CHAPITRE XIX
xx, 1. Or, il arriva pendant qu'Apollos était à Corinthe, que Paul, après avoir parcouru les parties supérieures [de l'Asie] vint à Éphèse, et trouva certains disciples, il leur dit : 2. Avez-vous reçu le Saint-Esprit, quand vous
les vallées du Lycus et du Méandre, maïs une route plus au nord, moins fréquentée, plus courte et aboutissant à la vallée du Caystre. Ramsay, The Church in the Roman empire, p. 91 ss. fait remarquer que Paul ne visita pas pendant sa route la Galatie septentrionale, parce que, s’il en avait été ainsi, les expressions χαθεξῆς et πάντας
τοὺς μαθητάς, ΧΥΠῚ, 23, n'auraient pas eu de signification, puisqu'elles désignaient des
églises et des fidèles qui n'avaient pas été mentionnés dans les Actes.
ἀνωτεριχός, terme médical, se trouve chez Hippocrate et Galien. — Au lieu de ἀνωτερικά Théophraste et quelques minuscules ont lu ἀγατολιχὰ μέρη. ἐλθεῖν εἰς Ἔφεσον : Paul vint à Éphèse.
Placée aux temps anciens à l'embouchure du Caystre, sur le golfe du même nom, à
la tête des routes principales qui conduisent de la mer Égée à l'Euphrate, l’une par la
Galatie et l’autre par Iconium, Éphèse était la cité la plus importante de l'Asie Mineure.
Sa population, composée surtout de Grecs, s'élevait à un tiers de million au temps de Paul. Éphèse avait à ce moment conservé. toute son ancienne splendeur : avec sa religion gréco-orientale, sa civilisation grecque, son gouvernement romain, som commerce à travers tout le monde ancien, sa position entre les deux continents; elle était le point de rencontre entre l’orient et l’occident. On trouvait dans ses rues un mélange de toutes les nationalités : les hommes d'esprit élevé, les philosophes y coudoyaient les ouvriers argentiers et même les bandits qu'avait attirés le droit d'asile attaché au temple d'Artémts. Éphèse était le séjour du proconsul de la province d’Asie.
χαὶ εὑρεῖν τινας μαθητάς : à son arrivée à Éphèse Paul trouva dans cette ville des disciples qui avaient cru, ÿ 2. Comment Luc peut-il appeler disciples des hommes qui
n'avaient pas reçu le baptême chrétien? Voici l'explication qu’on peut en donner. Luc
qualifie ces disciples de τινας, pronom indéterminé qui indique que Luc ne savait pas quel genre de disciples étaient ceux-ci.
ÿ 2) Paul ne paraît pas avoir la même hésitation; il croit que ces disciples sont des chrétiens ayant reçu le baptême au nom de Jésus, car il les appelle πιστεύσαντες ; or, le verbe πιστεύω désigne la foi en Jésus-Christ qu'on ἃ reçue par le baptême. Quand il leur pose la question : εἰ Πνεῦμα ἅγιον ἐλάδετε πιστεύσαντες, les deux verbes désignent deux actes qui sont simultanés et non successifs. C’est donc comme s’il leur disait : Quand vous avez cru, c'est-à-dire quand vous avez reçu le baptême, avez-vous reçu en même temps l’Esprit-Saint? Il pose cette question parce que les deux actes ne sont pas nécessairement liés l’un à l’autre dans tous leurs effets. On peut recevoir le baptême et recevoir le Saint-Esprit avec ses dons intérieurs, mais ne pas gecevoir en même temps le Saint-Esprit avec ses dons extérieurs, cf. vin, 16. Paul veut donc s'assurer s'ils ont reçu le Saint-Esprit, c'est-à-dire le Saint-Esprit avec ses dons intérieurs et ses dons extérieurs qui se manifestaient surtout par le don des langues. Ceux-ci lui répondirent : ἀλλ᾽ ουδὲ εἰ Πνεῦμα ἅγιον ἔστιν ἠχόυσαμεν, οὐδέ est emphatique et signifie pas même, ne. quidem.
La réponse peut paraître singulière et prête à diverses interprétations : traduite le
» , : \ χ Sr] ? " - PA Εἰ πνεῦμα ἅγιον ἐλάθετε πιστεύσαντες ; où δὲ πρὸς αὐτόν᾽ ᾿Αλλ᾽ οὐδ᾽ εἰ Tlveüpa ἅγιον D x 3 κ Ν x à Fe SEM 4 ἔστιν ἠχούσαμεν. 3. ὁ δὲ εἴπεν᾽ Εἰς τί οὖν ἐῤαπτίσθητε; où δὲ εἶπαν᾽ Εἰς τὸ ᾿Ιωάνου
βάπτισμα. ἱι. εἶπεν δὲ Παῦλος" ᾿Ιωάνης ἐόάπτισεν βάπτισμα petavoiac, τῷ λαῷ λέγων ἔτ x - D x » ΒΗ ᾽ εἰς τὸν ἐρχόμενον μετ᾽ αὐτὸν ἵνα πιστεύσωσιν, τοῦτ᾽ ἔστιν εἰς τὸν ᾿Ιησοῦν. 5. ᾿Αχού-
plus littéralement, ce texte signifierait : mais nous n'avons pas entendu s’il y a un Esprit- Saint. Cette réponse paraît invraisemblable, car si ces disciples étaient Juifs, et ᾿ disciples de Jean, ils devaient connaître qu'il y avait un Esprit-Saint, puisque Jean avait publiquement proclamé que celui qui venait après lui baptiserait dans le Saint- Esprit, Mt. nt, 11; Jn. 1, 33. Cette réponse à plus forte raison ne pouvait pas être celle d’un chrétien qui savait bien qu’il y avait un Esprit-Saint et n’aurait pas répondu qu'il n’avait pas entendu s’il y avait un Esprit-Saint. Que signifie donc cette réponse? Les disciples ont-ils voulu dire qu'ils n'avaient pas entendu dire qu'il y avait un Esprit- Saint, personne distincte de Dieu? Mais ce serait une réponse trop subtile et impossible dañs la bouche de Juifs qui ne connaissaient pas le mystère de la Sainte Trinité. Un chrétien se serait exprimé plus clairement et n’aurait pas répondu.par une phrase
qui est presque un blasphème. Les disciples n’ont pas dû comprendre l'interrogation
de Paul telle que nous l’avons exposée. — Pour expliquer cette phrase obscure on a fait diverses suppositions. Et d'abord le codex de Bèze, l’'Harkléenne (mg) la Sahidique
-au lieu de ἔστιν écrivent λαμδάνουσίν τινες : nous n'avons pas entendu dire que certains reçoivent le Saint-Esprit. Ils ne savent donc pas que l’Esprit-Saint est communiqué -
avec tous ses dons, ce qui prouve que ces disciples ignorent une vérité essentielle du christianisme, — Après ἔστιν des exégètes ajoutent δοθέν ou ἐχχυνόμενον, donné ou répandu, ce qui est une addition bien adaptée au sens du texte, mais qui n’est pas certaine. Le ἔστιν de cette exclamation me paraît se rapprocher beaucoup du ἦν d’une déclaration
tout analogue de Jean vr, 39 : οὔπω γὰρ ἦν Πνεῦμα, Ces disciples ignoraiïient si oui ou
non l’Esprit-Saint était alors présent : « adesset. » Barpe. Le plus simple est de penser que l'instruction religieuse de ces disciples était très incomplète et que même ils n’avaient pas entendu tous les enseignements de Jean.
Υ 3) εἷς τί οὖν ἑδαπτίσθητε; cf. var, 16; Mt. xkvin, 19; Rom. vi, ut; 1 Cor. 1, 13; x, 2;
Gal. im, 27. La réponse des disciples fait comprendre à l’Apôtre que ceux-ci n’ont pas
reçu le baptême chrétien, lequel était d'ordinaire accompagné de l’effusion du Saint- Esprit, et qui d’ailleurs était donné au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Donc, leur dit-il, c’est-à-dire s’il en est ainsi, à quoi, en quoi avez-vous été baptisés ? εἰς indique la direction, le but en vue duquel on fait une chose. La Vulgate a traduit εἰς τί par ἐπ quo (neutre) au lieu de in quid; elle a donné à εἰς le sens de ἐν. — εἰς τί οὖν ἐδαπτίσθητε doit être interprété d'après le ÿ 5 : ἐδαπτίσθησαν εἰς τὸ ὄνομα τοῦ Kuplou Ἰησοῦ. C'était demander aux disciples quel était l’objet de leur foi, quel était celui en qui ils croyaient, au nom de qui ils avaient reçu le baptême. Ils répondirent : εἰς τὸ Ἰωάνου βάπτισμα, au baptème de Jean. D'après Winer, ils auraient dû répondre : en ce dans quoi Jean baptisait. Les disciples ont reçu le baptême de Jean, que ce soit de lui-même ou d’autres. Leur croyance était donc restreinte à ce que Jean enseignait : La nécessité de la pénitence parce que les temps approchent où le Messie allait paraître et était même apparu dans la personne de Jésus de Nazareth. Leur croyance était incomplète et Paul va leur faire saisir la conclusion qu'ils auraient dû tirer des enseignements de Jean. Ὁ
Heïnreichs, Wetstein, Renan ont supposé que ces disciples avaient été instruits par Apollos, au temps où celui-ci ne connaissait que les enseignements de Jean-Baptiste. Mais il est incompréhensible qu'Apollos ne les ait pas instruits de ce qu’ils devaient croire après que lui-même eût reçu une instruction plus complète. Comment, en outre,
avez cru? Ils lui dirent : Mais nous n’avons pas même entendu s’il ἃ un
Esprit-Saint. 8. Il dit : Dans quoi donc avez-vous été baptisés? Et ils dirent : Dans le baptême de Jean. #. Alors Paul dit : Jean a baptisé d’un baptême de repentance, en disant au peuple de croire en celui qui venait après lui, c'est-à-dire en Jésus. 5. Or, ayant entendu [cela], ils furent baptisés au nom
dans leur fréquentation avec les chrétiens d'Éphèse, surtout avec Priscille et Aquila, n’auraient-ils pas été instruits de la doctrine chrétienne? Il faut donc supposer que ces disciples de Jean étaient arrivés récemment à Éphèse d’une contrée où n'avait pas encore été prêché le nom de Jésus-Christ.
Ces hommes seraient-ils avec Apollos les premiers représentants de cette secte que nous retrouvons au milieu du νι siècle, Zabiens, Nazoréens, Mandéens, et qui tenaient Jean-Baptiste pour le Messie? Nous l’ignorons. IL ne peut non plus être question ici d’une communauté de disciples de Jean, établie à Éphèse, car nous ne voyons pas que le mouvement provoqué par Jean ait été propagé en dehors de la Judée.
Ÿ 4) εἶπεν δὲ Παῦλος" ᾿Ιωάνης ἐθάπτισεν βάπτισμα μετανοίας : première partie de l’antithèse; la seconde doit être suppléée par l’auditeur. Jean a baptisé d’un baptême. Cf. Ze. vu, 29, de repentance, Mc. 1, 4; Le. πι, 8 et il a dit au peuple de croire en celui qui venait après lui, et celui-là c’est Jésus, en qui par conséquent, vous devez croire et être baptisés. — Les MM syriens E H LP 614 font ressortir ce raisonnement en insérant
μέν après Ἰωάνης. Preuschen suppose que βάπτισμα ἃ été mis à la place de ὄνομα. —
βάπτισμα μετανοίας : sur le baptême de pénitence Cf. LAGRANGE, Εν. de Marc, p. 4; ἔν. de Luc, p. 104. εἰς τὸ épyômevov, cf, Le. ur, 14, placé avant ἵνα πιστεύσωσιν, est emphatique :
il affirme plus fortement la croyance en celui qui vient après lui. τῷ λαῷ λέγων : Jean
a précisé lui-même quel était l’objet de son baptème : la croyance en celui qui venait après lui. Le baptême de pénitence était provisoire et préparatoire à la venue du Messie, mais il était insuffisant; il devait avoir son accomplissement dans le baptême chrétien, ainsi que le disait Jean lui-même : ἐγὼ μὲν ὁμᾶς βαπτίζω ἐν ὕδατι εἰς μετάνοιαν" ὁ δὲ ὀπίσω μου ἐρχόμενος ἰσχυρότερός μοῦ ἐστιν... αὐτὸς ὑμᾶς βαπτίσει ἐν Πνεύματι ἁγίῳ χαὶ πυρί, 771. πι|, 11: οἷν Act, 1, 5. [
Paul affirme que celui qui vient après Jean c’est Jésus; il complète ici l’enseignement de Jean au sujet du Messie. Jean avait d’ailleurs affirmé que le Messie dont il était le précurseur était Jésus de Nazareth, ὕπ. 1, 26, 27, 29-34. — ἵνα πιστεύσωσιν : ἵνα indique que l'objet et le but du baptême de Jean sont que les baptisés croient. πιστεύσωσιν est mis pour πιστεῦσαι; la proposition finale est employée ici comme périphrase de l’infinitif; c’est la même formule que dans 1 Cor. 1x, 15 : ἵνα οὕτως γένηται ἐν ἐμοί : expression fréquente dans le N.T., mais rare dans les Actes, — εἰς τὸν Ἰησοῦν, leçon de ABE 13, 25, 60 Vlg. Harkl. Boh. Eth.; HLP ajoutent Χριστόν ; D a εἰς Χριστόν.
ÿ 5) Après εἰς τὸ ὄνομα τὸῦ Kuptou Ἰησοῦ, D Harkl. (mg) ajoutent εἰς ἄφεσιν ἁμαρτιῶν,
ἃ, in remissionem peccatorum, ce qui précise le sens du baptême qui est donné aux
disciples et la différence d'avec celui de Jean, qui était seulement un baptême de repentance, tandis que le baptême au nom de Jésus remet les péchés. Baptismus Johannis non erat per se sacramentum, sed quasi quoddam sacramentale disponens ad baptismum Christi, THomas Aquinas, Sumnma theol., III, quaest. 38, art. 7, ad1. Dès que les disciples eurent entendu les enseignements de Paul, qui ont dû être plus complets que ce qui nous est rapporté ici, ils furent baptisés. Le défaut de leur foi était donc seulement l'ignorance. Après ἀκούσαντες D ajoute τοῦτο, ce qui exclurait un plus long enseignement de Paul.
gâreuoy. 7. ἦσαν δὲ οἱ πάντες ἄνδρες ὡσεὶ δώδεχα.
8. υἱσελθὼν δὲ εἰς τὴν συναγωγὴν as το ἐπὶ μῆνας τρεῖς διαλεγόμενος
Les anciens protestants, Bèze, Buddée, Calov supposent que cette phrase est la suite du discours de Paul, aïnsi conçu : « Jean a baptisé d’un baptême de repentance, en disant au peuple de croïre en celui qui venait après lui, c'est-à-dire en Jésus. L'ayant entendu, (lui, Jean) ils furent baptisés au nom du Seïgneur Jésus. » Donc Jean a baptisé tout d’abord, disait Paul, d’un baptême de repentance, puis ceux qui avaient entendu Jean étaient baptisés au nom de Jésus. dé, disaient-ils, est la particule
adversative de μέν, placée après ᾿Ιωάνης, Ÿ 4. Maïs d'abord ce μέν n’est pas dans les meilleurs manuscrits et de plus μέν se trouve souvent dans les Actes sans être suivi
de à. La vraie raison des protestants était qu’ils ne voulaient pas admettre la doctrine du concile de Trente : si quis dixerit baptismum Johannis habuisse eandem vim cum baptismo Christi; anathema sit. Sessio vir, Can. L, de baptismo. Maïs, outre que cette
: interprétation ne rentre pas naturellement dans le contexte, il n’a jamais été dit nulle
part que Jean ait baptisé au nom de Jésus. — Inutile de mentionner les autres inter-
ο΄ prétations qui ont uniquement pour but d'attaquer le Concile de Trente.
Les disciples de Jean furent donc baptisés à nouveau. On s’est demandé s’il en
avait été ainsi pour tous les disciples de Jean; ce point est laissé dans l'ombre par nos documents. Il n’est pas dit qu'Apollos ait été rebaptisé. Quelques-uns des apôtres,
André et son compagnon, tout au moins, avaient reçu le baptème de Jean, Jn.1, 37, - ainsi que probablement plusieurs des premiers disciples de Jésus; or il n’est pas dit
qu'ils ont reçu le baptême au nom de Jésus. D'autre part, parmi les nombreux Juifs qui ont été convertis et qui ont été baptisés le jour de la Pentecôte, n, 41, il y avait certainement des disciples de Jean et cependant ils furent baptisés de nouveau. 1] semble donc que l'on doit conclure que ceux qui ont seulement reçu le baptéme de Jean ont été baptisés de nouveau pour être chrétiens.
Ὑ 6) καὶ ἐπιθέντος αὐτοῖς τοῦ Παύλου χείρας, cf. vur, 16; au lieu de ἦλθεν, D Jérôme ont εὐθέως ἐπέπεσεν, plus précis que ἦλθεν. --- ἐλάλουν τε γλώσσαις καὶ ἐπροφήτευον; sur la glossolalie et la prophétie cf. I Cor. χιν, 26-30; ces imparfaits peuvent signifier que les disciples continuaient à parler et que l'exercice des dons mentionnés se poursuivait.
Ces divers phénomènes spirituels ont déjà été mentionnés πὶ, 4; x, 46; x, 1. Ils ont
été admirablement décrits dans la première épître aux Gorinthiens, xiv, 1-33, lettre qui fut écrite à Ephèse, où Paul a eu sous les yeux l'exercice de ces dons spirituels, le parler en langues et la prophétie. Luc a dû les mentionner ici pour faire ressortir
que les dons du Saint-Esprit différénciaiént le baptême chrétien de os de Jean, Cf,
Excursus, Glossolalie.
Ces faits offrent une certaine ressemblance avec ceux qui sont racontés de l’apôtre Pierre, 11, 11; vtr, 17; x, 44-46, Les critiques rationalistes, Zeller, entre autres, ont
vu dans le récit de xix, 1-7 une preuve que Luc a voulu attribuer à Paul les mêmes
qualités et les mêmes actions qu'à Pierre. Voir ce que nous avons dit à ce sujet dans l'inrropuction, p. cociv 88.
Après γλώσσαις, Sah. Harkl, (mg) ajoutent ἑτέραις, puis l’'Harkléenne, (Par.), conti-
nuent ainsi : ἐλάλουν δὲ γλώσσαις ἑτέραις καὶ ἐνόουν αὐτὰς ἐν ἑαυτοῖς, ὥστε χαὶ ἑρμηνεύειν αὐτᾶς
ἐν ἑαυτοῖς, ZAHN, p. 675, n. 93 : et ils parlaient d’autres langues, et 165 comprenaient en
du Seigneur Jésus. 6. Et Paul leur ayant imposé les mains, l’Esprit-Saint vint sur eux et ils parlaient en langues et prophétisaient. 7. Et tous ces hommes étaient douze environ. ;
8. Or, étant entré dans la synagogue [Paul] parlait avec assurance (en toute liberté) pendant trois mois, discutant et persuadant [les Juifs] de ce qui
eux-mêmes de façon à les interpréter. C’est probablement, pour l’ensemble, une interpolation d’après 1 Cor. χιν, 5, 27, et pour ἐτέραις, d'après Acé. 11, 4, 6, 8, 11, et x, 46.
Ÿ 7) οἱ πάντες ἄνδρες : tournure classique : πᾶς, dans ce sens adverbial égale τὸ πᾶν, et se rencontre spécialement en connexité avec les noms de nombre. οἱ πάντες dicitur ubi partibus opponitur totum, BLass. — ἦσαν ἄνδρες ὡσεὶ δώδεχα : on ἃ supposé qu'il y avait là une allusion aux douze tribus d'Israël ou bien aux douze apôtres, lesquels furent mis à part pour exercer un ministère spirituel. Mais les dons de glossolalie et de prophétie n'étaient pas restreints aux ministres du culte. B. Weiss fait remarquer que ὡσεί, à peu près, environ, exclut toute signification spéciale pour ce nombre douze, en vue duquel tout le récit auraït été construit. Zahn, p. 675 fait observer que cette imprécision, du nombre, ὡσεί δώδεχα ou δεχαδύο, montre la probité de l’auteur dans le récit des faits, dont il n’a pas été témoin, mais qu'il a appris de témoins oculaires, probablement Paul ou Aquila — ἄνδρες : en employant ce terme Luc exclut
de ce petit groupe les femmes et les enfants.
Ges douze disciples, entrés si abruptement dans le récit, disparaissent de même et nous ne pouvons dire d’où ils sont venus et ce qu’ils sont devenus. Nos documents sur les premiers temps du christianisme sont trop rares pour nous permettre de répondre aux questions que soulève cet épisode. — Ramsay, δὲ Paul, p. 270, déclare: ne pas comprendre la raison de cet épisode.
xIX, 8-12 : PAUL SE SÉPARE DE LA SYNAGOGUE A HPRÈSE.
8) L’épisode qui vient d'être raconté ne peut être placé, dans l'ensemble du re de Paul à Éphèse; il est probable qu'il n’a pas eu lieu avant ce qui est raconté au ἢ 8. Paul, en effet, avait coutume de se rendre à la synagogue dès son arrivée dans une ville; c’est ce qu'il fit à Éphèse. — De ce ÿ 8 au ÿ 20 est raconté le ministère de Paul x Éphèse. Si nous cherchons la source de ce récit, nous remarquons que : 19 il s’y rencontre plusieurs hébraïsmes, soit dans la phrase, soit dans la langue : τοῦτο ἐγένετο ἐπί, Ÿ 10; πάντας τοὺς κατοιχοῦντας τὴν ᾿Ασίαν, Ÿ 10, 17: διὰ τῶν χειρῶν, Ÿ 11; τοῦτο ποιοῦντες, Ÿ 14; τοῦτο ἐγένετο γνώστον, Ÿ 17; ἐπέπεσεν φόδος ἐπί Ÿ 17, hébraïismes que:
l’on rencontre dans les premiers chapitres des Actes. 2° De nouveau il est parlé de .
la voie du Seigneur ὁδὸν τοῦ Ἰζυρίου, ÿ 9; ef. xvin, 25, 26; x1x, 9, 28; du nom de Jésus, ÿ 5, 13, 17. On rencontre aussi l'emploi fréquent des nombres; dexaddo, Υ 7; ἐπὶ μῆνας τρεῖς, Ÿ 8; ἑπτά, Ÿ 14; μυρίαδας πέντε, ὃ 59. Nous trouvons cependant dans ce récit: certaines ouate de phrase et des expressions, que nous ne rencontrons pas dans
les premiers chapitres des Actes et même dans les autres parties de ce livre. Luc à
donc dû entendre ce récit de la bouche d'un Juif, témoin oculaire, connaissant le grec. Nous pensons immédiatement à Aquila et à Priscille, tous deux témoins des événe-
ments et Juifs de la Diaspora. — εἰς τὴν συναγωγήν : les Juifs étaient nombreux à
Éphèse ; quelques-uns mêmes étaient citoyens romains, Josèpxe, Ant. jud. x1v, 10, 43, 16, 49, 25; xvi, 6, 4, 7. ἐπαρρησιάζετο : prêcher avec assurance, en touts liberté; l'imparfait indique la durée de cet acte; cf. xvirt, 26. διαλεγόμενος, discutant, discourant; cf. xvni, 2, avec les Juifs et les païens craignant Dieu, qui venaient à la synagogue.
nat πείθων τὰ περὶ τῆς βασιλείας τοῦ Θεοῦ. 9. ὡς δέ τινες EcxAnpÜvorTo nat ἡπείθουν
= | «ὧν 2 A Y2 > \ FAP) DS 2 4 \ χαχολογοῦντες τὴν ὁδὸν ἐνώπιον τοῦ πλήθους, ἀποστὰς ἀπ᾿ αὐτῶν ἀφώρισεν τοὺς μαθητάς, χαθ᾽ ἡμέραν διαλεγόμενος ἐν τῇ σχολὴ Τυράννου. 10. τοῦτο δὲ ἐγένετο ἐπὶ
πείθων, ΧΧΥΠΙ, 13, sous-entendu αὐτούς, car ce verbe se construit avec deux accusatifs. Ce pronom sous-entendu spécifierait la visée, le point de mire de l’acte. πείθων « praesens est suadere, non persuadaere » (Bzass); alii tamen de effectu persuasionis, alii de studio et conatu loquendi cum omni persuasione accipiunt; cf. xur, 43; x1v, 19; ΧΥΠῚ, 4. Veram itaque indolem regni messiani exponebat, Judaeos retrahere studens a vana expectatione gloriae ac dominationis judaicae, KNABENBAUER.
περὶ τῆς βασιλείας τοῦ Θεοῦ, leçon de B D; devant περί, RA EH LP ont placé τά çonformément au fait que πείθειν gouverne deux accusatifs. — Paul s’efforçait de faire comprendre aux Juifs la nature du royaume ou du règne de Dieu; il leur donnait des enseignements bien éloignés des idées et des espérances juives à ce sujet. Il leur expliquait que le royaume de Dieu était spirituel et non temporel; cf. 1, 8; vin, 12, etc.
Ÿ 9) ὡς δέ τινες : quelques-uns de ses auditeurs, des Juifs, qui formaient à la synagogue la masse des assistants, et qui d’ailleurs ont été seuls mentionnés jusqu’à présent. L'opposition contre Paul fut plus restreinte qu'à Antioche de Pisidie ou à Thessalonique, car elle ne se produisit qu'après trois mois. — ἐσχληρύνοντο : ici seulement et dans Rom. 1x, 18; Héb., ir, 8, 25; 1v, 7 et souvent dans les Septante, Ps. xciv; Ex. vu, 12, etc.; imparfait moyen de σχληρύνω, endurcir : le moyen indique qu'ils endurcissaient eux-mêmes leurs cœurs. καὶ ἠπείθουν, imparfait de ἀπειθέω : être désobéissant ou incrédule : l’incrédulité est une désobéissance. Les Juifs orgueilleux ne croyaient pas à l’enseignement de Paul qui renversait toutes leurs espérances natio- nales. — χαχολογοῦντες : injurier, décrier; cf. Mc. 1x, 39; ce terme signifie aussi lancer des imprécations contre quelqu'un, Mt. xv; Mc. vu, 16, sens hellénistique. C’est le - terme employé dans l'A. T. pour les outrages envers Dieu, Ex. xxn, 28:1 Rois, πὶ, 13. — τὴν ὁδόν : la voie que décrient les Juifs est la voie du Seigneur, la foi chrétienne et non la secte chrétienne, cf. ÿ 23 et 1x, 2. ἐνώπιον τοῦ πλήθους, devant la congrégation, l'assemblée des Juifs et des gentils réunis dans la synagogue; ce n’est pas la foule, ὄχλος ou l'assemblée du peuple, δῆμος. Ils s'opposaient à l'acceptation des doctrines de Paul. Parlant des Juifs aux Thessaloniciens Paul leur dira : χολυόντων ἡμᾶς τοῖς ἔθνεσιν λαλεῖν, I Thess.11, 17. Dans sa première épître aux Corinthiens, xv, 32, il nous dit qu’à Éphèse il a combattu les bêtes, ἐθηριομάχησα.
ἀποστάς, aoriste 2 de ἀφίστημι, intransitivement avec le génitif, abeo, discedo; cf. xv, 38. ἀφώρισεν τοὺς μαθητάς : Paul sépara de la synagogue les disciples qu'il avait gagnés à la foi du Christ et ceux qui existaient à Éphèse avant son arrivée: il ne les laissa plus fréquenter la synagogue. Il y avait donc encore, comme xvinr, 26, des disciples qui adhéraient au culte de la communauté juive à la synagogue. — καθ᾽ ἡμέραν : quotidie, chaque jour. Zahn, p. 679, croit qu’il faut entendre cette expression cum grano salis; c'est une manière de dire que Paul ne discutait pas seulement les jours de sabbat comme précédemment. διαλεγόμενος, cf. ÿ 8 : Le participe présent, placé après le verbe principal indique que l’action est subséquente à celle de ce verbe. Paul, se retirant de la synagogue, avait choisi un autre lieu de réunion des disciples pour continuer sa prédication.
ἐν τῇ σχολῇ Τυράννου : σχολῇ signifie tout d’abord loisir, puis lieu d'étude, école; chez les Latins, auditorium, schola, Cicéron, de Orat. 1, 22. Diverses conjectures ont été faites au sujet de Tyrannos et de son école. Overbeck pense qu'il s’agit ici d’un lieu public appelé ainsi du nom de son premier possesseur. Tyrannos signifiant, en grec, roi, on ἃ
LENS EE dis x A ΡΤ ER ΛΟ ΤΕΥ D UE πὸ ACTES DES APOTRES, ΧΙΧ, 8-10. Ga
concerne le royaume de Dieu. 9. Mais, comme quelques-uns restaient endurcis et ne croyaient pas, décriant la voie du Seigneur devant l'assemblée, il se retira d'eux, sépara les disciples [de la synagogue] et discourut chaque jour
dans l’école de Tyrannos, 10. Cela eut lieu pendant deux ans, de sorte que
supposé que c'était le chef de la cité. Mais Tyrannos est un nom d'homme très usité chez les Grecs, II Macc. 1v, 40; Eusèes, im, 852, 4; CI G, 1732b; IG, 1132, 1148 etc. On le trouve aussi chez les Juifs : Josèpne, Ant. Jud. xvi, 10, 3, même chez les Rabbins, D, Buxporr, Lex. Talm. c, 916. Suidas parle d’un rhéteur de ce nom qui avait composé un ouvrage intitulé περὶ στάσεως χαὶ διαιρίσεως λόγοι; il ne nous dit ni sa nationalité ni l’époque où il a vécu. On a conjecturé que Tyrannos était un docteur juif dont l’école était une synagogue privée, une Beth-Midrasch., où il enseignait Les doctrines juives. « Schola, dit Vitringa, dubio procul, hic est Ὁ ΤΠ NN, οἴχος συζητήσεως et διαλογισμοῦ, aedes disquisitionis, et distinguitur hoc nomine ἃ NDIDTIND, aedibus sacri
conventus. » De Synagoga vetere, p. 137. Gomme Paul avait soustrait ses disciples au contact des Juifs on ne s’expliquerait pas qu’il les mît de nouveau en contact avec eux
dans une synagogue privée. Mais Tyrnnos est un nom grec; il est donc plus probable
que ce Tyrannos était un de ces rhéteurs grecs, si nombreux dans les grandes villes, qui enseignaient la rhétorique dans une école. Il l’avait donc laissée à Paul pour y prêcher pendant les heures où il n’enseignait pas lui-même. L’a-t-il louée ou prêtée gratuitement? Était-ce un prosélyte ? Nous ne savons’; il n’en est pas parlé davantage dans les Actes.
A Τυράννου DEHLP614 Harkl. Gig. ajoutent τινος, omis par NAB 13 27 29 81 Sah. Boh. Pesch. Vig. Après τινος D 383 614 Harkl (mg) Gig. Wern. ajoutent ἀπὸ ὥρας πέμπτης ἕως δεχάτης. Cette addition paraît répondre à la réalité des faits. La vie publique en lonie finissait régulièrement à la 5° heure. A cette heure Tyrannos devait cesser son enseignement. Paul qui avait travaillé à son métier depuis le matin jusqu’à cette heurelà pouvait se livrer à la prédication de la 5e à la 10° heure; c’est-à-dire de 11 heures du matin jusqu’à ὁ heures de l'après-midi. Hic enim a mane usque ad quintam horam victum manibus quaerebat et ita exinde usque ad decimam horam disputabat publice tanto labore, ut contradicentibus suaderet. AmBrosiAsTeR, in 28 Cor. xt, 23.
Ÿ 10) τοῦτο δὲ ἐγένετο ἐπὶ ἔτη δύο : l’enseignement de Paul dans l’école de Tyrannos dura deux ans; taÿro met en opposition cet enseignement avec celui qu’il ἃ donné dans la synagogue lequel dura trois mois. Mais Paul dans son discours aux presbytres d'Éphèse leur dit qu'il a travaillé chez eux pendant trois ans, xx, 31. Faut-il supposer qu’il donne ici un chiffre rond suivant l'usage ordinaire de parler ou qu'il donne un chiffre exact? Wieseler Chron. des apost. Zeitalters, p. 52, 53, suppose que cette période de deux ans et trois mois finit au ὃ 20, car le ÿ 21 débute par ces mots : ὡς δὲ ἐπληρώθη ταῦτα, lesquels décrivent ensuite divers événements qui ont bien pu occuper les neuf mois nécessaires pour parfaire le nombre de trois ans. — C'est pendant cet espace de temps que se sont passés les événements de la vie de Paul que nous connaissons par ses épitres; sa première lettre aux Gorinthiens et peut-être une visite à Corinthe entre sa première lettre et.son départ d’ Éphèse et peut-être aussi une deuxième lettre perdue entre la 17° et la 2° épître aux Corinthiens.
ὥστε πάντας τοὺς κατοικοῦντας τὴν Ἀσίαν, tous les habitants de l'Asie, Juifs et Grecs, entendirent la parole du Seigneur; cf. I Thess.1, 8; Rom. xv, 19. — L'Asie dont il est question ici, c'est l'Asie proconsulaire. L' affirmation de Luc n’est pas hyperbolique, mais littéralement vraie. Éphèse, capitale de l'Asie, ἣ πρώτη καὶ μεγίστη μητρόπολις Ἀσίας,
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net ᾿ 1 ΐ ᾿ SRE ἵ τί ù 572 ACTES DES APOTRES, ΧΙΧ, 10=13.
ἔτη δύο, ὥστε πάντας τοὺς κατοικοῦντας τὴν ᾿Ασίαν ἀκοῦσαι τὸν λόγον τοῦ Κυρίου, Ἰουδαίους τε καὶ “λληνὰς. 41. δυνάμεις τε οὐ τὰς τυχούσας ὁ Θεὸς ἐποίει διὰ τῶν χειρῶν Παύλου, 12. ὥστε nai ἐπὶ τοὺς ἀσθενοῦντας ἀποφέρεσθαι ἀπὸ τοῦ χρωτὸς αὐτοῦ σουδάρια ἢ σιμικίνθια καὶ ἀπαλλάσσεσθαι ἀπ᾿ αὐτῶν τὰς νόσους, τά τε πνεύματα τὰ πονηρὰ ἐχπορεύεσθαι.
suivant la formule des inscriptions, était une grande cité commerciale, où affluaient tous.
165 habitants des villes d'alentour, Grecs et Juifs, attirés par les jeux éphésiens. Elle était le centre du culte d’Artémis, que venaient honorer de nombreux pèlerins dans son temple. La renommée de Paul attirait ces foules dans l’école de Tyrannos, ouverte à tous. Ceux qui avaient entendu Paul à Éphèse rapportaient ce qu’ils avaient entendu, chacun dans leur ville et ainsi se propageait peu à peu l'Évangile. D'ailleurs, pendant son séjour de trois ans à Éphèse, Paul a dû visiter les villes environnantes et y prêcher Jésus Messie; il ἃ probablement envoyé ses compagnons, Timothée, Titus, Aquila, Erastus, Gaius et Aristarque porter la bonne nouvelle dans les nombreuses et floris-
__santes villes de l’Asie. Ce doit être à cette époque qu'ont été fondées les églises de
Smyrne, Pergame, Thyatires, Sardes, Philadelphie ; les églises de Golosses, de Laodicée οὐ d'Hiérapolis qui doivent leur origine à Epaphras, Col. x, 7; 1v, 12, 18, car Paul ne
visita jamais ces églises en personne, Col. τι, 1. Le texte indique {bien l’action de ces
collaborateurs de Paul, lorsqu'il est dit que les Juifs et les Gentils entendirent 18. parole du Seigneur, τὸν λόγον τοῦ Κυρίου. Paul, écrivant d'Éphèse aux Gorinthiens, a donc pu dire avec raison : ἀσπάζονται ὑμᾶς αἱ ἐχχλησίαι τῆς Ἀσίας. Par Ἕλληνες il faut comprendre probablement les Juifs parlant grec, les Hellénistes, et les Grecs de race. -La prédication de Paul atteignit les hautes parties de la société : il avait des amis parmi les Asiarques, χιχ, 31; le haut prix des livres magiques qui furent brûlés, 50.000 pièces d'argent, indique qu'il y avait des gens riches parmi les fidèles.
ἡ 11) δυνάμεις τε οὐ τὰς τυχούσας, non modicas, Gig, τυχούσας, participe aoriste 2 de τυγχάνω, être, se trouver par hasard, se rencontrer, par conséquent ordinaire. οὐ τὰς τυχούσας, forme hébraïsante, litote, cf. xxvin, 2; ceux qui ne se rencontrent pas d’habi- tude, non communs, signifie donc miracles extraordinaires, avec lesquels ne pouvaient pas être comparés les prodig'es des exorcistes juifs; pour cette expression cf. DEISSMANN, Neue. B. S., p. 83. Ainsique le montre le ÿ suivant ces miracles étaient extraordinaires puisqu'ils étaient opérés même en dehors de la présence ou de l’action personnelle de PApôtre. — δυνάμεις, complément de ἐποίει est placé en tête de la phrase par emphase oratoire. — ἐποίει, à l'imparfait, Dieu faisait d’une façon continue, διὰ τῶν χειρῶν Παύλου,
par le concours de Paul, bien que celui-ci n’ait pas imposé les mains sur les malades;
les guérisons avaient lieu par son concours, son intermédiaire,
) 12) Luc raconte quelques-uns des miracles opérés par Dieu par les mains de Paul. — ὥστε καί, de sorte que aussi, même, on appliquait sur les malades, qui ne pouvaient être présentés à Paul, étant trop éloignés ou trop infirmes pour quitter leur maison,
des mouchoirs ou des tabliers de travail qui avaient touché le corps de l’Apôtre.
ἀποφέρεσθαι, infinitif de ἀποφέρομαι, emporter, enlever, deferri; le pouvoir de faire des
miracles se transmettait par ce qui avait touché son corps, τοῦ χρωτός, littéralement sa peau, χρῶς, par extension le corps. — σουδάρια, en latin, sudarium, suaire, mais primitivement mouchoir, linge pour essuyer la sueur, ainsi que l'indique le mot. La chaleur et l'humidité de la température obligeaient les Orientaux à avoir constamment à la main
tous ceux qui habitaient l'Asie, tant Juifs que Grecs, entendirent la parole du Seigneur. 11. Et Dieu faisait des miracles non ordinaires, par les mains de Paul, 12, en sorte qu’on prenait même sur son corps des mouchoirs où des tabliers, [pour les appliquer] sur des malades, et les maladies les quit-
taient et les esprits mauvais sortaient [d'eux].
13. Or, quelques-uns aussi des exorcistes, Juifs ambulants, essayèrent
un linge pour s’essuyer. — σιμιχίνθια, en latin, semicinctium; étymologiquement semi cingere, entourer à moitié, parce que ces tabliers entouraient une moitié du corps. C'était le tablier, dont Paul entourait son vêtement quand il faisait des tentes, ou une ceinture étroite qui serrait les vêtements, Mania, 14, 133, Oecumenius, Théophraste, Bède ont interprété à faux ces divers termes. Bède croit que c'était un genre de suaire dont les Hébreux couvraient Jeur tête. Ammonius, CRAMER, p. 316, croit que ce sont des linges de lin; le sudarium était porté sur la tête et le semicinctium était tenu dans les mains par ceux qui ne pouvaient porter des mouchoirs. Cf. L. Han, Rom und Romanismus, Ὁ. 263. ἀπαλλάσσεσθαι; cf. μα xu, 58, infinitif présent passif de ἀπολλασσομαι être écarté, éloigné, removeor : les maladies étaient éloignées d'eux. Même formule dans Platon, Eryx, 401 : εἰ αἱ νόσοι ἀπαλλαγείησαν ἐκ τῶν σομάτων. Le verbe est
fréquent chez les écrivains médicaux, HoBarr, p. 47. — τά τε πνεύματα τὰ πογηρά ἐχπορεύε-
σθαι : Luc distingue très nettement entre les maladies corporelles et les spirituelles, la possession démoniaque, ainsi qu'il le faisait plus souvent que les autres évangélistes, Hogarrt, p. 12, 13. Ces miracles ont leur analogue dans la femme guérie par l’attouchement du vêtement du Seigneur, M. 1x, 20, et dans ceux qu'opérait l'ombre de Pierce Act, NV, 15.
Zeller a attaqué la valeur historique de ce récit sous prétexte qu’on ne peut expliquer naturellement les événements, Même, dit-il, en se plaçant au point de vue de la foi au surnaturel, une conception si grossière et si magique de la vertu de l’Apôtre se heurte
à trop d’objections. Holtzmann et Loisy tiennent aussi pour légendaires ces miracles
de Paul, ainsi que ceux de Pierre, v, 5, Nous n'avons pas à réfuter ces aflirmations; on y ἃ déjà répondu souvent; citons seulement cette observation de Reuss, Actes des Apôtres, p. 191, « L'historien n’en a pas moins le droit d'enregistrer des faits qui, tout singuliers qu'ils paraissent, peuvent bien avoir été très réels. » Remarquons que ce récit peut être cité pour défendre le culte religieux des reliques.