurs de nourriture et de joie. 18. Et disant cela, à peine purent-ils empècher la foule de leur sacrifier. 19. Mais survinrent d’Antioche et d’Iconium des Juifs qui, ayant persuadé la foule et ayant lapidé Paul, 16 trainèrent hors de la ville,

consécutifs. Paul a dû prêcher la foi aux Lystriens et en convertir quelques-uns à l'Évangile; cela ressort du ÿ 20.

ἐπῆλθαν δὲ ἀπὸ Ἀντιοχείας χαὶ Ἰκονίου ᾿Ιουδαῖοι, — ἐπῆλθαν à l'aoriste marque qu'il y ἃ un intervalle entre les événements. La haine des Juifs contre les apôtres était telle, qu’apprenant le succès de leur prédication à Lystres, ils vinrent d’Iconium et même d’Antioche qui est éloigné de 170 k. pour contrecarrer les efforts de ceux-ci. καὶ πείσαντες τοὺς ὄχλους : aoriste de πείθω, persuader, entraîner par la persuasion : Luc est ici très bref et ne nous explique pas comment les Juifs réussirent à changer d’une façon aussi complète les sentiments du peuple à l'égard des apôtres. Le peuple est chan-

geant, mobile vulgus, il subit des influences successives, maïs nous aurions aimé à

connaître les arguments que les Juifs ont employés pour soulever la foule contre les missionnaires. C’est à ce désir qu'ont répondu plus ou moins les leçons des textes occidentaux. Les Juifs, venus d’Antioche, ont dû être aidés par leurs compatriotes de Lystres qui furent probablement les premiers à être excités contre les apôtres. Il est probable que le principal argument des Juifs contre eux a été d'attribuer la guérison de l’impotent à des démons mauvais. Indigné d’avoir été trompé, le peuple changea complètement de sentiments à l'égard de Paul et de Barnabé. Cette versatilité de la foule s’est montrée souvent : cf. Mt. xxvur, 24; Act. xxvur, 6. Remarquons que toutes les actions sont attribuées aux Juifs; on ne voit pas que le peuple y ait participé, sinon par son adhésion aux arguments des Juifs.

χαὶ λιθάσαντες τὸν Παῦλον : à l’aoriste pour marquer que la lapidation a été effective; cf, IT Cor. x1, 35; II T'ém. int, 11. Il est probable qu'il y eut une discussion entre Paul et les Juifs, puisque celui-ci seul fut lapidé. Que les Juifs aient eu la part principale dans cette persécution, cela ressort du fait que Paul a été lapidé. La lapidation est un supplice juif; elle aurait dû cependant, d’après la loi juive, avoir lieu hors de la ville. Ce ne fut cependant qu'après la lapidation que Paul fut traîné hors de la ville, abandonné aux bêtes des champs et aux oiseaux de proie. Les Juifs voulaient cacher leur crime aux magistrats de la ville, car ils craignaïent d’être châtiés pour avoir mis à mort un homme, sans jugement légal. Il est étonnant qu'ils aient pu dans une colonie romaine lapider un citoyen romain, sans que les magistrats ne fussent intervenus. ἔσυρον, à l’imparfait, leçon de ΝᾺ ΒΟΉ LP, donc bien appuyée au point de vue textuel est moins bonne que ἔσυρυν, leçon de D E 614, au point de vue du sens : Falsum impf. ἔσυρον, nam est revera P. extra urbem protractus pro mortuo, postquam ictu lapidum mente alienatus est, BLass. πείσαντες... λιθύσάντες pour marquer que cette action est antécédente à celle du verbe principal, ἔσυρον.

νομίζοντες, participe présent de νομίζω, penser, juger, croire. "Ὄντως διαδόλου τέχνα οὐχ ἐν ταῖς πόλεσιν αὐτῶν μόνον, ἀλλὰ χαὶ ἔξω τούτων ταῦτα ποιοῦντες, καὶ τοσαύτην ποιούμενοι σπουδὴν χαθελεῖν τὸ χήρυγμα, ὄσην οἱ ἀπόστολοι στῆσαι ἐπειγόμενοι, (ἩΒΥΒΟΒΤΟΜΕ, Æom. ΧΧΧΙ, 1. Les Juifs crurent que Paul était mort, αὐτὸν τεθνηχέναι, αὐτόν, à l’accusatif, parce qu'il ne représente pas le sujet du verbe principal. Luc n’affirme pas qu'il l'était, maïs la suite du récit insinue que la guérison de Paul fut miraculeuse. ἀναστάς du ÿ suivant peut signifier étant ressuscité. En tout cas, après avoir été laissé pour mort, Paul peut rentrer le jour même dans la ville et le lendemain partir pour Derbé. Les indications chronologiques sont, il est vrai, tellement vagues qu'on ne sait pas très bien à quoi les rapporter. On remarquera la réserve de l’auteur dans ce récit: il relate les faits

Ὶ à 2 - ΓΝ, 3 4 LÀ ἊΣ 20. χυχλωσάντων δὲ τῶν μαθητῶν αὐτόν, ἀναστὰς εἰσῆλθεν εἰς τὴν πόλιν, χαὶ τῇ Ὧν " ᾽ ΄ ἐπαύριον ἐξῆλθεν σὺν τῷ Bapvdéa εἰς Δέρόην.

sans appuyer. Il a dû cependant être informé du détail des faits par Timothée, qui était natif de Liystres, xvi, 1. Paul garde le souvenir des souffrances et des persécutions qu'il eut à souffrir à Antioche, à Iconium et à Lystres, II Jim. 11, 11 et peut-être 1 ον. χι, 25. ᾿

Υ 20) χυχλωσάντων δὲ τῶν μαθητῶν αὐτόν : la prédication de Paul avait porté ses fruits; des habitants de Lystres avaient été convertis et étaient devenus disciples de Paul, ce qui oblige à supposer que le séjour de l'Apôtre à Lystres eut une certaine durée. Ils entouraient Paul pour lui prodiguer leurs soins et le soutenir de leur sympathie

dans ses souffrances. Parmi ces disciples qui faisaient cercle autour de Paul mourant,

il devait y avoir Eunice et son fils Timothée, II Zèm. τ, 5; Act. xvi, 1. La scène eut

lieu le soir, ainsi que nous l’apprennent la Sahidique et le Floriacensis : tunc circumdederunt eum dicentes (discentes) et [cum disce}ssissel populus vespere, levavit se et intro [ivit civi] tatem Lystram. L’Apôtre reprend conscience; 1] se lève, ἀναστάς,

aoriste 2, à l'intransitif, se lever. εἰσῆλθεν εἰς τὴν πόλιν : S'étant levé, Paul rentra dans la

ville pour se montrer vivant aux fidèles et ainsi raffermir leur foi. τῇ ἐπαύριον : Le len-

demain, accompagné de Barnabé qui n'avait pas eu à souffrir des Juifs, il se rend à

. Derbé, ville éloignée de Lystres d'environ 27 k. et comme, suivant son habitude, il a fait

le voyage à pied, il devait être complètement guéri.

. Derbé était une ville de la Lycaonie, aux confins de l’Isaurie et de la Cappadoce, la citadelle, φρούριον, de l’Isaurie, d’après Stéphane de Byzance; elle était située sur la grande route qui va d'Éphèse à Antioche de Syrie. Vers l'ère chrétienne, elle fut détachée du royaume de Commagène et réunie à la province de Galatie, et prit le nom

de Claudio-Derbe. Une autre forme de son nom est Δέλδεια, qui, en langue lycaonienne,

signifie &pxev0o<, genevrier. On n’a pu encore déterminer exactement le site de Derbé.

D'après Sillington-Sterret, il faudrait le placer entre les villages de Bossola et de

Zosta sur la route de Konia à Laranda; d’après Ramsay, Derbé serait situé à Gude-

lissin, à 5k. ὟΝ. N. W. de Laranda; cet emplacement n’a pas encore été exploré.

xIV, 21-28 : PAUL ET BARNABÉ A DERBÉ; RETOUR A ANTIOCHE.

Ÿ 24) Εὐαγγελισάμενοι, participe aoriste moyen, lecon de N° BCL 61 Bas. Chrys., mais εὐαγγελιζόμενοι, au participe présent, leçon de ADEH P, indique mieux la continuité, la durée de cette évangélisation, qui produisit des fruits; elle ἃ dû même être assez longue pour que les disciples aïent été nombreux. Parmi ces disciples était probable-

ment Gaïius de Derbé, xx, 4. L’aoriste est peut-être ici pour conformer le temps de ce

verbe à celui de μαθητεύσαντες, à l’aoriste. Il y ἃ ici un asyndeton, μαθητεύσαντες ἱκανούς : μαθητεύω est construit d'ordinaire avec le datif; rarement avec l’accusatif, et seulement dans le N. T., avec le sens de faire des disciples, cf. M4. xxvin, 19. Il ne semble pas que les apôtres aient été molestés à Derbé. Les Actes sont ici en rapport avec la seconde épiître à Timothée, 11, 11. Parlant à son disciple des persécutions qu’il avait subies, Paul rappelle les persécutions, les souffrances qu'il supporta à Antioche, à Iconium, à Lystres et il énumère ces villes dans le même ordre que les Actes: il ne parle pas de Derbé.

pensant qu'il était mort. 20. Mais, les disciples, l'ayant entouré, il se leva [61] entra dans la ville. Et le lendemain il s’en alla avec Barnabé à Derbé.

21. Ayant évangélisé cette ville, et [y] ayant fait de nombreux disciples, ils retournèrent à Lystres, à Iconium et à Antioche, 22, affermissant les âmes des disciples, les exhortant à persévérer dans la foi et [leur disant] que

ὑπέστρεψαν εἰς τὴν Αύστραν : [65 apôtres revinrent en arrière. S'ils avaient continué leur route vers l'Orient, du plateau de Lycaonie à travers les monts d’Isaurie en passant par les portes Ciliciennes, ils seraient arrivés à Tarse à 256 k. de Derbé et de là facilement à Antioche. Loin de suivre cette route directe et plus courte, ils reviennent sur leurs pas pour visiter les disciples qu'ils avaient convertis à Lystres, Iconium et Antioche, pour les affermir dans la foi, ÿ 22, et organiser les communautés chrétiennes, en y établissant un ministère régulier, ÿ 23.

On s’étonnera que Paul et Barnabé soient retournés dans ces villes sans être inquiétés. D’après Ramsay, The Church, p. 70 ss., la sentence d’exil portée à Antioche n'avait qu'un effet temporaire; quant à Iconium et à Lystres, il n’y avait pas eu de décret d'expulsion. Il est possible d’ailleurs que Paul et Barnabé n'aient pas à ce moment prêché publiquement et aient borné leurs soins à l'organisation des communautés. On ne nous dit pas qu’ils aient eu à souffrir pendant τυ visite de retour.

Ÿ 22) ἐπιστηρίζοντες, de ἐπιστηρίζω, appuyer, affermir, fortifier; au participe présent comme παραχαλοῦντες pour indiquer la continuité et l'’accomplissement de l’exhortation. ἐπιστηρίζω est, dans le N. T. seulement dans les Actes, xv, 32, 41. ἐπιστηρίζοντες τὰς ψυχὰς τῶν μαθητῶν : appuyant sur le Seigneur, sous-entendu, les âmes des disciples, rapaxaλοῦντες ἐμμένειν, les exhortant à rester, à persévérer, τῇ πίστει, dans la foi; au datif, suivant l’usage classique; dans le N. T. il est employé avec ἐν et 16 datif, xxvirr, 30. — τῇ πίστει : faut-il entendre πίστις au sens subjectif : confiance, donation de l'âme à Jésus-Christ, union à Dieu, ou bien au sens objectif : croyance aux vérités, objet de la foi, ensemble des vérités à croire? Paul a employé cette expression dans ces deux sens. Il est donc probable que Luc veut dire que les missionnaires exhortaient les ” disciples à rester attachés à Jésus-Christ par leur donation d'eux-mêmes et leur union

au Seigneur et par la croyance aux vérités qui leur avaient été enseignées. Cette exhortation à rester ferme dans la foi était nécessaire, dans ces communautés de foi chancelante, à ces hommes versatiles, tels que nous les montre l’épître aux Galates, si du moins on croit que cette épître a été adressée à ces communautés. Nous verrons, xvint, 23, Paul parcourir une seconde fois cette région galatique pour fortifier de nou-

veau les disciples, στηρίζων τοὺς μαθητάς.

καὶ ὅτι : la construction de la phrase est changée; de l’infinitif ἐμμένειν elle passe au conjonctif ὅτι. « Leïichter erträgt sich καὶ ὅτι (soviel als λέγοντες ὅτι) mit Verbum finitum nach παραχαλοῦντες mit Infinitiv» BLass-DEBRuNNER, ὃ 397, 6. — Après un verbe qui renferme en lui une idée accessoire et implicite de déclarer, croire, etc., on peut trouver une proposition affirmative dépendant de cette idée accessoire et coordonnée avec une proposition différente qui dépend de l’idée principale, Act. x1v, 22 : παραχαλοῦντες... καὶ ὅτι διὰ πολλῶν θλίψεων δεῖ Quas εἰσελθεῖν εἰς τὴν βασίλειαν τοῦ Θεοῦ. Le verbe παραχαλεῖν . exprime l’idée principale d’exhorter, et enferme l’idée accessoire de déclarer. Vireav, IT, p. 58. Luc cite ici des paroles des apôtres ; il faut donc suppléer le verbe qui introduit le style direct : Asyovres, ou tout autre verbe de même sens. δεῖ, il faut, indique un décret de Dieu, un ordre du Seigneur. Jésus avait annoncé à ses disciples qu'ils

- ᾽ . Ἷ - Fe ah x = ἡμᾶς εἰσελθεῖν ets τὴν βασιλεῖαν τοῦ θεοῦ. 28. χειροτονήσαντες δὲ αὐτοῖς rat’ ξχχλησίαν πρεσόυτέρους, προσευξάμενοι μετὰ νηστειῶν παρέθεντο αὐτοὺς τῷ Κυρίῳ, εἰς A} LE ᾿ Η ὃν πεπιστεύχεισαν. 24. χαὶ διελθόντες τὴν [Πσιδίαν ἦλθον εἰς τὴν Παμφυλίαν, 25. χαὶ

᾿ seraient persécutés comme il l'avait été lui-même, /n. xv, 20. C’est l’enseignement de Jésus, impliquant que pour arriver à la vie éternelle il n’est pas d’autre route que la voie étroite, Mi. vu, 13 s. De même que le Christ a dû souffrir pour entrer dans sa gloire, Le. vxiv, 26, de même nous devons souffrir pour être glorifiés, Rom. vx, 17. Dans sa première épiître aux Thessaloniciens, im, 2 ss., Paël affirme de nouveau cette nécessité; Cf. IT Züm. mr, 12. διὰ πολλῶν θλίψεων : διά avec le génitif signifie par, à travers, parmi : c'est donc par ou à travers beaucoup d’afflictions, qu'on entrera dans le royaume de Dieu, θλίψις, expression paulinienne, 22 fois dans les épîtres et employée 5 fois dans les Actes. εἰς τὴν βασιλείαν τοῦ Θεοῦ : Les missionnaires veulent-ils parler d'un royaume de Dieu actuel ou futur? Cf. Kwowzine, Wiüitness of the Pauline epistles, p. 311, note. Il semble bien qu'ici la βασιλεία τοῦ Θεοῦ, c’est le royaume messianique. δεῖ ἡμᾶς : le sujet est changé dans le cours de la phrase : ce sont les missionnaires qui retournent, ὑπέστρεψαν, à Lystres, exhortarit les fidèles à persévérer dans la foi parce qu’il faut — sujet impersonnel — entrer dans le royaume de Dieu à travers beaucoup d’afflictions. Alford croit que ce ἡμᾶς indique la présence ici de Luc, l’auteur des Actes; ce serait donc [a première ou la seconde mention du journal de voyage. Cette supposition est peu fondée, Luc ne parle pas en son nom; il rapporte ici une parole des apôtres; ἡμᾶς, désigne donc les fidèles en général. « Nous, les chrétiens, nous devons entrer dans le royaume de Dieu à travers de nombreuses souffrances. IL est possible que nous ayons dans cette sentence un agraphon du Seigneur : cf. Bar- NABÉ, vi, 11; Procnorus, Acta Johannis, éd. Zahn, p. 83; Rescu, Agrapha, p. 10, 89 5.

Ÿ 23) χειροτονήσαντες δὲ αὐτοῖς xat” ἐχχλησίαν πρεσδυτέρους. Comme toute société les communautés chrétiennes devaient être organisées et pour cela recevoir des chefs. Après le départ des missionnaires elles seraient restées sans lien et sans culte; ses adhérents étant désormais séparés de la synagogue. Ils étaient d’ailleurs éloignés de tout centre de culte, de Jérusalem ou d’Antioche de Syrie; ils ne pouvaient espérer que la visite de missionnaires, laquelle ne pouvait être que très rare. Les apôtres leur donnèrent donc des chefs. yetporovéw signifie étymologiquement étendre les mains, d’où choisir par le vote à mains levées, mais αὐτοῖς indique que ce ne peut être ici le sens de ce mot. Il signifie plutôt choisir par imposition des mains. Le choix des πρεσθδύτεροι ἃ été fait par les apôtres pour les fidèles, αὐτοῖς, et ce choix a été marqué par l'imposition des mains. En d’autres termes, les apôtres ont choisi des πρεσδύτεροι et leur ont imposé les maïns. Telle est l'opinion des catholiques et de plusieurs protestants, Wolf, Schleusner, Kuinoel, B. Weiss, Wilke-Grimm, Blass, etc, Rendall croit que χειροτονήσαντες indique une certaine forme d'élection populaire, comme II Cor. vi, 19 et non une simple désignation par les apôtres. Ceux-ci probablement présidaient l’assemblée, et prenaient les votes de celle-ci, comme il a été fait pour l'élection de Mathias et des Sept. La Vulgate, constituissent, est une explication plutôt qu'une traduction de χειροτονήσαντες. C’est ce choïx que Paul ordonnaïit de faire à son disciple Tite, 1, 5 : καταστήσῃς

. κατὰ πόλιν πρεσδύτερους et que Clément Romain affirme qu'ont fait les apôtres, xcir, 4. On retrouve encore cette institution des chefs des églises dans Didachè, xy, 1 : Ienace, Philad. x, 1; Smyrn. x1, 2, etc. χατ᾽ ἐχχλησίαν : κατά est distributif; cf. 11, 46: v, 42. ἐχχλησίαν ἃ ici le sens de communauté, de congrégation, d'église en particulier ; <’est le premier sens de ce terme. Il désigne une société organisée, un corps se gouvernant lui-même, comme les anciennes cités de la Grèce. Ailleurs, dans les Actes, il a plutôt

c'est par [à travers] beaucoup d’afflictions qu’il nous faut entrer dans le royaume de Dieu. 23. Ayant établi des anciens par imposition des mains dans chaque église, ayant prié et jeûné, ils les confièrent (recommandèrent) au Seigneur, en qui ils avaient cru. 24. Puis, ayant traversé la Pisidie, ils

le sens de l’Église en général, 1x, 34: xt, 22; xt, 1; c’est l'Église en tant qu’elle est établie à Jérusalem ou à Antioche.

προσευξάμενοι μετὰ νηστειῶν : Le jeûne et la prière sont joints aux fonctions importantes du eulte, cf. v, 6; χιπ, 3. προσευξάμενοι est coordonné à χειροτονήσαντες ; les apôtres ayant établi par l'imposition des mains des πρεσδύτεροι, ayant jeûné avec prières, confièrent les fidèles au Seigneur. Les deux participes déterminent l’action qui a été faite avant que les fidèles ne fussent confiés au Seigneur.

πρεσδυτέρους : Ces πρεσθύτεροι ne sont pas des anciens comme v, 6; ΧΙ, 30, mais des hommes exerçant une fonction ecclésiastique, ceux que Paul appelle προϊστάμενοι, I Thess, v, 12, ou ἐπίσχοποι, Philip. 1, 1, dont il parle dans le discours aux presbytres d'Éphèse, xx, 28. Bien que nous retrouvions des πρεσθύτεροι comme membres du Sanhédrin, 1v, 5, il n’est pas certain qu'ici ce titre πρεσδύτερος vienne de l'usage juif. Deissmann, Bibelst. p. 153; Neue Bibelst. p. 60, a démontré que ce titre πρεσδύτερος était en Égypte l'expression technique pour désigner des fonctionnaires civils, ainsi que des dignitaires des temples païens; on trouve des preuves documentaires d’un usage analogue en Asie mineure : à Ghios, CIG, If, n° 2220, 2221 (1% s. avant J.-C.), ete. Cf. INrRoDucTION, p. cexwint.

παρέθεντο : aoriste 2 moyen de παρατίθημι, placer devant, ajouter, présenter : au moyen, placer devant soi, déposer entre les mains de quelqu'un, donner à garder, confier à quelqu'un. Il est employé en ces divers sens dans le N. Τὶ, Mc. vi, 41; Le. 1x, 16; Act., x\a, 34; Mt, χα, 143 I Tèm. , 48, etc. ; au sens de En quelque Che à garder nous le trouvons encore Act. xx, ἐπ et dans Luc, xx, 46; 1 Pr, 1v, 19. Dans TO x, 12, texte du Sinaiticus, on trouve une phrase exprimant la même idée qu'ici : Παρατίθεμαί σοι τὴν θυγατέρα μου ἐν παραθήχῃ — αὐτούς, c'est-à-dire les πρεσδύτεροι et les fidèles. τῷ Κυρίῳ, au Seigneur, c’est-à-dire à Jésus-Christ, ainsi que l’indiquent les mots suivants : εἰς ὃν πεπιστεύχεισαν, en qui ils avaient cru : expression chrétienne, LicxTroor, Gal. 1, 16. εἰς ou ἐν : Jésus était l’objet de leur foi, le fondement de leur espérance et c'est à lui qu’ils étaient confiés comme à leur gardien.

Ÿ 24) καὶ διελθόντες τὴν Πισιδίαν : d'Antioche les apôtres traversèrent la Pisidie, ce qui

prouve qu’Antioche n’était pas en Pisidie. S'ils avaient évangélisé le pays, Luc l'aurait

dit, comme ÿ 25. Cependant διέρχομαι est employé dans les Actes pour indiquer un voyage d’évangélisation. Il eût été difficile aux missionnaires de prêcher à des populations barbares, tels que les montagnards pisidiens, qui ignoraient le grec.

. La Pisidie est un pays montagneux borné au nord par la Phrygie, au sud par la Pamphylie, à l’ouest par la Lycie et à l’est par l’Isaurie. Elle était parsemée de beaux lacs, Limnai, Coralis, Arcania et des rivières, le Cestrus, l'Eurymédon, le Mélas. Les Pisidiens, à demi sauvages, n’avaient pas reçu l'empreinte hellénique; ils étaient gouvernés par leurs chefs héréditaires. Aux temps apostoliques la Pisidie faisait partie de la province romaine de Galatie. En l'an 74 après J.-C. Vespasien transféra une grande partie de la Pisidie à la double province de Lycie-Pamphylie.

ἦλθον εἰς τὴν Παμφυλίαν : les missionnaires vinrent dans la province de Pamphylie, en traversant les montagnes escarpées de la Pisidie, probablement par la même route qu'ils avaient déjà parcourue, ΡΟ, aller de Pergé à Antioche, χιχ, 14. Sur la Pamphylie, 6131;.40. /

Υ 25) καὶ λαλήσαντες ἐν Πέργῃ τὸν λόγον : au lieu de ἐν ᾿ À Gig. ont εἰς Πέργην, expression prégnante, renfermant l’idée de l’arrivée à Pergé, où les missionnaires prêchèrent. Au sens transitif λαλέω signifie dire, annoncer. Les missionnaires prêchèrent la parole, sans addition, BDHLP Harkl. parole du Seigneur, Κυρίου, N AC 614 Pesch. Vlg.; la parole de Dieu, τοῦ Θεοῦ, E Gig. Les critiques ne s’accordent pas sur la leçon à adopter; la mieux soutenue nous paraît être la première ; τὸν λόγον, sans addition.

À leur premier passage à Pergé, les missionnaires n’avaient-pas prêché l'Évangile dans cette ville pour des raisons que nous ignorons, bien qu’on ait fait diverses conjectures à ce sujet; à leur voyage de retour, trouvant probablement l’occasion favorable, ils préchèrent la parole. On ne nous dit pas 5115 y ont fait des conversions.

χατέθησαν εἰς ᾿Ατταλίαν : ils descendirent vers Attalie qui était sur le littoral : καταδαίνω signifie descendre vers un port. Les apôtres pouvaient y trouver un navire pour la Syrie plus facilement qu’à Pergé, uni à la mer seulement par le Cestrus.

Attalie, ville maritime, située sur le bord de la mer de Pamphylie, fut fondée par Attale 11, roi de Pergame, 159-138 avant J.-C., pour servir de port de commerce entre l'Égypte et l'Asie mineure, à la place de Pergé, éloigné de la mer de 22 k. Elle était bâtie au pied des cascades du Cataractès. Maïs était-ce à l’est de ce torrent ou à l’ouest? Les écrivains anciens, Strabon et Ptolémée, ne sont pas d'accord sur son emplacement. IL est probable qu'elle était à l’ouest du Cataractès, où nous avons la ville moderne d’Attalie dont le nom rappelle celui de la ville ancienne et qui est la

ville la plus considérable de la côte sud de l’Asie mineure; elle a 25.000 habitants.

Le codex de Bèze, l'Harkléenne (mg) ajoutent après Ατταλίαν, εὐαγγελιζόμενοι αὐτούς, ce qui ferait supposer que les apôtres ont évangélisé Pergé et Attalie, assez longtemps, ainsi que l'indique le participe présent.

ÿ 26) χἀχεῖθεν ἀπέπλευσαν εἰς ἀντιόχειαν : du port d’Attalie, Paul et Barnabé firent voile pour Séleucie et allèrent de là à Antioche, d'où ils étaient partis : ὅθεν ἦσαν παραδεδομένος τῇ χάριτι τοῦ Θεοῦ, d'où ils avaient été remis à la grâce de Dieu, confiés à sa protection miséricordieuse. ἤσαν παραδεδομένοι : cet imparfait périphrastique indique la continuation d’une action commencée dans le passé... παραδίδωμι signifie livrer, remettre,

mettre sous la puissance de quelqu'un. Ici, comme xv, 40, où nous avons la même 2! »

formule, le contexte indique que ce mot prend le sens dérivé de recommander. Les frères implorent la bonté de Dieu pour que leurs frères missionnaires remplissent l’œuvre pour laquelle ils ont été envoyés, xur, 2 s., donc ils les recommandent à Dieu afin qu'il leur accorde son secours pour l’œuvre qu’ils ont à accomplir. ὃ ἐπλῆρωσαν : à l’aoriste pour marquer qu'ils avaient accompli l’œuvre qui leur avait été confiée.

Ÿ 27) παραγενόμενοι : expression familière à Luc; συναγαγόντες τὴν ἐχχλησίαν : dès teur arrivée, les apôtres réunirent l’église qui les avait envoyés et lui exposèrent comment ils s'étaient acquittés de leur mission. ἀνήγγελλον, à l'imparfait, N BAC 18 40 64 Pesch. Boh., indique la répétition du récit, ou le récit raconté en plusieurs fois. L'imparfait ἀνήγγελλον ne fait pas allusion au rapport des missionnaires mais définit l’attestation du succès qu'il avaient obtenu, B. Weiss. D’autres manuscrits, HLP 614 Vulg. ont l’aoriste ἀνήγγειλαν, nécessité par συναγαγόντες au participe aoriste. ἀναγγέλλω,

Page 1