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CHAPITRE XXIV

XXIV, 1. Or, cinq jours après, le grand prêtre Ananias descendit avec quelques anciens et un avocat, un certain Tertullus, qui portèrent plainte au procurateur contre Paul. 2. Celui-ci ayant été appelé, Tertullus commença à l’accuser en disant : Jouissant grâce à toi d’une paix profonde et des réformes que cette nation doit à ta prévoyance, 3 nous Les accueillons

ἐνεφάνισαν, aoriste 2 de ἐμφανίζω, rendre visible, faire voir, donner des renseignements. C’est ici un terme technique au sens de déposer une plainte. Les sanhédrites informent le procurateur qu’ils accusaient Paul. Le commencement de toute action judiciaire consistait dans une déclaration formelle de la part de l’accusateur, qu’il voulait poursuivre telle personne comme coupable d’un crime. Ce qu'ils demandaient surtout, c’est que 16 procurateur leur livrât Paul pour le juger. — Insinuaverunt, ἃ; adierunt, Vlg. ne rendent pas exactement le sens.

ÿ 2) Il ne faut pas s'attendre, dit Preuschen, à un procès-verbal des débats. L’accusation, aussi bien que la défense, sont des exercices de rhétorique, développant un thème coutumier. C'était possible pour Tertullus, mais peu compréhensible chez Paul. Blass ne sait pas ce qui doit être attribué à l’orateur ou à l'écrivain qui a pu facilement l'entendre. χληθέντος, Paul est appelé : Aussitôt après la déclaration du Sanhédrin, c'est-à-dire le même jour, nous avons la production des charges contre Paul; la loi romaine assurait ce privilège aux accusés, cf. xxvi, 16. — ἤρξατο κατηγορεῖν. Tertullus se mit à accuser Paul, après un exorde de style, une captatio benevolentiae, où il flatte ‘ bassement Félix, lui attribuant l'existence de la paix, le félicitant des bienfaits d’une bonne administration; il accuse Paul dé sédition, d’hérésie et de profanation du Temple. Son discours a été assez habilement présenté.

πολλῆς εἰρήνης τυγχάνοντες διὰ σοῦ : τυγχάνω signifie obtenir, recevoir, d’où jouir. Cette proposition particulière est le complément de ἀποδεχόμεθα ; il faudrait traduire littéralement : que nous jouissions grâce à toi de la paix et des réformes dues à ta prévoyance, nous le reconnaissons. Les gouverneurs romains s’enorgueillissaient surtout d’avoir maintenu la paix dans leurs provinces. ὕὌπριεν, De Officio Praesidis. Cf. WerstTen. Tertullus loue impudemment le procurateur d’avoir maintenu la paix dans le pays, probablement parce qu'il avait détruit les bandes de sicaires qui infestaient la contrée, Josèpne, Guer. jud. 11, 13, 2; Ant. jud. xx, 8, 5. Mais en réalité le procurateur par sa cruauté excita la haine populaire qui causa plus tard la révolte; il n’hésita pas d’ailleurs à employer les sicaires pour se débarrasser du grand prêtre Jonathan. Schürer estime que son gouvernement commença le drame qui se termina par la chute de Jérusalem, cf. Tate, Ann. xn, 54; Hist. v, 9.

διορθωμάτων : ici seulement dans le N. T. leçon de N ABE 13 61 614 180 Vlg, signifie amendement, réforme, corrections; HLP ont χατορθωμάτων, heureux succès, réussite ; il peut signifier aussi action faite avec justice, droitement. — πολλῆς, joint à εἰρήνης, devrait plutôt être joint à διορθωμάτων, ou bien on pourrait ajouter πολλῶν à celui-ci Les deux génitifs εἰρήνης et διορθωμάτων dépendent de τυγχάνοντες. — γενομένων τῷ ἔθνει τούτῳ : si T'ertullus avait été Juif, il aurait dit τῷ ἔθνει ἡμετέρῳ ; ἔθνος in sermone elegantiore et coram alienigenis. — διὰ τῆς σῆς προνοίας, per tuam providentiam, Vlg., prévoyance, soins de pourvoir l’avenir. On pourrait voir là une marque de basse flatterie : rpovolx équivaut à providentia, terme dont on se sert sur les médailles en les appli-

FA ; ms = UE & > πλεῖόν σε ἐνχόπτω, παραχαλῷ ἀχοῦσαί σε ἡμῶν συντόψως τῇ σῇ \ Ç 5 +. ἊΝ = Ἂν ες La τὸν ἄνδρα τοῦτον λοιμὸν χαὶ χινοῦντα στάσεις πᾶσιν τοῖς

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ων τ dy ΠΝ σεν βεόηλῶσαι, ὃν χαὶ ἔχρατήσαμεν παρ᾽ οὗ δυνήσῃ αὐτὸς

quant aux empereurs et aux dieux : hoc vocabulum saepe diis tribuerunt, Bençez. — πάντῃ τε καὶ πανταχοῦ, paronomase familière à Luc. πάντῃ τε καὶ πανταχοῦ peut être joint à γινομένων ou ἃ ἀποδεχόμεθα : les réformes faites en toutes choses et partout, ou nous recevons toutes choses et partout; les deux sens sont possibles. Le second accentuerait la flatterie; la première construction n’est pas grecque.

ἀποδεχόμεθα seulement dans Luc et les Actes, cf. 11, 41. εὐχαριστίας, gratitude, reconsance ou action de grâces. Les deux sens sont admissibles; la Vulgate, cum omni gratiarum actione, favorise le second.

ΟΥ̓ 4) ἵνα δὲ un... ἐγχόπτω : δέ : quoique je puisse dire encore bien des choses à ta louange, très excellent Félix, afin de ne pas t’arrêter davantage, comme s’il craignait

d’abuser du temps du procurateur. ἐγχόπτω, ἀνθὸ l’accusatif, empêeher, arrêter; non

aptum ἐγχόπτειν, impedire; aptum κόπτειν, fatigare, Brass : leçon de A* 13 49 Sah. Boh.1 donc, afin que je ne te fatigue pas davantage, fatigem, Pesch. Harkl; molestus vim,

… Sah. Boh. — ἐπὶ πλεῖον, davantage, plus longtemps. Ce terme ne se rapporte pas aux

paroles de l’exorde, mais à ce qui va être dit et qui en effet est très court; on pourrait

- même dire insuffisant, Tertullius affirme des accusations, mais n’en prouve aucune.

— ἀχοῦσαί σε ἡμῶν συντόμως, de nous écouter brièvement; συντόμως avec concision,

. rapidement, brièvement; c’est le sens de ce mot avec les verbes λέγειν, εἰπεῖν, γράφειν. Cette phrase est de style : est haec communis oratorum promissio, BLass. Cette

manière de présenter les choses est singulière; le procurateur entendra Tertullus brièvement, parce que celui-ci parlera en peu de mots. Quelques exégètes ont eru

nécessaire d'insérer λεξόντων après ἡμῶν, ce qui rétablirait la régularité de l'expression. — τῇ. σῇ ἐπιειχείᾳ, pro tua clementia, Vig.; breviter nos audiat clementia tua, Gig.

ἐπιειχεία signifie clémence, bienveillance, modération, équité, doux, homme intelligent,

qui juge les choses d’après les lois de l'équité et non d'après la rigueur des termes.

ÿ 5) La première accusation que porte Tertullus contre Paul devait impressionner

le procurateur, lequel se flattait d’avoir établi Ia paix parmi les Juifs. Paul, dit-il,

est un perturbateur du peuple, qui excite les Juifs dans le monde entier. εὑρόντες γὰρ... ὃς mat... ὃν χαὶ ἐχρατήσαμεν : il y a anacoluthe, construction régulière. C'est une suite

de propositions uniquement formées par des participes ou par des verbes précédés

d’un relatif et sans aucun verbe principal. — εὑρόντες γάρ devront être suivis de ixparhoa=.

μὲν αὐτὸν. Blass remarque que Luc ne transmet aucun discours aussi peu soigné

comme style que celui de Tertullus, mais on peut trouver la raison de ces irrégularités dans la précipitation du discours et aussi dans ce fait que nous n'avons ici qu'un résumé du discours : ce sont des notes abrégées extraites d'un plus long discours, ce. qui explique les anacoluthes. — λοιμόν, peste, pour une personne malfaisante : épithète appliquée souvent à un homme. On la trouve dans Démosthène, xxv, 80 : οὗτος οὖν αὐτὸν ξξαιτήσεται ὃ φαρυαχός, ὃ λοιμός οἷ. Ps. t, 4; 1 Macc. x, 61; xv, 71. -- χινοῦντα στάσεις,

ο Josbene, Guer. jud. τι, 9, 4. τοῖς Ἰουδαίοις au datif, parmi les Juifs ou à leur détriment.

Paul est accusé non de soulever les Juifs contre Rome, maïs de susciter des troubles parmi eux. Cet homme, poursuivant toujours sa propagande anti-judaïque, excité ainsi le désordre et lé émeutes. — Wendt ἃ vu dans cette épithète de « peste »! attribuée à Paul un souvenir du décret du Sénat romain par lequel fut garantie Val-

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