ΧΥΙ, 25-34 : PAUL ET SILAS DANS LA PRISON
Ÿ 25) Κατὰ δὲ τὸ μεσονύχτιον, hellénistique; au lieu de l’attique, περὶ μέσας νύχτας; acc. neutre de μεσονύχτιος, milieu de la nuit; employé souvent par les écrivains médiévaux — Παῦλος καὶ Σίλας προσευχόμενοι ὕμνουν : ὕμνουν, avec l’accusatif, τὸν Θεόν, ici seulement et Hébreux, τι, 12; cf. Ὄλπιει,, πι, 24. C'était l'usage chez les premiers chrétiens de célébrer le culte sacré pendant la nuit, χχι, 7; les apôtres ont suivi cette coutume. Ils chantaient probablement les psaumes de David, dont plusieurs répondaient à leur situation. — ὕμνουν, imparf. de buvéw, chanter, célébrer par des chants; Paul et Silas rendent grâces à Dieu, ils expriment leur joie d’avoir été jugés dignes de souffrir pour son nom, /saïe, χα, 4; Ps. xxn, 29.
Nihil crus sentit in nervo cum animus in coelo est; TERTULLIEN, ad Marti. 2 — ἐπηχροῶντο, imparf, de ἐπιχράομαι, écouter, entendre, avec le génitif de la personne.
Kennedy, The Sources of the N. T. Greek, p. 73, cite ce verbe comme un terme poétique passé dans la conversation. Il était familier à Luc, car c'était le terme de médecine employé pour l’auscultation. Les deux verbes ὕμνουν et ἐπηχρωῶντο sont à l'imparfait pour marquer la similitude de l’action au moment du tremblement de terre. Pour une scène analogue cf. Test, de Joseph vin, 5 : ὡς ἤμην ἐν τοῖς δεσμοῖς ἣ Αἰγυπτία (la femme de Putiphar) συνείχετο ἀπὸ τῆς λύπης" καὶ ἐπηχρωᾶτό μου πῶς ὕμνουν Kôprov ἐν οἴχω τοῦ σχότους.
Ces chants du cœur émeuvent les prisonniers, compagnons des apôtres; ils les écoutent. Cette scène si naturelle ne plaît pas à Baur et à Zeller qui voient dans cette réflexion une remarque de l’auteur pour rendre plus probable un récit légendaire. Wendt, p. 248, n. 1, relève plusieurs invraisemblances que présenterait le récit suivant et il en conclut qu'il n’est pas historique, mais légendaire. Il est évident que les faits ne peuvent pas être expliqués naturellement, puisque nous avons ici un miracle. C’est ce que fait ressortir Reuss, Actes des apôtres, p. 170 : « Plus d’une fois de nos jours, on a eu recours à des tremblements de terre pour expliquer d’une manière prétendue naturelle des événements présentés comme des miracles par les récits bibliques. Le morceau qu'on vient de lire semblerait écrit tout exprès pour démontrer l’absurdité de pareilles explications. Car ici il s’agit d’un véritable tremblement de terre, et pourtant les circonstances absolument miraculeuses abondent dans le récit. Si l’ébranlement est assez fort pour faire sauter les portes, et même pour briser les chaînes des captifs, comment ces derniers n'ont-ils pas les membres démis et broyés par la violence du coup? Si le geôlier a pu vouloir se tuer, parce qu'il ne voyait que les portes ouvertes et rien de plus, comment Paul voit-il, lui, le geôlier et son épée? Qu'est-ce qui porte ce geôlier à se jeter aux pieds des apôtres, comme si c'était à eux qu'il attribuait le tremblement de terre? L'événement restera donc miraculeux, malgré la cause purement physique assignée à la délivrance des prisonniers, et il rentre dans la catégorie de ceux qui représentent l'établissement premier
du christianisme comme un effet tout spécial de l'intervention directe et permanente de la Providence. »
Ÿ 26) ἄφνω, en tête de la phrase est emphatique. σεισμὸς ἐγένετο : Dieu manifeste sa présence par un tremblement de terre, comme il le fit après la prière de la commu
25, Vers le milieu de la nuit, Paul et Silas étant en prières, chantaient Dieu et les prisonniers les écoutaient. 26. Et tout d’un coup il y eut un grand tremblement de terre en sorte que les fondements de la prison furent ébranlés; au même instant toutes les portes s’ouvrirent et les liens de tous. se délièrent. 27. Le geôlier s'étant réveillé et ayant vu les portes de la
nauté chrétienne, 1v, 31. IL est donc inutile de faire remarquer que dans ces contrées les tremblements de terre étaient fréquents, cf. Forgicer, Geog. 1?, p. 640, 642. De l’ensemble du récit il résulte que tout ce qui s’est passé est miraculeux — ὥστε σαλευθῆναι τὰ θεμέλια τοῦ δεσμωτηρίου ; θεμέλια : ici seulement dans le N. T. Ze. vi, 41; xiv, 29, sont douteux : Ce terme se retrouve dans les Septante : Zsaïe, Liv, 11; ÆEz. xxx, &, etc. Cf. Ps. Lxxx1, 5, σαλευθήσονται πάντα τὰ θεμέλια τῆς γῆς. ἠνεῴχθησαν, aor. passif de ἀνοίγω, παραχρῆμα αἱ θύραι πᾶσαι, toutes les portes furent ouvertes instantanément.
Ramsay explique ainsi ces effets du tremblement de terre. Cette ouverture des portes et le brisement des liens des prisonniers paraissent incroyables à ceux qui pensent à des portes semblables à celles de nos prisons et à des prisonniers enchaînés. Mais quiconque a vu une prison turque ne s’étonnera pas de ce qui s’est passé. Les portes étaient simplement fermées par une barre que le tremblement de terre a fait sauter; les prisonniers étaient attachés au mur ou fixés dans des billots. Les chaînes et les billots furent détachés du mur qui s’écroula. Paul, the Traveller, p. 221; cf. Harwack, Lukas, p. 80. Observons seulement que ces remarques de Ramsay portent à faux; nous n'avons pas ici affaire à une prison turque maïs à une prison romaine, dont on n’a jamais relevé les négligences; les prisonniers y étaient bien gardés. 1] est difficile d’ailleurs de comprendre comment un tremblement de terre a pu arracher des billots les pieds des prisonniers. — ἀνέθη, pour ἄνειθη, aor. 2 ou aor. passif de ἄνιημι; Cf. xxvir, 40, pousser en haut, lâcher, délier; d’après Winer-Schmiedel, ce verbe n’a pas l’augment dans la langue populaire. K* D! ont ἀνελύθη.
« Als Zweck des Erdbebens ist nicht die Befreiung des Paulus und Silas gedacht, sondern ihre Beglaubigung als von Gott gesandte und geschützte Personen, die dann: auch den Glauben des Gefangenwärters hervorruft » Wenpr, Il semble plus exact, semble-t-il, de dire que l'effet premier du tremblement de terre fut la délivrance des missionnaires, mais que le but principal de celui-ci fut leur attestation d’être des personnages envoyés et protégés par Dieu, laquelle suscitait, provoquait la foi du geôlier.
Ÿ 27) ἔξυπνος, expergefactus, Vig.; exomnis, d, pour exsornis. 6 δεσμοφύλαξ, optio
- carceris, d. xat ἰδὼν ἀνεῳγμένας τὰς θύρας τῆς φυλαχῆς. Le geôlier, réveillé soudain, sort
de sa maison ou de la chambre où il dormait, et voit que les portes de la prison sont ouvertes. Mais, a-t-on dit, comment a-t-il pu voir que les portes étaient ouvertes, au milieu de ténèbres telles qu'au ÿ 19 il demande de la lumière? Il devait y avoir une lumière quelconque à l’intérieur de la prison — ἀσπασάμενος, aor. moyen de ἀσπάω; avec μάχαιραν, sans l’article : tirer son épée; Gladium quo semper erat cinctus, Brass. ἤμελλεν : verbe caractéristique de Luc; être sur le point de, se préparer à. Le geûlier, voyant les portes ouvertes, en conclut que les prisonniers se sont échappés; il préfère se tuer que subir un châtiment déshonorant. ἑαυτὸν dvupeiv, se tuer pour éviter le sort qui l’attendait. D’après la loi romaine, le geôlier qui laissait échapper un prisonnier devait subir la peine à laquelle celui-ci était condamné; sur la responsabilité des geôliers, cf. x, 17.
Le suicide était d’ailleurs fréquent à cette époque chez les Romains. Loin d’être tenu pour un crime on le regardait comme une action honorable; cf. Biscor, On the
εἰσεπήδησεν, χαὶ ἔντρομος γενόμενος προσέπεσεν τῷ Παύλῳ noi Σίλᾳ, 80. χαὶ προ-
\ 1 57 : > - x à ΄ ἀγαγὼν αὐτοὺς ἔξω ἔφη Κύριοι, tie δεῖ ποιεῖν ἵνα σωθῶ; 91, οἱ δὲ εἶπαν" {Πίστευσον
cu
Acts, p. 320. Il y en avait d’ailleurs d’illustres exemples : Caton le jeune se suicidant à Carthage; Brutus et Cassius, à Philippes même. L'histoire romaine est remplie de ces suicides retentissants. Les stoïciens tenaient le suicide pour une fin honorable de la vie.
: Baur s'étonne de l’action du geôlier et se demande pourquoi il ne s’est pas assuré tout d’abord de ce qui était arrivé. Mais 16 geôlier, à demi réveillé, sous l'influence de ces événements soudains, n'était plus maître de lui-même. On s’est demandé encore comment Paul au milieu des ténèbres ἃ pu voir que le geôlier allait se tuer.
Dn peut supposer, avec Ramsay, que le cachot intérieur n’avait pas de fenêtre ni
d'ouverture, excepté dans la prison extérieure et que celte prison avait une large porte ouverte dans ke mur opposé : : alors s’il y avaït une légère lumière des étoiles ou une lune brillante, Paul, dont les yeux étaient habitués aux ténèbres, a pu distinguer le geôlier tirant son épée, tandis que celui-ci ne put voir que les prisonfers étaient encore dans la prison obscure. Et d'ailleurs il est probable que le geûlier a dû se répandre en lamentations, criant à haute voix son dessein et que Paul l'a
entendu. Nous ne pouvons nous empêcher de trouver toutes ces chservations des rationalistes bien oiseuses — νομίζων ἐχπεφευγέναι τοὺς δεσμίους : le parfait de l'infimitif
est employé dans un récit pour marquer un événement entièrement passé par rapport au temps présent νομίζων.
Ÿ 28) ἐφώνησεν δὲ ὃ Iladlos φωνῇ μεγάλῃ : hébraïsme : l'expression est renforcée par μεγάλῃ. Paul ἃ parlé à voix haute pour se faire entendre du geôlier encore éloigné. — μηδὲν πράξης “σεαυτῷ xaxdv : me te fais point de mal. Luc emploie plus souvent πράσσω que 165 autres évangélistes. Blass faït remarquer que la distinction entre "πράσσω et-rotéw n’est pas toujours observée nettement dans le N. T.— ἅπαντες, familier à Luc, γάρ ἐσμεν ἐνθάδε. Paul aurait pu exposer au geôlier les raisons supérieures qu'il avait de ne pas se tuer, raisons que celui-ci n’auraït pas comprises; il lui donne la raison la plus opportune, celle qui devait le toucher davantage : Ne te fais aucun mal, car nous sommes tous ici. Mais comment expliquer que les autres prisonniers ne se sont pas enfuis en voyant les'portes ouvertes et étant détachés de leurs liens? Quaerentibus autem, eur non re vera captivi fugerint, facile respondetur, sine dubio id eos facturos fuisse, si «esset datum tempus et rem cognoscendi et ex terrore animos colligendi, BLass. Les Orientaux n'ont pas la présence d’esprit des hommes d’'occident et Îla même rapidité à saisir Les occasions favorables. Le tremblement de terre avait terrifié les prisonniers au point qu'ils n'eurent pas la présence d'esprit ou le temps de s'enfuir. Le geûlier ne tarda pas à se présenter.
ÿ 29) Gigas, Lucifer écrivent : quo audito, custos carceris petiit lumem — αἰτῆτας, à ses serviteurs ; φῶτα, au pluriel neutre, des flambeaux, des torches; on ne trouve pas 96 nom au pluriel avant Strabon; cf. PLrurarque, Marc Antoine, 24. Lie geôlier demande des torches afin d'examiner les lieux et les chaînes des prisonniers. ἔντρομος, effrayé, car il comprit que ce tremblement de terre était produit par une force supérieure à l'homme et fut convaincu que c'était une manifestation de la divinité en faveur des prisonniers. — εἰσεπήδησεν : aor. 2 de εἰσπηδάω, s’élancer dans. On comprend la hâte du
prison ouvertes, tira [son] épée [et] il allait se tuer, pensant que les prisonniers s'étaient enfuis. 28. Mais Paul cria d’une voix forte, disant : Ne te fais point de mal, car nous sommes tous ici. 29. ‘Ayant demandé des torches [le geôlier| s’élanca (entra précipitamment) et, devenu tremblant, il tomba
[aux pieds] de Paul et de Silas 30 et les ayant conduits dehors, il dit : Sei-
gneurs, que faut-il que je fasse pour être sauvé? 31, et ils [lui] dirent :
geôlier à s'assurer de l'état des choses. προσέπεσεν : D ajoute πρὸς τοὺς πόδας; Vie. Gig., ad pedes. Comment expliquer cette action du geôlier?
Paul et Silas avaient prêché pendant de nombreux jours à Philippes; le geôlier les a peut-être entendus, et en tout cas il a entendu parler de leur enseignement, de la nouvelle doctrine qu’ils préchaient, des miracles qu'ils opéraïent; ïl savaït que c'était à cause de leur prédication qu'ils avaient été jetés en prison. Il a probablement connu aussi les déclarations de la jeune esclave, xvi, 17. Ceci nous explique la suite de la scène. Zahn se demande sile geôlier ne se jeta pas aux pieds de Paul et de Silas pour s'assurer si les pieds des prisonniers étaient libres de ‘toute entrave. « Gewiss nicht um ïhnen als hôheren Wesen oder Boten der Gottheït zu huldigen, was Lc. deutlich ausgedrückt und nicht ohne abwehrende, Ausserung der Ap. gelassen
haben würde », p. 580, n. 4. Pourquoi exiger de Luc qu'il entre dans tous les détails
des événements? Il ἃ suffisamment indiqué l’état d'esprit du geôlier en le déclarant ἔντρομος. ἷ
᾿ Ÿ 80) καὶ προαγαγὼν αὐτοὺς ἔξω : le geûlier fit sortir Paul et Silas du cachot et les conduisit dans la cour de la prison où était une fontaine ou une piscine, comme ordinairement en Orient; mais auparavant, ainsi qu'écrivent D et Harkl. (mg.), il mit en sûreté
les autres prisonniers, τοὺς λοιποὺς ἀσφαλισάμενος, χαὶ εἶπεν αὐτοῖς; caeteros custodivit, d—
ἸΚύριοι : titre d'honneur; τί με δεῖ ποιεῖν ἵνα σωθῶ. On peut être étonné d'entendre le geôlier
demander ainsi à brûle-pourpoint ce qu’il doit faire pour être sauvé. Il faut supposer
qu'il ἃ entendu dire que les missionnaires promettaient le salut à leurs auditeurs. Peut-être fait-il allusion aux paroles de la jeune esclave, ὃ 17. Il ne connaît pas les conditions à remplir pour être sauvé, c'est-à-dire pour participer au salut que prêchent Paul et Silas; il demande à être instruit. IL veut connaître la voie du salut qu’enseignent les missionnaires. Sa conscience est éveillée par le prodige qui vient de s’accomplir et, comprenant que ces hommes sont les envoyés du Dieu tout-puissant, il leur adresse cette question qui est cellé de toutes les consciences humaines : Que doisje faire pour être sauvé?
ἡ 81) πίστευσον ἐπὶ τὸν Ἰζύριον Ἰησοῦν : “πιστεύω avec ériest très rare dans le N. T., 5 fois seulement, dont 4 fois dans les Actes; εἰς «est plutôt employé. Les apôtres refusent Île titre de Κύριος que leur donnait le geôlier et l’invitent à croire au Seigneur Jésus. — τὸν Κύριον Ἰησοῦν : leçon de αὶ B À Gig. Vlg.; la leçon Ἰησοῦν Χριστόν de DECHLP 614 Pesch. Harkl., est défectueuse : le geôlier n'aurait pas compris ce que signifie ce terme, Χριστόν, d’origine juive. Paul déclare que le salut dépend de la croyance en Jésus : Crois dans le Seigneur Jésus et tu seras sauvé. Il ajoute, toi et ta maïson, ce
qui ne signifie pas que la famille du geôlier sera sauvée par sa foi, mais que la même
voie de salut est ouverte à lui et à sa maïson. πίστευσον, à l’aoriste impératif : ce temps n'indique pas le passé, maïs le présent. οἶκος est surtout employé pour ménage, familie et οἰκία pour maison, demeure. Gette distinction est bien établie par οἶκος de ce ÿ et par oxia du ὃ suivant. Cependant ox est quelquefois employé dans le N. T. pour famille.
ms
+ 2 πὶ τὸν Κύριον ᾿Ιησοῦν, χαὶ σωθήσῃ σὺ χαὶ LA
ie τοῦ Κυρίου σὺν πᾶσιν τοῖς ἐν τῇ οἰκίᾳ αὐτοῦ. 33. χαὶ mapahañoy αὐτοὺς ἐν πΛΉΥ
᾽ - ᾿ χαὶ ἐὀαπτίσθη αὐτὸς nai οἱ αὐτοῦ ᾽ τ !
f ἰς τὸν οἶχον αὐτοῦ παρέθηχεν Tpa-
e qe
GRAVTES παραχρῆμα. JU. ἀναγαγών τε Die € πεζαν, χαὶ ἠγαλλιάσατο πανοιχεὶ πεπιστευχὼς τῷ Θεῷ.
35. Ἡμέρας δὲ γενομένης ἀπέστειλαν of στρατηγοὶ τοὺς ῥαὀδούχους λέγοντες.
Υ 32) χαὶ ἐλάλησαν αὐτῷ τὸν λόγον τοῦ Κυρίου : sur-le-champ, avant même d’être pansés de leurs blessures, les missionnaires instruisent de la parole du Seigneur le geôlier, les gardiens de la prison, les esclaves, toute la famille. Ils leur enseignent que le Seigneur Jésus a été envoyé par Dieu pour sauver l'humanité du péché, leur racontent qu'il ἃ été crucifié et qu'il est ressuscité, et qu’il a promis que tous ceux qui se repentiraient et seraient baptisés seraient sauvés et recevraient le Saint-Esprit. — La leçon σὺν πᾶσιν τοῖς ἐν τῇ οἶχιᾳ αὐτοῦ est soutenue par NABD Gig. Vilg.; celle de EHPL 614 χαὶ πᾶσιν semble être une correction explicative.
Ÿ 33) παραλαδὼν αὐτούς : 16 geôlier les ayant emmenés dans un lieu où il les laverait, ἐν ἐχείνῃ τῇ ὥρᾳ τῆς νυχτός : à cette même heure de la nuit, c’est-à-dire immédiatement, et ayant pris Paul et Silas, il les lave de leurs coups : ἔλουσεν ἀπὸ τῶν πληγῶν : Luc dit ἔλουσεν, lavage entier et non ἔνιψεν, lavage partiel, cf. M4. vi, 17; Jn. χπι, 5; Act.1x, 31. Il les lava de leurs coups, du sang qui coulait de leurs blessures ou de la poussière qui les salissait : ἔλουσεν ἀπὸ τῶν πληγῶν est une expression prégnante : il les lave et les purifie des coups qui avaient produit des plaies. — καὶ ἐδαπτίσθη : Le geôlier fut baptisé, probablement dans la même piscine où il avait lavé les plaies des missionnaires : [Ἔλουσεν αὐτοὺς χαὶ ἐλούθη᾽ éxeivous μὲν ἀπὸ τῶν πληγῶν ἔλουσεν, αὐτὸς δὲ ἀπὸ τῶν ἁμαρτιῶν ἐλούθη, CHRYSOSTOME, Ποηι. XxXXVI, 2. καὶ οἱ αὐτοῦ πάντες, et tous ceux qui lui appartenaient, non seulement sa famille proprement dite, mais aussi son entourage ; παραχρῆμα, emphatique.
Ÿ 34) ἀναγαγών τε αὐτοὺς εἰς τὸν ofxov αὐτοῦ : le geôlier les fit monter dans sa maison. ἀναγαγών, part. aor. 2 de évéyw, conduire de bas en haut, faire monter. On peut supposer que la maison du geôlier était bâtie sur la colline au-dessus de la prison, ou qu'il les fit monter de la cour intérieure où était la piscine ou le puits à un étage supérieur de la prison où se trouvait sa demeure. — παρέθηχαν τράπεζαν; l'expression est classique et se trouve dans Homère, Od. xvn, 333 et Polybe; ici elle signifie que le geôlier dressa une table sur laquelle étaient des mets : mensam apponiillis istius noctis vigilia et praecedente sanguinis effusione viribus exhaustis non ingratum fuerit, BEELEN. On remarquera que Paul n’hésita pas à partager les repas de gens incirconcis. — χαὶ ἠγαλλιάσατο, aor. moyen de ἀγαλλιάομαι, se réjouir vivement, Le. 1, 47; x, 21; Act, τι, 26. Le terme n’est pas classique. — πεπιστενχὼς τῷ Θεῷ : ayant cru en Dieu; au parfait et non à l'aoriste pour marquer que sa foi, née dans le passé, dure encore. Classique ment on Construit avec un participe attribut les verbes qui expriment un sentiment comme ἀγαπάω, χαιρῶ, ete. — Cette tournure est très rare dans le N. T. Le sens est ici : il se réjouit d’avoir cru en Dieu, gaudebat quod crediderat, BLAss. — πανοιχεί : terme rejeté par les Atticistes qui préfèrent πανοικίᾳ quoique πανοικεί se trouve dans Platon;
Crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé, toi et ta maison. 32. Et ils lui annoncèrent la parole du Seigneur, ainsi qu’à tous ceux qui étaient dans sa demeure. 33. Et les ayant pris à cette même heure de la nuit, il lava [les traces] des coups et aussitôt il fut baptisé, lui et tous les siens. 34. Les ayant fait monter dans sa maison, il [leur] servit à manger et il se réjouit en famille, ayant cru en Dieu,
35. Or, le jour étant venu, les préteurs envoyèrent les licteurs pour dire [au geôlier] : Relâche ces hommes. 36. Le geôlier annonça ces paroles à Paul : Les préteurs ont envoyé [dire] qu’on vous relâchât : maintenant
il est aussi dans Josèphe, Philon, On trouve encore ravotxi, πανοιχεσίᾳ, πανοιχησίᾳ. πανοιχεί, toute la maison, toute la famille.
La scène peut être reconstituée facilement. Les apôtres s’assirent à la table de la famille, entourés de tous les gens de la maison en symbole de communion de la foi en Dieu qu’ils avaient professée par le baptême et ils se réjouirent tous. Cette table où. ils sont assis, c’est la table du Seigneur et il est possible’ que Paul aït béni le pain et lait consacré pour unir tous les assistants dans la participation au corps du Seigneur; Cf. 1 Cor. x1, 25 ss. ᾿
XVI, 35-40 : LIBÉRATION DE PAUL ET DE SIiLas.
ÿ 35) Le jour étant venu les magistrats envoyèrent les licteurs avec ordre de relächer les prisonniers. Les magistrats municipaux avaient deux licteurs, en grec, ραδδοῦ -
χοι, qui portaient des faisceaux, lesquels ne contenaient pas de hache. On s’est demandé quelle ἃ été la raison d’être de ce revirement. On peut faire diverses conjectures. Déjà le codex de Bèze, l’'Harkl. (mg.) avaient donné cette explication : συνῆλθον οἱ στρατηγοὶ ἐπὶ τὸ αὐτὸ εἰς τὴν ἀγοράν, χαὶ ἀναμνησθέντες τὸν σεισμὸν τὸν γεγονότα ἐφοδήθησαν:; convenerunt magistrati id ipsud in foro et rememorati sunt terrae motum qui factus est timuerunt, d. Cette addition est tellement demandée par le contexte que Blass, Hilgenfeld, Belser, Zahn la tiennent pour originale. Ramsay, tout en reconnaissant qu’elle est construite sur le modèle de la langue de Luc, affirme qu’elle n’est pas dans le style de sa narration; celui-ci expose simplement les faits et ne donne pas d'explication. Il est possible que les magistrats aient été émus par le tremblement de terre qui ἃ dû leur être rapporté ou qui s’est peut-être fait sentir aussi dans la ville et qu'ils aient craint d’avoir offensé un Dieu puissant, celui que Paul prêchait. Pour éviter tout malheur futur, ils renvoient les missionnaires. Il est possible aussi que reconnaissant leur précipitation ils aient réfléchi ensuite et qu'ils n’aient pas été très rassurés sur leur action contraire à toutes les lois de la procédure romaine, et cela surtout si Paul et Silas ont vainement fait appel à leur qualité de citoyen romain. — Après ἐκέινους D ajoute oùs ἐχθὲς παρέλαδες; quos externa die suscepisti, ἃ, Addition explicative.
ÿ 36) Le geûlier rapporte aux prisonniers les paroles des magistrats. La leçon de D d, καὶ εἰσελθὼν 6 δεσμοφύλαξ, et ingressus optio carceris, et celle plus complète de la Peschitto, καὶ ἀκούσας ὃ δεσμοφύλαζ εἰσελθών supposeraient que Paul et Silas sont retournés dans la prison, ce qu’indiquerait d’ailleurs Le ἐξελθόντες, qui suit — νῦν οὖν, expression familière à Luc, ὅτι introduit le changement de style indirect en style direct. ἀπέσταλχαν alexandrinisme pour ἀπιστάλχασι — ἐξελθόντες πορεύεσθε ἐν εἰρήνη. Cet adieu est plutôt chrétien que grec ; le geôlier se souvient des paroles de Paul. D a omis ἐν εἰρήνῃ.
δ06 ACTES DES APOTRES, XVI, 36-40.
ἐξελθόντες πορεύεσθε ἐν εἰρήνῃ. 37. ὁ DE Π;αῦλος ἔφη πρὸς αὐτούς" Δείραντες ἡμᾶς
2 ἢ ΄ . Le " s + V2 δημοσίᾳ ἀκαταχρίτους, ἀνθρώπους Ῥωμαίους ὑπάρχοντας. ἔθαλαν εἰς φυλχαχήν, "καὶ ; | TE r = 5 21 » LE" ἢ " ᾽ νῦν λαῦρα ἡἧμας ἐκόαλλουσιν. οὐ γὰρ ἀλλὰ ἐλθόντες αὐτοὶ ἡμᾶς ἐξαγαγέτωσαν.
Las “ 2 4 a « = € ce. κα 98. ἀπήγγειλαν δὲ τοῖς στρατηγοῖς οἵ ῥαθδοῦγοι τὰ ῥήματα ταῦτα. ἐφοδήθησαν δὲ » Œ F = ! Ἀκούσαντες ὅτι Ῥωμαῖοί εἰσιν, 89. χαὶ ἐλθόντες παρεκάλεσαν αὐτούς, χαὶ ἐξαγαγόντες πο ἕῳ x LR, 24 Æ S λθεῖν τῆς πόλεως. HO. ἐξελθόντες δὲ ἀπὸ τῆς φυλαχῆὴς εἰσῆλθον πρὸς τὴν
vres παρεχάλεσαν τοὺς ἀδελφοὺς, χαὶ ἐξῆλθαν.
Ÿ 37) Le codex de Bèze et la Peschitto ont ἀναίπους δείραντες ἡμᾶς; anetios (innocentes) caesos nos, ἃ, Paul et Silas ne peuvent accepter ce simple renvoi de la part des . magistrats. Ils ont été battus de verges publiquement: ils demandent des ‘excuses
publiques. Les missionnaires étaient dans leur droit. La loi Valeria, 509 avant J.-C., défendait qu’un citoyen romain fût frappé avant que le peuple n’en eût décidé et la loi ο΄ Porcia, 248 av. J.-C., défendait absolument de frapper de verges un citoyen romain : Lex Porcia virgas ab omnium civium Romanorum corpore amovit, Cicéron, pro Rabi- ἬΝ rio. CIcÉRON, in Verrem, τι, 5, 53-57 : Facinus est vinciri civem Romanum, scelus verberari, prope parricidium necari. Il atteste dans le même discours, 5, 57, la force
de cette invocation : illa vox et imploratio : Civis Romanus sum, quae multis in ultimis
terris opem inter barbaros in salutem tulit — ἀναχρίτους, indemnatos, Vlg. ἀκαταχφίτους signifie qui n’a pas été condamné ou jugé; c’est ce second sens qu'il faut adopter. Paul 5 et Silas constatent qu'ils n’ont pas été jugés. On les a frappés sans avoir instruit leur | procès, éndicta causa. Or, dit Cicéron, in Verrem, τ, 9 : Causa cognita multi possunt absolvi; incognita quidem condemnari nemo potest. Ramsay, op. cit., p. 225, fait remarquer que Paul n'a pas pu se servir du terme ἀκαταχρίτους, non condamnés, parce que les magistrats me pouvaient les condamner à être frappés de verges : c'eut été contraire à la doi Porcia. Il a dû se servir du terme juridique latin, re incognita. Les magistrats de Philippes devaient comprendre le latin et être au courant des termes juridiques. Paul et Silas appuient leur réclamation sur le fait qu'ils sont citoyens romains. Silas était donc lui aussi citoyen romain. Comment l’était-il devenu, nous
l'ignorons. Nous savons seulement par Josèphe, Ant. jud. XIV, 10, 13-19 ; SCHÜRER, τ, τι,
p- 537, que beaucoup de Juifs étaient citoyens romains.
. Loisy se demande si le pluriel ἡμᾶς n’est pas ici pour l'équilibre grammatical de la phrase : le rédacteur ne marque pas la distinction dans l'état civil des deux captifs. Mais on ne prenait pas impunément le titre de citoyen romain. Cf. ÿ 38.
L'offense ἃ été publique : les magistrats nous ont jetés en prison et maintenant ils mous jettent dehors secrètement. Forts de leur droit, Paul et Silas exigent une réparation publique; ils ne voulaient pas que le bruit se répandît qu'ils s'étaient échappés
de la prison comme des criminels, que l’on pût dire que la doctrine nouvelle était prêchée par des vagabonds, des repris de justice. [ls ne pouvaient accepter d’avoir été traités aux yeux de tous comme des malfaiteurs; leur mission en eùt subi un grave dommage; la propagation du christianisme à Philippes et ailleurs aussi en eût été À : empêchée. La communauté chrétienne qu’ils avaient fondée à Philippes aurait pu de . même en subir [65 conséquences. Une scholie que rapporte Matthaci : vo6et αὐτοὺς διὰ τὴν Λυδίαν καὶ τοὺς ἄλλους, paraît insinuer que Paul se préoccupait du sort des chrétiens de Philippes. οὐ γάρ; classique; non profecto, non sane, minime vero : γάρ est fréquermment employé dans ce sens dans les réponses, Arnénée, 18, 358. « Das.yéo gibt den .. Grund an, weshalb der vorhergehende unwillige Frage ausgesprochen ist. » FELTEN, ἀλλά est en opposition avec οὐ γάρ; non certes, il ne peut en être ainsi, ἀλλὰ ἐλθόντες αὐτοί, mais qu'étant venus eux-mêmes, ἐξαγαγέτωσαν ἡμᾶς ils nous fassent sortir. —
donc étant sortis, allez en paix. 37. Mais Paul leur [aux licteurs] dit : Nous ayant battus de verges publiquement, sans jugement, nous qui sommes Romains, ils [nous] ont jetés en prison et maintenant ils nous jettent dehors secrètement. Non, certes, mais qu’ils viennent eux-mêmes et nous fassent sortir. 38. Et les licteurs rapportèrent ces paroles aux préteurs. Ceux-ci furent effrayés en apprenant qu'ils étaient Romains. 39. Et étant venus ils les implorèrent et les ayant fait sortir ils les prièrent de sortir
de la ville. 40. Et étant sortis de la prison, ils entrèrent chez Lydia et ᾿
ayant vu les frères, ils les exhortèrent et ils s’en allèrent.
οὐ γάρ ἀλλά, non Car. loin de là; où γάρ impliquant la négation de ce qui vient d’être dit et ἀλλά la raison d'être de cette négation, Bari. — ἐξαγαγέτωσαν, aor. 2 imp. de ἐξάγω, conduire dehors, faire sortir, donc mettre en Hberté : qu'ils nous mettent en
liberté. La réponse eut ainsi été complète. Les missionnaires ne demandent pas la
punition des magistrats mais une réparation publique de la part de ceux-ci.
Ÿ 38) Après τὰ ῥήματα ταῦτα, D ajoute : τὰ ῥηθέντα πρὸς τοῦς στρατηγούς, οἱ δὲ ἀκούσαντες ὅτι Ῥωμαῖοι εἰσιν ἐφοόήθησαν; quae dicta sunt ad praetores, cum autem audierunt quia romani sunt timuerunt, ἃ: amplification inutile. ἐφοθήθησαν, les magistrats furent effrayés en apprenant que Paul et Silas étaient citoyens romains et cela non sans raison car ils s'étaient exposés à des peines graves : la dégradation et l'incapacité de remplir désormais aucune fonction publique : Cicéron, in Verrem, v, 66 ; Ὁ. HozTzMANN, Ν. T. Gesch. p. 99. En l’année 44 ap. J.-C., les Rhodiens avaient été dépouillés de leurs droits par l’empereur Claude pour avoir mis à mort des citoyens romains. Les magistrats ne mirent pas en doute que Paul et Silas ne fussent vraiment citoyens romains, comme ils l’affirmaient; ils savaient que celui qui aurait osé usurper cette qualité aurait été condamné à mort. SuéronE, Claude, 25.
ÿ 39) παρεχάλεσαν : les magistrats prient les missionnaires de sortir de la prison, et: après les en avoir faït sortir, ἐξαγαγόντες, de la prison, les prient de sortir de la ville. Le codex de Bèze présente les faits d’une façon plus détaïllée : καὶ παραγενόμενοι μετὰ φίλων
(4. μήπως) πάλιν συστραφῶσιν ἡμῖν ἐπιχράζοντες καθ’ ὑμῶν : et cum venissent cum amicis multis in. carcerem rogaverunt eos exire dicentes ignoramus adversum vos quoniam estis viri justi et cum produxissent rogaverunt eos dicentes de civitate ista exite ne forte iterum
convertantur ad nos clamantes adversum vos. d — Ramsay, p. 224, fait remarquer
que le codex de Bèze décrit la situation avec une grande vraisemblance. Schmiedel, Encycl. bibl. p. 52, regarde ce passage comme dérivé du mélange de deux sources.
Qu'on remarque la concision et la tenue digne du texte que nous adoptons; il exprime en quelques mots la situation : les magistrats vinrent et prièrent les missionnaires ; ils les firent sortir eux-mêmes de la prison et les prièrent de sortir de la ville. La réparation était complète. Paul et Silas pouvaient partir : la communauté Chrétienne de Philippes était affermie: Paul n’avait pas l'habitude de résister aux autorités établies.
ÿ 40) Lies missionnaires avaient un devoir à remplir avant de partir de Philippes :
ils devaient prendre congé de Lydia, qui leur avait donné l'hospitalité, aller voir Ὁ
les frères, les chrétiens rassemblés dans la maison de Lydia, les consoler et les exhorter — ἐξέλθόντες, fit quasi recapitulatio ante dictorum, BLass. La leçon ἀπὸ τῆς