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518 ACTES DES APOTRES, XVIT, ce
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προθυμίας, (τὸ) χαθ᾽ ἡμέραν ἀναχρίνοντες τὰς ς γραφάς, εἰ ἔχοι ταῦτα οὕτως. 12. πολλοὶ μὲν οὖν ἐξ αὐτῶν ἐπίστευσαν, nai τῶν Ἰλληνίδων γυναικῶν τῶν εὐοχημόνων καὶ ἀνδρῶν οὐχ ὀλίγοι. 48. ὡς δὲ ἔγνωσαν οἱ ἀπὸ τῆς Θεσσαλονίχης ᾿Ιουδαῖοι ὅτι χαὶ ἐν τῇ Bepoia κατηγγέλη ὑπὸ τοῦ ἱ]αύλου ὁ λόγος τοῦ Θεοῦ, ἦλθον χἀχεῖ σαλεύοντες vai ταράσσοντες τοὺς ὄχλους. Îh. εὐθέως δὲ τότε τὸν Παῦλον ἐξαπέστειλαν οἱ ἀδελφοὶ πορεύεσθαι ἕως ἐπὶ τὴν θάλασσαν. ὑπέμειναν δὲ ὁ τε Σίλας χαὶ ὁ Τιμόθεος ἐχεῖ. 15. oi δὲ χαθιστάγοντες τὸν [Ἰαῦλον ἤγαγον ἕως ᾿Αθηνῶν, nai λαδόντες ἐντολὴν πρὸς τὸν Σίλαν χαὶ Τιμόθεον, ἵνα ὡς τάχιστα ἔλθωσιν πρὸς αὐτόν, ἐξήεσαν.
il ajoute καθῶς Παῦλος ἀπαγγέλλει, ce qui est une glose explicative. « Non enim tenebantur credere, imo prudenter credere non poterant initiis evangelii et Paulo novo praedicatori, nisi re examinata comperissent hanc praedicationem esse consonam verbo Deï et oraculis prophetarum » C. À Lapins.
εἴ ἔχοι ταῦτα οὕτως : ἔχοι, optatif présent de ἔχω : le présent optatif dans le discours iadirect représente d'ordinaire dans le N. T. l'indicatif présent de la forme directe, Burrow, p. 52. L’optatif est employé pour indiquer une simple possibilité, quelque &bose conçue dans l'esprit, Wiver. Les Juifs examinaient si ταῦτα, c'est-à-dire ces choses, dont il était discuté étaient ainsi que Paul l’affirmait; cf. 1 Cor. x, 25, 27. Les Juifs de Bérée, sachant se mettre ainsi au-dessus des préjugés de leurs coréligionnaires prouvaient la distinction de Leur esprit, leur libéralisme.
Ÿ 12) Luc nous donne le résultat de l'enquête des Juifs de Bérée. Beaucoup d'entre - eux, non tous cependant, crurent : le codex de Bèze précise les faits : τινὲς μὲν οὖν αὐτῶν ἐπίστευσαν, τινὲς δὲ ἠπίστησαν ; il semblerait que les Juifs se divisèrent en deux partis égaux.
Le succès des missionnaires fut grand auprès des Grecs. Parmi les convertis il y avait un assez grand nombre de femmes grecques et de Grecs, les uns et les autres de distinction. ἑλληνίδων et εὐσχηυόνων se rapportent à γυναιχῶν et à ἀνδρῶν ; c'est ce que fait ressortir le codex de Bèze : χαὶ τῶν Ἑλλήνων τῶν ebsynuôvwv ἄνδρες χαὶ γυναῖχες ἱχανοὶ ᾿ ἐπίστευσαν. Il n'est pas impossible grammaticalement que ces qualificatifs ne désignent que les femmes, mais alors que seraïent ces ἀνδρῶν 1] semble que ces femmes et ces hommes étaient de ceux qui fréquentaient la synagogue, les adorant Dieu, puisque e’est par suite de l’enseignement de Paul à la synagogue qu'ils ont été convertis. Les Grecs gentils ne sont pas cependant exclus. Un de ces Grecs de distinction fut Sopater, fils de Pyrrhus, le seul dans les Actes, xx, # qui, suivant la coutume grecque, est distingué par le nom de son père, πατρόθεν --- ὀλίγοι, au pluriel masculin à cause de ἀνδρῶν, mais désigne aussi les femmes.
ἢ 13) ὡς δέ : expression lucanienne, xvi, 10, 15. Comme ils l'ont fait à Iconiam et à Thessalonique, les Juifs continuent à poursuivre Paul : apprenant que la parole de Dieu avait été annoncée à Bérée, ils viennent dans cette ville parce qu’on y avait cru à la parole évangélique, ainsi que l'indique le codex de Bèze : ὅτι ὃ λόγος τοῦ Θεοῦ χαταγγέλη εἰς Βέροιαν καὶ ἐπίστευσαν xdnet σαλεύοντες : xduet doit être joint à σαλεύοντες et non à ἦλθον; ce n'est pas sur leur arrivée à Bérée que Luc porte l'attention mais sur l’agitation de cette ville — σαλεύοντες, agiter, ébranler; ταράσσοντες, remuer, bouleverser : ces deux termes ont des sens communs et forment presque pléonasme ; ils sont au participe présent quoique l'action exprimée soit corrélative à celle de ἦλθαν, à l'aoriste. Τὸ et des minuscules suppriment ταράσσοντες. De ce fait il résulte que les Juifs étaient nombreux à Bérée, On ἃ remarqué que les monnaies de cette ville ne portaient aucun signe où symbole païen, ce qui prouve que les magistrats de la ville ne voulaient offenseren aucune manière les sentiments de la population juive. Après ὄχλους D Pesch,
[pour savoir] s'il en était ainsi. 12. Beaucoup donc d’entre eux crurent, ainsi que des femmes grecques de distinction et des hommes en assez grand nombre. 13. Mais quand les Juifs de Thessalonique surent qu’à Bérée la parole de Dieu était aussi annoncée, ils y vinrent, agitant et même troublant la foule. 14. Et alors aussitôt les frères firent partir Paul pour aller jusqu’à la mer, mais Silas et Timothée restèrent là. 15. Et ceux qui accompagnaient Paul le conduisirent jusqu’à Athènes. Et après avoir recu pour Silas et Timothée l’ordre de venir vers lui le plus tôt possible, 115 s’en retournèrent.
ajoutent οὐ διελίμπανον, non cessebant ἃ, ce qui indiquerait que les troubles auraient duré quelque temps, ce qui est contredit par le εὐθέως du Ÿ suivant.
Ÿ 14) τότε après εὐθέως fait ressortir que, dès que l'agitation commença, aussitôt on fit partir Paul; pour couper court et de suite à cette agitation qui pouvait troubler la ville les frères firent partir Paul, ἕως ἐπὶ τὴν θάλασσαν. Le sens de cette expression n’est pas clair. ἕως ἐπὶ τὴν θάλασσαν, leçon de KABE 13 40 61 VIg. Pesch. Boh., pourrait signifier, aussi loin que vers la mer, jusque vers la mer, — l'expression est prégnante, RADEëR- MACHER — ou si nous lisons ὡς ἐπὶ τὴν θάλασσαν, expression classique, leçon de HLP 614, comme à la mer pour marquer la direction. Les conducteurs de Paul pour dérouter les ennemis de celui-ci auraient fait semblant de le conduire à la mer, maïs en réalité ils le conduisirent de terre à Athènes. C’est ce que semble indiquer le ÿ suivant : ἤγαγὸν αὐτὸν ἕως ᾿Αθηνῶν, car si Paul ἃ pris la route de mer on ne peut dire que ses compagnons l’ont conduit à Athènes.
Le codex de Bèze affirme que tout au moins Paul traversa la Thessalie. ἤγαγον ἕως
. ᾿Αθηνῶν" παρῆλθεν δὲ τὴν Θεσσαλίαν. ἐχωλύθη γὰρ εἰς αὐτοῦς κηρύξαι τὸν λόγον. Mais si Paul a
traversé la Thessalie comment Luc n’a-t-il pas nommé les villes importantes de Larisse et de Pharsale où Paul ἃ dù passer et puis, quelle raison ἃ pu engager Paul et ses compagnons à faire ce long trajet par terre, plus de 250 milles romains, ce qui exigeait un voyage de douze jours, tandis que par mer ils pouvaient être à Athènes
en trois jours? En tout cas, quelle qu’ait été la façon de voyager de Paul, il a dû
tout d’abord suivre le littoral de la mer et s’embarquer à Dium, port au pied du mont Olympe, où conduit la route de Bérée. Π a pu s’embarquer aussi à Pydna ou à Methon — ὑπέμειναν δὲ ὅτε Σίλας χαὶ ὁ Τιμόθεος τε : Silas et Timothée qui n'étaient pas en butte à l'hostilité des Juifs demeurèrent à Bérée pour rester en rapport avec la communauté de Thessalonique, ce qui était beaucoup à cœur à Paul. — Τιμόθεος : Timothée est mentionné ici, mais nous ne savons pas comment il est arrivé à Bérée.
Ÿ 15) οἱ δὲ χαθιστάνοντες, lecon de AB 25, de χαθιστάνω a le même sens que χαθιστῶντες, leçon de D NEHLP 614, les conduisant : qui deducebant, Vlg. ; ce verbe est employé seulement ici dans ce sens; cf. Wersrein pour les classiques. Ce terme indique que les disciples étaient là pour le guider et 16 protéger — ὡς τάχιστα : ici seulement dans le N. T, : a lingua elegantiori, BLrass., D a ὅπως ἐν τάχει, Paul ordonne à Silas et à Timothée de venir le rejoindre le plus tôt possible à Athènes.
Donc, d’après les Actes, Silas et Timothée, demeurés à Bérée, auraient recu de Paul l’ordre de venir le rejoindre à Athènes le plus tôt possible. Or, d’après les Actes, xvin, 1-5, ils ne l'avaient rejoint qu’assez longtemps après à Corinthe. Mais d’après la première épître aux Thessaloniciens, 11, 1, 2, Timothée était avec Paul à Athènes et il fut envoyé de cette ville à Thessalonique pour avoir des nouvelles de la communauté
δ20 ACTES DES APOTRES, XVII, 16-17.
Sn ἢ
δ, θεωροῦντος χατείδωλον οὖσαν τὴν πόλιν. 17. Nero μὲν οὖν ἐν τ
thessalonicienne. Diverses hypothèses ont été présentées pour expliquer ces mouvements en apparence divergents. — D’après Wendt, Timothée, avant de recevoir l’ordre de rejoindre Paul à Athènes, avait reçu celui de se rendre à Thessalonique. Paul pouvait donc dire qu'il était seul à Athènes, puisqu'il avait envoyé Timothée à Thessalonique. — J. Weïss pense que Silas et Timothée sont venus rejoindre Paul à Athènes; Timothée fut envoyé de là à Thessalonique et lorsque Paul partit d'Athènes pour aller à Corinthe Silas resta seul à Athènes pour attendre Timothée et rejoindre avec lui l’Apôtre à Corinthe. — Felten croit aussi que Silas et Timothée ont rejoint d’abord l'Apôtre à Athènes; puis Silas fut envoyé à Philippes ou plus probablement à Bérée et Timothée . à Thessalonique. Tous les deux quittèrent ensemble la Macédoine et rejoignirent Paul à Corinthe. — Pour Loisy, Paul quittant tranquillement Bérée après un ministère fructueux, y laissait provisoirement Silas pour achever d'organiser la fondation, et emmenait avec lui Timothée à Athènes; les nouvelles qu’il y reçut bientôt de Thessalonique le décidèrent à y envoyer Timothée; comme Timothée devait rester quelque temps à Thessalonique, et que Paul n'avait pas sans doute intention de s’éterniser à Athènes, il est probable que Timothée avait la consigne de prendre en revenant, Silas à Bérée, afin de rejoindre avec lui l’Apôtre à Corinthe, — L'hypothèse la plus plausible et la plus généralement soutenue suppose que Timothée, parti le premier de Bérée, aurait rejoint Paul à Athènes. Puis, envoyé par ce dernier à Thessalonique, il aurait pris Silas au retour en passant à Bérée et tous les deux auraient rejoint Paui à Corinthe.
xXvII, 16-21 : PAUL À ATHÈNES.
Avant d'aborder le commentaire sur le séjour de Paul à Athènes, rappelons l’appré- * ciation d’E. Curtius sur ce récit : « Je suis convaincu, écrit-il, Paul in Athen, que quiconque, dégagé de toute théorie, et se laissant influencer par le récit des Actes, . échappera difficilement à cette impression que les événements ont été décrits par un témoin bien informé et véridique. Quelle abondance de matière historique est contenue dans les seize versets de ce chapitre! Quelle profondeur de sens et quelle individualité! Quelle plénitude de νἱθ !... Pour bien comprendre ce récit, il faut être familier avec la vie à Athènes. »
ÿ 16) Ἐν δὲ ταῖς ᾿Αθήναις : Bien que mise à sac par Sylla, en l’an 50 av. J.-C., Athènes conservait encore au temps de Paul de beaux restes de son ancienne splendeur; elle était avec Alexandrie la capitale intellectuelle du monde romain. Elle méritait toujours l'éloge de Cicéron, de Orat. τ, ἃ : Athenae omnium doctrinarum inventrices; elle était encere le joyau de la Grèce : ὅπερ γὰρ ἐν ὀφθαλμῷ χόρη ἤ ἐν ψυχῇ λογισμὸς τοῦτ᾽ ἐν Ἑλλάδι Αθῆναι, Puizon, Quod omn. prob. liber, IT, Ὁ. 467. Malgré les vols des administrateurs romains, elle était encore en possession de presque tous ses chefs-d'œuvre, monuments, temples, statues. Autrefois capitale de l’Attique, elle faisait partie, au temps de Paul, de la province d’Achaïe, dont Corinthe était la capitale. Elle était urbs libera, et se gouvernait par ses propres lois. Elle fut visitée par l’apôtre Paul maïs ne joua en réalité * aucun rôle dans la propagation du christianisme. Paul ne semble pas y avoir fait de nombreux convertis; cf. xvir, 34, et nous n'avons aucune lettre qu'il aurait écrite à l’église d'Athènes.
A Athènes, Paul entraiït dans une autre province romaine, l’Achaïe. Ramsay, op. cit, p. 237 fait ressortir combien la scène est décrite avec précision à Athènes — ἐρδεχοιιν
16. Pendant que Paul les attendait à Athènes son esprit s'irritait en luimême en voyant cette ville remplie d’idoles. 17. I1 discutait donc dans la synagogue avec les Juifs et avec 165 [hommes] adorant Dieu et sur
vou αὐτοὺς τοῦ Παύλου : part. prés. de éxdéyouat, recevoir, saisir, n’est pas employé dans ce sens dans le N:-T., mais dans celui d'attendre, fréquent dans Paul, rare chez les classiques. Silas et Timothée avaient dû rejoindre Paul à Athènes, peu de jours après son arrivée dans cette ville. Ils n’apportaient pas des nouvelles favorables de Thessalonique, permettant à Paul de retourner dans cette ville. L'apôtre renvoya donc Timothée à Thessalonique pour affermir les chrétiens et Silas probablement à Philippes; il les attendrait à Athènes. Il semble que Paul avait l'intention de rester dans cette ville seulement jusqu'à l’arrivée de ses compagnons, mais son zèle apostolique ne pouvait rester inactif; il était d’ailleurs excité par tout ce qui l’entourait — παρωξύvero, imparfait passif de παροξύνω, irriter, exciter, exaspérer. Paul était indigné, enflammé de colère et aussi pénétré de douleur à la vue de tous ces monuments élevés à la gloire des faux dieux. Dans les Septante ce terme signifie brûler de colère, Osée, vint, 5. Τί οὖν ἐστι, παρωξύνετο; ἀντὶ τοῦ διηγείρετο" ὀργῆς γὰρ καὶ ἀγαναχτήσεως πόῤῥω τὸ χάρισμα. οὐχ ἔφερεν ἀλλ᾽ ἐτήχετο, CHRYSOSTOME, Aom. XXXVIHI, 2. --- παρωξύνετο τὸ πνεῦμα αὐτοῦ ἐν αὐτῷ; périphrase hébraïque, Ze. 1, 47. Paul ἃ employé la même expression, I Cor. 11, 11; εἰ μὴ τὸ πνεῦμα τοῦ ἀνθρώπου τὸ ἐν αὐτῷ; Rom. 1, 9; vi, 16, etc. Son esprit était poussé au paroxysme, comme les esprits des anciens prophètes en face de l'idolâtrie. — θεωροῦντος, de θεωρέω, plus expressif que 6péw, signifie observer, examiner, contempler. — κατείδωλον οὖσαν τὴν πόλιν, ne signifie pas idolis deditam, Vlg., mais remplie d'idoles, Le mot est régulièrement formé comme xatéèevdpos, rempli d'arbres, κατάμπελος, rempli de vignes, où χατά a le sens intensif. Aucun mot ne pou-
vait être mieux choisi pour exprimer l'aspect que présentait Athènes à Paul se pro-: :
menant à travers la ville, Au témoignage même des écrivains profanes, elle était remplie d’idoles. « Athenas inde, [ventum est], écrit Tite-Live, xzv, 27, plenas quidem et ipsas vetustate famae, multa tamen visenda habentes... simulacra deorum hominumque omni genere et materiae et artium insignia, Tire-Luive, xLv, 27. Pausanias, Attic. xvir, 24, déclare qu’Athènes à elle seule ἃ plus de statues de dieux que la Grèce entière. Pétrone, Sat. 1, 17, remarque avec ironie qu’il était plus facile de trouver à Athènes un dieu qu’un homme. Xénophon, de Republ. Athen., appelle Athènes un grand autel et un grand sacrifice aux dieux : ὅλη βωμός, ὅλη θῦμα, θεσὶς χαὶ ἀνάθημα, Concluons avec saint Chrysostome, om. xxxvint, où γὰρ ἣν ἀλλαχοῦ τοσαῦτα ἰδεῖν εἴδωλα. Cf, WETSTEIN, ir loco. Apollonius de Tyane, qui visita Athènes, à peu près à la même . époque que Paul, y éprouva les mêmes impressions : τὴν μὲν δὴ πρώτην διάλεξιν, ἐπειδὴ φιλοθύτας τοὺς ᾿Αθηναίους εἶδεν, ὑπὲρ ἱερῶν διελέξατο, PaiLosTRaTr, Vie d’Apollonius de Tyane, IV, 19. ΜΕ
Aux yeux d'un Juif pour qui toute représentation de la figure humaine était odieuse, ces statues étaient des figures défendues, et l'on comprend quelle irritation a dû ressentir Paul à leur vue.
ÿ 17) οὖν, donc, non en conséquence de son séjour à Athènes, mais à cause de son indignation à la vue de tous ces simulacres des faux dieux : διελέγετο, il discutait, il conférait: cf. xvn, 2; ce verbe gouverne le datif, τοῖς Ἰουδαίοις. puis l’accusatif, πρὸς τοὺς παρατυγχάνοντας; οἵ. Mo. 1x, 84. — ἐν τῇ συναγωγῇ. Il ne semble pas qu’il y ait euun grand nombre de Juifs à Athènes. Hérode Agrippa I, dans sa lettre à Caligula, Puizon, Leg. ad Cajum, 36, mentionne des colonies juives dans l’Attique, à Argos, à Corinthe, mais aucune à Athènes. On y a relevé cependant des inscriptions funéraires sur des
Ca
ὩΣ ἀπ | " x > = > : Ν συναγωγῇ τοῖς ᾿Ιουδαῖοις χαὶ τοῖς σεθομιένοις χαὶ ἐν τῇ ἀγορᾷ χατὰ πᾶσαν ἡμέραν πρὸς 2 A x = ? = τοὺς παρατυγχάνοντας. 18. τινὲς δὲ χαὶ τῶν ᾿Εἰπιχουρίων χαὶ Σιτοϊχῶν φιλοσόφων, συνέδαλλον αὐτῷ, nul τινες ἔλεγον. Τί ἂν θέλοι ὁ σπερμολόγος οὗτος λέγειν; oi δέ"
tombeaux de Juifs ; cf. Scaürer, 1, 391, n. 72; 724, n. 61. Il y avait une synagogue, ce qui suppose un certain nombre de Juifs. On croit que cette synagogue était située au pied de l’'Hymette, dans l’ancien district de Koropus; cet emplacement est douteux. — Paul se rendit donc en premier lieu à la synagogue des Juifs où il discuta, les jours de sabbat, avec les Juifs et les adorateurs de Dieu, σεδομένοις, mais il se rendit aussi à l'Agora, où il causa chaque jour, χατὰ πᾶσαν fuépav, avec ceux qui s’y trouvaient, πρὸς τοὺς παρατυγχάνοντας, ici seulement; participe présent de παρατυγχάνω, être présent, se trouver à, être présent par hasard, forte obvius sum. C'était le rendez-vous des peuples étrangers; illa colluvies nationum, dit Tacite, Ann.u, 55, en parlant d'Athènes. Il y avait à Athènes plusieurs places publiques, mais à proprement parler il n'y avait qu’une ’Ayood, le Κεραμειχός, situé dans la vallée, limitée par les quatre collines : l’Acropole, l’Aréopage, le Pnyx et le Museum. Ses dimensions ont varié dans le cours des âges, mais il a toujours compris à l’ouest la Ztoé Iloæfn, lieu de réunion et de discussion des philosophes et des rhéteurs.
ÿ 18) Sur l'Agora Paul rencontra des philosophes épicuriens et stoïciens. Les Épicuriens, disciples d'Épicure, 347-270 avant J.-C., enseignaient que le monde était composé d’atomes et que tout, même l'âme de l’homme, résultait de leur rencontre fortuite. La matière, selon eux, est donc le principe universel de toutes choses. Les âmes sont composées d’atomes plus subtils et plus mobiles que les corpuscules qui composent les corps. — L'origine de toute connaissance est la sensation qui n’est qu’une impres-
sion organique. « L'idée universelle n’est que le souvenir de plusieurs sensations sem- blables. » Diocène Larrce, de vitis, dogmatibus, x, 33. — Pour Épicure le but principal de la vie, c’est le bonheur. IL est double : il est calme, exempt d'inquiétude, stable, ἐν στάσει, c’est le plaisir de l'esprit qui consiste à jouir de soi dans un état sans trouble, dans l’ataraxie, ἐν ἀταραξία, et à vivre dans l’apaisement de tout désir. Il est vif aussi, mobile, ἐν χινήσει; c'est le plaisir des sens, vite épuisé et fécond en douleurs. Pour atteindre le bonheur il faut maitriser ses désirs et pratiquer la vertu, non pour ellemême mais en vue du plaisir qu'elle procure. — Ce calme de l’âme peut être atteint par la délivrance la de crainte de la mort et des dieux. L’homme n’a pas à redouter les tourments de l’autre vie, parce que l’âme étant matérielle se dissout avec le corps : l’immortalité est une chimère. Il n’a pas non plus à craindre ou à honorer les dieux, parce que les dieux impassibles ne s'occupent pas de l'univers; il n’y a aucune relation entre l’homme et les dieux.
Les Stoïciens, disciples de Zénon, 340-260 avant J.-C., enseignaient une philosophie radicalement opposée à celle des Épicuriens. Tandis qu'Épicure place le bonheur dans le repos, dans la détente, ἄνεσις, de l’âme et du corps, Zénon le fait consister dans la tension, τόνος, et dans l'effort. Au lieu que la doctrine épicurienne réduit au hasard du clinamen l'ordre des choses, le système stoïcien attribue à la raison divine la nécessité inéluctable de tous les événements. Épicure relègue les dieux dans les intermondes, Zénon admet une sorte de panthéisme universel. — Pour le Stoïcien le feu est la première cause, le premier élément qui, passant à travers l’air et l'eau, forme le monde. Toute chose est subordonnée à la vertu, à ἀρετή, et pour atteindre celle-ci il est nécessaire de vivre conformément à la nature, ζῆν ὁμολογουμένως τῇ φύσει, c'est-à-dire en suivant les lois de l’univers et de la raison. Toute autre chose, plaisir, douleur, santé sont indifférentes, ἀδιάφορα, et en face de tout le Stoïcien était impassible, — Les Stoïciens
ACTES DES APOTRES, xXVi1, 17-18. 523
l’Agora tous les jours avec ceux qui se rencontraient. 18. Or, quelques-uns des philosophes épicuriens et stoïciens conféraient avec lui ; les uns disaient : Que veut dire ce ramasseur de grains (discoureur)? Et d’autres : Il paraît
enscignaient que Dieu était immanent dans toutes les choses créées et qu’à la mort l'âme
de l’homme retournait à la grande âme divine. Ils étaient panthéistes, et pour eux ἢ
n'y avait pas d'autre vie après la mort. Leur croyance panthéiste les conduisait à la
fraternité universelle. Sans parler des philosophes cyniques, dont les doctrines étaient à la base du stoïcisme, il y avait encore à Athènes deux autres écoles philoso-
phiques, les Péripatéticiens, disciples d’Aristote et les Académiciens, disciples de
Platon. Ils ne sont pas mentionnés par Luc, parce que probablement Paul ne les a
pas rencontrés sur l’Agora. Ces écoles étaient en décadence à cette époque. Luce n’a
cité que les Épicuriens et les Stoïciens parce que c'était les philosophes influents à
cette époque. Il les a peut-être choisis en souvenir des écoles juives : les Épicuriens lui rappelaient les Sadducéens et les Stoïciens les Pharisiens.
συνέδαλλον αὐτῷ, mot particulier à Luc qui l’a peut-être emprunté à Polybe : imparfait de συνδάλλω, mettre ensemble, se réunir, se rencontrer; par extension, avoir une conférence, discuter. L'imparfait marque une action d’une certaine durée et non quelque chose de transitoire, si l’on traduit συνέδαλλον αὐτῷ par le rencontraient. χαὶ τινες... of dé, prouve d’ailleurs qu'il s'agissait d’une discussion. — καὶ τινες... οἱ δέ : τινες remplace ici le μέν classique.
Les deux réflexions qui suivent sont attribuées aux philosophes : la première aux Épicuriens, la seconde aux Stoïciens. Zénon, de l’école épicurienne a employé le terme ὀπερμολόγος. Il semblerait cependant que ces philosophes ont dû mieux comprendre les doctrines que soutenait Paul et que celui-ci a dû les leur exposer assez clairement pour qu'ils les comprissent. Il serait donc possible que ces réflexions fussent le fait de la
. populace de l’Agora. -
La question : τί ἂν θέλοι, en très bon grec, RApermACHER, 128, rappelle l'expression latine, quid sibi ναἱῇ. -- θέλοι, est à l’optatif, au mode potentiel, employé dans la proposition délibérative. L’optatif potentiel se trouve seulement dans Luc; cf. x, 17, et Le. vu, 81. L'interrogation avec le mode potentiel est beaucoup plus réservée dans la forme que l'interrogation avec l'indicatif. On se sert de l'optatif avec ἄν pour exprimer ce qui arriverait si la condition supposée était accomplie. C’est donc une apodose dont la protase est exprimée ou sous-entendue. Ici, la protase non exprimée est : si nous l’écoutions, où si ses paroles avaient une signification, Burrow, 79. Cette forme est dans Luc un reste de la langue littéraire.
Étymologiquement, σπερμολύγος, vient de σπέρμα λέγειν, ramasser des semences, des graines. Pris comme adjectif, il signifie qui cueille des graines, qui ramasse pour vivre les grains ou les denrées épars sur le marché : ἐξ οὗ οἱ ᾿Αττιχοὶ σπερμολόγους εχάλουν τοὺς περὶ ἐμπόρια χαὶ ἀγορὰς διατρίδοντας διχ τὸ ἀναλέγεσθαι τὰ ἐχ τῶν φορτίων (φασίν) ἀπορρέοντα χαὶ διαζῆν, Eusrarmios, Onvssér, v, 490. Au figuré, il signifie celui qui ramasse les plaisanteries les plus usées. Substantivement il désigne tout d'abord le moineau ou la corpeille moissonneuse ou tout autre oiseau recueillant les grains répandus sur le sol; de là, il signifie bouffon, parasite, jaseur, occupé à recueillir partout des mots, bons ou mauvais, pour les répéter ensuite à tort et à travers. C’est ainsi que Démosthène, 269, qualifiait Eschine de σπερματολύγος, περίτριμμα ἀγορᾶς, vil intrigant, usé sur la place publique, individu qui grignotte des lambeaux de nouvelles, les débite et en parle abondamment sans les comprendre. Du sens primitif d'homme qui ramasse sur la place publique les grains où les débris pour s’en nourrir, on ἃ passé à celui de mendiant, de flatteur, de parasite, d’individu qui vit aux dépens des autres, puis à celui
22 S ΄ S S \ 3 ACT 5 2) χε δῇ τ δ. “ἡ Le ζενὼν οαιμόνιὼν OOXEL χαταγγελεὶ ς εἰναι ὅτι τὸν Ἰησοῦν AA τὴν ἀνάστασιν εὐηγγε-
- A 7, Da .
Aero. 19. EAubbmevol τε αὐτοῦ ἐπὶ τὸν Ἄρειον πάγον ἤγαγον, λέγοντες᾽ Δυνάμεθα
d'homme qui recueille les pensées des autres, en vit, bref est un plagiaire, ou encore qui colporte les nouvelles recueillies çà et là un bavard, un homme qui recueille des bribes de pensées et se fait une réputation en les répétant. τὸ σπερμολογεῖν ἐπὶ τῶν ἀλαζογευομένων ἀμεθόδως ἐπὶ μαθήμασιν ἔχ τινων παραχουσμάτων, Eusraraivos, p. 1547, 52. Les philosophes athéniens, orgueilleux et pleins d'eux-mêmes tenaient Paul pour un vain discoureur. — σπ τρμολόγος proprie avis minuta, tum apud Atticos levis et futilis locutor, vel ὁ εὐτελὴς χὰ εὐχαταφρόνητος ἄνθρωπος, DEMOsTHÈNE, ΧΥ͂ΠΙ, 127, οἵ. WETSTEIN, ΚΎΡΚΕ, 11, 85.
Ramsay soutient que nous ne trouvons nulle part dans les classiques ce mot
employé pour désigner un bavard, un babillard; c'était un terme de l’argot athénien
qui désignait un homme ignorant, un vulgaire plagiaire, vivant en dehors des cercles
littéraires. L'auteur a dû entendre ce terme de la bouche des Athéniens. Cf. WETSTEIN,
BETHGEN. — οὗτος est ici un terme de mépris, comme le latin iste. οἱ δέ" ξένων δαιμονίων δοχεῖ χαταγγελεὺς εἶναι : ξένων δαιμονίων pourrait être un pluriel de
Catégorie, comme dans 771. n, 20, mais les philosophes faisaient bien allusion à plu-
sieurs dieux. Pour les Athéniens Paul paraît être un annonciateur, un prédicateur de divinités étrangères, c'est-à-dire inconnues ou nouvelles, χαινὰ δαιμόνια, comme disent:
les Grecs. C'est l'accusation portée autrefois contre Anaxagoras et Protagoras et surtout contre Socrate . ἀδιχεῖ Zuwxpézns οὺς μὲν ἣ πόλις νομίζει θεοὺς οὐ νομίζων, ἕτερα δὲ χαινὰ
δαιμόνια εἰσηγούμενος, XÉNoPHoN, Memor. 1,1. Josèphe, Contra Ap. τι, 38 parle d'une prêtresse condamnée à Athènes, ὅτι ξένους ἐμύει θεούς. A Athènes, l'introduction de divinités étrangères était un crime digne de mort, si de ce fait on troublait la religion
de l'État en voulant détruire les dieux de la cité. Nous ne voyons pas que Paul ait été
accusé de ce crime d’impiété, ἀσέθεια; il semble qu’il a été appelé seulement à rendre compte de sa doctrine.
δαιμονίων : ce terme placé dans la bouche des Athéniens est entendu au sens grec de divinités bonnes ou mauvaises, et non, au sens juif, d'esprit et surtout d’esprits mauvais, de démons. Saint Chrysostome explique le sens de ce terme : δαιμόνια τοὺς θεοὺς αὐτῶν ἐχάλουν’ ἦσαν γὰρ αἱ πόλεις δαιμόνων πλήρεις, Ποηϊ. ΧΧΧΥΠΙ, 2.
ξένων δαιμονίων sont au pluriel parce qu’on pense que Paul enseignait Jésus et le Dieu vivant ou plutôt parce qu'il enseignait Jésus et la Résurrection. δοχεῖ pour l’attique owe: la construction personnelle avec le sujet de l’infinitif au nominatif est réguliérement employée dans le N. T. avec δοκεῖ, BURTON, 153.
χαταγγελεύς, ici seulement dans le N. T., non classique. τὸν Ἰησοῦν χαὶ τὴν ἀνάστασιν,
ΟἿ Ÿ 31. Sonor. ὡς θήλειαν ταύτην θεὸν νομίζοντες ἐχωμῴδουν, Il est possible que les
Athéniens aient cru que Paul préchait deux divinités, Jésus et Résurrection. Cicéron nous apprend, de Legibus τι, 15, qu’à l’instigation d'Epiménide les Athéniens avaient élevé des temples à la Contumélie et à l’Impudence. IL y avait sur l’Acropole un temple dédié à la Victoire. Les Athéniens avaient aussi des autels élevés à la Pitié, à la Modestie. L'emploi de l’article devant les deux mots justifierait cette opinion,
appuyée sur ce fait que Paul paraissait être le prédicateur des divinités Jésus et la Résurrection, laquelle serait une déesse. Saint Chrysostome est de cet avis : χαὶ γὰρ τὴν ᾿Ανάστασιν θεὸν εἶναι ἐνομίζον, ἅτε εἰωθότες χαὶ θηλείας σέδειν, Hom. xxxvin, 1. Oecumenius, Renan, Overbeck, Felten, Knabenbauer sont de cette opinion. Hackett cepen-
dant fait remarquer que cette opinion suppose que l’enseignement de Paul avait dû
être bien obscur pour donner lieu à une si grossière méprise.
τὴν ἀνάστασιν : Cette expression indique qu’il s’agit de la résurrection générale.
être un prédicateur de divinités étrangères, parce qu’il annonçait Jésus et la Résurrection. 19. L’ayant pris, ils le conduisirent sur (à) l’Aréopage,
Luc aurait ajouté αὐτοῦ —, ce qu'ont fait quelques MM, — s’il avait été question de la résurrection de Jésus. Mais le discours qui suit prouve que Paul démontre la résurrection générale par la résurrection de Jésus.
Après εὐηγγελίζετο NA E H P L 614 Pesch. ajoutent αὐτοῖς, omis par BLP pl. min. Le codex de Bèze et Gigas ont omis ce dernier membre de phrase : ὅτι τὸν Ἰησοῦν χαὶ τὴν ἀνάστασιν εὐηγγελιζετο αὐτοῖς. Blass suppose que celui-ci a été ajouté dans le texte oriental par un scribe qui ajoutait tout ce qui lui paraissait nécessaire ou utile aux lecteurs : cf. xiv, 12; xvur, 8. Il semble plus probable que ce membre de phrase a été omis par un scribe qui avait scrupule de placer Ἰησοῦς parmi les δαιμόνια. Ramsay, S1. Paul, p. 242, tient cette phrase pour étrangère à la manière de Luc; ce serait probablement une glose, suggérée par xvnr, 32.
Ÿ 19) ἐπιλαδόμενοί τε αὐτοῦ, apprehensum eum, Vig; participe aoriste 2 moyen de ἐπιλαμδάνω, se saisir de, s'emparer de, tenir; dans le N. T. comme dans le grec classique,
il est employé dans un sens favorable ou défavorable, sans violence ou avec violence.
La signification du terme sera donc fixée par le contexte. Ici, il dépendra du sens que l’on donnera à "Aperos πάγος; s’il désigne la colline de Mars où Paul ἃ été conduit
pour y être entendu plus tranquillement, ἐπιλαδόμενοι signifiera qu’on l’a pris amicale-
ment par la main — καί μου λαθόμενος τῆς χειρός, PLATON, Charmide, 153b pour l'y conduire; cf. 1x, 27, où le texte est suivi comme ici de ἤγαγον. Mais s’il s’agit du tribunal de l’Aréopage où Paul devait se justifier d’une accusation, le sens serait qu'il ἃ été saisi violemment pour être amené devant le tribunal; il y aurait eu arres+ tation. C’est ce qu'indique la Vulgate. Mais alors quel serait le sujet de ἐπιλαδόμενοιϑ
On ne voit pas les philosophes, dont il est seulement parlé ici, faisant office de gens
de police.
ἐπὶ τὸν "Ἄρειον πάγον ἤγαγον : Paul a-t-il été conduit sur la colline d’Arès ou devant le tribunal dont le nom complet était à τῶν Ἀρεοπαγίτων βουλή Chacune des deux opinions est soutenue par des exégètes compétents. 1° De prime abord, le texte est en faveur de la première opinion. ἐπί avec l'accu-
satif a un sens local et signifie sur, avec mouvement. Paul fut conduit sur l’Aréopage,
colline située à l’ouest de l’Aéropole, où, au temps de la république athénienne, Ἢ
siégeait le tribunal qui jugeait les causes criminelles. Il n’a pas été traduit devant un tribunal, car il n’y ἃ pas eu de procès, bien que saint Chrysostome l'ait pensé : Ce fut moins pour l’entendre que pour le faire punir qu'ils le menèrent à l’Aréopage, Hom. ΧΧΧΥΠΙ, 1.
Il n’y a eu ni enquête, ni convocation de l'accusé, ni acte d'accusation, ἀσεδείας
γραφή, ni jugement, ni sentence portée. Le discours de Paul est un exposé philoso- À
phique et religieux et non un plaidoyer pour sa défense. Il ne s’y adresse pas aux . Aéropagites, mais aux Athéniens en général; son discours est populaire. Il est … renvoyé de l'Aréopage avec un sans-gêne assez dédaigneux : Nous t’entendrons làdessus encore un autre jour, xvu, 32, et Paul s’en alla libre. Ceci posé, on peut croire que la colline de l’Aréopage a été choisie comme un endroit mieux adapté à un auditoire restreint de philosophes. Luc ne parle pas d’une nombreuse assemblée, mais de quelques Épicuriens et Stoïciens qui discutent avec lui. Il est bien possible que ceux-ci aient voulu le conduire sur l’Aréopage, vers un lieu plus tranquille, moins bruyant que le marché pour y entendre l'exposé des choses extraordinaires qu'il enseignait. Zahn réduit le nombre des auditeurs à une douzaine.
.. ἢ € ᾿ €! € e Qi AE Ἃ Ζ LP £/ > 2 υνῶναι τίς ἡ χαινὴ αὕτη ἡ ὑπὸ σοῦ λαλουμένη διδοχή; 20. ξεγίζοντα γάρ τινα εἰσφέρεις ; ι € - ὧν ΚΣ nd 2" > 2 - Χ εἰς τὰς ἀχοὰς ἡμῶν" βουλόμεθα οὖν γνῶναι τίνα θέλει ταῦτα εἶναι 91. ᾿Αθηναῖοι δὲ [14
4 \ en T S - ee LA 92 NY ᾽ , s\ Le LU > 4 RAVTES HA! οἱ ÉTRLONHOUVTES ξένοι εἰς ουοθν ἕτερόν νγαιροὺν Ἢ λέγειν τι ἢ αὐγὐοῦειν TL χαινότερον.
20 L’argument lexicologique n’est pas de tout repos. Au temps hellénistique les prépositions sont interchangeables : ἐπί est quelquefois employé pour εἰς; cf, BLass, p. 293. De plus Curtius ἃ démontré que ἐπέ avec l’accusatif est le terme employé pour signifier une venue où une conduite devant une cour de justice : ἤγον δὴ μῖν οἱ πυλουροὶ ἐπὶ τὰ χοινά, HÉRODOTE, ΠΙ, 156; καταστάντες (au sens de deducti ou de producti) ἐπὶ τοὺς ἄρχοντας; Cf. vin, 79, στὰς ἐπὶ τὸ συνέδριον. Quand 1] n’y ἃ pas mouvement, ἐπί, avec le génitif est employé au sens de coram, ἐπὶ βασιλέως.
Dès l'antiquité, on avait d’ailleurs la coutume d'employer le nom de la colline où siégeait le tribunal pour le tribunal lui-même. Blass a soutenu que "Ἄρειος πάγος n’a jamais été employé sinon pour marquer un lieu. Or, Cawadias, Fouilles d'Epidauros, 1, p. 68, n°206, reproduit une inscription où Ἄρειος πάγος désigne le tribunal. Cicéron, Att. 1, 14, 5, explique que dans la conversation au lieu du nom complet de à ἐν Ἀρείῳ πάγῳ βουλή on abrégeait en désignant le tribunal par le terme l’Areopagos. Sénèque affirme nettement ce fait. Parlant d'Athènes, il l’a qualifiée ainsi : In qua civitate erat Areos pagos, religiosissimum iudicium.
Paul fut donc probablement conduit devant le tribunal de l’Aréopage qui tenait ses séances à la Στοὰ βασίλιχη. Il n’y aurait pas eu un procès, à proprement parler, mais une sorte d'enquête. L’Apôtre est conduit devant le tribunal, auquel incombaït le jugement sur les choses religieuses, afin que celui-ci recherchât s’il y avait lieu de juger cet étranger, prêcheur de choses extraordinaires.
Supposer maintenant que ”Apeuws πάγος désigne tout à la fois 16 lieu et le tribunal
est une solution que le texte ne prouve pas, sauf peut-être ÿ 22. Elle ne résout pas
les difficultés que soulève chacune des deux hypothèses. δυνάμεθα γνῶναι, en latin : Possum scire quo profectus, PLaurs. Possumus hoc quoque
ex te audire, CicéRoN, pro Quinctio, 79. La question est peut-être une formule de
politesse : les Athéniens étaient très polis, ou bien elle est ironique ou sarcastique ; la répétition de l’article devant à ὑπὸ σοῦ χαλουμένη διδαχή, omis il est vrai par BD, indique l'ironie et l’accentue. Quelle que soit l'intention de cette question, elle n’a pu être adressée à un accusé. Felten remarque qu’on n’a pas pu traduire en jugement un homme dont on ignore la doctrine, ainsi que le suppose la question. Faisons observer qu’elle n’exclut pas une enquête plus approfondie sur la doctrine de Paul. Les philosophes la connaissent en général, mais ils demandent à l’Apôtre de l'exposer sur un cas particulier : ils veulent qu'il parle non sur l’ensemble de sa doctrine, mais qu'il expose cette nouvelle doctrine qu'il enseigne : τίς ἣ καινὴ αὔτη à ὑπό σου λαλουμένη διδαχή, à savoir Jésus et la Résurrection.
Ÿ 20) ξενίζοντα, participe présent de ξενίζω, recevoir comme un hôte, quelquefois étonner par la nouveauté, surprendre, parler une langue étrangère, d'où τὰ ξενίζοντα, les choses nouvelles, extraordinaires, parce qu’elles sont de forme étrangère, des étrangetés; se trouve chez Polybe, 3. — τινὰ : le pronom indéfini τις renforce le participe; construction classique. — εἰσφέρεις εἰς τὰς ἀχοὰς ἡμῶν ; ce sont des choses étranges que tu portes à nos oreilles, que tu annonces; εἰσφέρεις est ici seulement. Blass croit que cette formule est un hébraïsme, bien qu'on en trouve l’analogue dans Sophocle,
Ajax ÿ 147 : εἰς ὦτα φέρει πᾶσιν Ὀδυσσεύς. — τὰς ἀκοὰς ἡμῶν ; dans le N. T., ἀχοή signifie
un rapport, le pouvoir d'entendre, les oreilles, Ze. γι, 1 — βουλόμεθα indique un ordre;
[lui] disant : Pouvons-nous savoir quelle est cette nouvelle doctrine que tu enseignes? 20. Car ce sont des choses étranges que tu apportes ἃ nos oreilles; nous voulons donc savoir ce que cela peut être. 21. Tous les Athéniens et les étrangers domiciliés ne passaient leur temps qu’à dire ou à écouter ce qui (était) le plus nouveau.
ce n’est pas un désir de l'entendre mais une citation à s'expliquer : γνῶναι τίνα θέλοι ταῦτα εἶναι : Quelles choses veulent être celles que tu enseignes; à quoi tendent tes doctrines ? Cette leçon est celle de K AB, pl. min.; DEH LP Chrys. ont τίνα ταῦτα θέλοι εἶναι, Vilg. Quidnam velint haec esse. Le singulier τί, dit Krüger, Gr. gr. ὃ 61, 8, 2, peut se trouver dans la connexité τί ταῦτα ἐστί, quand la question est : Quel ensemble, quel résultat combiné se formera de ces détails? D’après Winer les divers objets exprimés par ταῦτα sont compris dans l'expression générale τί; de quelle sorte sont ces choses? En latin : quid sibi volunt?
ÿ 21) Luc explique pourquoi la question du ÿ précédent était posée à Paul. ᾿Αθηναῖοι δὲ πάντες sans l’article indique qu’il s’agit de tout le peuple; le qualificatif est ainsi plus étroitement uni avec le nom : nous dirions en français : tout Athénien. Cf. Brass. Gram. ὃ 47, 1, n. 2 — ἔπεδημοῦντες; Cf. XÉNOPHON, Mir. 1, 2, 61; les étrangers établis à demeure et qui, par conséquent, avaient les mêmes habitudes que les Athéniens. Dans Athènes, grand port de commerce, il y avait de nombreux étrangers en résidence; ville d'école elle attirait aussi beaucoup de jeunes étrangers; cf. RENAN, Saint Paul, p. 183, 185, 187.
ηὐχαίρουν imparfait de εὐχαιρέω, avoir du loisir, trouver du temps pour, vacare alicui rei, employer son temps; terme hellénistique qui se trouve dans Polybe. L'imparfait n'exclut pas l'existence continue de cette particularité, mais confond dans le récit. Vallusion qui y est faite; il n'indique pas une chose passée mais que les Athéniens passent encore leur temps à cette occupation. — ἢ λέγειν τι ἢ ἀκούειν τι χαινότερον : Les Athéniens sacrifiaient tous leurs intérêts à dire ou à entendre les plus récentes nouvelles. Burton, p. 147, traduit : les Athéniens.…. passaient leur temps à rien d’autre que, ou à dire, ou à entendre quelque chose de nouveau. Blass affirme que dans l'usage classique le positif peut être quelquefois rendu par le comparatif. xatvétepov, au comparatif peut cependant signifier quelque chose de plus nouveau que ce qui a été dit précédemment, que la nouveauté précédente : nova statim sordebant, noviora quaerebantur, Bexcez. Ce comparatif emphatique souligne l'appétit vorace des Athéniens pour les nouveautés. C’est peut-être cependant une locution familière. Démosthène, Philip., 156, dit indifféremment : τι λέγεται νεώτερον ou λέγεται τι χαινόν pour demander s’il y ἃ des choses nouvelles. Ce comparatif peut être employé pour le superlatif. Norden n’est pas de cet avis. 1] ἃ fait ressortir, Agnostos Theos, p. 333, que ce chapitre des Actes contient des expressions attiques, λέξεις ἀττικαί, et entre autres il discute celle dont nous venons de parler et montre qu’elle est en parfait accord avec la langue d'Athènes. Remarquons cependant que le comparatif était employé chez les Grecs pour les interrogations, Winer, xxxv, 4. Que cet appétit de nouvelles fût caractéristique des Athéniens, Démosthène, 1v, 10, en est témoin : βούλεσθε... περιιόντες αὐτῶν πυνθάνεσθαι « λέγεταί τι χαινόν » Sénèque, ὄρ. 94, dira : Alexander... Lacedaemona servire jubet, Athenas tacere. Luc semble reproduire ici le jugement de Cléon sur les Athéniens, avides de nouvelles : Μετὰ χκαινοτήτος μὲν λόγου ἀπατᾶσθαι, μετὰ δεδοχιμασμένου δὲ un ξυνέπεσθαι ἐθέλειν, THUCYDIDE, πι, 38, 4.
DS