‹ Les Actes des ApôtresChapitre 66 sur 358 · CLVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

CLVIII INTRODUCTION

trois sections écrites à la première personne. La première commence à Troas, xvI, 1 et finit avec l'arrestation de Paul et de Silas à Philippes, xvi, 17; la deuxième commence à Philippes, xx, 5 et finit avec l’entrevue à Jérusalem entre Paul et Jacques, xxr, 24; la troisième commence lors du départ de Paul de la Palestine, xxvir, 1 et finit à l’arrivée de Paul à Rome, xxvut, 16. Entre ces trois sections se trouvent de longs passages dont le style n’est pas différent de celui des passages à la première personne. Ces sections à la première personne sont certainement le journal de route d’un compagnon de Paul. Mais quelle est l'étendue de ce journal et quels sont les rapports entre la relation de ce compagnon de Paul et la composition des Actes? Quatre opinions, disent Jakson, Lake ont été soutenues mais aucune n’a été acceptée par tous les critiques.

1. Celui qui a écrit le journal est aussi le compilateur des Actes, lequel s’est servi de la première personne pour signaler les événements dont il a été témoin.

2. Celui qui a écrit le journal de route n’est pas le compositeur des Actes, mais il a ajouté à son journal des parties narratives produisant ainsi un tout qui plus tard fut pour le compositeur des Actes la source principale des chapitres XVI-XVIII.

3. L'auteur du journal de route n'a écrit que les passages à la première per- Sonne; un autre écrivain a ajouté les parties narratives intermédiaires et l’éditeur final y a ajouté les parties 1-xv.

4. L'auteur du journal de route a écrit seulement les passages à la première personne et le compositeur des Actes y a ajouté les sections intermédiaires aussi bien que les chapitres 1-xv d’après d’autres informations.

L'examen linguistique des Actes tend à prouver que toutes les parties du livre ont été écrites par le même auteur, quoiqu'il ne soit pas impossible qu'un éditeur habile ait utilisé des sources diverses, soit dans la première partie, soit dans la seconde, et n’ait retravaillé ces diverses parties en leur imprimant une certaine conformité de style. Mais comment expliquer les différences que l’on constate entre la première et la seconde partie des Actes? Dans la première partie les sources transparaissent assez nettement, soit du fait de la langue, soit surtout du fait des événements racontés qui ne se suivent pas dans leur ordre naturel et. zréséntent d'assez nombreuses différences entre eux, tandis que dans la seconde partie la langue et Le style sont très unifiés et les événements se suivent dans leur ordre naturel et présentent peu de différences entre eux.

Voici, d’après Foakes Jackson et Kirsopp Lake le processus de la formation des Actes.

1° L'action automatique de la mémoire humaine et le désir naturel de conser-

ver le souvenir des événements produisirent la formation d’une tradition locale .

dans tous les lieux où une église chrétienne fut fondée. Les problèmes en discussion à ce sujet sont : a) Ces traditions furent-elles écrites, et en quelle langue? 6) Contenaient-elles des traditions parallèles des mêmes événements jormant ainsi des doublets? Jackson, Lake croient qu'elles étaient écrites en araméen et qu'elles contenaient des doublets.

2° Le second stage fut la collection de plusieurs de ces traditions locales en un récit suivi. Cette collection fut-elle faite en araméen ou en grec et a-t-elle été faite par l’éditeur des Actes ou par quelque écrivain dont celui-ci a utilisé le travail? La collection ἃ dû rester partielle, puisque l’éditeur des Actes a connu

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