Afin que recherche le Seigneur le reste des hommes
Le 17) est littéralement cité des Septante.
Mais les Septante ne sont pas la reproduction littérale du texte hébreu massorétique; ils sont probablement traduits d’un texte hébreu un peu différent de celui que nous avons. Voici la traduction du texte massorétique : En ce jour-là je relèverai là hutte de David qui tombe, et je réparerai ses brèches et je relèverai ses ruines et je la rebâtirai telle qu'aux jours d'autrefois. Afin qu’ils [les Israélites] possèdent
les restes d'Édom et toutes les nations sur lesquelles mon nom a été prononcé (invoqué),
Yahveh, lui qui opérera cela.
μετὰ ταῦτα : après cela, après que Dieu aura exercé sa colère envers Le peuple 4 Israël qui lui était infidèle; après cela, c’est-à-dire dans les temps messianiques, Dieu dit : ἀναστρέψω xat ἀνοικοδομήσω, je reviendrai et je rebâtirai : formule biblique où le verbe « revénir » devant un autre verbe marque réitération de l’action. Le premier verbe équivaut donc à un adverbe qualifiant le second : je bâtirai de nouveau.
Je rebâtirai et je restaurerai la splendeur de la famille de David dans la personne de son descendant, le Messie; je serai de nouveau favorable au peuple d'Israël. — τὴν σχηνὴν Δανεῖδ, métaphore pour : le royaume; la tente de David marque que la famille de ce roi est tombée dans un tel abaissement qu'elle est représentée par la plus humble des habitations. Dans le texte hébreu il s’agit d’une hutte faite de branchages, —
Au lieu de « après cela » le texte hébreu et les Septante ont : ἐν τῇ ἡμέρᾳ Exeivn, en ce
jour-là, terme qui dans le langage prophétique désigne les temps messianiques. La prophétie d’Amos faisait allusion à la destruction du royaume juif par Nabuchodonosor: il est prédit qu'aux temps messianiques Dieu suscitera un rejeton de David qui restaurera le royaume, Jér. xx, 5; ΧΧΧΠΙ, 15 — τὰ χατεσχαμμένα, leçon de ACDELP Cons. ap. Chrys.; participe parfait passif de χατασχάπτω, ou χαταστραμμένα, leçon de N (B) Pesch. Harkl. participe parfait passif de χαταστρέφω : les deux verbes ont le même sens, détruire de fond en comble. Dans les Septante B a la première leçon; A, la seconde. L'idée de restauration est fortement marquée par les deux verbes, ἀνοικοδομήσω, ἀνορθώsw. Au lieu de dire comme l’hébreu et les Septante : je 18 relèverai telle qu'aux jours d'autrefois, Jacques dit seulement : je la redresserai.
ἡ 17) ὅπως ἂν ἐκζητήσωσιν οἱ κατάλοιποι τῶν ἀνθρώπων τὸν Κύριον : afin que recherche le Seigneur le reste des hommes; ὅπως ἄν est une clause finale; elle est quatre fois seulement dans le N. T. τὸν Κύριον est ajouté au texte des Septante. Le texte hébreu porte : afin qu'ils [les Israélites] possèdent le reste d'Edom et les nations sur lesquelles le nom du Seigneur a été prononcé (invoqué). Le traducteur des Septante a confondu
deux termes; il a lu, idreshu, recherchent, au lieu de treshu, possèdent et adam,
homme au lieu de edom — ἄν, avec le subjonctif, indique qu'il dépend du reste des hommes que le dessein de Dieu soit accompli en eux, cf. Le. 11, 15; Act. πι, 19; Rom. ΠΙ, 4. οἱ κατάλοιποι τῶν ἀνθρώπων : hommes en dehors des Juifs, à savoir : χαὶ πάντα
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- τ 4 Nr LAS) « 9 7 SEL 4 QE 3 9 / χαὶ πάντα τὰ ἔθνη ἐφ᾽ οὺς ἐπιχλέχληται τὸ ὄνομά pou ἐπ᾽ αὐτούς, -“ αὐ, Ἵ - ᾿ λέγει Ἰζύριος ποιῶν ταῦτα. 18. γνωστὰ ἀπ᾽ αἰῶνος. 19. διὸ ἐγὼ χρίνω μὴ παρενοχλεῖν τοῖς ἀπὸ τῶν ἐθνῶν ἐπιστρέφουσιν ἐπὶ τὸν Θεόν, 20. ἀλλὰ ἐπιστεῖλαι αὐτοῖς τοῦ ἀπέχεσθαι τῶν ἀλισγημάτων τῶν εἰδώλων , ς γημ
τὰ ἔθνη, toutes les nations; cette proposition est explicative ou épexégétique. ἐφ᾽ οὺς ἐπιχέχληται τὸ ὄνομά μου ἐπ᾽ αὐτούς : sur lesquelles mon nom a été prononcé ou invoqué;
c’est le signe qui marque l'appel de Dieu au royaume messianique, cf. Jeq. τι, 7. —
ἐφ’ οὕς : la préposition combine l’idée de mouvement avec le verbe, et implique que
le nom de Dieu a été porté aux gentils [par les Israélites dispersés au milieu d'eux]
et ainsi invoqué par eux aussi. ἐπιχέχληται, parfait passif au lieu du futur, qui a dû
être employé quand la prophétie a été prononcée. Mais le verbe au passé était néces-
saire au temps du traducteur et même pour le prophète, car pour lui la prédiction
était tenue pour vérifiée, le dessein de Dieu la rendant certaine. Cet appel s’adressait
aux Juifs et à toutes les nations sans restriction. Celles-ci feraient donc partie du
royaume messianique sans être astreintes à l’observance de la Loi de Moïse — ἐφ᾽ οὕς
et la répétition, x’ αὐτούς est un hébraïsme; cf. Jér. χιι, 15; Deut. xxvinr, 10; Zsaïe,
xLu1, 19. Le relatif complément ἐφ᾽ οὕς est repris et complété par un pronom personnel
ἐπ᾿ αὐτούς, placé après le verbe. Cette construction n’est que cinq fois dans le N. T.. πάντα après ταῦτα, leçon de ELP, est une addition inutile.
Υ 18) Ce ÿ n’est ni dans le texte hébreu ni dans les Septante; c’est donc une réflexion de l’orateur ou, d’après quelques critiques, du rédacteur. Mais pourquoi ne serait-elle pas de l’apôtre Jacques? Elle aura un sens différent suivant la leçon admise — ποιῶν
- ταῦτα γνωστὰ ἀπ᾽ αἰῶνος, leçon de δὶ BC 61 180 Sah. Boh. Arm., est adoptée par Tischen-
dorf, Weiss, Wendt, Nestle, Vogels; Hilgenfeld la qualifie de pessime; Blass La croit explicative du ÿ 17 — γνωστὰ ἀπ᾽ αἰῶνος ἔστι τῷ Θεῷ πάντα τὰ ἔργα αὐτοῦ, lecon de EHLP Harkl. Const. ap. Chrys. est adoptée par le Textus Receptus --- γνωστὸν ἀπ’ αἰῶνος τῷ Κυρίῳ τὸ ἔργον αὐτοῦ, leçon de AD Vlg. Harkl. (mg) Ir., est adoptée par Blass, Hilgenfeld, Preuschen. D’après la première leçon Jacques aurait simplement ajouté au texte d'Amos que les choses que fait Dieu étaient connues d'éternité. La deuxième signifierait que toutes ses œuvres sont connues de Dieu d’éternité; et la troisième que son œuvre est connue du Seigneur d’éternité. Il est difficile de décider quelle est la leçon authentique. La première est bien appuyée au point de vue textuel, mais paraît peu originale. Les deux autres qui, en fait, se ressemblent pour le sens, sont aussi très appuyées textuellement et de plus émettent une réflexion qui est bien dans la suite du raisonnement et le conclut.
L'œuvre du Seigneur (Dieu) lui est connue d’éternité; en d'autres termes, dès l’éternité Dieu connaît ce qu'il fait. Cette réflexion est bien dans l'esprit de l'A. T. : ἰδοὺ γνωστὰ πάντα μετὰ σοῦ [Θεοῦ], T'obie, τι, 14; εὐλογήσαισαν σε πάντα τὰ ἔργα σου εἰς τὸν αἰῶνα, 50. ir, 11. L'appel des gentils au salut messianique était connu de Dieu comme son œuvre; il ne pouvait donc être pour les auditeurs de Jacques un sujet d’étonnement ou de doute. ἀπ᾽ αἰῶνος, locution familière à Luc, 1, 70; Act. in, 21; elle peut signifier depuis un long temps, ou depuis la création du ciel et de la terre, cf. Ps. cxvin, 52.
Il ressort de cette prophétie d’Amos que la volonté de Dieu est que tous les hommes sont appelés à le connaître et à ne former qu'un seul peuple avec les Juifs. Ceux-ci étaient appelés le peuple de Dieu, consacré à Dieu; maintenant les gentils ont aussi été appelés; ils sont par conséquent les égaux des Juifs. Dieu veut donc que tous les hommes entrent dans le royaume messianique, et il les a appelés sans exiger qu'ils soient circoncis. C’est la conclusion que tire l’apôtre Jacques,
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Aïnsi que toutes les nations sur lesquelles mon nom est invoqué,
Dit le Seigneur, qui fait ces choses. 18. [Toute son œuvre! est connue dès l'éternité.
19. C’est pourquoi je suis d'avis de ne pas inquiéter ceux d’entre les gentils qui se convertissent à Dieu, 20 mais qu’on leur écrive de s’abstenir
Ÿ 19) διό, c'est pourquoi; Jacques exprime la conclusion qui résulte de la prophétie qu'il vient de citer et du fait qu'a rapporté l’apôtre Pierre. ἐγώ, est ici restrictif et non emphatique : pour moi, en ce qui me concerne, et sans vouloir engager les autres apôtres, κρίνω, je pense, j'estime, je suis d’avis, et non je juge, sens premier de χρίνω. IT est aussi employé dans le sens de « émettre une opinion », ιν, 19; χπὶ, 46: xvi, 15; XXVI, 8. — Jacques n'avait pas à porter le jugement sur la question; il est probable que celui-ci avait été établi dans la conférence particulière qui eut lieu entre Pierre, Jacques, Jean et Paul, Barnabé, Gal. τι, 6, dans laquelle rien ne fut ajouté à la façon de procéder de Paul et de Barnabé dans l’évangélisation des gentils, c’est-à-dire qu’on ne leur demanda pas d’astreindre les gentils à l'observation de la Loi de Moïse, Jacques se reporte à cette décision sans la donner dans les mêmes termes. Une preuve d'’ailleurs que la décision qui est proposée ici par Jacques n’est pas la sienne propre, c’est que xvi, 4, le décret de la conférence apostolique est attribué aux apôtres et aux presbyires, assistés de l’Esprit-Saint, xv, 28. Jacques exprime ici une opinion personnelle en termes très modérés; il veut respecter la liberté des gentils convertis, mais faire respecter aussi les scrupules des Juifs convertis. Il reconnaît que, d'après la révélation divine faite à Pierre, les observances légales ne doivent pas être imposées aux gentils convertis, maïs il juge bon d’ordonner à ceux-ci, afin de faciliter leurs rapports avec les Juifs, de s'abstenir des choses le plus en horreur aux Juifs. — Cette restriction du rôle de Jacques n’est pas admise complètement par tous les exégètes. Saint Chrysostome dit que Jacques ἃ porté son jugement de lui-même, ἐξ ἐμαυτοῦ. D'après Knowling, κρίνω signifie « mon jugement est ». Jacques paraît parler comme le président . de l’assemblée. D’après B. Weiss, χρίνω peut exprimer plus que l’opinion d’un membre de l’assemblée; il résume les débats et propose un projet de résolution pratique. Jacques, comme évêque de Jérusalem, a une place prépondérante dans l’assemblée, ce qu'indiquait déjà l’ordre dans lequel sont cités les apôtres dans l’épître aux Galates, u, 9, Jacques, Céphas et Jean — μὴ παρενοχλεῖν, infinitif présent, pour indiquer la con-
tinuité de l’action de παρενοχλέω, ne pas causer du trouble, préserver des embarras, ne
pas inquiéter. Dans παρενοχλεῖν le substantif, ὄχλος a le sens de « trouble » parce qu’une foule devient aisément une « turba », BarDe.
Le terme est classique, mais se trouve ici seulement dans le N. T. Ce verbe est aussi dans les Septante, tantôt avec le datif comme ici, Juges, χιν, 17; I Rois, xxvni, 45, tantôt avec l’accusatif, Jér. xLvi, 27 — παρά peut donnek au verbe le sens prégnant de ne pas troubler davantage — ἐπιστρέφουσιν, au participe présent, qui indique que l’action continue et fait des progrès.
ÿ 20) 2° La leçon que nous expliquons est celle du texte oriental, représenté par tous les manuscrits grecs majuscules, sauf le codex D, par la presque totalité des minuscules, par la Vulgate, etc. Elle diffère de la leçon dite occidentale que voici : τοῦ ἀπέχεσθαι τῶν ἀλισγημάτων τῶν εἰδώλων xat τῆς πορνείας χαὶ τοῦ αἵματος, χαὶ ὅσα φῳὴ θελοῦσιν ἑαυτοῖς γίνεσθαι ἑτερῷ μὴ ποιεῖν, codex D, Irénée. Cf. Excursus : Le décret apostolique.
Jacques admet que les gentils ne doivent pas être astreints aux observances légales comme condition de Tour) incorporation dans l’Église; seulement, il ajoute un terme
“restrictif, ἀλλά, mais, qui introduit les conditions de leur admission dans la commu-
nauté chrétienne. ἐπιστεῖλαι, aoriste infinitif de ἐπιστέλλω, envoyer une lettre ou commander, d’où écrire un ordre, une injonction; les deux sens sont classiques; ce terme est rarement employé dans les Septante et le sens en est douteux. — τοῦ ἀπέχεσθαι : dans le grec classique les verbes exprimant une défense, une volonté ou un désir
‘sont suivis, à La place d'une proposition finale avec ἵνα, d'un verbe à l'infinitif avec
ou sans l’article. ἀπέχεσθαι : infinitif présent moyen de ἀπέχω, tenir à l'écart; au moyen transitif tenir éloigné, éloigner; à l’intransitif, se tenir éloigné, s'abstenir; cf. Jér. vu, 10:1 Pr,, n, 11; I Tim. iv, 3; ordinairement il est employé sans la préposition ἀπό — τῶν ἀλισγημάτων : ἀπό est omis devant τῶν αλισγημάτων par BD 61 180 et par les éditeurs
critiques récents. τῶν ἀλισγημάτων, des souillures; ici seulement; inconnu au grec
classique et aux Septante, il est dérivé de ἀλισγέω, verbe hellénistique, trois fois dans les Septante, Il peut indiquer les souillures provenant des viandes offertes aux idoles, Son sens est précisé au ÿ 29 où, à la place de τῶν ἀλισγημάτων τῶν εἰδόλων, nous ayons εἰδωλοθύτων; les deux expressions sont donc synonymes; cf. ÿ 29 pour l’explication de εἰδολοθύτων, viandes sacrifiées aux idoles, — καὶ τῆς πορνείας : ce terme n’est pas gouverné par ἀλισγημάτων, mais ainsi que les suivants par ἀπέχεσθαι; pour plus de clarté il aurait fallu ἀπό devant τῆς πορνείας, Diverses opinions ont été émises sur le sens de πορνεία : deux sont à retenir.
1° ropvela, au sens classique, signifie prostitution ou adultère; Jacques défend donc ici tout rapport charnel entre l’homme et la femme, en dehors du mariage; cf. I Cor. v, L; vi, 13, 18; vu, 2; IT Cor, xn, 21; Eph, v, 3: Col, in, 5: 1 Thess. 1v, 3. nopyebeuv a le même sens dans 1 Cor. x, 8; Nomb. xxv, 1 55, Ce terme n’a pas d'autre sens chez les païens; on doit donc l’adopter dans ce sens, cf, GaïmraN, SALMANTIGENCES, Lartpe, BEELEN, CALMET, Hake, Parrizzi, THomas, etc … On peut s'étonner qu'une pareille défense, qui est d'ordre naturel, ait dû être intimée encore aux gentils. Mais
= chez les païens, ainsi qu’il ressort de la littérature ancienne, la fornication était
regardée comme indifférente ou même permise. Micio dit dans les Adelphes de Térence 1, 2, 21 : Non est flagitium, mihi crede, adolescentulum scortari. Cicéron se permet d'écrire : Verum si quis est, qui etiam meretriciis amoribus interdictum
juventute putet, est ille quidem valde severus : negare non possum; sed abhorret
non modo ab hujus saeculi licentia, verum etiam ab majorum consuetudine atque concessis. Quando enim hoc factum non est? Quando reprehensum? Quando non permissum? Quando denique fuit ut quod licet non liceret, pro Cælio 20. — Horace de son côté dira : Quidam notus homo cum exiret fornicee « macta Virtute esto », inquit sententia dia Catonis. Nam simul ac venas inflavit taetra libido. Huc juvenes aequum est descendere. Ad quod Porphyrion : laudavit existimans libidinem compescendam esse sine crimine; et Acron Çatonem facit dicentem : adolescens ego te laudavi, . tamquam huc interdum venires, Satir: 1, 2; 31 ss. On sait qu’en Orient la prostitution “ était pratiquée dans quelques temples; il était même établi dans beaucoup d’endroits de l'Asie occidentale que toute femme avant son mariage devait se prostituer à un étranger; c'était une pratique rituelle, accomplie en hommage à la grande déesse Génitrice de l’Asie occidentale, dont le nom variait selon les lieux, mais dont le caractère restait constant. Cf. J. G. Frazer, Adonis, trad. franç., p. 25 ss. Les courtisanes plus ou moins sacrées τος en pays grec, LAGRANGE, Ætudes sur les religions sémitiques, Ὁ. 445; F, Cumonr, Les religions orientales, note 39, p. 286-288.
Paul dans ses épîtres a flétri avec indignation la vie licencieuse des païens; cf, Rom. 1, 24 : Aussi Dieu les a-t-ils livrés [les païens], suivant les désirs de leurs cœurs à l'impureté, afin que leurs propres corps soient déshonorés.. Aussi Dieu les a-t-il livrés à des passions déshonorantes, Trad. Lacrancr. Les pagano-chrétiens étaient des convertis récents du paganisme; aussi Paul signale l'existence de la fornication
vhez les fidèles, 1 Cor. v, 4, 11; IT Cor. xnr, 21; il la stigmatise, Gal. xv, 19; Eph. v, 5; il prescrit sévèrement aux fidèles de s’en abstenir; 1 Cor. νι, 18; x, 8; I Thess. iv, 3; ce vice exclut du ciel, I Cor. νι, 9; 1 Tim. 1, 10.
20 Dans cette défense, la fornication est mêlée à des fautes rituelles: il est donc!
probable, disent plusieurs exégètes, que la défense conjointe à celles-ci est aussi un acte défendu par la Loi mosaïque. Or, dans le Lévitique, xvn, 7, est interdit le culte
rendu aux idoles par des sacrifices, puis, 40. xvnr, 10, il est défendu de manger le sang
d’un animal, et par conséquent de manger la chair d’un animal étouffé, xvr, 13, enfin, à la suite de ces prohibitions vient, χυπι, 1 ss., la défense d'imiter ce qui se fait en Égypte et dans le pays de Canaan; suit alors la prohibition de contracter des unions consanguines. On en a conclu que la défense portée ici vise les unions entre parents, telles que l’énumérait le Lévitique. — Il est impossible, dit Reuss, de prendre cette troisième condition dans le sens des péchés charnels en général, comme si l’Apôtre avait voulu signaler la chasteté comme l'un des principaux devoirs chrétiens. Cela
s’accorderait assez peu avec les autres conditions et à ce prix il aurait pu faire une
énumération bien plus riche. Il ne s’agit pas ici de devoirs à recommander au nom de la morale chrétienne, mais bien de ce que les Juifs, antérieurement au christianisme déjà, avaient l'habitude de demander à leurs prosélytes. — Wendt est du même avis : Il faut comprendre la motion de Jacques comme une transposition des prescriptions traditionnelles formées d’après le Lévitique xvir et xvinr, pour les σεδόμενοι τὸν Θεόν,
sur les pagano-chrétiens, afin que ceux-ci puissent avoir communication de culte
avec les Juifs de naissance dans les communautés chrétiennes. — Mais observons d’abord que les défenses portées dans le Lévitique étaient non seulement les unions entre consanguins à un certain degré, mais aussi d’autres unions défendues par la loi naturelle, et de plus l’adultère, xvur, 20.
On ne peut donc voir dans cette interdiction de la fornication seulement la défense de conclure des unions à des degrés prohibés par la Loï mosaïque. Si telle avait été la pensée de Jacques il aurait dû s'exprimer en termes plus clairs, car πορνεία chez les païens ne signifie pas l’union entre parents à un certain degré, mais la prostitution ou l’adultère; tel est aussi le sens de ce terme dans Le N. T., Mt. v, 32; xx, 9; Me. vu, 21; Jn, νηὶ, 41; I Cor. v, 1; I Thess. 1v, 3, etc. On fait observer que les porteurs du décret étaient chargés de l'expliquer, xv, 27. Mais n’eût-il pas été plus simple d'employer dans le décret un terme spécifiant clairement la défense et non un terme qui pour les gentils signifiait autre chose que ce qui était défendu ? Enfin, les Septante emploient non le terme πυρνεία, pour signifier l’union entre consanguins, mais ἀσχημοσύνη, nudité, pudenda.
La première opinion, d'après laquelle la défense vise tout rapport charnel entre l'homme et la femme en dehors du mariage, est soutenue principalement par Knabenbauer, Camerlynck, Felten, Belser, Patrizzi, Meyer, Ewald, Godet, B. Weiss, Know-
ling, Burnside, Bonnet, etc. — La deuxième excluant seulement les unions entre
consanguins est soutenue par Cornely, Holtzmann, Ritschl, Zückler, Wendt, Ramsay, Preuschen, Reuss, Loisy, etc.
Quelques mots sufliront pour signaler les autres opinions émises sur la signification de πορνεία : ce terme visait l'idolâtrie souvent dénommée ainsi par les prophètes, Nomb. xiv, 33; la fornication commise au milieu des fêtes religieuses des paiïens, faisant même partie du culte; les fêtes licencieuses des païens; il serait synonyme de πορνικὴ θυσία, l'état de prostituée. Il désignerait aussi le concubinage, la polygamie, le mariage avec un infidèle, les secondes noces. — Bentley ἃ corrigé ce terme : au lieu … de πορνεία, il lit : χοιρείαν ou πορχείαν, viande de porc.
[καὶ] τοῦ πνιχτοῦ, ou ÿ 29 τῶν πνιχτῶν, d’après Ν΄ B A°C 61 614 Sah. Boh. Clem. Orig.;
τοῦ πνιχτοῦ est omis par le texte occidental. πνικτός signifie étranglé, étouffé; le mot
désigne un animal qui ἃ été tué par strangulation ou étouffement et qui n’a pas été
he
ἐν Là EE.
IR ee Φ'
LI, ni
saigné. La Loi mosaïque défendait de manger la chair d’un animal dont le sang n'avait pas été répandu, Ζόν,, xvn, 13; Deut., χα, 16.
χαὶ τοῦ αἵματος, et du sang. Les Livres saints affirment à diverses reprises que l’âme de la chair est dans le sang, Léo., xvn, 8, 14; il est donc interdit à tout homme de manger le sang d’un animal, Lée., xvir, 12, 14; Deut., xu, 16; xv, 23, etc. Le sang est la vie; si donc il peut être répandu sur l'autel des sacrifices, en offrande à Dieu, l’homme doit s'en abstenir par respect pour la vie, qui est un don de Dieu. Cette défense visait non seulement les Juifs à qui leur Loi interdisait de manger le sang d’un animal, dès les temps anciens, Gen.1ix, ἃ s., et plus tard Zév., πι, 17, mais aussi les païens pour qui le sang séparé de la viande devenait souvent un aliment ou une boisson. Ils le mêlaient souvent au vin dans les sacrifices et le buvaïent ainsi. Il semble que les deux défenses : l’une des viandes étouffées et l’autre du sang peuvent se réduire à une seule. Il y a cependant une différence entre les deux : la première défend de manger une viande contenant du sang; la deuxième défend le sang seul. Au point de vue pratique, la mention distincte du sang et des viandes non saignées a donc sa raison d’être. Si ces défenses font à peu près partie des fameux « préceptes noachides », elles n’en sont aucunement la copie. Ces préceptes, en effet, au nombre de sept, s’énoncent comme suit : soumission à l'autorité, interdiction du blasphème, de l’idolâtrie, de l’inceste, du meurtre, du vol, de la viande arrachée à un animal vivant.
ἡ 21) Jacques conclut : les gentils convertis, si toutefois ces paroles s'adressent à eux, doivent s'abstenir des choses précitées, γάρ, car la Loi mosaïque, qui contient ces prohibitions, est lue depuis les temps anciens dans le monde entier à chaque sabbat; ils les connaissent donc et elles ne seront pas nouvelles pour eux. Mais ces paroles visent les Juifs, dit Harnack, car Jacques insiste sur le fait que la Loi est partout lue dans les synagogues [et, par conséquent, est assurée de sa position de respect dans l’ancienne nation]. — ἐχ γενεῶν ἀρχαίων, cf. Ps. de Salomon, xvint, 14, depuis les temps anciens où les Juifs ont été dispersés dans le monde; dans chaque ville de la dispersion, tous les jours de sabbat, on lit la Loi de Moïse. Jacques fait allusion à la Diaspora juive qui s'étendait presque dans le monde entier, connu des anciens. Cf, Excursus : la Diaspora juive. — Μούσης χατὰ πόλιν τοὺς χηρύσσοντας αὐτὸν ἔχει : présent de l'indicatif marque une action commencée dans le passé mais qui dure encore. — ἀναγινωσχόμενος, participe présent passif pour indiquer que la Loi était lue d’une manière continue; régulièrement il devrait y avoir, ἀναγινωσχόμενον, s’accordant avec αὐτὸν; mais ce verbe pourrait s'accorder avec Νούσῆς. En grec l’accord peut se faire avec le sujet de la phrase principale, quand même il y a un relatif plus rapproché.
Il est difficile dè montrer nettement comment Jacques a voulu justifier les défenses de sa motion par les paroles qui concluent son discours. Les opinions des exégètes sont assez divergentes. Remarquons d’abord que saint Irénée, Ads. Haer., 111, 12, 14, a évité la difficulté en omettant ce ÿ; il n’en faudrait pas conclure que celui-ci n’est pas authentique, car S'il ne l'était pas on ne comprendrait pas la raison d’être d'un ÿ dont la présence ici est difficile à expliquer. — Nous n'avons pas à passer en revue toutes les opinions qui ont été présentées ; signalons seulement celles qui peuvent le mieux
ΝΟΥ ΡΥ SR σι ον τον; ΡΥ γα, ΑΚ ΚΤ SOS CES PET RE ZEN à ee Te PA
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des souillures des idoles, de la fornication, de ce qui est étouffé et du sang. 21. Car depuis les générations anciennes, Moïse ἃ, dans chaque ville, des hommes qui le prêchent, étant lu dans les synagogues ἃ chaque jour du sabbat.
22. Alors, il ἃ paru bon, (il a plu) aux apôtres et aux anciens ainsi qu’à
expliquer ce texte. Saint Chrysostome, Æom. xxxlni, pense que ces prohibitions s’adressaient aux convertis du paganisme, car elles n'étaient pas inconnues des Juifs convertis; ils les connaissaient déjà puisqu'elles étaient contenues dans la Loi de Moïse qu’ils lisaient à chaque sabbat. — Inde enim, écrit Knabenbauer, quod lex mosaica et constanter lecta sit maioribus Judaeorum et perpetuo etiamnum in synagogis recitetur illa abominationi sunt Judaeis, quam abominationem quasi hereditatem quandam a maioribus acceperint et continua lectione legis foverint; unde necesse est, ut ea in re Judaeiïs aliquid concedatur et gentiles ad illa vitanda obligentur, cf. Hake, FezTen, ne Judae nimis avertantur a re christiana. — D’après Hackett, les Juifs convertis, ayant l'habitude d’entendre lire ces défenses dans la Loi de Moïse, étaient naturellement très chatouilleux à leur sujet-et il était nécessaire que les gentils convertis s’abstinssent de ces choses dans un but de paix et d'harmonie, — Gloag pense que les gentils convertis doivent s'abstenir des choses défendues pour éviter d’offenser les Juifs, car ces prohibitions sont contenues dans la Loi qui est lue chez eux dans toutes les villes; pour éviter toute cause de discorde et pour maïntenir la paix, les gentils convertis s’abstiendront de ces actes que les Juifs regardaient comme des cas d’impureté. — Hilgenfeld dit que, selon Jacques, les Judéo-chrétiens seront toujours là, un peu partout, pour observer la Loi dans son intégrité, quand même les hellénochrétiens n’y seraient pas tenus. — D’après Baur, Overbeck, Weizsäcker, le texte signifie que la Loi et les dispositions essentielles qui y sont contenues sont connues et garanties par la lecture, qui en est faite dans les synagogues des Juifs. — Pour J. Weiss, les interdits sont à observer par les païens en raison de la propagande juive à l’égard de laquelle la propagande chrétienne se trouverait en état d’infériorité si elle autorisait des pratiques traitées d’abominables par la Loi. — D’après B. Weiss, Ritschl, Holtzmann, Wendit, les interdits sont à observer par égard pour les Juifs judaïsants qui, instruits par les lectures synagogales à respecter la Loi, attachent de l'importance à ces choses dans leurs relations avec les païens. — Pour Loisy le discours de Jacques signifie qu’on doit et que l’on peut imposer aux païens ces interdits, - parce que les païens connaissent la Loi par l'enseignement des synagogues, qui n’ignorent pas ces interdits et savent même que ces interdits les concernent aussi bien que les Juifs. — Haec prohibenda sunt gentilibus, écrit Camerlynck, quia Moises, qui singulis sabbatis praelegitur, illa aperte damnat, et Judeo-Christiani vehementer scandalizarentur, si talia fecerint Ethnico-Christiani; cf. CoPprieters, Rev. Bibl., 1917, p. 52 ss.
ÿ 22) τότε, alors, en conséquence, ἔδοξε, il a paru bon, convenable, τοῖς ἀποστόλοις nai τοῖς πρεσδυτέροις σὺν ὄλῃ τῇ ἐκχλησίᾳ, aux apôtres et aux presbytres ainsi qu’à toute la communauté. Tous, y compris les pharisiens dissidents, ÿŸ 5, sont d'accord maintenant. On en a conclu que tous, même les simples fidèles avaient participé à la discussion et même au vote. Cela ne ressort pas nécessairement du texte, lequel ne vise que le choix de l'envoi de délégués à Antioche. La décision doctrinale exprimée par la lettre apostolique, ÿ 23-29, n’est plus attribuée, ÿ 23, qu'aux apôtres et aux presbytres et non à toute la communauté. Dans ce ÿ 23 où il semblerait que les frères
4 3 - 2 \ = s f ο΄ ἐχλεξαμένους ἄγδρας ἐξ αὐτῶν πέμψαι εἰς ᾿Αντιόχειαν σὺν τῷ Παύλῳ χαὶ Βαρνάόᾳ, + pas Ed > € - 2 -»
Ἰούδαν τὸν χαλούμενον Βαρσαδόαν nat Σίλαν, ἄνδρας ἡγουμένους ἐν τοῖς ἀδελφοῖς,
\ x > = ; ) 7 > 4 93. γράψαντες διὰ χειρὸς αὐτῶν᾽ OÙ ἀπόστολοι nat οἱ πρεσβύτεροι ἀδελφοὶ τοῖς χατὰ
ont pris part à la rédaction de la lettre, seuls les apôtres et les presbytres frères sont mentionnés.
ἔδοξε est la forme régulière dans les décrets officiels et les résolutions publiques, Héronore, 1, 3; Taucypipe, 1v, 118. — ἐχλεξαμένους il semblerait qu'il devrait y avoir ἐχλεξαμένοις, tel qu'on le trouve dans les manuscrits 13 105 614, mais ce changement de construction ou anacoluthe est classique : ἔδοξεν αὐτοῖς... ἀποχτεῖναι, ἐπιχαλοῦντες, THucyone, ΠΙ, 36, 2; l'emploi du participe à l’accusatif est motivé par l'infinitif placé après; le participe est alors sujet de l’infinitif πέμψαι, infinitif de but. L'expression est prégnante : ayant choisi des hommes pour les envoyer et ils les envoyèrent. Il ne faut pas regarder ἐχλεξαμένους comme un qualificatif de ἄνδρας. Dans ce cas il auraït fallu ἐχλεχθέντας. Saint Chrysostome, Æom. xxxv, dit nettement : ἐχλεξάμενοι, εἶπεν, ἄνδρας ἐξ ἡμῶν. Là Vulgate supprime la difficulté en traduisant : placuit eligere viros. — ἄνδρας ἐξ᾽ αὐτῶν; ces. hommes sont choisis parmi eux; ils sont donc membres de la communauté de Jérusalem. Ils sont envoyés avec Paul et Barnabé à Antioche d’où venaient ceux-ci et où s'étaient produites des dissensions entre chrétiens convertis du paganismeet pharisiens chrétiens. Il avait été fait appel au jugement des apôtres et des presbytres sur la question en discussion, à savoir la nécessité de la circoncision pour les gentils con- Ê vertis, ÿ 2; la décision contenue dans la lettre ci-après est la réponse qui tranche la question. — ἐκλεξαμένους ; participe aoriste moyen pour exprimer que le choix ἃ été fait par eux-mêmes et pour eux-mêmes, les apôtres et les presbytres. — Ἰούδαν τὸν τ΄ χαλούμενον βαρσαδόᾶν : Ce Judas Barsabbas est nommé ici et ÿ 27, 382, 34; il n’est pas connu par ailleurs. Le fait d’avoir été délégué par La communauté de Jérusalem prouve qu'il jouissait d’une grande influence dans celle-ci. Il est d’ailleurs qualifié de ἡγούμε- vos, et était doué du don de prophétie; il était peut-être presbytre. On a pensé que ‘LE Judas Barsabbas était frère de Joseph Barsabbas, 1, 23, qui avait été un des deux disciples que les frères avaient présentés pour er Judas Iscariote. Barsabbas, fils de Sabbas, est un nom patronymique, qui n’a pu être porté vraisemblablement que par deux frères. Dans le cas où Judas Barsabbas aurait été un frère de Joseph, il aurait été disciple du Seigneur, ce qui explique son influencé dans l’église de Jérusalem. On ἃ essayé, maïs sans succès, d'identifier ce Judas avec les autres Judas du N. T. — καὶ Σίλαν: Silas apparaît ici pour la première fois ; on le trouve mentionné ensuite douze fois dans les Actes et quatre fois dans les épîtres sous le nom de Σιλουανός. Dans les Actes et dans les épîtres pauliniennes, il apparaît comme le compagnon de mission de Paul, xv, 40; xvi, 19 5.; xvit, 4, 10; xviu, 5; IT Cor. 1, 19; I Thess. , 1; I Thess. 1, 1. Josèphe parle de quatre Juifs portant le nom de Silas, ce qui fait présumer que le Silas des Actes était un Juif, mais probablement un Juif helléniste à cause de son nom latin; il était citoyen romain, xvi, 37. L’étymologie de Silas, wo ou nou ou Ent, est incertaine; Silas était le nom araméen de Σιλουανός,
Silvanus, le nom latin de Silas. Sila est la forme araméenne du nom hébreu Saul. L'identification de Silas des en et de Σιλονανός des épiîtres est certaine; Weizsäcker a cependant émis des doutes à ce sujet. On a aussi tenté, mais vainement, d'identifier Silas avec Titus et avec Luc; on a distingué deux Silas; dun le messager de l’église de Jérusalem et l’autre le compagnon de mission de Paul. On bus à Silvanus une part plus ou moins indépendante à la facture de plusieurs épîtres, quelques passages
de la première épiître aux Corinthiens, 1, 16; mr, 16 8.; xv, 20-34; xvi, 13-18 ; la partie apocalyptique des épîtres aux Thessaloniciens; d'après quelques critiques, ces deux
με δῷ + AR DRASS
toute l’église, après avoir choisi des hommes parmi eux, de les envoyer à Antioche, avec Paul et Barnabé, Judas nommé Barsabbas et Silas, hommes chefs parmi les frères; 23 en écrivant par leurs mains (par leur entremise). Les apôtres, les anciens, frères aux frères d’entre les gentils qui sont à
épitres seraient son œuvre. On lui ἃ attribué aussi l’épître aux Hébreux. Il aurait écrit comme secrétaire de Pierre ou même, d’après quelques critiques, comme auteur, la première épiître de Pierre. — ἡγουμένους, mot familier à Luc; cf. Le. xxvir, 26; Act. vu, 10; χιν, 12. Dans l’épître aux Hébreux il est recommandé aux lecteurs, χα, 2, de se souvenir de leurs ἡγουμένων; ÿ 17, de leur obéir et de les respecter et, ÿ 24, de les saluer. — ἡγεόμαι, chez les classiques, signifie commander comme chef, avoir le premier rang. Judas Barsabbas et Silas étaient donc des hommes importants dans l’église de Jérusalem, des hommes qui étaient les chefs de leurs frères, ἐν τοῖς ἀδελφοῖς.
Υ 23) Cette lettre est le premier document ecclésiastique que nous possédions; il est possible que Luc l'ait transmis mot à mot, peut-être d’après un document trouvé ἃ
Antioche. Clément d'Alexandrie l’appelle : ἐπιστολὴ καθολικὴ ἁπάντων τῶν ἀποστόλων, Strom. ιν, 16, 97. --- γράψαντες, même anacoluthe que précédemment; ce mot s'accorde avec ἀποστόλοις, Ÿ 22. Le participe au nominatif peut se rapporter à un substantif à un cas différent, quand ce substantif est en fait le sujet logique de la phrase, Winer. Le verbe à la forme impers onnelle en tête de la phrase, ἔδοξε, est équivalent à un verbe au mode personnel dont le substantif au datif serait le sujet, Krücer. IL y a aussi dans ce passage confusion d'idées, et le participe est au nominatif comme si un verbe personnel et non un impersonnel, ἔδοξε, avait été employé. γράψαντες διὰ χειρὸς αὐτῶν : La lettre semblerait avoir été écrite par les envoyés, ce qu’il serait inutile de mentionner. Il est plus exact de traduire, par l'entremise de ceux-ci; par la maïn de quelqu'un est un
ACTES DES APOTRES, XV, 22-93. : Pa
hébraïsme pour, par quelqu'un, cf. Lév x, 11; Mal., 1, 1. D'après Loisy « en écrivant 74
par leurs mains » signifierait, les chargeant d’une lettre dont la teneur suit. D C Gig. Sah. Harkl. (mg.) ont : γράψαντες ἐπιστολῆν διὰ χειρὸς αὐτῶν περιέχουσαν τάδε; une lettre con-
tenant ces choses. ; :
οἱ ἀπόστολοι καὶ οἱ πρεσθύτεροι ἀδελφοί, leçon de Ν᾿ BACD 18 61 Arm. Irén. : ἀδελφοί serait en apposition avec οἱ ἀποστόλοι xa οἱ πρεσδύτεροι et aurait pour réplique : ἀδελφοῖς τοῖς ἐξ᾽ ἐθνῶν, : Les apôtres et les presbytres, frères, aux frères d’entre les gentils. — Par contre, le sens est changé par l'addition de χαὶ οἱ entre πρεσδύτεροι et ἀδελφοί, leçon de N° EHLP Pesch. Harkl. Eth. Chrys. καὶ οἱ ἀδελφοί indiquerait que la lettre est envoyée non seulement par les apôtres et les presbytres, mais par les frères aussi; donc, toute la communauté aurait pris part à la décision doctrinale. Origène et la Sahidique ont omis ἀδελφοί, Schwartz ἃ suggéré la suppression de « les apôtres et les presbytres » eta lu : les frères aux frères d’entre les gentils. — χατὰ τὴν Ἀντιόχειαν καὶ Συρίαν χαὶ ἸΚιλιχίαν : à travers Antioche, la Syrie et la Cilicie; κατά a un sens distributif. τὴν ᾿Αντιόχειαν : l’article placé seulement devant ᾿Αντιόχειαν indique que les trois régions n’en formaient qu'une seule, où étaient répandus les gentils auxquels s’adressait la lettre. ἀδελφοῖς τοῖς ἐξ’ ἐθνῶν : la lettre est envoyée aux frères d’entre les gentils qui sont à Antioche, en Syrie et en Cilicie; ce sont les gentils qui ont été admis sans être circoncis dans l’église chrétienne par Paul, cf. Gal. τ, 21, et par Barnabé. Pourquoi la souscription de cette lettre ne nomme-t-elle pas les régions de l'Asie mineure, la Pamphylie, la Pisidie, la Lycaonie, évangélisées dans le même voyage de mission de Paul et de Barnabé. Probablement, parce que la dissension entre chrétiens judaïsants et pagano-chrétiens, s'était produite seulement dans les régions visées et parce que les judaïsants n'avaient pas encore répandu leur erreur dans les églises d'Asie mineure. La preuve que la
λ62 ACTES DES APOTRES, XV, 23-26.
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μένους ἄνδρας πέμψαι πρὸς ὑμᾶς σὺν τοῖς ἀγαπητοῖς ἡμῶν Bapvaba χαὶ Παύλῳ,
26. ἀνθρώποις παραδεδωχόσι τὰς ψυχὰς αὐτῶν ὑπὲρ τοῦ ὀνόματος τοῦ Kupiou ἡμῶν
lettre avait une portée plus générale que ne le suppose la suscription, c'est que Paul, dans son second voyage de mission, communiqua les prescriptions des apôtres et des presbytres de Jérusalem aux églises qu'il visita, xvi, 4. Cetie lettre s’adressait donc à tous les gentils, ainsi que le dit Jacques à Paul, χχι, 25. χαίρειν : à l’infinitif au lieu de l'impératif, λέγουσιν est sous-entendu ; formule grecque de salutation ; ici seulement dans les Actes et xx, 26 et Jacques, 1, 1. On en a conclu que ce dernier était l’auteur de la lettre; elle est écrite en très bon grec, mais l’épître de Jacques présente le même caractère. Cependant, les formules de la lettre sembleraient plutôt lucaniennes : elle débute ÿ 24, comme le IIIe évangile, par ἐπειδή ἐπειδήπερ, dans l'introduction et indique ensuite l’objet dont il est question dans l’évangile et dans les Actes par le même terme, ἔδοξεν ; mais là se bornent les ressemblances entre les deux écrits. Nous relevons dans les Actes des mots que Luc n’a jamais employés : βάρος, τὸ ἐπάναγχες, διὰ λόγον, ἀπαγγέλλειν, εὖ πράττειν, ἀγαπητός, ἔῤῥωσθε. Il n’y ἃ donc pas lieu de croire que Luc est l’auteur de cette lettre. 5
Ÿ 24) τινὲς ἐξ ἡμῶν, leçon de ν΄ Β Arm. Eth. Ath. Chrys. : Quelques-uns des nôtres, mais qui n'avaient pas reçu de mandat. — τινὲς ἐξ ἡμῶν ἐξελθόντες, leçon de R'ACDEP Vig. Pesch. Harkl. Sah. Boh. Eth. Irén. Dans cette leçon, bien appuyée au point de vue textuel, ἐξελθόντες détermine τινες, en faisant ressortir que ceux-ci, les judaïsants, venaient d'avec nous [de la part des apôtres] mais cela est contredit par ceux-ci au ÿ 24, οἷς où διεστειλάμεθα. — ἐξελθόντες, ἐτάραξαν, ces deux aoristes indiquent la concordance de l’action. ἐτάραξαν ὑμᾶς λόγοις : Paul emploie ce même terme pour désigner les judaïsants, cf. Gal. 1, 10; ὃ δὲ ταράσσων bus; 1, 17 : οἵ ταράσσοντες ὑμᾶς. — λόγοις, par des paroles, qui ne sont que des mots et qui n’expriment pas la vraie doctrine; il est difficile de savoir si λόγοις se rapporte à ἐτάραξαν ou à ce qui le suit : ἀνασχευάζοντες τὰς ψυχὰς ὑμῶν — ἀνασχευάζοντες, mot inconnu aux Septante et ici seulement dans le N. T.; dans le grec classique, il signifie enlever des bagages, puis détruire, renverser, réfuter un argument; il a ici le sens de renverser, mettre sens dessus dessous : on a troublé leurs âmes à fond. « Vos âmes, dit saint Chrysostome, Æom. xxx, 3, pareilles à un édifice, étaient solidement assises, et ils les ont bouleversées en voulant les façonner à leur guise, eux à qui nous n’avions donné aucun ordre, » ἀνασχευάζοντες, au participe présent quoique indiquant une même action que l’aoriste ἐτάραξαν. — οἷς οὐ διεστειλάμεθα, aoriste moyen de διαστέλλω, séparer en deux, donner des ordres précis; les apôtres affirment nettement qu'ils n'ont donné aucun ordre aux judaïsants au sujet de leur enseignement sur les observances légales. Ils désavouent « quelques-uns qui sont venus de Judée à Antioche dire aux frères qu’ils devaient se faire circoncire pour être sauvés » ÿ 1. Avant οἷς οὗ διεστειλάμεθα, les mm. CEHLP Gig. Irén. ont rappelé quel était l'enseignement des judaïsants : λέγόντες περιτέμνεσθαι χαὶ τηρεῖν τὸν νόμον. 1] semblait nécessaire d'introduire dans la lettre la question qui était en discussion, mais ce passage paraît être une répétition du ÿ 5, et n'être pas nécessaire, car la question était connue de tous : cette explication est omise par N Β D 13 61 Vlg. Sah. Boh. Eth. Orig. Const. Apost. Ath.
ÿ 25) ἔδοξεν ἡμῖν γενομένοις ὁμοθυμαδόν : mot particulier à Luc qui l’emploie dix fois dans les Actes; il est une fois seulement dans Paul et jamais dans les autres écrits
Antioche, en Syrie et en Cilicie, salut. 24. Puisque nous avons appris. que quelques-uns d’entre nous vous ont bouleversés par leurs paroles et ont ébranlé vos âmes, [gens] auxquels nous n'avions donné aucun ordre, 95, il nous ἃ paru bon, étant d’un commun accord, de choisir des hommes et de les envoyer vers vous avec nos bien-aimés Barnabé et Paul, hommes qui ont
du N.T. Cf. 1, 14; il ne signifie pas seulement ensemble maïs d’un commun accord. Ici seulement il est employé avec γενομένοις, étant devenus, ou étant. On peut donc croire que les apôtres affirment simplement qu'ils sont tous d'accord sur les décisions prises, qu’ils n’ont qu'un même cœur, Juifs convertis et païens convertis; ou bien, en tenant compte du sens premier et précis de γενομένοις, étant devenus, qu'il a paru bon à nous étant devenus d’un même cœur, d’un commun accord, ce qui ferait allusion aux discussions dont il ἃ été parlé, Υ 6, 7, provoquées par les Pharisiens qui voulaient imposer l’observance de la Loi mosaïque aux gentils convertis. Les apôtres affirment donc ici que toutes les discussions ont cessé et que l’Église tout entière est tombée d'accord; les deux partis sont satisfaits par la transaction qu'a proposée Jacques. Les gentils ne sont pas astreints aux observances légales, mais pour faciliter leurs rapports avec les Juifs convertis ils s’abstiendront des actes qui étaient le plus en horreur à ceux-ci.
ἐχλεξαμένους : même formule grammaticale que ÿ 22. L'église de Jérusalem rend hommage à Barnabé et à Paul. — ἀγαπητοῖς : mot fréquemment employé, en tout
61 fois dans le N. T., et se trouve dans tous les écrits de celui-ci, sauf dans le
IVe évangile et l’Apocalypse et dans la seconde épître aux Thessaloniciens et l’épître à Tite. Paul aimait ce mot affectueux dont il qualifiait volontiers ses lecteurs; il l’a répété 26 fois dans ses épîtres. Dans les Actes, il est ici seulement. La religion de Jésus-Christ est une religion d'amour, ἀγάπη; les chrétiens méritent donc ce titre ἀ᾽ ἀγαπητοί, les aimés. — βαρνάδᾳ χαὶ Παύλῳ, ici, comme Υ 12, Barnabé est nommé avant Paul; la situation étant la même que précédemment, Barnabé est placé le premier pour les mêmes raisons.
Υ 26) παραδεδωχόσι : participe parfait de παραδίδωμι, livrer : terme général, 14 fois dans les Actes, précisé par le contexte, Il signifie ici livrer, exposer leur vie à des périls de mort. L'Église chrétienne fait allusion aux dangers qu'ont couru Barnabé et Paul à Antioche, à Iconium et à Lystres, en préchant le nom de Jésus- Christ; cf. 1x, 14; χπὶ, 50; χιν, 13. Le participe parfait indique la continuité de l’action des deux missionnaires. — ὑπὲρ τοῦ ὀνόματος τοῦ Κυρίου quüv Ἰησοῦ Χριστοῦ : ὑπέρ, audessus, par-dessus signifie ici : pour la défense de, ou : à cause de : Barnabé et Paul ont exposé leurs vies pour défendre le nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ, puisqu'ils prêchaient ce nom.
Zeller, die Apostelgeschichte, p. 266, 267, trouve peu approprié cet éloge de Barnabé et de Paul dans une lettre adressée à l’église d’Antioche. Celle-ci devait mieux connaître les actions des missionnaires pour la défense du nom de Jésus-Christ que l'église de Jérusalem. — Maïs n'était-il pas nécessaire que l'église mère déclarât en face de tous et des judaïsants de Jérusalem et d’Antioche la haute valeur du dévouement de Barnabé et de Paul et que par cette attestation elle affirmât qu’elle était en plein accord avec eux. Elle répondait ainsi aux attaques contre l'enseignement des missionnaires et approuvait leur évangélisation des gentils. Ce témoignage répond à celui dont parle Paul dans l’épître aux Galates, 11, 9. ;
A la fin du ÿ, DE 614 Harkl. (mg) ont ajouté εἴς πάντα πειρασμόν ; in omni temptationi,
dci ÆEcchi:ur, 1.
PA
on Le | ACTES DES APOTRES, XV, 26-29,
è Ὁ » “7 * 4 tre Ἰησοῦ Χριστοῦ, 27. ἀπεστάλχαμεν οὖν ᾿Ιούδαν καὶ Σίλαν, xai αὐτοὺς διὰ λόγου ἀπαγγέλλοντας τὰ αὐτά. 28. ἔδοξεν γὰρ τῷ [Πνεύματι τῷ ἁγίῳ καὶ ἡμῖν, μηδὲν πλέον ἐπιτίθεσθαι ὑμῖν βάρος πλὴν τούτων, τῶν ἐπάναγχες᾽ 29. nr. εἰδωλο- \ ὶ
τῷ à t 1h θύτων χαὶ αἵματος καὶ πνιχτῶν HAL πόρνείας; ἐξ ὧν διατηροῦντες ἑαυτοὺς εὖ πράξετε,
Υ 27) ἀπεστάλχαμεν οὖν ᾿Ιούδαν χαὶ Σίλαν : οὖν, donc, ainsi qu'il est résolu, ÿ 25, nous vous avons envoyé Judas οἱ Silas. καὶ αὐτούς; expression familière ἃ Luc, et ceux, ou eux aussi, représentant l’église de Jérusalem, confirmeront le contenu de cette
. lettre, διὰ λόγον, par la parole ou de vive voix : fieri solebat, ut ei qui épistulas portarent de eis quae inerant et ipsi edocerentur, Euririnr, I T. 760, Brass. ἀπαγγέλλοντας, part. présent de ἀπαγγέλλω, pour le futur, après le parfait; cf. Taucynine, vi, 26, 9. Le participe présent est employé parce que chez les Grecs, dans une lettre, les temps étaient adaptés à la date de la remise de la lettre et non à la date de la composition : apporter une réponse, rapporter de mémoire, d'où expliquer; au participe présent
pour indiquer la continuité de ces explications. — τὰ αὐτά : les mêmes choses que
ce que contient la Jettre, à savoir qu’ils n’ont pas à s'inquiéter des enseignements des distants, ÿ 5, et de s’en tenir aux prescriptions du décret apostolique. Les destina- taires auront donc sur toute la question en discussion un témoignage écrit et un
témoignage oral.
« Il ne convenait pas, dit saint ie à que la lettre arrivât seule entre leurs mains; on eût pu croire qu’elle avait été arrachée, de façon à ce que certaines choses
y eussent été mises pour d’autres. Aussi bien, l'éloge de Paul et de ses compagnons
fermait la bouche à tout opposant. Ni Paul ni Barnabé ne furent envoyés seuls; 6n
leur adjoignit d’autres fidèles, de peur que leur opinion bien connue ne fit suspecter
leur mission; ni les fidèles de Jérusalem non plus n'y vinrent seuls, » Æom. xxx, 8.
Ÿ 28) γάρ ne relie pas ce qui suit à ce qui précède, mais est simplement une particule de liaison pour éviter l’asyndète. Il est possible cependant que ce γάρ spécifie la partie de la lettre qui est visée par τὰ αὐτά. ἔδοξεν γὰρ Πνεύματι τῷ ἁγίῳ καὶ ἡμῖν : il a paru bon,
non pas « à nous par le Saint-Esprit », ni « au Saint-Esprit en nous », mais « au Saint-Esprit et à nous », ses agents : causa principalis, causa ministralis, Hooker. « Pourquoi est-il dit : « Il a paru bon au Saïnt-Esprit et à nous? » Ne suffisait-il pas de mentionner l'Esprit-Saint? — Comme on y eût pu voir quelque chose d'humain, ils disent : « À l’Esprit-Saint »; ils ajoutent : « et à nous », pour montrer qu'ils ne doivent pas être estimés sans autorité, bien qu'ils appartiennent à la circoncision » Curvsosrome. Æom, xxxr1, Les apôtres ont conscience d’avoir adopté ces prescriptions, sous la direction de l'Esprit-Saint et ils réclament pour celles-ci la valeur de déci-
- sions infaillibles.
Cette formule : Πνεύματι ἁγίῳ καὶ ἡμῖν est l’origine de la formule placée en tête des décisions conciliaires : Sancto Spiritu suggerente nobis.
ἔδοξεν, avec l’infinitif ne se trouve nulle part ailleurs dans le N. T., sauf dans Luc; cette formule est classique et elle ἃ été employée aussi par les rabbins; cf. la lettre envoyée par Rabban Gamaliel à ses collègues de la Diaspora : « ἢ ἃ semblé bon à nous et à nos collègues », DaLman, Aramäische Dialektproben, p. 3. --- μηδὲν πλέον
ἐπιτέθεσθαι butv βάρος πλὴν τούτων τῶν ἐπάναγκες, de ne vous imposer nul autre poids sinon ces choses nécessaires; après τούτων, est sous-entendu ὄντων. ἐπιτίθεσθαι est une apposition de πλέον, ἐπάναγχες est le neutre de ἐπάναγχης, inusité; ce mot classique est indéclinable, mais employé comme substantif, il n'est pas classique; précédé de l’article τῶν, il est adjectif, et est ici seulement dans le N. T. Ces choses, du moins les trois
ACTES DES APOTRES, Xv, 26-29, = | 465
exposé leurs vies pour le nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Nous vous
avons donc envoyé Judas et Silas, qui vous exposeront les mêmes choses de
vive voix. 28. Car il ἃ paru bon à l’Esprit-Saint et à nous de ne vousimposer
aucun autre fardeau à l'exception de ces choses qui sont nécessaires : 29, [à savoir] de vous abstenir des idolothytes, du sang, des étouffés et de
la fornication. En vous en défendant, vous ferez bien. Portez-vous bien.
premières, ne sont pas nécessaires au salut, mais celles-ci le sont pour faciliter les rapports entre Judéo-chrétiens et Pagano-chrétiens.
Ÿ 29) ἀπέχεσθαι : la préposition est omise après ce verbe, comme au ÿ 20, d’après l'usage classique — εἰδωλοθύτων : l’ordre des interdictions n’est pas le même ici que dans la motion de Jacques, ἡ 20, ni les termes non plus; mais le sens des défenses
n’est pas changé: Au lieu de τῶν ἀλισγημάτων τῶν εἰδώλων, les souillures des idoles,
nous avons εἰδωλοθύτων, viandes sacrifiées aux idoles; l’étymologiquement : εἰδώλῳ θύω, j'immole à une idole; vient ensuite καὶ αἵματος, puis πνιχτῶν, au pluriel, au lieu du singulier; enfin πυρνείας. — IL est vrai que Boh. Clém. d’AI. Or. ont πνιχτῶν; mais NA°CHLP Vlg. Pesch. Harkl. Arm. Eth. Const. ἂρ. Chrys. ont πνιχτοῦ, N° A°BC 61 614) Sah. D. Irén. Tert. Cypr. Amb. Pac. Aug. ont omis πνιχτῶν qui, dans leur manière de présenter le décret, faisaient double emploi avec αἵματος. — La Didas-
calie syrienne, 24, présente ainsi le texte : ἀπέχεσθαι τῶν ἐπάναγχες τῶν εἰδωλοθύτων χαὶ
τοῦ αἵματος τοῦ πνιχτοῦ καὶ. τῆς πορνείας. Ce texte de l'édition Lagarde de la Didascalie syrienne paraît à Preuschen la forme primitive du décret. Resterait à savoir si καὶ τῆς πορνείας n’est pas une addition tardive. Après πορνείας, les. mêmes autorités que précédemment ÿ 20, ajoutent la même règle morale.
ἐξ ὧν διατηροῦντες : formule hellénistique; dans Luc seulement, n1, 51. Dans Jacques,
‘4, 27, nous avons une proposition analogue : ἄσπιλον ἑαυτὸν τηρεῖν ἀπὸ τοῦ χόσμου. ἐξ est mis ici pour ἀπό — ἑαυτούς : La troisième personne du pluriel du pronom réfléchi est toujours employée dans le N. T., comme chez Polybe, pour la première ou la deuxième personne — εὖ πράξετε, intransitif, ici seulement : vous ferez bien ou vous vous en trouverez bien. — Après πράξετε, D Irén. Tert. ajoutent φερόμενοι ἐν τῷ ἁγίῳ Πνεύματι, vectante vos Spiritu Sancto, TERTULLIEN. — ἔρρωσθε, impératif parfait passif de ρώννυμι; étymologiquement, soyez forts; c'est l'équivalent du latin valete. 1] n’est pas sûr, dit Loisy, que Luc ait employé ce vulgaire ἔρρωσθε. — χαίρειν, εὖ πράξετε, ἔρρωσθε, sont des formules usitées dans les lettres grecques; on en trouve de nombreux exemples dans les papyrus; οἵ. Wirkowski, Ep. pris.?, Paul ne les emploie pas.
Sed multi fidem universam hujus decreti impugnarunt, innixi maxime Pauli verbis, Gal, 1 6 sqq, At nusquam commemorat P. illud decretum. Cur vero commemoraret ? Num auctoritate egebat apostolorum ad praecepta sua injungenda, cum semper praedicet se illis non minorem esse? Itaque nihil est cur de Lucae fide dubitemus, BLass. Cf. Excursus, Le décret apostolique.
Il n’est pas parlé de Pierre dans les Actes après la conférence de Jérusalem; il est encore mentionné dans la première épître aux Corinthiens, 1, 18; 11, 22; 1x, 5; xv, 5 et dans l’épître aux Galates., 1, 18; 11, 9, 11, 1%, sous le nom Céphas, puis dans l'adresse de la première et de la deuxième épître de Pierre sous le nom de Πέτρος.
D'après Eusèbe, Chronicon, xix, Col. 539, et saint Jérôme, Pierre ἃ été évêque d’Antioche : Simon Petrus... princeps apostolorum... post episcopatum Antiochensis Ecclesiae.. Roman pergit, de Vüiris ill. I.
La tradition rapporte aussi que Pierre est venu à Rome, mais à quelle date y est-il venu et combien de temps a duré le séjour de l’apôtre à Rome? nous ne pouvons le
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466 τ ACTES DES APOTRES, XV, 30-33.
30. Οἱ μὲν οὖν ἀπολοθέντες χατῆλθον εἰς ᾿Αντιόχειαν, nat συναγαγόντες τὸ πλῆθος ᾿ξπέδωχαν τὴν ἐπιστολήν. 91. ἀναγνόντες δὲ ἐχάρησαν ἐπὶ τῇ παραχλήσει. 82. ᾿Ιούδας τε χαὶ Σίλας, χαὶ αὐτοὶ προφῆται ὄντες, διὰ λόγου πολλοῦ "ΕΠ εἐχάλεσαν τοὺς ἀδελφοὺς χαὶ ἐπεστήριξαν. 83. ποιήσαντες δὲ χρόνον ἀπελύθησαν mer’ εἰρήνης ἀπὸ τῶν ἀδελφῶν
dire avec certitude. Il paraît ressortir de témoignages certains que ce voyage eut lieu
Ἢ en l’an 42-44, lors de l'arrestation de Pierre parl'ordre d'Hérode et après sa délivrance
par un ange : χαὶ ἐξελθὼν ἐπορεύθη εἰς ἕτερον τόπον, Act. χι!, 17. On peut conjecturer que ce texte se rapporte au départ de Pierre pour Rome, où il serait resté vingt-cinq ans, d’après saint Jérôme, de Viris ill. τ, cf. le commentaire, χα, 17.
ΤΙ ne ressort pas cependant de ce fait que Pierre restât constamment à Rome, puis- qu'on le trouve à Jérusalem, lors de la conférence apostolique, vers l'an 49, xv, 45, et un peu plus tard à Antioche, Gal. n1, 21.
On a supposé d’après l’adresse, placée en tête de la première épître de Pierre, que celui-ci aurait évangélisé le Pont, la Galatie, la es l'Asie et la Bythinie; maïs Île fait n'est pas certain.
Duchesne, Histoire ancienne de l'Église, 1906, I, p. 6%, affirme que Pierre aurait été martyrisé en l'an 64, mais il ajoute qu'Eusèbe donne l’an 67 ou 68 pour la date de son martyre. Cette dernière date est adoptée par saint Jérôme et par la plupart des historiens catholiques contemporains : Pierre fut enseveli près du lieu de son sup- plice, sur la colline Vaticane; cf. Eusèse, Mist. eccl. IT, 25; JérÔME, de viris, 1; Liber … Pontificalis, cf. Ducmeswe, p. 52, 53, etc. ὃ
Pour la. citation des dimoisnaues et la discussion de ces diverses questions, cf. :
Fizuion, Pierre dans le Dictionnaire de la Bible de Vicouroux, t. V, col. 370 55.; SU Case, Peter, Hasrines, Dict. of the apostolice Church., 11, p. 195 ss.