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LR?
“τὶ SLR EE να
ὄντὸς ἤδη ἐπισφαλοῦς, terme de marine; terme médical, se trouve dans Platon, Polybe,
Kippour, le jour de l'Expiation, qui tombait le dixième jour du mois de Tisri, 16.
nous longeâmes en dessous la Crète, vers Salmone, 8 et la côtoyant avec peine, nous abordâmes à un lieu appelé Beaux-Ports, près duquel était la ville de Lasaia. 9. Un temps assez long s'étant écoulé et la navigation devenant dangereuse, puisque le jeûne même était déjà passé, Paul les avertit 10, leur disant : O hommes, je vois que la navigation va se faire avec des périls et de grands dommages non seulement pour la
septième mois de l’année, peu après l’équinoxe d'automne, vers Le 24 septembre. Ζόν. Xvi, 29. Josèphe appelle aussi ce jour, τὴν νηστείαν, Ant. jud. 11, 10, 3; χιν, 4, 8; Guerr. jud. v, 5, 7, En l'an 58, d’après Türner, Chronology, Diction. of the Bible, Hasrines, I, le jeûne tomba le 10 septembre ; en 59, d'après Renan, le jeûne aurait été le 5 octobre; quelle que soit la date adoptée, la saison n’était donc plus propice pour la navigation. Cf. Vécèce, de re militari, v, 9, sur la navigation à cette époque de l’année.
La saison dangereuse pour la navigation allait du 14 septembre au 11 novembre. Du 11 novembre au 5 mars toute navigation cessait; ce n'était pas précisément à cause des tempêtes que les marins craïgnaïent le voyage en hiver, maïs c'était parce que les pluies persistantes et les nuages leur cachaient la lune et les étoiles, lesquelles étaient leur seul moyen de direction, n’ayant pas encore de boussole à leur disposition.
παρήνει, hortabatur, ἃ; consolabatur, Vlg.; accessit, Flor. qui a Lu παρήει pour παρήνει
— παρήνει imparfait de παραίνω, exhorter, avertir, ici seulement et ÿ 22. Ramsay, Paui the Traveller, p. 323, pense qu’on tint un conseil. Paul était assez expérimenté des
choses de la mer pour avertir les marins du danger de continuer le voyage et les exhorter à ne pas quitter Beaux-Ports; cf. ÿ 25. IL jouissait auprès d'eux d’une autorité qui lui permettait ces avertissements.
Υ 10) θεωρῶ, je vois, je perçois : ce verbe exprime la conviction que Paul s’est formée
d’après sa propre expérience de la mer et de l’état des choses. IL ne s’agit pas là d’une révélation, comme xvu, 22; χιχ, 26; xx1, 20. Quand il ἃ une révélation divine à faire, Paul s'exprime autrement, ἡ 23. Il ne prédit pas, il prévoit que, vu la saison de l’année et le mauvais état de la mer, le navire fera naufrage et que tout sera perdu, le navire, la cargaison et eux-mêmes si l’on continue le voyage. — ὅτι... μέλλειν ἔσεσθαι - τὸν πλοῦν, anacoluthe. On trouve ici mélangées les deux constructions de l’oratio obliqua : ὅτι avec μέλλει et les infinitifs, μέλλειν, ἔσεσθαι, — En fait, la construction est changée dans le cours de la phrase : elle commence comme si μέλλει ὃ πλοός doit suivre ὅτι, puis au lieu de cette expression on a une proposition infinitive, comme si ὅτι n'avait pas précédé; le style est oratoire et dramatique. La Vulgate a rétabli la construction : video quoniam.… incipit esse navigatio. Ces changements de construction se rencontrent
chez les meilleurs auteurs attiques. — μετὰ ὕδρεως, génitif de ὕόρις, insolence, injure
par colère; injuriae vexationesque e saevitia tempestatis, Brass. Cf. Josèpne, Ant. jud.
ΠΙ, 6, 4 : τὴν ἀπὸ τῶν ὄμόρων ὕόδριν, l’insolence des vagues; Anthologie vu, 291, δείσασα. θαλάσσης ὕόδριν. — ὕδρις ἃ donc un sens actif et un sens passif, 11 Cor. χιι, 10. xat πολλῆς
ζημίας, détriment, dommage; ce second nom indique les. effets du premier, ὕόρις
marque la violence de la tempête produisant une injure ou une injustice pour le .
navire; ζημία indique la perte matérielle de la cargaison, du navire et des passagers. — οὗ μόνον, au lieu de μὴ μόνον, se trouve régulièrement dans le Ν, T, φορτίου, diminutif de φόρτος; pour la forme et pour le sens la signification est la même ; cargaison d’un navire. φορτίον proprie φόρτος, de toto quidem onere quod fert navis; φορτία sunt singulae merces quae vehuntur, BLass.
11. ὁ δὲ ἑχατοντάρχης τῷ nubepvhrn χαὶ τῷ ναυχλήρῳ μᾶλλον ἐπείθετο ἢ τοῖς ὑπὸ Τ]αύλου λεγομένοις. 12. ἀνευθέτου δὲ τοῦ λιμένος ὑπάρχοντος πρὸς FAP οἱ πλείονες ἔθεντο βουλὴν ἀναχθηναι ἐχεῖθεν, εἴ πὼς δύναιντο χαταντήσαντες εἰς Φοίνιχα παραχειμάσαι, λιμένα τὴς Κρήτης βλέποντα χατὰ λίόα χαὶ χατὰ χῶρον.
ÿ 11) Le Floriacensis présente autrement le texte qui suit : gubernator autem [et magis] ter nauis cogitabant navigare si forte possent [venire p[hoenicem] in portum qui est cretae consen [tiebat ïlillis magis centurio quam paulis verbis. Comme officier supérieur, le centurion était président du conseil qui a été tenu; il est donc ici Pofficier qui commande le navire, par conséquent celui-ci était un vaisseau de la flotte impériale, faisant le service des grains d'Alexandrie à Rome. Bien qu'il dût consulter ses assesseurs, son avis était prédominant, c’est ce qui ressort du texte : d’ailleurs, c'était l'avis de tous, ὃ 12. τῷ κυδερνήτῃ χαὶ τῷ ναυχλήρῳ : les critiques ne sont pas d'accord sur le sens de ces termes. Pour Plutarque, Mor. 807 B, ναύχληρος dominus navis; χυδερνήτης apud antiquos princeps nautarum erat : ναύτας μὲν ἐχλέγεται κυδερνήτης χαὶ χυδερνήτην ναύχληρος, D'après Breusing, le χυδεῤνήτης serait le capitaine et le ναύχληρος, le propriétaire du navire, Hackerr, KNABENBAUER, Grimm. Le propriétaire d’un navire
(lequel pouvait être aussi le capitaine), accompagnait souvent le navire ; il percevait
le prix du transport des passagers et des marchandises et louaït le capitaine et les marins. D’après Ramsay, le ναύκληρος ne peut être le propriétaire du navire, puisque celui-ci appartenait à la flotte impériale, c'est le capitaine, ainsi qu'il ressort d’une inscription, οἱ vabxAnpor τοῦ πορευτιχοῦ Ἀλεξανδρείνου στόλου, KERBEL, /nscript. Graec. in Italia, 1918. Une inscription de Délos distingue nettement les propriétaires d’un navire, £uxopor, des capitaines, ναύχληροι, Bulletin de Corresp. hellén., 1880, p. 222. D’après Burnside, le ναύχληρος était le capitaine et le χυδερνήτης, le pilote. — D’après Barde, le vaÿxAnpos était le locataire du navire, celui dont le ναῦς est devenu le x\ñpos, 16 lot, pendant tout le temps nécessaire au transport de la marchandise embarquée. Or, pendant ce même temps, le voyage se fait à ses frais. C’est l’affréteur du navire.
ἐπείθετο ἢ τοῖς ὑπὸ Παύλου λεγομένοις : l’objet du verbe passe des personnes aux choses, cf. xxvi, 20; expression familière à Luc. La conduite du centurion est très compréhensible; il a plus de confiance dans les gens du métier maritime que dans un homme étranger, pense-t-il, aux choses de la mer. Paul faisait donc partie du conseil. La perte du navire et de la cargaison ne devait pas retenir le centurion, puisque l’autorité impériale indemnisait les pertes par suite de tempête. D'ailleurs, si le navire appartenait à l’État, il n'avait pas à se préoccuper de sa perte. Goern remarque que le centurion avait intérêt à poursuivre sa route plutôt que d’encourir la responsabilité de pourvoir à la garde des prisonniers pendant un long séjour à Beaux-Ports. Mais le risque eut été le même à Phénix, le port où ils voulaient passer l'hiver.
Ÿ 12) ἀνευθέτου, hellénistique, non aptus; ici seulement. C’est l'avis du pilote et du capitaine que donne ici Luc. On est étonné que Paul aït tant insisté pour hiverner dans un port qui ne pouvait les abriter pendant l'hiver. De récentes observations ont établi que ce port était assez bien protégé par des îles et des récifs et, quoique moins bon que Phénix. il pouvait offrir un abri assez sûr.
πρὸς παραχειμασίαν, hellénistique; ici seulement dans le N.T., mais le verbe παραχειμάζειν, seulement dans Luc et dans Paul, se trouvent tous les deux dans Polybe, Plutarque, Diodore. La question n’était pas de savoir 515 essayeraient d'atteindre l'Italie pendant la mauvaise saison, mais s'ils devaient rester à Beaux-Ports ou chercher un port d'hiver plus sûr. — οἱ πλείονες, employé par Luc et Paul seuls avec l’article; la plupprt, c'est-à-dire la majorité de ceux qui formaient le conseil, ἔθεντο βουλήν, statuerunt con-
ACTES DES APOTRES, Χχυις, 10-12. 729
cargaison et pour le navire, mais aussi pour nos personnes. 11. Mais le
centurion ajoutait plus de εἰ au pilote et au capitaine [du navire] qu'aux
paroles de Paul. 12. Et comme le port n'était pas commode pour l’hivernage, la plupart furent d'avis d'en partir afin, si possible, d'atteindre, pour passer l'hiver, Phœnix, port de Crète qui regarde le sud-ouest et le
silium, cf. ÿ 2, 23 ; expression classique. — ἀναχθῆναι, infinitif aoriste passif de ἀνάγω, conduire de nouveau; en terme de marine mettre à la voile, être porté vers la haute mer, Cf. χπὶ, 18, — εἴ πως δύναιντο, optatif aoriste 2 moyen de δύναμαι; dans l'espoir qu'ils pourraient atteindre Phénix et y passer l'hiver; χαταντήσαντες, cf. xvi, 1, se trouve dans Luc et Paul. -εἰς Φοίνιχα, Phénix, port de la côte méridionale de la Crète, se trouve mentionné dans Ptolémée, ir, 17, 8 et dans Strabon, x, 4, 3. — βλέποντα χατὰ λίδα χαὶ χατὰ χῶρον : Ce passage est un des plus difficiles du N. T. à expliquer. Voici comment Fillion expose la question. « D'après J. Smith et Spratt, qui ont tout particulièrement étudié les détails relatifs au voyage et au naufrage de saint Paul dans la Méditerranée, il n’y a pas de doute que Phœnice ne corresponde au port actuel de Loutro, qui est « la seule baie de la côte sud dans laquelle un bâtiment puisse mouiller en toute sécurité durant l'hiver, parce que les vents du sud, repoussés par les hautes montagnes qui la dominent, ne viennnent jamais à terre, et parce que la mer qu'ils soulèvent arrive presque morte à la côte, de sorte que les bâtiments roulent, mais les amarres ne fatiguent pas. » SPRATT, /nstructions sur l'ile de Crète, p. 44. Cf. J. ὅμιτη, The voyage und Shipwreck of St Paul, p. 261. Loutro, située à l’est du cap Flaka, qui'correspond au cap Hermaca des anciens, est précisément sur le territoire de l’antique cité de Lappa.
Il est vrai que, d’après le texte des Actes, « Phœnix est un pôrt de Crète qui regarde du « côté du Libs », ou vent du sud-ouest, vent africain, « et du côté du Khorus » ou vent du nord-ouest, tandis que la baie de Loutro est au contraire ouverte dans la direction du sud-est et du nord-est. La difficulté est très réelle. On a essayé de La résoudre de plusieurs manière : 4° Il est possible que l’ancien port de Phœnix ait consisté en un double bassin, dont l’un aurait été abrité contre les vents du sud, et l’autre contre les vents du nord. Voir Ramsay, dans Hasrinces, Dictionn. of the Bible, t. III, p. 863; J. Bezser, die Apostelgeschichte, 317. — 2° Comme l'ont fait remarquer de nombreux commentateurs, à la suite de J. Smith, les mots qui regardent du côté du Libs... « ne sauraient signifier que le port était ouvert aux vents du sud-ouest et du nord-ouest, c’est-à-dire aux vents occidentaux, si dangereux dans ces régions, mais plutôt, que les côtes qui entouraient la baie se dressaient dans cette double direction, et, par suite, la garantissaient contre eux ». Presque tous les exégètes récents adoptent ce sentiment, entre autres Vigouroux, Fouar ἃ, Felten, Wendt. Cela revient à dire que le port de Phœnix était ouvert, non pas du côté d'où venait le venl, mais dans la direction opposée, du côté où le vent soufflait. Si le port avait été exposé au Libs et au Khorus, il n’aurait nullement répondu aux conditions requisés pour un hivernage. — 80 Comme il a été dit plus haut, aucun autre port de la côte méridionale de 1116 de Crète ne paraît avoir convenu à la situation décrite. C’est bien à tort qu'on ἃ parfois accusé saint Luc de n'avoir pas axactement rendu le langage des marins qui l’auraient renseigné sur Phœnice. Les habitants affirment que l'ancien nom de la ville était Phœniki. » Vicouroux, Dictionn. de la Bible, V, col. 329.
Burnside croit que si l’on se place au point de vue de quelqu'un qui du rivage regarde la mer, Lutro ne répond pas aux conditions de l'expression, βλέποντα xarà λίδα χαὶ χατὰ χῶρον : celles-ci seraient plutôt réalisées par Phineka, petite baie située sur
18. ὑποπνεύσαντος δὲ νότου δόξαντες τῆς προθέσεως κεχῥατηχέναι, ἄραντες ἄσσον - παρελέγοντο τὴν Κρήτην. 44. μετ᾽ où πολὺ DE ἔῤδαλεν κατ᾽ αὐτὴς ἄνέμος τυφωνιχὸς ὁ
la côte opposée du promontoire. Si l’on se place à d’autres points de vue elles peuvent s'appliquer à Lutro qui offre le meilleur refuge de la côte méridionale de la Crète. Barde explique différemment la position de ce port : « Celui-ci ouvrait (regardait) à la fois sur le sud-ouest (A4, λίδος, africus, vent soufflant du sud-ouest, terme ἅπαξ) et sur lé nord-ouest (χῶρος, le corus ou caurus, soufflant d’entre nord et ouest). C’est donc un port formé par deux bras, dont la direction générale est l'ouest, mais l’un tourne én même temps vers le midi, l’autre vers le nord, chacun protégé contre le vent soufflant de là, comme l'indique κατά ».
D’après Preuschen entre les ÿ 11 et 12 il ÿ aurait une lacune parce qu’on ne voit pas ce qui aurait incité le centurion à la résolution d’hiverner. Mais comme le ÿ 12 se rattache parfaitement au ὃ 8 on peut d'après lui conclure avec Wellhausen, p. 17,
que si les ÿ 9-11 sont une interpolation; il en serait de même des ÿ 21-26.
ΟΥ̓ 13) ὑποπνεύσαντος soufflant agréablement; νότου, le vent du sud : une brise modérée
venant du sud. ὑπό en composition donne le sens de modérément. L’aoriste marque le
commencement : le vent commença à souffler. Après avoir passé le cap Matala, à cinq
ou six mille marins, à l’ouest de Beaux-Ports, la côte se dirigeait vers 16 nord, de sorte que pour le reste du voyage vers Phœnix, elle était très favorable à la navigation. Le navire devait aller vers le nord-ouest, de sorte qu’en l’envoyant près de la
terre 115 gagneraient facilement Phœnix. — τῆς προθέσεως κεχρατηχέναι, littéralement de s'être emparé de leur dessein, d’être maître de leur dessein, d’où avoir atteint leur
dessein; ici seulement en ce sens dans le N. T.; cf. Diopore : κεχρατηχότες ἤδη τῆς προ-
θέσεως. Ils tenaient pour assurer leur dessein d’aller à Phœnix. Il y a à pew près
40 milles marins de Beaux-Ports à Phœnix, de sorte que par un vent du sud on pouvait -éspérer y arriver dans l’espace d’un jour. Breusing et Goerne croient qu'il est fait
allusion ici à la fin de leur voyage.
ἄραντες, classique et hellénistique, sous-entendu τὰς ἄγχυρας; cf. τὰς ναῦς ἄραντες
ἀπὸ τῆς γῆς; Taucyoine, 1, 52; il peut être entendu au sens intransitif, étant parti, Le participe aoriste indique une action antérieure dans le temps à l’action du verbe
principal. — ἄσσον παρελέγοντο τὴν Ἰζρηπήν : ils naviguèrent en serrant la Crète de plus (près.-4oov, ionien et poétique est le comparatif adverbe de ἄγχι, cf. Josèpne, Ant. jud,
“1, 20, 1; Luc précisant intentionnellement la manœuvre du navire veut de qu'ils ont
déjà suivi la côte, mais que maintenant ils la suivent de plus près, qu’on ne le fait ordinairement parce qu’ils n’ont pas pu saisir encore le vent. On peut traduire aussi :
ils serrèrent la Crète de près, car il n’y a pas de différence de signification entre
ἄσσον, comparatif, et les positifs, ἄγχι ou ἀγχοῦ.
Au lieu de ἄσσον Floriacensis ἃ θᾶσσον, — τάχιον, quam celerrime. La Vulgate a : cum sustulissent de Asson, comme ils partirent de Assos. Il ne peut être question de l'île d'Assos, au nord de l’archipel, xx, 18, non plus que d’une ville de la Crète du nom de Assos, dont il n'existe aucune trace connue: Fuit quidem in Creta oppidum nomine Asus seu Asum, satis celebre a templo Jovis, ex quo hic Jupiter Asius vocatus est; at urbs illa non erat maritima, sed ον το κι Punius, Hist, Nat. τν, 20. D'ailleurs, d’après la construction grecque, ἄσσον ne peut être un nom de ville. Il est difficile de dire d'où vient cette leçon de la Ψαϊραίό.
Ÿ 14) per” οὐ πολὺ δέ, litote, cf. xx, 12; Luc emploie la litote de οὐ avec un adjectif ou
nord-ouest. 13. Alors le vent du midi commença à souffler et, se croyant
maîtres de leur dessein, ils levèrent [l'ancre] et côtoyèrent de plus près
la Crète. 14. Maïs peu après un vent impétueux, appelé Euraquilon, tomba
de celle-ci [l’île]. 15. Le vaisseau étant entrainé et ne pouvant tenir tête
un adverbe : 4 fois dans le journal de voyage, 12 fois dans le reste des Actes. — Ὁ
ἔδαλεν, intransitif, κατ᾽ αὐτῆς : tomba de celle-ci, c’est-à-dire de la Crète nommée immédiatement avant et de ses montagnes, du mont Ida de 2.000 mètres de hauteur : raté avec le génitif peut avoir ce sens, cf. Ze. vin, 33, maïs le verbe peut-il signifier
tomber de? -— κατ᾽ αὐτῆς désigne l’île de Crète et doit être traduite de celle-ci et non
contre celle-ci, contra ipsam, Vig. Barde explique ainsi la situation : « Le vent se jetait (ou nous jetait) contre l’île. » La position serait alors celle-ci : le navire ἃ
doublé 16 cap Matala et veut s'élever vers le nord, Au même instant, un vent impétueux, soufflant du nord-ouest, menace de le jeter à la côte et de l'y briser. Impossible de lutter; le ÿ 15 va clairement le déclarer. Reste une seule ressource : fuir devant
l’ouragan, et par conséquent se laisser emporter vers le sud. » Puisque le vent du nordést pousse le navire vers le sud-ouest, χατ᾿ αὐτῆς pourrait désigner le navire, τῆς νεώς, que l’auteur avait dans l'esprit et qu'il nomme ὃ 41, le vent tomba contre le navire; mais Luc emploie ici le terme πλοίου, au neutre pour désigner le navire.
ἄνεμος τυφωνιχός : cet adjectif formé de τυφώς, vapeur, souffle, décritle tourbillonnement des nuages occasionné par la rencontre des courants opposés du vent. Pline, Hist. Nat., τι, 49 décrit le typhon en ces termes : typhon i. 6. vibratus ecnephias, defert hic secum aliquid abruptum e nube gelida, convolvens versansque et ruinam suam
illo pondere aggravans et locum ex loco mutans rapida vertigine; praecipua navigantium pestis. εὐραχύλων, leçon de δὶ AB*, nulle part ailleurs, est formé comme edpoyéros
de εὖρος et ἀκύλων, forme hybride d’un mot grec εὖρος, vent du sud-est et d'un mot
d'origine latine, ἀκύλων, vént du nord-est; c’est donc un vent de l’est-nord-est. χαλούμεs : cette expression semble indiquer que cette appellation est d’origine populaire; mais les Grecs appelaient ce vent xatxias et les marins levantins, gregalia, — Cevent
portait le navire vers les Syrtes de la côte septentrionale de l'Afrique, cé que craignait le pilote. — Ce terme inusité a été remplacé par des variantes : εὐροχλύδων, HLP Chrys. : Eurus fluctus vehementissimos, où plus correctement, fluctus Euro
excitatus. — εὐρυχλύδων, ΒΡ 40 133, ventus late fluctuans. Preuschen trouve que ce
dermier terme ne présente aucun sens. Barde adopte cette forme : « Le vent de notre récit ne venait pas de l’est, et le participe xalouuévos nous paraît indiquer un nom propre connu, et non pas seulement la tendance du vent. Nous adopterons donc "Evpo (ou Ἔυρυ) χλύδων, formé de εὖρος, largeur, ou de εὐρύς large (ou encore du nom *Evoos ἢ) et de χλύδων, flot (comp. Jacq. 1, 6). Le sens est alors : Fluctus magnus (ou Euro excitatus), c'est-à-dire : un vent caractérisé par les hautes vagues qu'il soulève. »
Il semble donc que la douce brise du sud de leur départ s'était changée soudain en un vent violent du nord-est, changement assez fréquent dans ces parages. Ces vents
du midi, dit un officier anglais, cité par Hackett, se changent invariablement en un violent
vent du nord.
Ÿ 15) συναρπασθέντος, participe aoriste passif de συναρπάζω saisir des personnes ensemble, comme si le navire avait été saisi par l’étreinte du vent, vi, 12; x1x, 29, térme classique. Les matelots ne purent carguer les voiles et gouverner le navire. ἀντοφθαλ-
μεῖν, regarder en face, d'œil à œil. Les anciens avaient, dit-on, l'usage de peindre un
œil dé chaque côté de la proue de leurs vaisseaux; c’est encore l'usage en Chine. Le navire ne pouvait présenter ses yeux at vent, c’est-à-dire ne pouvait tenir tête au vent,
ACTES DES APOTRES, XXVH, 13-15. RNA 781
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to σχύσαμιεν HA περιχρατεῖς γενέσθαι τῆς σκάφης; 17. ἣν ἄραντες βοήθείαις ἐχρῶντο, ὑποζωννύντες τὸ πλοῖον᾽ φοδούμιενοί τε μὴ εἰς τὴν Σύρτιν ἐχπέσωσιν, χαλάσαντες τὸ
résister à la violence du vent; de là la signification générale de résister, Sagesse, Χι, 14. Ce mot n’est pas nécessairement un terme nautique ; Polybe, 1, 17, 3, l’emploie au sens d'affronter un ennemi.
ἐπιδόντες, sous entendu τὸ πλοίον et τῷ ἀνέμω : participe aoriste second de ἐπιδίδωμι, trado id est permitto potestati et arbitrio alicujus, abandonnant le vaisseau, data nave fluctibus, Vlg. On aurait pu aussi sous-entendre ἑαυτούς, s’abandonner eux-mêmes. Après ἐπιδόντες 614 876 1518 Harkl. ajoutent τῷ πνέοντι χαὶ συστείλαντες τὰ ἱστία, et les voiles étant repliées. Preuschen trouve ce texte plus intelligible. — ἐφερόμεθα, imparfait moyen ou passif de φέρω : au passif nous étions emportés par le vent, sens classique; ou au moyen, nous nous laissions emporter par le vent, nous allions à la dérive; au gré des flots. Ἶ
Υ 16) Partant de dirt le navire fut porté vers le sud-ouest : le vent venait donc du nord-est. νησίον δέ τι : une certaine petite île, appelée Cauda; la vraie forme du nom est Kaïdo ou l'aÿdos et non KAaÿèny ou KXaïdos. ὑποδραμόντες : participe aoriste 2 de ὑποτρέχω, praetervehor, passant sous le vent ; ils la longèrent au sud-est. ὑποδραμόντες,
plus expressif que ὑπεπλεύσαμεν, ÿ 7, marque que les marins ne sont plus maîtres du
navire.
Cauda, actuellement Gaudos, est située à l’ouest du cap Matala, au sud de la Crète et de Phœnix à vingt milles de distance de Sphakiïa. Le P. Cozza a trouvé le nom de cette île dans un palimpseste de Strabon : χεῖται δὲ χατὰ Kaddov τῆς Ἰζρήτης ; cf. Vicouroux,
= Les découvertes modernes, Ὁ. 333.
μόλις ἰσχύσαμεν, nous pûmes avec peine ; περικρατεῖς, s'emparer ou ἐγχρατεῖς, non employé dans ce sens par les classiques. A l'abri de l’île, ils eurent un moment d’accalmie et ils purent se rendre maîtres de la chaloupe, mais avec peine, parce que la mer était encore fortement agitée par le vent. Traînée à la remorque depuis Beaux-Ports, la chaloupe, sous l’action des vagues s'était remplie d’eau. Ge fut donc une opération difficile et pénible que de la hisser à bord du navire. Luc prit part à la manœuvre, ainsi que l'indique le verbe ἰσχύσαμεν, à la première personne du pluriel, car pour hâler sur une
corde il n'était pas nécessaire d'être marin. — Il ne fallait pas laisser la chaloupe à la
traîne, car elle retardait la marche du navire et aurait pu être perdue. Cette chaloupe était nécessaire en un moment de danger et de perte du navire; cf. xxvir, 30. Ils avaient probablement omis cette précaution, parce qu’à leur départ la mer était calme et qu'ils pensaient arriver à Phœænix en peu d'heures. oxéons, petit bateau. ici seulement et XXVI, 80, 32. — ἰσχύσαμεν : Luc emploie plus volontiers ἰσχύειν que δύνασθαι.
Ÿ 17) ἣν ἄραντες, ayant enlevé, hissé, ἥν, celle-ci, la chaloupe, βοηθείαις ἐχρῶντο, --- βοηθεία, terme nautique, secours dont on se servait pour encercler le navire. On appelle βοηθεία ce qui sert à soutenir une structure qui va d’effondrer : des frettes, en langage moderne. Ces βοηθεία sont les ὑποζώματα de Hésychius, des câbles entourant le navire par le milieu: ὑποζώματα, σχοινία κατὰ μέσον, τὴν ναῦν δεσμευόμενα. Cf. WETSTEIN. TRuCYDIDE, 1, 29; POLYBE, Leg. 64. — Ces câbles étaient-ils autour de la coque longitudinalement, c’est-à-dire de l'avant à l’arrière ou transversalement sous la coque ? Les exégètes sont divisés, mais la majorité croient que, suivant la façon de procéder des anciens les secours ont été appliqués transversalement, ὑποζωννόντες τὸ πλοῖον : ils firent passer par-dessous la carène des grelins qu’ils raidirent au moyen de cabestans, afin de soutenir les bor-
au vent, nous étions entraînés, nous laissant aller à la dérive. 16. Ayant passé au-dessous d’une petite île appelée Cauda, nous eûmes dela peine à être maîtres de la chaloupe; 17 après l'avoir hissée, on se servit des secours en liant le vaisseau en dessous et craignant qu'ils n'échouent sur la Syrte, ils laissèrent tomber l’ancre flottante et ainsi ils étaient entraînés.
dages menacés de larguer et d'augmenter la force et la résistance des bordages, pour prévenir ainsi les voies d’eau. Un câble à bâbord, un autre à tribord, suivant les flancs du navire de la poupe à la proue, puis serré par un cabestan au moment du besoin, avaient pour résultat de maintenir la cohésion de la coque, dans les moments surtout où le centre était seulevé sur la crête d’une vague, laissant l’avant et l'arrière sans appui. Il fallait seulement placer les câbles au-dessous des bastingages pour ménager les ouvertures des ancres, et cela suffit pour justifier le terme ὑποζώννυμι, dont nous n'avons pas d’ailleurs à trop presser le ὑπό. Toujours d’après Breusing, on disposait ces câbles sur les flancs du navire tandis qu’il était en chantier; il suffisait dès lors de les serrer à l’heure opportune; c'était mettre au bâtiment sa ceinture, ou, comme on dit en langage marin, le « cintrer. »
εἰς τὴν Σύρτιν ἐχπέσωσιν : ils craignaient d’être détournés de leur route et d’être jetés vers la Syrte, dépourvue de port. Il s’agit ici de la grande Syrte, entre les caps Misrata et Mohdkar, sur une étendue de 537 kilomètres; il ne peut être question ici de la petite Syrte, trop à l’ouest. ἐχπέσωσιν, terme nautique : subjonctif aoriste de ἐχπίπτω, se détourner de la voie droite.
χαλάσαντες τὸ σχεῦος : χαλάσαντες de χαλάω, détendre, relâcher. On n’est pas d'accord sur le sens de sxeïos. Voici les explications que donne Knabenbauer : « Saepe explicant σχεῦος instrumentum navis i. e. armamenta, vela, autennas, ita ut velis et antennis remotis cursus navis retardatus sit. Sed cum de velis collectis jam in ÿ 15 secundum : aliquostestes mentio facta sit et insuper esse collecta statim ab initio tempestatis certum sit re ipsa, hic alia erit explicatio quaerenda. Cursus navis erat retardandus ; ad hoc attendere oportet quod habet Beda : trahebant autem et anchoras timentes ne occurerent in syrtes. Quomodo hoc intelligendum sit, colligi potest ex versione quam habet gig : ne in syrtem incideremus, vas quoddam dimiserunt quod traheret. Quam explicationem etiam Breusing proposuit, quamquam non noverat quod Beda et gig habent; eam approbat Blass : « opus erat ut retardaretur is cursus, quod efficere solebant funibus a puppi in mare demissis ad quos destinatae erant vel ancorae vel glomera magna quae cum traherentur aquae paullum resistebant; est igitur τὸ σχεῦος aut σπεῖρα, glomus, aut ancora » et affert Plut, Moral, 307 À : νεὼς μὲν γὰρ ἁρπαγεῖσης ὑπὸ πνεύματος ἐπιλαμ.θάνονται σπείραις καὶ ἀγχύραις τὸ τάχος ἀμθλύνοντες, et Lucian, Toxar. 19; unde usus 1110
veterum nautarum indubius redditur. » σχεῦος désignerait donc une planche épaisses,
jetée de la poupe, maintenue perpendiculaire dans l’eau par des cordes passées aux quatre angles, un poids assez lourd aux angles inférieurs, une bouée aux supérieurs, et destinée avant tout à ralentir la marche d’un vaisseau dont il n’est plus possible d'assurer la direction. Cette planche peut être remplacée par une ancre de chasse (Schleppanker), toujours avec le même but : retarder la course vertigineuse du navire en danger de se briser. Il est possible aussi que l'opération ait consisté à larguer les voiles; dans ce cas, l'opération a été délicate, car il fallait laisser juste autant de toile qu'il était nécessaire.
οὕτως ἐφέροντο : dans cet état, c’est-à-dire le navire étant encerclé et alourdi par une ancre volante ou détoilé, ils furent emportés ou se laissèrent emporter, passif ou moyen, sans espoir.
σχεῦος οὕτως ἐφέροντο. 18, σφοδρῶς δὲ χειμαζομένων ἡμῶν Th ἑξῆς ἑχόολὴν ἐποιοῦντο᾽ 10. χαὶ τὴ τρίτῃ αὐτόχειρες τὴν σχευὴν τοῦ πλοίου ἔριψαν. 20. μήτε δὲ ἡλίου μήτε ἄστρων ἐπιφαινόντων ἐπὶ πλϑέονας ἡμέρας, χειμῶνός τε οὐχ ὀλίγου ἐπικειμένου, λοιπὸν περιῃρεῖτο ἐλπὶς πᾶσα τοῦ σώζεσθαι ἡμᾶς. M. πολλὴς τε ἀσιτίας ὑπαρχούσης, τότε σταθεὶς ὁ Ι]αῦλος ἐν μέσῳ αὐτῶν εἶπεν᾽ "der μέν, ὦ ἄνδρες, πειθαρχήσαντάς μοι μὴ
ÿ 18) σφοδρῶς ; ici seulement dans le N. T., pour l’attique σφόδρα, exprime combien ils étaient violemment secoués par la tempête. χειμαζομένων de χειμάζω, balloter, d'où au passif être battu par la tempête; ici seulement. — τῇ ἐξῆς, sous entendu ἡμέρᾳ, un jour prochain, le jour quisuit après leur départ de Beaux-Ports. La tempête s'était aggravée pendant la nuit. Le navire était en danger et les précautions prises n'avaient pas été suffisantes. Il fallut encore alléger le navire. — ἐχόολήν ἐποιοῦντο terme de marine : ἐχθολή, jet, rejet; en latin, jacturam facere. Expression maritime qui, d’après Julius Pollux, 1, 99 est employée chez les anciens pour signifier l’allégeance du navire en cas
* de tempête; cf. Jonas, 1, 5; EscuyLe. Agam,, 1008. La partie de la cargaison qui était sur le pont du navire fut jetée à la mer. — ἐχδολή, sans l’article, indique qu’on jeta seulement une partie du contenu du navire. Nous savons, ÿ 38, que l’on avait conservé des sacs de blé; le navire avait d’ailleurs besoin de lest. Qu’a-t-on rejeté à ce moment? nous l’ignorons, probablement une partie de la Re ἐποιοῦντο, imperfectum, quasi το αὐ ejus rei est, Brass.
49) τῇ τρίτῃ : le troisième jour on fut obligé d’alléger encore le navire. — ἔριψαν . leçon de Ν À B* C Vig. Arm., mieux soutenue que épébaueylecon de H LP Harkl. Pesch. Boh. :ἔριψαν a dû être mis à cause de ἐποιοῦντο, tandis que ἐρίψαμεν serait dû à αὐτόχειρες. Luc et ses compagnons ont pris part au travail : de nos propres mains nous jetämes les agrès du navire. D’après Breusing, les matelots n'auraient pas permis aux passagers
de choisir ce qui devait être jeté, parce qu’ils auraient pu se tromper dans leur choix:
ils jetèrent donc de leurs mains l’apparat du navire. Mais que désigne ce terme τὴν σχευὴν, armamenta, Vig., τοῦ πλοίου Ὁ probablement, les agrès du navire, tout ce qui constituait son équipement, et qui pouvait être enlevé, les bois, les cordages, les antennes, Ils gardèrent cependant les ancres, ÿ 29, et des espars, ÿ 44. Smith croit que σχευή désigne la vergue principale, une immense poutre, aussi longue que le navire, et qui demanda lesefforts de tous les matelots et des passagers pour la jeter par-dessus bord, mais le terme est employé ici comme σχεῦος, Υ 17, dans un sens indéterminé, quivis apparatus. Dicitur de utensilibus navis, Den XIV, 79; Jonas, 1, 5. — αὐτόχειρες ἐρίψαμεν ἃ fait penser qu'il s'agissait ici des bagages des passagers, qu'ils jetèrent euxmêmes à la mer, mais l'addition de τοῦ πλοίου après σχευήν exclut cette hypothèse. Id autem fecerunt αὐτόχειρες (att.), manibus suis, ne haec per fluctus abrepta insuper stragem darent, Brass. — L'aoriste ἔριψαν indique que pour le moment les matelots firent tout ce qui était nécessaire.
ὃ 20) μήτε δὲ ἡλίου μήτε ἄστρων : l'absence de l’article devant ces deux noms intensifie la signification de cette expression. ἐπιφαινόντων cf. ILe. 1, 79; seulement dans Luc et Paul. ἐπὶ πλείονας ἡμέρας : ἐπί avec l’accusatif de temps. πλείονας signifie non pas de
Fe . nombreux jours, mais plusieurs jours. Combien? nous l’ignorons; probablement les
trois jours depuis le départ de Beaux-Ports et quelques-unes des quatorze nuits dont il est parlé ÿ 27. — Pendant ce temps le soleil et les étoiles restèrent cachées, ce qui rendait la position des navigateurs on ne peut plus précaire, car elles étaient leur seul guide pour se diriger sur la mer. Pendant la nuit les Grecs s’orientaient sur la Grande
Se er ps NEC
18. Mais comme nous étions violemment battus par la tempête, le jour
suivant, ils jetèrent [de la cargaison]. 19. Le troisième jour, de leurs
propres mains ils jetèrent les agrès du navire. 20. Ni le soleil, ni les ὁ
étoiles ne se montrant pendant plusieurs jours et une violente tempête
[continuant] à sévir, tout espoir de nous sauver fut enfin perdu. 21. On n'avait pas mangé depuis longtemps. Alors Paul, se tenant au milieu d’eux,
dit : Certes, ὁ hommes, il fallait, m’ayant obéi (écouté), ne pas partir de
Ourse; les Sidoniens sur la Petite, — οὐκ ὀλίγου ; seulement dans Luc; 8 fois dans les
. Actes, ἐπικειμένου, participe de ἐπίχειμαι, être sur, être posé sur; cf, les Septante et
Plutarque, Timoléon, 26. -- ἐπιχεῖσθαι, instare, urgere, BLass. λοιπόν, enfin, du reste, déjà, dès lors. περιῃρεῖτο : imparfait passif de περιαιρέῳ, penitus aufèrre. complètement enlever; l’imparfait indique que l'espoir d’être sauvé s’évanouissait ἘΝ Ἐδ d’une façon continue; τοῦ σώζεσθαι infinitif au génitif, dépendant de ἐλπίς, — Omnis spes nobis auferebatur vitae, Gigas. Tout espoir de salut était enlevé à ces marins par la violence de la tempête, et du fait qu’ils ne savaient où ils étaient portés et que la voie d'eau s’élargissait dans le navire malgré le frettage des parois du vaisseau,
ἦ 21) πολλῆς τε ἀσιτίας : τε unit étroitement ce qui suit comme le résultat de leur
désespérance. — ἀσιτία peut avoir divers sens : manque d'appétit, mal de mer ou bien
abstinence, diète. ἀσιτία erat inedia partim ut fit in tempestate, partim propter animorum dejectionem, Brass. — Cette abstinence de nourriture peut provenir de la difficulté de la préparer, des provisions avariées, de l’apathie et du désespoir des navigateurs ; ils n'avaient pas le courage de manger.
Depuis combien de temps durait cette abstinence et à quel point était-elle complète ?
* nous ne pouvons le dire exactement. ÿ 33, Paul dit aux matelots que depuis quatorze
jours ils sont ἄσιτοι, ce qui doit signifier seulement qu'ils ont jeûné, qu'ils n’ont pas mangé comme à l'ordinaire. S'ils n'avaient rien mangé du tout, ils ne seraient plus
vivants. Il faut donc en conclure que la nourriture n’avait pu être préparée. — τότε, en
cet état de choses, alors que tous étaient déprimés par le jeûne et la tempête, Paul au contraire se dressa au milieu d'eux, σταθείς, plein de force et de confiance. ἐν μέσῳ αὐτῶν recte non ἡμῶν, necque enim potest scriptor se cum reliquis quasi ex una parte, Paulum ex altera collocare, Brass. « Malgré la violence de la tempête, dit saint Chrysostome,
Hom, ut, 2, Paul ne prend pas la parole pour leur adresser des reproches, mais pour les engager à se fier désormais en lui. Comme garantie de ce qu'il va leur annoncer, il prend la vérité de ce qu’il leur avait déjà prédit. Pour le moment, il leur annonce deux choses : qu’ils aborderaient dans une île, et que tous les passagers seraient sauvés,
bien que le navire dût périr; prophétie manifeste, et non point simple conjecture.
Enfin, lui-même devait paraître devant César. S'il leur répète ces mots : « Dieu te les
a tous donnés », ce n’est point orgueil, mais désir de gagner leur confiance; ce n’est.
pas aspiration à leur gratitude mais désir de les voir croire en sa parole. D'ailleurs, il avait été bien dit à Paul : « Dieu te les a donnés. » Ils ont assurément, parleur tac lité, mérité la mort; par égard pour toi on leur laisse la vie.
ἔδει : il fallait auparavant; en opposition avec καὶ τὰ νῦν, ÿ 22. L'imparfait des verbes marquant l'obligation ou la nécessité, et employé pour affirmer qu une chose devait ou pourrait être faite, est un imparfait d’ affirmation, Burton, ὃ 30. μέν n’est pas opposé par δέ, mais par καί, En latin et en grec, oportuit et ἔδει rt dans le temps passé suivis = le présent de l’infinitif pour exprimer ce qui devait ou ne devait pas être fait.
ὦ ἄνδρες : Paul fait appel à la force d'homme de ceux qui naviguaient avec lui. —
ἀνάγεσθαι ἀπὸ τῆς Κρήτης χερδῆσαί τε τὴν ὕόριν ταύτην nai τὴν ζημίαν. 22. nat τὰ - Λε δι TS El Se ΤΊΣ ι λ LES ἃ “ 3 DRE 1 + νῦν παραινῶ ὑμᾶς εὐθυμεῖν᾽ ἀποόολὴ γὰρ ψυχῆς οὐδεμία ἔσται ἐξ ὑμῶν πλὴν τοῦ πλοίου. 23. παρέστη γάρ μοι ταύτῃ τὴ νυχτὶ τοῦ Θεοῦ οὗ εἰμὶ, ᾧ χαὶ λατρεύω, ἄγγελος 24. λέγων" Μὴ φοθοῦ, [1αὔλε᾿ ἸΚαίσαρί σε δεῖ παραστῆναι; χαὶ ἰδοὺ χεχάρισταί σοι ὃ Θεὸς πάντας τοὺς πλέοντας μετὰ σοῦ. 25. διὸ εὐθυμεῖτε, ἄνδρες" πιστεύω γὰρ τῷ Θεῷ
€ 3 na ΄ ? - FPE Ψ ὅτν οὕτως ἔσται χαθ᾽ ὃν τρόπον λελάληταί μοι. 26. εἰς γῆσον δέ τινα δεῖ ἡμᾶς ἐχπεσεῖν. x »" - ᾽ 7 27. ὡς δὲ τεσσαρεσχαιδεχάτη νὺξ ἐγένετο διαφερομένων ἡμῶν ἐν τῷ ᾿Αδρίαᾳ, ᾿χατὰ
πειθαρχήσαντας : seulement dans les Actes et une fois dans Paul; souvent chez les classiques et chez Philon, Participe aoriste de πειθαρχέω, obéir aux magistrats, d’où en général obéir : il fallait donc m'obéir, écouter mes conseils sages et prudents. — μὴ ἀνάγεσθαι, au présent parce qu'ils sont encore dans le même état. Paul ne leur adresse pas un reproche, mais il fait remarquer combien on eut tort de ne pas suivre ses avis; il appuie sur ce fait pour que l’on ait confiance dans le nouvel avis qu’il va donner.
χερδῆσαι, infinitif aoriste, dialecte ionien, de χερδαίνω, plus récent que χερδᾶναι, clas-
sique, gagner, faire un gain, un profit; métaphoriquement, gain qui résulte du fait
d’avoir évité le péril et la perte de ce qu’il avait fallu jeter à l’eau, cf. Josèpxe, Ant. Jud. τι, 8, 8. On trouve dans Pline une expression semblable : lucrifacere injuriam.
Ÿ 22) καὶ τὰ νῦν : Paul éveille l’espérance dans les cœurs de tous. παραίνω, conseiller,
. exhorter; ici seulement et ÿ 9. Hobart le regarde comme le terme employé par un . médecin pour donner son avis sur l’état d'un malade ; εὐθυμεῖν, terme médical, employé
pour exciter le courage, l’espoir d’un malade. — ἀποδολή, ici seulement; littéralement, il n’y aura aucune perte de la vie de l’un de vous. πλήν, avec le génitif, vur, 1; xv, 28; ou sous-entendu ἀποθολήν. μόνον aurait marqué la connexité d’une façon plus précise. La construction est très dure, si Paul a voulu dire οὐδὲν ἀπολεῖται, PREUSCHEN.
Ÿ 28) παρέστη... ἄγγελος : expression familière à Luc, 11, 9; xxiv, 4; Act. xt, 7 (xx, 18, 9); 1, 10. Fut-ce pendant le sommeil ou dans une vision, rien ne nous le dit. ταύτῃ τῇ νυκτί, la nuit qui vient de s’écouler. τοῦ Θεοῦ οὗ ἐιμί, du Dieu dont je suis, sous-entendu la propriété, à qui j'appartiens ; cf. Rom. vin, 9. ᾧ καὶ λατρεύω, à qui je rends un culte : λατρεύω désigne le culte extérieur, vir, 7; xxiv, 14; Hébr. 1x, 14, excepté lorsqu'il est accompagné d’un terme précisant le genre de culte qui est rendu, οἱ Πνεύματι Θεοῦ λατρεύοντες, Philip. 111, 8.
Ÿ 24) δεῖ, ex directo divino, BLass, Καίσαρί σε δεῖ παραστῆναι : cf, ΧΧΠΙ, 98 ; l'ange répète la promesse faite à Paul parle Seigneur qu'il irait à Rome pour lui rendre témoignage,
- xxm1, 41. Par conséquent, Paul ne périra pas et non plus tous ceux qui naviguent avec
lui. — κεχάρισταί σοι ὁ Θεός, it, 14; xxv, 41. Dieu (ἃ accordé comme une faveur, t'a fait un don de ces hommes. Paul avait dû prier Dieu pour que lui et ses compagnons ne périssent pas ; l'ange l’assure que ses prières sont exaucées.
ÿ 25) Paul exhorte ses compagnons à prendre courage; il les assure par Dieu en qui il ἃ Confiance que ce qui lui a été dit arrivera. Il confirme cette espérance en leur annonçant qu'ils approchent d’une île.
ÿ 26) εἰς νῆσον δέ τινα : l'ange avait-il révélé à Paul le voisinage d’une île? C’est peu probable, ou parle-t-il ici prophétiquement? deï : il faut échouer, cela a été déterminé
A ire lui a D AN ER Σ ΕΣ
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Crète, afin d'éviter [ainsi] ce péril et cette perte. 22. Et maintenant, je vous exhorte à prendre courage; car il n’y aura d’entre vous aucune perte d'hommes, mais seulement [celle] du vaisseau. 23. Car cette nuit même s’est présenté à moi un ange [venant] du Dieu à qui j'appartiens et qu'aussi je sers [et] il m'a dit : 24. Paul, ne crains point, il faut que tu comparaisses devant César, et voici, Dieu t'a donné par faveur tous ceux qui naviguent avec toi. 25. C’est pourquoi, ὁ hommes, prenez courage, car j'ai foi en Dieu, qu'il en sera ainsi comme il m'a été dit. 26. Mais 1] nous faut échouer sur une île. 27, Or, comme la quatorzième nuit était venue, que nous étions ballotés dans l’Adria, les matelots vers le milieu
par Dieu. ἐχπεσεῖν, terme maritime pour désigner l’échouage d’un navire des eaux sur des rochers : tomber de... sur.
Ÿ 27) τεσσαρεσχαιδεχάτη νῦξ : quatorze nuits s'étaient écoulées depuis le départ de Beaux- Ports. Le navire voguait à environ trente-six milles en vingt-quatre heures. Or, la ‘distance entre Beaux-Ports et Malte était environ de 476 milles ; 476 divisés par 36 donnent 13 jours et demi. Les données de Luc répondent donc à la réalité. Breusing, 188, fait le calcul suivant : « Depuis qu’on avait quitté 116 de Cauda, il s'était écoulé treize jours et demi ou 324 heures. Nous comptons maintenant qu'un navire allant à mât et à cordes pendant une tempête, fait par heure de un à deux milles marins ou en moyenne un mille et demi. Nous pouvons admettre cette évaluation pour le vaisseau de saint Paul. La longueur du chemin qu’il parcourut est donc de 466 milles. Or, comme le naufrage le montra plus tard, on était arrivé dans le voisinage de Malte... et la distance de Cauda à Malte en droite ligne est de 474 milles. La concordance est d'autant plus étonnante que le vaisseau avait dû suivre une route un peu plus longue, parce qu'il avait été emporté par un vent du nord-est, passant lentement au sud, et ne soufflant pas par conséquent dans la direction exacte de Cauda à Malte. »
διαφερομένων ἡμῶν : étant ballotés çà et là. Mais Smith, Breusing estiment que ce terme signifie qu’ils furent poussés en droite ligne à travers les eaux de l'Adrias, et non poussés à droite et à gauche. Rendall fait observer que dans les Actes la signification de διά dans les verbes composés, διέρχομαι, διαπλέω, qu'il gouverne l’accusatif ou qu’il soit employé seul, exprime un mouvement continu en avant sur un espace intermédiaire. La tempête venant de l’est et avec quelques variations a poussé le navire à l’ouest dans les eaux de l’Adrias. |
ἐν τῷ ᾿Αδρίᾳ dans la mer d’Adrias, ᾿Αδρίας πόντος. Quelques exégètes ont pensé que l’Adrias était la mer Adriatique au sens actuel du terme. Mais dans ce cas, comment Luc a-t-il pu appeler Adrias la mer qui s'étend entre la Crète et la Sicile? On donna d’abord 16 nom d’Adrias à la mer qui baignait Adrias, ville située aux embouchures du Pô. Par extension, ce terme désigna plus tard le golfe de Venise, puis toute la mer jusqu’au détroit d'Otrante. Mais, aux premiers siècles du christianisme, on appelait Adrias la mer bordée par la Sicile, l'Italie, la Grèce et l'Afrique. Ptolémée dit que la Crète était baignée à l’ouest par l’Adrias. D’autres écrivains anciens disent que Malte divisait la mer Adriatique de la mer Tyrrhénienne, et l’isthme de Corinthe, la mer Égée de l’Adriatique. Josèrne, Vita, dans son voyage à Rome, en 14, fit naufrage, χατὰ μέσον τοῦ ᾿Αδρίας. Luc ἃ donc employé, pour désigner la Méditerranée centrale, le terme en usage chez les géographes de son temps. κατὰ μέσον τῆς vuxtéç : XVI, 25, expression seulement dans Luc. — ὑπενόουν, soupçonner, conjecturer, pressentir; à quoi les matelots ont-ils pu soupçonner l'approche de la terre? On ne peut le dire avec certitude;
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ἧς νυχτὸς ὑπενόουν οἱ ναῦται προσάγειν τινὰ αὐτοῖς χώραν. 28. rat βολίσαντες διαστήσαντες nat πάλιν βολίσαντες εὗρον ὀργυιὰς δεχαφοθούμιενοι δὲ ποὺ χατὰ τραχεῖς τόπους ἐχπέσωμιεν, ἐκ πρύμνης τέσσαρας ηὔχοντο ἡμέραν “γενέσθαι. 80. τῶν δὲ ναυτῶν ζητούντων φυγεῖν ἐκ τοῦ πλοίου χαὶ χαλασάντων τὴν σχάφην εἰς τὴν θάλασσαν προφάσει ὡς ἔχ πρῴρης ἀγχύρας μελλόντων ἐχτείνειν, 84. εἶπεν ὁ Παῦλος τῷ ἑχατοντάρχῃ χαὶ τοῖς στρατιώταις" ᾿Εἰὰν ph οὗτοι μείνωσιν ἐν τῷ πλοίῳ, ὑμεῖς σωθῆναι οὐ δύνασθε. 32. τότε
Knabenbauer présume : potuisse nautas discernere sonitum fluctuum ἴῃ litus distans illisorum et acerrima oculorum acie spumam undarum advertere, FeLTEN, vel potuisse
id concludi, quia ancora (vel quidquid erat) quam post navem trahebant, ÿ 17, videre- .
tur solum attingere, Bzass, vel ut Calm. existimat, ex odore terrae, ex frigidiore aere, vel denique ex ventis. — Ramsay, Paul, p. 334-335 se référant à la leçon de Gigas, suspicabantur nautae résonare sibi aliquam regionem, ce qui supposerait dans le grec προσήχειν, leçon excellente si elle était mieux attestée, croit que les marins ont pressenti l'approche de la terre parle ressac, le bruit des flots se brisant contre le rivage. προσάγειν τινὰ αὐτοῖς χώραν : Hittéralement qu’une terre approchait d’eux, locution maritime : « manière de parler commune parmi les gens de mer et les poètes. On dit que la terre s'approche ou s'éloigne, lorsque 16 vaisseau lui-même s'approche ou s'éloigne de la terre, CaLmer. =
τινα χώραν, une certaine terre; la pointe de Koura, à l’est de la baïe de Saint-Paul.
Le navire venant de l’est a dû passer à un quart de mille de cette pointe, et comme la
terre ici est trop basse pour être aperçue pendant la nuit, c’est le bruit des vagues poussées par le vent du nord-est qui a dû faire pressentir La terre aux matelots.
à Ÿ 28) βολίσαντες, ayant jeté la sonde; ailleurs seulement dans Eustathius, au sens
actif. ὀργυιάς εἴχοσι : la brasse est de cinq pieds environ, donc 1,80. Vingt brasses équivaudraient à 36 mètres environ. C’est au centre dela baie qu’on trouve 20 m. de profondeur ; le fond était de sable et d'argile, très favorable pour jeter l'ancre. — βραχὺ δὲ διαστήσαντες : participe aoriste de διίστημι, être distant, éloigné; il n’est pas intransitif; il faut sous-entendre un complément, le verbe peut s'entendre du temps ou de Fespace : si l’on sous-entend πλοῖον ou ἑαυτούς, il se rapporte à l’espace; si, avec Blass διαστήσαντες équivaut à βραχύ διάστημα ποιήσαντες, il faut l'entendre dans le second sens, après un court espace de temps. Lue seul emploie διάστημα en parlant du temps. — À la seconde jetée de la sonde ils trouvèrent 15 brasses, c’est-à-dire 27 mètres.
ΟΥ̓ 29) φοδούμενοι... ἐχπέσωμεν : la profondeur de l’eau diminuant rapidement, les matelots craignirent que le navire pendant la nuit ne touchât quelque écueil. που, quelque part. χατὰὼ τραχεῖς τόπους, Le. 1x, 5; nulle part ailleurs dans le N. T.: lieux rocheux, loca scapulosa. ἐχπέσωμεν, au subjonctif, après les verbes exprimant le danger, la crainte, Burton ὃ 224 ; ils craignaient d’être portés contre, sous-entendu la terre où plutôt les. récifs de la côte. — 2x πρύμνης : ils jetèrent de la poupe quatre ancres; les navires des anciens portaient des ancres à lavant et à l'arrière. Athénée parle d’un navire qui avait huit ancres. César, de Bello οἷν. dit que ses navires portaient quatre ancres. — C'était contre l'usage de mouiller au moyen des ancres de l'arrière.
ηὔχοντο imparfait de εὔχομαι, adresser des prières à Dieu, ou souhaiter, désirer. Les deux sens peuvent être acceptables ; le deuxième paraît plus probable. Dans l’obscurité de la nuit, les matelots ne pouvaient se rendre compte de l'état de la côte, du danger qu’ils pouvaient courir; ils devaient donc désirer le retour du jour. Leur seule
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ACTES DES APOTRES, XXvIt, 27-32, 739 |
de la nuit pressentirent qu’une terre s’approchait d'eux. 28. Et ayant jeté la sonde, ils trouvèrent vingt brasses; étant passés un peu plus loin, ils la
jetèrent de nouveau et ils trouvèrent quinze brasses. 29, Mais craignant
Σ Le
que nous ne tombions quelque part sur des récifs, ils jetèrent quatre
ancres de la poupe et souhaitaient que le jour vint. 30. Mais comme les
matelots cherchaient à s'enfuir du vaisseau, et qu’ils descendaient la cha
loupe à la mer sous prétexte de jeter en avant les ancres de la proue, 31. Paul dit au centurion et aux soldats : Si ceux-ci ne restent pas dans le vaisseau, vous ne pouvez être sauvés. 32. Alors les soldats coupèrent les
chance dé salut était d’échouer sur la rive, maïs il fallait y voir pour choisir le lieu de l'échouage. — ἡμέραν γένεσθαι : expression caractéristique de Luc, Υ 33; xn, 18; XVI, 35, xx, 12 ; Le, 1v, 42, etc. — Après γένεσθαι, Gigas ajoute : ut sciremus num salvi esse possimus.
Υ 30) τῶν δὲ ναυτῶν ζητούντων φυγεῖν ἐκ τοῦ πλοίου : Luc accuse nettement les matélots de chercher à s’enfuir en déguisant leur action sous le prétexte de jeter les ancres de la proue. La manœuvre pouvait n'être pas inutile et, le vaisseau étant arrêté, il fallait aller de l’avant avec la chaloupe pour accrocher les ancrés, sauf à les rattacher ensuite au navire, Wenpr, 356. Breusing, 194, Vars, 248, soutiennent que les matelôts mettent la chaloupe à flot pour s'assurer si la nature du terrain permettait au naviré de
s'échouer sur la côte. Paul ne les accuse pas de trahison, mais ses paroles indiquent .
que les matelots n’avaient pas l'intention de revenir sur le vaisseau. — χαὶ χαλασάντων τὴν σκάφην, démittentes scapham : misissent, Vigo. est faible. — εἰς τὴν θάλασσαν : Gigas ajoute occasionem quacrentes. προφάσει, sub obtentu, Vig.; sub specie, xx, 47, sous prétexte; προφάσει, au datif, ést employé comme Pattique πρόφασιν, adverbialement, ᾿ THUCYDIDE, v, 53. ἐκτείνειν : littéralement proferre funem, cui alligata ést ancora. — ὡς ἐχ πρῴρης ἐχτείνειν : collocatis ancoris in scapha procedendum erat a prora quantum fieri posset, qua re extendebantur (ἐχτείνειν) funes ancorarum, tum ancorae érant demittendae, BLass.— ἐχτείνειν, terme de marine, élonger; Gigas ajoute, ut tutius navitstaret.
Jeter les ancres de l'avant était une manœuvre parfaitement inutile dans la circons-
tance.
ÿ 31) Paul comprit le subterfuge des matelots, et il le déjoua en avertissant le cénturion et les soldats du danger qu'il y avait à laisser partir les matelots, Les soldats et les prisonniers, ne sachant rien du métier de marin, étaient incapables de conduiré le navire à bon port, si les matelots ne restaient pas à leur poste. Paul ne fait pas appel au capitaine du navire, qui était impuissant devant la révolte de ses matelots ét qui d’ailleurs était peut-être du complot. — ὑμεῖς est emphatique.
Paul ne nie pas par ses parotes la promesse du ÿ 24 : « Dieu avait révélé à saint, Paul que nul de ceux qui étaient dans le vaisseau, ne périrait; mais il ne lui avait pas promis de faire pour cela des miracles; en sorte qu'ils se sauveraient, quand même tous les moyens, et les secours humains leur manqueraient. Son dessein était qu'ils demeurassent tous dans le vaisseau, qu’ils s’entr’aidassent et qu'ils employassent tout ce que l’art, et l’industrie pourraient leur inspirer. Sa promesse enfermait cette condition tacite du travail, et du secours des matelots. » CALMET, ἐπ Loco,
Ÿ 32) Avant que les matelots fussent descendus dans la chaloupe, les soldats coupèrent les cordes de jonc qui la retenaient au vaisseau, τὰ σχοινία τῆς σκάφης. L’épée courte
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ἢ Le ς = > -»
ὃ ἡμέρα ἤμελλεν γίνεσθαι; παρεχάλει ὁ Tlaÿlos ἅπαντας μεταλαθεῖν τροφῆς
LA ΄ ἐνώπιον πάντων; χαὶ χλάσάς
ns
des soldats remplissait bien cet office. Les soldats avaient confiance dans la parole de Paul, et perdaient ainsi le moyen de secours, que pouvait leur offrir la chaloupe. — χαὶ εἴασαν αὐτὴν ἐχπεσεῖν, et la laissèrent aller à la dérive. On peut supposer que les
soldats ont coupé les cordes par le moyen desquelles on descendait la chaloupe, et.
alors il faudrait traduire : et ils la laissèrent tomber. Les vagues ne tardèrent pas à engloutir ce bateau.
Ÿ 33) ἄχρι δὲ οὗ, se trouve dans Luc et Paul et Hébreux, πι, 13; donec, usque ad; il marque une limite de temps, jusqu’à ce que le jour parut : la scène se passait pendant
la nuit, ÿ 27, ou bien tandis que le jour était sur le point de paraître, et cum dies
fieret, Gigas. rapexéha, rogabat, Vlg.; hortabatur, Gig. μεταλαδεῖν τροφῆς, 1, 46. Dans l'intervalle qui s’écoula avant que le jour parût Paul les exhortait tous à prendre de la
nourriture.
σήμερον est en apposition avec fuépav. προσδοχῶντες, sans complément; attendant
[la fin de la tempête]. D’aprês Rendall;, προσδοχῶντες aurait pour complément ἡμέραν :
voici quatorze jours que vous veillez sans manger en attendant Le jour. — ἄσιτοι διατελεῖτε, vous demeurez à jeun; expression qu'on retrouve dans Gallien : εἴποτε ἄσιτος διετέλεσεν ; Cf. WETSTEIN. — ἄσιτοι est en rapport avec ἀσιτία, Ÿ 21, et donne à penser que ce mot, plus haut, vise directement l'absence de nourriture, et non le manque d’appétit. μηδὲν προσλαθόμενοι. Pris à la lettre, ces termes sont hyperboliques, et rappellent les
paroles du Seigneur parlant de Jean-Baptiste, Mt. x1, 18. Il faut-les entendre dans un sens large ; ils n’ont pas pris régulièrement de la nourriture, comme cela se pratique
d'ordinaire. Ils n'ont pris aucune nourriture préparée, substantielle; ils ont vécu de quelques morceaux de nourriture. — Plumptre croit que πρός dans προσλαδόμενοι signifie que les matelots ne prirent aucune nourriture supplémentaire ; le contexte ne s’adopte pas à cette explication. — L'invitation de Paul à manger est bien à propos, puisque le navire est à l'ancre et que l’on doit attendre le jour pour faire les manœuvres d’abordage. ,
ÿ 84) διό, c'est pourquoi. Paul prévoit qu'ils auront des dangers à courir, de la fatigue à supporter pour échapper au péril et se sauver. Il est donc nécessaire qu'ils prennent de la nourriture pour recouvrer leurs forces. C’est pourquoi il les exhorte à
manger. τοῦτο... ὑπάρχει; prendre de la nourriture appartient à votre salut, donc cela
est nécessaire : hoc enim pro saluta vestra est, Gigas. πρὸς τῆς ὑμετέρας σωτηρίας : πρός,
avec le génitif, signifie dans l'intérêt de et dans ce sens, est ici seulement et dans
Taucypie, τι, 80; 11, 59 : est autem locutio vere attica et antiqua, Brass. ὑμετέρας est emphatique. σωτηρίας, salut. Il est employé ici seulement et Hébreux, χι, 7, au sens physique de conservation de la vie. Il a le sens de santé dans les écrivains médicaux. — οὐδενὸς γὰρ ὑμῶν... ἀπολεῖται, expression proverbiale; Ze. xx1, 18; Sam. xiv, 45;
art
cordes de la chaloupe et la laissèrent tomber. 33. Or, jusqu’à ce que le jour parut, Paul les exhortait tous à prendre de la nourriture, [en] leur disant : C’est aujourd’hui le quatorzième jour qu’étant dans l’attente vous continuez à être à jeun et à n'avoir rien pris. 34. Je vous exhorte donc à prendre de la nourriture, car cela est nécessaire pour votre salut; car il ne se perdra pas un cheveu de la tête d’aucun de vous. 35. Ayant dit cela, il prit du pain et rendit grâces à Dieu en présence de tous et l’ayant rompu [ce pain}, il se mit à manger. 36. Alors tous encouragés prirent aussi de la nourriture. 37. Nous étions en tout dans le navire deux cent soixante-seize
II Sam. χιν, 11 ; I Rous, τ, 52. Au lieu de ἀπολεῖται, leçon de N À B C Vig. Pesch. Boh,. Arm., Η L P ont πεσεῖται, Gigas ajoute spero enim in Deo meo
ÿ 35) Donnant l’exemple, Paul prit du pain. Ce pain ne devait pas être le pain usuel sur les vaisseaux, ἄρτος vautixos dont nous parlons plus loin. Après χαὶ χλάσας, 614 Sah. Harkl. c* ajoutent ἐπιδιδοὺς καὶ ἡμῖν.
Les exégètes sont en désaccord sur l’acte qu'a accompli Paul. Camerlynck déclare peu probable que l’Apôtre ait consacré l’eucharistie. Belser et Blass croient que Paul a consacré du pain et l’a donné à ses compagnons, accomplissant ainsi le rite eucharistique. Il y a certainement une étroite ressemblance entre ce geste de Paul et celui du Seigneur, Le. xxrr, 19; 1 Cor. χι, 23, 24. Knabenbauer voit là un geste semblable à celui que fit le Seigneur avant de distribuer le pain au peuple, Mt. xv, 86: Mc. vin, &; Jn. vi, 11; c'est aussi le geste que fit le Seigneur devant les voyageurs d'Emmaüs, Le. Χχιν, 20. Il rappelle aussi l’action de grâce, Rom, χιν, 6; I Cor. x, 80, 31. — L’eucharistie, dit Loisy, p. 918 est la fraction du pain, avec la formule de bénédiction qui est commune aux Juifs et aux chrétiens, et ce n’est pas pour rien que l’auteur marque si distinctement tous les gestes : prendre le pain, louer Dieu, rompre le pain, manger, dont le détail n'importe que par leur signification religieuse.
D'après Hackett, ce terme ἄρτον suivant un usage hébraïque signifie souvent de la nourriture dans [6 N. T., mais χλάσας qui suit paraît exclure ce sens ici. — Wendt y voit l’acte d’un Juif ou d’un chrétien pieux rendant grâces à Dieu avant de prendre de la nourriture.
Ÿ 36) εὔθυμοι δὲ γενόμενοι πάντες : πάντες est emphatique. Cette remarque de Luc décrit bien la situation : les passagers désespérés avaient perdu le goût de la nourriture; maintenant que l'espoir leur revient, ils prennent goût à la vie et prennent de la nourriture. τροφῆς, sans l'article est au sens partitif. καὶ αὐτοί, eux aussi, aussi bien que Paul et ses compagnons.
Luckock fait remarquer que Luc distingue entre le pain, ἄρτον, que Paul a pris et qu’il ἃ rompu, et la nourriture, τροφῆς, prise par les autres. Le pain dont se servit Paul devait être fabriqué à l’aide de farine de blé. Il n’en était pas de même du pain des matelots. Ce pain, ἄρτος ναυτιχός Lucien, Dial, meret. 14. était fait de farine d'orge, apprêtée avec de l’eau, du lait, du vin ou de l’huile, de la viande fumée ou salée et de poisson salé, auquel on ajoutait du fromage, des oignons et des poireaux.
Ÿ 37) ἤμεθα — ἤμεν, comme Luc a écrit ἤμην pour ἤν, 1x, 31. διαχόσιαι É6Dourxovra ἕξ : au lieu de διακόσιαι B a écrit ὡς, environ soixante-seize personnes : cette expression ne peut-être acceptée. Dans un compte le mot environ est impossible. Il est probable que ὡς provient d'une fausse lecture. ς est le signe numérique de 200; ὦ est une répétition
142 | Actes ὑπ APOTRES, xxvN, 38-41, Ὁ
τροφὴς ἐχούφιζον τὸ πλοῖον ἐχόαλλόμεγοι τὸν σῖτον εἰς τὴν θάλασσαν. 89. ὅτε δὲ épæ ἐγένετο; τὴν γῆν οὖν, ἐπεγίνωσχον᾽ χόλπον δέ τινα χατενόουν ἔχοντα αἰγιαλόν;
? A etc τὴν θάλασσαν, ἅμα ἀνέντες τὰς ζευχτηρίας τῶν πηδαλίων" χαὶ ἐπάραντες τὸν ἀρτέμῶνγα τῇ πνεούσῃ χατεῖχον εἰς τὸν αἰγιαλόν: hf. 1 ποριπεσόντ ες δὲ εἰς τόπον διθάλασσον 2 ES x ΄ 14
de l’w de πλοίῳ. En fait le nombre de deux cent soixante-seize personnes n’est pas extraordinaire. Le navire qui portait Josèphe en Italie, Vita, 3, contenait six cent soixante passagers, Luc mentionne ici le nombre des occupants du vaisseau parce qu'on ἃ dû à ce moment les compter pour savoir si tous pouvaient être sauvés, et si tous l’avaient été. αἱ πασαί ψυχαί; cf. x1x, 7. Loïisy, p. 919, croit que l'indication concernant les paroles présentes n’a rien que de vraisemblable et peut être à retenir; mais elle n’est pas à sa place : elle s'accompagne d’un « nous » qui détonne dans Le contexte. Le lieu naturel de cette notice serait à la fin du chapitre, pour marquer le nombre des sauvés.
ἡ 38) χορεσθέντες, participe aoriste passif de χορέννυμι, rassasier, saturer, avec le génitif de la chose dont on est rassasié; ici et 1 Cor. 1v, 8. ἐκούφιζον τὸ πλοῖον, terme de marine; cf. PoLvre, 1, 68. Le but était d’alléger encore le vaisseau et de lui donner un moindre tirant d’eau pour lui permettre d’ approcher de la côte, où l’on devait aborder pour échouer le vaisseau. IL est possible aussi que le navire ait fait eau, et qu’on le déchargât pour éviter de couler. — ἐχδαλλόμενοι τὸν σῖτον. Les exégètes ne s'accordent pas ici sur le sens du terme σῖτον. Ramsay, Breusing, Vars, Hackett, Knabenbauer,
enfin la majorité des exégètes pensent qu'il s’agit là du blé qui formait la cargaison de ce navire, venant d'Alexandrie et allant en Italie, Meyer, Weiss, Wendt, croient que σῖτον signifie les provisions de bouche, mais elles n'étaient pas d’un tel poids u’elles pussent augmenter le poids du navire. Après un long trajet ces provisions τς ἘΝῚ être en partie épuisées. Il n’était pas prudent d’ailleurs de jeter à la mer des provisions de bouche, car on ne savait pas où on allait aborder.
ΟΥ̓ 39) ὅτε δὲ ἡμέρα ἐγένετο : Au lever du jour les matelots virent la terre; τὴν γὴν οὐχ. μερὰ ἐγ } Y
ἐπεγίνωσχαν, mais ils ne reconnurent pas quelle elle était; ils ne surent pas où ils étaient. « On s’est étonné sans raison que des marins n’eussent pas reconnu les côtes de Malte. Comme la route d'Alexandrie à Pouzzoles passait par le détroit de Messine, ils pou- vaient avoir fait une douzaine de fois et plus la traversée sans avoir même vu cette île, - et 5115 l'avaient aperçue de loin, ils auraient pu reconnaître seulement à distance et non de près cette côte rocheuse que rien ne distingue de tant d'autres, » BREUSING, p. 341. ἢ
χόλπον δέ τινα κατενόουν ἔχοντα αἰγιαλόν : ils aperçurent une baie, qui avait une plage, ce qui formait un lieu excellent pour échouer le vaisseau. Cette baie, appelée actuellement baie de Saint-Paul, est à la pointe nord-ouest de l’île et est formée au sud par le rivage et au nord par l’île de Salmonetta. Elle s’étend de l’est à l'ouest, bornée sur trois côtés par le rivage. La plage était sablonneuse ; actuellement rongé par l’eau et par le vent elle est rocheuse. — εἰ δύναιντο aoriste optatif oblique, parce que la condition marquée par εἰ exprime la pensée et le jugement d’autres personnes, comme si les matelots avaient dit entre eux-mêmes : ἐξώσομεν εἰ δυνάμεθα, cf. xx1v, 19. — ἐξῶσαι, lecon de B? N Pesch. Harkl. Gig., aoriste de ἐξωθέω, pousser, d'où échouer le vaisseau, ejicere navem, Viz. cf. Taucypine, 11, 90. — Β΄ C Boh. Eth. Arim, ont ἐχσῶσαι : aoriste
et
ersonnes. 38. S'étant rassasiés de nourriture, ils allégeaient le navire I Ù 8 e.
en jetant le blé à la mer. 39. Lorsque le jour fut venu, ils ne reconnaissaient pas la terre, mais ils apercevaient un golfe qui avait une plage, où ils résolurent de faire échouer le vaisseau, s’ils [le] pouvaient. 40. Et ayant délié les ancres, ils les aba ndonnèrent à la mer et ils relâchèrent en même temps les attaches des gouvernails; puis, ayant mis au vent la voile d’artimon, 115 cinglaient vers le rivage. 41. Mais étant tombés sur un emplacement à deux mers, ils y firent échouer le navire; la proue s'étant engagée demeurait immobile pendant que la poupe se brisait par le choc,
de ἐχσώζω, sauver le navire. Sauver le navire ne pouvait être la préoccupation des matelots; ils devaient plutôt penser à sauver leur vie.
Ÿ 40) χαὶ τὰς ἀγχύρας... εἰς τὴν θάλασσαν : ils délièrent les ancres qui étaient tout autour du navire et les jetèrent à la mer aïnsi que les câbles qui les retenaient. — &ua ἀνέντες τάς ζευχτηρίας τῶν πηδαλίων : en même temps ils relächèrent les attaches des gouvernails. Dans l'antiquité et jusqu'au moyen âge les vaisseaux avaient deux gouvernails, qui étaient fixés sur la proue, l’un à droite, l’autre à gauche. Lorsqu'un navire était à
l'ancre, comme c'était le cas ici, il était nécessaire de tirer les gouvernaïls hors de l’eau, et de les assujetir au moyen de liens. Les gouvernails relevés sur le pont et
attachés pour ne pas gêner les ancres, furent libérés par le jet des ancres et remis ἃ
la mer, ce qui permit de gouverner le vaisseau. ἀνέντες, participe aoriste 2 de ἀνίημι, laïsser aller, relâcher, détendre; cf. xvr, 26. — τὸν ἀρτέμωνα : quelle est la voile que désigne ce terme ? les interprètes ont pensé à toutes les voiles du vaisseau, la voile du grand mât, la voile d’artimon, la voile de misaïine. Ce devait être une voile de l'avant du navire, l’artimon, artemone, comme disent les Italiens, ou la voile de misaine comme disent les Français ; pour ceux-ci la voile d’artimon était la voile de l’arrière. Or, on n’a pu lever une voile de l’arrière pour conduire le vaisseau en avant. — τὸν ἀρτέμωνα : ce terme ne se trouve dans aucun auteur grec, sauf dans Vitruve, x, 5, pour désigner une poulie. — τῇ πνεούσῃ, c'est-à-dire αὔρᾳ.
Ÿ 41) περιπεσόντες δὲ εἰς τόπον διθάλασσον : en voguant vers la terre ils tombèrent sur un emplacement à deux mers. On n’est pas d'accord sur le sens de ce terme διθάλασσον. D’après Smith, il s'agirait d’un chenal étroit, d’un canal, séparant de Malte "116 de Salmonetta et reliant en fait deux mers : la haute mer et la baïe de Saint-Paul. Le texte n'est pas favorable à cette hypothèse : le vaisseau paraît s'arrêter sur un sol dur et non dans un canal. Il est plus probable qu'il s’agit ici d’une langue de terre, d’un promontoire, contre lequel les flots venaient battre de deux côtés opposés ; les eaux le recouvraient assez pour n'avoir pas été aperçu du vaisseau, trop peu pour le laisser passer. Trève, La Controverse, II, p. 887, fait remarquer qu'on ne rencontre pas de pareils promontoires aujourd’hui sur cette côte, mais il peut se faire qu’il y en ait δὰ τῇ en l’an 60 de notre ère, car il s’agit en définitive d'un banc de sable. A peine ce banc vu ou senti, les matelots y poussent le vaisseau pour le faire échouer. La proue s'engage alors dans un sol de sable et d'argile, à la fois assez meuble et assez ferme pour s'ouvrir et pour enserrer la quille; elle demeure immobile et, pendant ce temps, la poupe est disloquée par la violence du choc ou des flots.
D'après Hackett cet emplacement pouvait être un haut fond ou un banc de sable formé par l’action de deux courants opposés; ce banc a pu être détruit par les vagues ou par le vent, — ὑπὸ τῆς βίας : par 16 choc; la proue en s’engageant dans le banc de
PT δον Σου. χρὴ
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PA AO αν MAUVE ETAT OA
744 | ACTES DES APOTRES, XXVII, 41-44 — xxviir, 1-2.
ὑπὸ τῆς βίας. τῶν δὲ στρατιωτῶν βουλὴ ἐγένετο ἵνα τοὺς δεσμώτας ἀποχτείνωσιν, wh τις ἐχχολυμδήσας διαφύγῃ. 8. ὁ δὲ ἑχατοντάρχης; βουλόμενους διασῶσαι τὸν Παῦλον ἐχώλυσεν αὐτοὺς τοῦ βουλήυατος, ἐχέλευσέν τε τοὺς δυναμένους χολυμιᾶν
πρώτους ἐπὶ τὴν γὴν ἐξιέναι, κι. χαὶ τοὺς λοιποὺς οὺς μὲν ἐπὶ σανίσιν, oc δὲ ἐπί τινὼν