XVIII, 1-11 : PAUL À CORINTHE : SES DÉBUTS
Υ 1) Μετὰ ταῦτα, forme particulière à Luc, cf. Le. 1x, 1, pour relier ce qui suit à ce. qui précède. χωρισθείς : participe aoriste passif de χωρίζω, placer, séparer; au passif,
être séparé de. Ce verbe indique que ce prompt départ n'était pas dans le plan de Paul et que la cause en fut probablement son insuccès auprès des Athéniens. Ce n’est pas sans raison que Luc remarque que Paul se sépara d'Athènes : ëx, au lieu de ἀπό, ordinairement employé après ywpttw, accentue l’idée. Le codex D insiste sur cette idée en employant le verbe ἀναχωρήσας, se retirer, s'éloigner avec horreur, se retirer par crainte ou par faiblesse. Après χωρισθείς, AEHLP (Floriacensis) ajoutent ὃ Παῦλος, probablement pour préciser le sens de la phrase.
Ἰζόρινθον, s'étant séparé d'Athènes, Paul vint à Corinthe. Au temps où Paul entra dans la capitale de l’Achaïe, séjour du proconsul, celle-ci était dans tout son éclat.Ce n’était plus l’ancienne ville grecque, la cité des Bacchiades et des Cypsélides. La capitale de la Ligue achéenne avait été détruite de fond en comble par le consul Lucius Mummius, en l’an 146 avant Jésus-Christ; cent ans plus tard, en l'an 44, César l'avait rebâtie. La colonie italienne qu’il y avait établie était composée surtout d’affranchis; mais bientôt elle s’augmenta de tous les étrangers qu'attirait la position de cette ville assise entre deux mers, l’Égée et l’Adriatique, et destinée, par la nature ellemême, à être le trait d'union entre l'Orient et l'Occident; Grecs, Syriens, Egyptiens, Juifs y affluèrent. Tous ceux qu'attirait l’appât du gain ou du plaisir accoururent à Corinthe. Elle devint une des cités les plus populeuses de l'antiquité. Athénée, au rer siècle, y comptait jusqu’à quatre cent soixante mille esclaves. Une licence effrénée y régnait, et 16 nom lui-même de Corinthe était passé en proverbe pour flétrir l'extrême degré de la corruption la plus raffinée. κορινθιάζειν, corinthiazare signifiait mener une vie licencieuse; Strabon, vi, 20, nous ἃ conservé l’adage courant à cette époque :
οὐ παντὸς ἀνδρὸς ἐς Ἰζόρινθον ἐσθ᾽ ὁ πλοῦς. Le temple de Vénus qui se dressait au sommet de l’Acrocorinthe était célèbre par ses milliers de courtisanes. L'apôtre Paul, dans ses lettres, fait allusion à la corruption des mœurs qui régnait dans cette ville : I Cor. v. 1; vi, 9-20; x, 75; 11 Cor. vi, 14; γι, 1. Le tableau qu’il retrace de la dégradation païenne dans son épitre aux Romains, 1, 24-28, a été une reproduction de ce qu'il voyait sous ses yeux quand il écrivit cette lettre durant son second séjour à Corinthe. Et pourtant, ainsi qu’il fut dit plus tard à Paul dans un songe, Act. xvr, 10, Dieu possédait dans cette ville un grand peuple. Corinthe, avec sa population mélangée d'éléments hétérogènes, marchands, marins, bourgeois, esclaves, était, par ce fait même, le point de contact le mieux choisi entre la foi nouvelle et les croyances anciennes. Outre le culte rendu aux divinités grecques, à Corinthe on en rendait un ΔᾺΧ dieux de l'Orient, à Isis, à Sérapis, à Melkart (Μελιχέρτης).
1 Le christianisme allait avoir là un terrain approprié pour lutter contre le judaïsme
et le paganisme, et pour établir sa position vis-à-vis de la société et de la famille.
. ΟΥ̓ 2) Paul a dû aller par mer d'Athènes à Gorinthe et aborder au port de Kenchrées; le port de Corinthe sur la mer Égée; l’autre port, le Lechaeum, était le golfe de ᾿ς Gorinthe; deux jours lui ont suffi pour effectuer cette traversée. . À son arrivée à Corinthe Paul trouva un Juif nommé Aquila, natif du Pont. ᾿Αχύλαν : τ χὺ Ξε qui, comme dans Κυρήνιος, Quirinius. ᾿Αχύλας est la forme grecque d’Aquila, ainsi ne À qu'il ressort de Dio Cassius, Historiae, rix, qui traduit Aquila Julianus par ᾿Αχύλας. Suivant l'habitude des Juifs, Aquila avait pris ce nom latin à la place de son nom juif. Aquila, d'après Ramsay, était probablement un affranchi. Aquila se rencontre | comme un cognomen chez les familles romaines; mais il est aussi un nom d’esclave : un affranchi de Mécène était appelé (G. Cilnius) Aquila. Aquila et Priscilla sont des noms romains qu'on trouve dans le cimetière de la gens Acilia, ce qui indique qu'ils étaient des affranchis de cette famille. Ποντικὸν τῷ γένει : Le juif Aquila était du Pont, Les Actes, xx, 9 et Pierre I, 1, 2, nous apprennent qu'il y avait des Juifs dans la - province du Pont. On ἃ prétendu que Luce avait fait ici une erreur en affirmant qu'Aquila était Ποντικὸς τῷ γένει. On ἃ supposé que ce Juif était un affranchi de la gens Pontia, qui portait le nom de Pontius Aquila, comme le membre de cette famille, dont nous parlent Cicéron, ad Fam. x, 33; Suétone, Julius Caesar, 78. Mais remarquons qu’Aquila, le traductéur grec de PA. T. était aussi natif du Pont.
Ἰουδαῖον : Luc ajoute qu'Aquila était juif. IE est possible qu’il ait signalé sa condition de Juif pour expliquer son départ de Rome, d’où il avait été expulsé comme Juif. Était-il chrétien ? Luc ne le dit pas, mais tout le fait supposer. S'il ne l'avait pas été 16.
contexte nous l’indiquerait. Quand et par qui a-t-il été converti? nous l’ignorons. ο΄ προσφάτως : ici seulement et dans Polybe; 70 : récemment, ce qui indique que l’arrivée. d'Aquila à Corinthe coïncida à peu près avec celle de Paul et nous permettra de fixer la date de celle-ci. Aquila et Priscilla s'étaient établis à Corinthe, à proximité de Rome, afin de pouvoir y retourner à la première occasion favorable. Nous les retrouvons. dans cette ville quelques années plus tard, Rom. xvt, 8. καὶ Πρίσχιλλαν γυναῖχα αὐτοῦ : dans ses épîtres, Paul, Rom. xvr, 3; 1 Cor. xvr, 19; IE Tim. 1v, 9, appelle Prisca, la femme d’Aquila. Priscilla était comme Lucilia, Livilla, Domitilla, un diminutif de Prisca; ces diminutifs étaïent fréquemment employés dans la langue de la conversation. Prisca est toujours nommée dans les épîtres pauliniennes avec son mari et quelquefois elle est nommée la première, Rom. xvi, 3; EE Tüm. τυ, 19: et de même dans les Actes, xvur, 18, 26, ce qui fait supposer que le rôle de Priscilla dans la propagande du christianisme a été plus efficace ou au moins plus apparent.
ACTES DES APOTRES, xvmn, 1.9... . 543
Juifs Elie heaent de Rome, il se joignit à eux. 3. Et comme il était du
que celui de son mari. On ἃ pensé aussi que Priscilla était de naissance plus distinguée
qu'Aquila.
Après uxore sua Floriacensis ajoute et salutavit illos. Avant διὰ τὸ τεταχέναι, Harkl.
(mg) Flor. ajoutent οὗτοι δὲ ἑξῆλθον ἀπὸ τῆς Ῥώμης. Après Pere, D Harkl. (mg.) Flor.
insèrent οἱ χαὶ χατῴχησαν εἰς τὴν ᾿Αχαίαν,
A l’aide des divers témoins du texte occidental : codex de Bèze, Floriacensis, Gigas,
Peschitto (mg), Harkléenne (mg) Blass, Hilgenfeld, Zahn ont essayé de reconstruire ce texte. Voici l'édition qu’en donne Zahn, p. 631, n. 9: ᾿Αχύλαν... ἐληλυθότα... σὺν Πρισχίλλῃ γυναιχὶ αὐτοῦ, χαὶ ἠσπάσατο αὐτούς: οὗτοι δὲ ἐξῆλθον ἀκὸ τῆς Ῥωμης [διὰ τὸ τεταχέναι Ἰζλαύδιον Καίσαρα, πάντας τοὺς ᾿Ιουδαίους χωρίζεσθαι ἀπὸ τῆς Ῥώμης, οἵ χαὶ χατῴχησαν εἰς τὴν ᾿Αχαΐαν, ἃ δὲ Παῦλος ἐγνωρίσθη τῷ ᾿ἈἈκύλᾳ διὰ τὸ ὁμόφυλον καὶ ὁμότεχνον εἶναι καὶ ἔμεινεν παρ᾽ αὐτῷ χαὶ ἠργάζετο.
Remarquons que ce texte est composé de pièces et de morceaux : aucun manuscrit occidental ne le donne entièrement sous cette forme. Son caractère explicatif en montre la subjectivité.
διὰ τὸ διατεταχέναι Ἰζλαύδιον χωριζεσθαι πάντας τοὺς ᾿Ιουδαίους ἀπὸ τῆς Ῥώμης : après διὰ le
temps du verbe marque Vétat de l’action; διατεταχέναι, à l’infinitif parfait, indique que
l’action est complète et dure encore. Aquila et Priscilla étaient arrivés d'Italie à cause de l’édit de Claude, ordonnant à tous les Juifs de sortir de Rome. Les Juifs très nombreux à Rome habitaient au delà du Tibre un quartier de la ville qui leur était réservé. Ils étaient turbulents et, à diverses reprises, ils furent expulsés de la ville. Suétone, Claudé, 25, parle de cette expulsion des Juifs de la ville de Rome : Judaeos impulsore Chresto assidue tumultuantes Roma expulit. Orose, vu, 6, 85, y fait aussi allusion : Anno ejusdem nono expulsos per Claudium urbe Judaeos Josephus refert. Mais il s’est trompé sur l’année et en réalité Josèphe n’a parlé nulle part de cette expulsion des Juifs, Tacite non plus, à moins qu’on ne veuille y voir une allusion dans le décret « de mathematicis Italia pellendis », mentionné dans les Annales, 12, 52. Ces mathematici, appelés ailleurs Chaldaei, furent expulsés parce qu'ils aidaïent les conspirateurs contre la vie de l’empereur par leurs arts magiques, Les Juifs peuvent avoir été confondus avec ces mathematici.
Dion Cassius, εχ, 6, rapporte un édit de l'an 41 contre les Juifs : τούς τε Ἰουδαίους πλεονάσαντας αὖθις, ὥστε χαλεπῶς ἂν ἄνευταραχῆς ὑπὸ τοῦ ὄχλου σφῶν τῆς πόλεως εἰρχθῆναι, oùx ἐξήλασε μέν, τῷ δὲ πατρίω βίῳ χρωμένους ἐκέλευσε μὴ συναθροίζεσθαι. Ainsi donc les Juifs n’ont pas été expulsés parce qu'il y aurait eu de la difficulté à chasser de la ville un aussi grand nombre de personnes ; Claude ordonne seulement de ne pas permettre de se réunir à ceux qui pratiquent leurs mœurs nationales. Il est donc possible que l'édit ait été
porté, mais qu’il n’ait pas été mis à exécution et que l’autorité romaine se soit contentée
d'interdire les assemblées juives. De ce fait des Juifs ont pu quitter Rome. Quoi qu'il en soit, cette prohibition ne fut pas maintenue longtemps, puisque nous trouvons quelques années après, vers l'an 57, Prisca et Aquila établis de nouveau à Rome, Rom. xvi, 3, et que Paul, lors de son arrivée à Rome, en l’an 60, trouva dans cette ville une colonie de Juifs, χχυπι, 15. — ἀπὸ τῆς Ῥώμης ; régulièrement Ῥώμης ne devrait pas pas être précédé de l’article; il le reçoit à cause de τῆς Ἰταλέας dans le même Ÿ. προσῆλθεν αὐτοῖς : Paul se joignit à Aquila et à Priscilla et il demeura chez eux. Il est probable qu'Aquila et Priscilla avaient un atelier de faiseurs de tente. Quelques années plus tard ils avaient à Éphèse, I Cor. xvi, 19 et à Rome, Rom. xviI, 3 une assemblée chrétienne chez eux, ce qui suppose qu'ils possédaient une maison de
grande dimension.
ÿ 3) καὶ διὰ τὸ δυότεχνον, parce qu'il était du même métier qu'Aquila; ôpérsyvoy est
ἐξ ὃ ᾽ p δὲ ἐν τῇ συναγωγῇ χατὰ πᾶν σάδόατον, ἔπειθέν τε ᾿Ιουδαίους nat "EXanvac. 5. ὡς δὲ
particulier à Luc et était surtout employé par les médecins parlant les uns des autres. La médecine était appelée ἣ latewn τέχνη, et les médecins ὁμότεχνοι. Dioscorides parle de ses confrères, ὁμοτέχνους; Cf. HoBarT, p. 239.
Au commencement du ÿ, Harkl. mg. Flor. (Aug.) ajoutent : 6 δὲ Παῦλος ἐγνωρίσθη (innotuit) τῷ Ἀχύλᾳ et ὁμόφυλον devant ὁμότεχνον, additions explicatives. — ἔμενεν παρ᾽ αὐτοῖς: il demeurait auprès d'eux; il habitait chez eux. À Alexandrie, d’après le Talmud de Babylone, Sukkot 51°, les corps juifs de métiers n'étaient pas mélangés, à la synagogue, et l'ouvrier, arrivant dans cette ville, trouvait facilement du travail, en s’adressant à ceux de la même industrie que lui. Il en était probablement de même à la synagogue de Corinthe, ce qui explique que Paul trouva dans cette ville des faiseurs . detente comme lui. — ἔμενεν et ἠργάζοντο, à l'imparfait pour indiquer un état commencé dans le passé, mais qui dure encore, — κατηργάζοντο, forme attique, au lieu de εἠργάζοντο : les épiîtres de Paul nous apprennent que celui-ci travaillait de ses mains pour gagner sa vie et n'être pas à charge à ceux qu’il avait convertis : 1 Cor. 1v, 11 s.; II Cor. xt, 9; Phlp., 1v, 12; 1 Thess. τι, 9; 11 Thess. im, 8; cf. Act. xx, 845. Paul voulait garder son
indépendance et se maintenir en toute liberté; il ne voulait pas être confondu avec les
prédicateurs de divinités orientales qui trafiquaient de leur prédication. Le travail manuel était d’ailleurs en honneur chez les Juifs, et même ceux qui étaient dans l’aisance s'y livraient. Celui, dit R. Jehuda ha-nasi, Pirke aboth, τ, 10, qui n’apprend pas un métier manuel à son fils est comme celui qui lui enseigne le vol. D’après Beelen, Maïmonides a dit: Multi ex sapientibus opificium aliquod exercebant, ne aliis graves sint. Ilest possible que Paul né d’une famille riche, ce qu'indique son titre de citoyen romain, ait pu être abandonné à ses propres moyens d'existence à la suite de sa conversion. Ramsay, Paul, The Traveller, p. 34-36.
ἦσαν γὰρ σχηνοποιοί : car ils étaient fabricants de tentes. Krant autem sceno factoriae artis, Vlg.; erant enim artificio lectarii, a, lorarii, 1. D Gig. omettent cette indication; Ramsay croit que c’est une glose explicative : en effet, mais cette explication était nécessaire. On a interprété de diverses facons ce terme de σχηνοποιός. Grimm le traduit avec raison : Qui ex corio vel cilicis tentoria minora portabilia consuit, Saint Chrysostome dit que Paul était sxnvoppdpos : ἐπὶ σχηνορραφείου ἑστὼς δέρματα Époanre; celui qui coud et prépare les étoffes pour en faire des tentes, ou encore σχυτοτόμος, ouvrier qui travaille le cuir. Il préparait donc la matière, toile ou cuir, destinée à la fabrication des tentes. D'autres ont cru que Paul était fabricant de tapis, tapissier ou tisserand. Le sens le plus probable est que Paul et ses compagnons fabriquaient des tentes avec la toile tissée avec du poil de chèvres, très abondantes en Cilicie, son pays natal. C'était l’industrie de ce pays, à tel point que cette toile était appelée, κιλίκιον, cilicium, cilice. Paul a dû
apprendre ce métier à Tarse où il était très répandu. — τῇ τέχνῃ ou τὴν τέχνην. Il y avait
à Rome une corporation de ces ouvriers : aedituo collegi tabernaclariorum, CIL, VI 5183b.
ÿ 4) Paul discourait dans la synagogue; cf. xvinr, 2, 17. διελέγετο, ἔπειθεν! ces deux imparfaits indiquent que Paul discourait et persuadait les Juifs et les Grecs de semaine en semaine : χατὰ πᾶν σάδδατον. --- διελέξατο, Ÿ 19, à l’aoriste, parce qu'il n’y est question que d'un seul discours. Ici, comme précédemment, Paul va d’abord à la synagogue et s'adresse premièrement aux Juifs. Deissmann, Licht vom Osten, 2° éd., p. 9, donne le fac-similé d'une inscription trouvée à Corinthe et qui devait être placée sur le linteau de la porte de la synagogue des Hébreux : (A) l'OTHEBP. Cette inscription pourrait être datée de l’an 100-200 après J.-C.
même métier [qu’eux| il demeurait chez eux et ils travaillaient; ils étaient de leur métier faiseurs de tentes. k. [Paul] discourait dans la synagogue chaque sabbat et il persuadaït les Juifs et les Grecs. 5. Mais quand Silaset ὁ
HE ἐν
Tr ie ee te PU
ἔπειθεν te : Il persuadait, il s’efforçait de persuader, τε unit intimement ἔπειθεν avec les discours précédents. — Ἕλληνας, des Grecs craignant ou adorant Dieu, qui fréquentaient la synagogue; cf. xiv, 1; xvir, 4. IL est possible aussi que Paul aït eu des entretiens avec d’autres Grecs en dehors de la synagogue. | Mc. Giffert, Hist. of the Apost. Age, p. 268, soutient que ce récit n’est pas historique $ parce que Paul ne parle pas dans ses épîtres aux Corinthiens de rapports avec les Juifs. Cependant, dans sa première épître, 1x, 20, il dit aux Corinthiens qu'il a été Juif avec les Juifs, ce qui est tout au moins une allusion à des rapports que ceux-ci savaient qu'il avait eus avec les Juifs. d Après διελέγετο, Dd Flor. Gig. Vig. Clem. Harkl. (mg) insèrent : ἐντιθεὶς τὸ ὄνομα τῦ Ἰζυρίου Ἰησοῖ; Flor. interponens. Voici le texte occidental établi par Zahn, p. 638, n. 19 : εἰσπορευόμενος δὲ εἰς τὴν συναγωγὴν χατὰ πᾶν od6barov διελέγετο ἐντιθεὶς τὸ ὄνομα τοῦ ᾿ Κυρίου Ἰησοῦ, ἔπειθεν δὲ οὐ μόνον Ἰουδαίους ἀλλὰ χαὶ Ἕλληνας. — ἐντιθείς, participe présent , 4 Ἷ ñ
de ἐντίθημι, mettre dans, imposer, insérer; il n’est pas classique dans ce dernier sens. Non nimis aperte initio de Jesu praedicabat, sed quasi pedetemptim. (opp. ÿ 5) et paullo timidius, postquam et Athenis res non bene successit et in Macedonia multa a Judaeis perpessus est. Ipse P. loquitur de se I Cor. τι, 4 : Brass. Videtur ἐντιθείς indicare eum ab initio non statim aperte de Jesu praedicasse, verum longiore quadam . praeparatione usum esse, donec notionem Messiae in Jesu esse adimpletam et abso- Ἷ lutam aperte profiteretur, KNABENBAUER. SNS Belser traduit ἐντιθείς par insinuer et croit que ce passif rappelle la manière de prêcher dont parle Paul dans sa première épître aux Corinthiens, 1, 2 : Je n’ai pas ἢ jugé savoir autre chose parmi vous, sinon Jésus-Christ et lui crucifié. Nous aurions 4 -ici une sorte de protestation contre le discours d'Athènes. Dans ses discussions Paul de insérait maintenant le nom de Jésus et cette insertion persuadait les Juifs et les Grecs. Remarquons toutefois que ce terme ἐντιθείς fait double emploi avec drauxorupouevos du ÿ suivant. — Après ἔπειθεν Dd Flor. ont οὐ μόνον Ἰουδαίους ἀλλὰ χαὶ “Ἕλληνας. ἊΝ
Ÿ 5) ὡς δὲ κατῆλθον... ὅ τε Σίλας καὶ ὁ Τιμόθεος : ὡς n’est pas simplement temporel, mais indique que l'action de Paul de se donner à la prédication est la conséquence ἃ. l’arrivée de ses deux compagnons. Cependant συνείχετο à l’imparfait indique une autre | traduction : Quand Silas et Timothée arrivèrent au moment où Paul s'était occupé tout entier à la parole. — Μακεδονία est ici la province romaine qui comprenait lenord de la Grèce. Nous ne savons pas d’une manière précise de quelle ville Silas et Timothée sont venus. Leur séjour à Corinthe en même temps que Paul nous est attesté par la deuxième épître aux Corinthiens 1, 19, et par les épîtres aux {Thessaloniciens, I, 1, 1; II, 1, 1, écrites de Corinthe.
συνείχετο τῷ λόγῳ, instabat verbo, Vlg.; συνείχετο, imparfait passif de συνέχομαι, tenir ensemble : au passif être contenu, être pressé entre deux désirs contraires; et ici être accaparé, être occupé tout entier τῷ λόγῳ, à prêcher la parole, être absorbé par la prédication de Jésus; cf. I Cor. τι, 2. Ce verbe est employé neuf fois par Luc, deux fois par Paul, une fois par Mathieu, mais dans ce sens, ici seulement. Les scholiastes expliquent συνείχετο par ἐνεποδίζετο, il était entravé, empêché, à cause des Juifs. Blass adopte συνεῖχε, urguebat, mais aucun manuscrit n'a cette forme. Paul prêchait aux Juifs que Jésus était le Messie : cet enseignement s’adressait spécialement à eux.
Il n'avait plus affaire, comme à Athènes, à des philosophes et il pouvait prêcher son ACTES DES APOTRES. 35
DT
ἦλθον ἀπὸ τῆς Μαχεδονίας ὅ τε Σίλας nat ὁ Τιμόθεος, συνείχετο τῷ λόγῳ ὁ Παῦλος;
ï 3 CRE ΤΣ Ν SUR δες - τᾷ ᾽ τύ , τ ᾿ χεφαλὴν ὑμῶν᾽ χαθαρὸς ἔγω ἀπὸ τοῦ νῦν εἰς τὰ ἔθνη πορεύσομαι. 7. χαὶ μεταόας
= A , ? x > À ) « 3' > 3 ἐχεῖθεν εἰσῆλθεν ets οἰκίαν τινὸς ὀνόματι Tirlou ᾿Ιούστου σεόομένου τὸν Θεόν, οὗ ἡ οἰκία
message, la messianité de Jésus, — Au lieu de τῷ λόγῳ, H LP, Harkl. (mg) ont τῷ Πνεύματι il était pressé par le Saint-Esprit ou par son esprit. C’est le sens de συνείχετο
dans II Cor. v, 14.
On a pensé que Silas et Timothée apportèrent de Macédoine à Paul des secours en argent, ce qui lui permit de laisser de côté son travail manuel et de se livrer tout entier à la prédication. Mais il semble ressortir du ch. 1x, 12 et 15 de la première épître aux Corinthiens que Paul travailla de ses mains à Corinthe pour subvenir à son entretien; cf, II Cor. xt, 7-9. Il est plus probable que Luc a voulu faire ressortir que Paul, réconforté par les bonnes nouvelles que Silas et Timothée avaient apportées de Macédoine, et aidé par ses compagnons, se donna à la prédication de Jésus. Paul nous dit, I Cor. τι, 3 que lorsqu'il vint chez les Corinthiens 11 était en faiblesse, et en crainte et en grand tremblement. L'arrivée de ses coadjuteu rs l’encouragea. Dans la deuxième épître aux Corinthiens, 1, 19, l’Apôtre nous apprend d’ailleurs que Jésus- Christ fils de Dieu leur a été prêché par lui et par Silas et Timothée.
διαμαρτυρόμενος : Il ne se contentait pas maintenant de discuter, il rendait témoignage, il affirmait, διαμαρτυροῦμαι est le terme employé pour désigner le témoignage ‘des apôtres sur Jésus mort et ressuscité, n, 40; vit, 15; xx, 21, 24; Χχπὶι, 11; χχυπι, 13,
ΟΠ 6) Avant ἀντιτασσομένων, Dd Harkl. (mg) Flor. ont πολλοῦ λόγου γενομένου χαὶ γραφῶν duepunvevouévov : introduction explicative à ce qui va suivre. Le texte occidental des Ÿÿ 5, 6 est établi de la façon suivante par Zahn, p. 648, n. 38 : τότε ἐπῆλθον ἀπο τῆς Μαχεδονίας ὅ τε Σιλᾶς nat ὃ Τιμόθεος, xat πάλιν πολλῶν γενομένων λόγων χαὶ γραφῶν διερμηνευομένων, ἀντίλεγον Ἰουδαῖοί τινες χαὶ ἐδλασφήμουν. τότε ἐχτιναξάμενος τὸ ἱμάτιον αὐτοῦ ὃ Παῦλος εἶπεν προς αὐτούς" τὸ αἷμα ὑμῶν ἐπὶ τὴν χεφαλὴν ὑμῶν, καθαρὸς ἐγὼ ἀφ᾽ ὑμῶν: νῦν εἰς τὰ ἔθνη πυρεύομαι, Le récit, d'après Zahn, est d’un style moins finement littéraire, mais plus vivant, plus populaire que celui du texte oriental.
ἀντιτασσομένων : participe présent moyen de ἀντιτάσσω, ranger en bataille; au moyen, s'opposer, être en lutte. Mis hors d'eux-mêmes par l'affirmation. de Paul que Jésus était le Messie, les Juifs entrent en lutte avec lui et suivant leur habitude se répandent en blasphèmes, probablement contre les paroles de l’Apôtre ou contre Jésus. βλασφημούντων : c'est la même scène qui se passa à Antioche de Pisidie, χπὶ, 45. — ἐχτιναξάμενος, participe aoriste moyen de ἐχτινάσσω, faire tomber en secouant, par extension, renverser, arracher. τὰ ἰμάτα : secouer ses vêtements, geste oriental pour marquer l'indignation ou le mépris : Paul devait être exaspéré par la mauvaise foi et l’aveuglement de ses adversaires. Mis hors de lui par leurs clameurs, il secoue la poussière de ses vêtements en témoignage contre eux. C’est un geste analogue à celui que Jésus ordonna de faire à ses disciples : sortant de la maison de ceux qui ne vous ont pas écoutés, secouez la poussière de vos pieds. — τὸ αἷμα ὑμῶν ἐπὶ τὴν κεφαλὴν δμῶν : expression hébraïque, sous-entendu ἐλθέτω. Cf. Leo. xx, 1-10; II Sam. 1, 16 : τὸ αἷμά σου ἐπὶ τὴν χεφαλήν σου; Mr. xx, 35. C'est l’imprécation des Juifs, demandant la mort de Jésus, Mt. xxvir, 25 : τὸ αἷμα αὐτοῦ ἐφ᾽ ἡμᾶς nat ἐπὶ τὰ τέχνα ἡμῶν. — ἐπὶ τὴν χεφαλὴν ὑμῶν, sur votre tête, sur vous-mêmes, la tête est prise pour l’ensemble de la personne. Cette parole de Paul n’est pas une imprécation, mais la constatation d’un fait : par leur aveuglement les Juifs sont conduits à leur anéantissement. Paul rejette
Timothée furent arrivés de Macédoine, Paul se donna à la parole, attestant aux Juifs que Jésus était le Christ. 6. Mais comme ils résistaient et qu'ils
blasphémaient, il secoua ses vêtements et leur dit : Que votre sang [soit] sur
votre tête, moi, j'en suis pur et, dès maintenant, j'irai vers les gentils. 7. Et étant sorti de là, il entra dans la maison d’un [homme |, nommé Titius Justus,
toute responsabilité de leur ruine. Votre sang, dit saint Ephrem, Chaîne arm. p. 326, ne doit pas poursuivre les prédicateurs qui chaque jour au milieu des angoisses et de peines nombreuses vous ont annoncé l'Évangile de Notre-Seigneur.
χαθαρὸς ἐγὼ ἀπὸ τοῦ νῦν : Cf. xx, 26. — Sous-entendu εἰμί, toujours supprimé à la première personne. Je suis dégagé de tout rapport, de tout commerce, de toute participation qui me feraient solidaire de votre conduite et de ses conséquences. Que votre sang soit sur votre tête; je suis pur de votre ruine ou j'en suis pur car je me suis acquitté en toute conscience de mon devoir, qui était de proclamer que Jésus est le Messie. ἐγώ est emphatique, On pourrait le joindre à πορεύσομαι, étant pur j'irai désormais vers les païens. ἀπὸ τοῦ νῦν, dès maintenant; 5 fois dans Luc, 1 fois dans Paul, ici seulement dans les Actes. εἰς τὰ ἔθνη : cf. χπὶ, 46, 47.
Ramsay, Paul the Traveller, p.256, remarque que Paul n’a pas été très conciliant dans cette circonstance, mais nous savons par la première épître aux Thessaloniciens, 11, 14, 15, la conduite des Juifs envers Paul. ;
Ÿ 7) χαὶ μεταδὰς ἐχεῖθεν, migrans inde, Vlg.; μεταθδάς, participe aoriste de μεταδαίνω, passer d’un lieu à un autre. ἐχεῖθεν, de là, c’est-à-dire de la synagogue. Paul passa de la synagogue à la maison de Titius Justus, où il établit son lieu de réunion, ainsi qu'il fit plus tard à Ephèse, lorsqu'il quitta la synagogue pour aller enseigner dans l’école de Tyrannus, xix, 9. Au lieu de ἐχεῖθεν, D 614 Flor. ont ἀπὸ τοῦ Axila. On ne voit pas pourquoi Paul aurait quitté la demeure d’Aquila, à moins de supposer que
celui-ci n’était pas encore chrétien à ce moment, ce qui paraît impossible. Notre texte
indique nettement que Paul quitta la synagogue et alla établir son lieu de prédication chez Titius Justus. Harnack, Beiträge, 1, p. 95, note 18 soin que prend Luc de mentionner les noms des propriétaires des maisons où Pierre et Paul ont demeuré, 1x, 41, ΠΟ 65 χΥϊ, 19: XVII, 0 ; XVIII, 3, 7; XXI, 9, 16; xxvINI, 14, 31.
Τύτίου ᾿Ιούστου, leçon de BD Harkl.; ᾿Ιούστου leçon de À ΒΒ DHPL.614; Τίτου ᾿ἸΙούστου,
leçon de N E Vig. Boh. Arm. Saint Chrysostome a identifié ce Titius Justus avec le .
Titius, compagnon de Paul, Gal. π, 1, auquel celui-ci écrivit une épitre. Cette identification est impossible, car Titius était né certainement de parents païens, Gal. 1, 3, Ce qui n’est que probable pour Titius Justus, et a été envoyé plus tard par Paul à la communauté de Corinthe, II Cor. vir, 12. Ce nom de Justus est assez commun : Barsabbas Justus, 1, 23; Jesus Justus, Col. 1v, 11. Titius Justus, sont des noms que l’on retrouve dans les inscriptions latines : Titius, CIL πὶ 305; Justus, ἐδ. πι, 889, 2349, etc. Titius Justus portait deux noms latins un nomen et un cognomen, ce qui indique qu’il était citoyen romain, un colonus, et probablement un homme de la classe élevée à Corinthe, ce qui donnait accès à Paul dans les familles éclairées de la ville. Il était σεδόμενος τὸν Θεὸν, adorateur de Dieu; donc il fréquentait la synagogue. Il ouvrit sa maison aux chrétiens parce qu’il avait plus de sympathie pour eux que pour les Juifs. Il est probable que, gentil, il devint bientôt un croyant en Jésus-Christ. συνομοροῦσα, contermina, confiner à, d’où contiguë ; ici seulement. Preuschen trouve que ce composé, de σύν, δμός, ὄρος, est mal formé et qu’il n'est pas trouvé ailleurs. Il est de formation byzantine d’après Grimm. Paul choisit la maison de Titius Justus pour être désormais le lieu de réunion de la communauté chrétienne qu'il avait formée
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ἦν συνομόροῦσα τῇ συναγωγῇ. 8. Ἰζρίσπος δὲ ὁ ἀρχισυνάγωγος ἐπί σὺν ὅλῳ τῷ οἴχῳ αὐτοῦ, καὶ πολλοὶ τῶν ἱΚορινιθίων ἀκούοντες ἐπίστευον not ἐόαπτίζοντο. 9. εἶπεν δὲ ὁ Küproc ἐν νυγσὶ δι᾽ ὀῤάμοος τῷ Παύλῳ᾽ Μὴ φούο Ἵ ἀλλὰ λάλει
rai μὴ σιωπήσῃς᾽ 10. διότι ἐγώ εἰμι μετὰ σοῦ χαὶ οὐδεὶς ἐπιθήσεταί σοι τοῦ χαχῷσαί
à Corinthe; il l'a choisie proche de la synagogue, où il avait l'habitude ἀ᾽ 4116, afin de
ne pas enlever aux Juifs la possibilité de venir l'entendre, de les y inviter même par ce voisinage. Paulus Judaeis obstinationem et contumaciam obiicere vult et se ab infidelibus illis separare gravissimasque minas hac ipsa secessione illis intentare; quid tandem ad hoc conferret mutatio hospitii? Confert autem, ut minis illis pronuntiatis statim discedat ex synagoga et prope eam praedicationem continuet. Quae Pauli severitas fructu non caruit; nam gravi illa denuntiatione animos percelli oportuit et ad salutare propositum adduci, KnagenBauer. D’après Preuschen, c’est ici qu'aurait dû être raconté l'épisode de Paul traduit devant 16 proconsul Gallion,
ὺ 8) Keionos δὲ ὁ ἀρχισυνάγωγος ἐπίστευσεν τῷ Kvpiw : au lieu du datif, Dd Vig. ont εἰς τὸν Ἰζύριον. Luc emploie avec πιστεύω Le datif, ou l’accusatif avec εἰς ou ἐπί. Il est probable - que la séparation de Paul de la synagogue provoqua une crise parmi les membres de celle-ci. Le témoignage de Paul sur la messianité de Jésus ne resta pas stérile : des Juifs se détachèrent de la synagogue. Luc mentionne seulement 16 plus connu d’entre eux, Crispus, chef de la synagogue. Il fut baptisé par Paul lui-même, I Cor. τ, 14. Bien que Juif, il porte un nom latin. Les Constitutions apostoliques, vir, 46, nous apprennent que Crispus devint évêque d'Egine. — ὃ ἀρχισυνάγωγος ; il semblerait qu’à Corinthe il n’y eut qu’un ἀρχισυνάγωγος, et qu'après la conversion de Crispus, Sosthène lui succéda dans son office. À Antioche de Pisidie, xux, 15, il y avait pour la même synagogue plusieurs ἀρχισυνάγωγοι. Salomon Reïnach ἃ conjecturé d’après une inscription de Smyrne que le titre : ἀρχισυνάγωγος n’indiquait pas un office, mais était simplement un titre d'honneur. La leçon du codex de Bèze et de la Peschitto : oi δὲ ἀρχισυνάγωγοι τῶν ᾿Ιουδαίων xa οἱ ἄρχοντες τῆς συναγωγῆς, confirme cette hypothèse. Il y avait des officiers de la synagogue, ἄρχοντες et des ἀρχισυνάγωγοι, ᾿ς σὺν ὅλῳ τῷ οἴχῳ αὐτοῦ : toute la maison de Crispus suivit son exemple; cf. xvi, 15; I Cor. 1, 16. Les convertis juifs paraissent cependant avoir été en petit nombre ainsi qu'il ressort de 1 Cor. vin, 1-15; x, 1-32; xt, 1-4. χαὶ πολλοὶ τῶν Κορινθίων : Paul ne convertit pas seulement des Juifs, mais aussi un grand nombre de Grecs. La conversion des gentils était facilitée par Le fait que l’Apôtre ne prêchait plus la foi dans la synagogue, maïs dans une maison particulière où tous pouvaient avoir accès, τῶν Κορινθίων doit 5 ‘entendre d'habitants de Corinthe, nés Grecs, et non de Juifs, habitant Corinthe, autrement Luc aurait dit ᾿Τουδαίων. — re 1 participe présent indique la continuité de l’action; ἐπίστευον καὶ ἐδαπτίζοντο, à l’imparfait pour marquer que cette action ne s’est pas produite une seule fois, mais que commencée dans le passé elle s’est poursuivie dans l'avenir, Cette action cobtinuée progressait graduellement; Imperfectum de re sœpe repetita, Brass. Ces imparfaits sont en relation avec le participe présent ἀκούοντες. Nous avons ici, bien marqués, les trois degrés de la conversion : l'audition de la prédication, la foi, le baptême. Paul lui-même nous apprend dans sa première épître aux Corinthiens quel a été le he de sa prédication chez les gens du peuple, et quelle a été sa façon de prêcher, , 1-6; πὶ, 2. Cependant, la façon dont Paul s'exprime indique que s’il n’y avait pas eu Du de sages selon la chair, de puissants et de nobles parmi les convertis, 1, 26, il y en eut cependant qui étaient versés dans la connaissance des Écritures ou étaient de rang élevé, témoins Crispus, Gaius, Stéplanas et surtout Eraste, le trésorier de
ACTES DES APOTRES, Xviur, 7-10. 549
oratent de Dieu, dont la maison était contiguë à la synagogue. 8. Or,
Crispus, le chef de la synagogue, crut au Seigneur avec toute sa famille, et
plusieurs Corinthiens, entendant [la parole], croyaient et étaient baptisés.
9. Et le Seigneur dit à Paul, en vision, durant la nuit : Ne crains point, mais
parle et ne te tais point. 10, parce que je suis avec toi et personne ne mettra
la ville, Rom. xvi, 3; cette charge de trésorier entrainait avec elle une influence considérable. Citons encore parmi les convertis, Fortunatus, Achaïcus et Chloé, Quintus et Tertius. La bonne volonté des Corinthiens à répondre à l’appel de Paul, leur demandant de l'argent pour les saints de Jérusalem, prouve bien qu’il y avait parmi eux des riches en assez grand nombre.
Floriacensis présente autrement ce passage : |[Mult] a plebs Corinthiorum audierant,
verbum domini [unti sun]t credentes domino in nomine Jesu Christi,
Σ 9) Entre cette séparation de Paul d'avec la synagogue et la vision racontée au ÿ uivant il a dû se passer un certain nombre d'événements qui ne nous sont pas racontés,
mais qui justifient cette vision. Paul nous apprend, 1 Cor. τι, 3, ainsi que nous l'avons
dit, qu’à Corinthe il était dans un état de faiblesse, de crainte et de grand tremblement. Les Juifs exaspérés par la défection de Crispus menaçaient la vie de Paul. Dans sa première lettre aux Thessaloniciens m, 7, il fait allusion aux calamités et aux tribula+ tions qui l’accablent; mais le Dieu de toute consolation l’a consolé dans toutes ses afflictions, II Cor. 1, 3 5. La communauté qu’il avait fondée à Corinthe, composée surtout de Grecs, était louée pour lui avoir donné toute consolation, IT Cor. vi, 4, 18. Ces Grecs, il est vrai, désiraient un enseignement philosophique et de l’éloquence, Ι Cor. τ, 22. Mais Paul ne pouvait exposer à des néophytes les trésors de sagesse du mystère chrétien et il ne voulait ni ne pouvait d’ailleurs satisfaire ce désir de beau langage qu'avaient les Corinthiens.
εἶπεν δὲ ὁ ἸΚύριος ἐν νυχτὶ δι᾿ ὁράματος τῷ Παύλῳ : au moment critique de la vie de l’Apôtre, le Seigneur lui apparaît dans une vision et lui indique la conduite qu'il doit tenir, NII UT T7 ΧΧΥΠ, 9.
Ici, c'est Jésus qui lui ἀΡΡΆΤΑΙ: Ἰζύριος, c'est Jésus. — ἐν γυχτὶ De ὁρἄματος : Οἵ, XVI, ὃ; xxu, 17; xxvii, 28. Luc n’a pas l'habitude de dire ἐν νυχτί, mais διὰ νυχτός, v, 19, ni à ὁράματος, mais ἐν ὁράματι, IX, 12: X, 5; la leçon ἐν ὁράματι de A est probablement à accepter. — μὴ 90605 : c’est la parole de Yahveh à Isaïe, xzur, 5; xuiv, 2, de l’ange à Zacharie, Luc, 1, 13, de l'ange aux bergers, 11, 10 et v, 40; vint, 50 ; xx, 7, 22; Act, xxvn, 24 : c’est donc une locution familière à Luc. L'impératif présent, a sa pleine force: cesse de craindre et continue de prêcher. — ἀλλὰ λάλει χαὶ μὴ σιωπήσῃς : expression hébraïque dont on retrouve l’analogue dans Isaïe, vin, 1 : [a négation renforce l'affirmation et imprime à la phrase une grande solennité; λάλει, à l'impératif présent, pour intimer à Paul en cet instant l’ordre de continuer à parler; μὴ σιωπήσῃς, au subjonctif aoriste, pour le futur; ne obmutueris; Cf. xur, 11; Jn. 1, 20. Cette tournure est classique aussi.
ÿ 10) Paul doit avoir confiance, διότι, propter quod, parce que, ἐγώ, moi, Le Seigneur, je suis avec toi; χαὶ οὐδεὶς ἐπιθήσεται, futur moyen de ἐπιτίθημι; au moyen, avec le datif, signifie mettre la main à, attaquer, s’acharner après, aggrediri aliquem; même sens dans les Septante, δ. xx1, 14 et chez les classiques. ἐπιθήσεται, sous-entendu τὰς χεῖρας, comme 1v, 3: v, 18; x11, 1. — τοῦ χαχῶσαί os, pour te faire du mal; l'infinitif avec τοῦ marque le but ou le dessein ou le résultat qu'on ἃ en vue, mais qui n’est pas arrivé à terme. La Vulgate, ut noceat te, traduit littéralement le grec sans tenir compte de la grammaire; cependant, dans la langue vulgaire, on trouve nocere avec l’accusatif
ET
en
ᾧ { D y “Ὁ ᾽ Fe "4 € (A > 3 12. Γαλλίωνος δὲ ἀνθυπάτου ὄντος τῆς Αχαΐας χατεπέστησαν ὁμοθυμαδὸν οἱ Tou=
Nomb., v, 19; Ps. vxxvi; Act, vi, 26; Ap. x1, 5. Il en est de même dans Nomb. v, 19; Jud. xvi, 7; Ps. χχχιν, 1. On retrouve cette forme dans l'inscription : rogo te, viator, ne noceas meos, Grorces, Lex. 7e éd. — διότι λαός ἐστίν μοι πολὺς ἐν τῇ πόλει ταύτῃ : -Corinthe était la sentine de tous les vices et il semblerait qu'aucune ville n’était moins disposée à accepter une doctrine de pureté, telle qu'était le christianisme. Paul devait craindre que sa prédication ne fit pas de nombreuses conversions chez ce peuple de marins et d'ouvriers, livrés à la débauche. Le soin qu'a Paul dans ses épîtres aux Corinthiens d'engager ses lecteurs à éviter l’impudicité, nous apprend ce qu'était cette population. Comme Dieu autrefois apprit à Élie ses desseins sur Israël, 1 Rois, χιχ, 18, et à Jérémie 1, 6-8, ainsi Jésus affirme à Paul qu'il a dans cette ville un grand Dot Dans le N. T., λαύς désigne Israël, le peuple choisi de Dieu. Jésus affirme donc qu'il a ici un peuple tel qu'a été autrefois Israël, un nouveau peuple, un nouvel Israël. C’est une nouvelle attestation de l'appel des Grecs au salut. Dieu parle ici par prolepse, οἵ.
Jn. x, 16: il aura plus tard un grand peuple dans cette ville; qui mei sunt et mei
fient, Bencez. Beaucoup de He dans cette ville est prédestiné à la foi et au salut et . Paul se doit à eux.
Ÿ 11) ἐκάθισεν : cf. Le. χχιν, 49, aoriste indicatif de χαθίζω, transitivement faire asseoir, placer; intransitivement, consido, fixer son séjour, demeurer. Paul s'établit, siégea à Corinthe, enseignant la parole de Dieu. Blass pense que ἐκάθισεν à l’aoriste marque que - l’action dura jusqu’au départ de Paul. Celui-ci ne serait donc resté à Corinthe que dix-huit mois. Knowling pense que Luc a employé ἐκάθισεν au lieu de ἔμεινεν, afin de marquer le travail calme et tranquille vers lequel l’Apôtre avait été dirigé par la vision qui avait apaisé son esprit troublé. C’est probablement durant cette période qu'il écrivit ses deux apires aux Thessaloniciens.
ἐνιαυτὸν χαὶ μῆνας ἕξ : Luc a-t-il voulu dire que Paul demeura à Corinthe un an et six mois, englobant ainsi tout son séjour dans cette ville ou qu’un an et six mois se sont écoulés depuis la vision susmentionnée jusqu'aux événements qu'il va raconter, ÿ 12-17, puisqu'après les avoir racontés il ajoute : ὁ δὲ Παῦλος ἔτι προσμείνας ἡμέρας fxavée, Υ 18? Ainsi, suivant la promesse de Jésus, Paul aurait ensuite enseigné en paix la * parole de Dieu pendant dix-huit mois, puis serait survenue la persécution des Juifs. C'est pendant cet espace de temps que l’Apôtre aurait fondé la communauté de Corinthe, qui fut si florissante d’après les épitres aux Corinthiens. — Il semble cependant plus probable, et c’est l'opinion presque générale, que cette indication embrasse tout le séjour de Paul à Corinthe. Cela résulte de l’emploi de cette formule générale, ἐχἄθισεν διδάσχων ἐν αὐτοῖς. — ἐν αὐτοῖς :’parmi eux, construction ad sensum : ἐν αὐτοῖς se rapporte ἃ τῇ πόλει ταύτῃ.
Il ne s'ensuit pas cependant que Paul borna sa prédication à la ville de Corinthe. Il a dû prècher la parole de Dieu dans toute l’Achaïe, puisque dans sa deuxième
ALES … épître aux Corinthiens il s’adresse à tous les saints qui sont dans l’Achaïe; il n'a pas
été à charge aux fidèles de toutes les contrées de l’Achaïe, ib. x, 11. Stéphanas était les prémices de l’Achaïe et non de Corinthe. Paul apprend aux Romains, xv, 19 qu il a . abondamment répandu l'Évangile du Christ depuis Jérusalem et les pays voisins jusqu’en Illyrie. — διδάσχων ἐν αὐτοῖς τὸν λόγον τοῦ Θεοῦ : Luc clôt ainsi l’évangélisation de la Macédoine et de l’Achaïe.
ACTES DES APOTRES, xviit, 10-12. 551 à
les mains sur toi pour te faire du mal : [parle] car j'ai un peuple nombreux 3 dans cette ville. 11. Il demeura [à Corinthe] un an et six mois, enseignant τ parmi eux la parole de Dieu. à 12. Gallion étant proconsul d’Achaïe, Les Juifs se soulevèrent d’un com É 3