LES SCRIBES
Il est souvent question dans le N. T. du scribe, γραμματεύς, appelé aussi quelquefois νομικός et νομοδιδάσχαλος, docteur de la Loi. Josèphe rappelle les scribes ἱερογραμματεῖς, σοφισταί, πατρίων ἐξηγηταὶ νόμων. Dans l'Ancien Testament le scribe est désigné par le terme sôfêr, de sâfar, écrire. C'était donc primitivement un
secrétaire, IL Sam. vi, 17, ou un chef enregistrant le nom des soldats, Juges, vw, L4. Plus tard, le scribe fut celui qui connaissait la Loi et l’interprétait, I Esdras, var, 6, 11. Dans la Mischna on donne le nom de sôfrim aux anciens scribes ; les contemporains sont appelés hakâmim, sages.
Nous trouvons souvent dans les évangiles les scribes unis aux grands prêtres, ο΄ OÙ ἀρχιερεῖς καὶ of γραμματεῖς, ME. τι, 4; xv, 1; χχι, 15, etc. ou avec les Pharisiens, " φαρισαΐῖοι χαὶ γραμματεῖς, JE. xv, 1; xx, 18, etc. [Il semble même que, dans les évanca giles, scribes et pharisiens sont des noms synonymes. Quelquelois, ce qu'un ᾿ évangile attribue à des Pharisiens, est attribué par un autre à des scribes. En réalité, ils étaient distincts; si un évangile attribue à un scribe ce qui était 16 fait d'un Pharisien d’après un autre évangile, c’est que ce scribe était Pharisien. D'ailleurs, presque tous les scribes étaient pharisiens, mais tous les Pharisiens n'étaient pas scribes.
L' évangile parle nettement des scribes qui étaient du parti ΓΞ Pharisiens, of | γραμματεῖς τῶν φαρισαΐων, Mc. τι, 16. Le fait d’ailleurs que les Pharisiens et les scribes sont nommés ensemble prouvent qu'ils étaient distincts. Enfin, les
scribes étaient une classe de lettrés, tandis que les Pharisiens étaient un parti
religieux.
Les fonctions qu'exerçaient les scribes dérivaient de.la vie même de leur nation. Le Judaïsme était un système religieux qui réglait la vie du Juif dans ses particularités les plus minutieuses. Ces règlements étaient contenus en partie dans une Loi écrite et en partie dans une tradition orale. De là, nécessité d’une classe d'hommes dont le travail était de conserver la loi et " tradition et de
un l'exposer.
ne La première fonction des scribes avait été de copier les saintes Écritures et de garder de mémoire les traditions. A la synagogue, 16 scribe exposait, expliquait au peuple le passage de la Bible qui venait d'être lu. Comme juriste, il résolvait
toutes les difficultés légales. Pour les cas où il n’y avait pas eu encore de déci-
SNL SERRE
(1) Scuürenr, Geschichte des jüdischen Volkes, 4° 'Aufl. Bd. II, p. 372 a catalogué les travaux sur les scribes et les a étudiés en détail. Cf. encore Boussæar, Die Religion des Judentums im neul. Zeïtalter, Berlin, 1903; OESTERLEY, The Books of the Apocrypha, Lendon, 1914; Εἰ. STAPFER, op. cil., p, 289 ss.; J. FELTEN, op. cit., Ὁ. 337 ss.; et les Dictionnaires de la Bible,
sion, aucun précédent, écrit ou oral pour le régler, il examinait comment il pouvait être résolu. Le scribe tenait des écoles où il instruisait les jeunes gens* dans la Loi et les traditions. Au Sanhédrin, où il occupait une place importante, il faisait office de juriste en rappelant les règlements de la Loi et des traditions à propos de chaque fait à juger. Enfin, c'était lui qui étudiait les saintes Écri= tures pour les expliquer et en développer les décisions. A lui nous devons
la Halacha et la Haggada. Le scribe était donc tout à la fois savant, professeur, juriste et juge.
᾿ς ΠΟ ne semble pas que les scribes aient été tout d’abord opposés à Jésus et
l’aient combattu, mais ils comprirent bientôt que le Seigneur était dans son
enseignement d’un esprit différent du leur. Ils s’en tenaient à l'explication littérale de la Loi et la surchargeaient de nombreuses observances traditionnelles;
leur religion était formaliste et consistait surtout en pratiques extérieures. Jésus,
au contraire parlait en son propre nom et, tout en enseignant la Loi, 1] la spiri-
tualisait et la dégageait des observances imposées par les scribes. Dans les évangiles les scribes sont d'ordinaire unis aux Pharisiens dans leur opposition
contre le Seigneur.
Les Actes mentionnent cinq fois seulement les scribes. [ls sont nommés parmi
ceux qui sont convoqués pour juger Pierre et Jean, 1v, 5. Au Sanhédrin qui
jugeait les apôtres, le pharisien Gamaliel, docteur de la Loi, νομοδιδάσκαλος, émet
un jugement très sensé sur la conduite à tenir envers ceux ci, v, 34. Les scribes
sont nommés parmi ceux qui se jetèrent sur Etienne et le conduisirent devant le
Sanhédrin, v, 12. Paul rappelle dans son discours au peuple de Jérusalem qu'il
avait été élevé aux pieds de Gamaliel, xx, 3. Lors de son procès devant le
Sanhédrin, des scribes du parti pharisien déclarèrent qu'ils ne voyaient en lui
aucun mal, xx1n, 9.
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