SOURCES DES ACTES DES APOTRES. CXLIIT
expressions, mais le travail du rédacteur se montre davantage. Voici en exemple la partition du chapitre xvur :
Δ R Α R .1-5 Ὁ 5 b-6 21 b-24 25 7, 8 7: 26, 27 9, 10 28 11 12-18 XIXe 18 19 a-21 ὃ
Bien que Jüngst ait longuement justifié ce sectionnement, p. 14-187, on ne peut se défendre d’y voir souvent de la subtilité et de l'arbitraire.
Hilgenfeld (1) a donné aussi son avis sur la question. Il distingue trois sources : À, Πράξεις Πέτρου, d’origine judéo-chrétienne, d’où dérivent les chapitres τ, 15-v, 42; 1x, 31-42; χι, 2; x, 1-23. B, Πράξεις τῶν ἐπτά, écrit judéo-chrétien hellénisé, auquel sont empruntés les chapitres νι, 1-vrir, 40. C, Πράξεις Παύλου, œuvre d’un chrétien d'Antioche, probablement Luc, l’auteur du 1115 évangile ; en partie témoin oculaire des événements, il a fourni les chapitres ναι, 58 b-vur, La, 8: 1x3 xt, 27-29 ; XIII-XXVIII, Y Compris le journal de voyage. Ces trois sources ont été réunies et
modifiées par un paulinien unioniste,. qui a voulu montrer que l’église chrétienne :
d'origine païenne se rattachait à l’église mère de Jérusalem et que Paul était en accord sur tous les points avec Pierre et les apôtres, et que les judaïsants n'avaient rien à lui reprocher. Le détail de ces additions pour les trois parties se trouve dans Loisy, op. cit., p. Δ0 5.
J. Weiss (2) marche sur les traces de B. Weiss, de Feine et de Spitta; il reconnaît aussi deux sources, l’une judéo-chrétienne, l’autre paulinienne, et essaie de les déterminer en général, mais il ne croit pas pouvoir entrer dans le détail. Il insiste surtout sur l’unité du livre. [1 lui semble étonnant que le reviseur si habile, diton, à combiner ses sources, l'ait été assez peu pour laisser subsister les menues
différences, que découvrent les critiques et qu’il aurait pu faire disparaître d’un Ρ
coup de plume. Dans son dernier ouvrage (3) il garde les mêmes positions d’après Loisy, p. 37 : « source À, d'inspiration helléniste et probablement antiochienne, commençant dans vi-vur, 4, reprenant dans x1, 19-30, puis x111-x1v, et se continuant sans doute dans la relation de voyage qui est au fond de la seconde partie du livre; source B, d'inspiration judéo-chrétienne, qui a fourni les récits relatifs à Pierre et à la première communauté dans 1-v, 1x, 34-xr, 18, peut-être même 1x, 1-30, récit de la conversion de Paul, x, partie de xv, trop légendaire
pour émaner du cercle de Pierre et de ete ou bien de J ean-Mare, peut-être
pas antérieure à 60 ou 70, mais indépendante de la tradition hellénochrétienne. »
De cet exposé, il résulte que si l'on s'entend sur quelques points généraux, à :
savoir sur l'existence d’une source d’origine judéo-chrétienne et d'une autre d’ori-
gine paulinienne, et si l’on s'accorde assez souvent pour attribuer le même morceau à l’une de ces deux sources, il reste encore beaucoup de points de détail,
(1) Die Apostelgesch. nach ihren Quellenschriften untersucht; Zeitschr. für die wiss. Theologie, Leipzig, 1895-1896.
(2) Ueber die Absicht und den lit. Charakter der Apostelgesch., Gôttingen, 1897.
(3) Das Urchristentum, Güttingen, 1914.
RAP Ne LS RS ER APE D RUE 'ATR Ἀν πήν OA 2e VAN SR POSER PA OS
CXLIV INTRODUCTION
sur lesquels les critiques divergent. Ainsi, B Weiss attribue τι, 41, 42 à la source et τι, 43-47 au rédacteur; tandis que Spitta donne 11, 41, 42, 45-47, à la source À ; τ, 43 à la source B et 11, 44, au rédacteur. L'histoire de Philippe, vurr, 4-40, est extraite de la source pétrinienne d'après Sorof; virr, 14-13; 18-24; 26-40 de l'histoire de Pierre, mais var, 14-25 viennent du rédacteur anti-juif, d’après Clemen. Le récit de la conversion de Paul, 1x, 1-13, est attribué par Spitta à la source inférieure B, par Clemen au rédacteur anti-juif. Jüngst divise la narration en trois parties : 1x, 1-15, 226c, 30 a viennent de la source ἃ; 1x, 6-15 de la source B ; 1x, 2, ἄνδρας τε καὶ γυναῖχας; 1x, 10, μαθητής : 1x, 16, 20 8-22 a; 29-30 a, ont été ajoutés par le rédacteur. Le récit de la conversion de Cornelius et la suite, 1x, 31-x11, 25, a été découpé de telle façon par Sorof, van Manen, Spitta, Clemen, Jüngst qu'ils ne se sont accordés sur aucun point du sectionnement.
Signalons l'étude de W. Soltau (1) sur les sources des discours des Actes; ils seraient formés d'après les épîtres de Paul. Voici le résumé que l’auteur donne de son système : 1. Le discours de Milet est composé d’après I Thessaloniciens, 11-1v; les discours aux Athéniens d'après Romains, 1, xr, xiv; le décret apostolique d’après 1 Corinthiens vi; viu-x. 2. Les apologies de Paul, Act. xxrr et xxvi sont basés sur les récits de la conversion de Paul. 3. Quelques discours sont des amplifications du récit de voyage’ou de passages en « nous ». 4. Le discours d'Étienne provient d'un document qui a fourni aussi le discours d’Antioche de Pisidie, xux, et les discours de Pierre, 11-rv.
Nous devons conclure que toutes les tentatives pour déterminer exactement les sources des Actes en se plaçant au point de vue littéraire ont échoué. Il est vain de vouloir entrer dans le détail et d'essayer de fixer à quel document appartient telle ou telle partie, parce que l'écrivain n’a pas reproduit littéralement ses sources; il les ἃ retravaillées en y imprimant la marque de son vocabulaire et de son style. Remarquons cependant que le style des Actes n’est pas de tout point uniforme, parce que Luc, qui est un artiste et un habile écrivain, modifie son style et son exposé suivant les faits qu’il raconte ou les lieux où se passent les événements. Tout ce qu’on peut tirer de ces recherches, c’est que probablement des sources, orales ou écrites, existent, au moins pour certaines parties, mais qu'il est impossible de les cataloguer et de les ranger en documents de même origine. D'ailleurs, ainsi que l’a fait remarquer Bludau (2), on a utilisé comme critérium de l’analyse des sources les lacunes, les sauts, les transitions dans la composition, les inégalités, les obscurités, les non-concordances, les contradic-
tions, les additions et les récapitulations que l’on relève dans le texte; mais,
tout d’abord, il faudrait tenir compte de ce fait que le texte des Actes a subi, dès l’origine, maintes corrections et qu'’encore actuellement on ne sait pas si l’on doit adopter le texte que fournissent les manuscrits NK B, etc., ou celui que présente le codex D. Il est probable qu'il y ἃ lieu de ne pas suivre exclusivement l’un des deux, mais de juger chaque variante en particulier. Dans ces conditions, comment aboutir à des résultats définitifs dans la répartition des passages entre des sources diverses? W. Heïtmüller (3) résume les résultats obtenus par les criti-
(1) Zeilschr. für die neutest. Wissenschaft, 1903, p. 144. (2) Op. cit., p. 279.
(3) Op. cil., p. 289.