LA CONVERSION DE SAINT PAUL
La véracité historique de ces récits des Actes sur la conversion de Paul est
confirmée nettement par les épîtres de l'Apôtre dans lesquelles on relève des
allusions tellement claires à celle-ci qu’elles la supposent nécessairement.
Le premier témoignage de Paul sur sa conversion se trouve dans l'épître aux
Galates, 1, 11-17 où il nous expose le côté intérieur, subjectif de sa conversion. « Je vous le déclare, en effet, frères, que l’'évangile annoncé par moi n’est pas selon l’homme. Car ce n'est pas d’un homme que je l'ai reçu ou appris, mais par une révélation de Jésus-Christ. Car vous avez entendu dire ce que fut ma conduite autrefois dans le judaïsme : que je persécutais à outrance l'Église de Dieu et la ravageais, et que je progressais dans le judaïsme plus que la plupart de ceux de mon âge dans ma nation, plus zélé que personne pour les traditions de mes ancêtres. Mais, quand il plut à [Dieu] qui m’a distingué dès le sein de ma mère, et qui m'a appelé par sa grâce, de révéler son Fils en moi, pour que je l’annonçasse parmi les Gentils, aussitôt, sans prendre conseil de la chair ni du sang, sans monter à Jérusalem auprès de ceux qui étaient apôtres avant moi, je m'en allai en Arabie, puis, de nouveau, je revins à Damas. »
Dans d’autres passages de ses épiîtres l'Apôtre fait ressortir le côté'extérieur, objectif de sa conversion. Dans la première épître aux Corinthiens, 1x, 1, il écrit : « Ne suis-je pas Apôtre? N’ai-je pas vu Jésus Notre-Seigneur? » Cette vision ne peut être que la vue de Jésus;sur le chemin de Damas et non une vue de
Jésus pendant sa vie terrestre. Et cette vision a été réelle, car il la compare à
celles qui ont été vues par les apôtres et par d’autres personnes. Après les avoir
énumérées, 1 Cor., xv, 8, il ajoute : « Au dernier de tous, il m'est apparu à
moi, l’avorton, ἐχτρώματι. » Cette expression évoque l’idée d’un avortement, c'est-à-dire d’une manœuvre violente et aussi celle d’un miracle, puisque
l’éxtpoua ne doit normalement pas vivre. De même dans l’épître aux Philippiens,
it, 12, Paul écrira : « J'ai été saisi moi-même par le Christ », ce qui indique aussi une idée de violence exercée sur lui. Lorsqu'il dit que le Christ lui est apparu, le verbe passif ὥφθη ne désigne pas une vision subjective, au sens où on l'entend ordinairement, mais une vision réelle qui s’est produite dans certaines conditions dépendantes d’après Paul de la grâce de Dieu.