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CHAPITRE XXII

xx11, 1, Hommes frères et pères, écoutez ce que j'ai à vous dire main-

Il ressort d’ailleurs de tous les témoignages anciens que les habitants de la Palestine, au temps de Jésus-Christ, parlaient l’araméen, qu’on appelait plus ordinairement le syriaque. Actuellement, on a réservé ce nom à l'araméen septentrional, celui d'Édesse, et on donne le nom d'araméen occidental à la langue que parlait Jésus- ‘Christ. Cet araméen occidental n’était pas un jargon hébreu, comme on l’a dit quelquefois, mais bien une véritable langue, que nous avons vue très répandue aux ixe-vine siècles avant Jésus-Christ. Il est possible qu’on l’ait appelée ἑδραΐστι de ce fait que l’araméen parlé par les Juifs était altéré par l'introduction de mots hébreux, ou bien cette dénomination provient peut-être de ce qu'on voulait, par rapport au grec ou au latin, marquer que c’était la langue des Hébreux; é6patou, expression employée par les Grecs, signifiait donc simplement : langue des Hébreux.

Paul avait dû apprendre le dialecte hiérosolomytain lors de son séjour à Jérusalem pendant sa jeunesse, ou plutôt dans la maison paternelle à Tarse, où ses parents, tout en sachant le grec, devaient parler l’araméen, langue nationale des Juifs au r* siècle. Paul déclare en effet, II Cor. χι, 27; Philip. nr, 5, qu'il est hébreu, né d'Hébreux, ce qui paraît signifier non seulement qu'il est Juif de race, mais que l’araméen est la langue de sa famille, sa langue maternelle, la qualification d’hébreu semblant désigner vi, 1 le Juif qui parle araméen, à la différence de l’Helléniste, le Juif qui parle grec.

D'après Preuschen on ne peut répondre à la question, s’il est psychologiquement admissible que Paul, au moment du grand danger que courait sa vie, pensait à faire un discours, et de plus s’il est possible qu’une foule déchaînée se soit tue immédiate ment sur un signe de Paul. Par contre, cela répond à l’habitude de l’auteur d’intercaler des discours à tous les points importants de l'exposé. — Tout ceci est une pure supposition qui ne prouve rien. On pourrait citer des faits analogues qui établissent la véracité du récit des Actes. Il n’est pas impossible que Luc ait entendu ce discours, car les amis de Paul ont dû avoir connaïssance de ce tumulte de la foule qui troublait toute la ville; et 115. se sont rendus sur le lieu du rassemblement.

ΧΧΙΙ, 4-21 : Discours DE PAUL AUX JUIFS DE JÉRUSALEM.

Paul essaye d’apaiser la fareur du peuple : tout son discours tend à prouver qu’il n'est pas un ennemi de la Loï, comme on l’en accuse. Et d’abord, afin d’être compris de tous les Juifs présents, il leur parle dans la langue populaire, l'araméen, ce qui lui permettait de parler plus librement à ses frères, et de les entretenir de faits religieux, qu’il ne voulait pas faire entendre aux étrangers qui étaient autour de lui. Il insiste sur son éducation juive, aux pieds d’un docteur excellent, estimé de tous pour son zèle concernant la Loi. Lors de 88 conversion, il a été guidé par un Ananias, un homme pieux selon la Loi; il a entretenu de bons rapports avec les Juifs de Damas, et à Jérusalem il a fréquenté le Temple. Mais dès que Paul fait allusion à

γίας. 2. dnoboavres δὲ ὅτι τῇ Πιόραΐδι διαλέκτῳ προσεφώνει αὐτοῖς, μᾶλλον παρέσχον ἡσυχίαν. χαί φησιν 3. ᾿Εγώ εἶμι ἀνὴρ ᾿Ιουδαῖος, Ὑεγεννημένος ἐν Ταρσῷ τῆς Κιλικίας, ἀνατεθραμιμένος δὲ ἐν τὴ πόλει ταύτῃ; παρὰ τοὺς πόδας Γαμαλιὴλ πεπαιδευμένος χατὰ ἀχρίόδειαν τοῦ πατρῴου νόμου, ζηλωτὴς ὑπάρχων τοῦ Θεοῦ καθὼς πάντες

ἤν -» 2 x r . ἃ 4 τ εν ΚΟ μα # ! 7 \ ὑμεῖς ἐστὲ σήμερον᾽ ἱι. ὃς ταύτην τὴν ὁδὸν ἐδίωξα ἄχρι θανάτου, δεσμεύων nat Tapa=

l’ordre qu’il ἃ reçu de Dieu de prêcher le salut aux gentils, il est interrompu et menacé de mort.

Le discours de Paul se divise naturellement en trois parties : 1, son origine, son éducation, son zèle pour persécuter l’Église, 1-5; n, sa conversion et son baptême,

6-16; m1, sa vocation à la conversion des gentils confirmée par un ordre du Saint- Fsprit, 17-21.

Υ 1) λνδρες ἀδελφοὶ χαὶ πατέρες : Paul s’adressait à ses frères de race et à ses pères, à çeux qui étaient constitués en autorité, les sanhédrites, prêtres, scribes ou anciens, qu'il avait peut-être vus mêlés à la foule. C’est un exode conciliant qui rappelle celui d'Étienne, vn, 2, et bien à sa place puisque Paul voulait apaïser le peuple. Pas de flatterie dans ses paroles, tout y est sage et modeste. Il ne dit pas : Seigneurs ; mais : « mes frères ». Je ne suis pas un étranger pour vous. (Mes frères et mes pères:;) langage qui les honore et leur rappelle les liens qui les unissent tous. CHRYSOSTOME, Hom. XLVIxX. — ἀχούσατε μου τῆς πρὸς ὑμᾶς ἀπολογίας : μου peut être le complément de ἀχούσατε, et alors ce verbe gouverne deux génitifs, celui de la personne et celui de la chose, forme classique; ou plus probablement μου serait le complément de ἀπολογίας, cf. II Tim. 1v, 16. Paul se présente en suppliant. Οὐχ εἴπε, διδασκαλίας, οὐδὲ δημηγορίας, ἀλλὰ ἀπολογίας" ἐν τάξει ixérou ἑαυτὸν καθίστησιν. CHrys. ibid.

Ÿ 2) προσεφώνει : ici seulement et dans Paul μᾶλλον παρέσχον fouylav : phrase de la Koinè, qu'on trouve dans Plutarque, Dion d'Halicarnasse et les Septante.

Υ 3) Paul était fier de son origine, de sa nationalité et de son attachement à la loi de ses pères, xxvi. 4, 5; Gal. 1, 13, 14; Philip. m, 5, 6. — Après ἐγώ, leçon de ABDE Vlg. Sah. Arm., HLP 614 Harkl. ajoutent μέν qui forme opposition avec ἀνατεθραμμένος, mais il semble qu’il serait mieux placé après γεγεννημένος : l’opposition est entre la naissance de Paul à l’étranger et son éducation à Jérusalem. — Κιλικίας ne dépend pas de πόλει sous-entendu, mais de ἐν Ταρσῷ; c'est un génitif de possession; Paul déclare nettement qu'il est né à Tarse. Saint Jérôme ἃ donc été trompé par la tradition qui fait naître Paul à Giscala en Galilée : Paulus de tribu Benjamin et oppido Judaeaë Gischalis fuit, quo ἃ Romanis capto cum parentibus suis Tarsum Ciliciæ cummigravit, de Viris, 5, ΠῚ

Bien que Juif étranger par sa naissance, Paul était le compatriote des Hiérosolomytains, puisqu'il avait été élevé à Jérusalem. La virgule peut être placée après ταύτῃ ou après Γαμαλιήλ. Dans la première hypothèse ἀνατεθραμμένος serait entendu au sens matériel de nourrir, comme vu, 20 et probablement Ze. 1v, 16; c'est le sens obvie : il formerait une opposition très nette avec πεπαιδευμένος qui viserait l'éducation intel-

lectuelle de Paul. ἀνατεθραμμένος au moyen, signifie d’abord nourrir, cf. Sag. vu, 4. Il.

semble bien qu’il est entendu ainsi chez les classiques. Si l’on admet ce sens, Paul

serait venu à Jérusalem étant encore enfant. — Dans la seconde hypothèse la DH ᾿

reste très régulière, presque dans la forme parallèle : chaque membre de phrase com- mence par un participe. ἀνατεθραμμένος est entendu dans son sens dérivé de élever, former l'âme, IV Macc. x, 2; x1, 15 οἱ peut-être Ze. 1v, 16. 11 semble bien que Paul a

tenant pour ma défense. 2. Et entendant qu’il leur parlait en langue hébraïque, ils firent encore plus silence. Et [Paul] dit : 8. Je suis un homme juif, né à Tarse de Cilicie; mais j'ai été nourri (élevé) dans cette ville-ci instruit aux pieds de Gamaliel selon (dans) toute l’exactitude de la Loi des pères, zélateur de Dieu comme vous l’êtes tous aujourd’hui. 4. J'ai poursuivi à mort cette voie (secte), enchainant et livrant aux prisons hommes

entendu le terme en ce sens, car il importait peu aux Juifs de savoir qu'il avait été nourri à Jérusalem, tandis qu'ils étaient flattés de ce que Paul avait été élevé aux pieds de Gamaliel, que là s'était formé son esprit et par conséquent qu'il s'était pénétré de sa doctrine.

παρὰ τοὺς πόδας : expression proverbiale chez les Juifs, fondée sur ce fait que les élèves se tenaient assis par terre ou sur des escabeaux, aux pieds de leur maître assis sur un siège élevé : c’est encore la coutume en Orient. D ἃ παιδεύμενος, étant instruit, au participe présent comme ὑπάρχων. — χατὰ ἀχρίδειαν — χατὰ τὴν ἀχριδεστάτην αἵρεσιν; ΧΧΥΙ, 5; ici seulement : suivant l'exactitude, exactement. ἀχρίδεια signifie aussi perfection jusqu'aux moindres détails : Paul aurait été instruit parfaitement en suivant la rigueur de la Loi : τοῦ πατρῴου νόμου, xxiv, 14; xxvint, 17. Οὐχ ἁπλῶς νόμου ἀλλὰ τοῦ πατρώου προστίθησι: δειχνὺς, ὅτι ἄνωθεν τοιοῦτος ἦν, καὶ οὐχ ἁπλῶς εἰδὼς τὸν νόμον, CHRYSOSTOME, Hom. ΧΕΙ, 1. Πατρῷα τὰ ἐκ πατέρων εἰς υἱοὺς χωροῦντα, AMMONIUS.

τοῦ πατρῴου νόμου : νόμου est complément de πεπαιδευμένος et non de ἀχρίδειαν : s'il l’avait été de ce dernier terme Paul aurait dû dire : κατὰ τὴν ἀχρίδειαν. Cette loi des pères est-ce seulement la loi mosaïque ou en plus la tradition orale des pères, παράδωσις, que les Pharisiens se flattaient d'observer? Mais dans son épître aux Galates, 1, 14 Paul déclare qu’il était ζηλωτὴς τῶν πατρικῶν pou παραδόσεων. Là, il distingue nettement ces traditions orales de la Loi écrite; Il parle donc ici seulement de la Loi mo- ‘saïque. Paul était donc ζηλωτὴς τοῦ Θεοῦ, leçon de BDE Pesch. Gig. ou legis, Vlg. Chrys. et non ζηλωτὴς ὑπάρχων τῶν πατριχῶν μου παραδόσεων, Harkl; cf. Ga. τ, 14. Le texte peut être ponctué autrement : πεπαιδευμένος κατὰ ἀχρίδειαν, τοῦ πατρῴου νόμου ζηλωτὴς ὑπάρχων [θεοῦ].

Paul était zélateur de Dieu, zélé pour Dieu. La Vulgate adopte une leçon moyenne, aemulator legis. — καθὼς πάντες... σήμερον : il veut ainsi capter la bienveillance de ses auditeurs. Il leur prête des intentions louables et non des motifs humains. En quoi il se proposait de se concilier leur bienveillance, de les prévenir en sa faveur, et de fixer leur attention sur des points parfaitement inoffensifs. Carys. om. x1vu, 1: Paul reconnaît ici le zèle des Juifs pour Dieu comme il l’a déjà fait dans son épître aux Romains, x, 2 : μαρτυρῶ γὰρ αὐτοῖς ὅτι ζῆλον Θεοῦ ἔχουσιν. Paul reconnaît ce qui l’unit aux Juifs, le zèle pour le même Dieu, pour sa gloire; il ἃ passé sous silence ce qui le divise d'avec eux : la messianité de Jésus et l'admission des païens au salut.

ÿ 4) Paul raconte comment par ses actes il s’est montré zélé pour Dieu et pour la Loi. — ὃς, c’est-à-dire, moi qui, quippe qui. ταύτην τὴν ὁδόν, cette voie, la foi chrétienne, cf. 1x, 2; xvin, 25; χιχ, 9, 28, — ἄχρι θανάτου jusqu'à mort; expression non littérale, mais figurée, comme en français : il les poursuivait à mort, non pas qu'il en ait fait tuer aucun, ainsi que l’indiquent les participes suivants : δεσμεύων, les chargeant de chaînes et xai παραδιδοὺς εἰς φυλαχάς, les jetant aux prisons. Cependant il fait peut-être allusion au meurtre d'Étienne, — εἰς φυλακάς au pluriel; Paul les a jetés dans plusieurs prisons comme il explique xxvi, 11 : dans ma fureur, je les poursuivais même jusque dans des villes étrangères. — Paul poursuivait non seulement les hommes mais aussi les femmes,

es

διδοὺς εἰς φυλακὰς ἄνδρας τε καὶ γυναῖκας, D. de χαὶ ὁ ἀρχιερεὺς μαρτυρεῖ μοι. καὶ πᾶν τὸ πρεσόυτέριον, παρ᾽ ὧν χαὶ ἐπιστολὰς δεξάμενος πρὸς τοὺς ἀδελφοὺς εἰς Δαμασχὸν ἐπορευόμην ἄξων τοὺς ἐχεῖσε ὄντας δεδεμένους εἰς Ἱερουσαλὴν, ἵνα τιμὼωθηθῶσιν. 6. ἐγένετο δέ μοι πορευομένῳ χὰὶ ἐγγίζοντι τὴ Δαμασχῷ περὶ μεσημθρίαν “ἐξαίφνης ἐλ τοῦ οὐρανοῦ περιαστράψαι φῶς ἱχανὸν “περὶ ἐμέ" T. ἔπεσά τε εἰς τὸ ἔδαφος χαὶ ἤχουσα φωνῆς λεγούσης pot Σαοὺλ Σαούλ, τί pe διώχεις ; 8. ᾿Εγὼ δὲ ἀπεχρίθην᾽ Τίς εἶ, Κύριε; εἶπέν τε πρὸς ἐμέ" ᾿Εγώ εἰμι ᾿Ιησοῦς ὁ Ναζωραῖος, ὃν σὺ διώκεις. 9. οἱ δὲ σὺν ἐμοὶ ὄντες τὸ μὲν φῶς ἐθεάσαντο, τὴν δὲ φωνὴν οὐχ ἤκουσαν τοῦ λαλοῦντὸς μοι. 10. Εἶπον δέ’ Τί ποιήσω, Κύριε; ὁ δὲ Κύριος εἶπεν πρός me’ ᾿Αναστὰς πορεύου εἰς Δαμασχόν, κἀκεῖ σοι λαληθήσεται περὶ πάντων ὧν τέταχταί σοι ποιῆσαι. 11. ὡς δὲ οὐχ ἐνέόλεπον ἀπὸ τῆς δόξης τοῦ φωτὸς ἑχείνου; χειραγωγούμενος ὑπὸ τῶν συνόντων mot ἦλθον εἰς Δαμασχόν. 12. ᾿Ανανίας δέ τις; ἀνὴρ εὐλαδὴς κατὰ τὸν

Ÿ 5) ὡς καὶ ὁ ἀρχιερεύς, le grand prêtre en exercice à cette époque, probablement Gaïphe, duquel Paul avait obtenu des lettres de recommandation pour les synagogues et qui fut destitué en l’an 36 par Vitellius, ou peut-être Théophile, grand prêtre de

87 à 41. Le grand prêtre du moment était Ananias, 47-53, ce qu’atteste l'Harkléenne;

ὁ ἀρχιερεὺς ᾿Ανανίας. μαρτυρεῖ, au présent ce qui indique que Gaïphe était encore vivant. D ἃ μαρτυρήσει, au futur; Ba ἐμαρτύρει à l'imparfait. —— πᾶν (ὄλον D) rpecéuréprov, tout le Sanhédrin, non classique. Gigas a pontifex et totum concilium mihi perhibent et omnes seniores. — πρὸς τοὺς ἀδελφοῦς εἰς Δαμασκόν, pour les Juifs habitant Damas, auxquels Paul

donne le nom de frères, nom que se donnaient entre eux les Juifs, Ex, n, 41, 14; Deut.

xv, 3 et qu'emploie Paul pour montrer qu'il n’était pas hostile à ses compatriotes, qu'il

ne leur était pas même étranger, qu'ils étaient encore ses frères. Dans ses épîtres Paul ἃ souvent appelé les Juifs ses frères, Rom. 1x, 3 etc. — ἐπορευόμην, je voyageais vers

Damas, pergebam, Vig, ἄξων, anacoluthe : participe futur de ἀγω devant amener : c'était le but du voyage. τοὺς ἐκεῖσε ὄντας ; si l'attention est portée sur ἐχεῖσε, Paul veut dire ceux qui étaient (venus) là à Damas, c’est-à-dire les chrétiens qui s'étaient réfugiés à Damas à la suite de la persécution lors du meurtre d’Étienne. ἐκεῖσε marque un mouvement, un déplacement d’un lieu à un autre; cf, βαρ. Oxyr. 1, p. 119 ἐχῖσε διατρίθουσιν. Il est possible que ἐκεῖσε soit pour êxet, D, comme éudse pour ὁμοῦ, classique, et alors Paul veut dire les fidèles qui étaient 1à ἃ Damas depuis plus ou moïns de temps. Il faït donc allusion à tous les fidèles de Damas qui étaient là depuis longtemps. — ἵνα τιμωρηθῶσιν, subjonctif aoriste passif de τιμωρέω, venger, secourir; rarement au sens transitif, punir; au moyen, punir. Il serait donc pour χολασθῶσιν de χολάζω, châtier, punir. La punition était la prison, ἡ & et vur, 3; les verges, Ÿ 19 et ἼΧΧΥΙῚ, 11, ou 18 mort, vin, 4. Après τιμωρηθῶσιν Gigas ajoute : si qui de hac via essent. Paul était donc plein de zèle pour la Loï. Cf. CHrysosrome, Hom. xLvir.

Y 6) Paul raconte sa conversion afin de montrer qu'il est devenu chrétien par l’intervention de Dieu; il ne peut produire aucun témoin de ce qu'il va raconter, mais la véracité des faits ressort de leur ensemble. ‘Ce n'est pas la crainte, remarquez-le bien, ‘qui inspire la défense de l’Apôtre; c'est plutôt le désir de les instruire δὲ de les éclairer. ΤΙ fallait que ses auditeurs eussent le cœur plus dur qu’une pierre pour ne pas être touchés par son langage, CHrys. Mom. xLvit, 2. μοι πορευομένῳ n'est pas un datif absolu, | il est gouverné par éyéveros le participe présent est mis pour l'imparfait. — περὶ μεσημ- 6plav, vers le milieu du jour, pour εἰς ἡμέραν μέσην. Paul précise ici et xxvI, 7 mais non 1x, 3 que la vision lui apparut à midi vers le milieu du jour. ἐξαίφνης, ici et 1x, 3, non ΧΧΥ͂Ι, 12. — φῶς ἱκανὸν : Paul vit La vision à midi en pleine lumière : il n’a donc pas

Σ : ACTES DES APOTRES, xxH, 4-12. 649 Ἶ

et femmes, 5 comme le grand prêtre lui-même m'en rend témoignage ainsi que tout le collège des anciens; ayant même reçu d'eux des lettres pour les frères, j'allais à Damas pour amener aussi enchainés ceux qui étaient [venus] là, afin qu'ils fussent punis. 6. Or, il arriva lorsque j'étais : en chemin et que j’approchaïs de Damas, que tout à coup, vers midi, une grande lumière venant du ciel, resplendit autour de moi. 7. Je tombai sur le sol et j'entendis une voix qui me disait : Saul, Saul, pourquoi me poursuis-tu? 8. Je répondis : Qui es-tu, Seigneur? Et il me dit : Je suis Jésus le Nazaréen, que tu poursuis. 9. Ceux qui étaient avec moi virent bien la lumière, mais ils n’entendirent pas la voix de celui qui me parlait. 10. Alors je dis : Que ferai-je, Seigneur? Et le Seigneur me dit : Lève-toi, va à Damas et Là on te parlera de tout ce qu’il t'est imposé de faire. 11. Et comme je n'y voyais pas à cause de l'éclat de cette lumière ce fut conduit à la main par ceux qui étaient avec moi que j'arrivai à Damas. 12. Or, un certain Ananias, homme pieux selon la Loi, et de qui tous les

pu prendre Jésus qui lui apparaissait comme ‘un fantôme, ce qui eût été possible au milieu des ténèbres de la nuit. L’éclat surnaturel de cette lumière est marqué ÿ 14, ἀπὸ τῆς δόξης τοῦ φωτός --- περιαστράψαι, infinitif aoriste ce περιαστράπτω, Cf. 1x, 8.

Ὑ 7) ἔπεσα, forme alexandrine, Wiwer, au lieu de ἔπεσον. εἰς τὸ ἔδαφος, sur le sol : ici seulement dans le N. T. au lieu de ἐπὶ τὴν γῆν, 1x, ὁ et xxvi, 14. ἃ insère ici : durum est tibi contra stimulum calcitrare, que n’a pas le texte grec. — Ce ÿ 7 se présente sous diverses formes dans les témoins occidentaux. Voici le texte de D : ἐγγίζοντι δέ μος. ueonuéplas Δαμασχῷ,

ἡ 8, 9) ἀπεχρίθην, aoriste passif de ἀποχρίνω, au lieu de ἀπεχρινάμην. — οἱ δὲ σὺν ἐμοὶ ὄντες = οἱ συνοδεύοντες αὐτῷ, 1x, 7; τοὺς σὺν ἐμοὶ πορευομένους, xx vI, 14 : ce sont probablement des assistants de Paul. ὃ Ναζωραῖος, épithète ajoutée au nom de Jésus ici et non 1x, 5 et xxvt, 11. Paul a appelé Jésus le Nazaréen pour que les Juifs ici présents pussent le distinguer des autres Juifs portant ce même nom.

Après ἐθεάσαντο, DEHLP Sah. Harkl. Gig ajoutent xat ἔμφοδοι ἐγένοντο, ἃ et intimorati facti sunt, omis par KR AB Pesch. Boh. Arm. Vig. Cette addition est une variante de εἰστήχεισαν ἐνεοί de ΙΧ, 7, — τὴν δὲ φωνὴν οὐχ ἤχουσαν : les assistants n'ont pas entendu la voix d’une façon distincte, c’est-à-dire ils n’ont pas compris la voix qui parlait à Paul. Cette observation que les compagnons de Paul ont vu la lumière sans entendre des paroles relève l’objectivité de l'apparition, destinée seulement au futur apôtre.

ÿ 10) τί ποιήσω", qu’ai-je ἃ faire? Subjonctif de délibération. πάντων ὧν τέταχταί σοι : ὧν par attraction avec πάντων. — τέταχται, parfait passif de τάσσω, DEAR fixer, diminuer, il est plus expressif que λαλήθησεται 1x, 6.

Υ 11) οὐχ ἐνέδλεπον, intransitif. D a οὐδὲν ἐνέόλεπον, sens plus clair; οὐχ ἔνέόλεπον pour οὐδὲν ἐνέδλεπον n’a pas d'exemple parallèle. ἃ Harkl. mg. ont ὡς δὲ ἀνέστην οὐχ ἐνέδλεπον. — Ch. 1x, 8, il est parlé du fait de la cécité de Paul. Ici, l’Apôtre se souvient qu’elle a été causée par l'éclat de la lumière qui l’environnait. — ἀπὸ τῆς δόξης : ἀπό — dx; pour exprimer le motif les classiques préféraient ἀπό : τῆς δόξης, hébreu, chabor; cf. 1 Cor. xv, 40; IT Cor. nr, 7; Le. 1x, 81; Act. νι, 55. Cette δώξα était-ce la shekinah?

ÿ 12) Paul précise la physionomie et-le caractère d'Ananias; il insiste sur ce fait

νόμον, μαρτυρούμενος ὑπὸ πάντων τῶν χατοιχούντων ᾿Ιουδαίων, 13. ἐλθὼν πρὸς ἐμὲ noi ἐπιστὰς εἶπέν ou” Σαοὺλ ἀδελφέ, ἀνάόλεψον. χἀγὼ αὐτὴ τῇ ὥρᾳ ἀνέόλεψα εἰς αὐτόν. {{ι. ὁ δὲ εἶπεν. Ὃ Θεὸς τῶν πατέρων ἡμῶν προεχειρίσατό σε γνῶναι τὸ θέλημα αὐτοῦ χαὶ ἰδεῖν τὸν δίκαιον χαὶ ἀκοῦσαι φωνὴν Ex τοῦ στόματος αὐτοῦ, 15. ὅτι ἔσῃ μάρτυς αὐτῷ πρὸς πάντας ἀνθρώπους ὧν ἑώραχας χαὶ ἤχουσας. 16. χαὶ νῦν τί μέλλεις ; ἀναστὰς βάπτισαι nat ἀπόλουσαι τὰς ἁμαρτίας σου ἐπιχαλεσάμενος τὸ ὄνομα αὐτοῦ. 17. ἐγένετο δέ μοι ὑποστρέψαντι εἰς ᾿Ἱερουσαλὴμ, χαὶ προσευχομένου

pd €

= , e RSR x À pod ἐν τῷ ἱερῷ, γενέσθαι με ἐν ἑχστάσει, 18. χαὶ ἰδεῖν αὐτὸν λέγοντά por Σπεῦσον

qui devait plaire aux Juifs, que c'était un homme pieux selon la Loi, et estimé de tous les Juifs habitant Damas. edlaéd consciencieux, religieux, leçon de Ν᾿ BLP Chrys.; ἃ timoratus; εὐσεδής, pieux, religieux, leçon de E Harkl.; Α et la Vlg. omettent cette épithète.

μαρτυρούμενος ὑπὸ πάντων : Ananias observait strictement la Loi et tous les Juifs lui rendaient témoignage à ce sujet. Paul omet prudemment de dire qu'Ananias était un disciple du Christ, 1x, 10; il ne parle pas non plus de la vision d’Ananias, 1x, 10 ss., qui n’avait aucune importance pour les assistants et pouvait au contraire leur déplaire par l’allusion faite aux gentils. — τῶν χατοιχούντων sous-entendu ἐν Δαμασχῷ; ce participe semble indiquer qu'Ananias était un habitant de Damas.

ΟΥ̓ 13) ἐπιστάς, se tenir auprès, fréquent dans Luc, 11, 1; ἵν, 39, etc. ἀνάδλεψον, aoriste impératif de ἀναδλέπω, qui signifie au sens transitif regarder, contempler; c’est le sens de ἀνέδλεψα εἰς αὐτόν, Ÿ 18 tandis que au sens intransitif il signifie recouvrer la vue comme ici, ἀνάδλεψον. — αὐτῇ τῇ ὥρᾳ, et moi à cette même heure je le regardais : l’effet

τς ἃ suivi immédiatement la cause. è

Υ 14) 6 δέ se rapporte à αὐτόν — ὁ Θεὸς τῶν πατέρων ἡμῶν, encore une phrase conciliatrice. προεχειρίσατο; Cf. 11, 20; aoriste moyen de προχειρίζω; au moyen, employer, mettre en œuvre, choisir, désigner. Dieu a choisi Paul d'avance, d’après son plan prévu, Gal, 1, 15. τὸν δίκαιον, Cf, 111, 14; vi, 52. Paul affirme que celui que les Juifs ont condamné était le Juste par excellence. — φωνὴν ἐκ τοῦ στόματος αὐτοῦ, une voix, une parole de sa bouche, celle que Paul a entendue lors de sa conversion.

Υ 15) ἔσῃ μάρτυς αὐτῷ, témoin pour lui. Dieu s'est révélé à Paul pour qu’il soit son témoin, Gal. τ, 16, {va εὐαγγελίζωμαι αὐτὸν ἐν τοῖς ἔθνεσιν. Les instructions d'Ananias à Paul sont plus complètes ici que 1x, 17. πρὸς πάντας ἀνθρώπους : Paul évite de se servir du terme : précis τὰ ἔθνη qui aurait pu faire broncher les assistants. — ὧν ἑώρακας χαὶ ἤχουσας, au parfait, et à l’aoriste; ce changement de temps est accidentel, cf. Jn. ur, 22. Blass y voit cependant une intention; perfectum quia viso Christo Paulus id adeptus est quod caeteri apostoli; ergo ipse quoque I Cor. 1x, 1 : οὐχὶ Ἰησοῦν τὸν Κύριον ἡμῶν ξώραχα; minoris momenti erat τὸ axoveiv; inde aor. BLass. Paul réclame ici ses droits à un plein apostolat, cf. xxvi, 16.

Ÿ 16) καὶ νῦν, fréquent dans les Actes, maïs jamais dans l’évangile de Luc pour introduire une sentence, Hawxins, p. 145. τί μέλλεις : hésiter, différer, tarder, quid moraris, Vlg. ici seulement en ce sens dans le N.T., mais se trouve souvent chez les classiques, Escuvce, Prom, 36; Taucynine, Sopnocze; cf. WETSTBIN. ἀναστάς est opposé à τί μέλλεις : L'étant levé, c’est-à-dire sans délai, sois baptisé, βάπτισαι est à l'impératif aoriste moyen : littéralement, aie toi-même baptisé, fais-toi baptiser. Paul ne doit pas être passif dans cette circonstance ; il doit être agent à un certain degré de son baptême :

Juifs habitant [Damas] rendaient témoignage, 13 étant venu vers moi et se tenant auprès de moi, me dit : Saul [mon] frère, regarde, [recouvre la vue]. Et au même instant je le regardai. 14. Et il dit : Le Dieu de nos pères t'a choisi d’avance pour connaître sa volonté, pour voir le Juste et pour entendre la voix de sa bouche, 15 parce que tu lui seras témoin auprès de tous les hommes des choses que tu as vues et entendues. 16. Et maintenant que tardes-tu? Lève-toi, fais-toi baptiser et lave-toi de tes péchés en invoquant son nom. 17. Il m’arriva ensuite qu'étant retourné à Jérusalem, comme je priais dans’ le temple, je fus en extase 18 et je Le [Jésus]

il fait agir quelqu'un pour lui-même. Le moyen indique la part que le sujet prend à l’action. Un des usages du moyen, dit Winer, est d'exprimer un acte qu'une personne amène un autre à faire de lui-même un acte en sa faveur. L'impératif passif latin, baptizare, Vig. ne rend pas cette nuance. — ἀπόλουσαι, impératif aoriste moyen : aietoi lavé, lave-toi de tes péchés. Ces deux impératifs sont réunis de façon que le second indique ce qui va suivre, si le fait indiqué par le premier est exécuté : si tu te fais baptiser, tu seras purifié de tes péchés. Les deux verbes montrent, l'un un signe extérieur et visible, l’autre la grâce intérieure et spirituelle dans le baptème. ἐπικαλεσάμενος : participe aoriste moyen, ayant invoqué pour toi son nom; sur le sens ει de cette expression, cf. 11, 21; ayant professé ta δὶ envers lui, 1x, 14, 21. Par cette invocation Paul confessait que Jésus était le Seigneur. Nous avons ici une des nombreuses preuves de la divinité de Jésus-Christ, répandues dans le livre des Actes, 1 Cor. 1, 2. Le nom de Dieu seul est invoqué. — Le baptême doit être accompagné de la profession de foi en Jésus-Christ, Rom. x, 13. Au lieu de αὐτοῦ, N ABE ἃ Pesch. Harkl, Vig. Gig — HLP ont Κύριου, pour préciser le sens du texte. — Ici, comme ‘ch. 1x, l’ordre est donné par Ananias, tandis que ch. xxvi il est donné par le Seigneur : il n’y a pas contradiction; car, quod quis per alium facit id ipse fecisse putatur.

Υ 17) ἐγένετο δέ μοι ὑποστρέψαντι εἰς Ἰερουσαλήμ. : μοι ὑποστρέψαντι n'est pas un datif absolu mais se rapporte ἃ ἐγένετο, À quel voyage Paul fait-il allusion? probablement à sa première visite à Jérusalem après sa conversion, Lienrroor, Gal. p. 84, 93, 125. C’est ce qu’indique le verbe ὑποστρέφω, à l’intransitif, retourner dans un lieu. Ramsay, Paul, p. 41, pense qu'il s’agit ici de sa seconde visite, lorsqu'il porta à Jérusalem les offrandes de l'église d’Antioche, χι, 30, — ἐγένετο dé, 17 fois dans Luc, 21 fois dans Actes, suivi de l’infinitif, προσευχομένου μου ἐν τῷ ἱερῴ : la construction est changée, au lieu du datif on a un génitif absolu. γενέσθαι pe : le pronom est à l'accusatif à cause du génitif absolu intercurrent : pour cette construction, cf. BurrTon, p. 175; Brass, p. 247. Ces changements de construction sont caractéristiques de la langue hellénistique. Blass améliore la construction en supprimant καί avant προσευχομένου. E des min. Vulg. Gig. la changent en mettant προσευχουμένῳ sas μοι, — ἐν ἐχστάσει, On ἃ voulu identifier cette vision avec celle dont parle Paul, 11 Cor. xu, 2, mais ces deux visions diffèrent trop de caractère pour être la même. γένεσθαι μὲ ἐν ἐκστάσει en opposition avec γένεσθαι ἐν ἑαυτῷ, ΧΠ 11:

Cette parole de Paul : Lorsque j'étais en prière dans le Temple, prouve aux Juifs que pour lui le Temple était toujours un lieu de prière, qu’il le fréquentait, et qu'il était donc bien à tort accusé de parler contre lui.

Ÿ 18) ἰδεῖν αὐτόν : Paul ne nomme pas Jésus pour ne pas offusquer les Juifs. σπεῦσον χαὶ ἔξελθε, est un hébraïsme pour σπεύσας ἔξελθε, οἵ, Lo, x1x, 5. ἔξελθε ἐν τάχει, Si l’on admet

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