MAT
8. Le lendemain étant partis, nous vinmes à Césarée et étant entrés dans la maison de Philippe l’évangéliste, qui était des sept, nous demeurâmes. chez lui. 9. Π avait. quatre filles vierges qui prophétisaient. 10. Étant
vierges, elles étaient plus aptes à exercer leurs fonctions de prophétesses. Faut-il penser qu'elles s'étaient vouées à la virginité par un vœu spécial? Knabenbauer, Felten l'ont cru. Y a-t-il lieu de supposer qu'il existait déjà cet ordre des vierges dont il est parlé plus tard et qu’elles en firent partie? Rien ne le prouve. Les filles de Philippe étaient plutôt de ces vierges, ‘dont parle Paul aux Corinthiens, I Cor. vu, 25 : Car la femme non mariée, la vierge, prend le souci des affaires du Seigneur pour être. sainte de corps et d'esprit : « Manifestum est quod magno studio servabatur
virginitas; nisi enim res esset digna magno studio, περισπούδαστον, nequaquam addi-
disset scriptor rerum quod etiam virgines erant, » OEcUMENIUS, THEOPHYLACTE.
Ces quatre filles de Philippe habitaient dans la maison de leur père, et saint
Jérôme nous rapporte qu'il a vu à Césarée l’humble demeure de Philippe et les chambres de ses filles, Æpist. v, 8. — προφητεύουσαι; le prophète Joël, 1, 28, 29, avait rappelé une parole du Seigneur annonçant qu’au dernier jour il répandrait le Saint-Esprit sur toute chair et que leurs fils et leurs filles prophétiseraient. Cet oracle est rapporté par l’apôtre Pierre, τι, 17. Dans Luc, 11, 36, nous voyons paraître Anne 16 prophétesse; mais elle, elle annonçait l'avenir. De la première épître de Paul aux Corinthiens x1, 5, il ressort qu’il y avait à Corinthe des femmes prophétesses. Maïs ce terme de prophète désigne dans le N. T. une double fonction : celle de prédire Pavenir et celle d’exhorter, de consoler. Or, il n’est pas dit que les filles de Philippe aïent rien prédit sur le sort futur de Paul. Cependant, la mention de leur qualité de prophétesse insinue que sous l’action du Saint-Esprit elles ont, comme Agabus, prédit à Paul les épreuves qui l’attendaient à Jérusalem. Quelle qu'ait été leur action ἃ ce sujet il est probable que les filles de Philippe prophétisaient au sens ordinaire de ce terme dans le N, T.; elles exhortaient probablement Les fidèles dans 165 assemblées, ce que. Paul avait défendu pour les communautés de Corinthe, 1 Cor. xiv, 34; 1 Tim. u, 12. Mais il est possible aussi qu’elles aient enseigné ou exhorté en particulier les femmes juives et païennes, Luc a-t-il voulu seulement établir le fait qu’elles étaient prophétesses ou veut-il dire par là qu'elles aussi avaient annoncé le sort futur de Paul? — Hilgenfeld attribue ce ÿ à son « auteur à Théophile ». Spitta, p. 339, croit
que ce ÿ et ceux qui rapportent la prophétie d’Agabus sont extraits de la source
inférieure qu’il désigne par la lettre B; cf. Junesr, p. 177.
ἡ 40) ἡμῶν, le sujet du génitif absolu ἐπιμενόντων n’est pas exprimé, comme dans Luc, xu, 36; il est sous-entendu; il est exprimé dans N ELP Harkl. — ἡμέρας πλείους, plusieurs jours, littéralement des jours plus. nombreux. C'est un de ces termes indéterminés qu'affectionne Luc, χπὶ, 81; xxv, 44; xxvit, 20, où il signifie simplement plusieurs jours, bien que la Vulgate ait traduit multos dies ou plures dies. L’expression pourrait signifier des jours plus nombreux que dans les autres villes. Faut-il croire que Paul a passé à Césarée des jours plus nombreux qu'il n'avait l'intention. de le faire parce qu'ayant fait une traversée plus rapide qu’il ne l'espérait, il lui restait
encore assez de temps. pour arriver à Jérusalem avant la fête de Pentecôte, ow parce.
qu'il ne pouvait plus y arriver avant la fête. La Vulgate évite la difficulté en traduisant, aliquot dies. Il n’y à pas contradiction entre ce détail et celui de xx, 16: là, il se. hâtait parce qu’il ne pouvait estimer exactement le temps que durerait son voyage et maintenant. il s’attarde ἃ Césarée parce qu'il sait qu'il a le temps SAIT à Jérusalem.
GA
ACTES DES APOTRES, xXxI, 10-15. πλείους; χατῆλθέν τις ἀπὸ τῆς ᾿Ιουδαίας προφήτης ὀνόματι ᾿Αγαθος" 11. χαὶ ἐλθὼν πρὸς ἡμᾶς χαὶ ἄρας τὴν ζώνην τοῦ Παύλου, δήσας ἑαυτοῦ τοὺς πόδας χαὶ τὰς χεῖρας εἴπεν᾽ Τάδε λέγει τὸ Πνεῦμα τὸ ἅγιον᾽ Τὸν ἄνδρα οὗ ἐστὶν ἡ ζώνη αὕτη, οὕτως δήσουσιν ἐν ᾿ἱερουσαλὴν. οἱ ᾿Ιουδαῖοι nat παραδώσουσιν εἰς χεῖρας ἐθνῶν. 12. ὡς δὲ ἠχούσαμεν ταῦτα, παρεχαλοῦμεν ἡμεῖς τε χαὶ οἱ ἐντόπιοι τοῦ μιὴ ἀναθαίνειν αὐτὸν εἰς Ἱερουσαλήμ... 18. τότε ἀπεχρίθη ὁ [Παῦλος Τί ποιεῖτε χλαίοντες χαὶ συνθρύπτοντές μου τὴν χαρδίαν; ἐγὼ γὰρ οὐ μόνον δεθῆναι ἀλλὰ χαὶ. ἀποθανεῖν εἰς Ἱἱερουσσλὴν. ἑτοίμιως ἔχω ὑπὲρ τοῦ ὀνόματος τοῦ Κυρίου ᾿Ιησοῦ. 1... μὴ πειθομένου δὲ αὐτοῦ
χατῆλθεν familier à Luc, vin, 5; x1, 27, au sens de xaté6n, mais 1x, 32; Le. 1v, 81, il signifie arriver. — ἀπὸ τῆς ᾿Ιουδαίας, Agabus vint de la Judée, probablement de Jéru- salem, parce que Césarée était en dehors de la Judée proprement dite. τις προφήτης ὀνόματι Ἄγαθος : d'après Beelen, ἀπὸ τῆς Ἰουδαίας signifierait qu'Agabus était natif de Judée. C’est probablement le personnage dont il a été déjà parlé, Beelen, Felten, Knabenbauer; comme lui il est prophète et vient de Jérusalem. On s’étonnera cependant que Luc mentionne Agabus d'une façon indéterminée, τις... "Αγαῦος puisqu'il en a déjà parlé : pourquoi il ἃ inséré ce τις, nemo scit neque sciet, BLass. Mais on peut supposer que Luc avait d’abord écrit son journal de voyage et qu'à ce moment il ne connaissait pas Agabus et le voyait pour la première fois; puis lorsqu'il à inséré le journal dans son ouvrage il jugea inutile de modifier sa phrase. Il ἃ incorporé son journal tel quel dans l’ensemble de l'ouvrage. Il est plus probable, d’après ᾿ς Wendt, que Luc incorpore ici une source, où Agabus est nommé pour la première fois, et qu'il ait oublié qu’il en avait déjà parlé.
Υ 11) ἄρας τὴν ζώνην τοῦ Παύλου : Agabus prédit l'avenir à l’aide d’une démonstration symbolique, comme l'avaient fait les anciens prophètes, 1 Rois, xxu, 11; Zsaïe, xx, 2-4; Jér. xui, 1 ss. xxvit, 2; xXXVIN, 10; Ez: ἵν, 1; v, 1 ss. Notre-Seigneur, /n. χπὶ, 1 55, ἃ
aussi enseigné l'humilité à ses apôtres en l’exprimant d’une façon symbolique. — ἅρας, ayant saisi, arraché, semble indiquer qu'Agabus prit la ceinture de Paul sur lui. Avec la ceinture de l’Apôtre il se lia les pieds et les mains; il est assez difficile de se représenter comment avec une ceinture de cuir il a pu se lier en même temps les pieds et les mains. On peut supposer qu'il s'est assis par terre et qu'après s’être lié Les pieds il a introduit ses mains dans ces liens. Blass pense qu'il se lia d’abord les pieds, puis les mains après avoir délié les pieds. Mais la façon dont il a procédé importe peu. — οὗ ἐστιν, le génitif après ἐστίν marque la propriété.
Agabus habitant à Jérusalem connaissait les sentiments hostiles des Juifs envers Paul, et voulait le mettre en garde contre eux. οὕτως δήσουσιν... εἰς χεῖρας ἐθνῶν : Notre- Seigneur a prononcé des paroles analogues, Ze. 1x, 44; xxiv, 7. Cet incident nous rappelle la conduite de Pierre dissuadant son maître d'aller à Jérusalem, où il devait souffrir de la part des anciens, Mt. xvi, 22. — Le Saint-Esprit parlant par la bouche d'Agabus annonçait ce qui arriverait à Paul, mais ne défendait pas le voyage à
Jérusalem. — La prophétie d'Agabus ne répond pas d’une façon littérale aux événe- ments : les Juifs se sont saisis de Paul et l’ont probablement lié, xx1, 27, 30; ils voulaient le tuer. Δ la nouvelle de ces troubles, le tribun romain s’approcha, fit saisir Paul et ordonna de le lier de deux chaînes, ὃ 33. La prophétie a été réalisée dans ses effets généraux, mais non dans ses détails. Les Juifs sont en fait les auteurs de l’arrestation de Paul.
ACTES DES APOTRES, XXI, 10-15. Ἂς 629 :
demeurés [à] plusieurs jours, il descendit de Judée un prophète nommé Agabus; 11, et étant venu vers nous il prit la ceinture de Paul et s'étant lié les pieds et les mains il dit : 1 Esprit- -Saint dit ceci : L'homme à qui
appartient cette ceinture, c’est ainsi que les Juifs le lieront à Jérusalem
et ils le livreront entre les mains des gentils. 12. Quand nous eûmes
entendu cela, nous et ceux de l’endroit, nous priâmes Paul de ne pas monter à Jérusalem. 13. Mais Paul répondit : Que faites-vous en pleurant et en me brisant le cœur? Car pour moi je suis prêt non seulement à être enchaîné mais encore à mourir à Jérusalem pour le nom du Seigneur Jésus. 1%. Comme ïl ne se laissait pas persuader * nous restâmes tranquilles disant : Que la volonté du Seigneur soit faite.
15. Or, après ces jours-là, ayant chargé nos bagages, nous montâmes à
ἡ 12) παρεκαλοῦμεν ἡμεῖς, c’est-à-dire Luc et ceux de la compagnie de Paul, Trophime :
et Aristarque. — of ἐντόπιοι, poétique pour ἐντόπος, qui est dans un lieu, indigène; ici seulement; donc les chrétiens de Césarée. τοῦ μὴ ἀναδαίνειν infinitif de but. On s'étonne de voir les fidèles s'opposer d’une certaine façon contre les décrets du Saint-Esprit. Mais ils peuvent en avoir souffert, sans s'être révoltés contre eux.
Υ 13) Paul était persuadé que Dieu l’appelait à Jérusalem : son apostrophe implique
à un certain degré une remontrance. Τί ποιεῖτε χλαίοντες : cf. Me. χι, 15; Act, χιν, 15" Que faites-vous en pleurant? Cette expression emphatique est plus expressive que T ou διὰ Ti χλαίετε. — συνθρύπτοντες : θορυδοῦντες, D; cf. καρδίαν συντετριμμένην, Ps. Lxv, 17. L'opposition des fidèles est pénible à Paul; elle lui amollit 18 cœur. συνθρύπτω signifie briser, mettre en pièces; au figuré abattre, amollir (l’âme), mollem reddere, Brass, Paul ne veut pas dire qu'ils brisent son cœur par le chagrin, mais qu'ils énervent son dessein, qu'ils lui enlèvent ses forces. Affligentes, Vlg. ne rend pas l’idée:
Cette opposition est d’ailleurs inutile, car Paul est décidé à obéir à la volonté de Dieu. ἐγώ, emphatique, où μόνον : οὐ avec l'infinitif et non μή. εἰς Ἱερουσαλήμ, sousentendu ἐλθεῖν, ou plutôt εἰς pour ἐν. — ἐτοίμως ἔχω : expression classique; ici seulement et ΤΙ Cor. xu, 14; I Pr, 1v, 5. Cette ferme résolution de Paul rappelle celle de Notre- Seigneur, montant à Jérusalem, où il devait être crucifié; elle nous rappelle aussi celle de Paul aux Philippiens, 1, 21 ἐμοὶ γὰρ τὸ ζῆν Χριστὸς καὶ τὸ ἀποθανεῖν χέρδος. — ὑπὲρ τοῦ ὀνόματος τοῦ Κυρίου ᾿Ιησοῦ, cf. v, 41; 1x, 16; xv, 26.
Ÿ 14) Comprenant que Paul persistait dans son dessein, les fidèles se turent.
ἡσυχάσαμεν, aoriste de ἡσυχάζω, se tenir tranquille, garder le silence; verbe employé
seulement par Luc, xiv, 3; Act. x1, 18 et Paul. — τοῦ Κυρίου τὸ θελήμα γινέσθω : Κυρίου,
c’est-à-dire de Jésus : donc celui-ci gouverne tout; donc il est Dieu. Nous trouvonsla même expression dans M. vi, 18; xxvi, 42; Le. xxn, 42. C'est la prière de Notre-
Seigneur : Πάτερ, εἰ βούλει παρένεγχε τοῦτο τὸ ποτήριον ἀπ᾽ ἐμοῦ" πλὴν μὴ τὸ θέλημά pou ἀλλὰ
τὸ σὸν γινέσθω. On trouve des phrases analogues chez les Grecs et chez les Romains,
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