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CHAPITRE XVII

xvit, 1. Or, ayant traversé Amphipolis et Apollonie, ils vinrent à Thessa-

carpe leur dit que le bienheureux et glorieux Paul leur écrivit des lettres, ἐπιστολαί, πι, 2. L'Apôtre, d’ailleurs, a dû les remercier par écrit de leurs dons, comme il le fait dans l'épître que nous avons; il semble même, m1, 1, faire allusion à des lettres précédentes.

XVII, 1-9 : Pauc ET SiLas A THESSALONIQUE.

Υ 1) Διοδεύσαντες, part. aor. de διοδεύω, faire route à travers, parcourir, traverser; verbe seulement dans Luc mais fréquent dans les Septante et employé aussi par Polybe et Plutarque. De Philippes à Thessalonique les missionnaires ont suivi la route militaire, la Via Egnatiana; cf. Ramsay, Roads and Travel in N. T. Hasrines, Diction. of the Bible, Extra-Vol. p. 375. — διοδεύσαντες δέ τὴν ᾿Αμφίπολιν χαὶ τὴν ᾿Απολλονίαν : il ne semble pas que les missionnaires aient prêché à Amphipolis et à Apollonie; ces villes sont mentionnées simplement comme étapes du voyage de Philippes à Thessalonique, lesquelles auraient été chacun d’une cinquantaine de kilomètres : de Philippes à Amphipolis, 48 km.; d'Amphipolis à Apollonie, 46 km. 500; d'Apollonie à Thessalonique, 57 km...

Amphipolis était une colonie d'Athènes, au nord de l'embouchure du Strymon, sur la rive gauche, dans le golfe du même nom; elle était entourée par les deux bras du fleuve, position qui lui a valu son nom; elle était située sur une éminence, juste à l'endroit où le fleuve Strymon sort du lac Cercinitis (lac Tachyno). Au temps de Paul c'était une ville importante, capitale de la Macédoine première. Actuellement elle est remplacée par le village de Néokhori; en turc, leni-Keui (nouvelle ville). Cf. Læare, Northern Greece, t. III, Ὁ. 181; CousinNÉéry, Voyage dans la Macédoine, t. 1, p. 128. |

Apollonie était une ville de la Mygdonie, province de Macédoine première; elle était située près du lac Bolbe, en turc Betschik-Gül, sur la Via Egnatiana. C’est aujourd’hui Pollina. Cf. Pune, Hist. Nat. IV, vu; Table de Peutinger, De Viae Ignatiae parte orientali, p. 7.

ἦλθον εἰς Θεσσαλονίχην : Thessalonique, aujourd’hui Saloniki, fut fondée à nouveau en 315 av. J.-C. par Cassandre, au pied du Mont Kinos, un peu au nord de l’ancienne Thermae; il la nomma Thessalonique du nom de sa femme, sœur d'Alexandre le Grand. Située sur les bords du golfe Thermaïque, au pied de collines en amphithéâtre, et traversée par la voie Egnatienne, elle était un des ports les plus importants de la Grèce continentale, et la capitale du second district de la province romaine de Macédoine, Sa population était un mélange de Grecs, de Romains et de Juifs, en des

roportions que nous ne pouvons déterminer, mais où dominait cependant l'élément prop P P

grec. De nos jours, c'est-à-dire avant 1914, on comptait 80.000 Juifs sur une population de 130.000 âmes. On a trouvé des inscriptions juives à Thessalonique. Cf. Sonürer, ar, p. 56. Urbs liberae conditionis et résidence d’un préteur, Thessalonique avait un sénat, βουλή ou δῆμος; elle était administrée au temps de Paul par cinq ou six politarques. La religion était ce mélange de divinités grecques et romaines, Jupiter, Apollon, Bacchus, Herakles, Neptune, Minerve, Diane, Aphrodite, qui était la religion dominante dans le monde romain. L'ancien dieu des Thraces, Cabiros, y avait aussi ses autels. Les Juifs, toujours attachés à la religion de leurs ancêtres et attendant avec impatience le Messie promis, avaient groupé autour d'eux des Grecs adorant

ACTES DES APOTRES, XVIE, 1-ά.

λονίχην, ὅπου ἦν ΠῚ τῶν ᾿Ιουδαίων. 2. χατὰ δὲ τὸ εἰωθὸς τῷ ΠΙἊ}αύλῳ εἰσῆλθεν ᾿ { LA A τὰς = ᾿ πρὸς αὐτούς, χαὶ ἐπὶ σόάῤθατα τρία δι ἀν αὐτοῖς ἀπὸ τῶν γραφῶν, 9. διαγοίγων χαὶ

= 2 Se παρατιθέμενος ὅτι τὸν ons ἔδει παθεῖν χαὶ ἀναστῆναι Ex νεχρῶν, χαὶ ὅτι οὗτός ἐστιν ὁ Χριστός; ὁ ᾿Ιησοὺς. ὃν ἐγὼ χαταγγέλλω ὑμῖν. (ι. χαί mec ἐξ αὐτῶν ἐπείσθησαν χαὶ \

où craignant Dieu, suivant l’expression des Actes des Apôtres, xvr, 4; xur, 26. En cette viile de commerce, d'industrie et de trafic maritime, la moralité devait être à un niveau assez bas, telle qu'elle était d’ailleurs dans ces grandes villes païennes, rendez- vous de toute la populace cosmopolite, cf. W. M. Lzake, Travels in Northern Greece. ὅπου plus expressif que où; ἦν συναγωγὴ τῶν Ἰουδαίων : le terme du voyage des missionnaires était Thessalonique, parce que là il y avait une synagogue. συναγωγή, sans l'article est la leçon de x À B D 13 40 61 120 Sah. Boh. Arm.; la leçon ἥ συναγωγή de E G H LP 64% est moins bien soutenue. Elle semble être une correction pour indiquer que la synagogue de Thessalonique, étaït la synagogue principale, peut-être même la seule de ce district de la Macédoïne. D’après Renan, Saënt Paul, p. 158, Thessalonique ‘avait une grande synagogue, servant de centre religieux au judaïsme de Philippes, d'Amphipolis et d’Apollonie, qui n'avaient que des oratoires.

ΟΥ̓ 2) χατὰ δὲ τὸ. εἰωθὸς τῷ Παύλῳ. εἰσῆλθεν πρὸς αὐτούς : le sujet de etoiles est à Παῦλος, provenant d'une proposition indirecte; la dureté de cette construction à veine grecque, n’est pas inouïe, étant donnée l’insouciance avec laquelle se produit le changement de sujet dans la langue populaire, RapermAcHer, p. 74; selon la façon rare de Paul il entra chez les Juifs tout d’abord, c’est-à-dire dans leurs synagogues; cf. xiv, 4, ΧΗ, 5. εἰωθός est un participe neutre, devenu substantif mais construit avec 16 datif au lieu du génitif — xol ἐπὶ σάθδατα τρία, pendant trois sabbats, c’est-à-dire peut-être : ent trois semaines; dans Luc ἔπί et l’accusatif indiquent un espace de temps : ἐπὶ σάδδατα τρία, dans l’espace de temps de trois sabbats. On en à conclu que le séjour de Paul à Thessalonique n'aurait duré que trois semaines, maïs cela est peu probable. à Nous apprenons par sa première épître aux Thessaloniciens qu'il y avait dans cette ville une communauté chrétienne florissante, composée en majorité de païens convertis, 5, 8; que pendant son séjour à Thessalonique il reçut deux fois des secours de l’église de Philippes, Philip. 1v, 15, 16. Or, comme il y avait 152 km. entre Philippes et Thessa- __Jonique, tout cela fait supposer que Paul passa un temps considérable à Thessalo- nique. On peut restreindre le sens de cette expression : Paul discuta sur les Écritures avec les Juifs à la synagogue pendant trois sabhats, maïs cela n'implique pas qu’il est resté seulement dans cette ville pendant ces trois sabbats. Le succès de sa prédi- * cation, ÿ 4, exige un plus long espace de temps. L’indication des trois sabbats porte sur la discussion avec les Juifs.

διελέξατο αὐτοῖς; Zahn trouve la lecon de Η L P 58 Vig. διελέγετο plus: naturelle que celle de KA Β 61, διελέξατο ou de DE διελέχθη ou de: 614 διελήχθη. διεχέξατο,, aor. moyen de διαλέγω signifie d'ordinaire faire un discours, mais chez Platon, Thueydide, converser, dialoguer avec une ou plusieurs personnes, avec Le datif ow πρός et l’accusatif. Ce terme est employé ici pour la première fois et semble indiquer un changement de méthode dans la prédication de Paul. Il sera employé plus tard avec le même sens de disputer, xvu, 17; xvum, 4, 19; xrx, 8, 9; xx, 7, 9; xxiv, 42. Chez les Grecs la méthode socratique, c’est-à-dire de l'enseignement par demandes et réponses, était très en usage; c’est ce qu'on appelle la diatribè et nous en trouvons des cas nombreux chez les philosophes grecs, et aussi dans les épîtres pauliniennes; cf. Buurmanx : Der Sul der paulinischen Predigt und die kynisch.-stoisch Diatribe. Chez les Juifs l’enseignement était un discours suivi, une prédication ; telle fut la forme d'enseignement des évangé-

κἀν Te CODE PEU

ACTES DES oui χτα, 1-ὰ. ne 511

ΠῚ μως où était une synagogue des Juifs. 2. Selon sa coutume Paal entra |

vers (chez) eux et durant trois sabbats, il discuta avec eux d’après (sur) Les Écritures, 3, les expliquant et établissant que le Christ devait souffrir et ressusciter morts, et que « c’est le Christ, Jésus, que je vous annonce. »

4. Et quelques-uns d’entre eux furent persuadés et furent gagnés à Paul et

listes. On trouve cependant la forme dialoguée dans les synoptiques : 272. xir, 9; Le. iv, 16; c'est presque la forme préférée dans le IVe évangile, vr, 25-29, etc. — ἀπὸ τῶν γραφῶν. : la conférence de Paul avec les Juifs s’appuyait sur les textes des Ecritures ; c'était la méthode juive. Toute discussion entre Juifs avait pour base des passages scripturaires. ἀπὸ τῶν γραφῶν doit être joint à διελέξατο; on discutait en tirant les preuves des Écritures ou à διανοίγων καὶ παρατιθέμενος, expliquées d'après les Écritures: la première forme est meilleure. Paul étayait donc sa démonstration sur des textes scripturaires ; les Juifs faisaient des objections et Paul les réfutait.

ÿ 3) διανοίγων, sous-entendu γραφάς, cf. xvi, 14 : ouvrant les Écritures, le sens des Écritures; Le. χχυν, 32, 43. χαὶ παρατιθέμενος, apportant des textes des Ecritures, les plaçant, les citant en preuve de som enseignement, Der Begriff διανοίγειν hebt die Neuheit, παρατιθέναι die bewreisende Ausführlichkeit der Mitteilung hervor, Wenpr.

Insinuans de Vig. est faible — ὅτι τὸν. Χριστὸν. ἔδει παθεῖν; καὶ ἀναστῆναι ἐχ vexpüdw : Cf. 1m, 485

Le. xxiv, 25 s; 1 Thess. iv, 14; I Cor. ἡ 13. La discussion de Paul avec les Juifs portait sur ces des points capitaux. Un point de doctrine : Le Christ doit souffrir et ressusciter des morts ; point qui devait être établi par des passages scripturaires. Un point de fait : Jésus que je vous annonce est le Christ, point appuyé par les faits. Χριστὸν ἔδεν παθεῖν. — ἔδει est à l’imparfait pour marquer qu'il y ἃ eu une nécessité passée ou une obligation quand le fait nécessaire a été accompli. Paul établit d’après les Écritures que le Messie dont les Juifs attendaient le glorieux avénement, d’après les prophètes, .devait souffrir, mourir et ressuseiter des morts. C'était la pierre d’achoppement des Juifs, Pour eux le Messie devait être un roi triomphant; les Juifs s’arrêtaient sur les passages des Ecritures, où il était parlé de la souveraineté du Messie et laissait de côté ceux qui parlaient de son abaïssement — καὶ ὅτι. οὗτός ἐστιν à Χριστός 6 Ἰησοῦς : leçon de B : et que celui-ci est le Christ Jésus que je vous annonce; l’accent principal de la phrase repose sur οὗτος d'abord, puis et surtout sur Ἰησοῦς. Les leçons sont différentes d'après les manuscrits : ὁ Χριστός, ὁ Ἰησοῦς, B — ὃ Χριστὸς Ἰησοῦς, H LP, des minuscules — Ἰησοῦς

δ' Χριστός, ἘΣ ---- Ἰησοῦς Χριστός, N 614 Vlg. clém. Pesch. Boh. Arm: — Χριστὸς Ἰησοῦς, D |

, Harkl. Gig. Quelle que soït la leçon adoptée, le sens: est le: même : le Christ, c’est Jésus. que je vous annonce. Paul est témoin que Jésus à accompli en lui tout ce que les prophètes ont prophétisé du Christ : ses souffrances et sa résurrection. ὃν. ἐγὼ xatayyéko ὑμῖν. : anacoluthe, passage du style indirect au style direct; Paul emploie le style direct pour mieux établir son affirmation. ἐγώ devant καταγγέλλω est emphatique.

Cet enseignement était le thème de la prédication de Paul aux Juifs dans sa première épître aux Thessaloniciens; il leur rappelle qu’il leur a appris que Jésus devait mourir et ressusciter, 1v, 13; qu’ils devaient attendre le fils de Dieu venant du ciel, qui était ressuscité des morts et qui devait les sauver de la colère qui va venir, r, 10.

Υ 4) τινες ἐξ" αὐτῶν, comme xt, 20; xx, 24 — ἐπείσθησαν, sans le datif, cf. xvr, 31 — quelques-uns seulement des Juifs crurent, en opposition avec la foule nombreuse des Grecs adorateurs de Dieu qui s’attachèrent à Paul et à Silas. Parmi ces convertis il faut compter Aristarque et Secundus, xx, 4, associés à deux hommes de Bérée et de Derbé : Gaïus et Sopater. Or quatre noms semblables ont été relevés parmi les poli-

Ni étE το du ed

Su

Ag = ! 9 5 7 5 r ) γυγαικῶν τε τῶν πρώτων οὐχ ὀλίγαι. 5. ζηλώσαντες δὲ οἱ ᾿Ιουδαῖοι χαὶ προσλαθδόμιενοι τῶν ἀγοραίων ἄνδρας τινὰς πονηροὺς χαὶ ὀχλοποιήσαντες ἐθορύῤδουν τὴν πόλιν᾽ χαὶ

προσεχληρώθησαν τῷ Παύλῳ χαὶ τῷ ia, τῶν τε σεδομένων Ἑλλήνων πλῆθος πολύ, € ἱ

tarques des inscriptions de Thessalonique. Cela confirmerait peut-être les données de notre récit; Paul convainquit non seulement quelques Juifs, mais aussi une multitude

de Grecs. Ces quatre noms, en effet, sont bien grecs — χαὶ προσεχληρώθησαν τῷ Παύλῳ

καὶ, Σίλᾳ : προσεχληρώθησαν, aoriste passif de προσχληρόω; racine χλῆρος, sort, lot : d’où associer par la voie du sort, donner pour compagnon, assigner pour partage; employé ici seulement, se trouve dans Plutarque, Lucien, Philon, Leg. ad Gaium, 10 : Τῶν μὲν τούτῳ τῶν δὲ ἐχείνῳ προσχληρουμένων. Cette expression peut signifier ici : les Juifs et les Grecs, adorateurs de Dieu, étaient assignés à Paul par le sort, c'est-à-dire par la pion divine, ou bien ces-convertis étaient assignés à Paul comme son lot; cf. I Cor. , 6-9. Cette pensée est familière à Paul : dans sa première épître aux Thessaloniciens Il, ον 20, il nous dit que les Thessaloniciens sont son espoir et sa joie et sa couronne de gloire. — Au lieu de προσεκληρώθησαν la Peschitto a προσεχολλήθησαν; la Vulgate, adjuncti; d, consortes facti sunt, qui rendent bien le sens. Peut-être y avait-il roocex\Onoav? Cf. v, 36. — τῶν δὲ σεθομένων Ἑλλήνων πλήθος πολύ, est la leçon soutenue par les meilleurs manuscrits, ΝΒ E H L P 614 Harkl., mais elle présente diverses difficultés : ces Grecs adorant Dieu en grand nombre seraient ceux que les Actes

. appelaient les σεδόμενοι ou les φούδούμενοι τὸν Θεὸν, anciens païens, qui fréquentaient la

synagogue et qui adhéraient aux enseignements des Juifs, mais il est difficile de croire que les Juifs aient exercé sur la population de Thessalonique une telle influence, qu'il y ait eu parmi leurs adhérents un grand nombre de gentils; de plus, cette leçon suppose que l’action de Paul a été restreinte à la synagogue et qu'il n’a converti que quelques Juifs, beaucoup de Grecs adorant Dieu et des femmes de la haute société.

Or, si nous nous en référons à la première épître aux Thessaloniciens l’état des choses

est tout différent : la communauté chrétienne de Thessalonique était composée en majorité de gentils convertis, 1, 5-10. Enfin, en aucun passage des Actes on ne trouve cette expression; ὃ σεθόμενος “λλην, « nec apud Lucam occurrere potest, cui Ἕλλην non est nomen nationis, sed nomen religionis atque proin ὁ σεῦ. “Ἕλλην «ethnicus verum Deum colens » est contradictio in adjecto; unicus locus N. T. in quo Ἕλλην barbaro oppositus Graecum natione designat, est Rom. 1, 44; in aliis omnibus Judaeo opponitur et religionem designat » CorneLy, Zntrod. TITI, 2 ed. p. 399.

Il est donc possible que le texte original nous soit donné par À D 13 40 61 VIg. Boh. Gig. et qu'il soit τῶν τε σεδομένων xat Ἑλλήνων πλῆθος ro; D Pesch. ajoutent πολλοί devant τῶν σεδομένων. Paul aurait donc converti quelques Juifs et un grand nombre d’adorant Dieu et de Grecs (de païens) gentibus Vig. Après τῷ Σιλᾷ D ajoute τῇ διδαχῇ qui probablement doit être rattaché à ἐπείσθησαν. — γυναικῶν te τῶν πρώτων οὐχ ὀλίγαι : non peu des femmes des premiers, des principaux de la ville. Le texte de D Gig. est nettement en faveur de cette traduction : καὶ yuvatxes τῶν πρώτων οὐχ ὀλίγαι. On pourrait traduire aussi : non peu de femmes les premières de la ville, cf. χα, 50; xvir, 12, où il est parlé, de τὰς σεδομένας γυναῖχας τὰς εὐσχήμονας: la Vulgate, Has ΠΑ, non paucae est favorable à cette leçon. Belser fait observer que jamais dans les Actes des femmes ne sont qualifiées de ai πρώται,

Cette expression, γυναΐχων τῶν πφώτων, ne nous paraît pas exclure les femmes de moindre qualité. Luc a dû l’employer pour faire ressortir le succès de la prédication apostolique jusqu'auprès des femmes de qualité. C’est à tort, croyons-nous, que Ramsay, Paul the Traveller, p. 229, pense que seules, les femmes de distinction, furent converties; les femmes de la basse classe étant enfoncées dans la superstition.

à Silas, ainsi qu’une grande multitude de Grecs, craignant [Dieu] et plusieurs femmes de qualité. 5. Mais les Juifs furent jaloux et ramassèrent quelques hommes méchants de place publique, et faisant des attroupements, ils troublèrent la ville, et se tenant auprès de la maison de Jason,

Dans les trois villes macédoniennes, Philippes, Thessalonique, Bérée, les femmes de rang élevé sont mentionnées parmi ceux qui adhérèrent aux enseignements de Paul, ce qui indique qu’elles jouaient un rôle prépondérant dans ces villes, rôle que nous avons déjà signalé, cf. χπὶ, 50.

Luc vient de résumer en quelques lignes la situation à Thessalonique, telle qu’elle résultait de la prédication apostolique pendant un laps de temps que nous ne pouvons préciser ainsi que nous le disons plus loin.

Wendit fait remarquer qu’il n’est pas question de Juifs dans la première épître aux Thessaloniciens, laquelle vise en particulier d'anciens païens. Mais Paul devait adresser sa lettre à la majorité des fidèles, gentils convertis, èt non à une minorité composée de Juifs convertis. De ce qu'il n’a pas parlé de ceux-ci, il ne ressort pas qu'il n’y en avait pas dans la communauté de Thessalonique, mais qu'ils étaient en petit nombre, ce qui ressort du texte des Actes.

ΟΥ̓ δὴ ζηλώσαντες δὲ οἱ Ἰουδαῖοι : ici, comme à Antioche de Pisidie, xmr, 45, les Juifs enflammés de jalousie à cause du succès de la prédication apostolique sur Jésus Messie, excitent des troubles dans la ville. Ils nous ont empêchés de parler aux païens, dira Paul dans sa première épître aux Thessaloniciens, τι, 16. Le codex de Bèze modifie légèrement le texte : of δὲ ἀπειθοῦντες ᾿Ιουδαῖοι συστρέψαντές τινας ἄδρας τῶν ἀγοραίων πονηρούς; ces additions sont explicatives. προσλαδόμενοι, participe aoriste moyen de προσλαμδάνω, prendre avec soi, s’adjoindre. D a συστρέψαντες, part. aor. de συστρέφω, rouler ensemble, amasser, rassembler. — τῶν ἀγοραίων : ici seulement et χιχ, 38, dans les Actes, non classique; ὃ ἀγοραῖος est celui qui se tient sur les places publiques, sur l’agora, qui perd son temps à badauder sur la place publique; les gens du commun. Ces äyopaior sont ‘surtout les flâneurs de la place publique, ceux qui cherchent une affaire ou ceux qui n’ont aucun travail déterminé, et en cherchent, Mt. xx, 7. Aristophane les appelle : πονηρὸς κἀξ ἀγορᾶς; Xénophon, τὸν ἀγοραῖον ὄχλον ; Cicéron, subrostrani, Plaute, subbasilicani; cf. Wetstein qui les appelle Canalicolae, canaïlles, vauriens. La traduction de la Vulgate, de vulgo, ne rend pas complètement le sens de ἀγοραῖοι. e Gigas traduisent τῶν ἀγοραίων, par forenses. Au lieu de turba facta, Vlg. littéral, Gigas a congregata turba.

πονηρούς : Ces gens sont des misérables : πονηρός, c’est tout d’abord un homme qui travaille et comme aux temps anciens le travail était méprisé, les πονηροί sont des gens de la basse classe; puis au sens moral des gens mauvais, méchants. Donc, πονηρούς mauvais, méchants, scélérats, quelquefois misérables. Ces hommes que rassemblent les Juifs étaient donc le rebut des paresseux de la place publique; ils en formaient des attroupements et troublaient La ville. — ὀχλοποιήσαντες, mot employé pour la première fois et ici seulement dans le N. T. — ἐθορύδουν, pour l’attique ταράσσειν. ἐπιστάντὲς τῇ οἰκίᾳ Ἰάσωνις, ils se tenaient auprès de la maison de Jason, où logeaient Paul et Silas, ce que ne disent pas cependant les Actes, et où probablement se rassemblaient les chrétiens. Jason était-il un Grec ou un Juif converti? On ne peut pas se prononcer. Ce nom de Jason était commun chez les Grecs, principalement en Thessalie, mais il a pu être adopté par un Juif du nom de Jésus ou de Josué. Ces changements de nom, avec adoption du nom grec analogue du nom hébreu, se rencontrent fréquemment, II Macc., 1, 7; 1v, 7; Josèphe, Ant. Jud. XII, 5, 1, nous apprend que tel

οὖ ΙΕ ἈΝ - ΄-: 22 2 u ' A λαθόντες τὸ ἱχανὸν παρὰ τοῦ Ἴάσονος nat τῶν λοιπῶν, ἀπέλυσαν αὐτούς.

fut le cas pour le grand prêtre Jésus : ὃ μὲν οὖν Ἰησοῦς Ἰάσονα αὐτὸν μετωνόμασεν. On trouve ce nom de Jason dans les inscriptions d'Égypte au mie siècle av. J.-C. Scuürer, op. cit. III, p. 361. Saint Chrysostome, om. xxxvir, rend un beau témoignage à Jason : Θαυμαστὸς 6 ἀνὴρ, εἰς κίνδυνον ἑαυτὸν ἐχδοὺς nat ἐχπέμψας αὐτούς.

On a essayé d'identifier ce Jason avec celui que Paul place parmi ses parents, οἱ συγγενεῖς μου, dans l’épître aux Romains, xvi, 21, mais il faudrait supposer que Jason habitait Corinthe, au moment où Paul a écrit cette épître. Cette identification est douteuse ; ce nom de Jason étant commun; Felten cependant l’admet.

εἰς τὸν δῆμον : le peuple, quelquefois l’assemblée du peuple. δῆμος est le terme technique pour désigner l'assemblée d’une cité libre. Il semble bien qu'il s’agit ici d’une assemblée publique des citoyens présidée par les magistrats de la ville; mais était-ce une assemblée régulière? προαγαγεῖν εἰς τὸν δῆμον signifie peut-être que les Juifs voulaient conduire Paul et Silas vers le peuple afin que celui-ci surexcité les maltraitât, B. Weiss ne croit pas qu'il s'agisse ici d’une assemblée légale.

Ÿ 6) ἔσυρον imparfait de σύρω, tirer, entraîner avec violence, ce qui indique la fureur des Juifs et de la canaille, ameutée par eux. μὴ : dans le grec classique on emploie μή et non οὐ devant les participes, s’il est équivalent à une clause conditionnelle, Burton.

μὴ εὑρόντες δὲ αὐτούς n'ayant pas trouvé les missionnaires, soit que ceux-ci fussent

absents par hasard, soit qu'ils aient été avertis de l’attaque des Juifs, ἔσυρον Ἰάσονα καὶ τινας ἀδελφούς, ils traînèrent Jason et quelques frères, qu'ils trouvèrent peut-être dans la maison de Jason. — ἐπὶ τας πολιτάρχας : mot inconnu au N. T. et au grec classique, où il est représenté par πολιάρχαι, mais qui se trouve dans les inscriptions de Macédoine, ce qui prouve l'exactitude historique des Actes et la bonne information de Luc. Burton, 4m. Journ. of Theol., 1898, p. 598 ss:, a donné dix-neuf inscriptions, attestant ’existence des Politarques dans la Macédoine, cinq ou six à Thessalonique, huit en d’autres cités de la Macédoine, deux en Thrace, un en Bithynie, un dans le royaume de Bosphore, un en Égypte. Ces inscriptions prouvent qu'il y avait des Politarques à Thessalonique au temps d’Auguste et plus tard jusqu'à Marc-Aurèle. « La constitution de Thessalonique, dit Duchesne, Missions au Mont Athos, Archives des missions scientifiques, série III, vol. 3, p. 211 nous apparaît composée des éléments suivants : 4° une assemblée populaire (δῆμος) ; 2° un conseil (βουλή), chargé sans doute, comme celui de Lété, de préparer les lois et décrets pour l'assemblée du peuple (xp06oketeatou) ; 3° un collège de magistrats appelés politarques (πολιτάρχαι), chargés de l'administration ; leur nombre varie; 4° un trésorier de la ville (ταμίας τῆς πόλεως) », À βοῶντες D Gigas ajoutent καὶ λέγοντες.

οἱ οὗτοι, terme de mépris dans la bouche des Juifs, désigne Paul et Silas. ὅτι τὴν οἰχουμένην, sous-entendu γῆν : la terre habitée, expression emphatique, désignant l'empire romain. La Vulgate a urbem, probablement mauvaise lecture pour orbem; le Fuldensis ἃ orbem; ἃ, orbem terrae. Sans le vouloir et le savoir les Juifs prédisaient ce que devait être plus tard le christianisme et sa diffusion dans le monde : il s'établira dans la terre entière. — ἀναστατώσαντες aoriste participe de ἀναστατόω, renverser, ravager, troubler; inconnu des classiques, quelquefois dans des fragments de Sym-

ACTES DES APOTRES, XVH, ὅ-9. 515

ils cherchaient [Paul et Silas] pour les amener devant le peuple. 6. Mais ne les ayant pas trouvés ils trainèrent Jason et quelques frères devant les politarques en criant : Ces gens qui ont bouleversé le monde sont aussi venus 10], et Jason les ἃ reçus. 7. Et tous ceux-ci agissent contre les édits de César, disant qu'il y a un autre roi, Jésus. 8. Ils troublèrent la foule et les politarques qui entendaient ces [paroles.| 9. Et ayant reçu caution de Jason et des autres, 115 les laissèrent aller.

maque et d'Aquila et dans Galates, v, 12. Justin, ade. Tryph., 108 et 17 parle de même : « delectos homines constituistis ac per eos in totum orbem terrarum missos praedicastis impiam quandam et exlegen sectam a plano quodam Iesu excitatam fuisse ». — οὗτοι χαὶ ἐνθάδε πάρεισιν : le présent est employé pour le parfait; παρά indique un mouvement antérieur. La Vulgate ἃ traduit exactement, venerunt.

Ὑ 7) οὺς ὑποδέδεχται Ἰάσων : ὑποδέγομαι signifie recevoir, accueillir, héberger; ὑπό indique une idée d'hospitalité. καὶ οὗτοι πάντες, c'est-à-dire Paul et Silas, Jason et tous ceux qui professaient la même religion, donc les chrétiens. — ἀπέναντι signifie en présence de : ici, il est employé au sens hostile de contre. τῶν δογμάτων Καίσαρος, les décret de César, dont il esi parlé ici, sont probablement les Leges Magestatis. Sous l'empire, violer la majesté de l’empereur était un crime de haute trahison, Crimen Majestatis. βασιλέα ἕτερον, λέγοντες. εἶναι, Ἰησοῦν : un autre roi, c’est-à-dire un nouveau roi qui remplacera le roi actuel. L'’accusation était habile, car les Romains étaient très jaloux de leur autorité, Les Politarques ne pouvaient traiter négligemment une 'semblable accusation; ils auraient pu être destitués et la cité tenue pour séditieuse, Jésus lui aussi Γαΐ accusé par les Juifs d’avoir voulu se faire roi; ses disciples sont maintenant accusés de vouloir le proclamer pour roi. Cette accusation s'explique de la part des Juifs; Paul avait affirmé que Jésus était le Messie : or, pour les Juifs, le Messie était roi.

Paul avait donc déclaré d’après eux que Jésus était roi, Certains passages des épîtres P q P Ρ

aux Thessaloniciens I, 11, 12; v, 2, 23; 11,1, 5-8 auraient pu être interprétés dans ce même sens. Il ressort aussi de ses épîtres que Paul avait souvent donné à Jésus le titre de Κύριος, qu'il avait enseigné la royauté spirituelle du Christ, son avènement

comme Juge de l'humanité, enseignements qui avaient pu faire croire aux Juifs que

Paul tenait Jésus pour un roi.

Baothéa ἕτερον; les Grecs appelaient l’empereur romain βασιλεύς; cf. 1 Tim. τι, 2; Josipue, Guerre juive, V, 13, 6, lequel ne doit pas être traduit par roi, mais par imperator, le titre donné au chef de l'empire romain. Il faut donc traduire βασιλέα par imperator, car des rois il y en avait d’autres dans l'empire; il est vrai qu'ils ne pouvaient être rois sans l'agrément de l'Imperator. |

Ÿ 8) ἐτάραξαν, aoriste de ταράσσω, troubler, agiter, effrayer, exciter, Ces divers sens peuvent traduire l’état d'esprit du peuple et des Politarques, Le peuple pouvait craindre une révolution, un changement de pouvoir et, si l'accusation de trahison était prouvée, les Politarques redoutaient la colère de l'autorité romaine et la perte de leurs privilèges, Ils étaient en effet responsables et auraient pu être, eux aussi, accusés de trahison pour n'avoir pas défendu l'honneur de l'Imperator, Cette Lex Majestatis ge prétait à toutes les transformations; cf. TaciTe, Anx. τι, 88. Les Politarques se cenduisirent cependant avec modération. Ils connaissaient d’ailleurs Jason et les δὰ

: $ ; À treg chrétiens, et les savaient incapables de trahison. Il était de leur honneur de ne

ξ : À : ἢ pas s’en rapporter aux cris des Juifs, mais de croire plutôt aux affirmations de Jason. ÿ 9) λαθόντες τὸ ἱχανόν : ayant reçu l'équivalent, le suffisant; expression légale, nom

7 ! ΕΝ Re : ; = Béporav: οἵτινες παραγενόμενοι εἰς τὴν συναγωγὴν τῶν ᾿Ιουδαίων ἀπήεσαν. 11. οὗτοι

grecque : en latin, satisfactio accepta, satis dare et accipere. Les relations commerciales entre les Romaïns et les Grecs avaient introduit cette locution latine chez les Grecs. Remarquons cependant que la Satisfactio accepta désigne plutôt le nantissement pour l’accomplissement d'une sentence rendue, ce qui n’est pas le cas ici. Quelle ἃ été cette caution ? nous ne 16 savons. Elle a été peut-être pécuniaire; ou bien les magistrats ont fait promettre à Jason et à ses coreligionnaires qu'aucun acte de trahison ne serait commis, que la cité ne serait pas troublée par la prédication des missionnaires. Il est possible aussi que Jason et les autres aient présenté un répondant. On trouve dans les Oxyrrhynchus Papiri IT n° 294, publiés par Grenfell et Hunt, le rapport d’un fait qui nous explique comment les choses ont dû se passer à Thessalonique. La maison de Sérapion fut fouillée en son absence. Celui-ci en appela

au préfet : deux des fonctionnaires, impliqués dans l'affaire, furent mis en prison jusqu’à la tenue de la session à moins qu’ils ne persuadassent leur chef de donner

caution pour eux — ἀπέλυσαν αὐτούς : les magistrats les relâchèrent, jugeant qu'il n'y avait pas lieu de les mettre en prison et qu’il suffisait de leur faire donner une caution par laquelle probablement 115 s'’engageaient à paraître devant le tribunal quand le procès serait jugé.

xvI1, 10-15 : Pau ET Sicas À BÉRÉE.

ÿ 10) Οἱ δὲ ἀδελφοὶ εὐθέως διὰ νυχτὸς ἐξέπεμψαν... soit que les magistrats eussent ordonné que les missionnaires sortiraient de Thessalonique, soit que les frères craignissent

une nouvelle attaque contre eux, ils firent partir de suite et pendant la nuit Paul.

et Silas pour Bérée. Ils partirent de nuit pour échapper aux Juifs qui probablement

gardaient la maison de Jason, cf. 1x, 24. IL est possible que ce soit à la suite du départ

de Paul et de Silas que les chrétiens de Thessalonique furent persécutés par leurs.

compatriotes, I Thess. τι, 14. C’est avec peine que Paul quitta la jeune communauté de Thessalonique ; il lui était attaché de cœur et désirait vivement la revoir, 16. 11, 17. Il avait formé le projet une et même deux fois de retourner vers elle, mais Satan l’en avait empêché, 16. 18. Il voulait revoir les Thessaloniciens pour compléter ce qui manquait à leur foi, 16. m1, 10. Il leur rend témoignage qu'ils ont été des modèles pour tous les croyants de la Macédoine et de l’Achaïe et que leur foi s’est fait connaître en tous lieux, ἐδ. 1, 7, 8.

La durée du séjour de Paul à Thessalonique est incertaine. Pendant trois sabbats, Paul exposa aux Juifs la doctrine de la messianité de Jésus; seulement il n’est pas dit à quelle époque après la conversion des Thessaloniciens eut lieu la sédition excitée par les Juifs. Il semble bien que ce fut après un certain laps de temps, puisque dans sa lettre aux Philippiens, 1v, 16, Paul leur dit que, lors de son séjour à Thessalonique, ils lui ont envoyé par deux fois des secours; en outre, Paul paraît très bien connaître l’état

d'esprit des nouveaux convertis. Enfin, il faut supposer un intervalle de temps suffi,

Sant pour que la foi des Thessaloniciens ait atteint la perfection, dont Paul les loue, 1, 3, et qu'elle ait pu se répandre au loin, 1, 8. Ces arguments ne sont pas cependant

tellement décisifs qu'il soit interdit de croire que ces trois sabbats limitent exactement

la durée du séjour de Paul à Thessalonique.

εἰς Βέροιαν : en se rendant à Bérée, les missionnaires suivirent jusqu’à Pella la via!

Egnatiana, et là par une route s’en détachant ils arrivèrent à Bérée qui, à cause de sa

10. Les frères firent aussitôt partir de nuit Paul et Silas pour Bérée. [Y| étant arrivés, ceux-ci s'en allèrent vers la synagogue des Juifs. 11. Ceux-ci étaient plus nobles [de caractère] que ceux de Thessalonique; ils reçurent la parole en tout empressement, examinant chaque jour les Écritures

position écartée, convenait comme ville de refuge. Ciceron, in Pis. 36, 89, traite Bérée de oppidum devium.

Bérée actuellement Verria ou Karaferie, vilayet de Saloniki, 20.000 habitants, ville de l’Emathie, Macédoine inférieure, était située au pied du mont Bernios, dans 18 plaine fertile et bien arrosée de l'Haliacmon, ProLéMéE, 11, 13; STRABON, vit, 11. Bérée était dans l'antiquité une ville assez importante et populeuse. Ce fut la première ville qui se donna aux Romains après la bataille de Pydna, Trre-Live, xuiv, 45. Elle appartenait à la tertia regio de la Macédoine, Tire-Lave, xLv, 29. On possède des monnaies de Bérée de l’époque romaine où il est question du χοινὸν Maxédovuv, et où la ville porte le titre de néocore. Dans une inscription du temps de Nerva, elle est appelée métropole.

εἰς τὴν συναγωγήν : les Juifs étaient donc assez nombreux à Bérée pour qu'il y eût une synagogue. Suivant leur coutume, les missionnaires s'y rendent dès leur arrivée

dans la ville — ἀπήεσαν, imparfait de ἄπειμι, qui sert d’imparfait et de futur à ἀπέρχομαι, ᾿

s’en aller; cf. Bcass, in loco; ἀπήεσαν, forme rare et ici seulement dans le N. T. Luc paraît avoir une tendance à adopter les formes rares pour les aoristes, ἐξήεσαν, εἰσήει. Littéralement traduit, le texte dit que Paul et Silas, étant arrivés à Bérée, s’en allèrent vers la synagogue des Juifs, ce qui paraît indiquer que la synagogue était en dehors de la ville.

ÿ 11) οὗτοι ἤσαν εὐγενέστεροι τῶν ἐν Θεσσαλονίχῃ : εὐγενέστεροι, comparatif de εὐγενής, mieux né, noble, de haute naissance, honnête, vaillant. Ce terme s’applique donc à la race et aussi aux qualités morales; ici il désigne la noblesse de caractère et non la noblesse de race : les Juifs de Bérée n'étaient pas d’une autre race que ceux de Thessalonique. Ils étaient ἐπιειχέστεροι, Ourys. om. xxxvir, 1, plus modérés, équitables ; 115 étaient de sentiments plus nobles que les Juifs de Thessalonique — οἵτινες ἐδέξαντο τὸν λόγον μετὰ πάσης προθυμίας : étant d'esprit plus libéral, ces Juifs reçurent la parole, en tout empressement; ils ne la rejetèrent pas tout d’abord, mais au contraire ils l’examinêrent. τὸν λόγον signifie la parole de Dieu, τοῦ Θεοῦ, leçon de Εἰ, Il est difficile de comprendre comment Luther et Calvin ont pu croire que εὐγενέστεροι désignait les Thessaloniciens : « ceux-ci étaient les plus nobles des Thessaloniciens qui reçurent la parole ». Le contexte ne s'adapte pas à cette interprétation. ἀναχρίνοντες : participe présent de ἀναχρίνω, interroger, examiner, juger. Il est employé pour une enquête ‘judiciaire et aussi au sens général d'examiner soigneusement, de scruter. Le participe indique que cet examen était continu, répété, ce que dit nettement τὸ καθ᾽ ἡμέραν, lecon de BH LP Chrys., chaque jour, de jour en jour : l’article τό particularise la répétition et la constance de l'acte. Le sens est le même si l’on supprime l'article avec NADE 614; les deux formes se trouvent chez les classiques. Paul a donc dû rester quelque temps à Bérée. — τὰς γραφάς : les Juifs de Bérée scrutaient les passages des Écritures que Paul apportait pour prouver que le Messie devait souffrir, mourir et ressusciter. Ils jugeaient si l'interprétation qu'en donnait Paul était exacte, si vraiment ces passages se rapportaient à Jésus, si celui-ci les avait réalisés dans sa vie. L'examen a dû porter non seulement sur ces passages, mais sur toutes les Écritures. Les Juifs voulaient s'assurer que les enseignements de Paul étaient conformes à la doctrine de la Bible; c’est ce que fait ressortir le codex de Bèze lorsque, après εἴ ἔχοι ταῦτα οὕτως,

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