SECTION : LA LANGUE DU NOUVEAU TESTAMENT
La langue des Actes est le grec du N. T., lequel n’est autre que la Kowñ διαλεχτός, non dans sa forme littéraire, sauf pour quelques-uns de ses écrits, mais telle qu’elle était parlée dans la bonne conversation.
Kowh διαλεκτός, langue commune, c’est-à-dire parlée par tous les peuples s’exprimant en grec, par opposition à l’ancienne langue qui comportait des dialectes divers, attique, éolien, ionien, dorien, macédonien, ce qui n’exclut pas qu'aux temps post-classiques la langue des divers pays grecs n'était pas de tout point semblable. Entre le grec d'Egypte et celui de Syrie il y avait des idiotismes.
Le terme Κοινή est employé pour désigner le grec tel qu'il se développa depuis le temps d'Alexandre jusqu’à la fin de sa période ancienne. Le terme s'applique à la langue écrite et à la langue parlée. Le Koïnè littéraire, dont Polybe est le représentant typique, est un compromis entre la langue parlée de l’époque post classique et l’ancienne langue littéraire. Toute la différence qui existe entre les divers représentants de la Koinè provient du degré de mélange de ces deux éléments. On peut donc tenir pour issu de la langue de la conversation tout ce qui, dans nos textes, diffère du grec classique.
Le N. T., et les inscriptions peuvent être regardés comme les meilleurs représentants de la langue de la conversation. Les papyrus, qu’ils soient d'Égypte ou d'Asie Mineure, sont à peu de différence près les témoins de cette langue populaire.
La Koïnè est le développement naturel du dialecte attique avec un mélange d'éléments ioniens. Elle se développa plus rapidement dans les pays étrangers que dans son pays d’origine. Elle fit disparaître peu à peu les divers dialectes qui, sur leur terrain, colorèrent seulement la Koinè. En dehors du dialecte ionien, la Koïnè n’a pas été mfluencée par les autres dialectes grecs, sauf pour quelques formes, λαός, ναός, λατομία, la préposition ἔναντι, et quelques mots spéciaux, βουνός, etc. L'influence de l’ionien, très marquée dans la Koinè, apparaît surtout dans la flexion des noms en ἃς, ἄδος et οὖς, οὔδος, dans la préférence de ἵνα pour ὅπως, l'emploi de l’infinitif au sens final, et dans le vocabulaire, où il entre une assez forte proportion de termes ioniens, tels que χοπάζω, ἔχτρωμα, σχορπίζω, ὄλινθος. À cette origine se rapportent aussi les mots poétiques du N. T., ceux qu'on ne trouve d’abord que chez les poètes, mais qui se rencontrent aussi dans les papyrus, pour désigner des faits et des choses de la vie ordinaire et qui ont passé enfin dans la langue de la conversation. Tels sont βαρέω, θαμδέω, πειράζω, βαστάζω, ἔριφος, φαντάζω, φημίζω. Les mots de cette catégorie avaient été importés du dialecte ionien primitif dans la poésie, mais aussi directement de l’ionien