SOUVENIRS DE SON MINISTÈRE À ÉPHÈSE
Pour le début de ce discours, cf. I Zhess., 1, 3; I Cor., n, 8 ss.; Paul ἃ caractérisé en trois mots son ministère à EHphèse : humilité, larmes, épreuves. Cf. THÉOPHYLACTE : ἐνταῦθα papartipa διδασκαλίας δείχνωσι. ᾿
due est emphatique; cf. x, 39; xv, 7. -- ἐπίστασθε; dans ce discours on a trois mots grecs pour savoir : ἐπίστασθε, οἶδα, γινώσχετε,
606 ͵ ACTES DES APOTRES, xx, 18-21.
συμόάντων μοι ἐν ταῖς ἐπιδουλαῖς τῶν ᾿Ιουδαίων᾽ 20. ὡς οὐδὲν ὑπεστειλάμην τῶν 2e x = PE / εἰ > 5 ; 2
συμφερόντων τοῦ un ἀναγγεῖλαι ὑμῖν καὶ διδάξαι ὑμᾶς δημοσίᾳ χαὶ χατ᾽ οἴχους;
ἀπὸ πρώτης ἡμέρας doit être joint à ce qui suit : πῶς ἀπὸ πρώτης ἡμέρας μεθ᾽ ὑμῶν... ἐγενόμην, mais peut se rattacher aussi partiellement ἃ ἐπίστασθε. — ἀφ᾽ ἧς ἐπέδην, aoriste second de ἐπιδαίνω, entrer avec l’accusatif de lieu, dans le même sens avec le datif de lieu, xxv, 1; ailleurs, xx1, 2; xxvni, 2, il signifie monter sur, et xx1, 4, monter vers. — Après ᾿Ασίαν D ajoute ὡς τριετίαν ἣ χαὶ πλεῖον, quasi triennium et amplius ἃ; τριετία est ici seulement et xx, 31. Cette addition provient probablement de ce dernier ÿ, mais elle indique que le séjour de Paul à Éphèse dura plus de trois ans, ce qui ne répond pas à ΧΙΧ, 8,
.10, mais il faut compter pour ce calcul de D à partir du premier voyage de Paul à
Éphèse; computatur tempus inde a primo adventu (χυπι, 19), απὸ πρώτης ἡμέρας κτε., quamvis brevi post P. rursus abiisset et post complures demum menses redisset. Ita usque ad discessum postremum {xx, 1) vel tres anni fiunt vel etiam paullo plus. Ν. δὰ xvur, 21. χιχ, 21, Brass. :
D’après D, ἀπὸ πρώτης ἡμέρας est joint à ὡς à. Il y eut donc trois ans et plus en y ajoutant les quelques mois d'absence entre les deux séjours à Éphèse. Sur cette question, cf. Ζῆν, p. 718 5. — πῶς μεθ᾽ ὑμῶν τὸν πάντα χρόνον ἐγενόμην : Bethgen fait remarquer que cette phrase exprime une association intime de Paul avec les presbytres d'Éphèse, μεθ᾽ ὑμῶν est plus expressif que σύν d'emploi moins classique. — τόν devant πάντα est exceptionnel et se retrouve dans Gal. v,14; 1 Tim. 1, 16. — D au lieu de πῶς a ποταπῶς, en quelle façon; quemadmodum d.
ΟΥ̓ 19) δουλεύων τῷ Κυρίῳ : expression familière à Paul, employée 6 fois dans les
- épîtres pour exprimer le service envers Dieu ou le Seigneur Jésus-Christ, Rom. χα, 11;
XIV, 18; χνι, 18; Eph. vi, 7; Col. nr, 24; I Thess. 1, 9; Paul est le δοῦλος de Dieu, Rom. 1,1; Gal. 1, 10; Philip. 1, 1; Tüte, 1, 1 c’est-à-dire serviteur, l’esclave de Dieu
ou de Jésus-Christ; il s’est déclaré le serviteur de Dieu, et il recommande aux Corin-. . thiens de ne pas être des esclaves, δοῦλοι, mais des hommes, I Cor. vir, 28.
μετὰ πάσης ταπεινοφροσύνης est d'emploi fréquent dans Paul, cf. Eph, 1, 3, 8; 1v, 2; vi, 18; IT Cor. xu, 12; 1 Tim. 11, 4, etc. ταπεινοφροσύνη, terme éminemment paulinien, Ep. IV, 2; Philip. πι, 3; Col. n, 18, 23; 11, 12 pour exprimer l’humilité, c’est-à-dire 16 sentiment intérieur d’abaissement volontaire, sentiment qui peut s'exprimer extérieurement. Paul fait souvent allusion à son humilité, Æph. 1v, 2; etc. Le terme n’est pas employé par les classiques ni par les Septante. Le christianisme a exalté la vertu d'humilité qui était méprisée par le païen cultivé. Jésus le premier avait dit : Je suis
doux et humble de cœur, Me. x1, 29. Il a pratiqué l’humilité jusqu'à ses extrémités
lorsque, étant en forme de Dieu, il ἃ pris la forme de l’esclave : ὃς ἐν μορφῇ Θεοῦ ὑπάρχων... ἑαυτὸν ἐχένωσεν μορφὴν δούλου λαθών, Philip. τι, 5.
χαὶ δακρύων ; οἵ, xx, 81; IT Cor., τι, 4; Philip., im, 18. L'article omis devant le nom est reporté sur le participe συμόάντων. Paul n’a jamais dans ses épîtres posé pour un stoïque que ne touchait pas le sentiment humain. Il était ému par les souffrances de ses frères; il ne pratiquait pas 1᾿ ἀπάθεια stoïcienne; il versait des larmes à cause des épreuves qu'il avait à supporter, de l'inquiétude et de l’anxiété au sujet de son trou-
peau, mais aussi à cause des souffrances qui atteignaient ses disciples. Il était accablé
d'angoisse à cause de ses frères et du monde το ἔπασχε γὰρ ὑπὲρ τῶν ἀπολλυμένων, Carys. Avant δακρύων, CHLP 58 614 et d’autres minuscules mettent πολλῶν suggéré
probablement par le ÿ 31.
où je suis entré en Asie, 19, servant le Seigneur en toute humilité, avec larmes et parmi les épreuves qui me sont survenues par les embüches des Juifs, 20, [vous savez] comment je n'ai rien omis de ce qui [vous] était utile, vous prèchant et vous enseignant en public et dans les maisons, 21, rendant témoignage aux Juifs et aux Grecs de la repentance envers
χαὶ πειρασμῶν, épreuves, persécutions; Paul ἃ employé la même expression 1 Cor. X, 18; Gal. 11, 14; I T'ém. γι, 9. — ἐν ταῖς ἐπιδουλαῖς : ἐν est ici causal et instrumental; ἐπιδουλαῖς, seulement dans les Actes, 1x, 24; xx, 3, 19; xx, 30; il n’est pas dans les écrivains classiques, mais se trouve dans les Septante et dans Dioscorides. — τῶν Ἰουδαίων : Paul parle de toutes les embûches que lui ont tendues les Juifs: il est probable qu’il en ἃ eu à supporter de la part des Juifs d’Éphèse, bien qu'il n'en soit : pas question au chapitre xx. Il est certain d’ailleurs que les Juifs d'Éphèse ont été passionnément hostiles à Paul et à sa prédication, χιχ, 9, et ce sont des Juifs d'Asie qui se jetteront sur Paul dans le temple de Jérusalem, xx1, 27. L’Apôtre s’est plaint plusieurs fois des embûches et des persécutions des Juifs, Gal. v, 12; Philip. mn, 2; 1 Thess. 11, 14-16; cf. Rom. xv, 31. — Malgré ces difficultés Paul s’est acquitté de sa mission sans faiblir.
Ÿ 20) ἐπίστασθε, vous savez sous-entendu, ὡς, comment, οὐδὲν ὑπεστειλάμην; aoriste moyen de ὑποστέλλω, restreindre, diminuer, amener ou carguer les voiles, s'emploie au moyen aussi en ce sens; au moyen, diminuer; avec l’accusatif reculer devant quelque chose, éviter, s'abstenir par crainte. Littéralement, je n’ai reculé en rien par crainte ou en considération de quelque chose pour vous déclarer ce qui vous était utile, ou bien je n’ai diminué rien de ce qui vous était utile, quomodo nihil subtraxerim utilium, Vlg. Dans lé premier cas, τοῦ μή est classique après ὑπεστειλάμην; dans le second, τοῦ μή équivaut à ὥστε μή. τοῦ, avec l'infinitif n'indique pas ici le but, mais est employé comme après les verbes d’empêchement au sens consécutif. D a supprimé μή devant ἀναγγεῖλαι, de sorte que τοῦ devant l’infinitif devient causal. — ὑποστέλλω se trouve dans les Septante et dans Gal. 11, 12. — La Vulgate traduit ce passage littéralement :- Quomodo nihil subtraxerim utilium, quominus annuntiarem vobis, et docerem vos publice et per domos : comment je ne vous ai soustrait rien des choses utiles, que je ne vous aie pas annoncé et ne vous aie pas enseigné publiquement et dans les maisons.
Il est possible que Paul ait employé ce terme au sens nautique de carguer les voiles : étant en voyage, cela n'aurait rien d’extraordinaire. Il aurait donc voulu dire : je n’ai pas cargué les voiles, c’est-à-dire, je n’ai pas diminué mes paroles. Mais ce sens métaphorique paraît un peu subtil, et cela d’autant plus que ce terme est aussi employé dans les questions militaires, Licmrroor, Gal. 11, 12. Cette affirmation de Paul est justifiée par II Cor. 1v, 2; Gal. 1, 10. — συμφερόντων, participe présent de συμφέρω, apporter ensemble; au sens intransitif, tourner à l’avantage de quelqu'un, être utile. Une
hrase analogue se retrouve dans Démosthène, 1, 16 : ὑποστείλασθαι περὶ ὧν ὑμῖν συμφέρειν γοῦμαι, — δημοσίᾳ χαὶ χατ’ οἴχους; l'Apôtre fait allusion ici à sa façon d’enseigner à Éphèse, publiquement dans la synagogue, ainsi que dans l'école de Tyrannos et en particulier dans les églises domestiques, par exemple, dans la maison d’Aquila et de Priscille, 1 Cor. xvi, 19.
ἡ 21) διαμαρτυρόμενος, mot employé par Luc et par Paul, cf. 11, 40; 9 fois dans les Actes et 4 fois dans Paul; testificans Vlg., rendre témoignage, impense adhortatus. Ἰουδαίοις τε καὶ Ἕλλησιν : expression paulinienne, Rom. 1, 16; π, 9, 10; πι, 9, 12;
su
τὸν Κύριον ἡμῶν Ἰησοῦν. 22. χαὶ νῦν ἰδοὺ δεδεμένος ἐγὼ τῷ Πνεύματι πορεύομαι εἷς Ἱερουσαλήμ, τὰ ἐν αὐτῇ συναντήσογτά ἐμοι μὴ εἰδώς, πλὴν ὅτι τὸ Πνεῦμα τὸ ἅγιον χατὰ πόλιν διαμαρτύρεταί mor λέγον ὅτι δεσμὰ χαὶ θλίψεις ue μένουσιν. 24. ἀλλ᾽ οὐδενὸς λόγου ποιοῦμαι τὴν ψυχήν τιμίαν ἐμαυτῷ ὡς τελειώσω τὸν δρόμον μου χαὶ τὴν διαχογίαν ἣν ἔλαθον παρὰ τοῦ Kupiou Ἰγσοῦ, διαμαρτύρασθαι τὸ εὐαγγέλιον τῆς
1 Cor. 1, 34. Paul prêche τὴν εἰς τὸν Θεὸν μετάνοιαν, la repentance envers Dieu, c'est-à-
dire qui est dirigée vers Dieu, parce que celui-ci a été spécialement offensé par le péché, Ps. ur, 4. On ne trouve nulle part dans le N. T. μετάνοια où μετανοέω, unis comme ici avec εἰς Θεόν. Cette expression peut être empruntée à Luc, x1, 32. — μετάνοια εἰς, dans le N. T.; est suivi d'ordinaire de ἄφεσιν ἁμαρτιῶν, Mo. 1, ἃ; Le, πι, 3, XxIV, 47, ou de εἰς ζωήν, Act. x1, 18 et II Tim. 11, 25. La pénitence est prêchée aux Juifs qui ont rejeté Dieu comme Messie, qu’ils devaient reconnaître; la foi en Jésus Messie leur est donc prêchée aussi. Aux Grecs, Paul a prêché tout à la fois la pénitence envers Dieu et la foi, la croyance envers Jésus. — τὴν εἰς τὸν Θεὸν μετάνοιαν καὶ πίστιν εἰς τὸν Ἰζύριον ἡμῶν Ἰησοῦν : c’est l'enseignement, l’exhortation de Notre-Seigneur aux foules ; μετανοεῖτε καὶ πιστεύετε ἐν τῷ εὐαγελίῳ, Me, τ, 15. Pierre avait prêché aussi la pénitence et la foi en
Jésus, τι, 38; 11, 16; Paul fait de même, x1v, 15; xvir, 80; xxvi, 20; 1 Thess, 1x, 10. On
peut dire que c’est l’enseignement apostolique. Après Ἰησοῦν, N À C ED Pesch. ajoutent Χριστόν, omis par BH LP 614 Vig. Sah. Harkl.
Gig. D change l’idée : καὶ πίστιν διὰ τοῦ Κυρίου ἡμῶν" Ἰησοῦ Χριστοῦ,
mt. EN DÉPIT DES ÉPREUVES QUI L’ATTENDENT, PAUL CONTINUERA SON VOYAGE, 22-35.
ἡ 22) καὶ νῦν ἰδού introduit vivement la situation future; même expression ἡ 25 et
τς ΧΠῚ, 11, aussi dans la bouche de Paul; ἰδοὺ νῦν, 2 fois dans Paul, II Cor. νι, 2. —
δεδεμένος ἐγώ, emphatique par sa position, τῷ πνεύματι; lié par l'esprit, en esprit, poussé
par l'Esprit, compulsus animo ut aliter facere non possim, Bzass; l'esprit pousse
Paul invinciblement, de telle sorte qu'il devient insensible au danger. Il n’agit pas par une résolution propre, volontaire, mais par une impulsion intérieure. — Preuschen relève que dans le Sylloge? de Dittenberger, 809, 14, δεδεμένος est employé au sens de lier d'une façon magique, mais cela ne prouve pas qu'il ait ici le même sens. — L'interprétation, se tenant déjà lié par l'esprit, en imagination, comme lié, paraît artificielle.
Le πνεῦμα, dont parle Paul ici, n’est pas le Saint-Esprit qui est mentionné, ÿ 23, mais cette partie supérieure de l’homme qui est sous l'influence de l'esprit de Dieu; Paul emploie fréquemment ce terme dans ce sens, Rom. 1, 9; var, 16; xu, 41; I Cor. τ, 11; v, 3, 4 etc. Chap. xx, 21 Paul avait résolu dans son esprit d'aller à Jérusalem; ici, il est poussé par l'esprit : il y ἃ en quelque sorte un progrès dans l'esprit de Paul. Oecumenius et Théophylacte joignent δεδεμένος à πορεύομαι : c'est dirigé par l'esprit que Paul va à Jérusalem. — τὰ συναντήσοντα, participe futur de suvayréw, se rencontrer ensemble; avec le datif, au figuré, arriver, survenir; mot dans Luc seulement et deux fois dans une citation, Æéb, vn, 2, 10. Cf. Simcox, The Language of the New Testament, p. 126, sur la rareté du participe futur dans le N. T. συναντήσοντα, au participe futur est, d’après lui, une exception à l'habitude des écrivains du N. T., de ne jamais mentionner des paroles ou des faits relatifs à des événements futurs.
Ÿ 23) πλὴν ὅτι, nisi quod Vlg.; praeter quam quod : expression ici seulement et dans Paul, Philip. 1, 88; sous-entendu εἰδώς, ne sachant qu'une chose si ce n’est que. κατὰ πόλιν : expression dans Luc et dans Paul: seul des évangélistes, Luc emploie κατά au sens distributif, et en ajoutant πόλις,
Dieu et de la foi en Notre-Seigneur Jésus. 22. Et maintenant voici que, lié par l'esprit, je vais à Jérusalem, ne sachant pas ce qui m'y arrivera: 23, si ce n’est que, de ville en 416 l’Esprit-Saint m'avertit, me disant que des liens et des tribulations m'attendent. 24. Mais je ne tiens en aucune façon que la vie me soit précieuse pourvu que j'’accomplisse ma course et le ministère que j'ai recu du Seigneur Jésus d'annoncer
Ce n'est pas par une révélation intérieure que Paul est averti par l’Esprit-Saint, mais par les avertissements de certaines personnes, puisqu'il ajoute de ville en ville. Luc n’a pas mentionné ces avertissements qui ont pu avoir lieu à Philippes, à Troas, à Assos; il relate seulement plus tard ceux des disciples de Tyr, xx1, 4, et ceux d'Agabos, xx1, 11. Luc n’a pas l’habitude de raconter tous les événements; il se borne à relever les plus caractéristiques. — δεσμὰ καὶ θλίψεις; cf. Le. vin, 29; Act. xvr, 26; Paul emploie ensemble ces deux termes, Philip. 1, 17; II Cor. 1, 8. — θλίψις désigne les tribulations qu’aura à souffrir l’Apôtre. μένουσιν, avec l’accusatif de la personne ici seulement et ÿ 5. Cf. Rom. xv, 30.
Υ 24) Au sujet du commencement de ce ÿ, Wordsworth, White émettent les réflexions :
suivantes : Textus graecus corruptus videtur ex glossa illata; fuit prima fortasse oùdevos λόγου ποιοῦμαι τὴν ψυχὴν μου, cui adscripta est glossa τιμίαν ἐμαυτῷ ἔχω quae variis modis interposita lectionis varietatem protulit; contra Blass (p. 220) indicat longiorem lectionem veram esse; optimorum librorum lectio pro male mutilata habenda est, cum praesertim de vitae ipsius discrimine in ÿ 23 nihildum dictum sit.
La construction est en effet difficile et présente des leçons assez divergentes : 10 οὐδενὸς λόγου ποιοῦμαι τὴν ψυχὴν τιμίαν ἐμαυτῷ, N BC D? Sah. Boh. Pesch. Arm. Orig. : sed pro nichilo estimo animam meam esse caram michi, Gig. Luc. Cagl. Je n’estime en aucune façon que ma vie me soit précieuse — Nullatenus existimo vitam meam preciosam mihi, Cas. San. Patr. Fer. Kwas. — Je ne tiens sous aucun rapport ma vie pour plus chère, Arm. — Anima mihi non est reputata, Pesch. ποιοῦμαι, au moyen signifie faire pour soi, estimer, regarder comme; λόγος peut signifier égard, cas, estime. Donc, je ne fais aucun cas ou je n'ai aucune estime; mais il est plus simple de donner à λόγος le sens assez ordinaire de chose, et traduire : je ne fais en aucune chose la vie précieuse à moi-même, c’est-à-dire, je ne tiens en rien ma vie pour précieuse. ποιεῖσθαι est ici au sens de habere. τιμίαν est pléonastique et emphatique. — 2° οὐδενὸς λόγου ποιοῦμαι, οὐδὲ ἔχω τὴν ψυχήν μου τιμίαν ἐμαυτῷ : EH LP Chrys. Sed nihil horum vereor
nec facio animam meam preciosiorem quam me, Vlg. « Nec facio (non duco) animam
meam (vitam corporalem) pretiosiorem quam me, quam me totum, quam animam immortalem seu salutem aeternam ; aliis verbis : pereat corpus, modo ipse salvus fiam. » CamerLynex. Cette interprétation a été supprimée dans la 79 édition. — Ce passage : Je ne tiens pas ma vie plus précieuse que moi-même, est difficile à comprendre; il est probable que le copiste a mal lu le texte et l’a corrigé à tort. Au lieu de ἐμαυτῷ il aura lu ἐμαυτοῦ, génitif qui demande un adjectif antécédent au comparatif; il aura done Supposé τιμιωτέραν AU lieu de τιμίαν et traduit : animam meam pretiosiorem quam me,
Aucun manuscrit grec n’a cette leçon. — 3° οὐδενὸς λόγου ἐ ἔχω οὐδὲ ποιοῦμαι τὴν ψυχήν pou
τιμίαν ἐμαυτῷ : * AD* 13 14 43 68 : mais je π᾿ αἱ égard à rien, je ne me fais pas la vie précieuse.
‘Le texte de D ajoute μοι après ἔχω et μου après ψυχήν. Le texte latin ἃ a : sed nihi.
horum cura est mihi, neque habeo ipsam animam curam mihi. La première leçon est la mieux soutenue au point de vue critique ainsi que pour le sens : les autres paraissent être une explication ou un développement, — ὡς τελειώσω : ACTES DES APOTRES. 39
RS Eater ΤΡ ΠῚ a Ps ee
χάριτος τοῦ. Θεοῦ. 25. nal: νῦν ἰδοὺ ἐγὼ. οἶδα' ὅτι. οὐκέτι ὄψεσθε τὸ; πρόσωπόν; Lou ὑμεῖς
&s.avec.le subjonctif, ne 56: trouve qu'ici au' sens: final : afin que, pourvu que j’accomplisse ma course, je tiens la vie pour rien ; aussi Blass propose avec E 614. de lire ὥστε; le τε ayant été supprimé devant,.celui de τελειώσω. — τελειοῦν, plusieurs fois dans le N.T., hellénistique pour τελεῖν, classique, Hom, — D ἃ τοῦ τελειῶσαι, infinitif de but, quam consummare ἃ; le seul passage du N. T, où ὡς est employé au sens final. Après τὸν δρόμον μου, ECH LP Harkl, ajoutent μετὰ χαρᾶς, avec joie. Cette proposition: est de. phraséologie paulinienne, Gal. 11, 2; 1 Cor.1ix, 24; Philip. πὶ, 125: IT Tim: 1v, 7. — τὴν διακονίαν, souvent, chez Paul pour désigner son office, Rom. x1, 13. — ἣν; ἔλαδον παρὰ. τοῦ Κυρίου Ἰησοῦ : Paul à toujours:revendiqué qu'il avait, reçu: directement de Jésus-Christ, I Cor. 1,47; 1x, 14; Gal, 1, 12, l'apostolat, la fonction de rendre témoignage à l'Évangile de la grâce. Et son enéeignement 8: toujours insisté sur la gratuité del’ Évangile ; l'homme n’est, pas. sauvé par ses. propres: œuvres, mais: par le: don gracieux de Dieu. — ütæμαρτύρασθαι τὸ εὐαγγέλιον. τῆς χάριτος τοῦ Θεοῦ. définit en quoï consiste l'office: de: Paul : l'infinitif peut dépendre de l’idée d’un verbe contenu dans le:nom ou être: simplement épexégétique. Paul attestait à tous l'Évangile de la grâce de Dieu, χιν, 3; Gal. 1, 6; Tite, τι, 1. Ces: paroles nous rappellent ce qu'il écrivait à som disoïple Timothée : Ῥὸν χαλὸν ἀγῶνα: ἠγόνισμαι,. τὸν δρόμον. τετέλεχκα,. τὴν; πίστιν τετήρηκα, II Tim: 1v, 7 et aussi Philip. ΕΗ 17.
Υ. 25) καὶ νῦν, àjoindreànposéyere, Υ.28:::οἵ, ÿ 22.. ἐγῶ οἴδα:: ἐγώ est emphatique. Paul. veut insister sur ce qu’il prévoit, sur les pressentiments, qu’il a.. C’est lui qui sait par ses vues personnelles sur l’avenir et non, par inspiration ou révélation divine. οἶδα, seio :
par une persuasion basée:sur les possibilités humaines il sait que: les, Éphésiens ne le verront plus. ofù« n'implique pas, une révélation, puisque, l'Apôtre: emploie, le, même verbe, ÿ 22, pour affirmer. qu’il ne, sait pas ce qui lui arrivera, sauf ce dont l’Esprit- Saint l'avertit de ville en, ville, Paul dira: lui-même aux Philippiens, 1,25 qu'il sait d'une conviction. certaine, πεποιθῶς οἶδα, qu’il restera: leur. soutien et leur guide: Parlant au roi, Agrippa,. xxvi, 27, il lui, dira. aussi: οἶδα. ὅτι πιστεύεις, Paul n’emploie donc: pas ce terme, pour signifier une révélation, qu'il. aurait reçue ; cf. ZaBn,.1,, 486, — ὅτι οὐχέτι ὄψεσθε τὸ πρόσωπόν. pou, ὑμεῖς,, — οὐχ ἔτι, amplius, ne. plus, ou non davantage; jamais de: nouveau; βλέπειν, πρόσωπόν, uvos,, Col. m1, 4; 1 Thess. τι, 17, est un hébraïsme, IL. Sam... 1v,. 24. L'Apôtre affirme. donc qu’il, ne, retournera. plus. à Ephèse. L'expérience, qu'il avait. déjà eue des embüches et des persécutions. des Juifs, les dangers qui. l'attendaient, à Jérusalem, car il savait bien, que la haine des Juifs ne. désarmait, pas. Rom. xv,, 34,, tout lui faisait prévoir sa mort imminente, Et: d’ailleurs, s’il échappait à ses ernemis,, il avait l'intention, après. son, séjour à Jérusalem. de:partir pour Rome, et de
là d'aller. en. Espagne;, Rom: xy,.28,, où à travers l'Italie, la, Gaule, et: l'Espagne. il aurait.
un long ministère, à exercer: Ceci suffit poux nous.expliquer qu'ilne pensait pas revoir les. Éphésiens. D’ ailleurs, est-il. certain, qu après. Sa. libération, Paul.a visité: Éphèse.? C’est, vraisemblable, mais non certain. Son. séjour, à Éphèse. semble indiqué: par. ces paroles. à Timothée: Ainsi, je: t’ai prié de rester à Éphèse,, m'en.allant. en, Macédoine, L Tim. 1, 3.. Le voyage: de Paul, en Orient, ressort, de. divers passages de:ses; dernières épitres, 1 Tim 1,851, 44519, 181; 11. Tôm1,,18 ; 1v5,,18;, 20. IL: dirai même à Philémon: de
Colosse de lui préparer un logement, Philém., 22 et Philip. τ, 26; τι, 24, il espère revoir:
ses:chers Philippiens: Gamerlynck,. p: 339, démontre comment. cette manière: de:parler
de Paul, ÿ 25, ne porte pas:atteinte. à, l'infaillibilité: apostolique: de, celui: cb ni à l'inspis
ration des: Actes:,
Ges: paroles. de: l'Apôtre:: ὅτιι οὐκέτι ὄψϑαθε,... prouvent: nettement, l'ancienneté de: ἰδ;
l'Évangile de la grâce de Dieu. 25. Et voici, maintenant, [que] je sais que vous ne verrez plus mon visage, vous tous parmi lesquels j'ai passé en préchant le royaume de Dieu. 26. C’est pourquoi je vous atteste aujourd’hui que
composition des Actes. — ὑμεῖς πάντες, renvoyé à la fin de la phrase est emphatique, à moins que ces mots n’aientété placés là en union avec ἐν οἷς διῆλθον χηρύσσων τὴν βασιλείαν, διῆλθον indique un voyage de missionnaire, cf. I Cor. xvi, 3. Paul avait évangélisé le peuple tout autour d’Éphèse etles anciens des communautés, qu’ilavait fondées dans ces voyages, étaient rassemblés autour de lui. — χηρύσσων τὴν βασιλείαν : Notre-Seigneur a prêché le royaume de Dieu, Le. vu, 1 et il ἃ envoyé ses apôtres prêcher ce royaume, Le. 1x, 2. Paul devait lui aussi prêcher le royaume de Dieu. Dans ses épîtres il annonce la. venue du royaume de Dieu, sa pleine réalisation dans l’avenir, 1 Thess. τ, 12; IL Tim. 1v, 18; déjà dans son premier voyage missionnaire il parle du royaume de Dieu, où nous devons, entrer, xiv, 22. Dans sa première épître aux Thessaloniciens, 11, 9 et HI Tom. τ, 11; 1v, 47, il dit qu’il a été le héraut, le prédicateur de La parole. de Dieu. — Après βασιλείαν E H P L 614 Vlg Pesch. ajoutent τοὺ Θεοῦ, omis par N ABC . Harkl. : Dd τὸυ Ἰησοῦ, expression inusitée dans les Actes; Gigas, Jesu Christi.
111. PAUL DÉCLARE QU'IL ἃ ÉTÉ ΝΕ INTÉGRITÉ PARFAITE ET QU'IL A REMPLI SON DEVOIR, 26, 27.
Υ 26) Διότι, terme employé seulement par Luc, 3 fois dans son évangile, 5 fois dans les Actes, dans des passages pauliniens et 9 ou 10 fois dans Paul. — διότι, c'est pourquoi, mis pour à ὅτι, leçon de NA BE P, au lieu de διό, G H L 51 614 Pesch. Harkl, qui a le sens de donc; testificor igitur vobis, IRÉNÉE, πὶ, 14, 2; les deux conjonctions ont à peu près la même signification. Elles sont interchangeables chez les classiques, HéroDore, 11, 50. ἔ
Sur le point de quitter les Ephésiens qu’il avait convertis et dont il avait gouverné les communautés, Paul parle de sa conduite envers eux, il leur rend des comptes. μαρτύρομαι duty, per Deum affirmo, Bzass. 2 fois dans les Actes et se rapportant à Paul: 3 foïs dans Paul; indicatif présent moyen de μαρτύρομαι, prendre à témoin avec l’accusatif; avec le datif de la personne il signifie déclarer à, cf. Licarroor, Gal. v, 3: attester comme un témoin, Æphés. 1v, 17. εἰμι aurait pu être supprimé; il renforce l'expression. ἐν τῇ σήμερον ἡμέρᾳ — σήμερον, redoublement de ἡμέρᾳ, signifie en ce jour même de mon départ, 2 fois dans Paul. Hoc magnum declarandi vim habet, BenceL. — Au lieu de ἐν D* ἃ ἄχρι (obv?) τῆς σήμερον ἡμέρας καθαρός εἶμι : ce qui change le sens de la phrase.
καθαρός εἶμι ἀπό : cf. Mt. xxvu, 24. « Paul, dit saint Chrysostome, établit qu'il n’a rien à se reprocher. Sur leurs épaules va retomber tout 16 fardeau; pour qu’ils n’en soient pas trop effrayés, il leur dit : « Bt maïntenant je sais que vous ne verrez plus mon visage. » Après quoi il ajoute : « Je suis innocent du sang de vous tous. » Un double regret leur était réservé, celui de ne plus voir son visage, celui d’être tous condamnés à ce sacrifice. « Vous ne verrez plus mon visage, vous tous au milieu desquels j'ai passé prêchant le royaume de Dieu. » Je vous prends donc tous à témoin, moi que que vous ne verrez plus désormais, « que je suis innocent du,sang de vous. tous; car je n'ai point manqué de vous annoncer tous les conseils de Dieu ». 1] jette par ces paroles l'angoisse: dans leurs âmes déjà bien affligées, bien contristées; il leur. porte le dernier coup. Sans doute, il était nécessaire de le faire. « Car je n’ai point manqué de vous annoncer tous les conseils de Dieu. » Conséquemment, celui qui ne les annonce pas est responsable du sang de son semblable ; c'est donc un meurtrier. Quelle effrayante perspective! être coupable d'homicide, si l’on ἃ manqué à ce devoir !
et A > LME - el 1 » L \ e 7 - ᾿ ἡμέρᾳ ὅτι χαθαρός εἰμι ἀπὸ τοῦ αἵματος πάντων. 27. οὐ γὰρ ὑπεστειλάμιην τοῦ μὴ ἀναγγεῖλαι πᾶσαν τὴν βουλὴν τοῦ Θεοῦ ὑμῖν. 28. προσέχετε ἑαυτοῖς χαὶ παντὶ τῷ «τ άρτα x - SPL TA D =
Ainsi tout en paraissant plaider sa cause, il les pénètre d’épouvante. » Traduction de J. BARGILLE, xv, 304.
ἡ 27) οὐ γὰρ ὑπεστειλάμην; Cf. Υ 20; τὴν βουλὴν τοῦ Θεοῦ, le dessein, le plan de Dieu. — L'épître aux Éphésiens est un excellent commentaire à ce ÿ, où le dessein de Dieu, s’achevant par la fondation de l'Église — un Seigneur, une foi, un baptême, est complétement établi. — Paul a divulgué aux Éphésiens le dessein de Dieu pour la rédemption de l’homme. ὑμῖν, à la fin de la phrase est emphatique; Paul veut faire ressortir que la communication leur a été faite à eux, les anciens de la communauté, tout d’abord, mais pour être transmise ensuite à tous les fidèles. — Au lieu de ὑπεστειλάμην, Gigas et Lucifer ont, et non intermisi (pretermisi, Lucif.) praedicando omnem volunta-
ἿΣ tem Dei.
IV. ÎL RECOMMANDE LEUR TROUPEAU AUX PRESBYTRES ET LES EXHORTE À LA FIDÉLITÉ, 28-34.
ÿ 28) Après cette protestation solennelle par laquelle se termine le rappel que Paul fait de son désintéressement, il en vient aux avis qu’il a à donner aux presbytres rassemblés autour de lui. — προσέχετε, asyndète qui est évitée par l’addition de οὖν, GEALP. impératif de προσέχω, appliquer son esprit, être attentif, prendre garde à; I Tim. 1v, 16; Le. xvur, 8; Χχι, 84; Act. ν, 35; vin, 6 et dans les Septante avec ἐμαυτῷ,
Gen. xxiv, 6; Ex. x, 28; Deut. 1v, 9. ἑαυτοῖς : Paul recommande aux presbytres de prendre garde à eux-mêmes tout d'abord, de se surveiller, par conséquent de travailler à leur propre salut; il faut craindre, comme 1] le-dira plus tard aux Corinthiens, 1 Cor. 1x, 27 d’être réprouvé après avoir prêché aux autres, mais comme dira saint Chrysostome, Hom. xLiv, 2; ταῦτα λέγει, οὐκ ἐπειδὴ προτιμοτέρα ἣ ἡμετέρα σωτηρία τοῦ ποιμνίου, ἀλλ᾽ ἐπειδὴ, ὅταν ἑαυτοῖς προσέχωμεν, τότε al τὸ ποίωνιον χερδαίνει, — παντὶ τῷ ποιμνίῳ; à tout
le troupeau. La communauté des fidèles comparée à un troupeau est une allégorie familière aux écrivains du N. T., Mt. 1x, 86; Le. xu, 32; Jn. x, 11, 16; 1 Pr. v, 2, ainsi qu’à ceux de l'A. T., Ps. xx, 1; Lxxvin, 18; XCIV, 7; xcix, 8; Æz. χχχιν, 5; Mich. vu, 14, et aux écrivains ecclésiastiques, saint Chrysostome, etc. Déjà Notre-Seigneur avait parlé du bon Pasteur, c'est-à-dire lui-même, qui fait paître son troupeau, son
Église; cf. π., x, passim. Paul n'a employé cette métaphore qu'une fois lorsqu'il.
parlera aux Éphésiens 1v, 11, des apôtres, des prophètes et aussi des pasteurs. — ἐν &, dans lequel, ou mieux sur lequel l'Esprit-Saint vous a établis évêques. ὑμᾶς est emphatique. τὸ Πνεῦμα τὸ ἅγιον ἔθετο : le Saint-Esprit a établi les pasteurs; cf. I Cor. χιι, 28; 1 Tim.1, 12; πι, 7; I Tim.1, 12. Le Saint-Esprit les ἃ établis évêques, et ils ont été ordonnés dans cette charge par l'imposition des mains des apôtres, probablement par l'apôtre Paul. |
ἔθετο, aoriste 2 moyen de τίθημι, poser, placer, mettre à une place; le moyen indique que le Saint-Esprit les a constitués pour lui-même, pour son service.
ἐπισχόπους : ce terme, 5 fois dans le N. T., est appliqué une fois à Notre-Seigneur
᾿ qui est appelé dans la première épitre de Pierre, 11, 25, τὸν ποιμένα καὶ ἐπίσχοπον de nos
âmes, cf. Sag. 1, 4; il est 4 fois appliqué aux chefs de la communauté chrétienne, ici et I Züm. πιι, 2; Philip, 1, 1; Tüe 1, 7. Il est souvent dans les Septante et chez les
écrivains classiques.
D'après l’étymologie, ὁ ἐπίσχοπος, c'est le gardien, l'inspecteur, l’intendant; c’est dans
je suis pur du sang de vous tous, 27, car je n’ai point évité de vous
annoncer tout le dessein de Dieu. 28. Prenez garde à vous-mêmes et à
tout le Houpenu dans [800] lequel l'Esprit-Saint vous ἃ établis évêques, pour paître l’Église de Dieu, qu'il s’est aquise par son propre sang.
ce sens que l'ont employé les écrivains classiques, Homère, Platon, Plutarque. Chez les Athéniens, 1᾿ ἐπίσχοπος était le commissaire, chargé d'établir une colonie nouvelle. On retrouve ce titre, porté en d’autres pays par divers fonctionnaires, ARRIAN, /nd. ΧΙ, 5; APPIAN, Mithr., &8. D’après Deissmann, Neue Bibl, St. p. 57, les ἐπίσχοποι sont à Rhodes des officiers communaux, dont 6n ne peut déterminer les fonctions; cf. IMAe 49; ils remplissaient un office religieux dans le temple d’Apollon à Rhodes; cf. IMA ὁ 731. Les différents Corpus d’Inscriptions grecques l’ont plusieurs fois relevé. Dans une inscription publiée par Wescher (Revue arch., xin, p. 246) l’Erloxonos paraît désigner l'administrateur d’une confraternité. Dans plusieurs inscriptions trouvées dans le Haurân l’ërloxoros est l’économe d’un temple, Porter : 7ransact. of the Royal Society of Literature, 2 série, t. V, p. 248; Waermsrein : Abhandl. der Berlin. Akad., 1863, n° 47; Le Bas Er WappiNGTon, n° 1990. Dans les Septante le terme est employé pour désigner des gardiens, des inspecteurs, des intendants, II Rois, x1, 19; II Chron., xxxIv, 12, 17; Isaïe, 1x, 17, ou des capitaines, des présidents, Néhémie, xt, 9, 14, 22:1 Macc,, τ, 51; JosèPHE, Ant. jud., xu, 5, 4.
On s’explique donc très facilement que, surtout dans les communautés chrétiennes, issues du paganisme, ceux qui étaient chargés de diriger les frères, de les surveiller, en un mot, pour employer les paroles de saint Paul, de faire paître le troupeau du Seigneur, ceux-ci aient reçu le titre de ἐπίσκοποι. Le grand Apôtre s'adressant aux πρεσθύτεροι d’ Éphèse, leur rappelle que le Saint-Esprit les a placés sur tout leur troupeau comme ἐπίσχοποι, pour faire paître l’ Église de Dieu, Act., xx, 28. |
Du fait que les administrateurs des finances des associations païennes étaient appelés ἐπίσχοποι dn en a conclu à tort que 1 ἐπίσκοπος primitif était un fonctionnaire chargé de l'administration des biens de la communauté; il était plutôt, ainsi qu'il ressoit de notre texte et de la Didachè, chargé des intérêts spirituels des frères : il devait veiller au salut du troupeau, le défendre contre les loups ravisseurs et contre les propagateurs de fausses doctrines, ÿ 25. Les ἐπίσκοποι remplissent le même ministère que les prophètes et les docteurs, un ministère de prédication et d'enseignement, Did. xv, 1.
Il ressort nettement du ÿ 28 des Actes que les titres ἐπίσχοπος et πρεσδύτερος désignent le même personnage : les presbytres auxquels Paul s'adresse ont été établis évêques par le Saint-Esprit. Dans les épîtres pastorales il en est de même. Paul dans son épître à Tite 1, 5, ordonne à son disciple d'établir dans chaque ville des πρεσθύτεροι, de les choisir sans reproche, mari, d'une seule femme, ayant des enfants croyants. car un ἐπίσχοπος doit être sans reproche! Dans les mêmes épiîtres l’xioxoxos et le πρεσδύr:p0< doivent posséder les mêmes qualités, 1 Tüm. nr, 2; Tite, 1, 7. Ces termes ne semblent pas encore différenciés chez les premiers Pères apostoliques. Clément de Rome, fin du re siècle, dans son épître aux Corinthiens, xuiv, 4 et 5, substitue ces deux termes l’un à l’autre; il est aisé de reconnaître la même indétermination dans son vocabulaire que dans celui des Actes ou des épitres de Paul. Saint Jérôme affirme nettement la synonymie de ces termes : Idem est ergo presbyter qui et episcopus, in Titum, 1, 5. Il en est de même de saint Chrysostome, Hom. IT in Philip., de Théodoret in ΠΣ ΡΣ 1, 1, de l'Ambrosiaster, in Ephes. 1v, 11 : Primi presbyteri episcopi
appellabantur.
Au commencement du τι siècle la distinction commence à s'établir entre les deux
fe AC | Υ : ἮΝ 614 ACTES DES APOTRES, XX, 28-29,
TR A τ ἔτ τὰ ET À
Θεοῦ, ἣν περιεποιήσατο διὰ τοῦ αἵματος τοῦ ἰδίου. 29, ἐγὼ οἶδα ὅτι εἰσελεύσονται WE TE
termes : « Je vous exhorte, dit saint Ignace d’Antioche aux Magnésiens, vi, 4 de faire toutes vos actions en union avec Dieu; 1 ἐπίσχοπος présidant à la place de Dieu, les πρεσθύτεροι à la place du sénat apostolique etles diacres. » Le terme ἐπίσχοπος commençait donc à cette époque à se spécialiser, ἃ être employé pour désignerl’ordresupérieur, etle terme πρεσθύτερος ἃ être réservé à l’ordre inférieur. « Il n’y a, dit encore saint Ignace aux Philadelphiens, 1v, qu'un autel, comme il n'y a qu’un seul évêque avec le presbyterilum et les diacres, » Sa doctrine peut se résumer en ces termes : « Les fidèles. sont gouvernés par une hiérarchie à trois termes, les diacres, les presbytres, l'évêque. L'évêque est le chef unique aussi bien des fidèles que des diacres ou du presbyterium », BATIrroL, L'Église naissante, Repue biblique, 1895, p. 476,
Camerlynck discute la question du rapport de 1᾿ἐπίσχοπος au πρεσδύτερος, et est d'avis que tous les deux désignent presque le même personnage, un sacerdos secundi ordinis,
et non l'évêque, tel que nous l'entendons aujourd'hui; cf. Micmiezs, L'Origine de l'Episcopat, Louvain, 1900.
À la fin du n° siècle saïintIrénée, σἂν. Haer. πι, 14, distingue nettement les ἐπίσχοποι et les πρεσδύτεροι, car ilaffirme que : In Mileto enim {convocatis episcopis et presbyteris, qui erant ab Epheso et a reliquis proximis ccivitatibus. 11 a attribué l'usage de son temps au temps de Paul.
ποιμαίνειν signifie faire paître (au lieu de βόσκειν nourrir) ; au figuré, diriger, conduire : le sens est donc ici régir, gouverner. De même, Notre-Seigneur avait dit à Pierre, Jn, xx1, 16 ποίμαινε τὰ προδάτιά μου. Pierre dira aussi aux presbytres, I, v, 2 : ποιμάνατε τὸ ἐν υμῖν ποίμνιον τοῦ Θεοῦ,
τὴν ἐχχλησίαν, c'est-à-dire l'Église universelle ou toute l'Église chrétienne, «et non ssinplement l’église d'Éphèse. - τὴν ἐχχλησίαν τοῦ 0605, l'Église de Dieu, laquelle celui-ci, περιποιήτατο, s'est acquise, διὰ τοῦ αἵματος τοῦ ἰδίου par son propre sang. Or, celui qui ἃ wersé son sang pour acquérir l’Église de Dieu, c’est Jésus-Christ; donc Jésus-Christ est Dieu. Jésus-Christ a acquis l'Eglise par son sang, versé pour la rémission des péchés, Mi. χχνι, 20; Le, xx, 20; il a acheté les siens à grand prix, I Cor. wi, 20; vu, 23, car nous avons été rachetés par le sang du Christ, agneau immaculé, I Pr.1, 49; Ep. 4, 7; 11, 13; Col. τ, 14, etc. L’argument repose tout entier sur 18 leçon τὴν éxxAnsiav τοῦ Θεοῦ, que soutiennent NX B Pesch. Philox Vig. 58 614, tandis que nous avons la leçon ἐκκλησίαν τοῦ Κυρίου, dans À C* DEdeg Sah. Harkl. Mg. Irén. Jér. Aug. Le sens est changé : C'est l'Église du Seigneur, c’est-à-dire de Jésus-Christ que celui-ci, Jésus- ‘Christ, a acquise par son propre sang. La divinité de Jésus-Christ est moïns nettement ‘affirmée.
Quelle est de ces deux leçons celle que nous devons adopter? La première est bien “appuyée au point de vue textuel par les manuscrits les meilleurs et les plus anciens; ‘lle a pour elle l'évidence interne : elle est des deux la plus difficile, et la seconde paraît être une correction de la première. On ἃ substitué Κυρίου à Θεοῦ pour éviter de parler du sang de Dieu: On ne comprenait pas que Paul aït pu exprimer ‘une idée aussi audacieuse. Mais on retrouve cette idée chez les écrivains ecclésiastiques : Ignace d’Antioche, Éphés. 1, 1 : ἀναζωπυρήσαντες ἐν ἀΐματι Θεοῦ. — Tertullien, ad Uxor., πι, 3, Pretio empti, et quali pretio? Sanguine Dei. — Cette expression pourrait s’expli- -Quer par la communicatio idiomatum, comme une suite de l'union hypostatique; cf. Taowas D'Aquix, Sum. Th. III P. Quaest., 16.— Signalons cependant que saint Athanase dans son traité contre Apollinaire, 1, 758, fait remarquer que l'expression, αἵμα Θεοῦ ne se trouve pas dans les Écritures. Enfin Paul ἃ employé 11 fois l'expression ἐχκλησία τοῦ Θεοῦ, 1 Cor. 1, 2x, 82: x1, 16, 24; x1v, 4; xv, 9; 11 Cor. 1, 1; Θαΐ. αι, 43; Philip. in, 6;
ACTES DES APOTRES, XX, 28-29. ες 615
29. Moi, je sais qu'après mon départ il entrera -chez vous des loups pesants
1 Thess. un, 14,-etc., et une fois seulement, Rom. ‘xvr, 16, celle de ἐχκλησίαι τοῦ Χριστοῦ,
et jamais œelle de ἐχχλῃσία τοῦ Κυρίου. — D'ailleurs Paul a souvent très clairement affirmé la divinité de J.-C., Rom. 1, 4; 1x, 5; χ, 18; IT Cor. vin, 9; Gal. 1, 1: Phil. πὶ, 6: Col, τ, 15; 11, 9, etc. -
La deuxième leçon a pour elle d'être on Soutenue au point de vue textuel, mais elle paraît ‘trop être ‘une correction de la première, et ‘on ‘ne peut comprendre comment de cette seconde leçon on ‘serait arrivé à la première, tandis qu'il est facile de voir comment la seconde leçon est une correction de la première. Il est vrai que les copistes du N. T. ont quelquefois interchangé Θεός et K$pros, maïs jamais on ne trouve dans ce livre l’expression de ἐκχλησία τοῦ Ἰζυρίου. D'ailleurs, les manuscrits présentent d’autres leçons, peu‘appuyées, il'est vrai :ἐχχλησία τοῦ Ἰζυρίου καὶ Θεοῦ -— ἐκ. Ἰζυρίου Θεοῦ — ἐκ, Θεοῦ καὶ Κυρίου --- ἐκ Χριστόῦ, qui sont certainement des corrections ou des agglomérations des deux premières leçons.
Nous adoptons donc la première leçon, laquelle affirme nettement la divinité de Jésus-Christ.
Wendt a essayé de résoudre la difficulté en proposant d'ajouter υἱοῦ à τοῦ ἰδίου, et: de traduire : l’Église de Dieu que celui-ci s’est acquise par le sang de son propre fils. — D'après B. Weiss, 1, 531 et Harnack, Untersaetch., τν, 74, il faudrait traduire : l'Église de Dieu, qu'il s’est acquise par le sang du propre : ἴδιος seraït l'équivalent du μονογενής de Jean, τ, 14. Dans Romains vin, 32, parle du ἴδιος υἷός de Dieu. Ces conjectures sont de pures fantaisies.
περιποιήσατο; aoriste moyen de περιποιέω, sauver du danger, conserver, procurer, fournir; au moyen, il signifie conserver pour soi-même, se réserver; d'ordinaire se procurer, Cf. I Tèm. πὶ, 13. On peut comparer:ces paroles de Paul à celles du Psaume LxxIv, 2 : Souviens-toi de ton peuple que tu as acquis aux jours anciens, que tu as racheté pour être la tribu de ‘ton héritage. Ce sont les mêmes termes, exprimant des idées un peu différentes.
διὰ “τοῦ αἵματος “τοῦ dou; Jésus-Christ nous a acquis par son sang, idée que nous retrouvons dans Æphésiens, 1, 14; 1 Pr. n, 2, où parlant des chrétiens τοῦ tou est emphatique pour affirmer plus fortement que c’est par son sang propre que Jésus- Christ s’est acquis l'Église.
ÿ 29) ἐγώ est emphatique; γάρ est ajouté dans EC3 HLP Pesch. Harkl. Arm. Gig. pour éviter l’asyndète. οἶδα, cf. ÿ 25. B joint ce ÿ au précédent par ὅτι ἐγώ, Baur, Zeller, Renam voient dans ces paroles prophétiques de Paul une prédiction post. eventum, et cela d'autant plus que 18 description de ces hérétiques est en termes vagues. Il faudrait reporter au 119 siècle la composition de ice discours, ou tout au moins vers l'an 75-80, Renan. — Maïs remarquons que ces exhortations sont particulièrement «dans la manière de Paul : dans Rom. xwv1, 18; ΠῚ ‘Cor. κι, 13-45 ; Gal. x, 9; v, 12, Paul répétera ces avertissements; dans Æjphésiens, 1v, 17; ν, 6, et surtout Colossiens αἱ, ἅ, ι5.55. il fera allusion à ces semeurs d’hérésie. Les épîtres pastorales reviemnent à diverses reprises sur ces exhortations, T ‘Tim. τ, 49; 1v, 4; ΤΙ 7m. 1, 45, etc. D'ailleurs ces avertissements sont le résultat de:son expérience de missionnaire. Partout l'Apôtre a ‘été «en dutte contre les faux docteurs, et ses épîtres ‘sont consacrées à exposer la vérité contre les fausses doctrines; il voyait celles-ci continuer à se répandre, et il ne pouvait supposer qu après sa mort les hérétiques cesseraient leurs enseignements. Il devait donc prémunir les Éphésiens contre ceux-ci, ‘et s’il l’a fait en termes vagues, C’est qu'il ne savait pas les formes que prendraient ces doctrines. On ne peut donc déterminer d'une manière précise celles auxquelles il fait
- 616 au ACTES DES APOTRES, XX, 29-32. | Ë
τὴν ἀφιξίν mou λύχοι βαρεῖς εἰς ὑμᾶς, μὴ φειδόμενοι τοῦ ποιμνίου. 80. rat ἐξ ὑμῶν αὐτῶν ἀναστήσονται ἄνδρες λαλοῦντες διεστραμμένα τοῦ ἀποσπᾶν τοὺς μαθητὰς ὀπίσω ἑαυτῶν. 31. διὸ γρηγορεῖτε, μνημονεύοντες ὅτι τριετίαν νύχτα nat ἡμέραν oÙx ἐπαυσάμνην μετὰ δαχρύων νουθετῶν ἕνα ἕχαστον. 82. nat τὰ νῦν παρατίθεμαι ὑμᾶς τῷ Θεῷ
allusion; cf. Apoc. τι, 1; 1 /n. 11, 19. — Après οἶδα, 8 HLP 614 Harkl. ajoutent τοῦτο, qui appelle l'attention sur ce qui suit. Ces hommes ne sont donc pas des membres de la communauté chrétienne; ils viendront du dehors vers celle-ci. Ils agiront comme les émissaires qui ont troublé les communautés de la Galatie. Il est même probable que les Juifs ont essayé de répandre leurs doctrines à Éphèse, comme il ressort de l’épître à Timothée, I Tim. 1v, 7; 1, 4, 7, Preuschen remarque que ces futurs εἰσελεύσονται, ἀναστήσονται sont le fait du rédacteur. Paul aurait fait allusion à des faits actuels. Mais pourquoi? Paul n’a-t-il donc pas pu prévoir que le présent se continuerait dans l'avenir ?
μετὰ τὴν ἄφιξίν μου — ἄφιξις, ici seulement, signifie arrivée et très rarement, départ, dans Héropore, 1x, 17; DÉMOsrTHÈNE 1463, 7; Josèpne, Ant. jud. 1v, 8, 47; IIT Macc.
1, 18; mais Blass déclare que ces exemples sont cités à faux. Sur la signification de ce mot, οἵ, Ζλην, p. 721 ss., où sont discutés tous les textes cités; de l’étymologie de ἄφιξις, txw, χω, précédés de la préposition ἀπό, il semble qu’il peut avoir eu le sens de départ. — Les versions latines ont traduit ce mot par discessionem, discessum, abscessum. Il s'agirait donc du départ de Paul d’auprès de ses auditeurs et non de sa mort, comme dans Josèpe, Ant. Jud. 1v, 8, 47 pour la mort de Moïse, ce qui aurait exigé une addition explicative.
λύχοι : Paul se souvenant de l’enseignement de Jésus, considère la communauté chrétienne comme un troupeau, cf. ÿ 28; le Seigneur compare les faux docteurs à des loups ravisseurs, λύχοι ἅρπαγες, auxquels il faut prendre garde, Mt. vu, 15; Le. x, 3; Jn. x, 12. Comme lui, Paul voit les loups ravager son troupeau; cf. I Cor. xvi, 9; II Cor. x, 6; Gal. 1, 7; v, 12; II Thess. 11, 2. — βαρεῖς, rapaces Vlg. βαρύς signifie proprement pesant; au figuré pénible, fatigant, tyrannique, cruel; Homère, 171. v, 89; XÉNOPHON, Agés. x1, 12. — μὴ φειδόμενοι, litote; le participe présent indique la durée de l’action. /
φείδομαι signifie épargner, s'abstenir de, frapper; cf. Jn. x, 12; καὶ ὃ λύχος ἀρπάζει ἀυτά. Ce verbe est employé 2 fois dans l'épitre aux Romains et 4 fois dans les épîtres aux Corinthiens ; 2 fois dans le reste du N.T.
ÿ 30) καὶ ἐξ’ δυῶν ἀυτῶν est emphatique, d’entre vous-mêmes, de vos propres communautés et non pas ir de ceux qui sont ici présents. Les épîtres pastorales 1 Tim. τ, 20; 11 Tèm. τ, 15; n, 17; πι, 8, 13, établissent la vérité de ces prévisions D étiques. À Éphèse même, ces avertissements étaient nécessaires, Apoc. τι, 2; Ienace, Eph. νι, 2. Il est fait mention dans le N. T. de ces faux docteurs, dont six sont Éphésiens : Hyménée et Alexandre, I Tim., 1, 20; Phygellus et Hermagenes, II Tim. 1, 15; Philetus, II Tim. 11, 17, Diotrephes, Ir. Jn, 9. C’est à Éphèse que l’apôtre Jean rencontra l'hérésiarque Corinthe, Eusigr, Hist. Eccl. 1v, 14. Éphèse, a remarqué Kreuzer, était parmi les autres villes d'Asie Mineur celle où se sont le plus combinées de diverses manières les doctrines orientales avec la philosophie etla mythologie grecque.
ἀναστήσονται, futur moyen de ἀνίστημι. se lever, s'élever, paraître, naître; terme fréquent dans les Actes; ce n’est donc pas du dehors seulement que viendront les faux docteurs; il en naîtra aussi de la communauté chrétienne d'Éphèse. — διεστραμμένα, perversa, Vg. participe passif de διαστρέφω, tourner de travers ; paroles détournées (de la vérité sous-entendu); au moyen, pervers, corrompu, Mt. xvn, 17; 16. τχ, &1; Act.
ACTES DES APOTRES, xx, 29-92 ς 617
[cruels] qui n’épargneront pas le troupeau, 30 et que d’entre vous-mêmes se lèveront des hommes qui enseigneront des choses perverses, afin
d’entraïner les disciples après eux. 31. C’est pourquoi, veillez, vous souvenant que, durant trois années, nuit et jour, je n’ai point cessé d’exhorter avec larmes chacun de vous. 32. Et maintenant je vous recom-
x, 10; Philip. τι, 15; il est employé au même sens dans Aréras, ArRIAN. Ce participe passif indique la continuité de l’action. τοῦ ἀποσπᾶν, génitif de l’infinitif de dessein; pour entraîner les disciples après eux, et donc les détourner de lui; cf. Mt. xxvi, 11; Le. xx, 41; Act. χχι, 1. — τοῦ ἀποσπᾶν τοὺς μαθητάς; l’article indique qu'il s’agit d'hommes déjà chrétiens; cf. Mc. xvnr, 27.
ὀπίσω ἑαυτῶν; cf, ÿ 37, après eux-mêmes et non après 16 Christ, M4. 1v, 19, au lieu de ὀπίσω on pourrait mettre ἑαυτῶν au datif.
Ÿ 31) La métaphore pastorale est continue; la vigilance des presbytres doit être égale aux dangers qui menacent leurs ouailles, et c’est le devoir des pasteurs de veiller sur leurs troupeaux comme de bons bergers.
γρηγορεῖτε : Cf. Ze. xn1, 37; à diverses reprises le Seigneur a recommandé à ses disciples de veiller, Mt. xxiv, 42; Me. x, 35, 37, et cela surtout au jardin des Oliviers, Mi. xx1V, 31, 40; Me, χιν, 34. Paul a aussi employé 4 fois cette expression, 1 Cor.
xvi, 3, etc.; elle a pu passer dans l’usage ordinaire de la primitive Église, ainsi que le
prouve les noms de Gregorius et de Vigilantius parmi les nouveaux convertis. — μνημονεύοντες, memoria retinentes, Vle.; Paul se donne aux presbytres comme un exemple de la vigilance, de la constance et de la sollicitude avec lesquelles ils doivent
veiller sur leur troupeau. Nous avons dans ses épîtres la preuve d’une semblable
sollicitude de Paul envers ses communautés, II Cor. τι, 4; xr, 28, 29; Gal, 1v, 19; Col. 11: 7 hess. 11, 11,17.
τριετίαν, pendant trois ans. Ce terme peut être approximatif; il est en chiffre rond. Dans un discours adressé à des gens qui savaient bien quelle avait été la durée du séjour de Paul à Éphèse, l’orateur n'avait pas à préciser exactement la durée de son séjour : dire par exemple pendant deux ans et trois mois. Rien cependant n'empêche de prendre ce terme au sens littéral, cf. χιχ, 10. Ce terme est classique, mais n’est pas dans les Septante. — νύχτα, etiam noctu, ne noctibus quidem parcens, BLass. νύχτα est placé avant ἡμέρα, comme souvent dans le N. T., xxvi, 7; Le. 11, 37; Me. 1v, 27; νυ, 5; I Thess. τι, 9, etc... et autrement Ze. xvin, 7; Act. IX, 24, etc... vuxra est placée ici le premier, à cause de l’idée de veiller qu’exprime γρηγοτεῖτε; il intensifie aussi l’affirmation du labeur de l’Apôtre cf. 1 Thess, τι, 9; 111, 10; I Tim. ν, 5; II Tim. τ, 3. — μετὰ δαχρύων; Cf. IT Cor. 11, 4; IT Tüm, 1, ἃ : Ὅρα πόσαι ὑπερύολαί, μετὰ δαχρύων, καὶ νύχτα χαὶ ἡμέραν καὶ ἕνα ἕκαστον. --- νουθετῶν; ce participe présent indique la répétition de l’action; il signifie avertir, réprimander; ici seulement dans les Actes, maïs 7 fois dans Paul, I Thess. v, 14; I Cor. 1v, 14, etc. ἕνα ἔχαστον, 2 fois dans Luc, 6 fois dans les Actes, 5 fois dans Paul. L’Apôtre parle ici de son activité apostolique pour répondre à ses calomniateurs juifs.
Y, PAUL RECOMMANDE LES PRESBYTRES ἃ DIEU ET PROTESTE SOLENNELLEMENT DE SON DÉSINTÉRESSEMENT, 32-35.
Ÿ 32) χαὶ τὰ νῦν : ch. 1v, 29; et maintenant qu'il va partir, et ne peut plus s'occuper d'eux, Paul recommande à Dieu les presbytres et leurs communautés. παρατίθεμαι, moyen de παρατίθημι, signifie au moyen placer devant soi, et très souvent déposer
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nat τῷ λόγῳ τῆς χάριτος αὐτοῦ, τῷ δυναμένῳ odinodouoo χαὶ δοῦναι τὴν ᾿χϑιηρονομίαν ἐν τοῖς “ἡγιασμένοις “πᾶσιν. 88. ἀργυρίου À “χρυσίου ἢ ἱμιαπισμοῦ οὐδενὸς ἐπεθύμιησα.
[2 - ᾽ν cle ν je 34. jadroi ινώσχετε ὅτι ταῖς χρείαις pau χαὶ τοῖς οὖσιν et ἐμοῦ ὑπηρέτησαν οἷ
χεῖρες αὗται. 35. πάντα ὑπέδειξα ὑμῖν ὅτι οὕτως κοπιῶντας dei ἀντιλαμβάνεσθαι τῶν
entre les mains de quelqu'un, donner à garder, confier à la foi de quelqu'un. — τῷ Κυρίῳ, leçon de B 33 68 Sah. Boh. Gig. (domino); toutes les autres autorités sont en faveur de Θεῷ, entre autres la Vulgate, (Deo). xai τῷ λόγω τῆς χάριτος αὐτοῦ. D'après saint Chrysostome, cette expression serait pléonastique et signifierait seulement : Je vous recommande à Dieu et à sa grâce. — Des exégètes voient ici les promesses gracieuses de Dieu; d’autres, l'Évangile. Bisping, Bethge et d’autres exégètes voient dans ce terme λόγος le λόγος du prologue de Jean, I, 14. Maïs λόγος dans ce sens est seulement dans Jean, quoique la doctrine du Logos soit en étroite affinité avec Ja conception de la personne du Seigneur dans Paul; τῷ Θεῷ καὶ τῷ λόγῳ quasi una notio sunt; agit enim Deus per verbum suum, Brass. Nous avons ici une idée familière à Paul, à Savoir la puissance de la parole de Dieu telle qu'il l'affirme aux Thessaloniciens dans un passage où il exprime la même pensée qu'ici : ἐδέξασθε... λόγον Θεοῦ, ὃς wat Evepγεῖται ἐν ὑμῖν τοῖς πιστεύουσιν, 1 Thess. τι, 48: Cf. Rom. 1, 16. — Paul recommande les pasteurs d’Ephèse à Dieu pour qu'il les fortifie et les instruise par la parole de sa grâce, c'est-à-dire par ces vérités qu'il a jugé bon de nous révéler par sa grâce et sa bienveillance envers nous, KwaëewpauEr. Καὶ χαλῶς οὕτως εἴπεν" οἷδε γὰρ, ὅτι yépus σώζει, Carysosr. Æom. xiv, 1. — Logiquement, τῷ δυναμένῳ :se rapporterait à λόγῳ, l'antérieur le plus proche, maïs plus naturellement il se rapporte à Θεῷ, le mot principal de da phrase, cf. Rom. xvi, 25; Eph. 1m, 20; Gal. im, 20. La parole de Dieu peut bien édifier, mais elle ne pourrait pas donner l'héritage parmi les sanctifiés. On peut cependant - aussi par hyperbaton (inversion), le rattacher à λόγῳ; mais le sens est le même : la puissance, dans la parole de Dieu, vient de Dieu seul. … οἰκοδομῆσαι, leçon de NX À B D EM; ἐποικοδομῆσαι, superaedificare, leçon de H 10 Ῥ 618, Chrys.; leçon moins bonne, — DE ajoutent ὑμᾶς après οἰκοδομῆσαι. Nous retrouvons fréquemment dans Paul cette idée d’édifier, Cf. Rom. κυ, 20; 1 Cor. im, 9; vin, 1, 40; x, 23: ταν, 8, ἀ- κι, 17, 2; 1| Cor. x, 8; x, 49: im, 40; Æph. τί, A1; av, 12, 46; I Thess. v, 11 etc. « Fideles :enim sunt domus et familia Dei; si crescunt fide, spe, caritate, templum Dei in eis magis exstruitur et exornatur. Heredes quoque sunt Dei et coheredes Christi, Rom. vin, 17 utpote 811}; quare aeternam salutem nomine hereditatis designat, Gal. in, 8; Eph. 1, 14,18; v, 5; Col. πὶ, 24; Hebr. τ, 14.etc. item Christus dicit Matth. v, 14 (graece). » KNABENBAUER.
. Ty χληρονομίαν, la même pensée se retrouve duns Æph. 1, 14, 18, v, 5; Col. 1, 12. ἐν τοῖς ἡγιασμένοις, participe parfait passif de ἁγιάζω, verbe récent; les Septante ont ἁγίζειν; il se retrouve plus loin xxvi, 18 et Æph. 1, 14, 18; v, 5. Dieu a donné cet héritage aux sanctifiés, c'est-à-dire, à ceux qui ont conservé ou recouvré la sainteté reçue par 16 baptême, Rom. vi, 3-7; 1 Cor., wi, 11. — Paul ἃ l'habitude d'appeler les fidèles ἅγιοι, Rom. 1, 7; vin, 27; xu, 18; xvi, 45; 1 Cor., vi, 1, etc. Paul prie aussi pour les pasteurs d'Éphèse, ainsi qu'il l’a fait souvent dans ses épîtres, Rom. 1, 10; I Cor.1, 4; Philip. 1,4; Col 1, 3; I Thess.4,)2.
ÿ 33) Paul rappelle son désintéressement pour engager les chefs de l’Église d'Éphèse à éviter avec soin la cupidité et l’avarice; non seulement, il ne s’est pas emparé du bien d'autrui, mais il ne l'a pas même désiré.
ἱματισμοῦ : fréquent dans les Septante, et dans les évangiles; il est seulement 3 fois dans Luc. Dans I Macch. x1, 34 nous avons dans le même passage l'argent, l'or et les
ACTES DES APOTRES, xx, 32-35. 619
mande à Dieu et à la parole de sa grâce, à lui qui peut édifier et donner
l'héritage parmi [au milieu de] tous ceux qui ont été sanctifiés. 33. Je n'ai désiré ni argent, ni or, ni vêtement quelconque. 34. Vous savez vous-mêmes qu'à mes besoins et [à ceux] de ceux qui étaient avec moi ces mains ont pourvu (servi). 35. En toutes façons je vous ai montré que c'est en travaillant ainsi qu’il faut soutenir les faibles et se souvenir des
vêtements réunis. La richesse des Orientaux consistait en particulier en riches vêtements, dont on trafiquait ou qu'on entassait pour un usage futur, Ex. 11,69; Job, xxvut, 46: TI, Rois, v, 5, 22, 23, 26; Gen. χιν, 28, etc. Ceci nous explique la parole de Notre- Seigneur : Ne vous amassez pas des trésors sur la terre où la rouille et les vers rongent, Mi. vi, 19. Athénée, xu, 525, nous apprend que les Éphésiens étaient connus pour le luxe de leurs vêtements. Paul parle souvent dans ses épîtres de son désintéressement : οὐ yäp ζητῶ τὰ ὑμῶν, ἀλλὰ ὑμᾶς, IT Cor. χιι, 14:1 771655. τι,9; II Thess. mi, 8; 1 Cor. 1x, &; IT Cor. χι, 7. — οὐθενός pour οὐδενός ne doit pas être joint ἃ ἱματισμοῦ seul.
Ÿ 34 αὐτοί est emphatique Cf. n1, 22; xvi, 37; xvinr, 18; Paul rappelle à ses auditeurs qu'il a travaillé de ses maïns, xvin, 3, pour subvenir à ses besoins et à ceux des missionnaires qui étaient avec lui. En plusieurs passages, il fait allusion à son travail manuel et affirme qu'il n’a voulu être à charge à personne, 1 Cor. 1v, 12; II Thess. τι, 8, etc. Paul ἃ voulu annoncer gratuitement l'Évangile, 1 Cor. 1v, 12. — ταῖς χρείαις μου, employé dans le même sens par Paul, Rom. xn, 13; Philip. τι, 25; 1v, 16; Tüte 11, 14. L'Apôtre exprime une idée analogue dans l'épître aux Éphésiens, iv, 28 : Que l’on travaille de ses mains afin d’avoir de quoi secourir celui qui est dans le besoin. Au lieu de καὶ τοῖς oboty μετ᾽ ἐμοῦ, régulièrement il devrait y avoir καὶ τῶν ὄντων μετ᾽ ἐμοῦ : la tournure ἃ un peu changé le sens de la phrase; cf. Zann, p. 725, n. 84. — Après χρείαις μου D ajoute πασιν.
brnpétnoav, seulement dans les Actes, 3 fois; aoriste de ὑπηρετέω, ramer, s'acquitter.
d'un travail sous les ordres d'un maître, servir, aider, assister. αὔται, emphatique; ces mains mêmes, qui ont travaillé et portent les marques de ce travail, et Paul les montre : geste bien dans la manière de l’Apôtre, xxvi, 29; xxvit, 20, Il pouvait parler ainsi aux presbytres d'Éphèse, car dans cette ville il avait retrouvé Aquila et Priscille, et il avait pu continuer d'exercer son métier avec eux.
ἡ 35) πάντα, en tout, peut être joint à la fin du ÿ précédent : et ces mains ont pourvu à tout. πάντα n’est pas le complément direct de ὑπέδειξα ; c’est une locution adverbiale, absolument, en toutes façons, locution analogue pour le sens à κατὰ πάντα, en toutes choses, cf. I Cor. 1x, 25; x, 33; x1, 2, ou pour χατὰ τὸν τρόπον, de toute manière, Rom. ir, 1, ou ἐν παντί, en tout, II Cor. x1, 4, 9; Philip. 1v, 6. Au lieu de πάντα D ἃ πᾶσιν, emphatique, s’accordant avec buiv. ὑπέδειξα, aoriste de ὑποδείκνυμι, montrer, présenter comme exemple, comme modèle, οὕτως, ainsi que je l'ai fait, κοπιῶντας, participe présent indiquant la durée de l'effort, de χοπιάω, être fatigué par le travail, d’où activement, faire en travaillant : laboro viribus intentis, Grimm. Il s'agit ici de travail manuel et non d'œuvres spirituelles; Paul l’emploie dans les deux sens : dans le premier, I Cor. 1v, 12; Eph. 1v, 28; II Tim. τι, 6; dans le second, I Cor. xvi, 16; Rom. x, 12; Ι Thess. v, 12; il est 14 fois dans Paul. — ἀντιλαυδάνεσθαι, dans Luc et dans Paul, de ἀντιλαμδάνω, recevoir à son tour; au moyen, s'emparer de, s'occuper de, secourir, aider; il est employé dans ce sens dans les Septante. τῶν ἀσθενούντων, les faibles. Ce terme peut désigner les faibles au point de vue physique et les faibles au point de vue moral. Le contexte semble indiquer que Paul veut parler des pauvres, de ceux qui ont
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ἀσθενούντων, μνημονεύειν τε τῶν λόγων τοῦ Κυρίου ’Incoë, ὅτι αὐτὸς εἶπεν᾽ Μαχάριόν ᾿ἐστιν μᾶλλον διδόναι ἢ λαμόάνειν. 86. χαὶ ταῦτα εἰπών, θεὶς τὰ γόνατα αὐτοῦ σὺν πᾶσιν αὐτοῖς πῤοσηύξατο. 817. ἱχανὸς δὲ χλαυθμὸς ἐγένετο πάντων᾽ χαὶ ἐπιπεσόντες ἐπὶ τὸν τράχηλον τοῦ Παύλου χατεφίλουν αὐτόν, 38. ὀδυνώμενοι μάλιστα ἐπὶ τῷ λόγῳ εἰρήκει; ὅτι οὐχέτι μέλλουσιν τὸ πρόσωπον αὐτοῦ θεωρεῖν. προέπεμπον δὲ αὐτὸν εἰς
se
-En