‹ Les Actes des ApôtresChapitre 261 sur 358 · XV, 36-41 : SÉPARATION DE PAUL ET DE BARNABÉ · texte numérisé non relu

XV, 36-41 : SÉPARATION DE PAUL ET DE BARNABÉ

Υ 36) Μετὰ δέ τινας ἡμέρας : ΙΧ, 19; xvi, 12; Χχιν, 24 : après certains jours, espace de temps indéterminé, mais assez court; s’il avait été long, Luc aurait employé ἱκανός. εἶπεν πρὸς Βαρνάδαν Παῦλος : l'initiative de ce second voyage de mission vient de Paul et non de l’église d'Antioche comme précédemment, ΧΙ, 2 5. — ἐπιστρέψαντες ; aoriste participe de ἐπιστρέφω, tourner, faire retourner; intransitivement revenir sur ses pas. Ce verbe a été employé en des sens très divers dans le N. T., transitivement et intransitivement; cf. Grimm. — δή : cf. xut, 2, dès maintenant — ἐπισχεψώμεθα τοὺς ἀδελφούς : Cf. vi, 3, — χατὰ πόλιν πᾶσαν ἐν αἷς : construction ad sensum; πᾶσα πόλις implique une pluralité, πᾶσαι πόλεις. κατά a ici le sens distributif : de ville en ville. Homme de sens pratique, Paul savait que de nouveaux convertis avaient besoin d'être fortifiés dans la foi, d'être tenus dans la bonne voie. La parole de Dieu avait opéré en eux des fruits de salut, mais elle nétait pas restée toujours vivante; il fallait la revivifier. Paul voulait s'assurer de l'état des esprits des jeunes communautés, se rendre compte des choses, savoir, πῶς ἔχουσιν, comment ses nouveaux convertis vont, c'est-àdire quel est leur état spirituel depuis leur conversion; πῶς ἔχουσιν, formule classique; cf. xv, 36; avant πῶς ἔχουσιν, Pesch. et Harkl. placent xat ἴδωμεν. Paul avait le souci de l'état des âmes ; il s'intéressait aux églises qu’il avait fondées, II Cor., χι, 28; Rom., 1, 9; Eph., 1, 16; Philip., 1, 3.

+ 54 ; κα « ? 1 Κυρίου, πῶς ἔχουσιν. 37. Bapvdéas δὲ ἐόουλετο συνπαραλαθεῖν χαὶ τὸν Todvnv = \ \ » € = LEA τὸν χαλούμενον Μάρχον᾽ 88. Παῦλος δὲ ἠξίου, τὸν ἀποστάντα ἀπ᾿ αὑτῶν ἀπὸ Ilapquλίας καὶ μιὴ συνελθόντα αὐτοῖς εἰς τὸ ἔργον, μὴ συνπαραλαμιδάνειν τοῦτον. 39. ἐγένετο

x € ἊΣ ᾽ Ν à J = δὲ παροξυσμός, ὥστε ἀποχωρισθῆναι αὐτοὺς ἀπ᾿ ἀλλήλων, τόν τε Bapvdéay παραλα-

ÿ 37) Au commencement du ὃ, l'Harkléenne (mg) ἃ : placuit autem cogitatio Barnabae. — Βαρνάδας δὲ ἐθδούλετο : ἐδουλεύετο, D Gig. ἐδουλεύσατο, HLP; ces deux verbes, θούλομαι et δουλεύω sont confondus, même chez les écrivains classiques, DémosrHÈne, 8, 12; 13, 38. συνπαραλαθεῖν χαὶ Ἰωάνην τὸν καλούμενον M&oxoy : Barnabé voulait que Jean- Marc, qui était venu de Jérusalem avec lui ou plus probablement avec Pierre, fut emmené aussi, χαὶ συνπαραλαθεῖν, avec eux. Il était son cousin, ἀνεψιός, Col., 1v, 10, et avait probablement rendu de grands services lors de l’évangélisation de l’île de Chypre. συνπαραλαθεῖν, inf, aor. 2 en contraste avec συνπαραλαμθανεῖν, Υ 38, inf. présent.

Ÿ 38) Παῦλος δὲ ἠξίου : δέ adversatif; ἠξίου, imparfait de ἀξιόω,. évaluer, juger digne, penser, regarder comme vrai, regarder comme un droit. Le codex de Bèze au lieu de

ἠξίου ἃ οὐχ ἐδούλετο λέγων, ce qui est une réplique du ÿ précédent et une explication du

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terme peu clair, ἠξίου, La Vlg. traduit par rogabat eum ce qui est une interprétation ; la phrase est assez embrouillée. Le texte latin de D est singulier : Paulus autem nolebat

dicens hiis qui discesserunt ab eis a Pamphylia et nec simul venerunt ad opus in

quo missi erant, hunc non adsumerent secum. Comprendra qui pourra. Paul jugea que celui qui s'était séparé d'eux en Pamphylie, x, 13, et qui d’ailleurs

ne les avait pas accompagnés dans l’œuvre des communautés qu'ils allaient visiter, ne

devait pas être emmené avec eux. Cette seconde raison était en effet péremptoire, quoique Paul ait emmené plus tard avec lui dans cette visite Silas, qui n'avait pas

pris part à l’œuvre d’évangélisation de ces communautés. D’ailleurs, Paul pouvait

penser qu'il n’y avait pas lieu d'emmener Marc dans des lieux, où tout d'abord il n'avait pas voulu les suivre. Il estimait que Marc n'avait pas la force de santé et la constance d'âme d'un missionnaire du christianisme : « Ipse enim cum esset vir tenax propositi et fortissimae in rebus exsequendis constantiae minime tolerare potuit speciem inconstantiae et infirmitatis. KNABENBAUER. ἀποστάντα ἀπ᾽ αὐτῶν : participe aoriste moyen de ἀφίσταμαι, se séparer, s'éloigner, se révolter, apostasier : terme plus expressif que ἀποχωρῶ, xix, 13; il implique déloyauté et désertion. ἀπὸ Παμφυλίας, depuis la Pamphylie; à partir de la Pamphylie. Paul cependant n’accuse pas Marc d’avoir apostasié, renié la foi de Jésus-Christ, mais de s'être séparé d'eux, partant en voyage d’évangélisation — μη συνπαραλαμόανεῖν, prendre ensemble; infinitif présent, cum qualitas actionis spectetur, minime éventus, BLass : τοῦτον renvoyé à la fin de la phrase pour fortifier l’idée et attirer l'attention du lecteur sur la personne; n'y a-t-il pas là un peu de mépris pour Marc de la part de Paul?

Ÿ 39) Paul et Barnabé, qui tous les deux avaient de bonnes raisons pour étayer leur opinion, restèrent irréductibles : παροξυσμός, Deut. xxix, 28; Jér., xxxut, 37 : irritation, exaspération; en terme de médecine, paroxysme : le plus haut point atteint par la fièvre. Luc a peut-être employé ce terme au sens technique. Il voudrait dire que la différence de sentiment entre les deux apôtres était arrivée à un point si aigu, que les apôtres se séparèrent. Cette irritation dut provenir d’une vive discussion entre les deux apôtres; Barnabé, d'esprit doux et conciliant, atténuait la faute de Marc et voulait lui donner l’occasion de la réparer en l’'éemmenant avec eux. Paul, plus ferme et plus sévère, tenait Marc comme incapable de supporter les fatigues du ministère évangélique et il craignait qu'une nouvelle désertion ou un travail faible ne nuisît

la parole du Seigneur [pour savoir] comment ils vont. 37. Mais Barnahé voulait emmener aussi [avec eux] Jean, appelé Marc, 38 mais Paul jugeait

plus convenable de ne pas emmener avec eux celui qui les avait quittés

depuis la Pamphylie et qui ne les avait pas accompagnés pour l’œuvre. 39. 11 y eut [entre eux] de l’irritation, en sorte qu'ils se séparèrent l’un de

à leur œuvre apostolique. Paulus severior, Barnabas clementior : uterque in suo sensu abundat. Et tamen dissensio habet aliquid humanae fragilitatis, JÉRÔME. Παροξυσμὸς, φησὶν, ἐγένετο, οὐχ ἔχθρα οὐδὲ prlovetxia, τοσοῦτον ἴσχυσεν ὃ παροξυσμός, ὥστε χωρίσαι" χαὶ εἰκότως. ὅπερ γὰρ ἔχαστος ὑπέλαδεν εἶναι λυσιτελὲς, τοῦτο μετὰ ταῦτα οὐ προσήχατο διὰ τὴν πρὸς ἐχεῖνον κοινωνίαν, Carys. Hom. χχχιν. Cf. Ammonius, dans CramER, Catena in Acta apostolorum,

Ῥ. 259 5. — ὥστε ἀποχωρισθῆναι est mis pour ἀποχωρίσθησαν : l'infinitif aoriste remplace

l'indicatif aoriste au mode réel, Vireau.

Les apôtres se séparèrent, et probablement en bonne harmonie, puisqu'ils se divi-

sèrent le champ de mission qu'ils devaient visiter ensemble; Barnabé retourna en Chypre et Paul alla en Lycaonie et en Pisidie. Cette solution mettait fin à une situation fausse. Barnabé avait été tout d’abord le chef de la mission; puis l’action de Paul étant devenue prépondérante il avait été relegué au second plan. Par leur séparation Paul et Barnabé retrouvaient une plus grande liberté. Doit-on supposer avec Kna-

benbauer et Loisy que Paul s'était détaché de Barnabé à cause de la conduite de

celui-ci, lors de l'incident d’Antioche et ne le regardait plus comme un assez ferme soutien de la liberté chrétienne vis-à-vis des observances légales? nous n'osons pas le dire, le texte n’y faisant aucune allusion.

Quoi qu'il en soit des causes de cette séparation, Paul continue à tenir Barnabé en haute estime: il en parle dans ses épîtres et avec respect, affection, I Cor., 1x, 6; Gal. 1, 9. En cette occasion, Paul expose ses griefs et soutient Les droits de ce qu’il

estime la vérité. Bien que son humilité le portât à traiter avec déférence Barnabé,

qui avait partagé si souvent ses travaux, il ne le respectait pas au point de sacrifier pour lui être agréable, ce qu’il croyait un devoir. Carysosrome, Hom. xxxiv, 1.

Les préventions de Paul contre Marc disparurent par suite de la conduite subsé-

quente de celui-ci. Marc était avec lui à Rome lorsque Paul écrivit son épître aux Colossiens, 1v, 10 : il leur recommande de l’accueillir, s’il va chez eux! Il envoie les salutations de celui-ci à Philémon, 24, et enfin il lui rend un beau témoignage, lorsque s'adressant à Timothée, il lui dit en parlant de Marc : ἔστιν γάρ μοι εὔχρηστος εἰς διαχονίαν.

Barnabé ayant donc pris Marc avec lui s’embarqua pour l'ile de Chypre. Il avait dû choisir ce terrain de mission parce qu'il le connaissait mieux, étant Chypriote. À partir de ce moment nous perdons Barnabé de vue. Luc ne nous en parle plus, probablement parce que l’action missionnaire de celui-ci ne contribue plus à l'extension de l'Église chrétienne. D Gig- ont : τότε βαρνάδας παραλαθῶν τὸν Μάρκον ἔπλευσαν εἰς Κύπρον.

Les Actes nous parlent ici pour la dernière fois de Barnabé et de Marc, La tradition subséquente sait peu de choses sur ces deux personnages.

La légende tardive a essayé de combler le vide que laisse l’histoire apostolique sur Barnabé. Un écrit, probablement du ve siècle, intitulé Les Actes et le Martyre de Barnabé en Chypre, et se donnant comme l'œuvre de Jean Marc, raconte la seconde mission et la mort glorieuse du saint dans cette île. Il n’est pas improbable que Barnabé soit mort avant l'an 60, et peut-être 16 faussaire appuyait-il son récit sur les traditions sérieuses qui s'étaient conservées dans l’île de Chypre, où le livre fit son apparition. D’après Alexandre, moine chypriote, Barnabé, dès sa venue de Jérusalem à Antioche, serait allé prêcher à Rome et à Alexandrie, avant de se rendre à Tarse pour s'associer Paul, qu'il avait connu et apprécié à l'école de Gamaliel. Alexandre

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472 ACTES DES APOTRES, XV, 99-41 — xvi, 1.

…Gbvra τὸν Μάρχον ἐχπλεῦσαι εἰς Ἰζύπρον. #0. Ἰ]Παῦλος δὲ ἐπιλεξάμενος Σίλαν ἐξῆλθεν.

παραδοθεὶς τῇ χάριτι τοῦ Κυρίου ὑπὸ τῶν ἀδελφῶν. 41. διήρχετο δὲ τὴν Συρίαν nai Ἰζιλιχκίαν ἐπιστηρίζων τὰς ἐχχλησίας. \

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