‹ Les Actes des ApôtresChapitre 56 sur 358 · SOURCES DES ACTES DES APOTRES. CXXXIX · texte numérisé non relu

SOURCES DES ACTES DES APOTRES. CXXXIX

quelques années une dizaine de systèmes ont été proposés. Actuellement, on ne s’en occupe presque plus, ou la question se pose d’une autre façon.

Avant de passer rapidement en revue ces divers systèmes, relevons quelquesunes des divergences prétendues, sur lesquelles on s'appuie pour postuler des sources différentes. Aux ÿ 1, 4, du chapitre τὰ, il est question de toute la communauté chrétienne, c’est-à-dire de cent vingt individus; ÿ 7, il est dit que ceux-ci étaient des Galiléens, ce qui la restreint aux douze apôtres et à quelques disciples; ÿ 5, les Juifs, accourus au bruit, lors de la descente du Saint-Esprit, sont, bien que nés dans divers pays, des habitants de Jérusalem, εἰς Ἱερουσαλήμ. χατοιχοῦντες; puis, ὁ 9, ils sont κατοικοῦντες τὴν Μεσοποταμίαν et ὺ 10, ἐπιδημοῦντες Ῥωμαῖοι. Le phénomène de la glossolalie, tel qu’il est présenté, τι, 4, 11, est différent de celui dont il est parlé, x, 46, xrx, 6. Sur la vente des propriétés des fidèles et sur la communauté des biens, nous avons des données divergentes : 11, Δα, 45 et 1v, 34, tous ceux qui avaient des champs ou des maisons les vendaient eten déposaient le prix aux pieds des apôtres; tous avaient tout en commun. D’après v, 4, les fidèles étaient libres de vendre ou non leurs propriétés et, τν, 36, on cite l'exemple de Barnabé, qui vendit la sienne, ce que l’auteur n'aurait pas mentionné, si c'eût été la règle commune. D'ailleurs, 1v, 32, il n’est pas question de vendre les biens, mais ot de ne pas les regarder comme personnels et de les mettre à la disposition de tous. Le discours ἃ Étienne est formé de discours différents; l'un démontrerait que l’adoration de Dieu n'était pas limitée au Temple, et l’autre que les Juifs avaient toujours été en révolte contre leur Dieu. La lapidation d'Étienne est racontée deux fois, vi, 58a et 59a; les funérailles sont mentionnées seulement après que l’auteur a abordé un autre sujet, celui de la dévastation de la communauté de Jérusalem, vx, 2, et, de ce fait, se trouvent intercalées entre vin, 1 et 3, versets qui sont manifestement la suite l’un de l’autre. Le personnage de Saul est assez gauchement introduit dans le récit du martyre d'Étienne, vir, 58, 606 ; et paraît avoir été placé là comme un raccord avec les scènes suivantes. D’après vur, 14, ce sont les apôtres qui envoient un délégué en Samarie pour se rendre compte de ce qui s’est passé; d’après, x1, 19, c'est la communauté qui envoie un délégué. L’affirmation, vur, 1, que toute la communauté fut dispersée, πλὴν τῶν ἀποστόλων, paraît être une glose pour sauve-

garder la dignité apostolique. Les offrandes envoyées par les fidèles d'Antioche, XI, 30, sont remises aux presbytres de Jérusalem, tandis que, d’après vi,

1-6, il semble qu elles auraient dù l'être aux diacres. Ces mêmes diacres, institués pour le service des tables, sont présentés dans la suite comme des prédicateurs de l'Évangile. Ainsi en est-il pour Étienne, vi, 10; vu, 2-59; pour Philippe, vu, 5, 26-39; xxr, 8. Les versets v, 13,14, ne maladroitement le récit des miracles ue. v,12 et 15. Au chapitre τι, Batiffol distingue deux sources qui présentent les ne d'une façon différent : « Dans le récit paulinien, 11, 42, la fraction du pain est déjà une liturgie, fixée à un jour déterminé, célébrée 1 une réunion à laquelle elle donne son nom, entourée d’un commencement de solennité et elle est l'acte unique du culte naissant. Dans le récit judéo-chrétien, 11, 46, 47a, elle n'est que nommée et elle est présentée comme un acte de dévotion domestique (1). »

(1) Études d'histoire et de théologie posilive, 2° série, p. 39. Paris, 3° éd. 1905.

CXL INTRODUCTION

On avouera que toutes ces divergences n’impliquent en aucune façon lutilisation de sources différentes écrites; elles indiqueraient pre que l'écrivain ἃ réuni diverses sources orales.

Passons en revue les divers systèmes qui ont été présentés sur les sources des. Actes. Pour les détails de l'exposition et la discusssion des hypothèses on les. trouvera dans un travail de Bludau (1) ou dans celui de W. Heïtmäüller (2).

Conférez aussi l’article du P. Prat sur les Sources des Actes des apôtres dans: les Recherches de science religieuse, 1913, p. 275-296; Loisy, les Actes des apôtres, p.29-44, et Moffatt, /ntroduction to the Literature of the N. T., p. 286- 289. On trouvera dans ce dernier travail des tableaux exposant les divérses sources des Actes d’après Harnack, p. 287; d’après Schwanbeck, Sorof et Jüngst, p. 289.

D'après B. Weiss (3), les chapitres 1-xv, 33, proviendraient d'un écrit judéochrétien, dont l’auteur aurait été témoin des événements. Le rédacteur des Actes, qui serait Luc, y aurait introduit les passages suivants qui sont dénoncés par des invraisemblances, des contradictions et des impossibilités : 1, 1-11, 18, 19; τι, 43-47; un, 4, 5, 8-10; τν, 2, 8, 5, 7, 15-17, 49, 20 (25, 27), 31, 34, 35: x (3, 9). 14, 16, 17-20, (21), 22-24, 33, 36, 42; les diverses parties de l'épisode d'Étienne,

qui supposent un procès régulier : vir, 58, 59, 60; vu, 16, 3; de plus, x, 37, 40;

χι, 1-18; χιι, 18-22; xv, 1-4, 23-25. Il est possible que Luc aït appris de la tradition orale les faits relatés 1x, 1-30; χι, 19-30; χιι, 25; χιπι, x1v, qui traitent principalement de Paul; sauf les épisodes de Paphos et de Lystres, xnr, 6-12; xiv, 8-18, le tout est raconté d’une façon assez maigre et superficielle. Weiss relève: aussi l'emploi de sources dans la deuxième partie des Actes.

Wendt (4) est beaucoup plus réservé; il admet comme certainement reconnaissable une source qui englobaït non seulement le journal de voyage, mais formait. une histoire de Paul et des missions païennes. Elle commencerait au cha-

pitre xx, mais ne contiendrait pas xv, 1-33. En dehors de celle-ci, il ne croit

pas possible de distinguer positivement d’autres sources. Il lui semble que cer-

tains morceaux, 1, 15-26; τι, 1-13; var, 5-8; 26-40; xu, 1 et ss., s'appuient sur

‘une tradition ancienne, mais il ne saurait dre si elle était a ou écrite. Quelquefois d’ailleurs ἢ a reproduit deux récits d’un fait. Ainsi, ἐν, 22 δὲ ν, 17-

42 sont des répétitions; les deux délivrances de Pierre par un ange, v, 19 et xur, 7-10, se réduisent à une. Dans ces cas l’auteur reproduisait probablement des.

traditions orales. Au surplus, quelles que soient les sources qu'il a utilisées,

écrites ou orales, il les a fortement retravaillées, modifiées, allongées, écourtées soit pour les faits, soit pour les discours, afin d'atteindre son but d’édification.

Van Manen (5) admet deux sources, des Acta Petri, écrit du milieu du τι siècle et des Acta Pauli, retouchées par un rédacteur, qui ἃ inséré dans les Acta Pauli

(1) Die. Quellenscheidungen in der Apostelgesch. Biblische Zeitschr., Freiburg, 1907, p. 166-

(2) Die Quellenfrage in der Apostelgesch. Th. Rundschau, Freiburg, 1899, p. 47-59; 83-95; 127-140.

(3) Einleitung in das N. T., 3° Aufl., Berlin 1897.

(4) Apostelgeschichte, 8 Aufl., Gôttingen, 1897. (5) Paulus, I, De Handelingen der Apostelen, Leiden, 1890.

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