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SOURCES DES ACTES DES APOTRES. , CLV

Pamphylie, on découvre les traces d’une source, mais cette source a subi de si forts remaniements qu’il n'en subsiste plus que des fragments. Mutilations et additions font qu’on n’apercçoit plus le véritable développement du voyage, qu'un schématisme rigide est imposé aux allées et venues des voyageurs et à leurs méthodes missionnaires et que la physionomie de leur prédication disparaît derrière une accumulation de récits inconsistants.

Enfin, dans le récit du ch. xv, on peut distinguer deux éléments différents : une notice sur une controverse, qui s'élève dans l’église d’Antioche et qui amène Paul et Barnabé à Jérusalem, xv, 1-4 ; puis le récit d’une discussion qui naît et se poursuit à Jérusalem et aboutit à formuler certains interdits qui seront imposés aux chrétiens sortis du paganisme. Cette discussion se développe en dehors de

Paul et de Barnabé et la mention qui est faite d'eux ne peut être, même en ce :

qui concerne le ÿ 13, attribuée à la première source, mais doit venir du rédacteur. Quant à la composition de la seconde partie des Actes, xvi-xxvur, elle est

beaucoup plus simple que celle de la première partie. D'un bout à l’autre de la

narration le récit repose sur une source principale dont certaines parties sont rédigées à la première personne ét qui devait relater les missions de Paul depuis son départ d’Antioche. Cette source paraît être la suite de celle qui ἃ servi à

l’auteur des Actes pour raconter le départ de Paul et sa première tournée

missionnaire. 1] semble seulement qu'elle était plus complète et plus détaillée pour les dernières parties de l’activité de Paul, notamment à partir de la mission de Macédoine. Cette source a fourni la trame du récit et le cadre dans lequel est présentée l’activité de Paul; elle mérite donc d'être qualifiée de source principale, mais elle n’a pas été intégralement reproduite. Elle a subi des mutilations

et des surcharges qui semblent pouvoir être ramenées à deux types. Les unes

sont purement narratives ; l’auteur ἃ coupé des récits qu'il jugeait superflus et il ἃ ajouté des détails et des récits qu'il tenait d’autres traditions. Les autres surcharges. proviennent de préoccupations apologétiques dont la tendance est double : l’une religieuse ou plus exactement ecclésiastique : montrer le parfait accord de l’apôtre Paul avec les chrétiens de Jérusalem; et ensuite politique : établir que l'autorité romaine n’a pas pris, en principe, une position hostile à Paul et que les mesures dont l’Apôtre a eu à souffrir ont été prises à l'instigation des Juifs. Le récit du procès de Paul a, en particulier, subi une certaine déformation qui tient à ce que le narrateur qui ne savait peut-être pas exactement comment les choses s'étaient passées les a présentées sous un jour qui s’accordait avec la manière dont il se représentait les relations des chrétiens avec les autorités politiques. Il a, d’autre part, ajouté certains développements édifiants comme le discours de Milet ou le tableau de la comparution devant Agrippa.

Le dernier système qui a été présenté sur les sources dés Actes est celui de Jackson-Lake. En voici un résumé : Avant d'essayer de distinguer les diverses sources qu'on peut relever dans les Actes, Foakes Jackson et Kirsopp Lake présentent les observations suivantes (1). Il est probable que tout historien se sert de sources pour écrire son travail. Ces sources peuvent être orales ou écrites; ces dernières peuvent avoir existé tout d’abord dans une autre langue et n'avoir été connues de l'historien que dans une traduction. L'emploi de sources orales sera

(1) The Beginnings of Christianily, Part I, The Acts of the Apostles, Vol. IT, p. 130.

ΟΧΥΙ τ : INTRODUCTION.

indiqué par la présence de contradictions dans le récit d’un fait et de divergences ne la présentation, mais non nécessairement par des différences de style. Si l'on peut établir de réelles différences de langue entre les diverses parties d'un livre, on doit conclure à l'emploi de sources écrites. Cependant l'unité de style ne prouve pas nécessairement que l'auteur ne s’est pas servi de sources écrites,

parce que le dernier éditeur du livre qui a réuni des matériaux empruntés à divers documents ou traditions peut avoir retravaillé 16 tout et l'avoir présenté dans sa propre langue. Dans ce cas il serait impossible de dire s’il a employé des documents écrits ou simplement des traditions orales. Si l'éditeur, en utilisant divers documents écrits dans sa propre langue, ne les a pas retravaillés, il est probable que le style original des sources se trahira, mais s’il a traduit luimême ces documents, il est probable que le même style se montrera -partout; seulement il sera difficile de reconnaître si l'éditeur a traduit un ou plusieurs documents.

Il n’est pas toujours possible de savoir dans quelle langue ont été écrits les anciens documents chrétiens. Les premiers chrétiens parlaient araméen, mais ont-ils écrit des documents historiques dans cette langue? Le style des écrits, basés sur ces documents, peut seul le montrer; mais plus le traducteur sera

7 “habile et moins transpercera la langue otipinale. Cependant, il peut y avoir des

traductions défectueuses d’où résultent des passages privés de sens, qui peuvent être corrigés en découvrant quelle langue originale ils représentent. Mais observons que ces passages peuvent être explicables quelquefois comme écrits en grec hellénistique. Enfin, il faut tenir compte des additions de l'éditeur, destinées à améliorer et à éclaircir le récit. Il ne faudrait pas croire cependant que l'éditeur a toujours mal fait son travail et que le document original qu’il copiait était toujours logique.

Tout bien examiné, la probabilité à première vue est pour l'emploi de sources écrites dans les Actes et probablement de sources araméennes dans les premiers chapitres, mais l'écrivain ἃ trop habilement opéré son travail pour qu’on puisse distinguer avec certitude les limites de ses sources et l'étendue de son travail

d’éditeur.

Une étude attentive du texte des Actes prouve donc que l'auteur a utilisé des sources. Voici un résumé de l'exposé de F. Jackson et de K. Lake, p. 145.

Actes : τ et τι, Récit de l’Ascension, élection de Mathias, don du Saint-Esprit à la Pentecôte, sont la continuation de la tradition de Jérusalem, suivie dans Luc, xxiv, laquelle semble être la tradition d’un cercle de chrétiens vivant à Jérusalem, qui s'étaient attachés à Pierre à son retour à Jérusalem et qui avaient ignoré ou oublié la tradition galiléenne.

Actes τὶ et τὰ proviennent de deux sources différentes. Le but des Actes τι, 1-13 est de décrire la fondation de l'Église comme un corps Han à qui ἃ reçu un pouvoir d'en haut et pourrait le transmettre, théorie qu'ignore Actes rir, car là le don de l'Esprit est tenu pour un phénomène transitoire, donné aux disciples aux heures où l’on en a besoin.

Actes 11 représente une source araméenne appelée B et Act. πὶ une autre appelée À; Actes 1 appartient à la source B. À contiendrait donc Actes r11-1v-35; B. Actes 1-11 et v, 17-42. Quant aux autres parties des chapitres 1v et v on ne sait s’il faut les rattacher à Δ ou à B.

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