‹ Les Actes des ApôtresChapitre 296 sur 358 · V NS · texte numérisé non relu

V NS

ἄλλο τι ἐπεφώνουν ἐν τῷ ὄχλῳ. μὴ ὃ θόρυόον, ἐκέλευσεν ἄγεσθαι αὐτὸν εἰς. τὴν παρεμόολήν. 85, ὅτε δὲ ἐγένετο ἐπὶ τοὺς ἀναθαθμούς, συνέδη βαστάζεσθαι αὐτὸν ὑπὸ τῶν στρατιωτῶν διὰ τὴν βίαν τοῦ ὄχλου" 86. ἠχολούθει γὰρ τὸ πλῆθος τοῦ λαοῦ. χράζοντες᾽ Αἶρε αὐτόν. 87. μέλλων τε εἰσάγεσθαι εἰς τὴν παρεμόδολὴν ὁ [Παῦλος λέγει τῷ χιλιάρχῳ᾽ Et ἔξεστίν μοι εἰπεῖν τι πρὸς σὲ; ὁ δὲ ἔφη ᾿Πλληνιστὶ γινώσεις; 88. Οὐχ ἄρα σὺ εἶ ὁ Αἰγύπτιος ὁ πρὸ τούτων τῶν ἡμερῶν ἀναστασώσας χαὶ ἐξαγαγὼν εἰς τὴν ἔρημον τοὺς τετρακισχιλίους ἄνδρας τῶν σιχαρίων; 39. εἶπεν δὲ ὁ Παῦλος" ᾿Εἰγὼ ἄνθρωπος μέν εἶμι ᾿ἸΙουδαῖος,

vvapévou δὲ αὐτοῦ γνῶναι τὸ ἀσφαλὲς διὰ τὸν

cf. χιχ, 37. — ἐπεφώνουν, N À BD E, ils criaient. La leçon de H L P Chrys. est plus expressive : ἐδόων, ils beuglaïent, μὴ δυναμένου de αὐτοῦ, génitif absolu, bien que se rapportant au sujet de la proposition principale, BLass ; forme seulement dans Luc, xx, 17; ΧΧΥΠΙ, 6 et Mt. 1, 18. — H LP 614 sont plus corrects avec μὴ δυνάμενος δὲ ἀσφαλές, 2 fois dans Luc, xx11, 30; xxv, 26 avec la même nuance de sens. — ἄγεσθαι, quia res nondum perficitur, BLass. — παρεμδολήν, terme macédonien : ce terme a des sens très divers suivant le contexte; en langage militaire il signifie disposition des tentes d’un camp, campement, quartier d’hiver. Ici il désigne non la forteresse elle-même, mais les baraques, ou les casernes, le quartier en langage moderne, les castra militaria, occupées par les troupes de la forteresse.

Υ 35) ἐγένετο ἐπί, lorsqu'il fut sur ou vers; la Vlg. est plus précise : cum venisset ad

- gradus; D a εἰς τοὺς ἀναδαθμούς et ἃ adhuc esset in gradibus. — τοὺς ἀναδαθμούς, les degrés, les marches de l’escalier qui du Temple conduisaient dans l’intérieur de la forteresse;

cf. Josèrne, Guer. jud. v, 5, 8; O. Hoztzmann, Mtliche Zeitgeschichte, p. 138. La foule

pressait tellement Paul que les soldats craignaient qu’il ne fût tué. ouvéén βαστάζεσθαι αὐτόν : il lui arriva d’être porté par les soldats : la situation devint tellement périlleuse, la pression de la foule tellement violente, lorsque les Juifs virent que Paul allait leur échapper, que les soldats furent obligés de porter Paul sur leurs bras ou sur leurs épaules pour l’arracher à la fureur du peuple, συνέδη, aoriste 2 de συνδαίνω, arriver,

avoir lieu.

ἦ 36) ἠκολούθει, à l’imparfait marque la continuité de l’action. αἷρε αὐτόν : à l'impératif présent, ce qui indique la continuité du cri. C’est le même cri qui avait été poussé contre Notre-Seigneur par la foule en délire, Ze. χχπὶ, 18; Jn. χιχ, 15. Au lieu de αἶρε D a ἀναιρεῖσθαι; ἃ tollite; Gig. Sah. ajoutent τὸν ἐχθρὸν ἡμῶν. — Αἴρε αὐτόν, ἀντὶ τοῦ, ἔπαρον αὐτὸν ἐχ τῶν ζώντων, AMMONIUS.

ÿ 37) Paul s'adresse δὰ Chiliarque : let ἔξεστίν pot: m'est-il permis ? ei peut s’employer même dans l'interrogation directe, 1, 6; vi, 1; x1x, 2. Buttmann croit que εἰ est inutile Ἐλληνιστὶ γινώσχεις l’adverbe tient lieu de complément direct ; il n’est pas nécessaire

de sous-entendre λαλεῖν. Cf. τοὺς Συριστὶ ἐπισταμένους, XÉNoPHoN, Cyrop. vi, 5, 31 ; CIGÉRON,

Pro Flacco, τὺ : Graece nescire,

Ÿ 38) οὐχ ἄρα σὺ εἶ 6 ᾿Αἰγύπτιος, n’es-tu donc pas, dit le Chiliarque, comme je le supposais, l'Égyptien? à ἄρα dénote l'étonnement, οὐκ est emphatique; la négation oi indique que dans la pensée du Chiliarque la réponse doit être affirmative. Le sens serait : « Par conséquent, [puisque tu parles grec], ne serais-tu point [par hasard] cet Égyptien qui. etc. » S'entendant interpeller en grec, le Chiliarque en conclut que Paul n'était pas l'Égyptien, qui s'était récemment révolté, lequel ne parlait pas grec. Il devait

demanda qui il était, et ce qu'il avait fait. 34. Mais les uns criaient d'une manière, les autres d’une autre dans la foule. Ne pouvant rien savoir de certain à cause du tumulte, il ordonna de le conduire à la caserne. 35. Mais lorsque [Paul] fut sur les degrés, il arriva qu'il fut porté par 165 soldats à cause de la violence de La foule. 36. Car la multitude du peuple [le] suivait en criant : Enlève-le! 37. Comme il allait être introduit dans la caserne, Paul dit au chiliarque : M’est-il permis de te dire quelque chose? Et il {le Chiliarque] dit : Tu sais le grec? 38. N’es-tu donc pas l’Égyptien qui, ces jours passés, ἃ soulevé et a conduit avec Lui au désert quatre mille des sicaires? 39. Mais Paul dit : Je suis un homme juif, citoyen de

connaître ce détail, car il ne pouvait le conclure de son origine, vu que le grec était plus ou moins parlé en Égypte. Le grec était à cette époque la langue internationale de l’orient occidental.

ὁ ᾿Αἰγύπτιος : en voyant la fureur de la foule le Chiliarque a pu croire que l’homme contre lequel elle s’acharnaïit, était l’Égyptien qui l’avait trompée peu de temps auparavant et qui était revenu. Josèphe raconte dans deux de ses ouvrages l’'émeute provoquée par un Égyptien, au temps où Félix était procurateur de Judée, 52-58, par conséquent peu de temps auparavant. Ses deux récits ne s'accordent pas de tous points et non plus avec celui des Actes. D’après le premier récit, Ant. jud. xx, 8,6, un faux prophète venu d'Égypte à Jérusalem avait persuadé à une foule nombreuse de le suivre sur le mont des Oliviers, disant que les murs de la ville tomberaient à sa parole, et qu'il entrerait en maître dans la place. Félix sortit de Jérusalem avec des cavaliers et des fantassins qui se précipitèrent sur la foule, en tuèrent quatre cents, et en prirent deux cents; leur chef s'enfuit. D’après l’autre récit, Guer. jud. τι, 13, 5, un faux prophète venu du désert, avait, sous le règne de Néron, entrainé sur le mont des Oliviers environ trente mille adhérents, leur promettant la prise facile de Jérusalem. Battus par le procurateur Félix et par les Juifs qui s'étaient joints à lui, ces malheureux auraient perdu un grand nombre de morts et de prisonniers. Quelques milliers se seraient enfuis avec leur chef. Nous prenons ici Josèphe en flagrant délit d’inexacti-

tude, de sorte qu’il n’y a pas lieu de tenir un compte exagéré de la véracité de cet historien.

ἀναστατώτας de ἀναστατόω ravager, quelquefois exciter à la révolution. Ce verbe n'est pas classique, mais se trouve dans les Septante. La Vulgate change la forme de la phrase : nonne tu es Aegyptius, qui tumultum concitasti, et eduxisti in desertum.

τοὺς τετρακισχιλίους, l’article indique que le nombre des sicaires était un nombre bien connu : l'événement était si récent que ce nombre pouvait encore être connu. — ἄνδρας τῶν otxaplwv : quatre mille hommes des sicaires, de la faction des sicaires. Au temps de Félix, ils exerçaient une grande puissance, Josèpne, Ant. TU Ex 8. ΟΣ

- Guer. jud. τι, 13, 2, σικαρίων est un latinisme : sicarii désigne en latin les assassins, comme il appert de la Lex Cornelia, de sicariis et Veneficis. Ces assassins étaient appelés sicaires, parce qu'ils se servaient d’une dague courte, qu'ils portaient sous leurs vêtements. Ici σικάριοι désigne un parti politique juif, formant la fraction la plus exagérée du parti national.

ἡ 39) ἐγὼ ἄνθρωπος μέν εἶμι : est emphatique ; μέν n'est pas antithétique, mais signifie à la vérité, quidem, Vig. : Je suis un Juif de Tarse et par conséquent je suis indemne de tout soupçon. Ce μέν peut cependant être antithétique : Je ne suis pas à la vérité un Égyptien, mais un Juif. De la position de μέν et δέ qui sont pour ainsi dire distri-

644 | ACTES DES APOTRES, ΧΧΙ, 39-40 — xxir, 1.

e ’ ν Ταρσεὺς τῆς Κιλικίας οὐχ ἀσήμου πόλεως πολίτης δέομαι δέ σου, ἐπίτρεψόν por λαλῆσαι πρὸς τὸν λαόν. #0. ἐπιτρέψαντος δὲ αὐτοῦ ὁ Παῦλος ἑστὼς ἐπὶ τῶν ἀνὰκ

ὀραϊδι. διαλέχτῳ λέγων" CHAPITRE ΧΧΤΕ

XXI, 1. ΓΑνδρες ἀδελφοὶ χαὶ πατέρες» ἀκούσατέ μου τῆς πρὸς ὑμᾶς νυνὶ ἀπολο--

butifs, Page explique ainsi la réponse de Paul : Pour moi, en ce qui concerne votre “question, qui je suis, je suis un homme juif, ἄνθρωπος μέν Toudaios εἶμι, mais d’autre part je vous demande, δέομαι δέ. — ἄνθρωπος : répondant au Chiliarque, Paul emploie un terme plus humble que ἀνήρ, dont il se sert quand il parle à la foule, xxn, 3; λαλῆσαι : Blass fait ressortir l’espérance que Paul avait en son peuple. Ἰουδαῖος : Paul affirme qu'il est Juif; le chiliarque aurait pu croire en l’entendant parler grec qu'il était un étranger, et que par conséquent il avait profané le Temple en y entrant. Tapoeie, habi-

tant de Tarse; τῆς Κιλικίας est complément de πόλεως. La Vulgate change la forme de la

phrase : Judaeus a Tarso Ciliciae non ignota civitatis municeps : d traduit plus littéralement : Tarsinsis, Ciliciae non ignote civitatis civis. Le codex D dit simplement : ἐγὼ ἄνθροπος μέν εἰμι Ιουδαῖος" ἐν ταρσῷ δέ τὴς κιλικίας γεγεννημένος δάιομε [δέομαι] δὲ σου suvpwpñau ο μοὶ λαλῆσαι πρὸς τὸν λαόν : d traduit un autre texte grec. — οὐκ ἀσήμου πόλεως, litote; ᾿ ἄσημος signifie dépourvu de signes, non remarquable. Josèphe, Ant. jud. τ, 6,7 dit que Tarse était la ville la plus importante de la Cilicie. Elle portait. dans ses médailles le titre de μητρόπολις αὐτόνομος, cf. EuriPlbe, Jon, 8 : οὐκ ἀσήμος Ἑλλήνων. πόλις, WETSTEIN, cf, 1x, 80. — πολίτης, citoyen de Tarse. Paul jouissait de tous les droits des citoyens de - cette ville, cf. 1x, 30. δέομαι σου, ἐπίτρεψον : après les verbes de demande, celle-ci se fait . dans le style direct, à l'impératif, cf. vir, 34. λαλῆσαι, sperabat Paulus populum oratione se placare posse : quae spes quamvis irrita fuerit, praeclarum est documentum animi illius viri, qui populi sui summo amore imbutus nunquam de eo desperare potuit,. Rom. x1, 11, BLass. |

+ ÿ 40) ἐπιτρέψαντος δὲ αὐτοῦ : la réponse de Paul dissipe les soupçons du Chiliarque. Celui-ci lui permit donc de parler au peuple, espérant qu’il parviendrait à l’apaiser, et qu'en tout cas il apprendrait la cause de tout ce tumulte, et ce qu’on reprochait à Paul. — κατέσεισεν τῇ χειρί : Hilgenfeld demande comment Paul qui avait les bras enchaînés a pu faire signe de la main. Il suffira de supposer que suivant la coutume romaine chaque bras de Paul était enchaîné à celui d’un soldat, et Paul restait ainsi libre de ses mouvements.

ὃ Παῦλος ἑστώς : quel noble spectacle, dit saint Chrysostome, om, xivu, que celui de l'Apôtre haranguant le peuple, quoique enchaîné! πολλῆς δὲ σιγῆς γενομένης cf. VIRGILE, En, τ, 148, — Il ne s’agit pas là d’un silence complet, mais seulement d’un silence relatif. —— προσεφώνησεν, avec le datif, comme xxu, 2; aoriste de προσφωνεῖν, adresser la | parole, haranguer,

“Eépatôt διαλέκτῳ, langue hébraïque, c’est-à-dire l’araméen. L’araméen est une langue

sémitique, apparentée à l’hébreu, à l’assyrien et à l’arabe. On en distingue plusieurs

᾿ dialectes : l’'araméen du nord ou syriaque, l’araméen oriental ou de Babylonie, l'araméen occidental de Palestine, lequel se subdivise en dialectes de Jérusalem, de Samarie et de Galilée, C’est vers le temps des Macchabées, que l’araméen paraît avoir pris en Palestine la prépondérance définitive comme langue populaire.

Tarse, ville de Cilicie, qui n’est pas sans renom. Mais, je te prie, permets« moi de parler au peuple. 40. [Le Chiliarque] 16 lui ayant permis, Paul, se tenant sur les degrés, fit signe de la main au peuple. Un grand silence s'étant fait, il leur adressa la parole en langue hébraïque, disant :

Page 1