‹ Les Actes des ApôtresChapitre 258 sur 358 · PA · texte numérisé non relu

PA

1, 26, se trouve aussi dans les Psaumes de Salomon, vu, 8 et chez les rabbins; cf. Sentences des Pères, im, 8. L’Apocalypse de Baruch parle aussi du joug de la Loi, ΧΙ, 9, Pierre paraît avoir employé ici une expression fréquente en son temps. — ἐπὶ τὸν τράχηλον : périphrase hébraïstique. ὃν οὔτε οἱ πατέρες ἡμῶν οὔτε ἡμεῖς ἰσχύσαμεν βαστάσαι : Étienne, vu, 53, avait déjà fait la même constatation. Chacun des Juifs devait s’avouer à soi-même que par ses propres forces il n’avait jamais pu observer tous les préceptes de la Loi. Cependant, ainsi que le fait remarquer Camerlynck, in loco; hoc non stricte sumendum, sed cum quadam restrictione, scilicet nisi cum maxima difficultate certum enim est Deum nunquam talia jubere quae ab homine perfici nequeant. De facto multi Judaei revera totam legem Moysis non observaverint.

Ÿ 11) Ni nos pères ni nous n'avons pu porter le joug de la Loi, mais nous croyons être sauvés par la grâce du Seigneur Jésus-Christ; ἀλλά met en opposition ces deux membres de phrase. Et nous sommes sauvés, καθ᾽ dv τρόπον χἀκεῖνοι, de la même manière que ceux-ci, les'gentils, c’est-à-dire nous sommes sauvés par la foi en Jésus qui par Dieu a purifié leurs cœurs, ὃ 9. — διὰ τῆς χάριτος τοῦ Ἰζυρίου Ἰησοῦ Χριστοῦ πιστεύομεν σωθῆναι est placé en tête de la phrase pour attirer l'attention de l’auditeur sur cette idée importante : le salut par la grâce du Seigneur. Le salut par la grâce du Seigneur Jésus-Christ fait opposition au salut par la circoncision ὃ 1. Hilgenfeld, Wendt, Preuschen s'étonnent que Pierre exprime ici la doctrine fondamentale de la théologie de Paul et parle du salut de la même façon que celui-ci, Rom. 1,5; v, 15; I Cor. 1, 3; II Cor. 1, 2; xt, 18; Eph.1, 2; Phlp.1, 2; Il Thess. 1, 2, et de cette manière efface toute différence entre sa doctrine et celle de Paul. Mais Paul dans l’épître aux Galates, 11,15, 16, avait déclaré que Pierre et les Juifs professaient cette même doctrine à savoir que l’homme est justifié par la foi en Jésus-Christ. « Nous sommes nés Juifs, et non point des pécheurs venus de la gentilité; et sachant que l’homme n’est point justifié par les œuvres de la Loi, maïs plutôt par la foi du Christ Jésus, nous aussi nous crûmes en le Christ Jésus, pour être justifiés par la foi au Christ et non par les œuvres de la Loi, car, par les œuvres de la Loi, aucune chair ne sera justifiée (traduction du P. Lagrange). Pierre lui-même, dans sa première épître, a parlé plusieurs fois de la grâce de Dieu, du Dieu de toute grâce, de la grâce qui est accordée aux chrétiens, χάριν τοῦ Θεοῦ, v, 12; ὁ δὲ Θεὸς πάσης χάριτος, V, 10; συνχληρονόμοις χάριτος ζωῆς, 11, 7. --χἀχεῖνοι, c'est-à-dire les gentils et non οἱ πατέρες, comme le croit saint Augustin.

Si velimus nunc argumenta colligere, quibus 5. Petrus demonstrat gentiles absque circumcisione in Ecclesiam admittendos esse, sequentia reperiemus praecipua : a) Deus id declaravit per visionem, ὃ 4; ὁ) idque per Spiritus sancti effusionem confirmavit, ὃ 8. c) Gentiles non sunt amplius immundi, utpote per fidem expiati et purificati, ÿ 9. d) Secus ipsis imponeretur jugum intolerabile, ÿ 10. e) Per gratiam Christi, non per observantiam Legis, salus obtinenda est, ÿŸ 11. Unde 5. Petrus in ÿ 11 non solum quaestionem agitatam solvit, np. Ethni cochristianis jugum legis Mosaicae non esse imponendum, sed ulterius progressus eam legem etiam pro Judaeo-Christianis: esse sine efficacia docet. Et hoc principium a Petro in concilio fuisse admissum Paulus clare supponit Gal. τι, 15 5. Cf. Tomas, ο. c.; p.77 5. f) Sextum vero argumentum statim affert s. Paulus, Ÿ 12, sc. miracula inter gentiles facta, g) Septimum deinde

sur le cou des disciples un joug que ni nos pères ni nous n’avons pu porter? 11. Mais nous croyons être sauvés par la grâce du Seigneur Jésus de la même manière que ceux-ci. 12. Toute l'assemblée se tut et écoutait Barnabé et Paul, racontant quels grands miracles et prodiges avait faits Dieu par eux chez les gentils. 13. Après qu'ils se furent tus, Jacques répondit, disant :

subjungit s. Jacobus, ÿ 15, deductum ex V. T. videlicet ex Propheta Amos. Si addamus Δ) unanimem consensum illorum qui concilio aderant, et tandem praesertim ἢ) dogmaticam definitionem ibi latam : conglobatas habebimus rationes omnes, quibus, ex hoc Actuum capite Judaizantes refelli possint. Praeterea, in epistolis Paulinis, praesertim ad Galatas et ad Romanos, cadem haec pseudo-Judaismi confutatio proficietur. CAMERLYNCK.

Υ 12) ἐσίγησεν δὲ πᾶν τὸ πλῆθος : itaque antea non tacuerant, BLass. L’aoriste ἐσίγησεν constate le fait et en marque le ®ommencement. L'assemblée où la discussion était précédemment abondante et longue, πολλῆς ζητήσεως, Υ 7, devint silencieuse. Le discours de Pierre avait mis fin à toute discussion. Ge silence montrait que toute l’assemblée approuvait les paroles de Pierre, ainsi que l’affirment le Codex de Bèze et l’Harkléenne (mg.) : συγχατατιθεμένων δὲ τῶν πρεσδυτέρων τοῖς ὑπὸ τοῦ Πέτρου εἰρημένων ἐσίγη σεν. χαὶ ἤχουον, ἃ l’imparfait pour marquer que les orateurs parlèrent longuement; ἤκουον est au pluriel à cause du sujet collectif, πᾶν τὸ πλῆθος, quoique ἐσίγησεν qui a 16 même sujet soit au singulier. Même terme dans Ze. 1, 21, 4xovov est à l’imparfait pour indiquer l'attention soutenue au discours. — Βαρνάδα καὶ Παύλου : contrairement à sa manière ordinaire Luc place ici Barnabé le premier, probablement parce que celui-ci prit le premier la parole, étant plus connu que Paul de la communauté de Jérusalem dont il avait fait partie autrefois — ἐξηγουμένων : Barnabé et Paul racontèrent les miracles et les prodiges que Dieu avait faits au milieu des gentils, et ils prouvèrent ainsi que Dieu, dont ils avaient été les instruments, approuvait leur enseignement et leur conduite dans l’évangélisation des gentils. Par des miracles, luculentissima Dei testimonia, BLass, Dieu attestait que les gentils pouvaient être admis dans l’Église sans être soumis aux observances légales, ce qui était la question discutée, cf, Rom. xv, 19.

Ÿ 13) μετὰ δὲ τὸ σιγῆσαι αὐτούς : après que Barnabé et Paul se furent tus; l’infinitif aoriste est toujours employé après μετὰ τό; il indique le commencement de l’action. Jacques parla après que toute l'assemblée se fût tue. axexplôn Ἰάχωθος, Jacques, le frère du Seigneur, évêque de Jérusalem, répondit : cf. xu, 17, et 1, 13 la notice sur Jacques. Hégésippe, Eusèse, His, Eccl. 11, 23, raconte sa vie de mœurs rigides. Jacques était connu de tous les Juifs pour avoir pratiqué rigoureusement les observances légales; on comprend donc qu’il a dû prendre la parole pour exprimer son opinion au sujet de celles-ci; sa motion que les gentils ne devaient pas y être astreints a dû être d’un grand poids. Il n’était pas le chef du parti des judaïsants, comme on l’a inféré des paroles de Paul dans l’épître aux Galates, 11, 12, τινας ἀπὸ ᾿Ιαχώδου ; de ce que ces gens venaient d’auprès de Jacques, cela ne prouve pas que celui-ci approuvait leur conduite; du récit des Actes, il ressort qu'il était en accord de doctrine avec Pierre et Paul. ἀπεχρίθη λέγων : il répondit, disant; formule familière à Luc. ἀκούσατέ μου : expression employée ici seulement et par Jacques dans son épître, n, 5. Jacques répond aux judaïsants.

λέγων : en résumé, ce que Simon a montré par des faits avait déjà été prévu par les prophètes, c'est que les gentils ne doivent pas être chargés. Maïs, afin que leurs rapports avec les Juifs soient plus faciles, ils doivent s'abstenir de quelques-unes de leurs habitudes. Le discours de Jacques peut être divisé en deux parties : 1° Pierre

\ - € ἧς ΄ « - σατέ μου. 14. Συμεὼν ἐξηγήσατο χαθὼς πρῶτον ὃ Θεὸς ἐπεσχέψατο λαθεῖν ἐξ ἐθνῶν NUE = - "᾿ - - \ λαὸν τῷ ὀνόματι αὐτοῦ. 15. χαὶ τούτῳ συμφωνοῦσιν οἱ λόγοι τῶν προφητῶν, χαθὼς

γέγραπται" 16. μετὰ ταὐτὰ ἀναστρέψω χαὶ ἀνοιχοδομνήσω τὴν σχηνὴν Δαυεὶδ τὴν πεπτωχυῖαν, χαὶ τὰ χατεστραμιμένα αὐτῆς ἀνοιχοδομιήσω, χαὶ ἀνορθώσω αὐτήν, AT. ὅπως ἂν ἐχζητήσωσιν οἱ κατάλοιποι τῶν ἀνθρώπων τὸν Κύριον,

a prouvé par des faits que Dieu a appelé les gentils au salut et cela s'accorde avec les paroles des prophètes. 2° Il n’y a donc pas lieu d'imposer aux gentils convertis l'observation de la Loi mosaïque; ils s’abstiendront des souillures des idoles, de la fornication, de ce qui est étouffé et du sang.

Ÿÿ 14) 10 Συμεών, ici seulement et II Pr. 1, 1, nom primitif de Pierre, dans sa forme primitive en hébreu : bmw. La forme grecque est Σίμων; cf. Le. xxiv, 84. Luc

emploie ici la forme usitée ou plus connue du nom de Pierre. C’est le nom que l’on retrouve dans la liste des évêques de Jérusalem, Eusèse, Hist. Eccl, IV, 5, où Siméon est mentionné le second après Jacques, le frère du Seigneur — πρῶτον : Jacques rappelle ici probablement la onversion de Cornélius, le premier converti de la gentilité. ἐπεσκέψατο, cf. vir, 28; Jeq. 1, 27; visitavit, Vlg.; suscitavit, Gigas; aoriste moyen de ἐπισχέπτομαι, visiter, et ici seulement au sens hébraïque avec un infinitif final, visiter, examiner dans le but d'aider ou d’accorder des bienfaits : prospexit, curavit Deus sibi adsciscere ex gentibus populum, Knagensauer. Barde a traduit « Dieu a considéré (résolu après délibération) de prendre d’entre les nations un peuple à son nom » Loisy traduit : comment d’abord Dieu a pris soin de se procurer parmi les gentils peuple à son nom. — λαδεῖν infinitif de but, de dessein signifie prendre, adopter, acquérir — ἐξ ἐθνῶν λαόν : dans les Actes, ἔθνη désigne les gentils et λαός, le peuple d'Israël, consacré à Dieu. Ici λαός est sans l’article : Dieu a pris d’entre les gentils un peuple, c’est-à-dire parmi les gentils il ἃ fait un choïx d’un peuple comme il l'avait fait pour Israël.

τῷ ὀνόματι αὐτοῦ, leçon de NABCDE 61 Vlg. Sah. Pesch. Harkl. Arm. Iren.; datif d'intérêt, acquérir à son nom, c’est-à-dire à sa personne, un peuple qui lui appartienne, qui suit son nom; cf. xvin, 10; Rom. 1x, 24-26. Dieu a eu l'initiative de la conversion des gentils; ou ἐπὶ τῷ ὀνόματι αὐτοῦ, leçon de H LP, celui qui serait adopté par lui [Dieu], pour son nom, pour la gloire de son nom comme son peuple. Dès le commencement de son discours Jacques déclare qu’il’ est du même avis que Pierre sur l'admission des gentils dans l'Eglise.

ÿ 15) χαὶ τούτῳ, pronom neutre, à cela, c’est-à-dire au fait rappelé par Pierre; ou par le pronom au masculin il désigne Pierre, mais alors on devrait avoir οἱ προφῆται et non oi λόγοι τῶν προφητῶν. — τῶν προφητῶν, au pluriel, bien qu'un seul prophète soit nommé, mais les prophètes ne forment qu'un seul corps et ce qui est dit par l’un d'eux est censé avoir été dit par tous,

Ÿ 16) Le texte cité par Jacques est emprunté au prophète Amos, 1x, 14, 12. Le ÿ 16 est assez librement cité; le voici d’après les Septante. Les termes différents sont en italique. ᾿Εν δὲ τῇ ἡμέρᾳ ἐκείνῃ ἀναστήσω τὴν σχηνήν Λαυεὶδ τὴν πεπτωχυΐαν, καὶ ἀνοικοδομήσω τὰ πεπτωκότα αὐτῆς, χοὶ τὰ χατεσχαμμένα αὐτῆς ἀγαστήσω χαὶ ἀνοιχοδομήσω αὐτὴν καθὼς αἱ ἡ μέραι τοῦ αἰῶνος. Manque dans les Septante : καὶ ἀνορθῴσω αὐτήν.

14. Hommes frères, écoutez-moi! Siméon [vous] ἃ raconté comment pour la première fois Dieu à visité les gentils, afin de prendre du milieu des gentils un peuple [consacré] avec son nom, 15. Et avec cela concordent les paroles des prophètes comme il est écrit :

Page 1