‹ Les Actes des ApôtresChapitre 283 sur 358 · RES CE · texte numérisé non relu

RES CE

DRE SN τοὺς

ἐλθεῖν, ἀλλὰ nai τὸ τῆς μεγάλης θεᾶς ᾿Δρτέμιδος ἱερὸν εἰς οὐδὲν λογισθῆναι, μέλλειν τε nat χαθαιρεῖσθαι τῆς μεγαλειότητος αὐτῆς, ἣν ἡ ᾿Ασία χαὶ ἡ οἰχουμένη σέόδεται. 28. ἀχούσαντες δὲ χαὶ γενόμενοι πλήρεις θυμοῦ ἔχραζον λέγοντες" Μεγάλη ἡ Ἄρτεμις ᾿᾿Εφεσίων. 29. χαὶ ἐπλήσθη ἡ πόλις τῆς συγχύσεως᾽ ὥρμησάν τε ὁμοθυμαδὸν εἰς τὸ θέαρτον, συναρπάσαντες T'éiov χαὶ ᾿Αρίσταρχον Μακεδόνας, συνεχδήμους [Τ]αύλου.

encore ressortir ; il va y introduire un point de vue plus élevé : le dommage porté au culte de la grande déesse d'Éphèse. — τοῦτο τὸ μέρος; cette partie, cette branche, ἐργασίας, sous-entendu, de notre travail, de notre art, κινδυνεύει, est en danger, court un risque, ἡμῖν, pour nous, à notre détriment, datif incommodi, de s’en aller εἰς ἀπελεγμόν, en mépris, d'être méprisé, décrié, in redargutionem venire, Vlg. ἀπελεγμόν (ἀπελέγχω, redarguendo aboleo,) abolitio per redargutionem; εἰς ἀπελεγμὸν ἐλθεῖν — ἀπελεγχθῆναι, per redargutiones aboleri, Zorezr. Ce terme est inconnu aux classiques et aux Septante. Preuschen pense qu’il y a dans cette expression un latinisme dissimulé. ἀλλὰ καί : Démétrius introduit maintenant un motif plus élevé de combattre 165 enseignements de Paul. τὸ ἱερόν : κινδυνεύει gouverne aussi τὸ ἱερὸν : le temple d’Artémis est de même en danger d'être tenu pour rien. — Le temple d’Artémis à Éphèse était célèbre dans l’antiquité. Incendié par Erostrate en 356 avant J.-C., il fut rebâti avec magnificence; les Éphésiens donnèrent leur argent et les femmes leurs ὑπ ουχ; tout le monde païen contribua à l’embellir. Ce sanctuaire était si somptueux qu’on a pu dire : ὁ τῆς Ἀρτέμιδος ναός ἐν ᾿Εφέσῳ μόνος ἐστὶν θεῶν οἶχος, PHILON DE Byzance Spect. Mundi, 7, le soleil, dans sa course ne vit jamais rien de plus magnifique que le temple d’Artémis. Une des merveilles du monde, il était la vie et la raison d’être de la ville, par ses richesses colossales, SrrABon, x1v, 7, 26. Cf. Woo, Ephesus, p. 4. τῆς μεγάλης θεᾶς ’Aptéuesdos : Luc donne ici le titre exact de la déesse. Ordinairement, -on dit ἡ θεός, comme ÿ 37, mais une inscription d'Éphèse, au Br. Mus. Nr 481, v, 324 porte aussi : τῇ μεγίστῃ θεᾷ Ἐφεσίᾳ ᾿Αρτέμιδι; Luc a donc eu raison de conserver cette forme solennelle. — εἰς οὐδὲν λογισθῆναι : CF. 75, x, 17; Sag. 1x, 17 : ce verbe est fréquent dans Paul avec εἰς et l’accusatif. — μέλλειν τε καὶ χαθαιρεῖσθαι τῆς μεγαλειότητος : le discours passe ici du style direct au style indirect, comme si ἔφη ou εἶπεν introduisait cette partie du discours; transition semblable ÿ 23, 24. μέλλω, « être sur le point de » dans la langue populaire est construit avec l’infinitif pour remplacer le futur de l’infinitif qui ἃ disparu. Ces trois verbes : ἐλθεῖν, λογισθῆναι, μέλλω dépendent de κινδυνεύει. La dureté de la construction a provoqué des changements dans les manuscrits : au lieu de λογισθῆναι, ADE Vig. Gig. Pesch. Sah. Jér. ont λοι λήσεται forte recte, dit Blass. — μέλλει, A*D* Vlg. Gig., au lieu de μέλλειν.

χαθαιρεῖσθαι, infinitif présent de xafatpéw, faire descendre, d’où abaisser, destituer, renverser; τε joint ce qui suit à ce qui précède : le temple d’Artémis tenu pour rien et la déesse dépouillée de sa majesté. — καί indique un nouvel argument ajouté au précédent et renforce χαθαιρεῖσθαι. — μεγαλειότητος : D’après Grimm, ce génitif est partitif, « aliquid de majestate ejus ». On ne peut concevoir que toute sa majesté fut enlevée à Artémis; cependant le terme aurait pu être séparatif et signifier de toute sa majesté. Wendt croit que τὸ ἱερόν est le sujet; μέγαλειότης est employé en parlant de la majesté de Dieu, Jér, x1, 9; I Esd.,1, 5 ; 1v, 40; Dan. vu, 27; II Pr.,1, 16. ἣν ὅλη ἡ Ἀσία : jam tum erat inclitum Dianae Ephesiae fanum; id communiter a civitatibus Asiae factum fama ferebat, Tire Live, 1, 45, 2; cf. Χήνορηον, Hell. 1-2, 6; Pausanias, 4, 81. WEersTeIN, ἐπὶ loc. Le temple d'Éphèse avait été construit à frais communs par les villes grecques d'Asie, tota Asia exstruente, Puive, Mist. Nat. xVI, 40. --- καὶ à οἰχουμένη, la terre entière, c’est-à-dire l'empire romain; cf. x1, 28. Des pélerins de toutes es nations venaient à Éphèse vénérer le temple d’Artémis. Au dire de Pausanias, 1v, 31, 8

le temple de la grande déesse Artémis ne soit tenu pour rien et même que vienne aussi à être dépouillée de sa majesté celle que toute l'Asie et le monde entier révère. 28. Ayant entendu [cela], ils furent remplis de colère et ils crièrent, disant : Grande est l’Artémis des Éphésiens! 29. La ville fut remplie de confusion (trouble) et ils se précipitèrent unanimement vers le théâtre, ayant entraîné avec eux Gaïus et Aristarque, Macédoniens,

aucune divinité n’était adorée par un plus grand nombre de gens ; cf. Werstein, ἐπ loc. Le culte d’Artémis était pratiqué dans tout l'empire romain : d’abord dans de nombreuses cités d'Asie Mineure et dans les villes d'Autun, Marseille, (France), Emporiae, Hemeroscopeum, Rhode, (Espagne), Epidaure, Megalopolis, Corinthe, Scillus, (Grèce), Neapolis, (Samarie), Panticapé (Crimée) Rome, et Syrie. Le gouvernement impérial lui-même s’associait au culte rendu à Artémis : Grecs et barbares honoraient la déesse : Gr. Inscr, ofthe Br. Mus., πὶ, 135, 145. Cf. Arurée, Metam. τι : Diana Ephesia, cujus nomen unicum, multiformi specie, ritu vario, nomine multijugo, totus veneratur orbis, PausanrAs, Messen. 1v, 31, 8. — Le texte est ici assez différent dans les diverses autorités : s'appuyant sur Gigas Par Vlg. Blass reconstruit ainsi le passage : μέλλει τε χαὶ χαθαιρεῖσθαι ἣ μεγαλειότης αὑτῆς; sed et destrui incipiet majestas ejus quam, Vilg. Ὁ ἃ seulement : ἀλλὰ καθαιρεῖσθαι μέλλει, D'après Loisy le sens recommande la lecture, moins autorisée, du texte constantinopolitain, τὴν μεγαλειότητα ; tels critiques proposent de sous-entendre τι devant τῆς μεγαλειότητος, mais c’est tout le prestige, et non une partie, qui est menacée; tel autre sous-entend τὸ ἱερόν, d’après la proposition précédente et c’est le temple qui serait « privé du prestige » de la déesse, maïs la pensée devient ainsi subtile et faible.

Υ 28) Avant ἀχούσαντες D ajoute ταῦτα δέ; his auditis, Vlg. Gig. καὶ γενόμενοι πλήρεις θυμοῦ : äprès avoir entendu ces paroles, les auditeurs de Démétrius devinrent remplis de colère contre Paul et les chrétiens. Le participe présent, λέγοντες, marque la continuité; ἔχραζον, imparfait; ils criaient continuellement. Après θυμοῦ, D Harkl. (mg) 614 ajoutent : δραμόντες εἰς τὸ ἄμφοδον, currentes in Campo, ἃ. äupodov, οἵ, Mc. χι, 4, vicus, via publica in oppidis. Brass. Les émeutiers couraient dans les rues : trait pittoresque. Les Grecs vivaient beaucoup en plein air; il est probable que Démétrius avait parlé sur le forum, qui était en face du théâtre. S'il a parlé dans une salle, ses auditeurs se répandirent à travers les rues de la ville en criant : Μεγάλη à Ἄρτεμις ᾿Εφεσίων, Grande [est] l’'Artémis des Éphésiens. μεγάλη est l’épithète accolée à Artémis; οἵ, τῇ μεγίστῃ θεᾷ, ᾿Εφεσίᾳ Ἀφτέμιδι; Gr. Inscript. Brit. Mus. 11, 491, 324. Ce cri est une affirmation de la divinité d’Artémis, une protestation contre les attaques que Démétrius attribue à Paul contre Artémis. Si, avec le codex de Bèze, l’on retranche ἣ devant Artémis, le cri populaire devient une invocation, une prière à la déesse protectrice d’Éphèse. Ramsay, Church in the Rom. Empire, p. 135.

Ÿ 29) τὴς συγχύσεως, confusion, trouble, désordre, perturbation; ici seulement dans le N.T. τῆς signifiera perturbationem ab illis ortam, BLass. Après χαί D Gig Pesch. lisent: συνεχύθη ὅλη à πολις. D ajoute αἰσχύνης, et repleta est tota civitas confusionem, ἃ « Apud xx αἰσχύνη saepius dicitur de idolis (Jér. mr, 24; x1, 13. Os. 1x, 10 etc.); unde quod D habet explicari potest : et confusa est civitas ignominiae i. 6. civitas deae turpis, ignominiosae, quae appellatio, uti de idolo generatim, ita de imagine Dianae ephesiae congrue dicitur, Nam ibi colebatur non Diana venatrix, sed illa multimammia quam Graeci πολύμαστον vocant, ut scil. ex ipsa quoque effigie mentirentur omnium eam bestiarum et viventium esse. nutricem « Hieronymus, Praef, in Comment. ep. ad Ephes. » KNABEN-

BAUER. — ὥρμησαν : le résultat immédiat fut qu'ils se précipitèrent, Démétrius et ses auditeurs, ainsi que ceux qui s'étaient joints à eux, ὁμοθυμαδόν; cf. 1, 14, uno animo, - Vlg., unanimement, εἰς τὸ θέατρον : ce théâtre, le plus grand qui nous est parvenu, | pouvait contenir plus de 50.000 personnes; il était bâti en face du forum sur la pente du mont Prion. La foule se précipita vers 16 théâtre, parce que c'était l'usage chez 165 Grecs de se réunir au théâtre, non seulement pour les jeux ou les spectacles, mais

pour toutes les affaires publiques; cf. χα, 21; Josèpae, Guerre juive, vu, 3, 3; TAOTE,

Hisi. u, 80; Anc. gr. Inscr. Brit. Mus. im, 481, 395 : φερέτωσαν χατὰ πᾶσαν ἐχχλησίαν εἰς τὸ

θέατρον, DiTTENBERGER, 5.01]. 2, 314, 46. Deissmann, ZLicht vom. Osten, p. 77. Le peuple rassemblé n'avait aucun plan d'action; il criait parce qu'on l'avait excité, et s'était rendu au théâtre pour traiter de cette affaire. Le temple d’Artémis qui était, à travers le forum, juste en face du théâtre, excitait encore la populace. συναρπάσαντες, ayant enlevé avec eux Gaïus et Aristarque, probablement dans la maison où ils logeaient avec Paul, ou sur le forum, dans leur marche vers le théâtre, ou après qu'ils eurent enlevé avec eux Gaïus et Aristarque, — Gaïus, forme grecque de ο΄ Caïus, était un nom très commun chez les Romains. Il était macédonien et doit par conséquent être distingué de Gaïus de Derbé, qui se joignit plus tard à Paul, xx, 4, de Gaïus de Corinthe, que Paul avait baptisé, I Cor, τ, 14, et chez qui l’Apôtre logea pendant son second séjour à Corinthe, Rom. xvi, 25, ainsi que de Gaïus à qui Jean écrivit sa troisième épître, m1, /n. 1. Il pourrait être l’un de ces trois hommes ou au moins être celui de xx, 4, si l’on lit Maxeddva après Ἀρίσταρχον. Aristarque (᾿Ἀρίσταρχος, excellent chef) était originaire de Thessalonique, xx, 4: il accompagna Paul dans son troisième voyage de mission, xx, 4 ss., dans son voyage \ : vers Rome, xxvur, 2, où il fut compagnon de Paul, Col. 1v, 10. — συνεχδήμους, employé ici seulement par Luc et une fois par Paul, II Cor., vin, 19, se trouve dans Josèphe et Plutarque et signifie peregritionis socius. Il est probable que c'est Gaïus ef Aris- tarque qui ont raconté à Luc tous les détails de ce récit.

__ ἢ 30) Παύλου δὲ βουλομένου εἰσελθεῖν εἰς τὸν δῆμον : Paul était probablement absent de | sa demeure lorsque la populace y vint et enleva Gaïus et Aristarque. L'Apôtre n'était : pas homme à laisser ses collaborateurs dans le danger et à permettre qu’ils fussent divrés à sa place à la fureur d’une foule en délire : ἐξ ἀνθρώπων θηρία γεγονότες, Die Heraklitischen Briefe, p. 65. — εἰς τὸν δῆμον, vers le peuple assemblé au théâtre : duos, par opposition à ὄχλος et à λαός, signifie le peuple assemblé en conseil : mais était-ce le cas ici? Paul était inquiet, car il ne savait quel avait été 16 sort de ses compagnons. — οὐχ εἴων imperfectum est usque ad ὃ 33, ubi aoristo indicatur, quid denique factum sit, Bass. — Ces disciples étaient très probablement des Éphésiens qui connaissaient leurs compatriotes et savaient de quoi ils étaient capables lorsqu'ils étaient excités. À diverses reprises, Paul parle aux Corinthiens des me qu’il ἃ courus à Éphèse, 1 Cor, xv, 32; xvr, 9; II Cor. 1, 7-10.

Ÿ 81) τινὲς δὲ καὶ τῶν ᾿Ασιαρχῶν : de ᾿Ασία ἄρχω, chef d'Asie; ce titre, qu'on retrouve dans les autres provinces d'Asie Mineure, Galatarque, Bithynarque, désignait le | personnage qui présidait à l'assemblée provinciale d'Asie, κοινὸν ᾿Ασίας. Cette assemblée, composée de délégués nommés par les villes de la province, se réunissait <haque année pour célébrer les fêtes du culte impérial, tantôt dans l’une de ces villes,

compagnons de voyage de Paul. 30. Et comme Paul voulait pénétrer dans

l'assemblée, les disciples ne le lui permirent pas. 31. Quelques-uns aussi des Asiarques, qui étaient ses amis, envoyèrent vers lui, le priant de ne point se rendre au théâtre. 32. Les uns donc criaient d’une manière, les

tantôt dans l’autre. Ces délégués élisaient un prêtre qui était en même temps le président de l'assemblée et des jeux institués en l'honneur des princes. Il portait le titre d’’Actépyns, ou d’’Aoyuepebs Ἀσίας. Plusieurs savants ont cru que ces titres se rapportaient à deux personnages distincts, d’autres que l'Asiarque était le grand prêtre nommé tous les cinq ans, parce que cette année-là les fêtes étaient plus solennelles; il est aujourd’hui démontré que le titre d'Asiarque et celui de grand prêtre d'Asie étaient équivalents, et appartenaient tous deux au président de l'assemblée annuelle. L’asiarque avait donc pour fonctions de présider l'assemblée ou χοινὸν ᾿Ασίας, d'accomplir les sacrifices offerts à l'empereur et à la déesse Rome, de présider les jeux, enfin de surveiller les temples bâtis par la province dans les villes où se tenait tour à tour l'assemblée. Les Asiarques étaient de très grands personnages; leur nom servait à désigner l’année pour la province entière et était parfois gravé sur les monnaies, Avant de parvenir à ces hautes fonctions, ils avaient exercé les magistratures tes plus importantes dans leur cité. L'illustration de leurs ancêtres et leur fortune les désignaient le plus souvent aux suffrages de leurs compatriotes. Ils avaient en effet, de grandes dépenses à faire, car une partie des frais des fêtes était à leur charge,

Les Asiarques, au nombre de dix, n'étaient nommés que pour un an, et après l’expiration de leur charge ils conservaient comme un titre honorifique le nom qu’ils avaient porté. Il devait donc y avoir à Éphèse un certain nombre de ces Asiarques honoraires, puisque, depuis la fondation du culte impérial jusqu'au moment où éclata l'émeute des orfèvres, il y avait eu plus de quatre-vingts titulaires. De plus, les prêtres chargés de desservir les temples provinciaux bâtis dans les villes où se tenait l'assemblée portaient aussi le titre d'Asiarques. Gelui d’'Éphèse par exemple s'appelait Ἀσιάρχης ναοῦ τοῦ ἐν ᾿Πφέσῳ. Cf. BeurLier, Dict. de la Bible de Vigouroux, I, Col. 1091 5. ?

D’après Brandis, Art. Asiarches, Pauzy- Wissowa II, 1564-1578, le nom d’Asiarque paraît convenir plutôt aux délégués provinciaux, aux membres mêmes de l'assemblée

qui avaient l'administration du culte de Rome et d’Auguste, et parmi lesquels se

choisissait le grand prêtre annuel.

ὄντες αὐτῷ φίλοι : ces Asiarques n'étaient probablement pas des convertis au christianisme; ils pouvaient être restés attachés à leurs doctrines philosophiques et religieuses. Ils étaient des amis de Paul, séduits probablement par la beauté des doctrines de celui-ci. Les classes élevées de la population ne partageaient pas les idées superstitieuses de la populace. Les autorités de la province étaient donc favorables, sinon au christianisme, du moins à son Apôtre. Il est inutile de supposer avec Zimmermann que les Asiarques étaient les amis de Paul, parce que celui-ci était moins opposé au culte impérial dont ils étaient les représentants, qu'au culte d'Artémis. — μὴ δοῦναι ἕαυτόν : cette expression est ici seulement dans le N. T.; cf. Porvze, v, 14, 9; elle implique l’idée d'un danger.

ἡ 32) ἄλλοι μὲν οὖν ἄλλο τι ἔχραζον : alii autem aliud clamabant, Vlg. μέν résume tout ce qui précède; #xpatov, imparfait, continuaient à crier — ἣ éxxAnsia désigne l'assemblée du peuple, mais celle-ci n'était ni légale, ἔννομος, ni convoquée extraordinairement, ovyxAntos; elle était absolument illégale, ἄνομος — οἱ πλείους : major pars, Vlg.

ES D Ce τ δ CR air AN ὦ

συνχεχυμένη, ai οἱ πλείους οὐχ ἤδεισαν τίνος ἕνεχα συνεληλύθεισαν. 38. Ex δὲ τοῦ ὄχλου προεόίόασαν ᾿Αλέξανδρον, προδαλόντων αὐτὸν τῶν ᾿Ιουδαίων᾽ ὁ δὲ ᾿Αλέξανδρος χατασείσας τὴν χεῖρα ἤθελεν ἀπολαγεῖσθαι τῷ δήμῳ. 34. ἐπιγνόντες δὲ ὅτι ᾿Ιουδαῖός ἐστιν, φωνὴ ἐγένετο μία Ex πάντων, ὡς ἐπὶ ᾿ὥρας δύο χράζοντες᾽ Μεγάλη ἡ “Ἄρτεμις ᾿Εφεσίων. 35. χαταστείλας δὲ γραμματεὺς τὸν ὄχλον φησίν᾽ Ανδρες ᾿Εἰφέσιοι, τίς γάρ ἐστιν ἀνθρώπων ὃς οὐ γινώσχει τὴν ᾿Εἰφεσίων πόλιν νεωχόρον οὖσαν τῆς μεγάλης

L'intervention de ces hommes, les Asiarques, défenseurs attitrés de l’idolâtrie, en faveur du missionnaire de Jésus-Christ, est un trait admirable. On n’invente pas ces choses-là. Et l'allure à la fois si concise et si vivante du récit; la description si naturelle du tumulte, de cette foule où tout le monde crie, mais la plupart sans savoir pourquoi; la peinture de cette confusion générale dans laquelle une ville entière est soudain enveloppée, voilà bien encore des caractères d'authenticité.

ἡ 33) ἐκ δὲ τοῦ ὄχλου, sous-entendu τινες; ouve6l6asav, leçon de NABE; aoriste de suuétédtw signifie réunir, concilier, convaincre, persuader, enseigner, instruire; cf. Ι Cor, 11, 16. Ce verbe est employé dans ces divers sens dans le N. T.; aucune de ces significations ne s'adapte exactement à toute la phrase, n’en explique nettement le sens. Peut-être pourrait-on traduire : Ils l’instruisirent (de ce qu'il avait à dire à l’assemblée. — Au lieu de συνεδίδασαν, D? HLP Chrys. ont προεδίδασχν, de προδιθάζω, prodire facio, produco, proveho, mettre en avant, prodire coegerunt, Bzass. Le sens est très clair; les émeutiers le poussèrent de force en avant hors de la foule. C’est la traduction de la Vulgate : de turba autem detraxerunt. Maïs ce verbe forme un pléonasme avec la proposition suivante : προδαλόντων αὐτὸν τῶν ᾿Ιουδαίων. La leçon de D, χατεδίόασαν, ils firent descendre, descendere coegerunt, Brass, serait meilleure. — La Peschitto présente autrement le texte : Les Juifs qui étaient là produisirent (mirent en avant) un des leurs, un Juif nommé Alexandre; c’est un essai d'explication. προῦαλόντων αὐτὸν τῶν ᾿Ιουδάιων: ce génitif absolu indique que les Juifs ne sont pas le sujet de la phrase principale, rooc6l6aoav; s'ils l'avaient été, il aurait fallu mettre προδαλόντων au nominatif; on a cependant des exemples de ce genre dans les classiques.

ἤθελεν ἀπολογεῖσθαι τῷ δήμῳ : 185 opinions sur le rôle qu'avait à jouer Alexandre sont très partagées. Meyer, Baumgarten, Wieseler pensent qu'Alexandre était un Juif converti au christianisme, que les Juifs par haine de son apostasie, poussèrent en avant pour l’exposer à la fureur du peuple. Grotius croit qu'Alexandre était un chrétien, mais un adversaire de Paul, et qu'il se présentait pour dégager le christianisme des doctrines de Paul. La grande majorité des critiques présente une opinion plus vraisemblable. Les Juifs veulent dégager leur cause de celle des chrétiens; ils mettent donc en avant l’un des leurs pour faire leur apologie. C’est l'opinion de saint Chrysostome, Chaine Arm., p. 740 : les Juifs poussèrent en avant Alexandre d’une façon injuste pour leur propre défense et pour calomnier Paul, mais il ne put parler. Knabenbauer explique ainsi l’état d'esprit des Juifs : « Intellexisse quippe Judaeos, turbam furere contra contemptores Dianae et proïinde sibi imminere periculum. At potius putandum erit Judaeos etiam scisse tumultum exortum esse propter fideles et verti utique contra omnes qui non venerentur deam; unde ut sibi consulerent, Judaeo-christianum popularem suum voluisse eos furenti populo devoveri (Patr. Hire. BL.). Id magis quoque verbis congruit : προδάλλειν protudere, obiicere scil. populo. » ἤθελεν ἀπολογεῖσθαι τῷ δῆμῳ : IL Cor., xu, 19, cf. Lucien, PLurarque. Alexandre voulait se défendre lui et son peuple contre les accusations, détourner de son peuple le blâme et accuser Paul et les chrétiens, par conséquent disculper les Juifs. — Faut-il identifier

autres d’une autre, car l'assemblée était en désordre et la plupart ne savaient pas pourquoi ils étaient réunis. 33. Alors, ils firent sortir de la foule Alexandre que les Juifs poussaient en avant, et Alexandre, faisant signe de la main, voulait plaider devant l’assemblée. 34. Mais ayant reconnu quil était Juif tous crièrent d'une seule voix, durant près de deux heures : Grande est l’Artémis des Éphésiens! 35. Ayant apaisé la foule, le secrétaire dit : Hommes Éphésiens, quel est donc l’homme qui ne sait

pas que la ville d'Éphèse est la gardienne de la grande Artémis et de [sa

cet Alexandre avec celui de I Tim., 1, 20; II Tim. 1v, 14? Quelques critiques le croient; la plupart ne sont pas de cet avis, ce nom étant très fréquent chez les Grecs.

Cette scène, d’après Preuschen, est empruntée à un récit plus complet, maïs on ne peut distinguer ce qui a été emprunté. D’après Wellhausen, p. 41, c'est aux Juifs que l’émeute en voulait, et c’est contre eux, les Juifs, qui avaient récemment attaqué dans leurs écrits Artémis et son culte que le peuple pousse pendant deux heures ce cri d’adoration et de protestation : Grande est l'Artémis des Éphésiens.

Ÿ 34) ἐπιγνόντες, nominatif absolu. Régulièrement au lieu de φωνὴ ἐγένετο, il devrait y avoir ἐφώνησαν ἅπαντες, mais l'expression serait moins énergique. — ὅτι ᾿ἸΙουδαῖός ἐστι: le peuple connut qu’'Alexandre était Juif; à quoi? Peut-être à sa figure, à sa tournure; ou quelqu'un qui le connaissait aura dit : c’est un Juif! Par conséquent, un de ces hommes qui niaient la divinité d'Artémis. Alors la foule protesta en criant : Grande est l’Artémis des Éphésiens. φωνὴ ἐγένετο : anacoluthe, luculentus, BLass : cf. Me. 1x, 20. ia ἐκ πάντων : liaison habile qui retient l'attention du lecteur. ὡς ἐπὶ ὥρας δύο χράζοντες : encore un nominatif absolu. Μεγάλη ἣ Ἄρτεμις ᾿Εφεσὶων : dans le codex de Bèze le cri est répété deux fois. Ainsi qu'il est dit, Υ 28, ce cri était une protestation contre l’impiété des Juifs et des chrétiens et en même temps un acte d’adoration.‘Ramsay, Church, p. 142.

ÿ 35) Au bout de deux heures, le secrétaire, γραμματεύς, réussit à apaiser la foule, fatiguée de crier. καταστείλας, hellénistique, ici seulement dans le N. T.; cf. καταστείλας τὸν θαρνύον αὐτῶν, JosèPxe, Guerre juive, τι, 245; aoriste participe de καταστέλλω, abaisser; au figuré, réprimer, calmer. τὸν ὄχλον et non δῆμον, la foule et non le peuple légalement assemblé. Le Grammate se présente et fait signe qu'il veut parler.

γραμματεύς : ce titre indique tout d’abord un fonctionnaire, chargé de la rédaction, de la publication et de la conservation des actes officiels. Les inscriptions d’Éphèse mentionnent plusieurs grammates différents : 1° le grammate du conseil, τῆς βουλῆς, Woop, Discoveries at Ephesus, 1, Col. 4; le grammate du Sénat, τῆς γερουσίας, 10. col. 5; le grammate du peuple, τοῦ δήμου, ἐδ. Col. 5; enfin le grammate des Éphésiens qui était probablement le même que celui du peuple, 56. Gol. 3. Le grammate du peuple était de beaucoup le plus important, Il prenait part au recrutement du conseil, à la préparation et à la rédaction des décrets de cette assemblée. IL proposait à l'assemblée populaire les objets de ses délibérations. Comme les autres magistrats l’aidaient rarement en ceci, il était en réalité le chef de la cité à l’époque romaine. Ce n’est donc pas par hasard, mais en vertu de son office qu’il intervient.

ἡ 35) Le grammate n’était pas cependant officiellement le premier magistrat de la cité; il y avait au-dessus de lui des stratèges. Les noms des grammates figurent quelquefois sur les monnaies; cf. Mionner, Description des Médailles, t, III, p. 92; BEuRLIER, Diction. de la Bible de Vigouroux, t. III, col. 294 5.

ad ii

“δ90 ACTES DES APOTRES, ΧΙΧ, 35-38.

᾿Αρτέμιδος χαὶ τοῦ διοπετοῦς; 36. avavripphtuy οὖν ὄντων τούτων δέον ἐστὶν ὑμὰς χατεσταλμένους ὑπάρχειν καὶ μιηδὲν προπετὲς πράσσειν. JT. ἠγάγετε γὰρ τοὺς ἄνδρας τούτους οὔτε ἱεροσύλους οὔτε βλασφημοῦντας «τὴν θεὸν ὑμῶν. 88. εἰ μὲν οὖν Δημήτριος χαὶ οἱ σὺν αὐτῷ τεχνῖται ἔχουσι πρός τινᾳ. λόγον, ἀγοραῖοι ἄγονται καὶ ἀνθύπατοί

Le discours du grammate est fort habile. Il reconnaît d’abord l'autorité religieuse d’Artémis, mais le tumulte soulevé à son sujet est à la fois absurde, car la puissance de la déesse demeure incontestée; injuste, puisque les missionnaires n’ont commis aucun sacrilège; dangereux, car il tend à empiéter sur les attributions des tribunaux auxquels les émeutiers pouvaient d’ailleurs en appeler. Le grammate entre donc d’abord en plein dans les sentiments passionnés de la foule; puis il l’exhorte à s’apaiser,

‘en lui faisant comprendre que ceux qu’elle accuse ne sont point des criminels, que

d’ailleurs les affaires de droit se traitent d’une tout autre manière, qu’enfin elle courait risque d’être punie pour sédition par l'autorité romaine que tous redoutaient.

Le discours du grammate est donné seulement en substance. τίς γάρ ἐστιν ἀνθρώπων : Cette formule, ainsi que l’indique γάρ, est la conclusion de paroles antécédentes, et implique qu’il n’y ἃ aucune cause de trouble du repos public, car personne à à Éphèse ne doute de la supériorité de la grande déesse : Pourquoi ce bruit, ce tumulte? Vous n'avez aucune raison de pousser ces cris et de vous montrer aussi susceptibles, car quel est celui des hommes qui ne sait pas qu ’Éphèse est la gardienne de la grande

Artémis. La négation est placée dans la proposition relative et non dans la principale ce qui serait plus régulier. Au lieu de τὴν Ἐφεσίων πόλιν D a τὴν ἡμετέρων πόλιν; ἃ

vestram civitatem. Le grammate fait appel ici à la vanité de la foule. : “γεωχόρον, de νεώς χορέω, cultricem, Vlg., celui qui nettoie le temple, qui à soin d’un temple; ce titre désignaïit à l’origine des officiers subalternes du temple. Leurs fonc-

tions devinrent par la suite plus importantes, ils furent les véritables administrateurs

des sanctuaires. C’est alors que le néocorat désigna d’une manière générale l'acte de rendre un culte à une divinité. Josèphe, Guerre jud. v, 9, dit que les Juifs étaient néocores du vrai Dieu. Le texte des Actes est le plus ancien qui donne ce titre à une ville. Ce n’est qu'au πὸ et au 1πὸ siècle qu’on le trouve sur les monnaies et sur les. inscriptions. La ville d'Éphèse en particulier porte dans les inscriptions le titre de vewxdpos τῆς ᾿Ἀρτέμιδος ; les médailles donnent aussi à Éphèse le même titre : Evectoy τρὶς νεωχόρων χαὶ τῆς ᾿Ἀρτέμιδος, ΜΊΟΝΝΕΤ, Suppl., vi, p. 159, n. 524; MoMMSEN, Rom. Gesch. v, p. 319. D’autres villes de Grèce et d'Asie Mineure portaient ce titre de néocore : cf, LEpas et WADDINGTON, {nscriptions d'Asie Mineure, 111, 669, 674, 983 : Mionner, Sup. v, 257. Après μεγάλης, HLP ajoutent θεᾶς, omis par NABDE 614. — καὶ τοῦ διοπετοῦς, sous-entendu ἀγάλματος, et de sa statue tombée de Zeus, c’est-à-dire du ciel. L'auteur de la Vulgate ἃ traduit διοπετής symboliquement par Jovisprolis, enfant de Jupiter, il a dû lire : διοπαιδός, On trouve encore dans l'antiquité plusieurs statues tombées du ciel : la statue d’Artémis à Tauris en Colchide; il en était de même du Palladium de Troie, de la statue d’Athena Polias à Athènes, de la Cérès de Sicile, de la Cybèle de Pessinonte. Toutes ces statues, plus ou moins informes seraientils des aérolithes ?

Ÿ 36) ἀναντιρρήτων οὖν ὄντων τούτων : ces choses étant donc incontestables; cum erga his contradici non possit, Vlg, ici seulement dans le N.T. τούτων : ces choses, c’està-dire l'attachement des Éphésiens pour le culte d’Artémis et l'origine céleste de sa statue : Vous n’avez donc, dit le grammate aux émeutiers, aucune raison de craindre qu'on puisse persuader à ce peuple croyant d'abandonner un culte que justifie un événement, ᾿Αρτέμιδος διοπετοῦς, aussi extraordinaire, — δέον ἐστὶν ὑμᾶς, Τ Pr, τ, 6: δέον :

statue] tombée du ciel. 36. Cela étant donc incontestable vous devez vous apaiser et ne rien faire avec précipitation, 37, car vous avez amené ces hommes [qui ne sont] ni sacrilèges, ni blasphémateurs de votre déesse. 38. Si donc Démétrius et les artistes [qui sont] avec lui ont quelque plainte [à faire] contre quelqu'un, il se tient des assemblées publiques et il y a

participe présent neutre de δεῖ : il faut, il convient, vous devez vous étant apaisés, χατεσταλμένους, participe aoriste parfait de καταστέλλω, hellénistique, littéralement placés en bas, vous devez ne rien faire de précipité, προπέτες; Cf, II Tüm. 11, 4; adjectif neutre, pris adverbialement « en tombant en avant »; au figuré, qui agit avec trop de précipitation téméraire. Peut-être y a-t-il ici une paranomase malicieuse avec διοπετοῦς ?

ÿ 37) γάρ, car vous avez agi avec trop de hâte en conduisant ici ces hommes, Gaïus et Aristarque, qui ne sont ni sacrilèges, ἱεροσύλους, ni blasphémateurs, βλασφημοῦντας. — ἱεροσύλους : cf. Rom. τι, 22, le verbe ἱεροσύλειν, dépouiller les temples d’idoles, par con-

séquent, sacrilèges : Gaïus et Aristarque n'avaient pas dépouillé 16 temple d’Artémis

des offrandes votives qui y étaient si nombreuses. Ce terme est employé pour désigner un voleur de temple dans Strabon, xiv, 1, 22 et dans les inscriptions, Woop, Ephesus, VI, 1, — βλασφημοῦντας τὴν θεὰν ὑμῶν : ils n'avaient pas prononcé des {paroles blasphématoires contre la déesse Artémis. Les vols dans les temples païens et les blasphèmes contre les divinités païennes étaient des délits, dont les Juifs avaient été souvent accusés.

Et cependant Paul avait attaqué l'idolâtrie et par conséquent le culte d’'Artémis, mais il n'avait prononcé contre celle-ci aucune parole outrageante. Il n’y avait donc pas lieu de le poursuivre de ce chef. Ceci nous indique qu’à Ephèse comme à Athènes Paul avait prêché au peuple avec prudence, évitant de le heurter par des paroles

offensantes. 11 prouvait sa doctrine par des arguments adaptés à la mentalité du peuple,

säns prononcer des malédictions contre les dieux : il établissait la vérité plutôt qu'il n’attaquait l'erreur. Le grammate parlait de Gaïus et d’Aristarque, maïs il visait surtout Paul, et ses observations prouvent que, comme les Asiarques, il était favorable à l’Apôtre. Elles indiquaient aussi que la cause de Gaïus et d’Aristarque avait été portée devant le magistrat, et que l'accusation n'avait pas été prouvée.

ἡ 38) οὖν, donc, puisque ces hommes sont innocents, εἰ Δημήτριος si Démétrius, καὶ of σὺν αὐτῷ τεχνῖται, — ces mots peuvent signifier les artistes, ceux qui sont accusateurs avec lui ou les artistes qui sont à son service; Démétrius serait donc un chef d’atelier. — ἔχουσι πρός τινα λόγον : s'ils ont une parole à dire contre quelqu'un; πρός τινα λόγον; hébreu, dabar; cf. Mt. v, 37 : habere aliquid de quo actionem intendamus ad aliquem, Grimm. — ἀγοραῖοι ἄγονται, conventus forenses aguntur Vlg. Cf. Ephem. epigr. vu, p. 436, 10 : τῇ πρώτῃ ἐξαμήνῳ ἐν À καὶ À ἀγόραιος ἤχθη, d'après le latin, conventus agere, Cicéron, Tire Live. ἀγόραιος, celui qui se trouve sur la place publique, cf. xvn, 5. Il faut sousentendre ici σύνοδοι, assemblées : donc: des assemblées qui se tiennent sur la place publique ; ou bien fpépu : ces jours sont ainsi appelés parce que l'assemblée avait lieu sur le forum. Les gouverneurs romains tenaient des cours de justice dans les villes principales de leur province, à des jours déterminés. D’après Pline, Hist. nat, v, 31, Éphèse était une de ces villes. De plus, Éphèse étant une ville libre, elle avaït ses tribunaux et ses magistrats. C'est peut-être ces cours de justice qui sont désignées ici par opposition à celles des proconsuls nommés ensuite. — καὶ ἀνθύπατοί εἰσιν : l'Asie était une province sénatoriale et son gouverneur était donc un proconsul, ἀνθύπατος. Le terme proconsul au pluriel provoque diverses explications, car il n’y a jamais eu

592 ACTES DES APOTRES, XIX, 38-41 — xx, 1.

εἰσιν, ἐγχαλείτωσαν ἀλλήλοις. 89, εἰ δέ τι περαιτέρω ἐπιζητεῖτε, ἐν τῇ ἐννόμῳ ἐχχλησίᾳ ἐπιλυθήσεται. HO. nat γὰρ κινδυνεύομεν ἐγχαλεῖσθαι στάσεως περὶ τῆς σήμερον, μνηδεγὸς αἰτίου ὑπάρχοντος περὶ οὗ οὐ δυνησόμεθα ἀποδοῦναι λόγον περὶ τῆς συστροφῆς ταύτης. [μ᾽ χαὶ ταῦτα εἰπὼν ἀπέλυσεν τὴν ἐχχλησίαν.

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