‹ Les Actes des ApôtresChapitre 69 sur 358 · CLXII AS INTRODUCTION · texte numérisé non relu

CLXII AS INTRODUCTION

les voyageurs, les princes, les généraux du monde grec ancien d’avoir de courts diarium tenus par un compagnon de route, dans lequel étaient marquées les stations du voyage et, ici ou là, quelques-uns des plus notables événements. Ainsi l'Anabasis aurait été écrite d'après un diarium de ce genre, que Xénophon aurait développé en y insérant d'autres récits et des discours. Norden, Agnostos Theos, Zur Composition der Acta Apostolorum, p. 317, cite des exemples de cette manière de procéder; nous en avons rappelé quelquesuns; cf. pour les autres, cb. Ὁ. 318 ss. Ainsi que l’a fait remarquer Goguel, op. cit., p. 165, «ily a, dans un monde plus proche encore de celui auquel a appartenu Luc, des exemples de combinaisons de la première et de la troisième personnes qu'il a sans doute connus et dont il n'est pas invraisemblable qu'il

se soit plus ou moins directement inspiré. Tels sont les livres d'Esdras et de

Néhémie où un chroniqueur ἃ utilisé les mémoires de ces deux hommes (1) en y ajoutant des éléments d’autres provenances, où encore le livre de Tobit. Enfin, bien qu'il s'agisse d'une œuvre qui n’est pas antérieure aux Actes, Norden cite encore comme particulièrement important le cas de la vie d’Apollonius de Tyane par Philostrate, dans laquelle la vie de ce thaumaturge et propagateur de religion parait avoir été racontée à l’aide des mémoires personnels de son disciple Damis ». Norden cite encore, p. 325, des évangiles apocryphes et des Actes apocryphes des apôtres où l’on relève ce mélange de la première et de la troisième personne. Stentzel, Geschichte Deutschland’s unter den fränckischen Kaisern, ΤΙ, p. 10, donne des exemples de ce même mélange dans des annales du moyen âge. : :

Ainsi que nous l'avons déjà dit, les passages en « nous » ne représentent pas tout le diarium original; Luc a omis certaines parties de celui-ci. Pourquoi Luc a-t-il choisi ces passages-là seulement? Nous ne saurions le dire avec certitude; toute supposition serait vaine. Spitta, Jüngst, Hilgenfeld, van Manen et Wendt

estiment que les passages en « nous » font partie de sources plus considérables, plus ou moins complètes, qu’on trouve représentées dans toutes les parties des Actes. Soltau trouve aussi un rapport en « nous » dans xvi, 6-24, (35-40), xx, 2-16; xx1, 1-205; 27-30; xx11, 23-29; χχπὶ, 11-24; 34, 35; xx1v, 24-xxv, 13; XXV, 23- 27; xxvur, -xxvinr, 16. Toutes ces reconstructions, même avec l’aide du texte occidental, sont problématiques.

Nous n'avons pas à revenir sur la manière dont avaient été composés les Actes d’après Loisy, nous en avons parlé suffisamment. Pour un exposé et une discus-

sion de son hypothèse nous renvoyons à Goguel : Le Livre des Actes, Ὁ. 344.

Voici sa conclusion : A l’idée de cette œuvre qui aurait été remaniée et surchar-

gée par un rédacteur aussi maladroit que peu scrupuleux nous préférons l’hypo- . thèse de L’ « Auteur à Théophile » utilisant le récit de Luc à côté d’autres données, n'en saisissant peut-être pas exactement le caractère et l’abrégeant de manière souvent malencontreuse, pour le combiner à des traditions de bien moindre valeur. Nous compléterions cette hypothèse par celle d’un interpolateur maladroit qui aurait mutilé le prologue pour pouvoir introduire le récit de l'ascension. On pourrait être tenté d'attribuer en outre, soit à ce même rédacteur soit à un autre interpolateur, d’autres récits parmi lesquels il serait séduisant de mettre ceux

(1) Esdras, vit, 27-Vin, 34; 1x, 1-15; Néhémie, 1, 1-VI1, 5; XII, 27-43.

PCT

Lénine rend

nnent de ce ας nous avons appelé le eyele À, qui forme un doublet seco daire du cycleB.» : *e τς Goguel ue que cette hypothèse obligerait à concevoir pour expliquer formation de cette partie du récit un système de composition trop PORTÉES Ῥ être vraisemblable, LE En résumé, Luc a utilisé des sources orales et écrites, mais il est difficile, pour

ne pas dire impossible, de marquer exactement les points où elles commencen et où elles finissent, sauf pour le journal de route. Et encore est-il bien : 5 que le reste du récit dans lequel il est encastré n'appartient pas à ce dernier à δὴ certain degré? LS de

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