‹ Les Actes des ApôtresChapitre 41 sur 358 · I. Date de composition des Actes · texte numérisé non relu

I. Date de composition des Actes

Aucun écrivain ecclésiastique jusqu'à saint Jérôme n’a dit nettement à quelle date les Actes ont été écrits. Le canon de Muratori est ambigu sur ce point et probablement corrompu. On pourrait cependant: établir approximativement cette date par les affirmations de saint Irénée, qui place la composition du IIIe évangile et par conséquent celle des Actes après la sortie, ἔξοδος, de Pierre et de Paul. Mais est-ce la sortie de Rome ou de la vie? C’est ce qu'on ne peut décider (1). Saint Jérôme fixe cette date à la quatrième année de Néron, parce que le récit est poursuivi jusqu’à cette époque. Cette date des Actes a pour elle les vraisemblances qui ressortent de la conclusion même du livre. Paul demeura, ἐνέμεινεν deux ans entiers dans une maison qu'il avait louée, et il recevait tous ceux qui venaient vers lui, prêchant le royaume de Dieu et enseignant les choses qui regardent le Seigneur Jésus-Christ, avec toute liberté, sans empêchement, xxvinr, 30, 31. Si les Actes n’ont pas été écrits à cette époque, c’est-à-dire vers la fin de la captivité de Paul à Rome, plusieurs traits qu’on y relève restent inexplicables, même dans la supposition où l’auteur se proposait d'écrire un troisième livre, ce que semble indiquer, d’après quelques exégètes, l'emploi de πρῶτος, 1, 1, au lieu de πρότερος. Luc a raconté longuement la première partie du passé de Paul, l’arrestation, l'accusation, la défense de Paul, l'appel à Rome, le voyage, l’arrivée à Rome. Comment, si le procès a été terminé par un acquittement ou par une condamnation, Luc ne l’a-t-il pas dit? Les débats devant l’empereur, la sentence étaient des faits plus importants que les discours devant les procurateurs romains. Si Luc n’y a pas fait la moindre allusion, c'est qu'ils n'avaient pas encore eu lieu quand il a écrit. Qu'il ait voulu ou non donner une suite à son récit, la sentence qui a clos le procès était la conclusion nécessaire du livre. Comment, en outre, après la mort de Pierre

et de Paul, aurait-il pu passer sous silence des événements de cette importance? La mention de ce martyre des deux apôtres terminait dignement l’histoire de Pierre et de Paul. D'ailleurs, de l'examen des verbes, employés au présent dans les Actes, il ressort que Pierre et Jean, 1v, 13; que Paul, xvr, 38; xx, 38; χχι, 33; xx11, 29, etc. sont encore vivants au moment où l’auteur écrit. Quand 1] parle en effet d'un événement passé ou de quelqu'un de décédé il emploie un temps du passé, 1v, 13; v, 41; vint, 14; x, 45, etc. .

Enfin, l'ensemble même du livre prouve qu'il a été écrit avant la persécution

(1) JacQuIER, ist. des livres du N. T., T. If, p. 480, Paris, 1906. — LAGRANGE, Évangile selon saint Luc, p. ΧΧΙΥ 88.

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