‹ Les Actes des ApôtresChapitre 257 sur 358 · XV, 7-29 : CONFÉRENCE DE JÉRUSALEM · texte numérisé non relu

XV, 7-29 : CONFÉRENCE DE JÉRUSALEM

Ÿ 7) Ici commence la conférence de Jérusalem où sont réunis les apôtres et les presbytres ainsi que la foule des frères, comme il ressort du ÿ 12, où il est relaté qu'après le discours de Pierre toute la foule, πᾶν τὸ πλῆθυς, se tut et du ÿ 22, où il est dit que outre Les apôtres et les presbytres, toute l’église, σὺν ὅλῃ τῇ ἐχκλησίᾳ approuva l'envoi de délégués aux églises. — ζητήσεως, leçon de NBA au lieu de συνζητήσεως, leçon de CDEHLP ; au point de vue interne, συνζητήσεως, recherche en commun, conviendrait mieux que ζητήσεως, recherche; conquisitio, Vlg. traduit συνζητήσεως. Au lieu de πολλῆς ζητήσεως γενομένης, le Gigas a cum diu hesitarent — πολλῆς ζητήσεως : il y eut tout d’abord une grande discussion, c’est-à-dire une discussion qui fut abondante et longue. Les judaïsants légalistes présentèrent leur opinion : les gentils ne peuvent être reçus dans la communauté chrétienne sans être circoncis et sans observer toute la Loi. Paul probablement rétorqua leurs arguments, qui avaient dû produire une certaine impression sur l’assemblée composée en partie de Juifs.

Pierre alors en sa qualité de chef des Apôtres et par conséquent de président de l’assemblée prend le premier la parole; il résume les débats et les conclut. Après Πέτρος, 614 Harkl. (mg) ajoutent ἐν Πνεύματι ἁγίῳ : Pierre par l'Esprit-Saint; cf. M4. xx, 43, Il répond aux partisans de la tradition avec une grande modération de forme, donnant ainsi à ses arguments une plus haute autorité. Son discours peut être divisé en deux parties : 1° Pierre s'appuie sur un fait et sur le témoignage de Dieu en faveur de la liberté en question, | 7-9. 20 1] expose le fondement positif de cette liberté, ÿ 10, 11.

Ἄνδρες ἀδελφοί : Pierre s'adresse aux chrétiens ses frères, et il englobe dans cette appellation les chrétiens convertis du judaïsme et les convertis de la gentilité.

1° ὑμεῖς ἐπίστασθε ὅτι ἀφ’ ἡμερῶν ἀρχαίων : Pierre fait allusion à un fait qui s’est passé il y a déjà longtemps; les Grecs emploient ἀπό pour dater les événements passés. Quel est ce fait? Probablement la conversion de Cornélius et de sa famille. Ils étaient gentils, et Pierre les a reçus dans la communauté chrétienne sans les astreindre à la circoncision, parce que Dieu leur avait rendu témoignage en leur donnant l’Esprit- Saint, x, 44 — ἀφ᾽ ἡμερῶν ἀρχαίων; Cf. x γενεῶν ἀρχαίων, xv, 21.

L'évangélisation des gentils a donc eu lieu depuis des jours anciens, probablement depuis douze ou quatorze ans, ce qui permet de reporter le fait aux jours anciens, aux jours du commencement de l'Église. La prédication de l'Évangile aux gentils est donc une pratique déjà ancienne : « Cum dicatur ab antiquis diebus, colligit B. Weiss fontem aliquem, in quo historia Cornelii multo longiore temporis intervallo separata fuerit, quam in Act. cap. x a cap. xv. Sed criticus non attendit referri in Actibus mox post Pauli conversionem, et ex ipso Pauli testimonio ab 1x, 20-15, 1 praeterierunt anni septemdecim, et Act. χχι, 16. Mnason Cyprius dicitur antiquus discipulus; ergo tempus ab initiis rei christianae usque ad χχι, 16 iam suflicit ad antiquitatem. » KNABENBAUER.

Dans la Didascalie syrienne, 24, et les Constitutions apostoliques, : vi, 12, après la citation des premières paroles de Pierre sont racontés l'épisode de Cornélius, x, 3 ss. et la vision de Pierre, x, 10 ss. Saint Chrysostome, Æom. xxxn, pense que

LE L 2, = Vlr τὰς L - 5 ῃ ‘ = 8 Se στόματός μου ἀχοῦσαι τὰ ἔθνη τὸν λόγον τοῦ εὐαγγελίου χαὶ πιστεῦσαι. 8. χαὶ 6

A -, \ LENS S 7 A - τ LR. LS ἐν τ χαὶ ἡμῖν. 9. χαὶ οὐδὲν διέχρινεν μεταξὺ ἡμῶν τε not αὐτῶν, τῇ πίστει χαθαρίσας τὰς

parmi les auditeurs de Pierre il y avait quelques-uns des Juifs qui l’avaient accusé autrefois au sujet de Cornélius, x1, 1. D’autres critiques pensent que Pierre fait allusion ici aux premiers jours de l’Église chrétienne, ou à la parole de Jésus, répondant au témoignage de Pierre sur la route de Césarée, Mt. xvi, 13-30, et instituant celui-ci le chef de son Église. Pour Preuschen, ἀφ᾽ ἡμερῶν ἀρχαίων est simplement une expression plus forte pour πρότερον — ὁ θεὸς ἐν ὑμῖν ἐξελέξατο : ἐξελέξατο, sans complément et suivi seulement d’un infinitif est une construction dure, PrEuscHEN. ἐν δαῖν, leçon de N ABC, parmi vous, les chrétiens ici présents; ἐν ἡμῖν, leçon de EHLP, parmi nous, très probablement les apôtres. Pierre, immédiatement après, emploie le pronom personnel μου et il parle des gentils qui sont la sphère d’action des apôtres. Wendt pense que Pierre fait allusion ici à la communauté de Jérusalem, en opposition à celle d’Antioche où se rencontraient surtout les conversions des gentils — ἐξελέξατο, aoriste moyen de ἐχλέγομαι, Dieu a choisi pour soi : l'emploi du verbe au moyen relève l’autorité de Dieu. L’appel des païens au salut cesse d’apparaître aux yeux de Pierre comme un

᾿ fait isolé; c'est un des éléments essentiels du plan de Dieu, et devant la souveraineté

divine ainsi révélée l'apôtre s'incline en invitant toute l’Église à s’incliner pareillement. La proposition suivante : διὰ τοῦ στόματός μου ἀκοῦσαι τὰ ἔθνη τὸν λόγον τοῦ εὐαγγελίου, établit l’objet propre de ἐξελέξατο; le choix de Dieu a porté sur Pierre, c’est ce qui ressort de cette phrase assez contournée. Pierre affirme nettement que c’est par sa

bouché que les gentils ont tout d’abord entendu l'Évangile et qu'ils ont cru. τὸν λόγον ᾿ ᾿ τοῦ εὐαγγελίου ; expression employée ici seulement dans le N. T. εὐαγγέλιον est ici seule-

ment et xx, 24, dans les Actes et nulle part dans l’évangile de Luc; il est fréquent

dans Matthieu, Marc et Paul. — καὶ πιστεῦσαι : Dieu a exigé des gentils de croire, mais

non d’être circoncis et d'observer la Loi mosaïque.

Ἃ 8) καὶ 6 χαρδιογνώστης Θεός : cf. 1, 24. Dieu qui connaît les cœurs, et non ce qui est extérieur à l’homme comme la circoncision. Dieu, par cette connaissance, peut juger la sincérité de la repentance et de la foi du gentil; il ne fait pas d’ailleurs acception de personne, x, 34, οὐχ ἔστιν προσωπολήμπτης ὁ Θεός — ἐμαρτύρησεν αὐτοῖς : οἷ. x, 48; χιν, 3. αὐτοῖς : datif d'intérêt — δούς est à l’aoriste comme coïncidant avec ἐμαρτύρησεν. δοὺς [αὐτοῖς] τὸ Πνεῦμα τὸ. ἅγιον καθὼς καὶ ἡμῖν; le témoignage de Dieu s’est montré en ce que celui-ci a donné aux gentils l’Esprit-Saint, x, 45. ΕΗ ΠΡ Vlg. Sah. Pesch. Harkl. Irénée

ajoutent αὐτοῖς après δούς qu'omettent NBA. Dieu a prouvé que la circoncision et les

observances légales n'étaient pas nécessaires pour obtenir sa faveur; il la donne seulement à qui il lui plaît. Or, il ἃ donné le signe extérieur de celle-ci, le don des langues à des gentils. χαθώς, plus expressif que ὡς. καθὼς καὶ ἡμῖν, tout aussi bien qu'à nous» Cf. x, 44 — χαὶ ἡμῖν, comme à nous qui sommes circoncis.

Ÿ 9) καὶ οὐδὲν διέχρινεν μεταξὺ ἡμῶν τε χαὶ αὐτῷ; διέχρινεν, χι, 12, aoriste de διαχρίνω, distinguer, séparer. μεταξύ renforce διά de διέκρινεν. Dieu n'a fait aucune différence entre nous qui avons observé la Loi et eux qui étaient gentils et de ce fait des ἄνομοι, 1 Cor., IX, 21. — τῇ πίστει καθαρίσας τᾶς χαρδίας αὐτῶν. Cette impartialité de Dieu s’est manifestée en ce qu'il a purifié leurs cœurs par la foi. χαθαρίσας est à l’aoriste comme coïncidant avec διέκρινεν. Pierre affirme que la purification du cœur a été effectuée par la foi chrétienne pour répondre à ceux qui l’attribuaient à la circoncision. Le juif tenait le gentil

ACTES DES APOTRES, XV, 6-10. ἀλθ

choix parmi vous, afin que les gentils entendissent de ma bouche la parole de l'Évangile et qu'ils crussent. 8. Et Dieu, qui connaît les cœurs, leur ἃ rendu témoignage, en leur ayant donné l’Esprit-Saint tout comme à nous; 9, et il n’a fait aucune différence entre eux et nous, ayant purifié leurs cœurs par La foi. 10. Maintenant donc, pourquoi provoquez-vous Dieu, en plaçant

pour impur, tant qu’il était incirconcis. Or, les gentils ne sont plus impurs puisque la foi ἃ purifié leurs cœurs, et que visiblement Dieu, qui leur donne l’Esprit-Saint, les tient pour purs. La foi est ici opposée aux observances légales comme instrument du salut. — τῇ πίστει χαθαρίσας : cf. Ecclésiastique, xxXxviI1, 10; χαθαριζειν καρδίαν ἀπὸ ἁμαρτίας. πίστει, per fidem, per hoc quod çrediderunt in Jesum ejusque doctrinam amplexi sunt, igitur fides non intelligitur nuda, ut volunt Protestantes, sed Complectitur omnia quae dou Jesus necessaria esse ad justificationèm, sc. spem, contritionem, charitatem, etc. Fides hic operibus legis Mosaicae opponitur, KwABENBAUER. πίστει en tête de la proposi-

tion est emphatique — τῇ πίστει καθαρίσας τὰς καρδίας : cette idée se retrouve dans Pierre, Jean et Paul : m, 46,495 Pret, 192217 Rom. dr, 2%; 1 J%:, +, 8511 2, Ὅν VII, 14. Ω

Dieu par son témoignage ἃ affirmé qu'il existait une véritable égalité entre Israël et les gentils. Il l'a prouvée par l'envoi du. Saint-Esprit aux uns comme aux autres, effaçant ainsi toute distinction par l’effet d’une foi commune, et produisant dès lors chez les uns ét chez Les autres la purification du cœur, BARDE,.

ÿ 10) 20 νῦν οὖν maintenant donc, après toutes les preuves données par Dieu qu'il n’exigeait pas que les gentils fussent soumis aux observances légales pour être admis dans la communauté chrétienne, τί πειράζετε τὸν Θεόν, pourquoi mettez-vous Dieu à l'épreuve en lui demandant de nouvelles preuves de sa volonté? ἐπιθεῖναι, pour ἐπιθέντες, en plaçant; le sens de finalité est affaibli : l’infinitif répond au gérondif latin. ἐπὶ τὸν τράχηλον τῶν μαθητῶν, sur le cou des disciples, ζυγόν, un joug, ὃν οὔτε οἱ πατέρες ἡμῶν οὔτε ἡμεῖς ἰσχύσαμεν βαστάσαι, que ni nos pères ni nous n'avons pu porter. Ainsi donc, ne pas se contenter chez les gentils de la foi, qui justifie les cœurs et que Dieu ἃ donnée aux gentils, ainsi qu’il l’a montré par Veffusion du Saint-Esprit Ÿ 8, 9, et leur imposer les observances légales pour les admettre dans l'Église, c’est leñter Dieu en agissant contre ses propres révélations. — τί πειράζετε : impératif de πειράζω, éprouver, mettre à l'épreuve. « Ille tentat Deum, qui aliter quam ipse praecepit famulari ac placeré nititur », Βερα. Deus enim testatus est fidem sufficere ut gentes admittantur; ergo infert Petrus, qui legem insuper postulat, tentat Déum, Cas. Cette mise à l'épreuve de Dieu consiste donc en ce que les judaïsants réclament une nouvelle manifestation après que la volonté de Dieu avait été clairement éxprimée par la vision de Pierre, x, 11 55. PREUSGHEN. Τί πειράζετε τὸν Θεὸν ὡς οὐχ ἰσχύοντα σῶσαι τῇ πίστει ; τουτέστι τί ἀπιστεῖτς τῷ Θεῷ; Cnrysosrome, Πόλι. ΧΧΧΗ͂, 1, dans CrAMER, p. 245. Ceux donc qui veulent imposer le joug de la Loi aux gentils paraissent douter que Dieu puisse sauver les hommes par la seule grâce du Christ, Et ce joug qu'on veut, contre la volonté de Dieu, imposer aux gentils, est un joug que nous n'avons pas pu porter complètement. — τὸν Θεόν est omis par U, Codex Ulmensis, Jérôme, Augustin — ἐπιθεῖναι : l’infinitif est quelquefois employé pour définir plus complètement l’action marquée par un verbe précédent. Cet infinitif explique les moyens par lesquels on s’efforçait de mettre Dieu à l'épreuve. Vouloir placer sur lé cou des disciples un joug que les Juifs n’ont pu porter est eo à laquelle on veut soumettré la volonté de Dieu. — Cf. Ps. LXXVII, 18, ἐξεπείρασαν τὸν Θεὸν... τοῦ αἰτῆσαι βρώματα ταῖς “ ψυχαῖς αὐτῶν --- ἐπιθεῖναι ζυγόν, Οἱ, Gal. v, h métaphore commune dans l'A, T., Jér. v, 5; Lament. πὶ, 27; Ecclés.

τρόπον χἀχεῖνοι. 12. ἐσίγησεν δὲ πᾶν τὸ πλῆθος, nat ἤχουον Bapvdéa χαὶ [Tabkcu

ἐξηγουμένων ὅσα ἐποίησεν ὁ Θεὸς σημεῖα χαὶ τέρατα ἐν τοῖς ἔθνεσιν δι΄ αὐτῶν. τινες = : ? Ne,

13. μετὰ δὲ τὸ σιγῆσαι αὐτοὺς ἀπεχρίθη Taxwéos λέγων "Aydoec ἀδελφοί, ἀχού--

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