‹ Les Actes des ApôtresChapitre 319 sur 358 · DATES UE ΟΣ; Ξ ÉQULE ARR · texte numérisé non relu

DATES UE ΟΣ; Ξ ÉQULE ARR

'Γότε. ὁ Παῦλος ἐχτείνας τὴν χεῖρα ἀπελογεῖτο᾽ 2. Tlepi πάντων ὧν ἐγχαλοῦμαι ὑπὸ ΠΩΣ ΡΣ \ ΄ es 7 ῃ ᾽

2 , " ΄ = te t& res \ λογεῖσθαι, 3. μάλιστα γὙνώστην ὄντα σε πάντων τῶν χατὰ [Ιουδαίους ἐθῶν τε χαὶ ζητηπ ΄ % , "4 x x F2 7 3 0 \ μάτων᾽ διὸ δέομαι ψμανχροθύμως ἀχοῦσαϊΐ μου. ἦν. τὴν μὲν οὖν βίωσίν pou Ex νεότητος τὴν

narum accommodatissima, flumine et fervore eloquentiae praestans, Bass. — Orationem ad defensionem Pauli et ad indolem Agrippae quam maxime esse aptam, fugere potest neminem, qui conditiones rerum expenderit, KNABENBAUER.

Voici le résumé de ce discours : Paul se félicite d’avoir à se défendre devant un homme instruit des coutumes et des questions juives, 1-3. Il rappelle sa jeunesse et sa vie de pharisien rigide, 4, 5. Il est en prison parce qu'il croit accomplies dans la personne de Jésus ressuscité les promesses que Dieu a faites à leurs pères, 6, 7. 1 n’est pas incroyable que Dieu ressuscite les morts. Or, il a vu Jésus qui lui a parlé, lui a ordonné d’être son témoin et l’a envoyé vers les Juifs et les païens pour qu'ils viennent à la lumière et qu’ils reçoivent par la foi en lui le pardon des péchés et une part d’héritage parmi les sanctifiés, 8-18. Il annonce donc à tous ce que Moïse et Les prophètes ont prédit, que le Christ devait souffrir, qu'étant le premier de la résurrection des morts, il doit annoncer la lumière aux peuples et aux païens, 19-23.

De là, les trois parties du discours : Exorde. 2, 3; 1. Solidarité de la foi de Paul et du ion, 4-11; 2, Naissance de son apostolat. 12-18; 3. Esquisse de son activité

missionnaire, 19-23.

Ÿ 1. ᾿Αγρίππας dE... ἐπιτρέπεται σοι : C’est Agrippa qui donne à Paul la permission de parler, parce que Festus avait cédé au roi qui était son hôte la présidence de l’assemblée. Il ἃ reconnu ainsi qu'Agrippa instruit des doctrines juives était mieux à même

- que lui de diriger les débats. — Preuschen déclare qu'il est invraisemblable que

Festus ait abandonné à Agrippa la conduite de la discussion. Cela ressort cependant de ce fait que Paul s'adresse directement au roi en le nommant dès le début de son discours, ÿ 2 et que tout l’ensemble et spécialement les ÿ 7, 13, 19, 27 visent le roi. L'observation de Preuschen serait juste s’il s'agissait d’ure action judiciaire : elle ne l’est pas parce que c’est un entretien destiné à honorer le roi.

ἐπιτρέπεται, impersonnel, indique que l'autorisation de parler est accordée par une autre autorité que la sienne. ὑπὲρ σεαυτοῦ pour toi-même, en ta faveur, ou au sujet de toi-même, ce qu'exprime περὶ σεαυτοῦ, leçon de x ACE. D'après Bethge, Festus n'ayant découvert chez Paul rien de répréhensible au point de vue romain, celui-ci avait donc à parler sur soi-même et non pour soi-même,

ἀπελογεῖτο — ἀπολογούμενος εἶπεν, présenter sa défense, sa justification. Quoique ce ne fût pas à proprement parler un procès, l’Apôtre présenta néanmoins sa défense. — Après Παῦλος l'Harkléenne mg. ajoute : tunc ipse Paulus confidens et in Spiritu Saneto consolationem accipiens extendit manum, — ëxrelyas ce geste n'était pas destiné à réclamer le-silence, comme x, 17; xux, 16 : c'était le geste des orateurs de l'antiquité, : tel que l’a décrit Apulée, Mét. τι, 21 : porrigit dexteram et ad instar oratorum conformat articulum, duobusque infimis conclusis digitis ceteros eminentes porrigit. Cf. Quintillien, Instit. 1x, 3, 84. Blass remarque : est autem χείρ manus cum brachio, cf. XIE 07),

Hilgenfeld voit dans ce geste une raison d’infirmer l'authenticité de ce discours. Dom Calmet avait déjà répondu à cette observation : Paul ayant reçu la permission d'exposer ce qu'il avait à dire pour sa défense, étend la main droite, et la dégage de son manteau; la main gauche demeurant enveloppée sous le manteau, et le coin de cet habit, qui aurait pu empêcher l’action de la droite, étant rejeté sur l’ ere gauche.

ACTES DES APOTRES, XXVI, {πά. 705

Alors Paul, ayant étendu la main, prononcça cette défense : ἃ. Je m'estime heureux, roi Agrippa, d'avoir à me défendre aujourd’hui devant toi de toutes les choses dont je suis accusé par les Juifs, 3 surtout parce que tu

connais toutes Les coutumes des Juifs et [leurs] controverses. C’est pourquoi je te prie de m’écouter patiemment. 4. Ma vie donc, dès ma jeunesse, telle

La manière ordinaire de composer la main, était de replier les deux plus petits doigts, les trois autres doigts demeurant étendus. Les chaînes qu'il portait actuellement, n'étaient peut-être qu'à la main gauche; ou si elles étaient aux deux mains, elles n'étaient ni si serrées, ni si lourdes, qu’elles en empêchassent l’action et le mouvement. En effet les prisonniers étaient liés de chaînes assez longues, ayant avec eux, à la même chaîne, un soldat enchaîné, qui ne les quittait point,

ÿ 2) Dans son exorde Paul exprime la confiance qu’il a dans l'équité d’Agrippa; il veut gagner la bienveillance du roi, mais il n’'emploie aucune flatterie pour arriver à ce résultat. — περὶ πάντων ὧν ἐγχαλοῦμαι : περὶ πάντων doit être joint à ἀπελογεῖτο, — ὑπὸ ᾿Ιουδαίων : Paul restreint sa défense aux accusations que portent les Juifs contre lui. Il. s’estime donc heureux d’avoir à se défendre devant un roi qui connaît les doctrines juives. — ἥγημαι ἐμαυτὸν μαχάριον : ἥγημαι parfait de ἡγέομαι, employé au sens du présent; il signifie précéder, très souvent croire, penser, estimer. Lucas (qui eo verbo sensu aestimandi alias non utitur) vi praesentis adhibet, ut Plato, T'êm. 19. Brass. Il est possible cependant que Paul ait employé ce verbe au sens du parfait; dans l'épitre aux Philippiens il distingue bien ἥγημαι, πι, 7 de ἡγοῦμαι, Ÿ 8. Paul a employé ce verbe 11 fois dans ce sens. « Si sa conscience (de Paul) lui eût reproché quelque crime, il eût été troublé d’avoir à parler devant une personne instruite du fond du procès; mais, comme sa conscience était pure, loin de redouter un juge éclairé, il se félicitait de l'avoir. Aussi s’en estime-t-il hautement heureux et le prie-t-il de l’écouter avec patience. IL prend ces précautions à cause de l'intention où il était de s'étendre sur ce sujet et de parler de lui-même. Sant Caysosrome, Zom. 111, 1.

ἐπὶ σοῦ placé avant μέλλων est plus proéminent, plus emphatique que s’il eut été placé après ἀπελογεῖτο,

ÿ 3) μάλιστα est à joindre à μαχάριον du Ÿ 2; il peut être traduit de deux manières : surtout parce que tu connais ou parce que tu connais surtout. Paul s’estime heureux parce qu'il sait qu'Agrippa connaît les questions que discutent les Juifs, ou parce qu'Agrippa est spécialement au courant des questions juives. Cependant Agrippa, élevé à Rome, ne devait pas posséder à fond ces questions. — γνώστην ὄντα : dure anacoluthe, comme si précédemment il y avait eu πρὸς σὲ ἀπολογεῖσθαι, au lieu de ἐπὶ σοῦ. « La proposition se trouve en rapport grammaticalement incorrect avec ἐπὶ σοῦ dans la proposition précédente; c’est pourquoi quelques mss. suppléent εἰδώς après ὄντα σε, et, d'autres, plus nombreux, ἐπιστάμενος à la fin de la phrase; dans l’incidente ainsi construite μάλιστα se rattache à ce participe: » Loisy, p. 890. — ἐθῶν τε καὶ ζητημάτων : consuetudinem in practicis, quaestionem in theoreticis, BENGEL.

Les écrivains rabbiniques louent Agrippa de ce qu’il a parfaitement connu la Loi; cf. Sepp, Das Leben Christi, IV, p. 138. Leur témoignage confirme donc celui de Paul. Preuschen voit dans ces paroles de l’Apôtre un coup de patte (seïtenhieb) aux juges romains auxquels faisait défaut pour juger cette affaire la connaissance nécessaire des questions juives. — μαχροθύμως : l'adverbe est ici seulement dans le N. T., mais μαχροθυμία est fréquent dans les épîtres pauliniennes,

ÿ 4) Incipit de se ab initio exponère; verum non est continua narratio ut apud ACTES DES APOTRES. πὸ

À + ΐ € Fe ᾽ πὶ ἀπ᾿ ἀρχῆς γενομένην ἐν τῷ ἔθνει μου ἐν τε Ἰηροσολύμοις ἴσασι πάντες [ουδαῖοι; D. προγινώσχοντές με ἄνωθεν, ἐὰν θέλωσιν μαρτυρεῖν, ὅτι χατὰ τὴν ἀχριῤδεστάτην

2 3 -Ὡ 7 APE σι » * \ = 32200 per ω ᾽ Χ αἵρεσιν τῆς ἡμετέρας θρησχείας ἔζησα Φαρισαῖος. 6. χαὶ νῦν ἐπ᾽ ἐλπίδι τῆς εἰς τοὺς πατέρας ἡμῶν ἐπαγγελίας γενομένης ὑπὸ "τοῦ Θεοῦ ἔστηχα χρινόμενος, 7. εἰς ἣν τὸ δωδεχάφυλον ἡμῶν ἐν ἐχτενείᾳ νύχτα χαὶ ἡμέραν λατρεῦον ἐλπίζει χανταντῆσαι" περὶ

ES à 5

hs ἐλπίδος ἐγχαλοῦμιαι ὑπὸ Ἰουδαίων; βασιλεῦ. 8. τί ἄπιστον χρίνεται παρ᾽ ὑμῖν εἰ ὁ

oratores, sed hoc primum docere vult, quod in synhedrio dixerat, xxu1, 6; cf. xxIi, 3 : Φαρισαϊῖός εἶμι, περὶ ἐλπίδος ἀναστάσεως νεχρῶν κρίνομαι; i. 6. minime a patria religione

ο΄ ἀοβοϊνί, ΒιΆ85. --- μὲν οὖν, terme non de position mais de transition, de son état présent ΠΤ ἃ ce que fut autrefois sa vie. Après son exorde l'Apôtre entre dans sa défense. βίωσιν signifie chez les classiques la manière de vivre, les actions eee il se trouve

dans le prologue de l'Écclésiastique, Υ 10, διὰ τῆς ἐννόμου βιῶσεως. — ἐχ νεότητος CF. 1 Tim.

1V, 12; de ce passage de l’épitre à Timothée, il résulte qu’il ne s’agit pas des uen années de la vie, maïs de la jeunesse de Ρ οὶ qui dès le commencement, ἀπ᾽ ἀρχῆς, se

- passa au milieu de sa nation à Jérusalem. De plus, ἐκ signifie après dans les RE ‘sions de ce genre, Gal. 1, 15. Les années de l’enfance, νεότης, sont donc exclues. — ἀπ’ τς, ἀρχῆς fait ressortir que Paul vécut à Jérusalem, non seulement dans sa jeunesse, mais qu'il y vécut aussi au milieu de son peuple. ἐν τῷ ἔθνει μου. Paul insiste sur ce fait que, loin d’avoir renié sa nation, il a vécu dès sa jeunesse au milieu d’elle. — ἐν τε Ἱεροσολύous : τε indique que la jeunesse de Paul se passa non seulement en Judée, mais encore à Jérusalem. ἴσασι forme classique δὰ lieu de οἴδασι, forme hellénistique ‘employée dans le N. T., Ze. χι, ἀξ, etc. — D’après Preuschen, ἐκ νεότητος... ἀπ’ ἀρχῆς,

ἄνωθεν, les uns à côté des autres, sont insupportables. — Pourquoi? Ils font au contraire ressortir vivement la pensée de Paul. — Ιουδαῖοι, sans l’article comme ÿ 2, 8, 7,

21, d’après l'usage classique; cf. xvn, 21. Rien dans l'éducation de Paul n’est contraire aux sentiments des Juifs. -

ἜΣ Ÿ 5) προγινώσχοντές ue, ante hoc tempus, ab initio; me connaissant auparavant ; terme 2 fois chez Paul ; il n’y a pas eu de lacune dans la suite de la vie de Paul. — &vwey, Le. 1, 2, 3 : depuis le commencement de mon éducation publique à Jérusalem. — ἐὰν θέλωσιν ΤΑ ΤῸ Paul n’a pas confiance dans la loyauté des Juifs ; il exprime donc un doute. ὅτι est gouverné par ἴσασιν Ou par προγινώσχοντες. — χατὰ τὴν ἀχριδεστάτην αἵρεσιν,

suivant la secte la plus exacte, stricte ; seul exemple dans le N. T. du superlatif en τατος. Josèphe rend aux Pharisiens le même témoignage : εὐσεδέστερον εἶναι τῶν ἄλλων xaù τοὺς νόμους ἀχριδέστερον ἀφηγεῖσθαι, Guer. jud. 1, 5, 2; Ant. μά. χντι, 2, 4. αἵρεσις coetus hominum ab aliis se sejun gêntium et sua on sequentium, ut Sadducaeorum,

Act. v, 17; Pharisaeorum Act. xv, 5; xxvi, 5; Christianorum Act. xxtv, 5, 14, Grimm. — ἡμετέρας θρησχείας, religion au point de vue pratique et extérieur, ici et dans les autres passages du N. T., Col. 11, 18; Jacq. τ, 26, 27. Philon, Quod det. potiori insid., 7, et Josèphe distinguent soigneusement θρησχεία de εὐσεδής et de ὁσιότης. Il est fréquemment employé dans Josèphe pour désigner l'aspect extérieur, de la religion, Ant. jud., 1x, 18, 8; χα, 5, 4. ἔζησα, hellénistique pour ἐόίων, attique. Ici Paul dit : J'ai vécu pharisien, tandis que, xx1u1, 8, il a dit : Je suis pharisien. Φαρισαῖος, emphatique par sa position à la fin de la phrase.

Ÿ 6) καὶ νῦν : Paul compare sa situation précédente comme pharisien, et sa situation actuelle de chrétien; il est mis en jugement à cause de l'espérance qu'il a de la promesse faite à ses pères. ἐπ᾽ ἐλπίδι : expression fréquemment employée par Paul dans ses épîtres, Rom. vur, 20; 1 Cor, 1x, 10; Tüte 1, 2 et dans les Actes π, 26. Cette

w’elle fut dès le commencement parmi ma nation, et à Jérusalem, tous les. P ἢ, , δι

Juifs la connaissent. 5. Ils savent depuis longtemps, s'ils veulent en rendre

témoignage, que j'ai vécu en pharisien, selon la secte la plus stricte de

notre religion. 6. Et maïntenant, je suis mis en jugement à cause de l'espérance dans la promesse que Dieu a faite à nos pères, 7 et dont nos douze tribus, servant Dieu avec persévérance nuit et jour, espèrent l’accomplissement. C’est à cause de cette espérance, ὁ Roi, que je suis accusé par les Juifs. 8. En quoi (Pourquoi) juge-t-on incroyable parmi vous

promesse était celle du Messie et de son royaume à laquelle était intimement unie la résurrection des morts : telle était l'espérance nationale des Juifs: — εἰς, Ν᾿ ABE ou πρός, ΠΗ ΠΡ 614, τοὺς πατέρας ἣμῶν expression paulinienne avec l’une ou l’autre préposition,

Ÿ 7) εἰς ἥν (ἐπαγγελίαν) : vers laquelle promesse et son accomplissement : ἐπαγγελία est

l'antécédent naturel et non ἐπ᾽ ἐλπίδι, χαταντῆσαι εἰς, construction qui se trouve ἄδηθ

Philip. uw, 11; Eph. τν, 8. B a καταντήσειν au lieu de καταντῆσαι, ce qui est plus clas- Ὁ x

sique, mais dans le N. T. au lieu du futur on a d'ordinaire l’aoriste infinitif.

τὸ δωδεκάφυλον ἡμῶν, locutio ornatior, BLass; ici seulement dans le N. T.:il équivaut ἢ

à ταῖς δώδεχα φυλαῖς de Jacques, 1, 1. La nation juive était formée de douze tribus, mais celles-ci étaient dispersées depuis longtemps, Si Paul les mentionne, c’est pour

rappeler qu’elles seront restaurées dans le royaume messianique dont il parle

aujourd’hui; c'était l'espérance des Juifs. — ἐν ἐχτενείᾳ — ἐκτενῶς, cf. χη, 5, 20; tension, allongement; au figuré, assiduité, persévérance : terme hellénistique. λατρεῦον νύχτα χαὶ ἡμέραν; la même expression se trouve dans Luc, 1, 74; 11, 37; λατρεῦον, cultum adora-

tionis per sacrificia quotidiana, per holocaustum perpetuum, mane ac vespere exer-

centes et ita promissionem Messiae efflagitantes qui tanquam verus agnus Dei peccata sit ablatarus, sperant devenire, KNABENBAUER. |

ἐλπίζει καταντῆσαι : ἐλπίζειν ἰη N. T. cum infin. aor. conjungitur, Ze. γι, 34; ΧΧΠῚ, 8 al. : itaque etiam in hac orat. tutius vid. usum sequi quam codicem B, quamquam non minus contra usum N. T., Brass. ;

περὶ τῆς ἐλπίδος ἐγχαλοῦμαι : Paul était accusé surtout de prêcher que cette espérance du Messie s'était accomplie en la personne de Jésus et que la résurrection de celui-ci était la preuve qu’il était le Messie, Le ὃ suivant prouve que cette dernière idée était dans l'esprit de l'Apôtre. — ὅπὸ Ἰουδαίων est placé à lx fin de la phrase afin de prouver avec force l’inconséquence des Juifs, lesquels espèrent dans le Messie, et cependant persécutent un homme qui avait la même espérance qu'eux. Mais la différence était

profonde entre les Juifs et Paul : celui-ci tenait Jésus pour le Messie, et les Juifs

refusaient de le reconnaître pour tel. — βασιλεῦ, emphatique par position.

Υ 8) τί ἄπιστον, asyndète, peut-être entendu de deux façons : τι interrogation indéfinie : quoi? Juge-t-on incroyable? ou bien τί est joint à ἄπιστον, pourquoi juge-t-on incroyable ? La première forme a été adoptée par plusieurs exégètes, bien qu'elle ne fût pas très grammaticale; τί, interrogatif n’est jamais seul : On trouve toujours τι γάρ, τί οὖν, τί δέ, Rom. πι, 8, 9; γι, 15; Philip. 1, 18. — εἰ peut signifier que ou si; avec le présent de l'indicatif, il marque que l'hypothèse est vraie, bien qu'un sceptique pourrait en douter.

Paul adresse ici une question à ses auditeurs : Comment peuvent-ils douter de la résurrection des morts eux, qui ont dans leurs livres saints des exemples de cette

Θεὸς νεχροὺς ἐγείρει; 9. ἐγὼ μὲν οὖν ἔδοξα ἐμαυτῷ πρὸς τὸ ὄνομα Ἰησοῦ τοῦ Ναζωpaiou δεῖν πολλὰ ἐναντία πρᾶξαι" 10. ὃ χαὶ ἐποίησα ἐν “Ἱεροσολύμοις, nai πολλούς τε τῶν ἁγίων ἐγὼ ἐν φυλαχαῖς χατέχλεισα, τὴν παρὰ τῶν ἀρχιερέων ἐξουσίαν λαῤών, ἀναιρουμένων τε αὐτῶν χατήγνεγχα ψῆφον. 11. al χατὰ πάσας τὰς συναγωγὰς παλλάχις τιμωρῶν αὐτοὺς ἠνάγκαζον βλασφημεῖν, περισσῶς τε ἐμμαινόμιενος αὐτοῖς ἐδίῳωχον ἔως noù εἰς τὰς ἔξω πόλεις. 12. ἐν οἷς πορευόμενος εἰς τὴν Δαμασχὸν per’ ἐξουσίας

résurrection, I Rois, xvur, 2; II Rois, τν, 35. Comment donc peuvent-ils nier la résurrection de Jésus eux qui croient à la résurrection des morts? Nesrze, Philologica, Sacra, 54, pense qu'il y a une transposition accidentelle ; le ÿ qui vient si mal ici s’adapterait au mieux à celui qui termine le discours, ἢ 28, et qui, de son côté, se rattache mal à ce qui précède ; les deux, rajustés ensemble, fournissent à la harangue

une conclusion naturelle. — ἄπιστον ici seulement dans les Actes, 2 fois dans l’évangile, fréquent dans les épîtres pauliniennes; cf. pour l'explication de ce passage

ἡ 9) ἐγὼ μὲν οὖν : Paul n’a pas encore montré comment son espérance messianique a été accomplie dans la personne de Jésus. Après avoir raconté son passé juif, il explique sa conversion; il reprend donc et résume le récit de sa vie. — èywest emphatique ; οὖν sert de transition. ἔδοξα ἐμαυτῷ, mihi ipsi videbar : expression classique ;: classiquement, au lieu de la construction impersonnelle, on emploie fréquemment la construction personnelle; on ne trouve des exemples de cette forme dans le N. T. qu'ici et II Cor., x,9 ; ce sont des vestiges de la languelittéraire, cf. ArisToPHANE, Guépes, 1265 : “ἔδοξα ἐμαυτῷ δεξιὸς πεφυχέναι, — πρὸς τὸ ὄνομα Ἰησοῦ cf. 1v, 10, 12 et Wetstein pour des locutions semblables; le nom est mis ici pour la personne de Jésus, πολλὰ ἐναντία πρᾶξαι : cf. xxvi, 17 et 1 Thess. 1, 15; Tite, u, 8.

Ὑ 10) ὃ χαὶ ἐποίησα : ὕ renvoie à l’idée collective contenue dans πολλὰ ἐναντία; il faut distinguer ποιεῖν de πράσσειν; ποιεῖν est verbum generale quod pro alio quocumque in repetitione adhibetur, BLass. — καὶ πολλούς τε τῶν &ylwv, 1x, 18 : Paul spécifie ce qu'il n'avait dit jusqu'alors qu’en termes généraux. ἁγίων : ὁΘ terme dans la bouche de Paul a été choisi pour faire ressortir sa culpabilité, et aussi que ceux qu'il poursuivait étaient des hommes pieux. Il n'avait pas employé ce nom en parlant devant la foule de peur d'irriter les Juifs, mais devant Agrippa il pouvait espérer un auditeur bien disposé,

et connaissant les Juifs qu’on appelait ainsi, les Chassidim, I Mace. vu, 15; II Mace.xiv.6, ἐγώ est emphatique. HP suppriment ἐν devant φυλακαῖς; c’est alors un datif locatif, ordinaire devant les verbes composés avec χατά. ---- τὴν παρὰ τῶν ἀρχιερέων ἐξουσίαν, οὗ, 1x, 2. ἀρχιερέων : pluriel de majesté; les autres récits parlent seulement du grand prêtre, ΙΧ, 1; ΧΧΙν, 5. — ἀναιρούμενων τε αὐτῶν : outre le meurtre d’Étienne, il y auraït donc eu plusieurs exécutions à mort. Nous n’en avons aucune mention, mais ce n’est pas une raison pour déclarer que cette notice n’est pas historique. Les Juifs, il est vrai, n'avaient pas, dit-on, quoique cela ne soit pas certain, le pouvoir de condamner à mort, mañs ce qu'ils ont fait envers Étienne, ils pouvaient bien le répéter pour d'autres. Les moyens illégaux ne manquaient pas aux Juifs pour mettre quelqu'un à mort; l'action des sicaires en est un exemple.

χατήνεγχα ψῆφον : ce terme ψῆφον peut être entendu au sens métaphorique ou au sens littéral. ψῆφος au sens littéral signifie petit caillou, boule dont on se servait pour voter, d'où au figuré, vote, jugement. ψῆφον φέρειν, attique. Il faudrait en conclure que Paul était membre du Sanhédrin et qu'il avait joint son vote à celui des autres sanhédrites.

que Dieu ressuscite les morts? 9. Pour moi done, j'avais jugé qu'il fallait faire beaucoup d’actions hostiles contre le nom de Jésus le Nazaréen. 10. Cest aussi ce que je fis à Jérusalem et j'enfermai dans des prisons plusieurs des saints, ayant reçu pouvoir des grands prêtres, et quand on les mettait à mort j'apportais [mon] suffrage. 11. Et même dans toutes Les synagogues, souvent sévissant contre eux, je les forçais à blasphémer et transporté contre eux d’une extrême fureur, je les poursuivais même dans les villes du dehors. 12. C’est ainsi que me rendant à Damas, avec pouvoir

Mais il est difficile de croire que Paul ait fait à cette époque partie du Sanhédrin. Les membres de cette Haute-Cour de justice étaient des hommes âgés, πφεσδύτεροι, des pères de familleet des personnages de qualité. Or, Paul était encore un jeune homme à ce moment-là et d’ailleurs un inconnu, né dans une ville étrangère. Comment aurait-il donc pu prendre rang dans une assemblée composée des chefs des familles sacerdotales et des premiers de la cité? D’après Rendall,fp. 336, le langage de la Loï, en union avec le récit du procès d’Étienne permet de présumer que la sentence du tribunal était confirmée par une sorte de vote populaire dans les cas de lapidation. — Il est plus simple d'entendre la parole de Paul au sens métaphorique; il a apporté son suffrage au meurtre des saints en l’approuvant : il était consentant au meurtre : συνευδοχῶν τῇ ἀναιρέσει αὐτον, VIII, 1; ΧΧΙΙ, 20.

Υ 11) Paul insiste sur sa conduite cruelle envers les chrétiens pour faire ressortir que son changement de conduite et d’idées ne peut s'expliquer que par une intervention de Dieu : C’est ce qu’il va montrer par la suite de son récit. — xal κατὰ πάσας τὰς συναγωγάς, cf. xxn1, 19 : à travers toutes les synagogues, c’est-à-dire de tous les différents lieux où ilpoursuivait son œuvre de persécution. Il s’agit des synagogues de Jérusalem, ainsi qu’il ressort du ÿ suivant. — τιλωρῶν : venger; rarement avec l’accusatif de la personne, punir quelqu'un; c’est plutôt le sens du moyen, cf Sornoce, Pozyse, 11, 56, 15. — Paul poursuivait les chrétiens par des coups et la flagellation, Mr. x, 17; φυλακίζων καὶ δέρων, ΧΧΙΙ, 19. ἠνάγχαζον peut signifier, je m'efforçais ou je forçais à blasphémer : rien ne prouve que Paul ait réussi à faire blasphémer les saints. L'’imparfait de conatu, Burton, p. 12, indique la répétition de l’acte, maïs non la réussite. Cependant, il n’y aurait rien de déraisonnable de penser que quelques uns des persécutés aient fait défection. C’est ainsi que procédait Pline dans la poursuite des chrétiens au πὸ siècle : Écrivant à Trajan, il lui disait : Propositus est libellus sine auctore, multorum nomina continens;

qui negarent se esse Christianos aut fuisse, quum praeeunte me deos appellarent et

imagini tuae (quam propter hoc jusseram cum simulacris numinum adferri) thure ac vino supplicarent, praeterea maledicerent Christo; quorum nihil cogi posse dicuntur qui sunt revera Christiani. Ergo dimittendos putavi; ad Trajanum, x, 97.

βλασφημεῖν, à blasphémer Jésus; οἵ, 1 Tim. τ, 13. βλασφημεῖν — λέγειν ἀνάθημα Ἰησοῦς, I Cor. χιι, 8, ἕως nat εἰς τὰς ἔξω πόλεις, les villes étrangères, c’est-à-dire en dehors de la

Judée. L'imparfait marque la répétition de l’acte et indique que Paul poursuivait les -

fidèles non seulement à Damas, mais encore dans d’autres villes étrangères. — ἐμμαινόμένος, ici seulement et dans Josèphe, Ant. Jud. xvn, 6, 5.

ÿ 12) ἐν οἷς, in quibus rebus, inter quae, xxiv, 18; occupé à ces poursuites je me rendais à Damas, — ἐξουσίας, autorité et ἐπιτροπῆς mandat, se fortifient l’un l’autre et montrent la plénitude de l'autorité que possédait Paul ; il avait reçu des grands prêtres l'autorité et l'autorisation d'en user.

- 710 ACTES DES APOTRES, XXVI, 12-18. … où ἐπιτροπὴς τὴς τῶν ἀρχιερέων; 19. ἡμέρας μέσης χατὰ τὴν ὁδὸν εἶδον, βασιλεῦ, οὐρανόθεν ὑπὲρ τὴν λαμπρότητα τοῦ ἡλίου περιλάμψαν με φῶς χαὶ τοὺς σὺν ἐμιοὶ πορευομένους. 1h. πάντων τε χαταπεσόντων ἡμῶν εἰς τὴν γῆν ἤχουσα φωνὴν λέγουσαν πρὸς με τὴ Εὀραΐδι διαλέκτῳ᾽ Σαούλ, Σαούλ, τί με διώχεις ; σχληρόν σοι πρὸς χέντρα λαχτίζειν. 15. ἐγὼ δὲ εἶπα᾽ Τίς εἶ, Κύριε; ) ὁ δὲ Κύριος εἶπεν᾽ ᾿Εγώ εἰμι ᾿Τησοῦς ὃν où 'διώχεις. 10. ἀλλὰ ἀνάστηθι χαὶ στῆθι ἐπὶ τοὺς πόδας oo’ εἰς τοῦτο γὰρ ὥφθην σοι; ᾿“προχειρίσασθαί σε ὑπηρέτην καὶ μάρτυρα ὧν τε εἶδες με ὧν τε ὀφθήσομαί σοι, 17. ἐξαιρούμενός σε ἐχ τοῦ λαοῦ χαὶ ἐκ τῶν ἐθνῶν, εἰς οὺς ἐγὼ ἀποστέλλω σε, 18. ἀνοῖξαι

Ÿ 18) ἡμέρας μέσης, génitif de temps : interdiu, non noctu, atque adeo medio die, itaque fortius hoc quam μεσημόρίας, cf. xx11, 6. Omnino grandius haec quoque res depingitur hic quam ceteris locis. Improbant μέση ἡμέρα atticistae; elegantius ἡμέρα μεσοῦσα, BLass. Dans 1x, 3 l'heure n’est pas indiquée, mais tout laisse entendre que la scène se passe en plein jour. — κατὰ τὴν ὁδόν, sur la route. βασιλεῦ : emphatique pour attirer

l'attention du roi. ὑπὲρ τὴν λαμπρότητα τοῦ ἡλίου; au-dessus de la lumière du soleil, terme

qui précise l'éclat de la lumière, qui, 1x, 8; xx, 6, venait du ciel. περιλάμψαν, ici seu-

lement dans Luc, 11, 9, pour une lumière des cieux; ce verbe se trouve dans Plutarque, ᾿ς Josèphe etc... Il n’y a pas désaccord entre 1x, 3; xxn1, 9; et xxvr, 18. — Dans ce récit, | Ananias ne sera pas nommé. Ce disciple, connu des Juifs, importait peu à Festus et à Agrippa. Tout gravite autour de la personne de Jésus. A lui seul vont être attribuées toutes les paroles adressées à Paul même ou à son sujet, et réparties, en fait, en quatre circonstances diverses, savoir : 1° Paroles de Jésus à Paul devant Damas; 2° paroles : de Jésus à Ananias; 3° paroles d'Ananias à Paul; 4° paroles de Jésus à Paul dans Jérusalem. — Cette façon de présenter les faits, sans blesser en rien la vérité, était plus habile devant les.juges actuels de l’Apôtre, Barpe. Excursus : Conversion de saint - Paul.

Υ 14) τὴν γῆν, 614. Harkl. mg. (Gig.) ajoutent διὰ τὸν φόδον, ἐγὼ μόνος ; ce texte insiste sur le fait que c’est la peur qui précipite à terre les compagnons de Paul, et que seul celui-ci entendit la voix. — τῇ ‘Eépaïdt διαλέχτῷ : cette observation n’est pas dans les deux autres récits, mais la forme araméenne, Σαούλ, 1x, 4 et xxn, 7, indique que la voix parlait en araméen. Paul mentionne ce détail parce qu’il parlait en ce moment en grec et peut être parce qu'il cite en araméen ces paroles du Seigneur. σχληρόν σοι πρὸς κέντρα λαχτίζειν : sentence qui exprime un vain effort; ici seulement et 1x, 5 dans la Vulgate, durum est, Floriacensis, contra stimulum calcitrare. Cette sentence proverbiale se retrouve chez les Grecs : Eschyle, Agam, 1624 : πρὸς χέντρα μὴ λάχτιζε; Prom. 828; Pinpare, Pyth., u,94; Euriine, Bacch. 1695; chez les Latins, Térence, Phormio, 1, 2, 27 :

num quae inscitia est, advorsum stimulum, calces? Ce proverbe est emprunté à la pratique agricole où le laboureur de son aiguillon piquait le bœuf qui regimbait; Blass se demande s’il y avait une forme araméenne de ce proverbe.

Ÿ 15) ἐγώ, emphatique ainsi que le suivant. D’après Gigas la réponse de Jésus est simplement celle-ci : ego sum Jesus Nazarenus, et ce pourrait être d’après Blass la vraie forme du texte.

Ÿ 16) Les paroles du Seigneur à Ananias, xxn1, 14 et celles d'Ananias à Paul sont

mises ici dans la bouche de Jésus. In hac autem oratione tota persona Ananiae sublata est, quippe quae non esset apta apud hos auditores; unde sequebatur ut mandata omnia ut ipsius Jesu effata inducerentur. Si autem ad litteram hoc sit accipiendum, omnem perfecto fidem excedat tam velox maximarum rerum transactio, BLass.

et mandat des grands prêtres, 13 vers le milieu du jour, je vis, ὁ Roi, sur

le chemin, resplendir autour de moi et de ceux qui m’accompagnaient une lumière céleste plus brillante que celle du soleil. 14. Nous tous étant

tombés par terre, j'entendis une voix qui me disait en langue hébraïque : Saul, Saul, pourquoi me poursuis-tu? Il t'est dur de regimber contre l'aiguillon. 15. Etmoi, je dis : Qui es-tu, Seigneur? Et le Seigneur dit : Je suis Jésus que tu poursuis. 16. Mais lève-toi et tiens-toi sur tes pieds, car je te suis apparu pour t'établir ministre et témoin des choses que tu as vues, de celles où je t’apparaïtrai. 17. Je t’ai enlevé du milieu du peuple et des gentils, vers lesquels je t’envoie 18 pour leur ouvrir les yeux, afin qu'ils se

ἀλλὰ ἀνάστηθι καὶ στῆθι; οἵ, Ézéchiel, 1, 1, 2; Éphès. νι, 14; καὶ στῆθι : la répétition du

verbe simple après le verbe composé est emphatique. εἰς τοῦτο prépare l'esprit à ce qui. suit. γὰρ ὥφθην σοι : γάρ, car l’objet de la vision a été d'appeler Paul à une nouvelle et

plus haute sphère d'action. προχειρίσασθαι : cf, nt, 14; xx11, 14; 1x, 15 : σχεῦος ἐχλογῆς ἐστίν pot, exprime la même idée. — ὅπηρέτην καὶ μάρτυρα, comme l'ont été les douze apôtres : αὐτόπται χαὶ ὑπηρέται γενόμενοι τοῦ λόγου, Le. 1, 2, cf. 1 Cor. 1v, 1, où Paul se qualifie de ὑπηρέτης, serviteur, ministre. Les deux termes ὑπηρέτης et μάρτυρα font ressortir la nature du mandat qu'a reçu Paul. — ὧν τε εἶδες, sous-entendu τούτων après μάρτυρα : pour être témoin des choses que tu as vues, allusion à la vision de Jésus à Paul sur le chemin de Damas, I Cor. 1x, 1; xv, 8. — ὧν pour τούτων 4 avec εἶδες, à l'actif, mais ne peut convenir à ὀφθήσομαί σοι, au passif, auquel il faut sous entendre τούτων δι᾽ ἅ, — Après εἶδες, BC* 105 614 Pesch. Harkl. Arm. Amb. Aug. ajoutent με, dans les choses où tu m'as vu : construction violente et irrégulière, qui pourrait être rétablie ainsi : τούτων δὲ ἃ εἶδες με, Cette leçon serait en harmonie avec l'affirmation de Paul qu'il a vu le Seigneur, I Cor. 1x, 1, mais ne serait-ce pas un pléonasme avec ce qui suit. — ὧν τε ὀφθήσομαί σοι, des choses que tu verras plus tard, xvin, 9; ΧΧΠῚ, 18; xxv, 11; II Cor. χιι, 2. Cette proposition est aussi une construction inusitée, conformée à la précédente, ὧν τε εἶδες, On peut l’établir ainsi μάρτυρα τούτων ἃ ὀφθήσομαί σοι, ce que suppose la Vulgate : eorum

quibus apparebo tibi. Blass reconnaît que cette construction est paullo violentius, sed.

non plane contra linguae graecae indolem.

Ÿ 17) ἐξαιρούμενός σε, Vulgate, eripiens; participe présent moyen de ἐξαιρέω, ôter, enlever, mais aussi mettre de côté, choisir. C’est dans Le premier sens qu'il est employé, vu, 10, 84; xx, 10; xxur, 273; xxvi, 22; Gal. 1, &. Cf. Chron. xvi, 35; J'ér. 1, 7. Ce terme est donc familier à Luc et à Paul dans ce sens. Il n’y ἃ aucune raison d'adopter le second sens, l'ayant choisi, comme pour répondre au σχεῦος ἐχλογῆς de x, 15, car il s'adapte mal au contexte. Paul ἃ pu être choisi du milieu du peuple, puisqu'il était juif, mais non du milieu des païens. Saepius jam expertus est Paulus hanc ereptionem de populo ἱ. e. de insidiis Judaeorum, et suo populo ereptus nunc adstat coram Festo et Agrippa; etiam inter gentes quam maxime opem Jesu sibi praesto esse experimentis didicit, χιν, 18; xvu, 5; 1 Cor. 1v, 9-13 ; 11 Cor. 1, 8, etc. KNABENBAUER. — εἴς οὖς, c’est-àdire λαός et ἔθνη, mais la suite du récit montre qu’il s'agit plutôt de ces derniers. ἐγὼ ἀποστέλλω σε : ἐγώ, emphatique pour marquer l’autorité de celui qui envoie. Paul a nettement affirmé ailleurs qu'il a été appelé directement par le Christ comme les autres apôtres, Gal. τ, 8, 16, 17; Rom, τ, 5. ἀποστέλλω est au présent, parce que le ministère de Paul commence à ce moment-là.

ÿ 18) ἀνοῖξαι ὀφθαλμοὺς αὐτῶν : οἷ, 1x, 8, 40; Jsaïe, xxxv, 5; χιμῃ, 7; Mt, 1x, 30. Paul

(es, : + dei ACTES DÉS APOŸTRES, XxVi, 42-21.

ὀφθαλμοὺς αὐτῶν; τοῦ ἐπιστρέψαι ἀπὸ σχότους εἰς φῶς καὶ τῆς ἐξουσίας τοῦ Zarav ἐπὶ τὸν Θεόν, τοῦ λαθεῖν αὐτοὺς ἄφέσιν ἁμαρτιῶν καὶ χλῆρον ἐν τοῖς ἡγιασμένοις πίστει τῇ εἰς ἐμέ. 19. Obs βασιλεῦ ᾿Αγρίππα; οὖν. ἐγενόμην ἀπειθὴς τῇ οὐρανίῳ ὀπτασίᾳ, 20. ἀλλὰ τοῖς ἐν Δάμάσχῷ πρῶτον τε καὶ Ἱερόσολύμιοις, πᾶσάν τε Τὴν χώραν τὴς Ἰουδαίας χαὶ vote ἔθνεσιν ἀπήγγελλον μετανοεῖν χαὶ ἐπιστρέφειν Ent τὸν Θεόν, ἄξιοι τῆς μετονόίας ἔργα πράσσοντας. DE. ἕνεκα τούτων né ᾿Ιουδάϊοι συλχλάδόμιενόι ἐν τῷ ἱερῷ. ἐπειρῶντο dia

devait ouvrir les yeux des Juifs et des gentils, car les Juifs tout en voyant ne voyaient pas; Mi, x1x, 13; Rom. x1, 8 : Dieu leur a donné des yeux pour ne point voir. Les gentils, tout en connaissant Dieu dans la création, ne l’adoraient pas comme Dieu, Rom. 1, 21. — ἀνοῖξαι est un infinitif de but; après ἀποστέλλω, il sert à déterminer l’objet de l'envoi; l’infinitif ἀνοῖξαι sans l’article est ici coordonné avec le génitif de l’infinitif comme dans Luc, 11, 22-24. — τοῦ ἐπιστρέψαι, 1x, 85, le génitif de l'infinitif s'emploie poûr exprimer le développement exégétique de ce qui précède à la place de la proposition finale avec ἵνα, ici comme dans Luc, 1, 76-79; xx1, 22; I Cor. x, 13; Rom. τ, 24; vi, 6; vi, 8; Philip. 1, 8-10, Cet emploi du génitif de l’infinitif ne se rencontre que chez Luc et Paul; c’est un reste de la langue littéraire. — ἐπιστρέψαι est ici comme

presque toujours employé intransitivement par Luc, retourner sur ses pas, se con-

vertir, excepté Le. 1, 16, 17. — ἀπὸ σχότους εἰς φῶς : Cette idée se retrouve fréquemment dans les épîtres de Paul et s'applique aux Juifs aussi bien qu'aux gentils : Rom. τι, 19; xt, 12: II Cor. 1v, 6; Eph. 1v, 18; v, 8, Col. 1, 18; I Thess. v, 4 5. Paul n’a-t-il pas pensé ici à son propre état? Lui aussi à ce moment a passé des ténèbres de l’aveuglement physique et spirituel à la lumière. I Thess, v, 5; Col. 1, 12-14. nai τῆς ἐξουσίας τοῦ Σατανᾶ, expression employée 10 fois par Paul, IE Cor. 1v, 4 etc.

Agrippa a pu comprendre les paroles de Paul, mais Festus, non. τοῦ λαθεῖν exprime

l’objet direct de ἐπιστρέψαι et l’objet dernier de ἀνοῖξαι : Ges trois infinitifs marquent

dans leur enchaînement toute la tâche de Paul. — ἄφεσιν ἁμαρτιῶν : idée familière à Paul; comparez en particulier, Col. 1, 12-14, où la délivrance du pouvoir des ténèbres et le pardon des péchés dans l'amour du Fils de Dieu sont réunis : Rendant grâces au Père, qui nous a rendus capables d'avoir part à l’héritage des saints dans la lumière qui nous a délivrés de la puissance des ténèbres, et nous ἃ transportés dons le royaume du Fils de son amour; en qui nous avons la rédemption, la rémission des péchés.

πίστει τῇ εἰς ἐμέ : placée à la fim de: la phrase cette expression est emphatique; élle peut être jointe à τοῖς ἡγιασμένοις, avec les sanctifiés par la foi en moi : c’est le sens de la Vulgate, inter sanctos per fidem quae est in me, ou bien à τοὺ λαθεῖν pour recevoir par la foi en moi, ce qui sémble indiqué par 16 contexte; ces mots spécifient la condi< tion au moyen de laquelle les croyants obtiennent le pardon de leurs péchés et l'héritage céleste. Rem ita narrat, ut simul auditoribus aliqaam evangelii annuntiationem et salutis messianae explicationem tradat, id quod ad Agrippam potissimum spectare videtur, qui judaicaé religionïis non ignarus novit quid haëéc sibi velint, KNABENBAUER. — κλῆρον ἐν τοῖς ἡγιασμένοις, οἵ, xx, 32; Col.r, 12,

Ÿ 19) ὅθεν : c'est pourquoi, aussi : ayant été ainsi instruit par la vision de Jésus et les paroles de celui-ci, Paül résume la révélation que lui a faite Jésus, ÿ 16, et présente ce qui suit comme le résultat de celle-ci. Βασιλεῦ ᾿Αγρίππα : revenant ici ἃ ce qui Le concerne, l'Apôtre ἃ raison de s'adresser de nouveau au roi; il commence ici la défense de son action : après le récit, les conséquences qu'il en faut tirer. — ἀπειθής, désobéis- Sant; la Vulgate, incrédulus ést un sens dérivé. Gette forme négative qualifie plus

tournent des ténèbres à la lumière et de la puissance de Satan à Dieu, pour qu’ils reçoivent par la foi en moi le re des péchés et l'héritage avec les sanctifiés. 19. Aïnsi, roi Agrippa, je n’ai point désobéi à la vision céleste. 20. Mais à ceux de Damas d’abord, puis à Jérusalem et dans tout le pays de Judée et aux gentils, j'ai préché de se repentir et de se tourner vers Dieu, en faisant des œuvres dignes de la repentance. 24. C'est à cause de cela que des Juifs m’ayant pris dans 16 Temple ont tâché de me

vivement l'empressement de Paul à répondre à l’appel de Dieu. ὀπτασίῳ, manifestatiom de Jésus : ici seulement Paul qualifie de ὀπτασία l'apparition de Jésus sur le chemin de Damas; aïlleurs il la désigne sous le terme de ὅραμα; Cf. 1x, 10, 42. Il semble difficile de faire accorder cet empressement de Paul à prêcher le nom de Jésus-Christ avec Ce que nous savons des trois ans qu'il passa en Arabie, et de croire qu'il y est resté inactif. Hackett et d’autres exégètes pensent qu’il a prêché en Arabie et dans les pays environnants ; ef. 1x, 22.

Ÿ 20) ἀλλὰ τοῖς ἐν Δαμασχῷ πρῶτον τε καὶ Ἱεροσολύμοις. Paul décrit son activité mission naire, d’une manière générale et sans précision chronologique; il ἃ prêché d’abord à Damas et à Jérusalem; τε unit les deux villes. — πῶσάν τε τὴν χώραν τῆς Ἰουδαίας: accusatif d'espace pour marquer l'extension de la prédication de Paul. I n’est pas question de prédication en Judée, et elle est exclue par Gal. τ, 22. Paul parle ici de ses prédications en général; il est très probable qu’il a porté la foi en Jésus Messie dans différentes villes de la Judée pendant les visites qui ont suivi celles de Jérusalem, 1x, 28; χι, 30: χν, 8; Rom, xv, 19. = Si πᾶσαν sans la préposition εἰς est original, il marque toute Pétendue de la contrée dans laquelle il ἃ prêché. — ἀπήγγελλον : avec le présent de l'infinitif pour marquer la continuité de la prédication; ici seulement pour désigner la prédication de l'Évangile; xvtr, 30, cependant Dieu annonce, ἀπαγγέλλει, aux hommes qu'ils fassent pénitence. ἐπιστρέφειν οἵ, xiv, 15; xxvi, 18. --- ἄξια τῆς μετανοίας ἔργα : des actions dignes de repentance. Zeller soutient que ces paroles sont en contradiction avec la doctrine de Paul sur la justification par la foi seule. Hackett fait remarquer que dans la théologie de Paul les bonnes œuvres sont le témoignage nécessaire de la foi: elles prouvent l'existence de celle-ci. — πράσσοντας : dans le N. T., πράσσω est

employé pour les bonnes œuvres et pour les mauvaises actions; ποιέω est plus fréque-

ment employé de inhonestis GRimw.

Ÿ 24) ἕνεχα τούτων — ἕνεκα, forme attique pour Évexev, forme de la Koinè, employé d'ordinaire dans le Ν. T.; c’est une caractéristique de la langue littéraire de ce discours. ἕνεχα τούτων, à cause de ces choses, parce que Paul a prêché l'Évangile aux gentils, tout aussi bien qu'aux Juifs, 1 Thess. τι, 16 et qu'il les a déclarés admis au salut, ce qui implique leur égalité aux yeux de Dieu; c'est à cause de cela que l’Apôtre a été perséeuté et non pour avoir profané le Temple. Paul exprime ici la cause profonde de l'hostilité des Juifs, et non la cause qui a produit le tumulte. — συλλαδόμενοι, participe aoriste moyen, 1, 16; x, 3 : au sens de l'actif : saisir avec violence; debebat gcribere συλλαθόντες, Brass. Après συλλαδόμενοι N° Εἰ 614 Vis. ajoutent ὄντα et À E L Pesch. Harkl. ajoutent pe après ou avant συλλαδόμενοι, (65 deux additions ont pour but dé compléter le texte. — ἐπειρῶντο, imparfait MOYEN; l'imparfait parce que la tentative n’est pas faite actuellement ou parce qu’elle n’a pas réussi. διαχειρίσασθαι, cf. v, 30.

Nous n'avons là qu’un résumé des événements, ainsi qu’il ressort d’autres passages

de ce discours,

Ed

rire ACTES DES APOTRES, XXVI, 21-24.

Ἔ ΤΑ ἃ Eee Ἶ PM χειρίσασθαι. 22. ἐπικουρίας οὖν τυχὼν τῆς ἀπὸ τοῦ Θεοῦ ἄχρι τῆς ἡμέρας ταύτης ἔστηχα

L - \ / 3 O1 , x 7 re e τ 5 2 μαρτυρόμενος μιχρῷ τε χαὶ μεγάλῳ, οὐδὲν ἐχτὸς λέγων ὧν τε οἱ προφῆται ἐλάλησαν μελλόντων γίνεσθαι noi Μωῦσῆς, 29. εἰ παθητὸς ὁ Χριστός. εἰ πρῶτος ἐξ ἀναστάσεως γεχρῶν φῶς μέλλει χαταγγέλλειν τῷ τε λαῷ, χαὶ τοῖς ἔθνεσιν.

24. Ταῦτα δὲ αὐτοῦ ἀπολογουμένου, ὁ Φῆστος μεγάλῃ τῇ φωνὴ pnciv Μαίνῃ;

Ÿ 22) ἐπιχουρίας... τῆς ἀπὸ τοῦ Θεοῦ : ἐπιχουρία de ἐπιχουρέω, secourir. Le secours qui vient

de Dieu, l'assistance de Dieu dans ces grands dangers, ce qui implique que Paul y

aurait péri s’il ne l'avait pas eu. ἐπικουρίας τυχών, PozyBe, Josèpur; l'expression est dans celui-ci et d’autres écrivains de la Koinè, mais il est aussi dans les écrivains classiques pour désigner un secours contre les ennemis. τυχών, participe aoriste de τυγχάνω, se rencontrer par hasard, atteindre par hasard, obtenir : il n’y a ici aucune idée de hasard, puisque le secours vient de Dieu et non des hommes. ἔστηχα, subsisto incolunis; parfait de ἵστημι; expression paulinienne, Eph. vi, 18, 14; Col. 1v, 22. — μαρτυρόμένος, est le participe passif de μαρτυρέομαι, rendre témoignage, déclarer, attester, pro-

tester. μικρῷ τε καὶ μεγάλῳ, cf. Gen. χιχ, 11; I Sam. v, 9, peut signifier la différence de rang : aux petits et aux grands, ou la différence d'âge : jeune ou vieux, pour signifier

l’universalité des hommes. Ce second sens paraît moins adapté à l’idée de l’Apôtre ui a voulu faire ressortir que sa prédication s’adressait à tout homme, qu'il soit humble ou de haute condition. — οὐδὲν ἐχτὸς λέγων équivaut à οὐδὲν ἐχτὸς λέγων τούτων ἃ τε οἱ προφῆται... ἐλάλησαν μέλλοντα γένεσθαι, Cf. Vlg. nihil extra dicens quam ea, quae

Prophetae locuti sunt futura esse. — ἐχτός, mot paulinien, sauf. Mt. xxu1, 26. of προφῆται,

tous les prophètes y compris Moïse. καὶ Μωῦύσῆς, emphatique par position. Paul le cite

en particulier et en dernier lieu pour impressionner les sadducéens présents dans

l'assistance. L'ordre employé est ordinai rement l’ordre chronologique, xxvinr, 13; Le. xvi, 31. Unde Apostolus insistit religionem christianam nihil aliud esse nisi impletionem eorum quae jam in vetere foedere erant annuntiata; Judaeos proin si revera credant prophetis et Moysi debere perfectam hanc religionis formam amplecti.

* Quae vero a prophetis et Moyse annuntiata sint, incipit exponere, KNABENBAUER.

Floriacensis'et Gigas présentent différemment l’idée : quae profetae dixerunt futura

esse : Scriptum est enim in Moysen.

Υ 23) εἰ commode refertur ad λέγων i. e. in praedicatione, an Messias sit patibilis, etc. nihil aliüd dico et affirmo, nisi quod prophetae et Moyses annuntiarunt fore, KNABEN- BAUER. ei est: mis d’après les scholiastes pour ὅτι; la Peschitto a quod... quod, ce qui répond bien à Flor. et Gig. : scriptum est enim in Moysen quod : cependant Flor. a si passibilis. — Cette forme hypothétique ne marque pas un doute dans l'esprit de Paul, mais indique que la question était discutée parmi les Juifs si le Messie pouvait souffrir.

Preuschen juge cette tournure de phrase très dure. παθητός : le verbal en τὸς exprime

la possibilité comme l'adjectif latin en 1115, d’où la Vulgate passibilis. Que le Messie pût ou dût souffrir, qu’il ait souffert cela ressort de nombreux passages de l'A. T., Tsaïe, x1, 1; xuix, &, 7; 1, 6; LI, 13-43, 12; Zach. χη, 10 ; xifr, 7; ainsi que de passages de la tradition : Icnace, Eph. vit, 2; ad Polyc. 1, 2; Δτπβένααομε, Leg. 16; CLÉM. D'aLex., Strom. vu, 2, 6 et surtout Jusrin, Apol. 1, 52. 3; Dialogue, 84, 86, 39, 41, 49, 52, 68, et principalement 89 : παθητὸν τὸν Χριστόν, ὅτι αἱ γραφαὶ χηρύσσουσι, φανερόν ἐστι. Le Christ était prédestiné à souffrir, c’est-à-dire à mourir pour réconcilier les hommes avec Dieu, Ze. xxiv, 26; 1 Cor. xv, 2, 3; Hébr. vu, 15; Isaïe, Lu-zur. Mais en même temps si les Juifs pouvaient admettre que le Messie pouvait souffrir, ils étaient révoltés

ACTES DES APOTRES, XxXVI, 21-24. : HR

tuer. 22. Ayant donc obtenu le secours de Dieu jusqu’à ce jour, je me tiens debout, rendant témoignage aux petits et aux grands, et ne disant rien hors de ce que les prophètes et Moïse ont déclâré devoir arriver, 23 à savoir que le Christ doit souffrir, que, le premier ressuscité des morts, 11 doit annoncer la lumière au peuple [d'Israël] et aux gentils.

24. Comme 1] parlait ainsi pour sa justification, Festus dit à haute voix :

de l’idée qu’il mourrait sur la croix. Si le Messie peut souffrir, dit le Juif Tryphon, cependant il ne peut-être crucifié; il ne peut mourir d'une mort aussi honteuse, aussi déshonorante, Jusrin, Dial. χα. Pour l’incompatibilité de l'idée d’un Messie souffrant avec les idées courantes alors chez les Juifs, cf. DaLman, Der leidende und der ster rbende Messias, p. 30; LaGrancer, le Messianisme.

Pour un chrétien la question n’était pas si le Messie pouvait souffrir, ce qui est une question pour les Juifs, mais s’il devait souffrir pour accomplir les prophéties. εἰ πρῶτος, anaphore et asyndète, par sa résurrection des morts; πρῶτος est emphatique.

Le premier par sa résurrection des morts, Jésus ἃ proclamé la lumière, I Cor. xv, 20;

Col. 1, 18, καταγγέλλειν, annoncer, proclamer, faire connaître; cf. χχι, 17; xvir, 3, 28.

τῷ τε λαῷ καὶ τοῖς ἔθνεσιν : dans le royaume messianique devait entrer non seulement le peuple juif, mais aussi les gentils. Get accouplement du peuple d'Israël et des gentils était pour les Juifs une suprême offense. « En toute hypothèse, des textes bibliques sont sous-entendus, qui ne pouvaient être énumérés dans la relation du discours, et auxquels Paul se réfère implicitement en s'adressant à la portion juive de son auditoire. Étant donné ce qu’on lit dans Moïse et dans les prophètes, peut-on déclarer impossible et incroyable ce que les chrétiens, en partant de la croyance générale à la résurrection des morts, et en s’autorisant des passages spéciaux qui dans l'écriture concernent les souffrances du Messie et son rôle auprès des païens, enseignent touchant la passion de Jésus, sa résurrection, et le salut des gentils ? Ce sont les prophètes

depuis Moïse, cf. m1, 22-24; Le. xxiv, 27-44, qui ont dit unanimement — « que le Christ serait sujet à la douleur, que premier », — premier-né — « de la résurrection des morts, il devrait annoncer la lumière » — du salut — « au peuple » — juif — « et aux

gentils ». Loisy.

La conclusion qui ressort de ce raisonnement de Paul est que si Moïse et les prophètes ont prédit que le Messie souffrirait, mourrait et ressusciterait, il s'ensuit que Jésus est Le Messie, le sauveur promis et l’auteur de la vie pour ceux qui croient en lui. L’apodose (μέλλει χαταγγέλλειν) dépend logiquement de la protase (εἰ -παθητός, εἰ πρῶτος).

ΧΧΥΙ, 24-32 : Discussion DE PauL AvEC FEsTus ET ΔΟΒΙΡΡΑ.

Ÿ 24) αὐτοῦ ἀπολογουμένου : Paul faisant son apologie, haec loquente ec, et rationem reddente, Vlg.; respondente, d — le participe présent indique que Festus a interrompu Paul avant qu'il ait terminé sa défense. ταῦτα se rapporte aux dernières paroles de Paul sur la résurrection du Christ qui doit être une lumière pour Israël et pour les nations, et non à l’ensemble du discours. — μεγάλῃ τῇ φωνῇ : à voix haute pour exprimer l’étonnement du procurateur et peut-être de l’impatience et de la colère, CHrysosrome. Floriacensis développe l'idée : et cum loqueretur oravit et clamavit Festus et dixit : Insanisti, Paule, insanisti. — μαίνῃ : seconde personne de μαίνομαι pour μαίνει. Festus ne veut pas railler Paul; il parle sérieusement, quoique hyperboliquement, Comme les

Παῦλε᾽ τὰ πολλά σε γράμψατα εἰς μανίαν περιτρέπει. 25, ὁ δὲ Παῦλος" Οὐ. μαίνομαι; ξησίν, χράτιστε Dore, ἀλλὰ ἀληθέίας mod σωφροσύνης ῥήματα ἀποφθέγγομαι. 20. ἐπίσταται γὰρ περὶ τούτων ὁ βασιλεύς, πρὸς ὃν χαὶ παρρησιαζόμενος λαλῶ" λὰν-

Grecs d'Athènes, un Romain ne pouvait écouter sans étonnement un orateur qui parlait de la résurrection des morts. Festus qui tenait Jésus pour mort, xxv, 19, devait penser que seul un homme au cerveau troublé, un fou, pouvait dire que Jésus était ressuscité des morts. Il en fut de même pour les Juifs lorsque Jésus annonça sa résurrection, Jn. x, 20. Que Jésus eût apporté la lumière aux gentils, dont étaïent les Romains; cela paraissait aussi absurde à Festus. — μαίνεσθαι, être fou au sens familier: du terme n'implique pas une folie définitive, cf. xvir, 32; Jn. x, 20.

τὰ πολλά σε γράμματα : littéralement, les nombreux écrits (que tu lis) te précipitent :

dans la déraison. Il est probable que Festus fait allusion aux écrits des prophètes, que Paul a cités pendant son discours. Dans notre texte, il y est fait seulement allusion, mais nous n'avons qu'un résumé de ce discours, et Paul a dû lire en entier les textes des prophètes. S'il en eût été autrement, sa démonstration eût été sans force probante. Ces écrits enseignaient la mort et la résurrection du Messie ; c’est donc eux qui avaient jeté le trouble dans l'esprit de Paul. Il est possible aussi que Festus ait su que Paul possédait de nombreux rouleaux et qu’il passait son temps à les étudier; c'est à eux qu'il fait allusion. Enfin, τὰ πολλά σε γράμματα signifierait ton grand savoir. Festus qui a dü faire une enquête sur Paul, ἃ pu apprendre que c'était un homme savant dans les lettres sacrées et réputé chez les Juifs pour sa science. — εἰς μανίαν περιτρέπει : c’est la même expression qu'en français : elles t'ont tourné la tête. Festus s’est servi de cette expression avec une certaine délicatesse, et il montre par là qu'il reconnaît la sagesse que Paul ἃ précédemment montrée,

Ÿ 25) où μαίνομαι : Cette réponse de Paul est un modèle de courtoisie et de possession de soi-même. μετὰ ἐπιχείᾳ ἀποχρινόμενος, dit saint Chrysostome. Je ne suis pas fou, hors de moi, car je suis encore en possession de ma raison.

χράγιστε Φῆστε, cf. xxu1, 26; ce n’est pas sans intention que Paul a employé cette épithète : insani non utuntur nominibus et vocabulis honoris, BENGEL. — ἀληθείας καὶ σωφροσύνης δήματοα; non sunt deliramenta sed res sunt omnino verae, quas ego quoque sana mente proloquor, KnABEnBAuER. — ἀληθεία signifie vérité objective et non véracité; Festus n'avait pas soupçonné Paul de fausseté; celui-ci était ici devant le procurateur comme un témoin de la vérité, ainsi que l'avait été autrefois Jésus devant Pilate, Jn. xvinr, 24. Il était, dit Bethge, en face du Romain sceptique le témoin de

l'existence d’un monde d’existences réelles et non de simples mots. — σωφροσύνης, sanitas mentis est l’opposé de la folie, II Cor, v, 13; cf. PLaron, Protag. 323 ; XÉNOPHON, Mém. 1, 16 ὃ ἐχεῖ σωφροσύνην ἡγοῦντο εἶναι τἀληθῆ λέγειν, ἐνταῦθα μανίαν. — Ici seulement

dans les Actes; οἵ. I Tim. τ, 15 avec un autre sens. ἀποφθέγγομαι, cf. 11, 4, 14 : aptum verbum, Bexcez. Dans les Septante, il est employé pour exprimer les paroles des prophètes, les sentences des philosophes, les réponses des oracles.

Ÿ 26) ἐπίσταται : moyen ionien pour ἐφίσταμαι. Paul en appelle à la connaissance que le roi avait des faits qu’il venait de rapporter, la mort et la résurrection de Jésus- Christ et d’une manière générale de tout ce qui concernait le christianisme. παρρησια-

ζόμενος; οἵ, 1x, 27, 28; xnt, 46; xiv, 3 etc., dans les Actes seulement et dans Paul.”

L'apôtre parle avec assurance parce qu’il sait que le roi est instruit de tout et qu'il ne

Tu es fou, Paul! ton grand savoir te précipite dans la déraison. 95. Et Paul dit : Je ne suis point fou, très excellent Festus, mais je prononce des paroles de vérité et de bon sens. 26. Car il est instruit de ces choses, le roi à qui je parle aussi avec assurance : Car je ne crois pas qu'il ignore rien de ces choses, vu que ce n’est pas dans un coin qu'elles ont été faites. 27. Crois-tu aux prophètes, roi Agrippa? Je sais que tu y crois. 28. Et Agrippa [répondit] à Paul : Pour un peu, tu me persuades de me faire

lui donnera pas un démenti; il ne craint pas la contradiction. — λανθάνειν : se tenir caché, être caché, inconnu, ignoré. — où πείθομαι, moyen de πείθω : je ne crois pas qu’il ignore rien de ces choses. Après αὐτόν, H LP ajoutent τι: locution adverbiale, en quelque degré; avec τούτων elle signifie quelqu’une de ces choses; ils omettent οὐδέν. Floriacensis traduit : nihil enim horum eum latet, — où γάρ ἐστιν ἐν γωνίᾳ πεπραγμένον τοῦτο, expression proverbiale. Dans ce discours Paul se sert d'expressions choisies, qu'onretrouve chez les classiques, Platon, Epictète, etc., cf. Wersrain. C’est une litote. ᾿Ἐνταῦθα περὶ τοῦ σταυροῦ λέγει τοῦτο, περὶ τῆς ἀναστάσεως, χαι ὅτι πανταχοῦ τῆς οἰχουμένης γέγονε τὸ δόγμα. CHRYSOSTOME, Ποηι. Lu, 4. — Agrippa ne pouvait ignorer ce qui touchait le christianisme, car tout s'était passé publiquement : la prédication, la mort et la résurrection de Jésus, la prédication apostolique, le fait de la Pentecôte, le meurtre d’'Etienne, en un mot, la naissance du christianisme.

Ÿ 27) πιστεύεις : cette question au roi juif admet plusieurs explications. Paul vient de prouver que les prophètes ont prédit les souffrances, la mort et la résurrection du Messie : en demandant au roi s’il croit aux prophéties, il lui demande de reconnaître qu'il n'y a rien d’irrationnel ni d’improbable dans son témoignage, concernant des événements, tels que la mort et la résurrection de Jésus, lesquels ont accompli les prophéties. — On peut supposer aussi qu'après l'intervention de Festus, Paul en appelait au témoignage d'Agrippa qui, croyant aux prophéties, pouvait témoigner que rien de ce que Paul avait prouvé ne leur était opposé. — Peut-être Paul a-t-il voulu dire que non seulement ces événements ne s'étaient pas passés dans un coin, mais qu'ils avaient été prédits par les prophètes.

ÿ 28) Le roi fait à l’Apôtre une réponse ambiguë et d’un grec assez douteux pour qu'on ait assez de peine à la comprendre, On pourrait même penser que nous avons là une locution populaire. Cependant, on trouve dans Josèphe des expressions analogues : τὰ φρονήματα ἀνδρῶν ἐν ὀλίγῳ τὸ θανεῖν ποιουμένων, Ant. jud., xvu, 256, Cf. 10. xvur, 2238; xvinr, 967. Elle ἃ donné lieu à diverses explications, car les expressions permettent diverses interprétations. ἐν ὀλίγῳ με πείθεις Χριστιανὸν ποιῆσαι. Chacun de ces termes doit être expliqué séparément.

4° Examinons d’abord πείθεις, d'où dépend le sens de ἐν ὀλίγῳ, Ce terme se présente sous deux formes : πείθεις, leçon de NB 18 17 40 61 614 Harkl (mg.) Flor. Vlg, Gig, Boh. — πείθῃ, leçon de A. Ce changement est dû probablement à un copiste qui ἃ voulu expliquer la construction un peu dure et peu grecque de la première leçon. 11 peut être dû aussi à la confusion dans un manuscrit des deux mots, IIEIOIC, IIEI6H, dont les deux dernières lettres du premier mot ont pu donner naïssance à la dernière lettre du second mot, Hort et Nestle proposent de lire πέποιθας, tu te persuades, au dieu de με πείθεις, tu me persuades ; c'est le même sens que πείθῃ, indicatif présent moyen de πείθομαι, tu te persuades ou passif, tu.es persuadé; tu vas être persuadé que tu m'as fait chrétien. Ξ

20 ἐν ὁλίγῳ, au sens temporel, sous-entendu, χρόνω, en peu de temps, en un court

mas πρὸς τὸν Παῦλον" Ἔν ὀλίγῳ με πείθεις Χριστιανὸν ποιῆσαι. 29. ὁ δὲ Παῦλος" Τυὐξαίψνην ἂν τῷ Θεῷ, χαὶ ἐν ὀλίγῳ καὶ ἐν μεγάλῳ σὺ μόνον σὲ ἀλλὰ καὶ πάντας τοὺς ἀχούοντάς pou σήμερον γενέσθαι τοιούτους ὁποῖος καὶ ἐγώ εἰμι; παρεχτὸς τῶν δεσμῶν τούτων. 30. ἀνέστη τε ὁ βασιλεὺς nat ὁ ἡγεμὼν ἥ τε Βερνίχη χαὶ οἱ συνχαθήμενοι

espace de temps, tu me persuades de me faire chrétien. Gette omission de χρόνῳ après ὀλίγῳ est commune chez les Grecs. ἐν ὀλίγῳ graece est « brevi tempore », ut PLaTo, Apolog. XXIL B, et graece Agrippa locutus est; itaque vertendum « brevi tempore

tibi persuades Chrestianum me reddidisse » BLass. Cf. Jeg. 1v, 14; I Pr. 1, 6. Mais

cette interprétation ne s'accorde pas avec la réponse de Paul : ἐν ὀλίγῳ καὶ ἐν μεγάλῳ, qui ne marque pas le temps, maïs le moyen. — ἐν ὀλίγῳ explicandum erit cum Oecumenio, δι᾽ ὀλίγον ῥημάτων, ἐν βραχέσι λόγοις, χωρὶς πολλοῦ πόνου, ita ut ἐν dicatur de instrumento : parvo labore, ἐν ὀλίγῃ διδασχαλίᾳ, parva seu brevi expositione mihi persuades, KNABENBAUER. — ἐν ολίγῳ, pour peu ou avec peu de chose tu me persuades, ce qui ne répond pas à la démonstration précédente de Paul. — Rendall, The Acts, p.148,

- croit que la signification de la locution adverbiale, ἐν ὀλίγῳ, dépend du terme que l’on sous-entend, terme qui doit aussi s’adapter aux locutions ἐν ὀλίγῳ et ἐν μεγάλῳ, du

ÿ suivant. Ni λόγω, ni ἔργῳ, πὶ, χρόνῳ ne peuvent convenir. Seuls, ἐν ὀλίγῳ πόνῳ, ἐν μεγάλῳ πόνῳ, tous deux communs en grec, donnent un sens excellent : Agrippa se moque de l'espérance que Paul pourrait avoir de le faire chrétien, moyennant peu

- d'efforts pour le persuader, et Paul réplique qu’il ne regrette aucun effort, ni petit, ni

grand, quoiqu'il lui en coûte, pour sa conversion et celle des assistants. — ἐν ὀλίγῳ peut signifier, pour un peu, encore un peu, tu me persuades de me faire chrétien,

- cf. IIL Rois, xx, 7, ce qui concorde avec la réponse de Paul. Le roi semble ici un peu

ébranlé par la démonstration de Paul. Plusieurs exégètes se rapprochent de cette interprétation et voient dans la parole d’Agrippa un mouvement passager de conviction; d'après eux, ἐν ὀλίγῳ signifierait il s’en faut peu, tu es bien près de me persuader. — Reuss traduit : Tu vas me persuader bientôt de devenir chrétien. La phrase

adverbiale peut être prise dans 16 sens du temps ou de l'énergie de l’action. La traduc-.

tion de ἐν ὀλίγῳ par presque, d’après Wendt, se rapproche aussi de cette explication;

mais un Grec n’aurait pas écrit ἐν ὀλίγῳ, mais ὀλίγου, ou παρ᾽ ὀλίγον.

30 χριστιανόν πονῆσαι, leçon de NX BA Harkl. (mg.) Boh. ou χριστιανόν γενέσθαι, leçon de EHLP Pesch. Vlg. Harkl. (texte) Cyr. de Jérusalem, Chrys. Pour un peu tu me persuades de me faire chrétien ou de faire un chrétien à cause de l’omission de l’article. L'article devant χριστιανόν est inconnu. — με devrait être répété devant ποιῆσαι. — La leçon γενέσθαι doit être une explication de ποιῆσαι, L’irrégularité grammaticale de la phrase a pu résulter de ce que deux idées se sont entrecroisées dans l'esprit du rédacteur, Wenpr, 347 : « Pour un peu tu me persuades de devenir chrétien », et : « Pour un peu tu vas me faire chrétien », le sens étant : « Pour un peu tu vas par persuasion me faire chrétien ». Et le mieux serait peut-être d'admettre ici un latinisme avec Schmiedel, art. Christian, dans Encycl. bibl., τ, 754, n. 1; cf. HocrzmanN, 148, « faire le chrétien » Christianum agere, en prendre le rôle, se présenter comme tel, sens que l'usage du grec pourrait aussi admettre »; cf. Lorsy.

Preuschen traduit ainsi la réponse d’Agrippa : Es. wird nicht mehr lauge dauern, so bist du überzeugt, mich zum Christen zu machen. — Cela ne durera plus longtemps que tu ne sois persuadé de faire de moi un chrétien. Barde de son côté traduit : « En peu de paroles tu me persuades (tu .essayes de me persuader) pour me/faire chrétien :» — Mais il en faudrait beaucoup plus. — Naïirne, Journ. of Th, Studies, xxt,

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