BIOGRAPHIE DE LUC, L'AUTEUR DES ACTES DES APOTRES
On admet d'ordinaire que Λουχᾶς est probablement une forme grecque écourtée du latin Lucanus : les manuscrits vieux-latins, Corbeiensis et Vercellensis ont pour titre : Evangelium secundugg Lucanum. Ramsay (2) n’est pas de cet avis; la forme Lucanus n’est pas latine, mais grecque. Le nom de Λουχᾶς est un de ces Ἢ noms familiers qui sont un diminutif d'un nom original plus long, tels que Silas pour Silvanos, Apollo pour Apollonios. Il est probable que Λουχᾶς est l’équiva- | lent de Λούχιος, lequel serait la forme grecque du latin Lucius. On n'avait jusqu'a présent aucun document attestant l’équivalence de Λούχιος — Λουκᾶς. Deux ins- ‘2 criptions trouvées à Antioche prouvent cette équivalence. Dans l’une est mentionné Aoûxuc, fils de Gamos, fils d’'Abas Kantos, et dans l’autre le même fils de Gamos est appelé Aoux&. Il en ressort très nettement que Λουχᾶς était la forme 5 familière de Λούχιος, en latin Lucius. Faut-il en conclure que Lucius était 16 praenomen de Luc, citoyen romain, lequel avait été affranchi, et avait reçu ce praenomen, ou bien Λούχιος était-il simplement le latin Lucius, grécisé, qu'avait R adopté le grec Luc et dans ce sens il n’indiquerait pas que Luc fût citoyen romain? Ramsay ne tranche pas la question. Blass., Gram. des Nt. Gr., p. 5, à dérivait déjà Aouxàç de Lucius. : ι ;
La forme diminutive en ἃς était commune chez les esclaves. Il est possible que: ἶ Λουχᾶς ait été un affranchi. D’après l'apôtre Paul, Luc était médecin, Col. 1v, 1. Or, chez les Latins, les médecins étaient, pour la plupart, des esclaves que leurs maîtres avaient fait instruire ; beaucoup ensuite étaient affranchis : Antistius, le chirurgien de Jules César et Antonius Musa, le médecin d'Auguste, étaient des
| affranchis. Il est donc possible que Luc ait été un esclave affranchi, et son maïtre a pu être Théophile, à qui il a adressé son évangile et les Actes des apôtres.
Il est parlé trois fois de Luc dans le Nouveau Testament. Écrivant aux Colossiens, 1v, 14, Paul leur dit : « Luc le médecin, qui nous est cher, vous salue. » ἔτ De même dans la lettre ἃ Philémon, ÿ 24, Luc salue celui-ci. Il était donc à Rome avec l’Apôtre, lors de la première captivité de celui-ci. Il était aussi avec lui dans sa deuxième captivité à Rome, IT Jim. 1v, 11 : Λουκᾶς ἐστιν μόνος μετ᾽ ἔμοῦ.
Luc est l’auteur des Actes des apôtres. Or, dans cet écrit, nous relevons, à diverses reprises, des passages où le récit est à la première personne : Acé£. xvr, 10-17; xx, 53 xxx, 18; xxvni, 1; xxvin, 16. Nous démontrerons que Luc utilise, dans la première partie de son livre, des documents écrits ou des récits oraux, et
(1) Pour la biographie de Luc voir le travail très complet du P. Lagrange sur ce sujet dans son ouvrage : l'Évangile selon saint Luc, n. ΝΠ 58. (2) The Bearing of recent Discovery on the Trustworthiness of the New Testament, p. 370 55.
NON 5 Vi INTRODUCTION. :
- que, dans la seconde partie il parle à la première personne, lorsqu’ il a été témoin. des événements. C’est donc le journal de voyage de Luce que nous avons üans
les Actes : voici ce qu'il nous apprend sur lui-même.
Luc serait entré en rapport avec Paul, lors du deuxième voyage missionnaire de l'Apôtre; c’est à Troas qu’il rencontra celui-ci, Act. xvr, 10; il le suivit jusqu'à Philippes, #0, xvi, 12. Il paraît être resté dans cette ville et n'avoir pas accompagné Paul à Thessalonique, Bérée, Athènes et Corinthe, car le récit n’est plus à la première personne jusqu'à un nouveau passage de l’Apôtre à Philippes, lorsque, pendant son troisième voyage missionnaire, celui-ci, revenant de Corinthe, se rendait à Jérusalem. Luc accompagna alors son maître de Philippes à Troas, à Milet, à Tyr, à Ptolémaïs, à Césarée et à Jérusalem, #6. xx, 5; xxr, 17. Là, après que Paul se fut rendu chez Jacques, Ὁ. xxr, 18, cesse pour le moment le journal personnel. Nous ne savons ce que‘Luc devint pendant la captivité de
Paul à Césarée. Il est à croire qu'il ne s’éloigna pas de l’Apôtre en ce moment et qu'il fut « un de ceux de Paul », 16. xxiv, 23, à qui le centurion, sur l’ordre
du gouverneur Félix, devait permettre de rendre leurs soins à l’Apôire, à moins
que l'expression « of idiot αὐτοῦ » ne désignât plutôt et seulement les parents de
Paul.
Nous retrouvons Luc, partant pour Rome avec Paul, χχντι, 1, où il ne semble pas avoir été captif avec celui-ci. Paul ne dit pas de lui comme d’Aristarque, Col. 1v, 10, ὃ συναιχμάλωτός μου, prisonnier avec moi. Il est son compagnon de travail, συνεργός, Philém. 24. Paul parle de Luc dans les épîtres aux Colossiens
et à Philémon, lesquelles ont été écrites probablement au commencement de la
première captivité, en 62; il n’en parle plus dans l’épître écrite aux Philippiens, vers la fin de cette même captivité. Il est probable que Luc avait quitté Rome, car on s’expliquerait difficilement qu'il ne fût pas mentionné dans une lettre adressée à une église, avec laquelle il était étroitement lié par son séjour pro-
longé à bp Nous ne savons ce que devint Luc, de la fin de la première
captivité de l’Apôtre à la seconde. Nous le retrouvons à Rome avec Paul captif
pour la seconde fois, Π Tin. 1v, 11. Nous le perdons ensuite de vue. La légende
le fait vivre tantôt en Achaïe, tantôt en Béotie ou à Alexandrie, puis mourir de mort naturelle en Grèce ou en Bithynie, ou être crucifié à un olivier ou décapité
à Alexandrie ou massacré à Rome. Cf. Zanx, Das Evangelium des Lucas, p. 17,
C’est tout ce que nous savons de certain ou de vraisemblable sur la vie de Luc. Peut-être est-il, comme l’a pensé saint Jérôme celui auquel Paul fait allusion dans sa seconde épitre aux Corinthiens, vint, 18 : συνεπέμψαμεν δὲ μετ᾽ αὐτοῦ τὸν ἀδελφὸν où ὃ ἔπαινος ἐν τῷ εὐχγγελίῳ διὰ πασῶν τῶν éxxnoubv? Les identifications de Luc avec divers personnages sont peu probables. Faut-il, par exemple, l'identifier avec le Λούχιος de Rom. xvi, 21? Il ne semble pas, car ce Λούχιος était Juif, puisque Paul l'appelle ὃ συγγενής μου, et Luc était gentil. Dans l’épître aux Colossiens, 1v, 14, celui-ci est séparé nettement de ceux qui sont de la circoncision,
αν} 11 Re Mare et Jésus Justus ; il est placé avec Epaphras et Démas.
Luc serait-il le même que le Λούχιος, Act. xur, 1, qui était un des prophètes et des didascales de l'Église d'Antioche? Cela nous paraît improbable, car; s’il en était ainsi, l'auteur ι Actes aurait dès lors parlé à la première personne, comme il le fera plus tard, lorsqu'il accompagne l’Apôtre. Il est vrai que déjà,
- ΐ # τ BIOGRAPHIE DE LUC, L'AUTEUR DES ACTES DES APOTRES. XCV ΧΙ, 28, nous trouvons un passage à la première personne : συνεστραμμένων δὲ ἡμῶν, mais ce passage est de tradition occidentale, D (p) w Aug. De plus Λούκιος était de Cyrène, tandis que d’après une tradition probable Luc était d'Antioche. On ne peut identifier non plus Luc avec Silas ou Silvanus qui était un Juif. S'il
avait été gentil, Silas n’aurait pas été envoyé à Antioche avec Paul et Barnabé,
Act. xv, 22, pour exposer de‘vive voix ce qui avait été décidé touchant l’abrogation de la Loi en faveur des gentils.
Luc était grec. Bien que nous constations dans ses écrits des formes étrangères au grec classique, nous devons reconnaître qu’il était capable d'écrire en bon grec, témoin le prologue du III° évangile et le journal de route. De plus, les termes classiques sont nombreux dans ses écrits. Enfin, il se montre très au courant, ainsi que nous le prouverons, de toutes les questions administratives, politiques, sociales, géographiques, tant au point de vue grec que romain, de l’époque dont il parle. Qu'il füt païen d’origine, cela ressort aussi d'expressions peu exactes qu’un Juif aurait évitées en parlant du grand prêtre, du Sanhédrin : 1V, 6, χαὶ "Avvas ὃ ἀρχιερεύς; 1V, D, ἐγένετο δὲ συναχθῆναι αὐτῶν τοὺς ἄρχοντας xal τοὺς πρεσ-θυτέρους χαὶ τοὺς γραμματεῖς; Pierre dit, τν, 8 : ἄρχοντες τοῦ λαοῦ xat πρεσόύτεροι: Υ, 21, le grand prêtre réunit τὸ συνέδριον χαὶ πᾶσαν τὴν γερουσίαν τῶν υἱῶν ᾿Ισραήλ, etc.
Inutile de rechercher si Luc a été parmi les soixante et dix disciples, s’il a été un de ces Grecs qui demandèrent à Philippe de leur faire connaître Jésus, Jn. xnr, 20 ou le compagnon de Cléophas, sur la route d'Emmaüs, Le. xxrv, 13, le soir du jour de la résurrection. Toutes ces conjectures sont détruites par l’attestation de Luc, dans le prologue de son évangile, 1, 2, qu'il a appris ce qu'il raconte de la bouche de témoins oculaires.
La tradition nous a laissé quelques indications sur Luc. Saint Irénée mentionne plusieurs fois Luc, et rapporte de nombreux passages de son évangile et des Actes. Luc était sectator et discipulus apostolorum, ur, 11, 1; il était compagnon et coopérateur de Paul : Καὶ Λουχᾶς δὲ ὃ ἀκόλουθος [abhou, τὸ 6m” ἐκείνου κηρυσσόμενον εὐαγγέλιον ἐν βιόλίῳ κατέθετο, 111, 1, 2. 1] était inséparable de Paul : Is Lucas inseparabilis fuit a Paulo et cooperarius in Evangelio, ipse fecit manifestum, non glorians, sed ab ipsa productus veritate, 111, 14, 1. 11 aurait été coopérateur des
apôtres, surtout de Paul : Quoniam non solum prosecutor, sed et cooperarius
fuerit (ou fuit) apostolorum, maxime autem Pauli, ππὶ, 14, 1.
Le canon de Muratori nous apprend que Luc était médecin, iste medicus, et juris studiosus. On a voulu corriger cette expression, mais il faut la maintenir, car elle nous donne un très bon sens : Cum eo Paulus quasi ut juris studiosum secundum (secum) adsumisset. Paul l'avait pris avec lui comme juris studiosus. « Le juris studiosus, dit le P. Lagrange, Zntrod. à l’évangile selon saint Luc, p. x1r, était l’assessor du juge : omne oficium assessoris, quo iuris studiosi partibus suis funguntur... (Dis. I, xx, 1). Or l’assessor traduisait quelquefois le grec παράπομπτος, terme que Grabe avait supposé pour l'original de prosecutor dans Irénée, ur, 14, 1. Le canon de Muratori aurait donc simplement donné au terme παράπομπτος un sens trop spécial, à moins qu'il n’ait voulu représenter Luc comme un conseiller juridique utile à Paul pour se défendre, et qu'il avait amené à Rome dans ce dessein. Nestle, Zeüts. nt. W. 1909, p. 177, regarde iuris studiosum comme une épithète analogue à iuris consulti Pauli, dans Venance Fortunat, Vitae prophetarum, p. 215.
ἜΧΟΝ INTRODUCTION
Le lieu de naissance de Luc est douteux. Nous n'avons aucune donnée sur ce point avant Eusèbe (1), qui nous dit que, par sa famille, Luc était d'Antioche, qu'il était médecin de profession, qu'il fut le plus longtemps le compagnon de
Paul et vécut dans la société des autres apôtres : Λουχᾶς δὲ τὸ μὲν γένος ὧν τῶν ἀπ᾽
᾿Αντιοχείας, τὴν ἐπιστήμην δὲ ἰατρός, τὰ πλεῖστα συγγεγονὼς τῷ Παύλω, χαὶ τοῖς λοιποῖς δὲ οὗ παρέργως τῶν ἀποστόλων ὡμιληχώς. [Il a composé les Actes des apôtres, qu'il retrace non après les avoir entendu raconter, mais après les avoir vus de ses yeux.
Les autres témoignages reposent sur celui d'Eusèbe. Resterait à savoir si ce témoignage de la tradition sur Luc, originaire d'Antioche, ne viendrait pas du texte occidental, xr, 28 (Codex de Bèze, Augustin, et d’autres autorités latines) où l'écrivain racontant ce qui s’est passé à Antioche, parle à la première personne, συνεστράμμένων δὲ ἡμῶν. D'ailleurs, τὸ μὲν γένος ὧν τῶν ἀπ’ Ἀντιοχείας signifie | seulement que Luc était issu de parents antiochiens, mais non qu'il était né à Antioche.
D'après saint Jérôme, de Viris ill., VII, Lucas, medicus Antiochensis, ut ejus scripta indicant, graeci sermonis non ignarus fuit, sectator Pauli et omnis peregrinationis ejus comes... Aliud quoque edidit volumen egregium, quod titulo apostolicarum πραξέων praenotatur, cujus historia usque ad biennium Romae commorantis Pauli pervenit, id est, usque ad quartum Neronis annum. Ex quo
intelligimus, in eadem urbe librum esse compositum... Igitur Evangelium
sicut audierat, scripsit. Acta vero apostolorum sicut viderat composuit. Vixit octoginta et quattuor annos, uxorem non habens. Sepultus est Constantinopoli,
ad quam urbem vicesimo Constantii anno ossa ejus cum reliquiis Andreae
apostoli translata sunt de Achaia. Dans Quaest. hebr. in Genesim, saint Jérôme déclare : Lucam ut proselytam hebraeas litteras ignorasse, Miexe, P. L. XXII, 1002. Dans son commentaire sur Isaïe, VI, il est moins affirmatif et reconnaît que Luc connaissait un peu l’hébreu : Evangelistam Lucam tradunt veteres Ecclesiae tractatores medicinae artis fuisse scientissimum, et magis Graecas litteras scisse quam Hebraeas. Unde et sermo ejus tam in Evangelio quam in Actibus apostolorum, id est, in utroque volumine comptior est, et saecularem redolet eloquentiam, magisque testimoniis Graecis utitur quam Hebraeis.
Ün très ancien prologue latin, que Corssen, Monarch. Prol., Texte und Unters., XV, 1, a déclaré monarchien, c’est-à-dire insistant sur l'unité divine jusqu’à compromettre la distinction du Fils d'avec le Père, relate la même origine avec des détails complémentaires : Lucas Syrus natione Antiochensis arte medicus discipulus apostolorum postea Paulum secutus usque ad confessionem eus serviens domino sine crimine. Nam neque uxorem unquam habens neque filios septuaginta et quattuor annorum obiit in Bithynia plenus spiritu sancto. Le chiffre de 74 ans est celui de tous les mss., sauf un ms. d’Autun qui a 84. C'est le chiffre que donne la seconde préface éditée par Wordsworth d’après deux mss: (C. T.), et aussi une inscription copte de la montagne d’Assiout. Voici la traduction de M. Lefebvre (2) : Pour ce qui est de Luc, le médecin, ül fut disciple des apôtres. Puis, il suivit Paul. Il vécut quatre-vingt-quatre ans. Il écrivit cet Evangile se trouvant en Achaïe : Ensuite il écrivit les Actes.
(DrArstreccl.IIT, E 6.
(2) Egypte chrétienne, X, 1, 1909.
Re SE AS NS ETES
Presque tous les manuscrits récents contiennent des renseignements, soit au
cemmencement, soit à la fin, sur les auteurs des livres. Pour les Actes ils con= firment les traditions relevées plus haut avec quelques détails que voici : Luc a écrit son évangile, en grec, à Alexandrie, quinze ans après l'ascension du Christ; il 18 dédié, ainsi que les Actes, à Théophile, évêque d’Antioche. L'évangile selon Luc et les Actes des saints apôtres ont été inspirés par les apôtres Pierre et Paul. Cf. Vox Sonen, Die Schrifien des N. T., IL, x, p. 306 55.
D'après Souter, s’inpirant de Ramsay, δ. Paul, the Traveller and the Roman citizen, Luc serait cet homme qui apparut en songe à Paul, à Troas, χνι, 9, lui demandant de passer en Macédoine pour les secourir. Paul répond à cet appel et se rend à Philippes, où Luc l'accompagne et où il reste quand l’Apôtre en part. Celui-ci retrouve plus tard Luc à Philippes et l’'emmène avec lui à Jérusalem. Luc était donc un habitant de Philippes. — La démonstration nous paraît faible.
Par qui Luc a-t-il été converti à la foi chrétienne? On suppose que ce fut par Paul et à Tarse, lorsqu'il étudiait la médecine dans les écoles florissantes de cette ville, à moins que ce ne fût à Antioche par ces chrétiens de Jérusalem, dispersés par la persécution, qui convertirent à Antioche un grand nombre de Grecs, Act. χα, 19-21.
Luc est-il mort martyr? Gaudence de Bresse, fin de 1v° siècle, Paulin, Grégoire de Nazianze, le calendrier de l’église d'Afrique le rangent parmi les martyrs. Cependant, ni Jérôme, ni les martyrologes grecs ou latins, dit Tillemont, Mém. pour servir à l’histoire eccl. des six premiers siècles, t. 11, Ὁ. 136, ne nous apprennent rien de particulier sur sa mort et leurs termes portent à croire qu'il est mort en paix.
Luc était-il peintre, comme on l’a dit? La légende, rapportée par Nicéphore Calliste, repose sur le témoignage de Théodore, lecteur de l’église de Constantinople, vi-vir° siècle, qui raconte que l’impératrice Eudocie avait trouvé à Jérusalem un portrait de la mère de Dieu, Θεομήτωρ, peint par l’apôtre Lue, Micxe, Patr. gr. LXXX VI, col. 165. Cependant, toute peinture de ce genre
paraît inconnue à Augustin qui dit : Neque novimus faciem Virginis Mariae, De
Trénitate, vu, 5-7. L'origine de cette légende pourrait être une confusion entre ἱστορεῖν qui signifie raconter et ἱστορίαι qui, chez les écrivains byzantins, signifie tableaux; Zaun, Einleitung in das NN. T., II, p. 338.
Que Luc fût médecin, cela paraît certain. Nous avons d’abord les témoignages de Paul, du Canon de Muratori, de la tradition chrétienne représentée surtout par Eusèbe, Jérôme, le prologue monarchien et les attestations des manuscrits. « Cette question, dit le P. Lagrange (1), a été traitée d’abord presque exclusivement en Angleterre. Dans son Æistory of Physick from the Time of Galen to the beginning of the Sixteenth Century (1725-1726), le docteur John Freind, très familier avec les médecins grecs, remarqua que Luc s’était servi en parlant des maladies de termes plus appropriés que les autres auteurs sacrés. Il a noté déjà quelques points. Le sujet fut repris par M. J. K. Walker dans le Gentleman's Magazine de 1841, mais ne fut traité à fond que par le Rev. William Kirk Hobart, dans son célèbre ouvrage intitulé : The medical language of St. Luke :
(1) Introduction à l'évangile selon saint Luc, p. cxxv. ACTES DES APOTRES. 5