‹ Les Actes des ApôtresChapitre 32 sur 358 · LXXXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LXXXVI INTRODUCTION

faut pas confondre celle-ci avec la précédente. ἢ] n'était pas nécessaire au but de Paul d'’insister sur les conférences publiques, qui ne firent que confirmer ce qui avait été résolu en particulier. Il est étonnant cependant qu'il n’ait rien dit explicitement de la discussion publique qui eut lieu sur la question des observances légales et de la circoncision en particulier, ainsi que du décret qui a réglé

ces questions. Ce qu'il en dit, dvebéunv αὐτοῖς est cependant suffisant et son récit

s'adapte assez bien à celui que nous trouvons dans les Actes. « Ce livre parle ditle P. Lagrange, Epitre aux Galates, in loco, d’une première réunion dont l’objet est conçu en termes très généraux, Act, xv, 4, puis d’une réunion solennelle, xv, 22. Il ne faut point chercher si Paul fait ici allusion à l’une d'elles, car il ne se propose pas comme les Actes de faire un récit suivi, mais seulement de prouver qu'il a été approuvé par tous, avec ou sans réunions, quand il a exposé son Évangile, On voit d’ailleurs qu'il attachait surtout de l'importance à l'avis des notables, 1, 6 ss., et il s’abstient de dire qu'il a traité la question en assemblée délibérante (δημοσίᾳ) avant de la traiter avec les notablesen particulier (κατ᾽ ἰδίαν), » Il y a cependant, remarque-t-on, contradiction entre Paul, qui affirme que les

apôtres ne lui ont rien imposé, ir, 6, et les Actes, qui mentionnent un décret

exigeant des païens convertis l'observation de quatre préceptes. — L'affirmation

de Paul n'exclut en aucune façon le décret apostolique; le sens exact du terme visé le prouve. Paul dit : ἐμοὶ γὰρ οἵ δοχοῦντες οὐδὲν προσανέθεντο. Ce dernier terme

peut être traduit : « ils ne m'ont rien imposé » ou « ils ne m'ont rien commu-

niqué ». Ce second sens répond mieux à la pensée de. Paul, 0] veut surtout

démontrer que son Évangile est complet, et la preuve, ὁ ‘est qu'après qu'il l’eut Loose aux apôtres, ceux-ci ne lui ont rien communiqué de plus.

K. Lake s'étonne que les Actes n'aient pas parlé de Tite, le compagnon de Paul dans les Actes. — Ceux-ci supposent cependant qu'il y eut d’autres compagnons

‘avec l’Apôtre, xv, 2, et ils semblent faire allusion à ceux-ci, et à Tite en parti-

culier, quand ils disent : ὅτι δεῖ περιτέμνειν αὐτούς, xv, 5. Lake remarque aussi que dans l’épitre il s'agit de reconnaître la valeur de l’apostolat de Paul et de Barnabé, tandis que les Actes traitent la question de l'obligation des gentils par rapport à la Loi. — Ces deux questions sont impliquées l’une dans l’autre. D'ailleurs dans les Actes, 'les apôtres louent l’action évangélisatrice de Paul et de Barnabé, ces

hommes qui ont livré leurs âmes pour le nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ,

xv, 25, 26. Quant au silence de Paul sur le décret apostolique dans les épiîtres aux Galates, aux Corinthiens et aux Romains, nous renvoyons à l'étude de ce décret, dans un Excursus.

De son côté, Windisch, op. cit., p. 323, fait remarquer que Pierre, dans son discours au concile, xv, 7-11, Dacia que Dieu l’a choisi parmi eux pour que de sa bouche les gentils Δ la parole de 1" Évangile et devinssent croyants, tandis que dans l'épitre aux Galates Paul déclare que l’évangélisation des gentils lui était réservée, et que celle des Juifs l'était à Pierre, Gal. τι, 7. Cette affirmation de Paul ne portait que sur l’avenir et encore seulement d’une manière générale. Paul ne dit pas qu'il ἃ été le premier à évangéliser les gentils, c'eût été contraire aux faits; cf. x1, 19. Comment d’ailleurs Pierre a-t-il pu dire que la Loi était un joug que ni eux ni leurs pères n'avaient pu porter? On peut répondre que Pierre a dit cela parce que c'était vrai. Windisch croit aussi que le discours de Jacques dans les Actes, xv, 14-21 ne répond pas à l'attitude 06

Paul lui attribue dans Galates, 11, 11 5. Ce n'est pas Jacques qui a pu interpréter Amos, de la façon dont il l'a cité dans les Actes, xv, 16, 17. CF. le Commentaire, £a loco. | Voici d’autres difficultés que présente le même critique : Les discours aux Juifs d’Antioche de Pisidie, aux presbytres d'Éphèse, aux Juifs de Jérusalem, à

ceux de Rome, au gouverneur Félix ne peuvent être mis dans la bouche de

Paul par un écrivain qui aurait été le compagnon de celui-ci. Il présente encore comme s’opposant à l'attribution des Actes à Luc les difficultés suivantes : d'après les Actes, xv, 23, la lettre apostolique était envoyée aux églises d’Antioche, de Syrie et de Cilicie, pourquoi n’a-t-elle pas été envoyée aussi aux églises de Galatie, déjà évangélisées d’après les Actes, si l’on accepte

que la lettre aux Galates a été envoyée aux Galates du sud. L'auteur a choisi.

parmi les incidents de la vie de l’Apôtre. Pourquoi a-t-il choisi ces incidents et en a-t-il laissé de côté que nous connaissons par les épîtres pauliniennes? Il ne dit rien de l’œuvre administrative et pastorale, des progrès des communautés pauliniennes, des conflits qui s’élevèrent dans ces jeunes communautés. Pourquoi ce silence? D'abord l’auteur a pu être ignorant de tous ces faits, ce qui ne

s'expliquerait guère s’il a été Luc, compagnon de Paul, lorsque ces faits se :

passèrent. D’autres faits ont été supprimés parce qu'ils ne donnaient pas une peinture agréable de l’âge apostolique. Tels sont les efforts de Paul contre les tendances judaïsantes (par exemple le conflit de Pierre et de Paul à Antioche) ou contre les agitations juives; Gal. passim; {1 Cor. 1-1v; 11 Cor. x-xi1; Rom. xv, 30-32; PAip. πι, 2 55. La controverse entre Paul et les Judaïsants aurait été portée à son terme par le compromis de Jérusalem, xv. La fin de ce conflit est tout aussi fictive que le compromis qui l’aurait terminé. Les épîtres de Paul ne parlent nulle part d’un accord permanent avec les agitateurs judaïsants qui venaient de Jérusalem pour troubler l’œuvre de l’Apôtre. Luc connaissait cet état de choses et seul, un écrivain du n° siècle pouvait ainsi falsifier l’histoire par ses suppressions ou ses additions. De plus, un compagnon de Paul connaissait

ce qu'était le don des langues et ne l'aurait pas travesti, comme au ch. 11, en

un don de connaissance de toutes les langues. Il ressort des douze premiers chapitres des Actes que dès l’origine, les apôtres eurent en vue la conversion des gentils et que Pierre l’inaugura. C’est dans ce but qu'a été introduite dans les Actes la légende de la conversion de Cornélius.

Windisch conclut que l’auteur des Actes n’est pas Luc; il a probablement, d’après lui, rassemblé des traditions tardives sur Paul et sur les actions des premiers apôtres. Il était déjà assez loin des conflits qui s’élevèrent à l’origine dans les églises chrétiennes pour ne pas en connaître ou en comprendre l’acuité et, de ce fait. affirmer l'union entre les apôtres de l’origine. Le nom de l’auteur devait être perdu quand l'ouvrage a été publié; on savait peut-être seulement que Luc avait écrit un journal ou on le concluait des faits racontés dans les derniers chapitres. Nous ne discutons pas ici ces diverses hypothèses de Windisch; elles le seront dans le courant de l’Introduction ou du Commentaire. Quant à l'identification des Actes, xv, 1-29 avec Galates, 11, 2-10, nous l’établissons plus en détail dans le commentaire.

K. Lake, Acts ofthe apostles; Dict. of apost. Church, 1, p. 20, termine son

examen sur l’auteur des Actes par cette conclusion : Le résultat d’une étude sur

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