‹ Les Actes des ApôtresChapitre 278 sur 358 · XVI, 12-17. PAUL DEVANT GALLION, PROCONSUL D’'ACHAÏE · texte numérisé non relu

XVI, 12-17. PAUL DEVANT GALLION, PROCONSUL D’'ACHAÏE

Y 12) Γαλλίωνος δὲ ἀνθυπάτου ὄντος τῆς Ἀχαΐας : né à Cordoue en l'an 3 après J.-C., Lucius Junius Annaeus gallio était le fils aîné du rhéteur L. Annaeus Seneca; ᾿ il porta d’abord le nom de Marcus Annaeus Novatus, puis prit celui de son père adoptif, le rhéteur L. Junius Gallio. Il était le frère de Sénèque, Lucius Annaeus Seneca. D’esprit fin et délicat, il était comme son frère faible de caractère. Ils furent tous les deux forcés par Néron à se donner la mort. Cependant, il semble d’après HE Tacite, Ann. 15, 73 que Gallion a survécu à son frère Sénèque, puisque d’après ‘ca l’historien romain, 16, 17, il aurait été mis à mort, ainsi que son frère, Mela, par Néron. ‘#4

Gallion fut gouverne ur de l’Achaïe en l'an 51-52 d’après l'inscription de Delphes qué nous avons étudiée dans l’Introduction, p. cczxxxvi. Une autre inscription à trouvée à Platée, Béotie, et reproduite dans le C. I. G., vol. I, p. 288, n° 1671, atteste ss aussi que Gallion ἃ été proconsul de l’Achaïe. La voici : ἡ πολις Πλαταεων Λουχ[ιον Lou] νιον Γαλλίωνα Avravoy [0] matoy τον e αὑτῆς εὐεργέτ[ην]. Cf. ZAHN, p. 653, n. 48. Dans son De épître, 104, Sénèque mentionne la résidence de Gallion en Achaïe. Les Actes appellent Gallion proconsul, ἀνθυπάτος, d'Achaïe, titre qui était celui des gouverneurs de Ἂ province sénatoriale. Or, si nous en croyons Tacite, Ann. 1, p. 76, l'Achaïe, com τ prenant l’Helladc et le Péloponèse, était province impériale : « Achaïam ac Macedoniam, onera deprecantes, levari in praesens proconsulari imperio, tradique Caesari placuit. » L’Achaïe aurait, par conséquent, dû être gouvernée par un légat et non par ἣν un proconsul. Mais en l’an 44, d’après Suétone, Claude rendit l’Achaïe au Sénat: ἢ Provincias Achaïam et Macedoniam, quas Tiberius ad curam suam transtulerat, senatui De reddidit; Claudius, 25; Dio Gassius, 60, 24. C’est donc à bon droit que Gallion est τ appelé ἀνθυπάτος, titre des gouverneurs de province sénatoriale.

ἀνθυπάτου ὄντος, leçon de NBADd Pesch. Harkl. Flor. Gig. Vlg. au lieu de ἀνθυπατεύοντος, leçon de EHPL 614. Le verbe ἀνθυπατεώω, employé ici pour la première fois, se trouve dans Plutarque et Hérodiade. Η

ἀνθυπάτου ὄντος τῆς Ἀχαΐας, Gallion étant proconsul de l’Achaïe. Ce terme géographique a désigné, dans l’antiquité et dans les temps modernes, une étendue de pays très diverse. Pour Homère, Achéen et Grec étaient synonymes; la Phthiotide fut d’abord appelée Achaïe. Plus tard, ce nom fut réservé à la contrée située au nord du Péloponèse, le long du golfe de Corinthe. Après la conquête romaine, on appela Achaïe tous les pays qui avaient fait partie de la ligne achéenne. PAusANIAS, VIT, XVI, 10. L’Achaïe renfermait donc le Péloponèse, la Grèce centrale et les îles adjacentes. Pour l'auteur des Actes des Apôtres et pour Paul, l’Achaïe et la Macédoine forment l’ensemble des pays grecs. Act., xix, 21; Rom. xv, 26; I Thess., 1, 7, 8. Dans le partage des provinces fait en l’an 27 avant J.-C., par l'empereur Auguste, l’Achaïe fut attribuée au Sénat : elle était par conséquent gouvernée par un ancien préteur ayant le titre de proconsul. STrABon, xvir, 3, 25; Dion Cassius, zur, 12. En l’an 45, l'empereur Tibère l’enleva au Sénat et en fit une province impériale, TAcite, Ann., LXxvI; mais, en 44, Claude la rendit au Sénat. Suérone, Claudius, xxv. Le centre administratif de la province était Corinthe, séjour du proconsul. Il y avait d’ailleurs FR des Juifs à Sparte et à Sicyone en 138-139 avant J.-C., I Mac. xv, 23; en Béotie, en

) SV jé

δαῖοι τῷ Παύλῳ nat ἤγαγον αὐτὸν ἐπὶ τὸ aux, 8. λέγοντες Ὅτι παρὰ τὸν νόμον." à τ ἪΥ \ > ς

ἀναπείθει οὗτος τοὺς ἀνθρῴπους σέδεσθαι τὸν Θεόν. 14. μέλλοντος δὲ τοῦ Παύλου. ἀνοίγειν τὸ στόμα εἶπεν ὁ Γαλλίων πρὸς τοὺς ᾿Ιουδαίους᾽ Ei μὲν ἦν ἀδίκημά τι ἢ

ee Fm 9. -" 2 een Ne ! ῥαδιούργημα πονηρόν, ὦ ᾿Ιουδαῖοι, χατὰ λόγον ἂν ἀνεσχόμην ὑμῶν᾽ 15. εἰ δὲ ζητήματά

Etolie, en Attique, à Argos, ἃ Corinthe, Puaicow, Leg. ad Gaium, 36. On a trouvé des

inscriptions juives à Athènes, Patras, Egine, Scnürer.

χατεπέστησαν, aoriste 2 moyen intransitif de κατεφιστάναι; verbe employé ici pour la première fois, se soulever contre; ce terme indique la violence de l'attaque des Juifs

contre Paul; ὁμοθυμαδόν, d’un commun accord; ce fut le fait de tous. Le changement

de ‘gouvernement par suite de l’arrivée de Gallion encouragea les Juifs à attaquer

V’Apôtre. Cependant, si cette action avait eu lieu à l’arrivée de Gallion à Corinthe,

Luc aurait écrit ἀνθυπατευσάντος et non ἀνθυπάτόυ ὄντος, qui indique la durée de l’état; l'attaque des Juifs contre Paul eut lieu au temps où Gallion était proconsul. | ἐπὶ τὸ βῆμα : c'était un siège ou une chaire, tantôt fixée à demeure, tantôt trans-

portable, afin de permettre au juge de s'établir dans le lieu le plus favorable pour

tenir ses assises : d'ordinaire, sur la place publique.

ΟΥ̓ 13) λέγοντες : Paul n’est pas, comme à Philippes et à Thessalonique, accusé de se

révolter contre l’empire romain, mais de renverser la Loi par l'introduction d’une nouvelle religion. Les Juifs ne pouvaient fournir sur le chef de trahison des preuves, capables de persuader un proconsul romain; ils s’en tiennent à une accusation plus

vague : Paul, disaïit-il, persuade les hommes d’adorer Dieu d’une manière contraire à la Loi. ἀναπείθει, il excite par la persuasion, il entraîne les hommes, Juifs et Grecs, σέδεσθαι τὸν Θεόν, à adorer Dieu, παρὰ τὸν νόμον, contrairement à la Loi; 115 n’ajoutent pas

| juive, parce qu'ils voulaient faire entendre que Paul agissait aussi d’une certaine facon

contrairement à la loi romaine. La religion juive était une religion légale, religio licita, protégée par la loi romaine. Par divers décrets il avait été accordé aux Juifs de

vivre selon leur loi et de célébrer leur culte; cf. Josèpne, Ant. jud. x1v, 10 et 8.

Enseigner ux culte contre la loi juive c'était violer en même temps la loi romaine; les Juifs demandent donc à Gallion de condamner Paul qui cherchait à détruire 18 loi juive. D’après eux, l’autorité impériale devait prévenir toute tentative de corrompre une religion protégée par la loi romaine. Gallion ne se prêta pas à cette ambiguïté et plaça de suite la question sur la loi juive, νόμου τοῦ καθ᾽ ὅμᾶς, Ÿ 5, et porta son jugement en conséquence. Pour tout ce qui touchait à leur religion les Juifs étaient indépendants;

. ils avaient le droit de la pratiquer suivant leur tradition. Les Romains ne s’en occu- paient pas. Luc résume ici l'accusation des Juifs contre Paul; la réponse de Gallion

indique les points assez imprécis sur lesquels elle a surtout porté.

Le texte occidental, D Flor. présentent un peu différemment les ÿ 12 et 13. Γαλλίωνος δὲ ἀνθυπατεύοντος τῆς: Ἀχαΐας ἀνέστησαν διοθυμαδὸν οἱ ᾿Ιουδαῖοι xat συνλαλήσαντες μεθ’ ἑαυτῶν περὶ τοῦ Παύλου ἐπέθηκεν αὐτῷ τὰς χεῖρας χαὶ ἤγαγον [adrov?] πρὸς τὸν ἀνθύπατον, καταδοῶντες καὶ. λέγοντες, ὅτι παρὰ τὸν νόμον πείθει tous ἀνθρώπους... etc. ZAHN, p. 653, ἢ. 47. Zahn trouve ce récit plus vivant que celui du texte oriental. En fait, il est seulement un peu plus

. développé.

Ÿ 14) μέλλοντος, au participe présent avec un verbe à l’infinitif estune périphrase pour indiquer que le second verbe désigne une action future, mais il ajoute aussi l’idée de but, de dessein. Paul avait l'intention de répondre aux accusations des Juifs; Gallion ne lui en laissa pas le temps, parce qu'il jugea inutile que Paul se défendit, puisqu'il

n’était accusé d'aucun crime contre la loi romaine. Il prononça immédiatement son

. mun accord contre Paul et le conduisirent devant le tribunal, 13, en disant: Celui-ci persuade les hommes d’adorer Dieu d’une manière contraire: à la Loi. 14. Mais Paul allant ouvrir la bouche, Gallion dit aux Juifs : 51] s’agis-

sait de quelque injustice ou de quelque mauvais coup, ὃ Juifs, je vous

prêterais l’oreille, comme de raison; 15, mais s’il s’agit de discussions sur

jugement : il va se renfermer strictement dans son rôle de magistrat civil et ne traiter aucune question qui ne soit pas de son ressort; son court discours est la conclusion d’une série d'enquêtes, car l'accusation ne portait pas sur des paroles ou des personnes, mais sur la manière d'observer la loi juive. Il distingue d’abord sur quoi pourrait porter son jugement : ἀδίκημα, une injustice, un délit contre la loi, qu’il soit contre l'État ou contre les droits d'autrui, délit qui aurait pu être la matière d’une action civile; ῥᾳδιούργημα πονηρόν, facinus pessimum, Vlg, un crime qui devrait être l’objet d’une action au criminel ; ῥαδιοᾳργημα, hellénistique pour χαχούργῃμα ; cf. ῥᾳδουργία, x, 40. ἂν ἀνεσχόμην ὑμῶν, vulgaire, pour l’attique ἠνεσχόμην aoriste moyen de ävéyw; au moyen, supporter, endurer, avec l’accusatif et quelquefois avec le génitif comme ici; prêter. l'oreille, cf. II Tim. 1v, 3. Quand la supposition est contraire au fait, la protase est. exprimée par et avec un temps passé de l'indicatif et l’apodose par l’aoriste avec ἄν, qui indique simplement un fait, Burton, 113: Winer, 43, 2. « J'aurais écouté patiemment votre requête, dit Gallion, si votre accusation avait porté sur un délit ou un crime, mais comme cela n’est pas le cas, je ne vous écouterai pas. »

χατὰ λόγον, comme de raison, comme il est juste, — εἰχότως, jure meritoque; BLass; secundum rationem officii mei, BeeLen; cette expression, ici seulement, est employée par Polybe. Lecontraire serait παρὰ λόγον. Ἰουδαῖοι, sans l’adjonction ordinaire de ἄνδρες, indique un certain mépris de la part de Gallion, mépris, indiqué encore ÿ 16, 17. D Flor. Vlg. ont intercalé ὦ ἄνδρες. Ἰουδαῖοι, interpellation plus solennelle.

Υ 45) εἰ, avec l'indicatif marque qu'il n’y a aucun doute sur les faits exprimés. de, ici est adversatif, εἰ δὲ ζητήματα ἐστιν; ζήτημα, objet de recherche, chose en question, discussion. Le ton de Gallion est méprisant : s’il s’agit de choses en question, de discussions sur une parole, sur une doctrine, λόγον --- employé ici seulement en ce sens — et non sur un fait, ἔργον, sur des noms, ὀνομάτων, et non sur des actions, πραγμάτων, ou sur la loi qui vous est propre, νόμου τοῦ 40° ὁμᾶς, vous verrez vous-même, ὄψεσθε αὐτοί... περὶ λόγον : cette doctrine était peut-être la résurrection des morts. Il est plus probable cependant que Gallion avait dû entendre parler des discussions entre les Juifs et Paul au sujet du Messie, que Paul affirmait être Jésus de Nazareth, ou peut-être même que les Juifs avaient accusé Paul d'enseigner que Jésus était le Messie. καὶ ὀνομάτων, sur des noms qu’on attribuait à un personnage, à Jésus, Roi, Sauveur, Messie. Tout cela devait être des mots pour Gallion. — κατά avec l’accusatif du pronom personnel est une circonlocution hellénistique pour le pronom possessif, Winer, 167. — Gallion rejette nettement l'ambiguïté qu'avaient essayé d'établir les Juifs : la question ressort à leur loi et non à la loi romaine. La suppression de l’article devant λόγου, ὀνομάτων, νόμου indique d’une façon méprisante que la matière de l'accusation est placée dans la catégorie des mots.

ὄψεσθε αὐτοί : ce pronom est emphatique; cf. χα, 18, 19. CF. ΜΈ. xxvir, 24, la réponse de Pilate aux Juifs, ὑμεῖς ὄψεσθε le futur est employé ici pour l'impératif. Cette locution se rapproche de la formule latine : tu videris, ipse viderit. Cf. Épicrère, 2, 5, 30, ὄψει αὐτός. La question est du ressort des Juifs et non de celui de Gallion : les lois romaines permettaient aux Juifs de régler eux-mêmes tout ce qui touchait à leur religion. Le procurateur Festus, xxrm, 18, 49, tient le même langage et précise les faits : Les.

5b4 ACTES DES APOTRES, XVIII, 15-18.

2 x 1 NAS. ΄ Ν Γ 4 Vera ΩΝ :Σ Ze 3 DFA ἐστιν περὶ λόγου χαὶ ὀνομάτων χαὶ νόμου τοῦ χαθ᾽ ὑμὰς ὄψεσθε αὐτοί χριτὴς ἐγὼ τούτων οὐ βούλομαι εἶναι. 16. χαὶ ἀπήλασεν αὐτούς ἀπὸ τοῦ βήματος. 17. ἐπιλαόόμενοι δὲ πάντες ΣΙωσθένην τὸν ἀρχισυνάγωγον ἔτυπτον ἔμπροσθεν τοῦ βήματος" χαὶ

ἐξέπλει εἰς τὴν Συρίαν, χαὶ σὺν αὐτῷ IL.

accusateurs déposant contre lui ne portèrent aucune délation des crimes que je supposais, mais ils avaient avec lui des discussions sur leur propre religion et au sujet d’un certain Jésus mort, que Paul affirmait être vivant. χριτὴς ἐγώ : pronom emphatique pour bien affirmer que lui, Gallion, ne veut pas être juge de questions qui ne sont pas de sa compétence, de son ressort. βούλομαι, plus expressif que ἐθέλω, marque une volonté ferme de juger ces choses. Cette fin de non-recevoir témoigne à coup sûr de l’impartia-

lité de Gallion, mais trahit encore davantage son mépris pour tout ce qui regardait les

choses juives, C’est bien le dédain d’un homme d'action, qui ne veut pas s'occuper de vaines discussions sur des mots, sur des noms et aussi d’un philosophe pour qui les doctrines des Juifs étaient incompréhensibles, inadmissibles. Elle était bien digne d’un frère de Sénèque qui qualifiait la nation juive de sceleratissima gens : usque eo secleratissimae gentis consuetudo invaluit, ut per omnes iam terras recepta sit : victi victoribus leges dederunt. Frag. 42 dans Aucusrin, de Civ. Dei, vi, 10. Ce jugement est l'expression de la conscience de l'autorité romaine dans le procès entre Juifs et Chrétiens, comme le dilemme de Gamaliel l’a été pour les autorités juives.

ÿ 16) ἀπήλασεν : aoriste de ἀπελαύνω, emmener en chassant devant soï, chasser, expul-

ser; ce verbe est ici seulement dans le N. T. qui emploie à sa place ἐχθάλλειν, Ze. ΧΙΧ,

. 45; Act. vu, 58; x, 50, etc. Gallion ordonna à ses licteurs de chasser les Juifs du

lieu où était le tribunal. Le verbe indique que les Juifs ne se retirèrent pas de bonne volonté. Cependant, ἀπελαύνω n'indique pas nécessairement une violence exercée contre

eux, mais bien une insistance à laquelle il a fallu céder.

Υ 17) ἐπιλαδόμενοι δὲ πάντες Σωσθένην : tous ayant saisi Sosthènes dans une intention ὶ 1 y

hostile; cf. xvn, 19; xvi, 19, ἔτυπτον, le frappaient. Quels sont les auteurs de cette

action : les Grecs ou les Juifs, ou les Grecs et les Juifs? La réponse est douteuse; NAB Vig. Boh. Arm. ont simplement πάντες, qui doit indiquer tous ceux qui étaient présents, les Juifs, les officiers subalternes et les Grecs, ἀγοραῖοι, xvu, 5, qu'avait attirés le tumulte provoqué par l'expulsion des Juifs. Dans Dd EHLP Pesch. Harkl. Gig. nous avons πάντες οἱ Ἕλληνες, les Grecs, heureux de profiter de cette occasion de manifester leur haine contre les Juifs. Enfin, des manuscrits récents, des minuscules et Chrysostome, CramEr, Ὁ. 306, insèrent πάντες οἱ Ἰουδαῖοι. Les Juifs mécontents d’avoir été si ignominieusement traités tournèrent leur rage contre leur chef qui les avait si mal représentés. Mais les Juifs ne se battent guère entre eux; encore moins auraient-ils battu un chef de synagogue devant un magistrat païen. Σωσθένην τὸν ἀρχισυνάγωγον : le collègue ou le successeur de Crispus comme chef de la synagogue. Il pouvait y avoir eu plusieurs ἀρχισυνάγωγος, comme à Antioche de Pisidie, χπὶ, 15; peut-être Sosthènes était-il le chef d’une autre synagogue? Dans une ville aussi peuplée que Gorinthe il devait y avoir plusieurs synagogues. Il est douteux que Sosthènes soit le personnage dont parle Paul dans sa première épître aux Corinthiens, 1, 7 et qu'il appelle son frère, Ce nom était assez répandu chez les Grecs à cette époque. Que ce soit les Juifs ou les Grecs qui aient saisi Sosthènes, il 16 fut

αλλ τσ σον νον ἀνα, Le

une parole, [doctrine] et sur des noms et sur la Loi, qui vous est particulière, vous verrez vous-mêmes; je ne veux pas être juge de ces choses. 16. Et il les renvoya du tribunal. 17. Alors tous, s’emparant de Sosthènes, le chef de la synagogue, le battaient devant le tribunal. Et Gallion ne s’occupa nullement de tout cela.

18. Or, Paul, après être resté encore d’assez nombreux jours, prit congé des frères et il fit voile vers la Syrie avec Priscille et Aquila, après s’être

parce que c'était lui qui avait été l’instigateur de l'accusation contre Paul et qui

avait soutenu celle-ci devant Gallion. — ἔτυπτον, à l’imparfait, pour marquer à quel:

point Sosthènes fut battu : Exitus rei quae depingitur (imperf.) non indicatur, quia nihil gravius secutum est, BLass. Mais l’imparfait peut signifier seulement : ils se mirent à le battre. ἔμπροσθεν, devant, avec une idée de lieu. τοῦ βήματος : Ce fut devant 16 tribunal que Sosthènes fut battu, ce qui prouve que c'était en plein air et publiquement. χαὶ οὐδὲν τούτων τῷ Γαλλίωνι ἔμελεν : imparfait de μέλω, intéresser, être un objet de soucis, d'occupation; cf. I Cor. 1x, 9 : Μὴ τῶν βοῶν μέλει τῷ Θεῷ. Employé comme verbe à un mode personnel, μέλω demande un sujet au neutre, Künner. οὐδὲν alors est le sujet de ἔμελεν et τούτων est un génitif partitif : rien de ces choses n'intéressait Gallion. Mais on construit d'ordinaire μέλει τινὶ τινός, cf. I Cor. 1x, 9, ou μέλει τινὶ περί τινος; Cf, Me. χα, 17:1 Pr. v, 5; il est plus régulier de faire dépendre τούτων de ἐμέλεν et de regarder οὐδέν comme un renforcement de où : rien n’importait à Gallion de ces choses.

Par son inaction Gallion paraît donc avoir donné son approbation à l’action de la populace, ou plutôt il laissa avec un beau dédain les choses suivre leur cours; mais p'est-ce pas pousser l’impartialité un peu loin. C'était bien dans le caractère romain de ne s'occuper des affaires que lorsqu'elles pouvaient atteindre leur autorité. D’ailleurs si Sosthènes a été battu par les Grecs Gallion a dû penser que c'était un juste châtiment d’une accusation aussi triviale; il a pu y voir une approbation de sa décision; si Sosthènes a été battu par ses corélégionnaires, Gallion n’a pas voulu s'occuper des affaires des Juifs. Le récit établit par tous ses détails que l'accusation contre Paul n’a eu aucun succès. Clemen, p. 126, Jung, p. 105, regardent ce récit comme inauthentique; mais Hilgenfeld trouve très vraisemblable que les Juifs aient fait tous leurs efforts pour empêcher de cette façon les prédications de Paul. Le texte latin du codex de Bèze écrit : Tune Gallio fingebat eum non videre. Le texte grec de ce codex est presque illisible. Blass conjecture qu'il y avait : καὶ ὁ T'aluwv προσεποιεῖτο αὐτὸν μὴ βλέπειν. Floriacensis écrit : Et Gallio simulabat se non videre.

XVIII, 18-23 : Pauz À Epnèse, À CÉSARÉE, [A JÉRUSALEM], A ANTIOCHE ET EN Aise MiNEURE.

Υ 18) Ὁ δὲ Παῦλυς ἔτι προσμείνας : après cet événement Paul resta encore ἡμέρας, ἱκανάς, des jours nombreux, ou assez nombreux à Corinthe, ce qui prouve que l’attaque des Juifs ne l’empêcha en aucune façon de continuer ses prédications dans la ville ou aux alentours, en Achaïe, II Cor. 1, 1, et avec succès, II Cor. χιι, 12. Faut-il ajouter ces jours dont il est parlé ici aux dix-huit mois du ÿ 11 ou supposer qu'ils indiquent un nouvel espace de temps après les dix-huit mois? il est difficile de donner une réponse précise. Paul, à son départ, laisse derrière lui une église fortement organisée, avec beaucoup de ferments de troubles, sans doute, — la première épître aux Corinthiens

S'NYC ER

le montrera, — mais aussi avec de très riches éléments de foi et de vie chrétienne. τοῖς ἀδελφοῖς ἀποταξάμενος, participe aoriste moyen de ἀποτάσσω, séparer; au moyen, prendre congé de, dire adieu; vale faciens, Vig.; cf. Mc. vi, 46. Il n’est pas employé par les classiques dans ce sens. Parmi ces frères dont paul a pris congé devait être Silas, qui ne paraît pas avoir accompagné l’Apôtre et peut-être Timothée, que nous ne trouvons avec Paul qu'à son second voyage à Éphèse, χιχ, 22. — ἐξέπλει, à limparfait : recte imperf. nam de perfecta navigatione, ὃ 22, Re agitur, BLass. εἰς τὴν Συρίαν : La Syrie comprenait dans la géographie politique romaine le littoral méditerranéen, du mont Taurus à l’isthme de Suez, et tout le gouvernement proconsulaire dont le chef résidait à Antioche. La Syrie était le point terminus de la navigation de Paul, mais soit qu’il n'ait pas trouvé de navire pour un port de la Syrie, soit pour une autre raison que nous ignorons, Paul et ses compagnons 8 ‘embarquèrent pour Éphèse, — χαὶ σὺν αὐτῷ Πρίσχιλλα χαὶ ARE, χειράμενος τὴν χεφαλήν. Ÿ a- -t-il une différence entre χειράω et ξυρέω du ch. χχι, 44? Tous les deux veulent dire couper les cheveux et tondre, raser la tête; mais ξυρέω a surtout ce dernier sens. Est-ce Aquila qui se fit raser la tête ou Paul? les avis des exégètes sont partagés; ce serait Paul d’après Augustin, Jérôme, Bède, Düllinger, Lechler, Ewald, Nüsgen, Schmidt, Farrar, Lewin, Felten; ce serait Aquila d’après la Vulgate, Théophylacte, Grotius, Wieseler, Meyer, Overbeck, Wendt, B. Weiss. Grammaticalement χειράμενος se rapporte à Ἀχύλας, le nom qui est le plus proche. Floriacensis favorise cette interprétation : Aquila qui votum cum fecisset Cenchris caput tondit. La Vulgate est ambiguë : elle met entre parenthèses {et cum eo Priscilla et Aquila) et continue : qui sibi totonderat in Cenchris caput, qui alors se rapporteraient à Paul. Afin de préciser cet accord - Luc a placé ᾿Αχύλας après Πρίσχιλλα, ce qui est anormal. On fait remarquer, il est vrai, qu'ailleurs ÿ 26 et dans Rom. xvi, 3 et II Tém., τν, 19, Aquila est placé après Priscilla, ce qui infirmerait la conclusion que l’on tire de ce placement. — Il est plus normal d'attribuer cet acte à Paul, car on ne voit pas pourquoi Luc aurait rapporté cet acte d'Aquila, qui pour lui ne devait avoir aucune signification; ce n’est pas l’histoire d’Aquila qu’il raconte, mais celle de Paul. Même au point de vue grammatical cet acte peut être attribué à Paul, qui est le sujet de la phrase, et c’est à lui que naturellement on l’attribuera. Les Actes ne suivent pas toujours cette règle de faire accorder le relatif avee le nom antécédent le plus proche. On peut d’ailleurs tenir cette observa- tion pour une parenthèse qui, naturellement, visera Paul. De plus, si χειράμενος se rap= portait à Aquila on aurait eu éxelparo ou αὐτὸς δὲ ἐχείρατο, tandis que xetpéuevos semble continuer les participes προσμείνας et ἀποταζάμενος.

ἐν Kevxpedis : Cenchrées, le port oriental de Corinthe, {était situé au fond du golfe Saronique; une communauté chrétienne y fut fondée probablement par Paul pendant son séjour à Corinthe. Phébée était en service dans cette église, vers l’an 58, Rom. xvi, 2. — εἶχεν γὰρ εὐχήν : Quel était ce vœu de Paul? se couper les cheveux était un usage sémitique; les pèlerins de la Mecque le pratiquent encore, Preuscuen. Chez les Juifs, Nomb. vi, 5, on coupait les cheveux à l'expiration du vœu et non au commen: cement. Ce serait donc inexact de dire que Paul allait à Jérusalem pour accomplir un vœu. Le terme de son vœu était arrivé, — il avait un vœu et non il eut un vœu, — … puisqu'il se fait raser la tête à Cenchrées avant son départ. Est-ce un vœu de nazirat qu'avait fait Paul? Paul n’a pas dû faire ce vœu dans son entier, car il n'aurait pu être relevé de son vœu qu'au Temple de Jérusalem. On fait remarquer cependant qu'une coutume plus adoucie s'était établie pour les Juifs résidant à l'étranger. Une certaine tolérance permettait à l’Israélite très éloigné de la capitale de couper sa chevelure au

fait raser la tête à Cenchrées, car il avait un vœu. 19: Et ils arrivèrent ἃ

Éphèse et il y laissa ceux-ci, mais lui-même étant entré dans la synagogue,

lieu où il habitait, sous la condition d’en conserver une portion et de la brûler au sanctuaire lorsqu'il pourrait s’y rendre. La facilité était plus grande encore s’il s'agissait d’un nazirat restreint, ou seulement d’un vœu analogue. Bengel en admet un de cette sorte : « Votum hoc, cujuscumque rei fuit, proprie non fuit naziraetus, sed naziraeatui affine. » Tout Israélite pieux pouvait, en tout temps, en faire de tels. Cf. Deut. xxu1, 21-23. Hackett n’admet pas cette atténuation. On a supposé que Paul avait fait une sorte de vœu civil analogue à celui des Naziréens, mais qui n’entraïnait pas les mêmes cérémonies. D’après Josèphe, Guerre Juive, τι, 15, 1, des Juifs faisaient des vœux de trente jours pendant lesquels ils devaient s'abstenir de vin et ne pas se raser la tête. — Paul aurait fait, dit-on, ce vœu pour remercier Dieu de l’avoir délivré des attaques des Juifs. Il est inutile de rappeler les autres suppositions que l’on a faites sur la raison de ce vœu, vu que le texte ne nous donne aucune explication à ce sujet. Krenkel pense que Paul se fit raser la tête pour se guérir des attaques d’épilepsie auxquelles il était sujet : supposition tout à fait gratuite et ne tenant aucun compte du texte. — Quoi qu’il en soit, il résulte de ce fait que Paul observait sinon la Loi juive, du moins les coutumes religieuses de sa nation.

ÿ 19) κατήντησαν δὲ εἰς "Ἔφεσον : au temps de Paul on pouvait arriver à Ephèse par mer. De Cenchrées à Ephèse le voyage par un temps favorable pouvait être fait en deux ou trois jours; cependant, Cicéron rapporte que lui et son frère mirent une fois deux

semaines pour aller d'Athènes à Corinthe, mais le ui avait été très mauvais. Sur.

Éphèse, cf. χιχ, 1.

Les ÿ 19-22 sont présentés différemment par les textes occidentaux; Blass donne en note la partition des témoignages. Voici le texte tel que l’a établi Zahn, p. 662, n. 68

ἐρωτώσαντων de αὐτῶν ἐπὶ πλείονα χρόνον μεῖναι παρ᾽ αὐτοῖς, οὐχ ἐπένευσεν. (21) ἀλλὰ ἀπετάξατο αὐτοῖς εἰπῶν- δεῖ με πάντως τὴν ἑορτὴν τὴν ἐρχομένην ποιῆσαι εἰς Ἰεροσόλυμια, πάλιν δὲ ἀναχάμψω τοῦ Θεοῦ θέλοντος, χαὶ ἀνήχθη ἀπὸ τῆς ᾿Εφέσου. τὸν δὲ Anblay εἴασεν ἐν ᾿Ιἱφέσω, αὐτὸς δὲ ἀνενεχθείς, (22) κατῆλθεν εἰς Ἰζαισάρειαν χαὶ ἀναθὰς καὶ ἀσπασάμενος κατήδὴ εἰς Ἀντιόχειαν. — κατνήτησαν, aoriste de χαταντάω, de ἄντω en face de; ἀντάω, aller en avant; xaravrév, parvenir à. χἀχείνους χατέλιπεν αὐτοῦ : Luc n’a pas voulu dire que Paul se sépara, αὐτοῦ, là, de Priscille et d'Aquila, et que sans eux il alla à la synagogue; il a simplement mentionné par anticipation que Paul se sépara d’eux à Éphèse, puis il raconte que Paul avant son départ alla à la synagogue. Des exégètes croient que Priscilla et Aquila furent laissés dans la ville, αὐτοῦ, là, et que Paul se rendit à une synagogue qui était en dehors de la ville, mais dans ce cas Luc aurait indiqué de quelque façon cette sortie de la ville, par exemple par ἔξω τῆς πόλεως; cf. χνι, 8, au moins par ἐξελθών ; d’ailleurs ce détail était

trop peu important pour être τόνε Paul continue à aller tout d’abord à la

synagogue juive. — Les Juifs à Éphèse formaient une importante communauté.

Josèphe rapporte plusieurs décrets des gouverneurs romains et du peuple d'Éphèse

leur garantissant la libre observance de leurs coutumes nationales. Il est probable que les Juifs d'Éphèse avaient déjà entendu parler du christianisme et qu'ayant maintenant au milieu d'eux un chef de la secte, ils désiraient comme les Juifs de Rome, xxvunt, 22, avoir à ce sujet de plus amples informations.

διελέξατο, aoriste moyen de διαλέγω, indique que l'entretien de Paul avec les Juifs ou son discours furent transitoires et ne s’étendirent pas à plus d’une séance, sans quoi

il aurait fallu indiquer le contraire.

ACTES DES APOTRES, XVIII, 18-19. ὁ 557

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αὐτοῦ αὐτὸς δὲ εἰσελθὼν εἰς τὴν συναγωγὴν διελέξατο rois ᾿Ιουδαίοις. 20. ἐρωτώντῶν δὲ αὐτῶν ἐπὶ πλείονα χρόνον μεῖναι οὐχ ἐπένευσεν, 21. ἀλλὰ ἀποταξάμενος al εἰπών" Πάλιν ἀναχάμψω πρὸς ὑμᾶς τοῦ Θεοῦ θέλοντος, ἀνήχθη ἀπὸ τῆς Βιφέσου, 99. nai χατελθὼν εἰς Καισαρίαν, ἀναδὰς χαὶ ἀσπασάμενος τὴν ἐχχλησίαν, χατέδη εἰς ᾿Αντιόχειαν᾽ 23. χαὶ ποιήσας χρόνον τινὰ ἐξῆλθεν, διερχόμενος χαθεξῆς τὴν Τ᾿ αλατιχὴν χώραν χαὶ Φρυγίαν, στηρίζων πάντας τοὺς μαθητάς.

ÿ 20) Les Juifs d'Ephèse étaient bien disposés à l'égard de Paul, puisqu'ils lui demandèrent de rester plus longtemps avec eux. Maïs ces bonnes dispositions se seraient-elles maintenues? — ἐπένευσεν, aoriste de ἐπινεύω, faire un signe de la tête,

affirmer, consentir; il est classique, mais il est ici seulement dans le N. T. Nous ne

savons quelle raison pressante Paul avait de quitter Éphèse de suite. Il en est donné une raison au Ÿ suivant dans quelques manuscrits, mais il est fort douteux que le passage soit authentique.

Υ 21) Après εἰπών, D'HL P 36 40 Pesch. Harkl. Demid. Chrys. Oecum. Théoph. Gig.

Wern. insèrent : δεῖ pe πάντως τὴν ἑορτὴν (D ἡμέρα") τὴν ἐρχομένην ποιῆσαν εἰς ‘Teposdhvux ;

leçon omise par RNABE 13 15 105 180 Vig. Sah. Boh. Arm. Eth. L’évidence externe ainsi que l'évidence interne sont en faveur de l’omission de ces paroles. Il semble bien

qu’elles ont été ajoutées parce qu’on supposait que Paul ayant fait un vœu devait aller le plus tôt possible à Jérusalem pour l’accomplir et lui donner sa fin; ce voyage était indiqué au ÿ 22. Mais cette supposition est à peine suffisante pour expliquer cette insertion dans le texte très ancien du codex de Bèze. Des critiques supposent au contraire que ces paroles ont été supprimées parce qu’il n’est pas question d’un voyage à Jérusalem au Ÿ 22. — Ramsay, δὲ Paul, p. 264, croit que la forme longue de ce ÿ est

originale et essaye d'expliquer pourquoi on a supprimé : dei με πάντως, etc. Son expli-

cation paraît peu vraisemblable. Le plus simple est de supposer une omission dans les témoins les plus anciens et d'ordinaire les plus sûrs, soit par accident de transcription,

soit volontairement, pour écarter l’invraisemblance d’un voyage à Jérusalem dans les

conditions indiquées.

La fête que voulait célébrer Paul d’après le texte occidental était ou la Pâque,

Ewald, Renan, Ramsay (Paul prit à Éphèse un vaisseau qui transportait à Jérusalem

les pèlerins de Pâque) ou la Pentecôte, Alford, Wieseler, ou la fête des Tabernacles, Lewin. Wieseler, p. 48, pense que c'était la Pentecôte parce que Paul a fait par mer

le voyage de Corinthe à Éphèse, et quevu, l'état de la mer, s’il l'avait fait plus tôt, il aurait été obligé de le faire par terre. Mais ποιῆσαι τὴν ἑορτήν désigne mieux la Pâque : Cf. ποιῶ τὸ πάσχα, Mi. χχιν, 18. — πάλιν avaxdubw, pléonasme, futur de ἀναχάμπω, recourber, replier; au neutre, retourner, revenir sur ses pas : employé dans ce sens par les classiques, les Septante et le N. T. πάλιν est emphatique ou pléonastique. τοῦ Θεοῦ θέλοντος : expression employée chez les Juifs, et aussi chez les Grecs et les Romains. Paul devait avoir en vue d'évangéliser Éphèse, une des villes les plus considérables de l'Orient, mais il jugea que pour le moment il n’avait pas le temps suffisant pour cet important travail.

Ÿ 22) Avant χατελθών, 614 Harkl. (mg) insèrent τὸν δὲ ᾿Αχύλαν εἴασεν ἐν ᾿Εφέσω ; la Peschitto et Aquila et Priscilla reliquit Ephesum et ipse iter fecit per mare, additions explicatives. — Paul laissait Aquila et Priscille à Éphèse pour y préparer son futur retour dans cette ville.

χατελθὼν εἰς Kataplav; expression habituelle pour indiquer le débarquement de la haute mer dans un port et, xxvir, 5 aussi des parties élevées vers la côte, Grimm. εἰς

ACTES DES APOTRES, no 10:28: 559:

il s’entretint avec les Juifs. 20. Ils lui demandèrent de rester plus longtemps, mais il n'y consentit pas, 21, et il prit congé d’eux en disant : Je reviendrai Ἐὶ de nouveau vers vous, si Dieu Le veut. Et il partit d'Éphèse. 22. Étant débar- ὀ ὃ qué à Césarée, 1] monta [ἃ Jérusalem] et après avoir salué l’église, il descendit à Antioche. 23. Or, après [y] avoir passé quelque temps, il [en] partit, parcourant successivement la contrée galatique et la Phrygie, fortifiant tous les disciples:

Katsapiav : Césarée était le meïlleur port à proximité de la Judée. — ἀναδάς est le terme employé dans l'A. etle N. T. pour.désigner la montée vers Jérusalem, ville plus élevée querlo reste dupays” δὲ, ΧΙ; xv 2: ΧΙ 1206, xx) 18: Me: x, 32; Leu, 42: Nu 91508 + Jn. τι, 18; v, 1, etc. ἀναθαίνω et χαταδαίνω sont les termes techniques pour indiquer un voyage à Jérusalem : Cf. III Rois; χχπι, 9; IV Rois; xxiv, 10; Ps. οχχι; Jn. vit, 8; 4 χι, 55; Act. xx1, &; χχυ, 1; Gal. πι, 1, etc. Cependant, Zahn, p. 644, fait remarquer que nulle part dans les écrits de Luc et dans tout le N. T., lorsqu'il s’agit d’un pèlerinage : à Jérusalem, lors d’un jour de fête, le nom de Jérusalem ou celui de la fête n’est omis, Jn. vu, 110. La Chaîne arménienne dit expressément : χαὶ ἀσπασάμενος τὴν ἐχχλησίαν En Ἱεροσολύμοις. On ne voit pas d’ailleurs pourquoi Paul serait allé à Césarée s’il ne devait . pas aller à Jérusalem. Pour aller à Antioche il aurait débarqué à Séleucie. Quelques critiques ont supposé qu’il n’était pas question ici d'un voyage à Jérusalem; Paul monta à la ville élevée en dessus du port, ἀναδάς, ou à une partie haute de la villeoù . ἦν était rassemblée la communauté chrétienne, mais le terme suivant, xaté6n n'aurait pu PL être employé pour désigner un voyage de Césarée, qui était au niveau de la mer, à " Antioche, laquelle étaitau-dessus du niveau de la mer. Régulièrement on descend vers un port et on ne descend pas d’un port à une ville de l’intérieur. De plus, Luc très concis dans son récit n'aurait pas mentionné un détail aussi insignifiant. — ἀσπασάμενος ‘ τὴν ἐχχλησίαν : L'Église sans épithète est celle de Jérusalem, l'Église par excellence. 4 Si Luc avait voulu désigner la communauté de Césarée il aurait plutôt écrit : ayant salué les frères ou les disciples, cf. xxiv, 7. On ne voit pas d’ailleurs quelle raison ᾿ spéciale aurait eu Paul d’aller saluer une église fondée par Pierre et évangélisée par Philippe. — Blass, Holtzmann, Baljon, Harnack ne croient pas que Paul soit allé à Jérusalem, tandis que Weiïizsäcker, B. Weiss, Ramsay, Belser, Clemen le pensent.

Cette visite de Paul à Jérusalem était probablement la quatrième : 1x, 21; x1, 30-xm, 25; xv, 4. ἀσπασάμενος, ayant salué, indique une courte visite. xaté6n, expression exacte pour désigner un voyage de Jérusalem à Antioche. Blass qui ne veut pas admettre ce voyage à Jérusalem explique ainsi le texte : nave Caesarea Seleuciam, pedibus inde FA Antiochiam venisse videtur : ad flumen in planitie erat sita Antiochia.

εἰς Ἀντιόχειαν; Antioche était alors le centre d’où Paul partait, xiv, 25; xv, 33, pour ses voyages de mission et où il revenait, xvur, 22. Neander, Renan, ont supposé que c'était pendant ce séjour à Antioche qu’eut lieu la discussion entre Pierre et Paul. Antioche est mentionné ici pour la dernière fois.

Ÿ 23. καὶ ποιήσας χρόνον τινά; οἵ, xv, 33. Paul passa peu de temps à Antioche, entraîné qu'il était vers la continuation de ses missions évangéliques. IL devait partir pour mettre à profit la saison qui lui permettait de voyager dans les hauts plateaux de l'Asie Mineure ; Turner, Chronology, Hasries, Diction. of Bible, p. 422. — Paul, ἐξῆλθεν, sortit d'Antioche pour son troisième voyage de mission. — χαθεξῆς, passant en ordre, successivement τὴν Γαλατιχὴν χώραν, la contrée galatique d’abord, puis la Phrygie. Venant de ον l'est et allant à Éphèse Paul, passant par les portes CGiliciennes devait rencontrer tout

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