TEXTE DES ACTES DES APUTRES. CXXXV
contre le plus ancien écrivain ecclésiatique égyptien, Clément d'Alexandrie, ne s'accorde pas avec B et la Bohaïrique, mais avec D et la vieille version latine. Les deux types de texte, oriental et occidental lexistaient en Égypte vers la fin du 11 siècle, mais le ἀν ancien et le plus répandu était le texte occidental. De là à conclure à sa supériorité sur le texte oriental il n’y a qu'un pas. Turner fait cependant remarquer qu'il ne soutient pas que les autorités occidentales présentent toujours ou même, à moins qu'elles ne soient unies, généralement le texte original, mais seulement que leur témoignage ne doit pas être désormais laissé de côté. — IL n’est pas prouvé que le texte occidental était le plus ancien; ce qui est le plus probable, c’est que les deux textes existaient conjointement.
Loisy (1) observe qué le texte occidental des Actes présente des variantes nombreuses, importantes, plus ou moins coordonnées et qui ne peuvent être attribuées à des négligences ou à des caprices de copistes. Cependant l'hypothèse la plus probable est qu’elles provenaient de la liberté grande dont les copistes avaient usé à l'égard du texte traditionnel. « La grande masse des variantes est sans signification spéciale, n'ayant d’autre but que d’amplifier d’un mot les traits de l'original, ou bien, s’il s’agit d’additions plus développées, d'atténuer ou d'effacer les obscurités, les invraisemblances, les lacunes et les contradictions apparentes de la rédaction. Sur l’origine des premières on pourrait hésiter, si les textes occidentaux n'étaient enclins à multiplier ces menues additions. Pour les secondes, l’on aperçoit d'ordinaire le motif de l’interpolation; et c’est pourquoi l’on a pu conclure, ces additions ne portant pas en général la marque du témoin oculaire, que dans l’ensemble et pour la plupart, elles résultaient d’un travail systématique, opéré sur le texte commun par un recenseur assez érudit, qui se proposait de rendre facile la lecture des Actes. » « Il paraît acquis du moins que, s’il faut admettre un recenseur principal à qui sont dues la plupart des additions que présente le texte dit occidental, ce texte, dans l’ensemble de ses témoins, ne procède pas d’un archétype unique, mais représente un conglomérat de variantes qui n'ont pas toutes la même origine et dont l'attestation est assez inégale. Aussi bien Blass et Hilgenfeld, qui ont essayé de reconstituer un type absolu du texte occidental n’y ont-ils réussi ni l’un ni l’autre et leur texte, surtout celui de Blass, est, dans une assez large mesure, un recueil de variantes inégalement anciennes. »
Voici les conclusions de Goguel (2) : « Il résulte donc des textes que nous avons passés en revue (3) qu’il n’y a pas lieu d'adopter la théorie de Blass et que si les leçons fournies par les témoins du texte occidental constituent bien une recension du texte et sont autre chose qu'une combinaison fortuite de leçons fautives et de corrections plus ou moins heureuses, cette édition est sans relation avec la composition du livre. Son étude, par suite, ne peut être intéressante que pour qui veut connaître l’histoire du texte. [l se peut que sur tel ou tel point particulier, un des manuscrits qui la représente ait conservé le texte primitif plus fidèlement que les manuscrits Ν᾽ À B C, mais dans l’ensemble
(2) Le livre des Actes, 1922 p. 103.
CR AT LS SOL 88 LUE IN LR Το 205. 11, STE ANAL 8 7S SX, AO KT 37.580; ΧΕΠἔ 10; xv, 20, 21, 25; xvi, 4, 10; xvirr, 21 5., 27 s., déclarés secondaires. Nous examinerons ces textes dans le commentaire. [E. J.1.