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LA DIASPORA JUIVE

Les Actes des apôtres mentionnent, à diverses reprises, que, dans ses voyages ὁ

missionnaires, Paul rencontra des communautés juives et souvent des synagogues. Au I siècle de notre ère, les Juifs étaient répandus partout dans l'empire romain et même au delà. Il n’y ἃ, dit Josèphe, G. 1. τι, 16, 4, aucun peuple de la terre qui ne possède un fragment du nôtre. Et Philon, Legatio ad Gaium, 36, énumère les pays qui ont été colonisés par les Juifs : « Jérusalem est, dit-il, la D mpol non seulement de la Judée, mais de beaucoup de contrées. Cela est dû aux colonies que, dans les occasions favorables, elle a envoyées, dans les pays voisins, en Égypte, en Syrie, en Phénicie et en Coelé-Syrie; dans les pays plus x Dos en Pamphylie, en Cilicie, dans diverses parties de l'Asie, aussi loin que la Bithynie, aux extrêmes frontières du Pont, aussi bien qu’en Fanepes en Thes- salie, en Béotie, Macédoine, Étolie, Attique, à Argos, Corinthe et jusqu'aux extréà mités du Péloponèse. Les principales îles de l Égée, Eubée, Chypre, Crête ont des ΙΣ établissements juifs. Je ne nomme pas les pays au delà de l’'Euphrate ; à quelques ᾿ exceptions près, tous, y compris la Babylonie et les satrapies de la vallée de l’'Euphrate, ont des habitants juifs ». Dans sa carte du « Monde connu au temps desaint Paul » Deissmann compte 143. localités où l’on trouvait des Juifs. Il est | difficile d'expliquer uniquement par la déportation ou les migrations le nombre : extraordinaire de Juifs, plusieurs millions, que l’on trouve répandus dans le monde romain ; il faut supposer qu'il y eut de nombreux indigènes qui adhérèrent au | judaïsme.

Cette dispersion des Juifs à travers le monde facilita beaucoup la propagande apostolique. Partout, Paul et les apôtres trouvèrent le terrain préparé pour la prédication de l’ Évangile, pour l’attestation de Jésus-Messie et 5115 n’eurent pas beaucoup de succès auprès des Juifs, ils opérèrent de nombreuses conversions sp ces païens déjà attachés au monothéisme par leur adhésion au judaïsme, ceux que les Actes appellent φοδούμενοι τὸν Θεόν, x, 2; χπι, 16, 26; ou σεδόμενοι dv Θεόν, x111, 43; xvr, 14: xvir, 4, 17.

La Diaspora j juive eut pour origine d’abord la transplantation de la population juive en pays étrangers, mais bientôt et surtout après que les conquêtes d Alexandre eurent rendu plus sûres les routes de l'Asie, les Juifs, attirés par le D cree, se répandirent dans tout le ne ancien.

ue (1) dar, Gesch. des jùd. Volkes, 4° Aufl., Bd. 11, p. 1-188, 1909, a catalogué les travaux

sur la Diaspora juive et exposé la question. A consulter son article dans HasriNes’ Dictio-

nary of the Bible, Extra-volume, p. 91-109, 1904; J. FELTEN, op. ci. I, p. 247 ss., et les Dic tionnaires de la Bible.

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LA DIASPORA JUIVE. LOS RS + à 783 ἊΣ

La plus ancienne dispersion juive se fit en Assyrie, Médie et Babylonie. Les

Assyriens, au temps de Sargon, déportèrent de nombreux Israélites du royaume τῇ des dix tribus dans les pays de Halah et de Habor, sur les bords du fleuve Gozan

et dans les villes de la Médie, c’est-à-dire dans la partie septentrionale du pays, arrosée par l'Euphrate, à l’ouest de Ninive. Les Babyloniens transportèrent les habitants de la Judée dans la région de Babylone. Un certain nombre de ces derniers revinrent en Judée, lors du retour de la captivité, mais ils ne revinrent pas tous. Quant aux Israélites des dix Tribus, ils restèrent dans les pays étran-

gers. « Les dix Tribus, dit Josèphe, Ant. Jud. xr, 5, 2, habitent encore aujour-

d'hui au delà de l'Euphrate; les hommes y sont en myriades infinies et ne peuvent être comptés. » Vers l'an 350 avant J.-C., Artaxerxès Ochus déporta des prisonniers juifs en Hyrcanie.

Tous ces Juifs, vivant dans les régions de l’Euphrate, conservèrent des celtes

avec Jérusalem, restèrent des Juifs observant strictement la Loi mosaïque, et loin

d'être absorbés par le paganisme, ils firent autour d’eux de nombreux adhérents, qui devinrent des Juifs. Dans la période romaine on comptait par millions les Juifs habitant les régions de l'Euphrate.

En Syrie, grâce à la proximité de la Palestine, le pourcentage des Juifs était très élevé. « Les Juifs, dit Philon, Legatio ad Gainum, 33, sont très nombreux

dans les villes d'Asie et de Syrie. » Ils étaient en grand nombre à Antioche et à

Damas. À Antioche, ils jouissaient des droits de citoyens et avaient une magnifique synagogue.

On ne sait à quelle époque les Juifs s'étaient établis dans le sud de l'Arabie,

mais, au 1v° siècle de notre ère, ils y étaient très nombreux.

En Asie Mineure, ils étaient partout. Antiochus le Grand avait transporté en Phrygie et en Lydie deux mille familles juives de la Mésopotamie et de la

Babylonie. D’autres Juifs, attirés par le commerce, s'étaient établis sur les côtes de l’Asie. Nous trouvons dans I Macch., xv, 15, ss. une lettre du consul Lucius, adressée aux rois et aux pays d'Asie Mineure, où se trouvaient des Juifs pour

les engager à ne causer à ceux-ci aucun dommage et à ne pas les attaquer :

on y trouve mentionnés les royaumes de Pergame et de Cappadoce, les districts de Carie, de Pamphylie, de Eycie, du Pont. Le nombre et la prospérité

des Juifs en Asie Mineure nous sont attestés par les nombreux actes de l'autorité |

romaine en leur faveur. Voici les villes et les localités où par divers témoignages

et surtout par les inscriptions nous constatons la présence de Juifs : Adramyt-

tium, Pergame, Magnésie sur le Mont Sipyle, Phocée, Smyrne, Sardes, Hypaepa, Éphèse, Tralles, Carie, Milet, Jasus, Myndos, Halicarnasse, Phrygie, Laodicée,

Hiérapolis, Apamée, Acmonia, Antioche de Pisidie, Lycie, Phaselis, Korykos en

Lycie, Tlos, Pamphylie, Cilicie, Korykos en Cilicie, Iconium, Galatie, Cappadoce, Bithynie et Pont, Panticapée en Crimée.

Les Juifs étaient encore plus nombreux en Égypte, où ils avaient émigré par .

larges masses pendant la période grecque. Déjà, par crainte des Babyloniens, ils

s'étaient enfuisen Égypte, après la prise de Jérusalem par Nabuchodonosor. Une

nouvelle émigration eut lieu au temps des Perses et une autre sous Psammétique. Lors de la fondation d'Alexandrie, les Juifs furent incorporés parmi les citoyens ; ils avaient dans la ville un quartier spécial. Sous les rois grecs ils s’établirent en grand nombre en Égypte. D'après Philon, ir Flac., 6, il y avait un million de

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Juifs dans ce pays. Nous les trouvons dans toutes les régions de l'Égypte et en Cyrénaïque.

On signale aussi la présence de Juifs dans l'Afrique proconsulaire, dans la Numidie, dans la Mauritanie, à Hadrumète, à Carthage, à Hippo Regius, à Cirta Sitifis, Auzia, Tipasa, Caesarea, Volubilis. Cf. Moxceaux, Les colonies juives dans l'Afrique romaine; Revue des Études juives, χταν, p. 1-28, 1902.

Philon nous est un témoin de la présence des Juifs en Macédoine et en Grèce. (Voir plus haut le texte). Les Actes nous apprennent qu'il y avait des synagogues à Philippes, xvr, 16, à Thessalonique, xvu, 1, à Bérée, xvrr, 10, à Athènes, xvin, 4, à Corinthe, xvirr, 7. On constate aussi la présence des Juifs à Patras, à Mantinée, dans les îles d'Eubée, de Chypre, de Crète, de Délos, Samos, Cos et Rhodes.

À Rome, les Juifs se comptaient par milliers. Après la prise de Jérusalem, en 61, Pompée en avait amené un grand nombre, qui furent vendus comme esclaves, mais beaucoup furent ensuite affranchis. Au temps d’Auguste, la députation juive qui vint à Rome après la mort d'Hérode fut accueillie à son arrivée par 8.000 Juifs. Sous le règne de Tibère, tout Juif capable de porter les armes fut déporté en Sardaigne pour y être soldat et le reste des Juifs fut banni de la ville. Un décret de Claude les expulsa aussi de Rome, mais il fut restreint à une simple défense de tenir des assemblées. Les Juifs se fauflèrent à Rome jusque dans l'entourage des empereurs; ils fondèrent des sociétés sous le patronage d'Auguste, Αὐγουστήσιοι, d'Agrippa, ᾿Αγριππήσιοι, [15 occupaient un quartier au delà du Tibre et avaient leurs cimetières particuliers, où l’on a relevé de nombreuses épitaphes, judéo-grecques etlatines. Cf. Vocezsren-Rigcer, Geschichte der Juden in Rom, τ, p. 459-483, 1896.

Déjà anciennement, nous trouvons des Juifs à Puteoli et à Pompeï. Dans les dernières années de l’empire nous constatons leur présence dans l'Italie méri- dionale, à Jenosa, en Apulie, à Tarente, à Capoue, à Naples et dans les villes principales de l'Italie du Nord, Ravenne, Aquilée, Bologne, Brescia, Milan, Gênes. On en trouve aussi en Espagne, en Gaule, en Germanie, à Abdera, Dertosa, Narbonne, Marseille, Arles, Lyon. Cf. Tu. Reinacu, Judæi dans DAREMBERG- SAGLIO, Diction. des Antiquités grecques et romaines.

En résumé, il y avait dans l’empire romain trois à quatre millions et demi de Juifs ; environ le septième de la population.

Les communautés juives de la Diaspora n'étaient pas organisées toutes de la même façon; il en était qui avaient des droits politiques plus étendus que d’autres. A Alexandrie, les Juifs formaient un État dans l’État; ils avaient à leur tête un chef, ἀλαδάρχης, possédant tous les pouvoirs civils et à partir du temps d'Auguste, un sénat, γερουσία, composé probablement de 70 membres.

Le nom donné à la communauté était différent suivant les régions. Là où elle formait une corporation politique indépendante, on l’appelait πολίτευμα, mais dans les contrées où elle était simplement une colonie d'étrangers elle était désignée par les noms de κατοιχία τῶν Ιουδαίων, λαός τῶν. ᾽1., ἔθνος. τῶν. ’I. Le terme le plus commun était συναγωγὴ τῶν ᾿Ιουδαίων. À Rome, il y avait plusieurs de ces synagogues, portant des noms différents.

Les chefs de la communauté étaient désignés par le titre de ἄρχοντες ; en Italie on trouve les titres de γερουσιάρχης ou de γερουσιάρχων. Il y avait presque partout

un en πώς, ant les fonctions ne chef de la synagogue. Quel Le le même ΠΕΡ es était ἄ ua οἱ ἀ ἀρχισυνάγωγος. on trouve aussi δ titres de pe

διὰ “ν pater sans addition. Les femmes jouaient quelquefois un certain rôl ἼΝ dans la communauté juive, ainsi que l’indiquent les titres de γεαΐθ)" synagog πρεσόυτέρα. τὶ

La constitution des communautés juives était basée sur la constitution commu- nale des cités grecques avec les différences que comportaient les coutumes religieuses et civiles des Juifs.

ns des communautés juives se modèle sur les trois formes de sociétés que nous trouvons dans l'empire romain. 1. Les étrangers, formant entre eux des corporations fermées, vivant dans la cité comme HAnÈerS (non citoyens). mais reconnus et tolérés par l'autorité locale. C'était une κατοικία, colonie d’étran gers, séparée de la commune politique, mais soumise à la juridiction de l'autorité locale et payant les taxes municipales. 2. Les sociétés privées ayant des intérêts religieux ou commerciaux communs formaient des unions, θίασοι, ἔρανον, collegia. Leur constitution était semblable à celle des κατοικίαι avec cette différence que ces collegia étaient composés non d'étrangers, mais de natifs, citoyens et affranchis, ou non citoyens et esclaves. La plupart des communautés juives appartenait à cette classe. Malgré la défense portée par César contre les collegia, les com= munautés juives étaient maintenues. 3. Il y avait aussi les corporations de Grecs ἤ et de Romains dans les contrées non grecques ou non romaines. Elles n'étaient soumises ni à la taxe communale ni à la juridiction des autorités locales; elles étaient des corps indépendants. Telle était la position des Juifs à Alexandrie.

Le libre exercice de leur religion avait été accordé aux Juifs par divers décrets des empereurs ; elle était donc αὐ; je L'autorité romaine reconnaissait aux

de police correctionnelle, la juridiction dans les procès civils des Juifs, mais non dans les causes criminelles. 5 Les Juifs étaient exempts du service militaire sous diverses conditions. Dans certaines villes ils jouissaient du droit de citoyen, tout en restant membres de la communauté juive. Beaucoup d’entre eux étaient aussi citoyens romains. La position des Juifs dans l’ État était différente suivant les contrées. En Égypte. elle était prééminente. À Alexandrie, il y avait les alabarques qui étaient des Juifs. D’après Josèphe, contra A pion. 1, 5, Ptolémée Philometor et sa sœur Cléopâtre livrèrent leur empire aux Juifs et donnèrent le commandement de leur: armées à Onias et à Dosithée. En dehors de l'Égypte, les Juifs n'occupèrent pas de si hautes positions. Cependant, nous trouvons à Jérusalem quelques Juifs ayan le rang de chevaliers romains ; ailleurs, ils étaient fonctionnaires municipaux. Bien que mêlés à des populations païennes, les Juifs gardèrent scrupuleusemen leurs croyances religieuses. Cependant, on remarque parmi les plus instruits, Philon, par exemple, des tendances à accepter les spéculations grecques philosophiques, à interpréter allégoriquement les récits de la Bible, et à donner à δ l'explication allégorique ou morale des commandements mosaïques une plus grande valeur qu'à l'application littérale de la Loi. Les Juifs de la Diaspora n’observaient pas la Loi aussi strictement que les Pharisiens. Toutefois, ils étaient maintenus dans l’ancienne foi par les réunions régulières de la synagogue. ACTES DES APOTRES. HE 50 MC

pélerinages à à J nn lors des grandes fêtes. J osèphe, ir Juive 9, 3 estime à 2.700.000 les Juifs présents à Jérusalem, lors des fêtes.

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