FIN
ils provenaient; ex, cohors Sebastenorum. σπείρᾳ σεθαστῇ n'est pas équivalent à σπείρα ᾿Σεθαστηνῶν; σεδαστῇ est un titre d'honneur accordé à la cohorte : le titre complet de la cohorte serait cohors Augusta Sebastenorum. Ce titre d'Augusta ἃ été donné à plusieurs cohortes. Dion Cassius 1xr, 20; Lxm1, 8 mentionne la garde du corps impériale à Rome des Augustani ou Augustiani, formée par des chevaliers romains. Le Corpus Inscript. lat., 11, p. 854, 862, parle d’une Cohors 18, Augusta Ituraeorum; elle
. avait donc été recrutée dans l'Iturée, région appartenant à cette époque à Hérode
Agrippa II, celui devant qui comparut Paul, xxvi, 1. Est-ce un détachement de cette "
. cohorte, une des cinq de la garnison de Césarée, qui conduisit Paul de Césarée à
Rome? D'après Stokes, le centurion Jules, auraït amené à Césarée une cohorte de gardes prétoriennes (donc impériales) pour servir d’escorte au nouveau procurateur; son commandant le rappelait à Rome, et Festus auraït profité de son retour pour
lui confier le convoi des prisonniers.
Ramsay fait observer que jamais un officier d'une légion auxiliaire n’a rempli
l'office dont fut chargé Julius. L'expression σπείρα σεδαστὴ n’est donc pas un terme
latin et ne désigne pas une cohorte auxiliaire, mais un corps spécial que Luc appelle
la cohorte de l'Empereur; c'est une façon de parler employée dans la conversation.
Mommsen, Berlin, Akad. Sitzungber., 1895, p. 501, pense que Julius faisait partie d'un corps d'officiers appelés frumentarii, chargés des relations de tout genre entre
Rome et les provinces. Comme tels on les chargeait de conduire à Rome ceux qui en
appelaient à César et les condamnés à mort. Ils étaient connus à Rome sous le nom
de peregrini ou de frumentarii : leur chef était le princeps peregrinorum.
ÿ 2) La commission de Julius lui permet sans doute de prendre par réquisition sur les navires de commerce qui se trouvaient disponibles, la place dont il avait besoin pour le transport des prisonniers. Blass reconstruit ainsi le texte d'après Floriacensis, Gigas, Harkléenne : μέλλοντες δὲ πλεῖν ἐπέδημεν πλοίῳ ᾿Αδράμυττηνῷ, ἐπέδη δὲ σὺν ἡμῖν ᾿Αρίο-
ταργχος Μακεδῶν. — πλοίῳ ᾿Αδραμυττηνῳ et non Adrumeto, Ν]ρ. Hadrumète, port de VAfrique du Nord, capitale de la Byzacène, Ce navire appartenait au port d'Adramyttium. Ce port florissant de Mysie, Asie Mineure, était situé au fond du golfe dece
nom, sur le Kaïkos, en face de l'île de Lesbos, et abrité par les pentes méridionales du mont Ida. Adramyttium était la métropole du district de l'Asie proconsulaire et le siège des assises (conventus juridieus). Cette ville avait dans l'antiquité un commerce très actif, et ses navires faisaient le trafic entre Pergame, Éphèse et Milet d'un côté, et Assos, Troas et l’Hellespont de l'autre. Dans le retour à son port d'embarquement le navire devait toucher à tous les ports de la province d'Asie. On espérait y trouver un navire faisant voile pour l'Italie. Il ne reste aucune trace de
l’ancienne Adramyttium; elle est remplacée par le village d'Edrémide, à dix kilo-
mètres de la mer.
La route ordinaire de Césarée à Rome était par Alexandrie, maïs il est probable
qu'il n’y avait pas en ce moment à Césarée un navire se rendant dans cette ville. On prit done un navire d'Adramyttium qui faisait le cabotage le long des ports de
l'Agie. On pouvait espérer trouver dans l’un d’eux un navire pour Rome, ce qe arriva à Myra. — μέλλοντι, N AB, s'accorde avec πλοίῳ, tandis que μέλλοντες, HLP, s'accorderait avec ἐπιθάντες; les des termes donnent un sens convenable, — πλεῖν εἰς τοὺς κατὰ
fs
ACTES DES APOTRES, XXVII, 4-3. PA + € Jeu
Pltalie, on remit Paul et quelques autres prisonniers à un centurion, nommé Julius, de la cohorte Augusta. 2. Et étant montés sur un vaisseau d'Adramyttium, qui devait faire voile vers les lieux le long des côtes d'Asie, nous levames [l'ancre], ayant avec nous Aristarque, macédonien de Thes-. salonique. 3. Le jour suivant nous abordâmes à Sidon, et Julius, traitant
τὴν ᾿Ασίαν τόπους : vers les lieux le long des côtes de l'Asie; le navire devait toucher les ports le long des côtes de l'Asie, afin d'y déposer des marchandises, et d'en prendre d’autres. — πλεῖν, quoique intransitif, peut avoir un complément direct comme πορεύεσθαι ὁδόν. La leçon, πλεῖν τοὺς κατὰ τὴν Ἀσίαν τύπους, HLP, nous naviguons le long des côtes de l'Asie est moins précise. — τὴν Ἀσίαν : Luc n'a pas eu en vue ici l'Asie proconsulaire, puisque Myra en Lycie fut un des ports où le navire aborda. Mais s’il s'arrêta à Myra ce fut peut-être parce qu’il ne put se rendre directement à Adramyttium. ᾿ ὄντος σὺν ἡμῖν ᾿Αριστάρχου : cette expression, Aristarque étant avec nous, indique que celui-ci était avec eux pour un temps seulement, ou qu'il était passager pour son propre compte, qu’il n'était pas un de leurs compagnons ordinaires : il était monté sur le navire d'Adramyttium pour retourner dans sa ville natale, Thessalonique.
Mais il doit avoir accompagné Paul à Rome; d’après Col. 1v, 10, Aristarque était
compagnon de captivité de Paul à Rome, συναιχμάλωτος. D'après Philémon, 24, il travaillait à Rome avec Paul. Ἀριστάρχου Μακεδόνος Θεσσαλονιχέως : cette double dénomination n’est pas primitive d’après Preuschen. L'Harkléenne Ἀριστάρχου Μαχεδόνος, Θεσσα- ᾿λονιχέων δὲ ᾿ἈἈριστάρχου καὶ Σέχουνδου ; une seule de ces données peut être primitive.
Ÿ 3) τῇ τε ἐτέρᾳ, le jour suivant, κατήχθημεν, aoriste passif de xatéyw; nous descendimes du vaisseau à la terre, nous abordâmes, terme maritime technique comme ἀναγεσθαι. εἰς Σιδῶνα. Ils passèrent devant Tyr οἱ abordèrent ἃ Sidon où le navire s'arrêta quelque temps dans un but commercial. Le vent avait dû étre favorable, car la traversée avait été rapide; la distance de Césarée à Sidon est de 69 milles marins. A cette époque de l'année, en septembre, le vent soufflait de l’ouest dans ces parages; 1} facilitait donc leur navigation.
Sidon, aujourd'hui Saïda, ville de Phénicie, située à 30 kilomètres environ au nord de Tyr et à peu près à la même distance au sud de Béryte (Beyrouth), port sur la côte orientale de la Méditerranée. Elle s'étend entre la mer et le Liban, dans une plaine
étroite d'environ deux milles de large, extrêmemement fertile, — Sidon est une ville très ancienne. Elle est déjà mentionnée dans la table ethnographique de la Genèse, x, 49. Nous n'avons pas à raconter ici la longue histoire de cette ville; rappelons seulement que Notre-Seigneur visita Le pays de Tyr et de Sidon, Mt. xv, 21: Me. vi, 24 et que c'est dans ce voyage qu’il guérit la fille de la Syro-phénicienne, Mt. xv, 22-28; Me. vu, 25-30. Marc nous apprend, vu, 31, qu’il passa par Sidon après ce miracle. φιλανθρώπως humainement, avec bonté, est, d’après Hobart, Zahn, un mot que doit em ployer un médecin. Mais on trouve cette expression dans Démosthène, 414, 10. Sur φιλανα θρῴπως χρήσθαί τινι οἷ. DiTrexBERGER, Syll. 922,11. χρησάμενος : participe aoriste moyen de χράομαι, se servir de quelqu'un, agir avec quelqu'un. — Le centurion montra la même bienveillance envers Paul tout le long de la route, xxvn, 43; xxvur, 11: il est possible. qu'il connût Paul et qu'il ait entendu l'un des discours que l'Apôtre prononca pour sa défense, χχιν, 1; xxv, 18 et qu'il ait conçu pour lui de l'estime et de la déférence. ἐπέτρεψεν πρὸς τοὺς φίλους, il lui permit d'aller chez ses amis : φίλους avec l'article indique une catégorie distincte, les chrétiens. Nous apprenons, xx1, 4 que la Phénicie, dont Sidon faisait partie, avait été évangélisée; Paul, accompagné du soldat auquel il était
, \ ν᾿, ᾽ SN ὑπεπλεύσαψεν τὴν Κύπρον διὰ τὸ τοὺς. ἀνέμους εἶναί ἐναντίους, 5. τό τε πέλαγος τὸ
“χατὰ τὴν Κιλικίαν nat Παμφυλίαν διαπλεύσαντες χατήλθαμεν εἰς Μύρρα τῆς Avxiac. τ ί
θασεν ἡμᾶς εἰς αὐτό. Ἴ. ἐν ἱχαναῖς δὲ ἡμέραις βραδυπλοοῦντες nai μόλις γενόμενοι D ἜΣΣΩ Ke e τ a χατὰ τὴν Κνίδον, μιὴ προσεῶντος ἡμᾶς τοῦ ἀνέμου, ὑπεπλεύσαμεν τὴν Κρήτην χατὰ
enchaîné, alla visiter les chrétiens de cette ville. Floriacensis présente les faits .
autrement : permisit amicis qui veniebant (ad eum) ut curam ejus agerent. Mais, ainsi
que le fait remarquer Blass, les deux textes peuvent s’accorder : des chrétiens de Sidon … vinrent au navire en apprenant l’arrivée de Paul, et le centurion donna à celui-ci la permission de débarquer avec eux. — ἐπιμελείας τύχειν — ἐπιμελεία, soin. Le terme est. fréquemment employé dans les écrivains médicaux pour désigner les soins donnés à un malade. Luc emploie ce terme et le verbe ἐπιμελέομαι pour indiquer les soins à donner au corps, Luc, x, 85. τύχειν, aoriste 2 infinitif de τυγχάνω; cf. xx1v, 8; ΧΧΥΠΙ, 2,
Ÿ 4) ὑπεπλεύσαμεν : aoriste moyen de ὑποπλέω, naviguer sous; prope ad (sub) terram accedere, BLass. τὴν Κύπρον, l’île de Chypre. Au lieu d’aller directement de Sidon à Myra en passant au sud-ouest de Chypre ce qui était la route ordinaire, et comme avait fait Paul dans son voyage de Patara à Ptolémaïs, car le vent d'ouest le poussait directement à son but, ils laissèrent l’île sur leur gauche et se dirigèrent vers le nord,
. La raison de ce changement de direction était que les vents leur étaient contraires. À
cette époque de l’année, le vent du nord-ouest était dominant sur ces côtes et empêchait les navigateurs de se diriger droit sur l’ouest; ils durent donc louvoyer et se mettre à l’abri le long de 1116 de Chypre. Cela ne suppose pas qu'ils ont longé l’île de près. Le texte de Floriacensis, inde autem navigantes legimus Cyprum, semble cependant l'indiquer.
ÿ 5) Floriacensis présente le texte un peu différemment : et post haec navigantes … sinum Cilium et Pamphylium, pelagum diebus XII devenimus Myra, Lyciae. — διαπλεύσαντε, participe aoriste de διαπλέω, passer en naviguant; πέλαγος désigne ordinairement la haute mer, Mare vaste patens, Brass. Le navire ne se serait donc pas tenu le long des côtes de Cilicie et de Pamphylie. Mais il est plus probable que le navire s’est tenu près des côtes pour utiliser les vents de terre qui venaient de la Caramanie. Dans son voyage de Syrie à Marseille, de Pagès a suivi la même route que Paul et pour les mêmes raisons. « Les vents d'ouest qui nous étaient contraires, dominaient
en ces lieux durant l'été et nous forcèrent à naviguer vers le nord. Nous longeâmes
la côte de Caramanie afin de rencontrer les vents du nord, ce que nous trouyâmes en effet, » En suivant cette route le long des côtes ils échappaient ainsi aux vents d’ouest qui avaient jusqu'alors gêné leur navigation. Le voyage cependant fut assez long si nous adoptons le texte de 614 Harkl. mg. οὐ Flor., δι’ ἡμέρων δεχαπέντε, qui d’après Westcott, Hort, paraît avec une raison probable avoir été la vraie leçon. Le navire aurait donc passé quinze jours à naviguer le long des côtes de la Cilicie et de la Pamphylie. Cela répond, dit Ramsay, à la situation, et ce peut être une glose bien informée ou plutôt elle vient de Luc, car une évaluation exacte à cet endroit est bien dans son style.
χατήλθαμεν εἰς Mippa; le nom de cette ville est différemment orthographié : Mippa, B:n
Mipa, LP 614; Mira, Flor. Mipou, Pesch; Mippau, Harkl. mg.; Σμύρναν, Bède, d’après Εἰ. Au lieu de Μύρρα N À ont Λύστραν, Lystra, Vlg. Gig. et des mm. hieronymiens. D'où
ἈΝ ΜΚ ἢν 4 πες AC id PNR LCR
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Paul avec humanité, lui permit d'aller chez ses amis et de recevoir leurs soins. 4. Étant partis de là, nous naviguâmes le long de Chypre, parce que les vents étaient contraires. 5. Après avoir traversé la mer de Cilicie et de Pamphylie, nous arrivâmes à Myrra de Lycie. 6. Et là le centurion ayant trouvé un vaisseau d'Alexandrie qui faisait voile pour l'Italie, nous y fit monter. 7. Et pendant plusieurs jours nous naviguâmes lentement et nous fûmes avec peine devant Cnide ; le vent ne nous favorisant pas,
vient ce Aÿotoav? Aucun port de la Méditerranée septentrionale ne porte ce nom. — Myre, actuellement Dembre était située sur une colline à quatre kilomètres de la mer et son port était Andriaca, STrABON, xiv, 3, 7. Myre était un des grands ports du commerce de blé entre l'Égypte et Rome.
Ÿ 6) Αλεξανδρινὸν πλέον : à Myre, le centurion trouva un navire d'Alexandrie; les navires de cette ville se rendant en Italie passaient à l’ouest de la Crête et suivaient la route directe d'Alexandrie à Rome, mais à cette époque de l’année, un vaisseau d'Alexandrie se rendant en Italie ne pouvait faire voile directement pour ce pays à cause du vent d'ouest; il était obligé de louvoyer en se dirigeant vers le nord, afin de gagner de là l'Italie par le sud de la mer Égée. Myre était un des grands ports où les navires du service d'Égypte faisaient escale. Ce navire d'Alexandrie suivait donc sa route ordinaire, surtout à la fin de l’été. C'était un navire de charge, navis oneraria, qui portait en Italie une cargaison de blé d'Égypte; il devait être de 300 à 350 tonneaux, de forme arrondie, avec un grand mât, planté à égale distance de l'avant et de l'arrière, et à l'avant un mât portant une voile dite d’artimon. La vitesse d'un de ces gros navires était de six milles marins à l’heure, quand il avait le vent arrière. Il n’en était plus ainsi quand le vent n'était pas favorable, car ces navires aux formes arrondies et lourdes manœuvraient difficilement. — πλέον, participe présent de πλέω, indique un futur prochain. èv:6{6asev, aoriste de ἐνδιδάζω, faire entrer ; terme de marine employé pour l'embarquement sur un navire. On remarquera ici et dans la suite du récit l'emploi fréquent et exact que fait Luc des termes de marine.
Υ 7) ἐν ἱκαναῖς δὲ ἡμέραις : ce terme vague indique des jours assez nombreux; de Myre à Cnide, la distance est de 130 milles. En temps ordinaire, le trajet aurait été fait en un jour; mais ils naviguèrent lentement. βραδυπλοοῦντες, naviguant lentement : Peschitto, quia non sinebat ventus ut proficisceremur recte. À cause du vent contraire, ils arrivèrent difficilement en face de Cnide. En longeant ainsi le bord des côtes, le navire était à l'abri des vents du nord-ouest.
χατὰ τὴν Kviov, en face de Cnide, mais ils ne purent aborder. Le navire essaya de s'abriter à Cnide contre le mauvais temps; mais il ne put y parvenir, parce que la pointe de la presqu'île sur laquelle se trouve cette île remonte subitement vers le nord et par conséquent livre passage au vent violent qui balaye l'archipel.
Cnide faisait alors partie de la province romaine d'Asie. La ville de Cnide était située à l'extrémité occidentale d’une presqu'île qui ferme au sud le golfe Céramique. Elle avait deux ports. Une île située en avant de la ville était reliée à la presqu'île pur un double môle et protégeait les deux ports, SrRaBon, x1v, 11, 15; cf. BeurLier, Diction. de la Bible de Vicoureux, vol. IT, col. 812. 5
un προσεῶντος participe présent de προσεάω, permettre en outre; terme non classique, seulement ici. Le vent ne leur permit pas d'aborder dans le port de Cnide; lorsque le navire ne futplus à l'abri de la côte il rencontra un vent d'ouest-nord-ouest, le Caurus, tellement violent qu’il fut obligé de se laisser porter au sud-ouest, ne pouvant aller