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SOURCES DES ACTES DES APOTRES. EXLV

ques : 1. Un effort a été fait, notamment par Spitta, pour abandonner la division

évidente des Actes en une moitié pétrinienne-et l'autre paulinienne, en prouvant

que la source qui contient les passages en « nous » apparaît dans la première

partie du livre, quelquefois depuis Actes, νι, et quelquefois même depuis le commencement du livre. 2. Une grande importance est attachée aux doublets groupés avec soin, de telle façon que les Actes sont divisés en deux documents primitifs,

racontant tous deux la même histoire et habilement réunis par l'éditeur. 3. Peu

d'attention est accordée au langage des Actes et l’on n'a prêté aucun intérêt à la

possibilité de sources araméennes dans les premiers chapitres. Ces résultats ont

peu d'importance.

Puisque l'examen linguistique ne peut nous aider à distinguer d’une façon cer- ἡ taine les sources des Actes, il faut nous placer, ainsi que l’a fait Harnack (1), au point de vue des lieux où se déroule l’action et les personnages mis en cause. Il est nécessaire de mettre à part les chapitres xvr, 6-xxvr, 31, qui, dans leur ensemble, s'appuient sur le journal de voyage et Les récits qui s’y rapportent. Or, si nous examinons les chapitres 1-xvr, 5, nous constatons que, sauf dans les chapitres χαπι, -xvr, 5, les événements se passent tous à Jérusalem ou dans les environs et, par conséquent, forment la tradition de l’église de Jérusalem. Mais le chapitre xv-xvr, 5 est de la tradition d’Antioche, parce que les événements se rattachent principalement à cette ville, ainsi que xr, 27-30. Donc, mis à part xl, 1-24, qui est de tradition hiérosolymitaine, les chapitres x1, 27-xvr, 1, sont de tradition antiochienne.

Fout ce qui précède xr, 27, n’est pas cependant de tradition hiérosolymitaine ; le passage χι, 19-26 est intimement lié à xr, 27; tout se rapporte finalement à Antioche. Il en est de même de vu, 1-4. Mais νι, 1-vur, 4, élection des sept, aceusation d'Étienne, son discours, sa mort, se rattachent à ce même groupe de récits, dont les événements se passent à Jérusalem, et finalement aboutissent à Antioche, xr, 19.

Restent les chapitres 1-v; vur, 5-x1r, 18; xx, 1-24. Les cinq premiers chapitres ont Jérusalem pour théâtre et sont donc de tradition hiérosolymitaine.

Le récit de la conversion de Paul, 1x, 1-28, a bien Jérusalem comme point de départ et point de retour, mais, comme il est répété deux fois dans la seconde partie des Actes, xxir, 3-16 et xxvr, 9-18, il est à croire qu'il dépend d’une source particulière, qui doit être Paul lui-même. Ce récit est d’ailleurs sans lien apparent avec ce qui le précède et ce qui le suit. Tout ce qui regarde l’évangéliste Philippe, vu, 5-40, se rattache à Césarée:; il en est de même des miracles de Pierre, de la conversion du centurion Cornelius, rx, 31-xr, 18. La nouvelle persécution, la mort de Jacques, l’'emprisonnement et la délivrance de Pierre, la mort d'Hérode, χει, 1-23, se rattachent à Jérusalem et à Césarée. Ces trois sections doivent faire partie de la même source, hiérosoloymitaine-césaréenne.

Voici le tableau des sources des Actes, tel que l’a établi Harnack. Le chapitre τ est laissé de côté; la première partie, récit de l'Ascension, reproduit, d'après lui, une légende tardive ; la deuxième, élection d’un apôtre en remplacement de Judas, est une introduction au chapitre 11, ou se rattache au chapitre mi, ou bien est un morceau indépendant.

(1) Die Apostelgeschichte, p. 130.

ACTES DES APOTRES. ἢ

CXLVI INTRODUCTION

Ch. 11 : Recension B; récit de l’effusion du Saint-Esprit et ses suites. Ch. mx, 1-v, 16 : Recension A; même récit que la recension B mais mieux motivé; source hiérosolymitaine-césaréenne, provenant de Pierre ou de Philippe.

Ch. v, 17-42 : Suite de la recension B.

Ch. νι, 1-vux, 4 : Source antiochéno-hiérosolymitaine, avec, à la fin, une référence interpolée à Paul.

Ch. vu, 5-40 : Suite de la recension A.

Ch. 1x, 1-30? : Morceau sur la conversion de Paul, ajouté d’après une source particulière.

Ch. 1x, 31-x1, 18 : Suite de la recension À.

Ch. 1x, 19-30 : Suite de la source antiochéno-hiérosolymitaine.

Ch. χει, 1-23 : Suite de la recension A.

Ch. χη, 25-xv, 35: Suite de la source antiochéno-hiérosolymitaine.

Ces diverses sources étaient-elles orales ou écrites? Harnack signale dans toutes les sources mentionnées des incorrections, des imprécisions, telles que changement subit du sujet de la phrase, répétitions de faits déjà racontés, anacoluthes, changements de construction, pléonasmes, répétitions maladroites, etc. Ces faits n’obligent pas à conclure à des sources écrites; ils seraient aussi bien la conséquence de sources orales. Il faut examiner chaque source dans le détail. :

Pour le journal de route, il est possible que εν ait utilisé des notes qu'il possédait. Pour la seconde moitié des Actes, sauf le journal de route, il est très vraisemblable que Luc n’a pas eu des sources écrites. Quelques passages : xvi, 24-34; xvinr, 8-10; 24-28, sont des additions postérieures.

Pour le ch. r et la recension B, il n’est pas nécessaire d'admettre une source écrite. Pour la source À, il est très vraisemblable que, surtout pour les ch. x, 1v et x, Luc avait une source écrite. Ce l’est moins pour x, 1-x1, 18 et tout à fait incertain pour var et 1x, 32-43. La source antiochéno-hiérosolymitaine, Va, 1-vuir, 4; x1, 19-30; χα, 25-xv, 35 était écrite en très grande partie, elle a pu être complétée par les communications orales de Silas.

Voici le jugement que porte Harnack sur la valeur historique de ces diverses sources. (Observons cependant qu'il tient pour légendaires, par conséquent comme déformés par l'imagination populaire, quoique possédant un certain fond historique, tous les faits miraculeux : effusion du Saint-Esprit, guérisons, résurrections.)

Les chapitres ur, 1-v, 16, source À, présentent dans les faits principaux une narration de faits bien enchaînés, de bonne teneur historique. Dans ses lignes principales l'épisode d’Ananias et de Sapphire est peut-être primitif. Quoique présentant quelques traits légendaires, le récit de la conversion du centurion Cornelius contient dans ses traits principaux et dans quelques-uns des secondaires une histoire qui n’a pu être inventée. Il en est de même du récit de l'emprisonnement et de la délivrance de Pierre, χα, 3-19. La recension A, hiérosolymitainecésaréenne, doit provenir de l’évangéliste Philippe, et certaines parties, de Marc, habitant de Jérusalem; ce qui lui donne une vraie valeur historique.

La recension B est de moindre valeur : l'ordre des événements est confus: des faits, qui n’ont aucun rapport les uns avec les autres sont mélangés; 16 récit est dénué de tout fondement historique. Le chapitre πὶ et le chapitre v, 17-42,

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