‹ Les Actes des ApôtresChapitre 54 sur 358 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

L'auteur du livre des Actes, Luc, n’a pas été témoin de tous les événements qu'il ἃ racontés et non plus de tous les discours qu’il a rapportés dans son travail; il a donc emprunté son récit à des sources. Ces sources étaient-elles orales ou écrites ?

On a soutenu que probablement ces sources étaient orales. Il ne semble pas que, si nous en exceptons les discours, Luc ait eu besoin de sources écrites pour être instruit des faits qu'il a rapportés. Il a été en rapport avec plusieurs personnages qui avaient été témoins oculaires des événements, ou même y avaient joué un rôle; lui-même a vu plusieurs des faits dont il parle. La plupart des récits, même dans les douze premiers chapitres, sont racontés d'une façon tellement vivante et précise, avec des détails si circonstanciés, que l’on doit croire qu'ils proviennent de gens qui ont vécu ces événements. Luc a pu être en rapport avec ces hommes et les apprendre de leur bouche. ἃ Antioche, il a connu Barnabé, Manaen, 5881; à Césarée, Philippe, l'évangéliste; à Rome, pendant la captivité de Paul, il ἃ vécu avec Jean Marc, qui a pu le renseigner sur tout ce qui s’était passé pendant les premiers jours de l’église de Jérusalem. Dans cette ville, durant les deux ans que Paul fut en prison à Césarée, il a connu Jacques et ces anciens, dont il parle souvent dans les Actes, et parmi eux Mnason, chez qui Paul logeait, et qu’il appelle ἀρχαῖος μαθητής, xx1, 16. On pourrait encore mentionner Silas, Timothée, Aristarque et Second, Sopater, Caïus, Tychique, Trophime, qui ont été en rapport avec Luc et ont pu lui raconter les événements dont ils avaient été témoins. .

Pour tout ce qui concerne Paul, sa conversion, ses voyages de mission, Luc ἃ été témoin participant d'une partie des faits ; il a acccompagné Paul de Troade à Philippes, xvr, 10-17; puis de Philippes à Jérusalem, xx, 4-xxr, 18; il fit avec lui la traversée de Césarée à Rome, où il partagea sa captivité, xxvi1, #-xxvur, 30. Quant au reste des événements, il était à la source même des renseignements, puisqu'il a vécu longtemps avec l'Apôtre et ses compagnons de voyage. Il est impossible de croire que, voulant écrire l'histoire des missions de Paul, il n'ait pas interrogé celui-ci, et qu'il n’en ait pas obtenu les renseignements les plus | précis.

Le fait constaté que le style des douze premiers chapitres est beaucoup plus hébraïque que celui des seize derniers ne nécessite pas l'existence d’une source araméenne écrite, car on peut croire que Luc a gardé ici les tournures et les expressions hébraïques de ses interlocuteurs, qu’il ἃ même essayé de reproduire les récits, tels qu'il les avait entendus. On peut supposer aussi que ces récits avaient déjà reçu une certaine forme stéréotypée. Pourquoi d’ailleurs Luc, écrivant après avoir été longtemps en contact avec les Juifs, ayant une familiarité de

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