‹ Les Actes des ApôtresChapitre 60 sur 358 · SOURCES DES ACTES DES APOTRES. CXLVIT · texte numérisé non relu

SOURCES DES ACTES DES APOTRES. CXLVIT

obstruent la narration, et sont en réalité des doublets de mr, 1-v, 16. Harnack (1) essaye de prouver cette affirmation, sur laquelle nous aurons à revenir.

La source antiochienne est de haute valeur historique. Cependant, le récit du premier voyage missionnaire de Paul est moins vif et d’une véracité moins évidente que les autres récits de cette source. Il est possible que Luc n'ait eu entre les mains qu'un simple itinéraire, qu’il ἃ façonné en histoire et dans lequel il ἃ introduit le grand discours d’Antioche, qui est son œuvre.

Le concile de Jérusalem, chapitre xv, 1-35, est raconté d’après une source antiochienne, laquelle devait contenir plus de détails qu'il ne nous en est rapporté. Elle faisait probablement ressortir davantage les divergences entre le point de vue de Jacques et celui de Pierre.

Ce jugement de Harnack sur les premiers chapitres des Actes, 1-xvr, 5, doit être complété ou modifié par celui qu'a porté W. Ramsay sur les douze premiers chapitres, dans le travail que nous avons cité plus haut (2). Voici son jugement :

La valeur historique de ces chapitres dépend des sources auxquelles Luc les a empruntés. Qu'il ait eu des sources écrites, on n’en peut douter, mais il ne les a pas reproduites servilement, il les a complétées à l’aide de renseignements obtenus de par ailleurs. Cela ressort de ce fait qu’il existe entre les détails de quelques récits des différences qui ont fait douter de leur réalité historique.

Ainsi, il y a entre les trois récits de la conversion de Paul, 1x, 1-19; xxnr, 3-21; xxv1, 9-20, des détails divergents qu'on a souvent relevés. Si Luc les a laissés subsister, ce n’est pas qu'il ne les ait pas vus, mais il les a reproduits tels qu'il les avait appris, sans y rien changer, parce qu’à son point de vue et pour le but qu'il se proposait, ces divergences étaient sans importance.

Nous nous rendrons compte de ce travail de l'historien sur ses sources par l'examen du discours de Pierre à ses frères pour l’élection d’un apôtre à la place de Judas, 1, 16-22. Ce discours n’a certainement pas été prononcé tel que nous l’avons, et ne reproduit pas la source originale dans tous ses détails. Il contient des termes qui ne répondent pas à la situation du moment : Pierre parle à ses frères de leur ministère, διαχονία, de leur ,épiscopat, ἐπισχοπή, expressions qui rappellent l'organisation primitive des églises. Remarquons cependant que ces termes peuvent avoir été employés dans leur sens général, et non dans le sens administratif qu’ils ont reçu plus tard. Le discours donne surtout des explications nécessaires pour les lecteurs grecs, mais inutiles aux Juifs qui l'entendaient. Tels doivent être le récit de la mort de Judas et surtout le αὶ 16: « Ce qui aussi a été connu de tous les habitants de Jérusalem, tellement que ce champ a été appelé en leur propre langue, Hakeldama, c'est-à-dire le champ du sang. » Nous devons conclure de ces observations que Luc a ajouté des détails au fond authentique du discours.

Luc a emprunté plusieurs de ses récits à des documents, mais il a eu aussi communication de quelques-uns d’entre eux de la bouche de témoins oculaires qu’il a connus à Jérusalem, vers 57-59, lors de la captivité de Paul. Il les ἃ appris de plusieurs rapporteurs, ce qui explique la différence de certains détails, lesquels n’ont pas été suffisamment amalgamés. Parmi ces témoins, les

(1) Op. cit., p. 179.

(2) The authorilies used in the Acts, 1-xt1. Expositor 5, 7; vIr, p. 172, ss. 1909.

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