‹ Les Actes des ApôtresChapitre 35 sur 358 · XCVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XCVIII INTRODUCTION

a proof from internal evidence that « the Gospel according to St. Luke » and « The Acts ofthe Apostles » were written by the same person, and thatthe writer was a medical man. » Dublin, 1882. Personne n’a entrepris la tâche de revenir aux médecins grecs, et, par conséquent, on n’a rien ajouté en faveur de la thèse. Elle a cependant groupé des adhérents convaincus, même en Allemagne, surtout Harnack (1) et Zahn (2) qui ont mis en lumière quelques traits plus décisifs empruntés à l'arsenal de Hobart. » Elle avait été surtout bien accueillie par les exégètes anglais : Plummer, Hawkins, Knowling, Ramsay, Chase, Peake, Stanton, Moffatt, etc. Examinons les données pour et contre cette opinion.

Harnack croit que l’expression de Paul, parlant de Luc : 6 ἰατρὸς ὃ ἀγαπητός a le même sens que « mon médecin ». Nous rencontrons dans le troisième évangile et les Actes des termes médicaux, dont l'emploi s'explique si l’auteur est. médecin. Hobart a relevé 400 mots particuliers à Luc ou plus fréquemment employés par lui que par les autres écrivains du Nouveau Testament et qu’on retrouve dans les écrivains médicaux. Cette longue liste prouve trop. En fait, plus de quatre-vingts pour cent de ces termes avaient déjà été employés par les Septante et c'est de là que Luc les a tirés. D’après les listes IT et ΠῚ de Krenkel, Josephus und Lucas, p. 302 ss., sur les 400 mots de Hobart, 300 se retrouvent dans les Septante et Josèphe, 27 dans les Septante et non dans Josèphe, 67 dans Josèphe et non dans les Septante, de sorte que Josèphe a employé quatre-vingt-dix pour cent des termes médicaux catalogués par Hobart. Plutarque et Lucien nous offrent les mêmes proportions. Trente ou quarante mots semblent cependant avoir dans Luc une signification médicale bien marquée. Il reste donc assez de mots d'usage proprement médicai pour conclure que Luc était médecin. 2

Le procédé qui consiste à retrouver les termes médicaux employés par Luc dans d’autres auteurs, les Septante, Josèphe, Plutarque, Lucien est mécanique. … Il est toujours possible de relever ces termes dans les écrits grecs du temps par la raison bien simple que les médecins grecs n'employaient pas des termes techniques comme le font les médecins modernes; ils écrivaient la langue courante à leur époque. Ce n’est donc pas par l'emploi de termes prétendus médicaux qu’il faut prouver que Luc était médecin, mais par une étude sur les . faits racontés, d'où il résulte que seul un médecin peut les avoir présentés de cette façon. C’est ainsi que Harnack a procédé, Lukas der Arzt, p. 175-198, pour établir ce point de vue. Voici un résumé de cette démonstration.

On doit trouver dans l’écrit d’un auteur qui est médecin des traces de sa profession. Le caractère du récit d’une maladie et de son traitement, la préférence marquée pour les miracles de guérison, l'emploi de termes médicaux, de métaphores d’un caractère médical, dénotent chez l'écrivain, le médecin. Or tel est le cas pour Luc. Dans le courant du Commentaire nous signalerons les cas où se trahit la profession de Luc; citons-en seulement et brièvement quelques exem-= ples. Dans les Actes, xxvur, 8, il est raconté que le père de Publius, souffrait d'accès de fièvre, πυρετοῖς, et de la dysenterie, δυσεντερίῳ; ce diagnostic de la fièvre gastrique est exact et se retrouve dans les écrivains médicaux, H1PPOcRATE,

(1) Lukas der Art, Anh. 1, p. 122-137.

(2) Einleitung in das N. T., 11, p. 435 ss.

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