SOURCES DES ACTES DES APOTRES. CXLI
le journal de voyage, probablement écrit par Luc. C’est à ces Acta Pauli que sont empruntés les récits sur Etienne et la conversion de Paul.
Sorof (1) distingue trois couches de récits : 4° Luc, le médecin, aurait écrit comme suite à son évangile une histoire de l’extension du christianisme à travers le monde, où dominait la figure de Paul. Quelques passages seulement des douze premiers chapitres lui appartieudraient : 1, 1, 2; τι, 46; τν, 33-37; vi, 1-vur, 38 a; vu, 59, 60; var, 1 ὅ, 2: νι, 19-30; x1r, 25; χπὶ, 36, 32, 33, etc. 2° Un disciple de Paul, Timothée, auteur du journal de route, aurait complété ce premier écrit en y ajoutant des récits d’origine judéo-chrétienne, source pétrinienne, Petrus Quelle dont le fond historique proviendrait de Pierre et de Philippe: 1, 3-11, 42; π|, 1-ἰν, 83; 1V, 5-31; v, 1-11; var, 5-40; 1x, 32-x1, 18; xxx, 3-23, et 3 des faits dont il aurait été témoin ou qu'il aurait appris de témoins oculaires. Il aurait complété 16 récit par quelques corrections ou réflexions : 11, 43-45; 47; ιν, 4, 32; ν, 12-42; wir, ὅδ: vint, 1, 3, Δ; 1x, 1-31 ; χι, 18; xx, 1, 2, 24; xaxr, 27-531, 34-37; χιν, 3, 8-11; xV, 7-18, 22; xvi, 1-5; 10-18 a; xvir, 14-16; xvirr, 5-18, 19 a$ XVIII, 24-xIxX, 1@, 11-50; xx, 4-16; xx1, 6-20 a, 25; xx11, 20; xxVII, 1; ΧΧΥΠΙΙ, 16a.
Feine (2) retrouve dans les douze premiers chapitres des Actes la source hiérosolymitaine, judéo-chrétienne, qui, d’après lui, avait été la source principale du 111 évangile. Il relève de nombreuses ressemblances d'expressions et d'idées entre celui-ci et la première partie des Actes. Cette source, soit pour les faits, soit pour les discours, était de haute valeur historique.
Spitta (3) reconnaît dans les Actes deux sources réunies et retouchées par un rédacteur de la fin du 15 siècle. 11 a fait son.récit à l’aide de ces deux sources, tantôt en les juxtaposant, tantôt en les harmonisant, La première, A, aurait pour auteur un compagnon de Paul, probablement Luc, de tendance universaliste et d'esprit ouvert; la seconde, B, aurait été écrite par un judéo-chrétien, disposé à admettre tous les récits miraculeux, et désireux de faire ressortir Pierre en face de Paul. Spitta a reconstruit les deux écrits qui se poursuivaient parallèlement dans le livre des Actes. À commencerait à l’évangile de Luc, xxiv, 44- 53; Act. τ, 15 pour se terminer à xxvinr, 31; elle comprendrait tous les discours. B commencerait à Act. τ, 3 et se terminerait à xxvurr, 23. Quelques récits seulement de la deuxième partie lui appartiendraient : xri1, 6-12, 44-52; χιν, 3, 8-20; xvr, 22-36; xvrr, 5-9; χιχ, 16-7, 108, 11-41; xxr, 10, 206-26; xxrr, 30; xxvir, 17-23. La source À serait de haute valeur historique; B dépendrait de la tradition populaire et enregistrerait les contes les plus naïfs et les légendes les plus absurdes.
Clemen (4) suppose trois sources principales et d’autres de moindre importance : 1, une histoire des Hellénistes, H H; 2, une histoire de Pierre, H Pi: 3, une histoire de Paul, H Pa, qui aurait été tout d’abord un itinéraire des voyages de Paul, τ Pa. Un premier rédacteur aurait seulement mis en état cette troisième partie; deux autres seraient intervenus, un rédacteur judaïque
(1) Die Entstehung der Apostelgeschichte, Berlin, 1890.
(2) Eine vorkanonische Ueberlieferung des Lukas in Evang. und Apostelgesch., Gotha, 1891. (3) Die Apostelgesch., ihre Quellen und deren gesch. Wert, Halle, 1891.
(4) Chron. der paul. Briefe, Halle, 1893.
ΠΟΧΙΜΗΙ INTRODUCTION
qui aurait retravaillé le tout en y faisant les additions favorables à Pierre et un rédacteur antijudaïque qui aurait introduit celles qui mettaient Paul en relief et aurait retouché tout l’ouvrage. C’est de lui que viendraient l’histoire d'Ana-
nie et de Saphire, l'envoi de Pierre et de Jean à Samarie, la conversion de Paul, la prédiction d'Agabus, les derniers jours d'Hérode Agrippa, la lettre de Lysias. Clemen appuie son système sur les nombreuses sutures que présente
le texte des Actes. Dans un plus récent ouvrage (1), il postule toujours des sources, mais il ne nous a pas semblé qu'il ait essayé de présenter un système sur celles-ci ou iqu'il les ait rapprochées les unes dés autres pour former des
documents.
Dans son dernier travail(2) Clemen ne distingue dans les Actes que deux sources : la po d’origine inconnue, 1, 1 à xr, 26; elle n’est nettement recon- | naissable qu’en certains passages, vir, 58-60, par ΡΠ Ν La seconde utilisée | pour xui-xxvirr, est plus discernable à cause des morceaux en « nous », qui avaient peut-être Luc pour auteur. Le rédacteur a retravaillé ses sources, il y a fait des additions et a composé librement les discours. En réaction avouée contre le découpage indéfini du texte, Gercke (3) soutint que la seconde partie de l’œuvre dédiée à Théophile n'était pas le livre actuel des Actes, mais un écrit de Luc qui avait pour objet principal les missions de Paul
et qui avait été fortement mutilé et interpolé par un rédacteur vivant au commencemient du second siècle, rédacteur à distinguer, — les raisons de cette distinction
ne paraissent pas bien consistantes, — de celui qui a remanié l’évangile. Les débris de l’œuvre primitive subsistent dans les morceaux en « nous » et dans quelques
menus fragments, par exemple 1, 1-2 et certains éléments de xv.
Jüngst distingue dans les Actes deux sources retravaillées par un rédacteur. La première, À, dont Luc a été probablement l’auteur, était d'une grande valeur historique. La source B, œuvre d’un judéo-chrétien palestinien, serait de moindre valeur. Le rédacteur, écrivant au temps de Trajan, a essayé d'unifier ces deux
sources en se plaçant à un point de vue apologétique : le christianisme était une religion licite se rattachant de très près au judaïsme. Jüngst (4) distingue les deux sources et le travail rédactionnel dans toutes les parties des Actes; il n'hésite pas
ἃ sectionner un verset en deux ou trois parties. Voici par exemple comment il répartit la matière du chapitre τι.
| PANNE 5.11 pl 416-483 13 ὃ 12-93 24-31 11 | 43a AA 32,33 34,35 A ἐδ 27 B
À partir cependant du chapitre xux, la source B ne fournit plus que quelques
(1) Paulus, sein Leben und Wirken, 1, p. 162-230, Giessen, 1904.
(2) Die Apostelgesch. im Lichte der neueren Forschungen, p. 24, Giessen, 1905. ᾿ (3) Der δεύτερος λόγος dès Lukas, Hermes, 1894.
(4) Die Quellen der Apostelgesch., Gotha, 1895.