LA LANGUE ET LE STYLE DES ACTES DES APOTRES. CLXXI
| Comme vestiges de la langue littéraire on peut citer aussi l'emploi de l’optatif oblique (optatif qui peut remplacer l'indicatif, après ὅτι par le temps correspon- dant de l’optatif) quand le verbe dire est à un temps du passé), dans Actes,
XXIV, 19 : τινὲς δὲ ἀπὸ τῆς ᾿Ασίας ᾿Ιουδαίοι, os ἔδει ἐπὶ σοῦ παρεῖναι καὶ κατηγορεῖν εἴ τι
ἔχοειν πρὸς ἐμέ, où encore l'emploi du mode potentiel dans vin, 31 : πῶς γὰρ ἂν ᾿ δυναίμην ἐὰν μή τις ὁδηγήσει we. Signalons aussi l'emploi du mode potentiel après un temps secondaire : v, 24, διηπόρουν περὶ αὐτῶν τὶ ἂν γένοιτο τοῦτο, et le mélange de l'optatif oblique et de l'indicatif du discours direct : xxr, 33, ὃ χιλίαρχος... καὶ ἐπυνθάνετο τίς εἴη χαὶ τί ἐστιν πεποιηκώς, l'emploi de l’optatif oblique dans les propositions dépendantes interrogatives : xvir, 11, 27, ζητεῖν τὸν Θεόν, εἰ ἄρα γε ψηλαφήσειαν αὐτὸν καὶ εὕροιεν; xx, 16; χχι, 33; xxv, 20; xxVI1, 12, 39.
Le P. Lagrange, Εν. de s. Luc, Ὁ. exvn, signale comme un des caractères littéraires de Luc l'emploi de τις : 130 fois environ dans les Actes, comme adjectif indéfini et 57 fois comme pronom interrogatif.
L'emploi de τά devant une préposition, suivie de son régime, est fréquent dans les Actes, xvrr, 25; xx, 11, 15; χχιν, 10, 14, 22 etc.; c'est un usage littéraire.
L'usage de Particle après une préposition suivie de son régime est assez fréquent ; on en trouve des exemples dans.les Actes : vi, 40, εὐαγγελίζετο τὰς πόλεις... ἕως τοῦ ἐλθεῖν αὐτόν; cette construction avec ἕως est peu classique; xximr, 15; ὃ ἡμεῖς de πρὸ τοῦ ἐγγίσαι αὐτόν. Le génitif de l’infinitif, marqué par l’article τοῦ, sans préposition, 25 fois dans les Actes, est employé pour indiquer le sens final : ΠΙ, 2, ὃν ἐτίθουν... τοῦ αἰτεῖν ἐλεημοσύνην ; οἵ, 111, 12; χιν, 9, ὅτι ἔχει πίστιν τοῦ σωθῆναι. ,ο sens final du génitif de l’infinitif est caractéristique de Luc; il est d'ailleurs classique.
Comme construction familière à Luc et comme vestige de la langue littéraire, signalons encore l'emploi dans les Actes de l’infinitif avec l’article, avec ou sans préposition; l'emploi du participe futur : vir, 27, ὃς ἐληλύθει προσχυνήσων εἰς Ἵερουσαλήμ.; XX, 22, τὰ ἐν αὐτῇ συναντήσοντά mot μὴ εἰδώς ; οἷ, xxI1, δ; Χχιν, 17.
IT. Mélanges de la langue classique et de la langue populaire. — Comme exemple de la première, citons encore, xxvi, 29 : εὐξαίμην ἂν τῷ Θεῷ καὶ ἐν ὀλίγῳ καὶ ἐν μεγάλῳ où μόνον σὲ ἀλλὰ καὶ πάντας... γενέσθαι τοιούτους ὁποῖος χαὶ ἐγώ et aussi, xv, 24- 26, mais ces phrases de bonne tournure littéraire ne suffiront pas à effacer l’impression que produiront celles où dominent les tournures vulgaires. Au ch. xxvi, à côté des expressions attiques #yauxt, Ÿ 2, ἴσασι, Ÿ 4, au lieu de οἴδασι, employé dans le reste des Actes, on a des constructions vulgaires, ἐγχαλεῖσθαι avec περί, des formes isolées, comme le superlatif dxpt6sordrnv, ou des mots comme οὐρανόθεν. Tout ce chapitre xxvr est d'un grec vigoureux, comme par ex. ÿ 7,8, mais ce grec n’est pas homogène. L’affirmation hardie de Paul au roi Agrippa : xxvi, 19, Ὅθεν, βασιλεῦ Ἀγρίππα, οὐχ ἐγενόμην ἀπειθὴς τῇ οὐρανίῳ ὀπτασίᾳ, Où Ces proverbes grecs et ces facons de parler : xxvr, 14; xxvI, 26, οὐ γάρ ἐστιν ἐν γωνίᾳ πεπραγμένον τοῦτο, d’un bon grec, sont en contraste frappant avec le style de la fin du discours Ÿ 22, 23 de tenue vulgaire : οὐδὲν ἐχτὸς λέγων ὧν τε οἵ προφῆται ἐλάλησαν μελλόντων γίνεσθαι χαὶ Μοὺῦσῆς, εἰ παθητὸς ὃ Χριστός, εἰ πρῶτος ἐξ ἀναστάσεως νεχρῶν φῶς μέλλει χαταγγέλλειν τῷ τε λαῷ χαὶ τοῖς ἔθνεσιν.
Le vocabulaire, ainsi que nous l’avons vu, offre le même mélange de termes, les uns classiques, les autres hellénistiques. Cet emploi d’un grec aussi disparate produit quelquefois un effet saisissant. Prenons par exemple l’allocution du