CXXXIV INTRODUCTION
sur le travail de von Soden. « L'étude qu'il a faite de la manière dont les variantes de la recension β se répartissent entre les divers témoins de ce texte confirme l'idée que cette forme du texte ne résulte pas d’une accumulation fortuite de variantes qui pourraient avoir des origines très diverses mais qu’elle a une source, sinon unique, du moins homogène. Les leçons caractéristiques du texte $ sant en effet tellement dispersées entre les divers témoins qu’on ne saurait admettre qu’elles aient passé des uns aux autres, mais qu'on est nécessairement conduit à penser qu'elles proviennent d'une source commune. » Maïs au lieu d’attribuer ce texte original à Luc, von Soden l'attribue à T'atien, qui ajouta une recension nouvelle des Actes à son Diatessaron.
Dans son Commentaire de l'évangile selon Saint Marc, p. τινι, le P. Lagrange examine quelle est la valeur du codex de Bèze. « Ce manuscrit, dit-il, ἃ été l’objet de nombreuses études. On sait qu’il est gréco-latin et son affinité avec le latin est incontestable. Ce qui importe le plus, c'est de déterminer la valeur des principales leçons communes à D et au latin ancien, parfois aussi au syriaque ancien, et étrangères aux autres mss. grecs. M. von Soden a compilé avec soin les particularités graphiques, les omissions, changements de place des mots, influences du texte K, des parallèles, du latin, etc., mais il n'a pas dressé la table qui me parait la plus instructive: c’est celle du cas où D, ordinairement avec les latins, supprime une difficulté du texte de Marc, qu’elle soit théologique, ou vienne d’un
« mot difficile, ou d’un ordre des mots étrange; en somme D est toujours plus cou-
lant.… On jugera d’après cela si ses leçons sont les meilleures. » Puis, p. zvir, il conclut : « Si les leçons occidentales sont plus aisées, elles sont en même temps plus plates et plus ternes : en d'autres termes ce sont des leçons secondaires. » Pour le P. Lagrange, les leçons du texte occidental sont des contaminations sporadiques du texte, qui se sont produites au courant du n° siècle. IL adopte l’opinion de Gregory d’un texte retravaillé (überarbeitet) à cette époque. De plus, il croit que c’est à Alexandrie et non à Antioche qu'est né le texte occidental. C’est plutôt Alexandrie qu’Antioche qui était en rapport avec Rome et Carthage.
Nous devons constater un certain retour à l'originalité du texte B chez quelques critiques récents. Voici les conclusions de À. C. Clark (1) sur ce problème : Il a constaté que le texte À présente d'ordinaire des leçons plus brèves que celles du texte B et comme il a essayé de démontrer que la règle, brevior lectio potior, est fausse, il affirme, après une analyse des variantes, que le texte primitif est le plus long et non le plus court. Il ne faut pas le chercher dans B x ou dans la majorité des manuscrits grecs, mais dans la famille occi-
dentale, c’est-à-dire dans les anciennes versions et dans le codex de Bèze. Nous
sommes ainsi ramenés à un archétype des quatre évangiles, en forme de livre qui ne peut pas être plus ancien que le milieu du ri° siècle. Une étude des Actes confirme, d'après Clark, c ytte conclusion. — Nous ne sommes pas de son avis.
C. A. Turner (2) examine aussi à nouveau le problème. Il constate que le texte neutre, représenté par B δὶ et par la version bohaïrique, n'a aucun soutien en dehors de l'Égypte et de Césarée de Palestine. La recension de ce texte
neutre peut difficilement être plus ancienne que le milieu du π᾿ siècle. Par .
(1) The primilive Text of the Gospel and Acls. (2) The Study of the New Testament, 1883 and 1920, Oxford, 1920, p. 56.