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CHAPITRE XX

XX, 1. Or, après que le tumulte eut cessé, Paul ayant fait venir les dis-

aux Cités grecques, mais réprimait avec vigueur toute tentative d’insubordination et interdisait sous des peines sévères les assemblées et les concours de peuple. Qui coetum et concursum fecerit capite pugnatur, Suzr. Victor, /nst. Orat., et la cité révoltée était privée de ses droits et privilèges. Les termes grecs employés ici, στάσεως et συστροφῆς correspondent aux termes latins de la Loi, coetum et concursum. — ἐγκαλεῖν n’est pas construit chez les Attiques avec le génitif de l'accusation; cf, cependant Dio, Cassius, 58, 4, ἀσεθείας ἐγαληθείς. στάσεως περὶ τῆς σήμερον : στάσις signifie station, réunion et sédition : littéralement nous sommes en danger d’être accusés de réunion (sédition) à cause de la réunion (sédition) d'aujourd'hui. D a : σήμερον ἐγαχλεῖσθαι στάσεως; Vlo, argui seditionis hodiernae; Gig. accusari quasi seditionis hodie. περὶ τῆς σήμερον : τῆς pourrait désigner ἐχχλησία. Ÿ 39. Blass croit qu’il serait préférable de retrancher περὶ τῆς. — μηδενὸς αἰτίου ὑπάρχοντος : αἰτίου peut être un nom neutre et signifier : comme 1] n'y ἃ aucune cause pour cela, ou un adjectif masculin, comme il n’y a aucun coupable, cum nullus obnoxius sit, Vlg. ce que certainement le grammate ne voulait pas affirmer. — περὶ οὗ δυνησόμεθα, en vertu de laquelle cause nous pourrions donner de raison de cet attroupement. περὶ οὗ δυνησόμεθα est la leçon de DE Gig. Vlg. tandis que ABH LP 614 Harkl. ont sur quoi, sur l'assemblée tumultueuse nous ne pouvons donner une raison, περὶ οὗ où δυνησόμεθα. — περὶ οὗ n'a pas d’antécédent grammatical et Blass cependant accepte cette leçon tout en La traitant d’insolentior structura. Knabenbauer n’est pas de cet avis : « In lectione περί οὗ où δυνησόμεθα illud περὶ οὗ non potest referri ad antecedens nam ediceretur contrarium eius quod 1116 dicere vult, nullam exsistere

causam de qua non possimus rationem reddere; sed debet referri ad totam sententiam

antecedentem : de quo (5011. de conventu habito tumultuantium more sine ulla causa) non possimus rationem reddere, et additur declarationis causa vel epexegetice περὶ τῆς συστροφγῆς ταύτης, quo nomine demum ëxxAnsia tumultuantium proprie designatur. λόγον ἀποδοῦναί τινες : οἵ, Luc. xvI, 2. περὶ τῆς συστροφῆς : pose par Polybe, 1v, 36, 6, pour désigner une assemblée séditieuse ou une cohue.

Ce discours est un modèle de harangue populaire.

ÿ 41) ἐχχλησίαν : Luc emploie ici le terme légal auquel n'avait pas droit cette assemblée. Ainsi s'éteignit la colère des émeutiers excités par Démétrius. σύτως ἔσδεσε τὸν θυμόν. “Ὥσπερ γὰρ ῥᾳδίως ἐξάπτεται, οὕτω καὶ ῥᾳδίως σδέννυται, CHRYSOSTOME, Hom. XL, 8.

L'attitude du grammate est celle d’un homme qui méprise la populace et veut surtout éviter les difficultés avec les Romains. Il n’a pas l'intention d'interdire à Paul la prédication du christianisme, pourvu qu’il ne trouble pas la tranquillité publique. Sur la vérité historique de ce récit, cf. KwaBeNpaueR, p. 889 5.

xx, 1-6 : DÉPART DE PAUL D'ÉPHÈSE; VOYAGE EN MACÉDOINE, EN GRÈèCE ET À TRoas,

ÿ 4) Le voyage qui va être raconté est celui dont parle Paul aux Corinthiens, 1, ACTES DES APOTRES 38

ous τε μῆνας τρεῖς; γενομένης ἐπιόουλῆς αὐτῷ ὑπὸ τῶν ᾿Ιουδαίων μέλλοντι ἀνάγεσθαι

xvi, 6; leur promettant de passer chez eux l'hiver; en fait, il y est resté trois mois, ÿ 8. μετὰ δὲ τὸ παύσασθαι; infinitif aoriste moyen, indique que le tumulte était un événement du passé; il marque le temps du départ de Paul et non le motif. τὸν θόρυδον, le tumulte, c’est-à-dire non seulement ce qui s'était passé au théâtre, mais toute l’émeute qu'avaient soulevée les ouvriers, l'émotion causée dans Éphèse par li cris et leurs réclamations. L'émeute avait été violente au point que Paul avait été excessivement accablé, qu'il désespérait même de conserver la vie; il regardait comme certain son arrêt de mort, 11 Cor, 1,85.

Suivant sa coutume et obéissant d’ailleurs à l’ordre du Seigneur, Paul qui, déjà avant les troubles, avait en vue son départ χιχ, 21, quitta Éphèse pour ne pas exposer Jes fidèles à la persécution. Paul a peut-être joe l’époque de son départ d’Éphèse, qui devait avoir lieu à la Pentecôte, I Cor. xvi, 8, ce qu'indique l’appel qu'il fait à ses disciples, rapaxakésas. — Tr nn leçon de NB E, participe aoriste moyen, ayant envoyé chercher ses disciples : la leçon προσχαλεσάμενος de AD HLP Vilg. présente le même sens, ayant appelé à soi, ayant fait venir ses disciples dans le lieu où il était caché; παρακαλέσας, il les console, les exhorte, puis après leur avoir donné le baïser d'adieu, ἀσπασάμενος, il part pour aller en Macédoine. — ἀσπασάμενος : non solum salutabant osculo advenientes, verum etiam discessuri; cf. Wersreix. Ces trois participes aoristes, μεταπεμψάμενος, παραχαλέσας, ἀσπασάμενος, indiquent une action simultanée, qui se plaça immédiatement avant le départ de Paul ; en français, on emploierait le participe PRéSEnt. — πορευθῆναι, infinitif aoriste passif qui marque le but du départ.

εἰς Μακεδονίαν : Paul partait pour la Macédoine. Luc passe ici rapidement sur des faits que nous connaissons par les épîtres de Paul aux Corinthiens. Au moment où eut lieu l'émeute d'Éphèse, l’Apôtre était très inquiet de la situation de la communauté chrétienne à Corinthe. Apprenant qu’il y avait des dissensions et des troubles dans l’église de cette ville, il écrivit aux Corinthiens une épître, qu’il leur envoya pendant son séjour à Éphèse, où il devait rester jusqu’à la Pentecôte, I Cor. xvi, 8. Cette épître n'eut pas tous les heureux effets que Paul en attendait ; la situation restait très troublée, et l'autorité apostolique de Paul était discutée et même rejetée par quelques-uns. Ici, nous ne savons pas exactement ce qui s’est passé : Paul a-t-il fait une visite à Corinthe entre sa première et sa deuxième épitre? A-t-il écrit de Macédoine pendant son retour une lettre sévère que nous n'avons plus ou qui serait, d’après quelques critiques, la seconde partie de la deuxième épître aux Corinthiens ?

Ces questions n'ont pas encore été résolues. Ce que nous savons, c’est que l’Apôtre, chassé par l’émeute, était parti d'Éphèse plus tôt qu’il ne pensait, et qu'il ne trouva pas Tite, son messager, à Troas, comme il l’espérait, II Cor. 11, 12; il resta probablement peu de temps dans cette ville et passa en Macédoine, s’arrêtant peut-être à Philippes. Mais il n’y eut aucun repos : il était affligé de toute manière, au dedans et au dehors, II Cor. vin, 5. Il fut consolé par l’arrivée de Tite qui lui raconta l’ardent désir des fidèles de le revoir, leurs larmes, leur zèle pour lui, 56. 7. Toute opposition n’était pas cependant encore éteinte dans la communauté; les judaïsants continuaient à nier l’autorité de l’Apôtre. Afin d’éclaircir la situation, de répondre à tous les reproches, de briser toutes les résistances et pour préparer les voies à son prochain voyage à Corinthe, Paul écrivit notre seconde épître qu'il fit porter par Tite, probablement vers | le mois de septembre. Il passa donc quelque temps en Macédoine, au moins six mois, et put exercer le ministère dont nous parlent les Actes. Sur les événements intervenus

ciples, les exhorta, et les ayant embrassés, il partit pour aller en Macédoine. 2. Ayant parcouru ces contrées et exhorté ceux-ci [165 frères] par plusieurs discours, il vint en Grèce, 3, où il séjourna trois mois. Les Juifs lui ayant dressé des embüches, quand il allait s’embarquer pour la Syrie, on fut

entre la première et la deuxième épître aux Corinthiens, cf. Histoire des livres du N. T. ἵν Ρ. 139 55. :

Ÿ 2) διελθὼν δὲ τὰ μέρη ἐκεῖνα : ayant parcouru en missionnaire ces régions, c’est-à-dire les diverses parties de la Macédoine, Paul exhortait les fidèles par plusieurs discours. Il visita donc les communautés macédoniennes qu’il avait fondées, Thessalonique, Philippes, Bérée, mais il n’évangélisa pas probablement d’autres parties de la Macédoine. Dans l’épître écrite de Corinthe aux Romains, xv, 19, peu de temps après ces événements, il leur dit : Depuis Jérusalem et en tous les sens jusqu’à l’Illyrie, j'ai prêché pleinement l'Évangile du Christ. On ne voit pas à quel autre moment de sa vie Paul aurait prêché jusqu’à l’Illyrie. Cependant il ne dit pas nettement qu'il a prêché en Illyrie, mais qu'il a prêché l'Évangile, κύχλῳ, en tous les sens depuis Jérusalem jusqu’à l'Ilyrie; Rom. xv, 19; οἵ, LAGRANGE, Ep. aux Romains, in loco.

Après que la grâce?de Dieu se fut manifestée dans les églises de la Macédoine, II Cor. vin, 1, Paul alla dans la Hellade, εἰς τὴν “Ελλάδα, ici seulement dans le N, T.; Ἕλλοις est mis pour ᾿Αχαΐα, cf. χιχ, 21, d’après la division romaine des provinces. Le pays grec était divisé en deux provinces, la Macédoine et l’Achaïe. Partout dans le N. T., à côté de la Macédoine est placée l’Achaïe, x1x, 21; Rom. xv, 26; II Cor. 1x, 2; I T'hess. 1, 81 Paul a donc dù visiter Athènes et s’arrêter à Corinthe. Cette variation entre l’Achaïe et la Hellade est caractéristique, dit Harnack, de l’auteur grec; cf. J. Wriss, Griechenland, Prot. Real. Enc. für prot. Theol. Dans une inscription du temps de Caligula, l'assemblée des Achéens est appelée : Πανέλληνες, πάντες οἱ “Ἕλληνες, σύνοδος τῶν ᾿Βλλήνων. Cf. Harnack, m1, 94. Zahn cependant ne croit pas que Ἕλλας soit synonyme de ᾿Αχαΐα.

D'une façon générale les Actes et les épîtres sont en accord : les Actes rapportent en quelques mots le voyage de Paul d'Éphèse à Corinthe, traçant seulement les grandes lignes et omettant tout ce qui concerne la lutte entre Paul et les dissidents de Corinthe; mais omission n’est pas contradiction. Pourquoi Euc n’a-t-il pas raconté ces faits, qu'il devait connaître, bien qu'il n’y ait pris aucune part? Aucune réponse complètement satisfaisante n’en peut être donnée; il est probable que ce récit n’entrait pas dans le plan de son écrit. Pourquoi ?

Υ. 3) Paul avait projeté de passer peut-être l'hiver à Corinthe, I Cor. xvi, 6. ποιήσας est une anacoluthe ; régulièrement il aurait fallu ποιήσαντι, s'accordant avec αὐτῷ; μῆνας τρεῖς; Cf. xv, 33, xvint, 23; il y travailla à rétablir l'ordre dans la communauté de Corinthe, et il y réussit; cf. CLÉMENT, Cor. xLvI.

De l’avis de la majorité des exégètes c’est à cette époque que Paul écrivit son épîtré aux Romains, Rom. xv, 25; xvi, 1-29. — γενομένης ἐπιδουλῆς αὐτῷ : génitif absolu; factae sunt illi insidiae a Judaeis, Vilg. ἐπιδουλῆς : seulement dans les Actes, 4 fois; cf. 1x, 24 où il est indiqué que les Juifs avaient l'intention de tuer Paul. Les Juifs projetaient donc des embûches contre Paul. On a pensé qu'ils voulaient se débarrasser de lui pendant son voyage par mer sur un bateau chargé de pèlerins, allant à Jérusalem pour célébrer la Pâque, ou même de le tuer à Kenchrées avant le départ du vaisseau; Paul et ses compagnons étaient porteurs d’une forte somme d'argent, fruit de la collecte pour les pauvres de Jérusalem. Les Juifs ont pu en avertir des pirates ou des voleurs pour faire attaquer l'Apôtre soit en-mer soit à terre, C'était en tout cas un com-

εἰς τὴν Συρίαν, ἐγένετο γνώμης τοῦ ὑποστρέφειν διὰ Μαχεδονίας. H. συνείπετο δὲ αὐτῷ Σώπατρος Πύρρου Βεροιαῖος, Θεσσαλονικέων δὲ ᾿Αρίσταρχος nai Σιέχουνδος, nat Γάϊος Δερθαῖος nat Τιμόθεος ᾿Ασιανοὶ δὲ Τυχιχὸς καὶ Τρόφιμος. ὅ. οὗτοι δὲ προελθόντες ἔμενον ἡμᾶς ἐν Τρῳάδι" 6. “Ἡμεῖς δὲ ἐξεπλεύσαμεν μετὰ τὰς ἡμέρας τῶν ἀζύμων ἀπὸ Φιλίππων, nai ἤλθομεν πρὸς αὐτοὺς εἰς τὴν Τρῳάδα ἄχρι ἡμερῶν πέντε, ὅπου διετρίψαμεν ἡμέρας ἑπτά.

plot qui ne pouvait réussir qu’à la condition que Paul prît la route de mer pour aller

en Syrie; il le déjoua en suivant la route de terre qui était plus sûre. Ce n’est pas

certain; Ramsay conjecture que Paul ne trouvant pas de bateau pour la Syrie à

Kenchrées, prit la route de terre afin de ne pas rester dans ce port exposé aux embüûches des Juifs. Le codex de Bèze et Gigas, Harkl. présentent ainsi le texte : ποιήσας δὲ (te)

᾿ς ÉxetP μῆνας τρεῖς χαὶ ANNEE αὐτῷ ἐπιθουλῆς ὑπὸ τῶν ᾿Ιουδαίων ve ἀϑαγθηναι εἰς Συρίαν᾽

εἶπεν δὲ τὸ Πνεῦμα αὐτῷ ὑποστρέφειν διὰ τῆς Μαχεδονέας, μέλλοντος οὖν (δὲ) ἐξιέναι αὐτοῦ, συνείποντο αὐτῷ μέχρι τῆς re fecit autem menses tres et cum fierent ei insidiae a Judaeïs voluit in Syriam perduci. Dixitque Spiritus ei revertere per Macedoniam, volente autem |

comitari usque ad Asiam, d. De cette leçon il ressortirait que c’est le complot des

Juifs qui obligea Paul à partir de Corinthe, Bezser, Brass, Wenpr, et que c’est l'Esprit » qui dit à Paul de retourner par la Macédoine, μέλλοντι ἀνάγεσθαι; cf, xt, 19, infinitif présent du moyen ἀνάγομαι, mettre à la voile, prendre le large, partir. εἰς τὴν Συρίαν peut indiquer Antioche et Jérusalem. — ἐγένετο γνώμης : ce génitif avec ἐγένετο est ici seulement dans le N. T.; cf. Taucynipe, 1, 113 : ὅσοι τῆς αὐτῆς γνώμης ἦσαν. Ge génitif est bien soutenu, N ἃ Β΄ ΕἸ 13 15 18; la leçon, à γνώμη de ΒΗ LP semble être une correction

. grammaticale. — τοῦ ὑποστρέφειν : régulièrement il faudrait ὑποστρέφειν εἰς τὴν Maxedoviay

καὶ du αὐτῆς πορεύεσθαι, BLAss. πίστιν ἔχει τοῦ σωθῆναι, xIv, 4, présente la même forme que

ο΄ ἐγένετο γνώμης τοῦ ὑποστρέφειν. L'itinéraire que suivit Paul pourrait tout simplement

résulter, d'après Loisy, de ce que les cotisations de Macédoine n’ont pas été apportées : à Corinthe. L’Apôtre serait parti de Corinthe avec les délégués de la communauté … corinthienne, et il serait remonté en Macédoine pour prendre en chemin les délégués et Les collectes des communautés macédoniennes; la collecte d'Asie a dû être recueillie + ultérieurement, peut-être à la station de Milet. Faisons remarquer seulement que les compagnons de Paul indiqués, ÿ 4, et partant de Corinthe avec lui n'étaient pas seulement les délégués de la communauté de Corinthe, maïs des délégués de Bérée, de Thessalonique, de Derbée et des communautés de l’Asie.

Ÿ 4) συνείπετο, à l’imparfait s'accorde avec le Des sujet, Σώπατρος ; la Peschitto et Gigas supposent συνείποντο. Après Τρόφιμος D ajoute μέχρι τῆς ᾿Ασίας, À DE H LP 614 Gig. ont ἄχρι τῆς ᾿λσίας, N B 13 Vilg. Sah, Boh. Ethiop. omettent ces mots.

Les compagnons de Paul sont au nombre de sept : Sopatros, fils de Pyrrhus de Bérée, un inconnu, à moins qu'il ne soit, ce qui est possible, Sosipatros, parent de. Paul, nommé dans l'épître aux Romains, xvi, 81, Aristarque déjà mentionné χιχ, 29, qui l’est encore, xxvir, 2; Col, 1v, 20. Secundus, un inconnu ainsi que Gaïus de Derbé, cf. xix, 29. Timothée, un compagnon de Paul depais longtemps, xvi, 1, souvent nommé dans les Actes et les épîtres de Paul. Les Asiates, Tychique et Trophime, sont men-. tionnés dans les épîtres pauliniennes : Tychique, £ph. νι, 21; Col, 1v, 7; 11 Tom. 1v, 42; Tite, τα, 12; Trophime, xxt, 29; IL Tüm, 1v, 20; ce doraicr a été la cause involontaisi} de l'arrestation de Paul à Jérusalem, χχὶ, 29.

Pour expliquer et faire accorder les ÿ ἀ et 5, plusieurs combinaisons sont possibles : 40 οὔτοι προελθόντες, ὃ 4, ces sept personnes ont pris les devants et ont attendu Paul à. Troas, mais alors ils n'ont pas accompagné Paul : ÿ 4. 2° ils ont accompagné Paul.

sg

d’avis qu'il s’en retournât par la Macédoine. 4. L’accompagnaient Sopater, .

fils de Pyrrhus, de Bérée, Aristarque et Secundus de Thessalonique, Gaïus de Derbé et Timothée et les Asiates, Tychique et Trophime. 5. Ceux-ci, ayant pris les devants, nous attendirent à Troas. 6. Pour nous, après les jours des azymes, nous nous embarquâmes de Philippes, et au bout de cinq Jours nous les rejoignimes à Troas, où nous passâmes sept jours.

jusqu’à Philippes et là, ils l’ont quitté et sont allés l’attendre à Troas. 3 obrot désigne seulement les deux Asiates, Tychique et Trophime qui seuls ont pris les devants et sont allés l’attendre à Troas. Les autres compagnons de Paul l'ont suivi tout le long du voyage. Chacune de ces combinaisons est possible et chacune présente des difficultés. Il est inutile de discuter, vu que le texte est imprécis.

Les sept hommes nommés sont les délégués des églises qui portent à Jérusalem la collecte pour les pauvres : 10 la Macédoine est représentée par Sopatros, Aristarque et Secundus; 20 la Galatie par Gaïus et Timothée; 3° l'Asie par Tychique et Trophime. Il n'est pas fait mention des délégués de l’Achaïe, où la collecte fut cependant organisée par Tite, II Cor. vin.

ἡ 5) οὔτοι δέ N ABE Boh. Harkl. contre DHLP Vig. Gig. qui omettent δέ, — οὕτοι,

c'est-à-dire probablement tous ceux qui ont été nommés Ÿÿ 4. προελθόντες, étant allés en :

avant, en partant de Philippes, leçon de B2? D Pesch. Harkl. Gig. Vig. au lieu de προσελθόντες, étant allés vers, s'étant approchés, leçon de δὶ A B* HLP, ἔμενον imparfait de μένω demeurer, attendre; le latin manere a le même sens. Ceux-ci vinrent et nous attendirent à Troas : cette leçon favorise l'opinion que oÿro désigne seulement les Asiates. Il est possible que Paul ait envoyé en avant quelques-uns de ses compagnons pour trouver à Troas un vaisseau partant pour la Syrie, — ἕμενον ἡμᾶς : Luc reprend ici la première personne du pluriel, qu’il avait laissée depuis xvi, 17, ce qui ferait supposer qu’il était resté à Philippes. ἡμᾶς : ce terme personnel exclut Timothée comme auteur du journal de voyage, à moins de supposer que οὕτοι désigne seulement les Asiates.

Υ 6) ἡμεῖς δέ, Paul et Luc, ἐξεπλεύσαμεν, aoriste de ἐχπλέω, sortir du port, se mettre en mer. μετὰ τὰς ἡμέρας τῶν ἀζύμων après que furent terminés les jours des azymes, c'est-à-dire le huitième jour. Cette expression désigne le temps à la manière juive, mais ne signifie pas nécessairement que Paul a observé le rite pascal juif; on trouve ailleurs, x, 3; xxvu, 9, la même façon de marquer le temps. Blass croit cependant que Paul et ses compagnons mangèrent l'agneau pascal en souvenir de Jésus, le véritable agneau pascal. Maïs Paul était en ce moment avec des chrétiens, pour la plupart issus du paganisme : c’est donc la Pâque chrétienne qu’il a célébrée. — Paul et ses compagnons s’embarquèrent de Philippes, ou plutôt de Néapolis, Le port de Philippes, et le cinquième jour, ἄχρι ἡμερῶν πέντε, πεμπταῖοι, D, quintani, ἃ, ils arrivèrent à Troas. Leur voyage avait été plus long que celui dont il est parlé, xvi, 11, qui ne dura que deux ou trois jours. Il est probable qu’à ce moment les vents ont été contraires, et puis 1] faut tenir compte de la route de Philippes à Néapolis, et peut-être aussi d’un séjour dans cette dernière ville.

διετφίψαμεν ἡμέοας ἑπτά : expression indéfinie pour désigner la semaine. Pourquoi Paul et ses compagnons ont-ils passé une semaine entière à Troas ? C’est ce que nous ignorons. Peut-être est-ce pour compenser le trop court séjour que Paul y avait fait antérieurement, II Cor. 11, 12 5. Il est possible aussi que le bateau de Paul s'arrêta sept jours à Troas pour des raisons commerciales. Ramsay, p. 295, pense que le

Ἴ. ἐν δὲ τῇ μιᾷ τῶν cabédrwv συνηγμένων ἡμῶν χλάσαι ἄρτον ὁ []αῦλος διελέγετο αὐτοῖς, μέλλων ἐξιέναι τῇ ΠΣ παρέτεινέν τε τὸν λόγον μέχρι μεσογυχτίου.

8. ἦσαν δὲ λαμπάδες ixavai τῷ ὑπερῴῳ οὗ ἦμεν. συνηγμένοι. 9. χαθεζόμενος δέ τις ογεανίας ὀνόματι Ebruyos ἐπὶ τῆς θυρίδος, καταφερόμενος ὕπνῳ βαθεῖ, διαλεγομένου

τοῦ []αύλου ἐπὶ πλεῖον, χατενεχθεὶς ἀπὸ τοῦ ὕπνου ἔπεσεν ἀπὸ τοῦ τριστέγου χάτω χαὶ ἤρθη γεχρός. 10. χαταδὰς δὲ ὁ Iladhos ἐπέπεσεν αὐτῷ, χαὶ συνπεριλαδὼν ἐΐἶπεν.

bateau, sur lequel Paul s'était embarqué, restait à Troas, et qu’il eut à chercher un autre bateau, ce qui causa le délai de sept jours; Paul ne serait pas volontairement resté si longtemps à Troas, étant donné sa hâte d'arriver à Jérusalem pour la fête de Pentecôte, ÿ 16. B. Weiss pense que ces sept jours désignent après combien de temps Paul rejoignit ses compagnons partis en avant.

xx, 7-16 : DE Tro4s À MiLer.

ΟΥ̓ 7) Ἔν δὲ τῇ μιᾷ τῶν oa66druv, cf. Mt. xxvin, 1; Mc, xvi, 2; Jn. xx, 19; le nombre cardinal μῖα est employé pour l’ordinal, πρώτῃ, Ze. xxiv, 1, comme l’hébreu chad dans l'énumération des jours du mois. τῶν σαδδάτων, pour le singulier suivant l’usage hébreu, τῇ mia τῶν σαδόάτων, le premier (jour) après le sabbat; τῶν σαδόάτων, au pluriel, est fréquemment employé après un adjectif numéral pour signifier la semaine : cf. Me. xxvun, 1; 1 Cor. xvi, 2. Si nous nous en réferons à 1 Cor. xvi, 2, χατὰ μίαν τῶν sa66drwy, le jour fixé pour réunir les offrandes de la collecte, on voit que chez les premiers chrétiens ce premier jour de la semaine a été fixé pour le service public et la fraction du pain. — συνηγμένων ἡμῶν χλάσαι ἄρτον : infinitif de but : les fidèles étaient réunis pour rompre le pain, pour tenir leurs assemblées et célébrer l’eucharistie (interprétation commune). IL suit de là que le premier jour de la semaine était consacré au Seigneur, Fecren, Wenpt. Hanc diem sacram elegerint, quia prima hebdomadae die Christus a mortuis surrexit et Spiritus 5. in Apostolos descenderit. Omnia testimonia antiqua apostolicam Dominicae diei institutionem confirmant. Ita e. Barn., xv : « Agimus diem octavum in laetitia, in quo Jesus 6 mortuis surrexit, » Jon., Magn., 1x: « Non amplius sabbatum custodientes, sed secundum dominicam viventes, in qua et Vita nostra resurrexit. » Plin. (a 96) Ep. ad Traj., x, 97 : « Stato die ante lucem conveniunt (christiani) et Christo tanquam Deo hymnos decantant. » S. Jusrn., Apol. 1, 67; Doctr. duodecim Apost. xiv, etc. CAMERLYNCK. ἡ Luc a probablement fixé cette date à la manière juive : le premier jour de la semaine commença le soir, et c'est dans la nuit après le samedi, pendant la nuit et le matin du dimanche, qu’eut lieu l'événement qu'il raconte. Maïs, comme l’assemblée était composée surtout de Gentils, il est possible que la date ait été fixée à la manière grecque. Alors les événements se seraient passés dans la soirée du dimanche et la matinée du jour suivant. — ἡμεῖς ne désigne pas seulement Paul et ses compagnons, mais aussi les fidèles de Troas; HLP ont τῶν μαθητῶν. — διελέγετο, disputabat, Vig. imparfait moyen : dialoguer, discourir; il n’a pas le sens d’altercation, de dispute. αὐτοῖς, les fidèles de Troas dont Paul écoutait les questions et à qui il répondait, ainsi que l'indique Gigas après disputabat eis : et confirmabat animos eorum et alia die exiturus producebat verbum. — μέλλων ἐξιέναι : raison pour laquelle Paul prolongeait son discours, donc plus longtemps qu'à l'ordinaire. παρετείνεν, vetus verbum, Bass.

Ÿ 8) ἤσαν δὲ λαμπάδες; D ἃ ὑπολαμπάδες faculae d, ὁπολαμπάς, d'après Phylarch. chez Ath. serait une sorte de fenêtre ou de lucarne. D’après Blass ce mot n'existe nulle part et de fait il n’est pas dans les dictionnaires. Of HerwgerDen, Lez. Suppl.; Robert Érrenne, Thesaurus, sub voce. — λαμπάδες ixaval : les lumières étaient nombreuses, ce qui indique

1. Or, le premier jour de la semaine, nous étions réunis pour rompre le pain, Paul, devant partir le lendemain, s’entretenait avec ceux-ci [les disciples] et il prolongea [son] discours jusqu'à minuit. 8. IL y avait beaucoup de lampes dans la chambre haute où nous étions réunis. 9. Or, un jeune homme, nommé Eutyche, qui était assis sur la fenêtre, fut accablé d’un profond sommeil pendant que Paul discourait longuement; entraîné par le sommeil, il tomba du troisième étage en bas et fut relevé mort. 10. Mais Paul étant descendu se pencha sur lui et 18 prit dans ses bras en

que la chute d'Eutyche n'eut pas lieu par suite de ténèbres, survenues pendant le discours de Paul. Knabenbauer, Felten pensent que les lumières avaient été multipliées à cause de la solennité de la fête, et pour marquer la joie que causait aux fidèles la présence de l’Apôtre. Ce détail prouve que l'historien a été témoin de l'événement. Ewald croit que le narrateur a voulu protester contre le reproche que l’on faisait aux chrétiens de tenir leurs assemblées pendant la nuit, ce qui donnait lieu à des scènes de luxure contre nature, Minurius Fezix, 9; TERTULLIEN, Apol. 8. Mais les Actes ont été écrits avant qu'un semblable reproche n'ait été fait aux chrétiens. Cette abondance de lumière répond à ce reproche que l'accident eut lieu par suite du manque de soin, Wexpr. Non videtur hoc commemorari nisi rei depingendae causa, BLass. — ἐν τῷ δπερῷῳ, l'étage supérieur de la maison : Le ÿ suivant indique que l'assemblée était tenue au troisième étage. οὗ ἤμεν συνηγμένοι, participe parfait périphrastique pour marquer la durée de l’action.

Υ 9) Eütvxos, Fortuné, dans Luc seul; mot assez connu. Il ne nous est pas dit ce qu'était cet Euthyche, ni ce qu’il est devenu. χαθεζόμενος, pour l’attique καθήμενος, HLP, étant assis, ἐπὶ τῆς θυρίδος, rebord de la fenêtre, qui était probablement ouverte par suite de la chaleur causée par les lumières et par la foule rassemblée là. Cette foule obligea aussi Eutyche à prendre place sur le bord de la fenêtre : fenestrae nullis scilicet (quod saepe usu veniebat) clathris munitae, Brass. En Orient, les fenêtres sont simplement des ouvertures dans le mur, descendant jusqu’au plancher de la pièce, et fermées par un treillis; quelquefois cependant la fenêtre était fermée par un volet, II Rois, χπὶ, 17.

καταφερόμενος : [6 participe présent indique la progression du sommeil, la fatigue se continuant, tandis que xarevey0els, aoriste passif de xatapépw, marque que l’action du sommeil est complète: Ce second participe précise l’accomplissement du premier. Sedentem somnus occupavit, somnio oppressus cecidit, BENGEL. — ἐπὶ πλεῖον peut être joint à διαλεγομένου ou à κατενεχθείς ; d'ordinaire on le joint au premier, καταφερόμενος et xarevey els, verbe employé seulement par Luc. Terme médical qui peut s’employer sans τοῦ ὕπνου pour signifier être accablé de sommeil, s’assoupir; cf. HoBarT, p. 48, 49 et 84. Les écrivains non médicaux, Wetstein, l’emploient dans le même sens. — ὕπνῳ βαθεῖ, datif de nature ou de manière : ἔπεσεν ἀπὸ τοῦ τριστέγου, il tomba du troisième étage, sur le pavé de la rue ou d'une cour; littéralement, d’un troisième toit, τρία στέγη, d’où

τρίστεγον, ici seulement et pour la première fois; καὶ ἤρθη νεχρός et fut relevé mort. Luc

affirme qu'Eutyche était réellement mort et non qu'il était comme mort, ὡς vexods. On ne peut donc inférer des paroles de Paul au Ÿÿ suivant qu'Eutyche était encore vivant, ou que la vie était de nouveau en lui; cf. CarySosrome, om. χαπι, 1, Holtzmann voit ici un phénomène digne de foi (glaubwürdig) considéré comme un miracle et exposé comme tel; mais il ne croit pas à la mort du jeune homme. — Dans ce cas, il faudrait supposer que l’auteur s’est trompé.

Ÿ 10) καταθὰς dé — dé est narratif; xata6ds, Paul descendit du troisième étage dans la

“μὴ θορυδεῖσθε" ἡ γὰρ ψυχὴ αὐτοῦ ἐν αὐτῷ ἐστίν. 11. ἀναβὰς δὲ nat κλάσας τὸν ἄρτον χαὶ γευσάμενος, ἐφ᾽ ἱκανόν re ὁμιλήσας ἄχρι αὐγῆς, οὕτως ἐξῆλθεν. 12. ἤγαγον δὲ τὸν παῖδα ζῶντα, καὶ παρθκλήθηοαν où μετρίως. 18, ἡμεῖς δὲ προσελθόντες ἐπὶ τὸ πλοῖον ἀνήχθημεέν ἐπὶ τὴν ”Acoov, ἐκεῖθεν μέλλοντες ἀναλαμιδάνειν τὸν Παῦλον’ οὕτως

cour par l'escalier extérieur de la maison, escalier comme en Orient. ἐπέπεσεν αὐτῷ, de

énuténtw, tomber où se poser sur, καὶ συνπέριλαδων, précise le gesté, de συνπεριλαμδάνω,

comprendre, envelopper, embrasser; ab omni parte amplexus, BLass. C’est le geste que firent Élie, 1 Rois, xvn, 21 s., ressuscitant un enfant, et Élisée, 11 Rois, 1v, 34 ressuscitant aussi un enfant.

un θορυδεῖσθε, impératif présent passif de θορυδέω, faire du bruit; au passif, être troublé. Notre-Seigneur lorsqu'il parla aussi à ceux qui faisaient du bruit et pleuraient auprès de la fille de Jaïr, employa la même expression, τί θορυδεῖσθε, Mc. v, 39; Mt. 1x, 23. C'est

l'usage en Orient de pousser des gémissements et de pleurer auprès des morts. C'était

ces gémissements que poussaient les assistants. — à γὰρ ψυχὴ αὐτοῦ ἐν ἀυτῷ ἐστίν, Ce que Paul pouvait dire soit qu'il perçut que la vie n'était pas éteinte chez le jeune homme,

. soit qu’elle eut été recouvrée, ce qui était le cas ici, puisque l'enfant avait été relevé

mort. Dans le premier cas, Paul aurait dit : son âme est encore en lui. Wendit dit que

dans la pensée de l'écrivain la vie déjà enfuie était revenue — donc, qu'il y avait

eu un miracle. Preuschen croit que cette parole de Paul indique qu'il n’y eut pas de

miracle : l’Apôtre constate que l’enfant est vivant.

Ÿ 11) ἀναδὰς δὲ χαὶ χλάσας τὸν ἄρτον : après être remonté dans la chambre haute, Paul rompit le pain, cérémonie pour laquelle les fidèles étaient rassemblés, ÿ 7. La mort d'Eutyche avait retardé la fraction du pain; l’Apôtre y procède maintenant. L'article devant ἄρτον marque qu’il s’agit du pain dont il a été parlé Ÿ 7. — χλάσας τὸν

“ἄρτον : il consacre l’eucharistie, καὶ γευσάμενος, et gustavit Vlg. part. aor. moyen de yeiw,

goûter, manger, Cette action, γευσάμενος, est-elle celle de manger le pain et par conséquent de communier, ou bien de prendre un repas après l’eucharistie ὃ Serait-ce l’agape qui accompagnait la manducation de l’eucharistie dans la primitive église? Ici la

communion précéderait le repas, ce qui n’est pas conforme à la Didaché x, 1. Mais,

Act. x, 10, le terme γεύσασθαι désigne non pas une dégustation, mais un repas ordinaire, ce qui a fait croire qu'il s'agissait ici d’un repas séparé de l’eucharistie ou du repas

que Paul prit avant son départ, mais χλάσας et γευσάμενος sont liés trop étroitement pour

qu'on ne soit pas obligé de conclure que l’action de l’une dépend de l’autre et que par ce terme, γευσάμενος, on désigne la manducation eucharistique, opinion que défend Batiffol, l’'Eucharistie, p. 120.

ἐφ᾽ ἱκανόν, sous-entendu χρόνον; ce temps désigne le reste de la nuit. Luc Hole volontiers ἱκανός au sens temporel, vi, 11. ὅμιλησας, de ὁμιλέω, être parmi, converser, s’entretenir avec; sans régime, il signifie causer, parler : terme employé par Luc seulement, Lo. xxiv, 14 s.; Act. xxiv, 26 et par Ignace, ad Pol. v, 1; comme dans le grec classique il signifie un entretien familier. Paul, sachant qu'il ne reverrait pas les fidèles de Troas, voulait profiter des derniers moments à passer auprès τὰ ἄχρι αὐγῆς usque lucem, Ν]ρ. ; αὐγῇ signifie lumière du soleil, lumière éclatante, i seulement dans le Ν. T. Il est employé dans ce sens par Isaïe, zx, 8; IT rh: χα, 9. Maïs ici, comme chez les écrivains contemporains, il désigne l'aurore, qui, à

cette époque de l’année, était vers cinq heures du matin. — οὕτως, après un participe;

il n’est pas rare de trouver dans la proposition principale la particule déterminative οὕτως, qui résume les participes précédents, Démosthène emploie aussi cette tournure, Il reste deux autres exemples de l'usage classique dans le Ν, T., Act. xvir, 14; xxvit, 17,

ACTES DES APOTRES, xx, 40-13.

disant : Ne vous troublez pas, car son âme est en lui. 11. Et étant remonté et ayant rompu le pain et mangé, il conversa assez longtemps jusqu’au point du jour, après quoi il partit. 12. Or, on ramena le jeune homme vivant et ils furent grandement consolés. 13. Pour nous, étant partis en avant

Les quatre participes aoristes précédents, ἀναθάς, χχλάσας γευσάμενος, ὁμίλησας, expriment une action passée immédiatement avant le départ de Paul, qui eut lieu aussitôt après la réunion,

Tota res perfecte sic intellegitur; Troadis Christiani pro more conveniunt hac dominica die, vespere ad celébrandam eucharistiam quam etiam Jesus vespere celebraverat; Paulus, cras profecturus, utitur occasione ad alloquendum fratres; diu loquitur, Eutychus cadit, descendit Paulus eumque resuscitat; iterum ascendit, celebrat Eucharistiam, omnes communicant, et iterum pergit loqui Paulus usque mane. CAMERLYNGK.

ÿ 12) Le codex de Bèze complète la description : ἀσπυζομένων de αὐτῶν ἤγαγεν τὸν νεανίσχον ζῶντα; c'est donc Paul qui, d’après D, aurait conduit le jeune homme vivant, mais le texte latin ἃ ἃ adduxerunt. Wendt croit que Hilgenfeld ἃ raison d'introduire ἤγαγεν. dans son texte. — ἤγαγον : ilest probable qu'il s’agit de ceux qui étaient auprès du jeune homme et qui le ramenèrent dans la chambre haute, ou peut-être le reconduisirent chez lui. τὸν παῖδα : Eutyche appelé νεανίας et παῖς devait être entre l'enfance et la jeunesse, ζῶντα : ce terme indique nettement qu'il s’agit bien ici d’une résurrection par opposition à ἤρθη vexods. Si l'enfant n'avait pas été mort, il n’y avait pas de raison : de dire qu'il était vivant. — Zeller admet bien que l’auteur a eu en vue de raconter une résurrection, mais il soutient que ce récit a eu pour but de placer Paul ressuscitant Eutyche sur le même rang que Pierre, ressuscitant Tabitha à Joppé; on a voulu

établir un parallèle entre Pierre et Paul, Oversecx WVEIZSACKER. — παρεχλήθησαν ne désigne pas les discours de Paul dont il ἃ été parlé, mais la résurrection du jeunehomme. οὐ μετρίως, non mediocriter, Gig., non médiocrement, pour beaucoup, litote. Luc emploie où avec un adjectif où un adverbe pour signifier une chose opposée : 8 fois dans le journal de voyage : οὐκ ἄσημος, ΧΧΙ, 89; οὐ τὰς τυχούσας, x1x, 11; XXVII, 2 et οὐχ ὀλίγος, ΧΙ, 18, 12 fois dans le reste des Actes, et 3 fois seulement cette forme. est dans les autres livres du N. T.

ÿ 13) Luc décrit minutieusement la route suivie par Paul et ses compagnons de Troas à Milet. ἡμεῖς δέ; Luc et ses compagnons, mais non Paul. La Chaîne Arménienne, Ρ- 357, développe le texte : Λουχᾶς δὲ (ἐγὼ δὲ Λουχᾶς, avec un léger changement du texte): χαὶ οἱ μετ᾽ ἑμοῦ ἐλθόντες Ent τὸ πλοῖον, — προελθόντές, étant partis en avant, N B2CL: roocἐλθόντες, étant allés vers le navire, ascendentes navem, Vig., B*A EH Ρ ἃ Harkl.; κατελθόντες εἰς τὸ πλοῖον, étant descendus vers le navire D Pesch, Gig. τὸ πλοῖον; l’article indique peut-être que ce navire était nolisé par Paul et ses compagnons; c’est un navire bien déterminé, cf, χχι, 2, et qui paraît ne partir que sur les ordres de Paul. — ἀνήχ-θημεν ἐπὶ τὴν λσσον : Assos est au sud de Troas, à l’est du Cap Lectum. En face se trouve l'île de Lesbos, à douze kilomètres environ. Le port est bon et le commerce côtier est considérable. διατεταγμένος, participe parfait moyen périphrastique de Satdoow, ranger, disposer; au moyen, commander, donner des ordres, cf. vir, 41 : sic enim disposuerat, Vlg. πεζεύειν ipse per terram iter facturus, Vig. πεζεύειν signifie marcher à pied ou par opposition à naviguer, aller par terre. Il a ici probablement cette dernière signification; cf. PLutarquE, Vita Ciceronis, 47, 5. Paul voulant évangéliser la population de la péninsule, Carys. ou visiter des amis, ou avoir encore la compagnie des frères de Troas, prit la route de terre entre Troas et Assos, mais pour économiser

ΣΈΟ ΠΡ τ A NME ΤῊ ΤΣ, Ne RS UN ΔΎ ΤῸ ΤΟ ΤΣ SN ER NS OO LS

802 ACTES DES APOTRES, xx, 13-16.

γὰρ διατεταγμένος ἦν, μέλλων αὐτὸς πεζεύιιν. 14. ὡς δὲ συνέθαλλεν ἡμῖν εἰς τὴν "Άσσον, ἀναλαθόντες αὐτὸν ἤλθομεν els” Μιτυλήνην 15. χἀχεῖθεν ἀποπλεύσαντες τῇ ἐπιούσῃ χατηντήσαμεν ἀντιχρὺς Χίου, τῇ δὲ ἑτέρᾳ παρεόάλομεν εἰς Σάμον, τῇ δὲ ἐχομένῃ ἤλθομεν εἰς Μίλητον. 16. χεχρίκει γὰρ ὁ Παῦλος παραπλεῦσαι τὴν "Egecov,

le temps il a dû voyager à cheval ou en voiture. Cette route de quarante kilomètres

environ peut être faite à pied en sept ou huit heures. La route par mer était de soixante

kilomètres. On a pensé aussi que Paul avait pris ce mode de voyage par raison de

santé ou par désir d’être seul. La route était plus courte par terre que par mer. Le vaisseau longeait les deux bords d’un triangle, dont Paul suivait un seul côté. Ceterum navem sibi conduxisse videntur qua ad arbitrium uterentur; usi sunt usque ad Lyciam, XXI, 2, BLass.

Ÿ 14) ὡς δὲ συνέδαλλεν : particulier à Luc, employé intransitivement comme chez les classiques ; à l’imparfait, leçon de ABEP 40 100, paraît moins adapté au sens de la phrase que συνέδαλεν, à l’aoriste 2, leçon de CD H. Rendall croit que l’imparfait indique que Paul a rencontré le navire avant d’être arrivé à Assos et qu’il monta alors à bord, ἀναλαδόντες αὐτόν; Cf. FELTEN. Dans ce cas, les voyageurs n'auraient pas abordé à Assos. Mais dans cette expression, εἰς τὴν ἴλσσον, indique l’idée de but, d'arrivée. ἤλθομεν εἰς

Μιτυλήνην : Mitylène, actuellement Midüllü, capitale de l’île de Lesbos, à soixante-dix kilomètres environ d’Assos et à quatre-vingt-dix kilomètres de Troas. Le port septentrional, où aborda le navire était, dit Strabon, ΧΠῚ, 2 : μέγας χαὶ βαθύς, χώματι oxera- “ζόμενος. D'après Cicéron, contra Rull. τι, 16, Mitylène était : et natura et descriptione aedificiorum et pulchritudine imprimis nobilis.

ο΄ Υ 15) χατηντήσαμεν : arriver à, parvenir; ἄντίχρυς, est ici seulement dans le N. T.; ils n’ont pas abordé à Chios, mais ils ont longé la côte en face de Chios et ont dû aborder dans un port ou une station de nuit du continent.

Chios, actuellement Chio, est une des îles de l'archipel, située à l’ouest du golfe de Smyrne, en face de la presqu'île d'Érythrée ou de Karabouroun. Le bras de mer qui sépare la presqu'île de l’île ἃ dix-huit kilomètres dans sa plus grande largeur. Au nord du détroit se trouve un certain nombre de petites îles rocheuses. L'ile est oblongue et recourbée. Sa plus grande dimension est de cinquante-einq kilomètres, la largeur est d'environ vingt kilomètres. Le climat est doux et salubre. La partie nord est montagneuse et la partie sud plus basse.

τῇ δὲ ἑτέρᾳ, l’autre jour, le jour suivant, se retrouve, xxvir, 3, dans le journal de voyage et non dans le reste des Actes. On peut penser que Luc a employé ce terme pour varier ses expressions, τῇ ἑτέρᾳ, τῇ ἐπιούσῃ, τῇ ἐχομένῃ. — Au lieu de τῇ ἑτέρᾳ, leçon de NDE, B 15 19 73 ont τῇ ἑσπέρα, 16 soir, ce qui ferait supposer que le copiste correcteur ἃ voulu marquer que la traversée de Chios à Samos, s'était effectuée en un jour, mais les trois mots τῇ ἐπιούσῃ, τῇ ἑτέρᾳ, τῇ ἐχομένῃ sont liés de façon à dépendre l’un de l’autre.

᾿ς παρεδάλομεν, applicuerunt, Vlg., aoriste second de παραδάλλω, passer, traverser et

aussi aborder. Il semblerait qu’il a ici la signification de passer de long de.

Samos est une des îles les plus belles et les plus fertiles de la mer Égée; elle est séparée du continent par le détroit de Mycale. Samos sa capitale était libera civitas. Les Juifs étaient nombreux dans l’île, I Macch. xv, 23.

La leçon χαὶ μείναντες ἐν Τρωγιλίῳ, DH LP Pesch. Harkl, Sah. Chrys. Chaîne Arm. favoriserait ce sens : nous longeâmes Samos, et étant restés à Trogyllion, le lendemain nous allâmes à Milet. Cette leçon est adoptée par Blass, Corssen, Belser,

"ACTES DES APOTRES, xx, 13-16. 603

sur le vaisseau, nous naviguâmes vers Assos, où nous devions reprendre Paul; car il l'avait aïnsi ordonné, devant faire la route par terre. 1%. Quand 1] nous eut rejoints à Assos, nous le primes à bord et nous vinmes à Mytilène. 15. Et de là, ayant navigué, nous arrivâmes le len-

demain vis-à-vis de Chios. Le jour suivant nous cinglâmes vers Samos et le

jour d’après, nous arrivâmes à Milet. 16. Paul avait en effet résolu de

Zückler, Ramsay. B. Weiss ne voit aucune raison pour son omission. Cependant, au point de vue textuel, l’omission est bien représentée par NABCE Vig. Boh. Arm. Eth. Les critiques qui suivent exactement le texte oriental, la rejettent. — Trogyllion est un promontoire, formé par la pointe ouest du mont Mycale, et non un promontoire de l’île de Samos; son nom actuel est Santa-Maria. La suppression de la leçon qui porte un arrêt du vaisseau à Trogyllion provient de ce fait que les copistes qui l'ont supprimée croyaient que le bateau avait passé la nuit à Samos et, par conséquent, ne comprenant pas que le bateau ait pu s'arrêter à Trogyllion, à neuf ou dix kilomètres de Samos, ils ont supprimé l'arrêt à Trogyllion. τῇ δὲ ἐχομένη ἤλθομεν εἰς Μίλητον : Milet, à quarante-cinq kilomètres au sud d’Éphèse, est située à l'entrée du golfe Latmique; elle centralisait dans ses quatre ports tout le commerce de la vallée du Méandre; elle était sans rivale pour la navigation de la mer Égée. Il y avait à Milet une communauté juive, JosèPxe Ant. Jud., xvi1, 10, 21, Il ressort du texte qu'il s’y trouvait aussi une communauté chrétienne, ÿ 26.

Ramsay décrit ainsi ce voyage : le navire s’arrêtait chaque soir, parce que dans

la mer Égée, pendant l'été, le vent souffle ordinairement du nord à partir de la première heure le matin; dans l’après-midi il se calme peu à peu et au coucher du soleil il est en grand calme; alors s'élève le vent du midi qui souffle pendant la nuit. Le départ devait donc avoir lieu. avant le lever du soleil; les passagers devaient être à bord aussitôt après afin d’être prêts à partir dès que le vent du nord soufflerait. Le lundi soir les voyageurs arrivèrent à Mitylène avant la chute du vent; le lendemain après-midi ils s’arrêtèrent à un point de la terre ferme, opposé à Chio, probablement près du cap Argannum. De là, le mercredi matin ils allèrent droit devant eux vers la pointe ouest de Samos et de là ils se dirigèrent vers Milet, mais quand le vent tomba ils n'étaient pas arrivés au delà du promontoire de Trogyllion, à l'entrée du golfe, et là ils passèrent la nuit, comme l'indique le codex de Bèze. De bon matin le jeudi ils traversèrent le golfe et débarquèrent à Milet.

Ÿ 16) xexpixet : plus-que-parfait. L’augment syllabique est d'ordinaire supprimé dans le N.T., et presque toujours dans les papyrus et le grec post-classique; cf. Jannaris, Hist. Greek Grammar, p.185. Luc donne maintenant la raison de la conduite de Paul. παραπλεῦσαι, infinitif aoriste de παραπλέω, naviguer le long de, naviguer au delà. Paul voulait arriver à Jérusalem pour les fêtes de la Pentecôte. Si donc il s'était arrêté à Éphèse il aurait dû y passer plusieurs jours avec ses anciens convertis et peut-être sa présence (c'est ce qu'indique κατάσχεσις, mora, de D) y aurait-elle excité de nouveaux troubles, Carys. Il choisit donc d'aller débarquer à Milet. Il est possible même que son bateau eût cette ville pour destination et non Éphèsé, ou qu'il se soit arrêté

plusieurs jours à Milet, ville de commerce, pour y trafiquer, ce qui permit à Paul

d'appeler à lui les presbytres d'Éphèse. Car si Paul avait nolisé lui-même le navire, il aurait pu aller directement à Éphèse. La route eût été beaucoup plus courte du Fa Argannum à Éphèse, et il aurait pu consacrer à ses amis de cette ville le temps qu'a nécessité l'envoi du messager de Milet à Éphèse et la venue des Éphésiens à Milet, Il est donc probable que le navire de Paul ne s’arrétait pas à Éphèse, mais allait droit

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